Chapitre 3
Ça faisait maintenant un mois que Fred avait quitté Angelina et évidemment, la nouvelle avait fait le tour de l'école dès le lendemain. L'école entière ne parlait plus que des futures conquêtes potentielles des jumeaux Weasley. Fred, aimait, d'habitude qu'on le remarque, qu'on parle de lui (ce que George aimait moins, sauf quand il s'agissait de leurs farces, bien sûr) mais il ne semblait pas particulièrement ravi d'avoir les yeux de plusieurs dizaines de glousseuses posés sur lui, cette fois.
Il aurait aimé côtoyer un peu plus Hermione, lui remonter le moral, la rassurer sur son expérience désastreuse avec Krum, mais il n'était pas sensé être au courant... Ces dernières semaines, il avait vu peu à peu la brune ré-apprendre à sourire souvent en compagnie de Ginny.
Il avait béni sa petite soeur de ramener un peu de joie dans la vie d'Hermione, même si il aurait préféré pouvoir s'en charger, et, il était ce qu'on peut appeler un spécialiste dans ce domaine. Il aurait tellement aimé la revoir rire...
Il était cependant bien décidé à profiter de la sortie à Pré-au-lard pour se rapprocher un peu de la jolie brune. Lui et George avaient d'ailleurs été surpris de voir un jour la jeune femme s'approcher d'eux. Elle s'était adressée aux deux frères mais n'avait regardé que George, ce qui avait passablement énervé son homologue.
Elle leur avait proposé une alternative aux cours d'Ombrage en Harry et leur avait donné rendez-vous à la tête de sanglier pendant cette fameuse sortie, ce qui avait d'autant plus irrité Fred. Non contente de l'ignorer sans aucune raison, elle gâchait ses plans parfaits. Fred bouillonnait mais n'eut pas le temps de réagir ce jour là, elle tourna les talons et partit poser une question à McGonagall.
Mais après quelques jours à réfléchir à ce changement de plans, Fred avait eu le temps de considérer cette réunion comme une opportunité. Oui, en y réfléchissant, il n'aurait pas besoin de chercher la jeune femme dans tout Pré-au-lard, comme ça !
Parce que, il le savait, l'inviter officiellement l'aurait crispée et elle aurait refusé, prenant l'invitation comme une mauvaise plaisanterie, surtout devant ses amis. Il devrait donc ruser et la prendre au dépourvu, ce qui serait plus facile si il savait où elle se trouvait.
Il avait donc un plan... Il ne lui restait plus qu'à le mettre à exécution !
Ce qui l'embêtait un peu plus, c'était la nouvelle manie de sa Miss je-sais-tout préférée : l'éviter. Il devait avouer que concernant Hermione, il n'était pas aussi sûr de lui qu'à son habitude... Et si il ne lui plaisait pas ? Et si ils ne retrouvaient pas leur complicité du Terrier ? Et si elle lisait dans ses yeux qu'il savait la vérité ? Et si elle était blessée qu'il sache cette vérité ?
Après tout, il n'avait pas fait exprès de surprendre cette conversation. Mais entendre ce récit l'avait empêché de se précipiter et de tout gâcher, il se remerciait donc chaque jour d'avoir rompu avec Angelina ce soir-là.
Ce récit des évènements de Bulgarie l'avait obligé à se poser les bonnes questions.
Il s'était demandé si il était assez bien pour elle. À cette question, il était tombé d'accord avec lui-même pour se dire que non, il n'était pas assez bien, mais que personne ne le serait jamais.
Il s'était demandé si il était juste attiré par elle. À cette question, il avait comparé ce qu'il avait connu avec Angelina et avait dû se rendre à l'évidence : il était attiré par Hermione, oui. Mais pas seulement. Il aimait la voir rire, il aimait ses regards désapprobateurs à son égard, il aimait sa manie d'emporter des tas de bouquins avec elle pour se rassurer, il aimait la voir épanouie, il aimait tout en elle...
Il s'était demandé si il aurait la force de s'effacer au cas ou elle ne ressentait pas la même chose que lui. Il en avait conclu qu'il aurait été malheureux comme la pierre mais que si il le fallait, il le ferait. Tout ce qu'il voulait, c'était la savoir heureuse, la revoir sourire, même si pour ça, elle devait être accompagnée de quelqu'un d'autre que lui.
Il s'était demandé, enfin, ce qu'il ressentirait si il lui arrivait quelque chose et s'arrêta dans ses interrogations, la gorge nouée, incapable de respirer correctement pendant quelques secondes. Il n'avait jamais ressenti ça pour personne, sauf pour George. L'idée même d'une séparation définitive lui donnait envie de le serrer dans ses bras pour toujours.
Il reprit sa respiration et observa le parc de Poudlard, calme dans la nuit. Un léger vent faisait chanter les feuilles des arbres de la fôret interdite en une douce musique apaisante. Le clair de lune éclairait le lac noir d'une douce lueur argentée. Lac noir dont les remous causés par les créatures y habitant ajoutait le rythme irrégulier et presque inaudible de l'eau allant et venant sur le rivage à la mélodie déjà naissante des feuilles. Le hululement d'une chouette résonna dans le ciel avant de s'estomper dans l'immensité de la nuit.
Il écouta sa propre respiration, ferma les yeux et ne put s'empêcher de penser que cet instant serait encore plus parfait si Hermione était dans ses bras. Cette pensée finit de le convaincre. Il n'avait jamais ressenti ce besoin pour personne. Il prenait Angelina dans ses bras parce que son rôle de petit ami le lui dictait, pas par envie et il n'aurait jamais osé réveiller la joueuse de quidditch en pleine nuit juste pour qu'elle profite d'une nuit parfaite avec lui à admirer le parc du chateau en silence.
Demain, il allait mettre son plan à exécution. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale à cette idée. Il avait un peu peur que ça ne se passe pas comme il le voulait mais en même temps, il n'attendait rien de la jeune femme, rien hormis un beau moment...
Hermione se retournait dans son lit, n'arrivant pas à trouver le sommeil. Elle allait beaucoup mieux depuis la rentrée et surtout depuis que Ginny était au courant... Elle avait quelqu'un qui comprenait parfois ses longs silences, qui la sortait de sa torpeur, qui la distrayait et surtout, qui était en mesure de la comprendre. Elle aurait voulu savoir en parler à ses meilleurs amis, mais... elle n'y arrivait pas.
Elle savait déjà comment ils réagiraient. Harry ne dirait rien, d'abord en colère contre Krum, puis contre elle de ne pas lui en avoir parlé, puis la pitié serait arrivée dans son regard et elle ne l'aurait pas supporté. Ron, lui, aurait juré comme un charretier contre le bulgare, aurait frappé dans quelque chose et puis aurait été gêné de connaître ce genre de détail sur sa meilleure amie qu'il ne considère toujours pas vraiment comme une fille.
Elle se refusait à être regardée avec gêne et pitié. En tout cas, pour le moment. Ce n'était pas ce dont elle avait besoin alors qu'elle commencait à aller de nouveau mieux ! Elle se concentrait sur Ombrage et sur son nouveau projet : les cours de défense contre les forces du mal qu'Harry leur donnerait. Demain, elle lançerait les hostilités !
La jolie brune découvrait ce que ça faisait que de se rebeller de son propre chef et elle adorait ça ! En plus, elle était douée pour organiser des choses et ça lui vidait la tête donc c'était parfait. Elle avait besoin de s'occuper ces temps-ci.
Le seul problème avec ce projet, c'est qu'elle avait dû en informer Fred et George... Enfin, George n'était pas un problème mais elle évitait Fred de peur de trop se rapprocher de lui et de souffrir en apprenant un beau jour qu'il sortait avec une autre fille.
Après tout, depuis sa rupture avec Angelina, toutes les filles de Poudlard ne rêvaient que de réussir à avoir les jumeaux en même temps, maintenant qu'ils étaient tous deux célibataires...
D'ailleurs, Lavande racontait qu'elle avait vu Lee Jordan vendre des philtres d'amour fabriqués selon les préférences des jumeaux à quelques premières années. Hermione avait d'ailleurs confisqué quelques flacons suspects avec mauvaise humeur. Et Parvati disait à qui voulait l'entendre qu'elle avait entendu dire que les jumeaux aimaient se faire appeler « poil de carotte » dans des moments plutôt... intimes.
Bref, Poudlard était en effervescence et aller parler aux jumeaux de son idée avait été ardu. Elle avait repoussé l'échéance au maximum, espérant que Ginny se proposerait pour en parler à ses frères mais elle n'en fit rien donc elle fut obligée de les avertir elle-même. Elle se souvint s'être demandée pourquoi elle avait fait tout un plat de cette histoire en s'approchant des deux rouquins. Après tout, c'était juste Fred et George ! Mais une fois arrivée devant eux, elle n'eut pas le courage de regarder Fred de peur d'oublier ce qu'elle devait dire et de faire ou dire quelque chose de stupide.
Ce n'était pas arrivé.
Elle se retourna dans son lit, observa par sa fenêtre le clair de lune se refléter dans le lac quelques secondes puis ferma les yeux. Demain, elle arriverait à éviter le regard de Fred à la tête de sanglier.
Tout le monde était venu et ils avaient tous signé le parchemin qu'elle avait prévu pour l'occasion. L'A.D. venait de naître et, déjà, ils repartaient tous de leur côté. Ron ayant très envie d'aller voir Mme Rosmerta, avait entraîné Harry avec lui vers les 3 balais, la laissant remettre un peu d'ordre dans le bar miteux où ils s'étaient tous retrouvés.
Elle venait de remettre la dernière chaise en place. Elle leva les yeux pour vérifier que tout était pareil qu'à son arrivée, ne vit aucune différence et sortit de l'endroit poussiéreux, seule, s'apprêtant à rejoindre ses deux meilleurs amis aux 3 balais.
Elle fit quelques pas dans la rue, en respirant à fond, l'air sentait le début de l'automne, les feuilles mortes, l'humidité, la mousse, la forêt quoi ! Elle adorait cette odeur, le pétrichore, l'odeur de la terre après une averse. Ça lui rappelait la rentrée des classes, moment qu'elle avait toujours aimé plus que tout...
Elle sortit un vieux bouquin écorné de son sac, l'ouvrit et continua sa lecture tout en marchant dans les rues de Pré-au-lard. Elle n'avait pas besoin de regarder devant elle, elle connaissait les quelques rues du village par coeur. Elle inspira et fut comblée un instant, l'odeur du vieux livre se mélangeant à celle de l'automne... Elle reprit sa lecture, le silence de la ruelle seulement couronné par le crissement des feuilles mortes sous ses chaussures, un petit sourire aux lèvres.
Hermione ne remarqua pas l'obstacle qui venait de se mettre en travers de son chemin et... collision dans 3... 2... 1...
La jeune femme, un peu sonnée, releva la tête et vit la raison de sa chute : un certain Weasley se frottant le crâne une légère grimace cachant à peine son air étonné ou impressionné ? Impossible à dire.
- Woh ! J'm'attendais quand même à ce que tu t'arrêtes ! T'es vraiment dans ton monde quand tu lis...
- Mais qu'est-ce que tu faisais dans mon chemin, Fred ?
- En soi, je pourrais te demander la même chose, non ? C'est quand même toi qui ne regardais pas où tu allais...
- Et toi qui aurait pu éviter l'choc ! dit-elle en se massant doucement, une légère douleur dans le bas du dos. Mais ! Qu'est-ce que tu fais ?
Fred s'était relevé d'un bond avant qu'elle ne retrouve son livre et reprenne son chemin, s'était emparé de son bouquin et venait de le glisser dans son sac. Il lui tendit une main pour l'aider à se relever. Elle s'en saisit sans réfléchir. Il la releva, passa sous son bras puis fit disparaître une de ses mains dans son dos, qu'il déposa sur sa hanche. Et il l'entraînait dans la direction opposée aux 3 balais.
- Je te kidnappe, toi et ton bouquin. Si tu veux le récupérer, tu devras te plier à mes moindres désirs !
Le coeur de la brune rata un battement. Elle avait déjà les idées embrumées en présence du rouquin alors avec la main de celui-ci posée sur sa hanche, sa proximité et ce qu'il venait de dire, elle avait du mal...
- Et qu'est-ce qui te dit que mon livre en vaut la chandelle ?
- Eh bien ! Étant donné qu'il est vieux, poussiéreux et sûrement très ennuyeux, tu dois beaucoup y tenir, je me trompe ?
- Peut être pas... Mais si être vieux, poussiéreux et très ennuyeux sont des qualités que j'apprécie, tu dois avoir une bien piètre opinion de toi pour penser que j'ai envie de passer du temps avec toi.
- Oh, je ne crois pas que tu en aies envie, dit-il en plongeant ses beaux yeux verts et malicieux dans les siens, mais je vais te donner envie de le vouloir.
Elle battit rapidement des cils et détourna son regard de celui, troublant, du rouquin. Elle se rendit compte qu'elle s'était reprise au jeu plein de sous-entendus du Weasley bien trop naturellement, s'étonnant elle-même de cette audace. Un grand sourire victorieux apparut sur le visage de ce dernier, il venait de gagner la première manche.
Elle ne mit tout de même pas longtemps avant de contre-attaquer :
- Tu n'es pas avec une de tes nombreuses soupirantes ? demanda-t-elle, innocemment.
- Jalouse ? rétorqua-t-il, amusé et content de retrouver l'Hermione qu'il connait, celle qui lui tient tête et qui aime leurs joutes verbales autant que lui.
- Il faudrait que tu sois vieux, poussiéreux et très ennuyeux pour cela. répondit la jeune femme du tac-au-tac, une lueur amusée et taquine dans le regard.
- Or je ne remplis aucune de ces 3 conditions.
- Mmmh... Je ne dirais pas ça... Je dirais qu'il ne t'en manque qu'une...
- Laquelle ? Et lesquelles je remplis ? Tu es cruelle, Hermignonne !
Elle éclata d'un rire cristallin qui fut rejoint par celui, libérateur de Fred. Ils continuèrent à marcher, dans la partie du village moins fréquentée, vide de tout élève de Poudlard, profitant de l'air frais, de leur contact et de leur bonne humeur. La jeune femme ne brisa pas le silence mais y intercala plutôt délicatement sa voix plus douce et basse que d'habitude.
- Comment vas-tu ?
Le rouquin évalua la question qui lui sembla étrange... Comment ça comment il allait ? Pourquoi lui posait-elle cette question ? Elle pousuivit :
- Je veux dire... depuis que Angelina et toi, vous...
Oh... Il avait pensé et prononcé cette syllabe. C'était donc de ça qu'elle voulait parler... Elle était bien la première (sans compter George) à le lui demander. Aucune autre personne ne lui avait demandé comment il se sentait vraiment par rapport à cette rupture.
Comme c'était lui qui avait rompu, les gens avaient dû se dire qu'il ne pouvait qu'aller mieux, mais la vérité n'était pas aussi simple. Il n'y avait qu'Hermione pour s'inquiéter comme ça de ce qu'il ressentait.
- Elle me manque... dit-il sans réfléchir.
Il se rendit compte de sa bêtise.
- Enfin... Elle me manque en tant qu'amie. Je sais qu'il lui faudra du temps, mais parfois, j'ai envie de retrouver Angelina, l'amie.
La main qui avait enserré le coeur d'Hermione, à ses premiers mots sur la poursuiveuse, dessera petit à petit son emprise.
- Je suis sûre que tu la retrouveras bien vite, j'ai entendu dire qu'elle avait un faible pour un sixième année, il est à Serdaigle je crois...
- Tu écoutes ce genre de rumeurs, Hermione ? Je ne m'attendais pas à ça de ta part ! fit-il, d'un air faussement choqué.
- Eh bien... Quand on dort dans le même dortoir que Parvati et Lavande, on n'a pas vraiment le choix ! D'ailleurs, tu es de mèche avec Lee Jordan par rapport aux soi-disant philtres d'amour ?
- De quoi tu parles ? demanda Fred, d'un air vraiment étonné.
- Il vend des « philtres d'amour », faits sur mesure par rapport à vos préférences à George et toi. Je pensais que tu le savais et que vous vous partagiez les gains...
- Non, je n'étais pas au courant ! On se disait bien qu'il nous cachait quelque chose, celui-là ! dit Fred, partant dans un grand rire.
- Tu n'as pas remarqué de goût bizarre dans ton jus de citrouille le matin ? Ni de regards déçus lancés par tes admiratrices ? demanda malicieusement la brune.
- Je dois t'avouer que je n'y prête pas vraiment attention aux regards déçus mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que mon jus de citrouille avait un goût étrange, certains matins !
Ils rirent ensemble quelques minutes, continuant à marcher sans but dans Pré-au-lard. Hermione s'était habituée à la légère pression de la main du jeune homme sur sa hanche, elle se détendit un peu et passa sa main dans le dos de Fred, la posant entre sa hanche et le bas de son dos. Le rouquin fut agréablement surpris au contact de cette petite main étrangère mais ne fit aucun commentaire, ne voulant pas faire fuir la jeune femme.
Ils continuèrent à marcher, le silence entre eux seulement rompu par le bruit de leurs pas dans les feuilles mortes. Avec elle, il ne devait pas combler ce silence par des paroles inutiles, il ne s'en sentait pas obligé, il profitait juste de cet instant...
Ils s'arrêterent dans une clairière au bout de la rue principale et Fred les tourna doucement pour qu'ils puissent profiter du soleil se couchant derrière le château. Les couleurs pastels se mélangeaient comme sur la palette d'un peintre, le tout éclairé des derniers rayons de lumière et, devant, la silhouette majestueuse du château s'élevait, comme depuis des siècles déjà. Ils restèrent là quelques instants, à observer l'école en silence. Puis, subitement, ils se retrouvèrent par terre.
La brune le regarda d'un air interloqué, il s'était laissé tombé en arrière dans un tas de feuilles qu'il avait rassemblées grâce à un charme pendant qu'elle profitait du crépuscule, l'emportant avec lui dans sa chute. Il lui répondit avec son plus grand sourire malicieux et ils se remirent à rire sans aucune autre raison que leur chute.
Elle se releva sur un coude et observa son visage, l'arrête de son nez n'était pas droite, sûrement dû à des bagarres avec ses frères, il avait pas mal de taches de rousseur sur tout son visage, ça le rajeunissait un peu mais ses grands yeux verts n'étaient plus ceux d'un adolescent. Il tourna la tête et la surprit en train de le regarder, elle se rallongea et regarda les nuages avancer dans le ciel sombre.
Il s'appuya à son tour sur son coude et observa la jeune femme. Ses cheveux formaient une couronne autour de sa tête, leur couleur s'accordait avec celles, chatoyantes, des feuilles tombées des arbres, pourpres, ocres, dorées. Dans ses yeux, par lesquels elle voyait le monde avec tant de raison et d'intelligence, se reflétaient les mêmes couleurs automnales. Il s'arrêta dans la contemplation de son visage, comme hypnotysé par ces iris puis son attention fut attirée par un mouvement.
Une feuille s'était détachée d'un orme près d'eux, c'était ce qui avait déconcentré Fred. Il observa la clairière et se rendit compte qu'ils étaient au-dessus d'une petite pente. Il sourit et posa son bras de l'autre côté du corps d'Hermione, la surplombant de tout son corps, son poids reposant sur ses bras, uniquement. La jeune femme se crispa un peu face à cette proximité mais ne dit rien. Il lui demanda alors :
- Tu me fais confiance ?
Elle évalua la situation et ne vit aucune raison d'être méfiante puis plongea son regard dans celui du rouquin, se sentant en sécurité.
- Oui.
Il lui sourit de plus belle et passa ses bras en-dessous du corps de la jeune femme, l'enserrant doucement et la protégeant de ses bras, puis se laissa rouler sur le côté. Elle poussa un petit cri de surprise qui se transforma très vite en un grand rire libre, ils terminèrent de dévaler la pente en riant. Une fois en bas, elle ne se libéra pas de leur étreinte, se sentant bien, là, dans ses bras.
Fred avait presque peur de respirer de crainte que le moindre mouvement ne la fasse s'envoler, fuir. Elle, ne bougeait pas de peur de se rendre compte que ce n'était qu'un rêve et pas la réalité... Elle ne voulait pas rentrer et reprendre sa vie comme si ce moment n'avait pas existé. Elle aurait voulu pouvoir rester là près de lui pour toujours mais la réalité la rattrapa, un vent frais la fit frissonner.
Il la sentit trembler, le soir était presque tombé et il commençait effectivement à faire un peu froid. Il soupira, elle comprit le message, et se laissa doucement tomber à côté de lui, lui permettant de se relever.
Il lui tendit sa main pour l'aider à se remettre debout, elle la saisit et il la tira, l'attira contre lui. Leurs lèvres s'effleurèrent pendant quelques secondes magiques, quelques secondes parfaites, figées dans le temps. Il avanca doucement son visage vers le sien et prolongea encore ces quelques secondes, pressant sa bouche contre la sienne.
Soudain, elle sembla se rendre compte de ce qui était en train de se passer et sépara leurs visages, se reculant brutalement. Il comprit ce qu'il venait de se passer et pria intérieurement pour ne pas l'avoir effrayée. Il prit son menton dans sa main, l'obligeant à le regarder et murmura :
- Je ne te ferai jamais de mal, moi. Je t'en fais la promesse Hermione.
Ses grands yeux marrons dans lesquels il pouvait encore lire la panique qui venait de l'envahir subitement, lui répondirent à la place de la jeune femme. Il prit sa main et ils traversèrent le village dans un silence calme, chacun réfléchissant à ce qu'il venait de se passer.
Arrivés devant les trois balais, le rouquin lâcha la main d'Hermione et partit rejoindre son frère qui l'attendait pour repartir vers le château. Elle resta quelques instants pétrifiée devant la porte puis secoua la tête, reprit ses esprits et pénétra dans le bar pour rejoindre ses deux meilleurs amis.
Désolée pour l'attente un peu longue entre ce chapitre et le dernier. Je croise les doigts (et vous jette un sort) pour que vous ayez apprécié ce chapitre autant que j'ai aimé l'écrire! :)
J'en profite pour remercier tous ceux qui me laissent des reviews, tous ceux que je ne connais pas qui lisent mon histoire et tous ceux qui la suivent!
J'ai aussi une grosse pensée pour mes amis que j'oblige à lire mes récits et qui doivent me prendre pour une tarée ^^ (spécialement à ma reliseuse fantastique).
Je vous fais des gros bisous, on se retrouve pour le prochain chapitre!
PS : N'hésitez pas à me laisser un message, je le lirai et y répondrai avec plaisir! ;)
