Chapitre 2

Le regard de Fred croisa le chemin de celui de la brune, il fut agréablement surpris d'y revoir l'éclat qu'il n'y voyait plus que rarement depuis 2 semaines et sourit à la jeune fille.

- Aouch !

Il venait de recevoir le vieux souaffle de la famille sur le crâne. Il se retournait pour trouver la personne qui avait osé s'exposer à des semaines de farces à ses dépends mais il stoppa net tout mouvement en entendant une mélodie qui avait l'air de sortir d'un vieux souvenir.

Le rire aérien d'Hermione résonna dans les airs. Il fit lentement volte-face (il découvrirai plus tard l'identité de la personne qu'il voulait soudainement serrer dans ses bras) et regarda la jeune femme avec un étonnement non feint.

Elle se mit à rire de plus belle devant la mâchoire pendante et les yeux écarquillés de son ami. Ça lui faisait tellement de bien de rire ! Comment avait elle pu s'en passer aussi longtemps ?

- Si j'avais su qu'il suffisait qu'il se prenne quelque chose dans la tronche pour te faire rire, je lui aurais lancé des objets à la figure bien plus souvent 'Mione !

George volait vers eux, un grand sourire barrant son visage moqueur. Fred se promit de serrer son frère contre lui dès qu'il en aurait l'occasion même si une minuscule pointe de jalousie, vite oubliée, le piqua en entendant le diminutif s'échapper de sa bouche.

- Hé !

Protesta Fred d'un air faussement outré, plus pour la forme que pour vraiment contester les dires de son frère, il se serait laissé faire avec plaisir pour revoir la jeune femme rire.

Jeune femme ? Depuis quand Hermione n'était-elle plus une gamine, à ses yeux ? Probablement depuis le bal de Noël, maintenant qu'il y repensait.

Elle avait été capable de se comporter comme une vraie fille, elle s'était pomponnée pendant des heures, allant jusqu'au moindre détail. Quand elle faisait quelque chose à fond, il fallait qu'elle soit la meilleure, la première de la classe, Hermione quoi !

Mais elle n'avait pas seulement été capable d'agir comme une vraie fille. Elle avait surtout révélé à tout Poudlard et à leur invités ce qu'elle devenait petit à petit sans que personne ne s'en rende compte : une magnifique jeune femme.

Si son petit frère avait préféré ne pas voir ce changement, il n'était pas passé inaperçu pour tout le monde... Même Drago Malefoy était resté bouche-bée quelques minutes. D'ailleurs, un nombre astronomique de rumeurs sur la vie sentimentale secrète d'Hermione Granger, plus irréalistes les unes que les autres, s'était répandues dans toute l'école après cette soirée. Il n'y avait pas vraiment prêté attention, sachant que la plupart (voir toutes) étaient fausses.

Il avait donc été surpris de savoir que la brune avait véritablement accepté de rejoindre Krum en Bulgarie. Mais en voyant la coquille vide et fermée qui était revenue de là-bas, il aurait préféré qu'une autre rumeur ait été vraie. Comme celle qui disait qu'elle avait quitté l'attrapeur bulgare pour un autre attrapeur moins célèbre (en tout cas pour ses exploits au quidditch). Il connaissait Harry, au moins, celui-ci n'aurait jamais mis Hermione dans un tel état !

Il sentait encore le corps tremblant de la jeune femme contre le sien dans ce placard, l'autre jour... Il n'avait plus insisté pour connaître la raison de son mutisme, après ça, et ils n'en avaient pas reparlé. Cependant, quelque chose avait changé dans sa façon de la voir depuis ce moment dans le cagibi. Il avait senti ce corps de femme contre le sien, il avait ressenti le besoin de la protéger pour qu'elle ne pleure plus jamais comme ça. Elle l'avait troublé.

- Aïe !

Cette fois, ce fut une pichenette de son frère qui le sortit de ses pensées. Hermione ne riait plus mais son rire avait été remplacé par un petit sourire en coin et un air curieux. Elle avait un peu penché la tête sur le côté et observait Fred qui se frottait le crâne.

- Désolé mais on aurait dit Luna pendant quelques minutes, je voulais retrouver mon jumeau diabolique le plus vite possible !

Fred se rendit compte de l'air songeur et du bête sourire qui avaient du s'afficher sur son visage et se mit à rire lui aussi. Hermione sourit en entendant le rire du rouquin.

Pourquoi est-ce que la simple écoute de ce rire lui donnait plus envie de sourire que quoi que ce soit d'autre depuis son retour de Bulgarie ? Elle n'avait pas la réponse à cette question et ne voulait pas le savoir, de peur des implications que cela pourrait avoir...

Ce qu'elle savait c'est que dès que Fred posait les yeux sur elle (ce qu'il faisait plus souvent qu'avant ces temps-ci, comme si il avait peur qu'elle ne s'effondre de nouveau n'importe quand) elle sentait des chatouillis agréable près de son nombril et elle ne pouvait réprimer un petit sourire sincère.

Être près du rouquin lui faisait oublier son erreur et sa propre bêtise et elle profitait de leurs derniers jours au Terrier parce qu'à Poudlard, Fred ne serait plus autant avec elle. Il avait son groupe d'amis, sa petite amie (Angelina Johnson et lui sortaient ensemble depuis le bal de Noël), ses farces à organiser, ses produits à tester et ses cours.

Malheureusement le temps passa bien plus vite qu'ils ne l'avaient imaginés tous les deux. Et voilà qu'ils se retrouvaient sur le quai embrumé de King's Cross, poussant leurs chariots, habités tous deux par un sentiment de déception étrange qu'ils n'avaient jamais ressentis en pensant à leur rentrée au château. Fred se pencha un peu vers elle et murmura à son oreille :

- Si tu as besoin de quelqu'un pour te remonter le moral, ou juste d'une épaule sur laquelle t'appuyer, n'hésite pas 'Mione !

Elle resta immobile quelques secondes, perturbée par ce souffle si proche d'elle, par sa présence et par le frisson qui parcourut son dos pendant qu'il parlait. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre mais quand elle se retourna, le rouquin était déjà en train de pousser son chariot avec son frère vers Lee, Angelina, Alicia et quelques autres septième année.

Quand elle vit Angelina, plus jolie que jamais, le serrer contre elle avec un grand sourire et enfouir sa tête dans son cou, elle fut partagée entre l'envie de faire la même chose et l'envie de jeter n'importe quel sortilège à la belle métisse.

Elle détourna vite la tête mais croisa le regard de George avant qu'elle n'ai eu le temps de chasser le regard jaloux qu'elle venait sûrement d'avoir. Elle espéra que le jumeau n'avait rien remarqué, vu le court moment où ses yeux avaient rencontré les siens et partit rejoindre Harry et Ron.


George avait eut le temps de voir le visage de sa Miss je-sais-tout préférée s'assombrir avant qu'elle n'aille rejoindre ses amis et était, lui aussi, partagé entre deux envies : sourire ou s'inquiéter. La deuxième l'emporta.

Et si la jeune femme s'était effectivement plus attachée à son frère qu'elle ne voulait bien le réaliser ? Et si le sourire presque naturel que Fred avait réussi à faire revenir sur le visage d'Hermione s'effaçait de nouveau ? Et si il laissait place à une Hermione encore plus renfermée qu'à son retour de Bulgarie quand elle se rendrait compte de cet attachement ? Et si son frère avait, enfin, des sentiments pour Angelina et qu'il rejettait Hermione à cause d'elle ?

Il était presque sûr que Fred ne sortait avec Angelina que parce qu'ils s'entendaient bien tous les deux depuis toujours, qu'au bal il avait un peu trop bu et que depuis, il assumait ce rapprochement plutôt agréable en jouant au petit ami. George avait d'ailleurs été très fier et surpris de voir que son frère (pourtant aussi sérieux qu'une crème canari, en général) avait assumé sa soirée en compagnie d'Angelina avec maturité et sérieux en décidant de donner une chance à son couple d'avancer et aux sentiments d'arriver.

Mais il aurait aussi donné sa main à couper que ces sentiments n'étaient jamais arrivés petit à petit comme l'espérait son frère et qu'il restait avec Angelina de peur de briser leur complicité. Il lui avait d'ailleurs dit un soir, au Terrier, qu'il devrait rompre avec la jeune femme sans lui en donner ses raisons et son frère avait acquiescé silencieusement.

La plupart des gens pensaient que leur relation fusionnelle se résumaient à leurs farces, des blagues et leur insouciance. Mais en fait, plus les années passaient, plus les jumeaux s'étaient protégés de l'ambiance inquiétante qui régnait autour d'eux et de leurs problèmes en général, par cette facade. Bien sûr, ils aimaient plaisanter, faire rire les gens était leur plus grande victoire, surtout en ces temps troublés, mais depuis toujours également, seulement leur insouciance était, elle, très étudiée.

Quand ils étaient à deux, petits , ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre mais plus ils grandissaient plus ils se surprenaient à parler sérieusement quand ils étaient seuls. Ils parlaient souvent d'avenir, de leurs craintes pour cet avenir, de leurs craintes tout court et de leurs expériences personnelles, parce qu'ils étaient semblables mais aussi différents. Ils étaient deux individus à part entière, reliés par un lien profond.

George avait été le premier des deux à découvrir le corps d'une femme. Il avait, par curiosité, fait l'amour avec une moldue du village à côté de chez eux l'été de leurs 15 ans. Fred fort de l'expérience de son frère, avait attendu de trouver cette complicité que George lui avait conseillé d'avoir avec la fille qui allait être la première.

Donc l'an dernier quand il avait demandé à Angelina d'être sa cavalière pour le bal et qu'ils avaient passés le cap. Il n'avait pas regretté cette expérience agréable qui s'était bien passée et il avait formé un couple avec elle, appréciant cette complicité qui les unissait. Mais jamais il n'avait été amoureux de la jeune femme. C'est pour ça que quand son frère lui dit qu'il devait rompre avec elle, il avait montré son accord.

Il savait, qu'elle croyait être amoureuse de lui mais il avait remarqué récemment dans une lettre qu'il avait reçue pendant ses vacances une phrase qui l'avait fait tiquer. Elle lui avait écrit : « J'ai hâte de te revoir, toi et ton frère. » comme si son frère était une partie de lui. Elle aurait pu écrire « toi et ton sourire » mais elle avait mentionné George. Elle les aimait comme un tout. Alors que quand on est amoureux, on est amoureux d'une personne, de sa personnalité bien à elle, de ses manies, non ? En tout cas, c'est ce que, Fred pensait.

C'est donc naturellement qu'il s'était décidé à rompre avec Angelina. Et le fait que son frère le soutienne alors qu'il n'avait pas lu la lettre de celle-ci avait beaucoup joué dans sa décision. Il avait pensé que son frère ne verrait d'un bon oeil cette rupture puisque Angelina était son amie et qu'elle souffrirait sûrement de la fin de cette relation.

Il 'subit' le trajet dans le Poudlard Express avec patience. Il attendrait le moment propice pour rompre avec Angelina, un moment où ils ne seraient que tous les deux. Il voulait faire ça dans les règles de l'art, même si il aurait pu s'épargner ce moment en lui envoyant une lettre cet été. Il faut dire que la proximité d'Angelina n'était pas nécessairement désagréable mais il devait arrêter de se donner cette excuse pour rester avec la jeune femme et assumer ses croyances sur un sentiment qu'il n'avait jamais ressenti (ce qui lui semblait un peu tordu mais juste).

Leur petit groupe monta joyeusement dans une diligence, riant des anecdotes de vacances de Lee Jordan. Il sentit la main d'Angelina se glisser dans la sienne quand il s'assit mais n'y fit pas attention trop occupé à rire de la façon dont Lee avait fait brûler un de ses sourcil.


Cette petite attention ne passa, par contre, pas inaperçue pour Hermione qui regarda la diligence des jumeaux s'éloigner toute seule. Elle mit quelques secondes à se rendre compte de l'étrange comportement de son meilleur ami qui affirmait que quelque chose tirait les diligences. Mais comme elle n'était pas dans son état de concentration normal elle ne fit pas le lien avec les sombrals et ils montèrent dans leur diligence.

Elle était tellement perturbée qu'elle présenta Luna à ses amis par le surnom que Parvati et Lavande lui donnaient. Elle devint rouge de honte, la diligence se mit en route et heureusement, Harry fit diversion en demandant à Neville comment s'appelait la plante qu'il tenait dans ses bras.


Ginny observa son amie pendant le dîner. Elle avait l'air triste et maussade, premières émotions qu'Hermione laissait transparaître clairement depuis son retour de Bulgarie.

La rouquine se faisait une joie de revoir Hermione à son retour. Chaque été depuis qu'elle était entrée dans la vie de son frère, elle l'attendait impatiemment. Elle était une vraie bouffée d'oxygène pour la benjamine de la famille Weasley.

Grandir avec 6 frères plus âgés quand on est enfant, ça a ses avantages. Mais quand on est adolescente, ça a plus d'inconvénients que d'avantages. Elle avait besoin d'une présence féminine autre que sa mère qui était déjà bien assez occupée avec ses frères et qui la considérait toujours comme une gamine, comme sa petite fille chérie.

Hermione était devenue cette présence, cette amie fille qui n'était pas comme les autres filles que Ginny ne supportaient pas, les filles comme Lavande et Parvati. Celles qui aiment les potins, ne parlent quasi que des garçons, ou de la mode, ce genre de fille que Ginny trouvait insupportable et fausse.

La brune était différente de ces filles là. Elle était mature, intelligente, certes parfois un peu énervante mais ça faisait partie d'elle et Ginny s'y était habituée mais surtout, elle l'écoutait sans la juger, piailler ou encore glousser. Bref, elle avait appris à apprécier la brune et se réjouissait toujours de sa venue au Terrier !

Mais cette fois-ci, la joie de la revoir était vite retombée, remplacée par de la déception. Hermione l'avait écoutée parler de Harry pendant des heures et s'était un peu confiée avec la rousse par rapport à Viktor Krum mais ça, c'était avant ce séjour en Bulgarie, apparemment.

Depuis, son amie était distante, renfermée, elle l'avait écoutée, mais elle n'était qu'à moitié là. Elle souriait, mais ce n'était pas le même sourire franc qu'avant. Et Ginny avait mis ça sur le compte de Krum, comme les meilleurs amis de la jeune femme. Hermione ne lui en avait pas parlé alors que sa cadette n'attendait que les potins avec impatience, pour une fois, comme une de ces filles qu'elle méprisait. Mais rien. Elle n'eut droit à rien.

Après quelques jours à attendre le moment où la brune s'ouvrirait, elle avait commencé à se dire que ça n'arriverait simplement pas. Elle avait commencé à se dire qu'Hermione la considérait sûrement trop jeune ou trop immature pour comprendre. Alors elle s'était énervée mais n'avait pas voulu laisser voir quoi que ce soit à son amie, voulant se montrer au-dessus de ça.

Ensuite, quand elle avait vu que ça ne changeait rien au comportement de son aînée, elle avait été déçue. Elle s'était sentie trahie. Alors elle s'était éloignée d'elle, ce que la brune n'a même pas eu l'air de remarquer. Elle avait alors détesté Hermione, qu'elle considérait comme une grande soeur, une amie proche et s'était concentrée sur elle-même.

Maintenant, remarquant la petite mine de son amie, une grosse partie de la haine qu'elle avait ressentie s'envolait. A la place de celle-ci, de l'inquiétude fit son apparition. Ginny avait toujours eu tendance à s'énerver avant d'essayer de comprendre, un trait de caractère qu'elle tenait de sa mère. Mais ce trait avait été accompagné, heureusement, d'une capacité à mettre sa colère de côté, après coup, et d'analyser plus clairement la situation.

Ce soir, elle parlerait à son amie. Ce soir, elle saurait ce qu'il s'était passé en Bulgarie. Ce soir, elle chasserait définitivement le peu de haine qu'il lui restait pour Hermione et retrouverait la jeune femme qu'elle adorait.

Elle jeta un dernier regard à sa cible qui continuait d'afficher une expression renfrognée puis elle recommença à manger son pudding.


Le banquet terminé, Hermione, Harry et Ron passèrent faire un tour chez Hagrid pour savoir pourquoi il n'était pas présent au banquet mais sa cabane était vide. Ils rentrèrent donc dans une salle commune bondée, Hermione remarqua tout de suite Angelina assise sur les genoux de Fred. Elle se raisonna : après tout, elle savait que ça se passerait comme ça.

Et être de mauvaise humeur toute l'année, après les vacances qu'elle avait fait subir à ses amis ne serait plus toléré longtemps, par eux. Elle avait vu les regards mauvais que Ron lui lançait depuis quelques jours et Harry s'efforçait de faire bonne figure mais elle voyait que son comportement commençait à l'inquiéter. De plus, l'absence d'Hagrid avait rendu ses amis encore plus sombres qu'avant.

Elle prit donc son courage à deux mains et leur proposa une partie de bataille explosive. Ses meilleurs amis furent extrêmement étonnés de cette suggestion, ils savaient à quel point Hermione détestait ce jeu qu'elle trouvait bruyant et sans grand intérêt à côté de ses précieux bouquins. Ils échangèrent un regard surpris et acceptèrent.

Après quelques parties bruyantes (mais qui eurent l'avantage de détendre un peu la brune), elle et les deux garçons avaient attirés un public curieux. Ce n'était pas tous les jours qu'ils voyaient des choses exploser à la figure de Miss je-sais-tout. Quand elle eut pris sa revanche sur Ron, Hermione ressentit la fatigue l'envahir.

Elle souhaita une bonne nuit à ses amis, le coeur un peu plus léger, puis chercha, par réflexe, à dire aussi bonne nuit aux autres Weasley. Mais elle ne vit ni Ginny, ni George, ni Fred et... après vérification, ni Angelina. Elle sentit sa mauvaise humeur revenir au grand galop et décida qu'une bonne nuit de sommeil était tout ce dont elle avait besoin.

Elle fit le trajet pour rejoindre son dortoir en étant complètement perdue dans ses pensées. Quand elle entra dans la pièce vide (Parvati et Lavande encore en bas, en train de discuter des potins de l'été comme à chaque rentrée), elle ne remarqua pas les rideaux tirés autour de son lit.

Elle se déshabilla, enfila son pyjama, écarta les rideaux dans un geste machinal et se retrouva nez à nez avec une crinière rousse.

Elle sursauta, interrompue dans ses pensées et étonnée demanda à son amie :

- Ginny ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Ah ! Tu te souviens encore que j'existe...

Oups ! Ça avait échappé à la rouquine encore un peu amère de cet été. Elle voulut s'excuser en voyant l'air blessé d'Hermione mais n'en fit rien, après tout, elle l'avait blessée aussi à cause de son comportement, ces vacances-ci !

- Bien sûr, Ginny ! Qu'est-ce qui t'a fait penser l'inverse ?

- Qu'est-ce qui m'a fait penser l'inverse ? Je me le demande, tiens ! Peut être le fait que tu te sois montrée distante et ailleurs pendant toutes les vacances ! Peut être le fait que tu te sois renfermée sur toi-même en oubliant tout le reste autour de toi!Peut être aussi le fait que je ne te reconnaisse plus depuis ton retour de Bulgarie et que tu ne veuilles en parler à personne ! Où est l'amie avec qui je riais, à qui je me confiais, sur qui je pouvais compter, celle qui parle sans arrêt de ses nouveaux livres, celle que je considère comme ma grande soeur? Où est-elle passée ?

- Je... Je...

Hermione se laissa tomber sur son lit en face de sa cadette mais elle n'arriva pas à la regarder en face. Ginny était venue trouver des réponses , réponses dont elle avait honte et elle savait pourtant que ça la soulagerait de les lui donner... Elle avait le droit de savoir pourquoi elle avait négligé ses amis cet été. Elle inspira un grand coup et commenca son récit.


Fred avait donné rendez vous à Angelina dans le dortoir des septième année. Lui et George avaient découvert un passage secret très pratique, utilisé par les elfes de maison, pour entrer dans les dortoirs des filles. Il l'avait pas mal utilisé pour aller voir Angelina l'an dernier. Il revit le sourire complice qu'elle lui avait fait quand il lui avait donné rendez-vous et sentit l'appréhension monter en lui.

Il savait que quand il aurait parlé à Angelina, il aurait sûrement droit à une crise de colère, la jeune femme était pleine de caractère, c'était en partie ce qu'il appréciait chez elle. Il pénétra dans le dortoir et lança d'un ton sérieux, les mains dans les poches, mal à l'aise :

- Salut Angelina. Il faut que je te parle.

Le sourire coquin qu'elle avait sur le visage s'effaça. Elle s'assit, inquière, sur son lit et attendit la suite, après tout, c'était lui qui voulait lui parler... Fred s'assit lui aussi sur le lit et fit face à Angelina pour lui dire, le plus doucement et calmement possible :

- Voilà, j'ai beaucoup réfléchi cet été à ce que j'allais te dire aujourd'hui. Alors sache tout d'abord que je t'apprécie beaucoup et je suis content de te revoir. J'ai passé de supers moments avec toi depuis l'an passé. Je dois te remercier parce que notre couple m'a permis d'en savoir plus sur toi, sur moi, sur ma relation avec mon frère. J'ai appris beaucoup de choses et j'ai grandi avec toi. Je me suis surpris à penser que ce moment serait un soulagement pour moi, mais ça n'en est pas un, parce que j'ai peur de perdre notre complicité. Voilà, Angelina, je préfère continuer ma route de mon côté et que tu continues la tienne du tien. Quand tu te sentiras prête à redevenir mon amie, je serai là, je ne renoncerai pas à l'idée que nous pouvons garder quelque chose de beau entre nous. Je tenais à te dire tout ça en face à face et aujourd'hui, pour que tu puisses commencer l'année en traçant ta propre route comme tu l'as toujours très bien fait.

Il s'attendait à ce que la jeune métisse se mette en colère, lui balance des injures, des objets à la figure, il se serait laissé faire. Il lui devait bien ça. Mais il ne s'était pas attendu à cette réaction. Pendant qu'il parlait, des larmes coulèrent sur les joues d'Angelina. Il ne l'avait jamais vue pleurer... Quand il arrêta de parler, Angelina le regarda et lui dit d'une voix cassée :

- J'aurai besoin de temps, mais je ne veux pas perdre notre complicité non plus. Merci Fred.

- Pourquoi est-ce que tu me remercies? dit-il, visiblement surpris.

- Parce que tu m'as offert de très beaux moments, de très grands souvenirs. Parce que je suis fière d'avoir été ta petite amie. Parce que tu m'as quittée dans les règles de l'art et de façon respectueuse et sérieuse. Maintenant, pars, s'il te plaît, j'ai besoin d'être seule.

Il se leva, embrassa Angelina sur le front et sortit par la porte du dortoir. Il traversa le dortoir des sixièmes années plongé dans ses pensées, déclenchant quelques cris de surprise et de colère de la part des filles. Il ouvrit la porte du dortoir des cinquièmes et s'arrêta net. Il venait d'entendre une voix familière qui le sortit de sa torpeur.

Cette voix s'élevait dans le dortoir légèrement étouffée par les lourds rideaux de velours rouge entourant le lit d'où elle provenait.


Hermione en était arrivée au dernier soir de son voyage en Bulgarie. Sa voix se brisa et des larmes roulaient sur ses joues quand elle raconta son erreur à Ginny. Elle lui dit tout. Sa douleur autant physique que psychique, sa prise de conscience de l'erreur qu'elle était en train de faire, son incapacité à dire non parce que l'alcool lui disait de dire oui, son malaise le lendemain face à Viktor qui n'avait rien fait de mal et sa honte, surtout.

Quand elle eu terminé son récit, elle leva son regard vers sa cadette et ce qu'elle y vit la rassura. Ginny la regardait avec compréhension. Pas avec pitié. Pas avec tristesse, ni avec honte, mais avec compréhension.

Elle ne prononça pas un mot et prit Hermione dans ses bras. Ce qu'elle venait d'entendre l'avait éclairée sur le comportement de son aînée et avait transformé ce qui lui restait de colère en soutien pour celle-ci.

Hermione sanglota doucement contre l'épaule de son amie, soulagée, épuisée et triste d'avoir fait les mauvais choix mais aussi plus forte de son expérience et bien décidée à remonter la pente. Le lendemain, ses yeux seront bouffis mais son sourire sincère.


Fred se rendit soudain compte de la situation maintenant que le silence était revenu, seulement entrecoupé des sanglot de la jeune femme, si une des camarades de chambre d'Hermione entrait dans la pièce ça serait une catastrophe.

Il se glissa silencieusement vers une des entrées des elfes de maison qui se trouvait dans le dortoir et quitta la pièce. Il était content de comprendre enfin le comportement de 'Mione mais se sentait mal d'avoir découvert la vérité comme ça. Mais, désormais, Fred savait deux choses : plus jamais il n'écouterait une conversation qui ne lui était pas destinée et plus jamais il ne voulait entendre ou voir Hermione dans un tel état.

Foi de Weasley !

Voilà : un nouveau chapitre de fait! :D

Merci pour vos reviews, elles me motivent à continuer!

Je ne vous promet malheureusement pas de nouveaux chapitres rapidement, je pars en vacances vendredi (mais on ne sait jamais, foi de Weasley) ;)

D'ici là, portez vous bien et n'oubliez pas : méfaits accomplis! ^^