Chapitre 4
Ron et Harry avaient été distraits par George et ils n'avaient pas vraiment remarqué la disparition de leur meilleure amie. Il faut dire que la jeune femme était prompte à disparaître dans la bibliothèque, derrière des tonnes de bouquins, depuis toujours. Ils s'étaient habitués à sa disparition passagère.
Ils se contentèrent donc de parler de la toute nouvelle mise en place de l'A.D. et des problèmes logistiques qu'elle impliquait. Ils ne remarquèrent pas les joues rouges de la brune et ses yeux perdus dans le vague, ils ne virent que la feuille d'orme dans ses cheveux.
Ron approcha sa main de la feuille, frôlant la joue d'Hermione par la même occasion, il prit la feuille orangée en rougissant légèrement et la lui donna. Elle rougit elle aussi, le remercia et ne pû s'empêcher d'espérer que les Weasley la laissent un peu tranquille pour ce jour là. Depuis ce fameux jour, Hermione se consacra entièrement à l'A.D. en plus de ses cours, de ses devoirs et de la correction de ceux de Ron et Harry.
Elle s'était interdit de repenser à Fred mais elle ne tint évidemment pas cette promesse. Chaque soir, avant de s'endormir elle repensait à ces moments perturbants et parfaits, à leur baiser, aux choses bizarres qu'elle avait ressenti dans son ventre en l'embrassant, à la phrase mystérieuse qu'il lui avait dites...
Je ne te ferai jamais de mal, moi. Je t'en fais la promesse Hermione.
Elle avait analysé cette phrase, l'avait décortiquée dans tous les sens possibles et imaginables et avait dû se résoudre à voir la vérité en face : il savait. Quand elle avait compris ça, elle avait littéralement attaqué Ginny pour lui faire cracher le morceau.
Il n'y avait que par elle qu'il avait pu savoir... Ginny avait juré qu'elle n'avait rien dit à personne et encore moins à ses frères, d'un air outré qui fut vite remplacé par de la curiosité. Elle tanna Hermione pour qu'elle crache le morceau mais elle se referma comme une huitre. Si il y avait bien une personne avec qui elle ne voulait pas parler de Fred, c'était sa petite soeur...
Malheureusement pour Hermione, Ginny était plutôt observatrice et elle comprit vite, à la vue de la mine inhabituellement renfrognée de son frère aîné que c'était de lui que son amie ne voulait pas parler. Elle n'était d'ailleurs pas la seule à avoir remarqué cette mauvaise humeur étrange. George n'avait rien raté de ce changement, lui non plus.
Son frère avait refusé de lui parler de la sortie à pré-au-lard, lui qui, même en cas de rateau (ce qui n'était arrivé que très rarement) aimait partager ses aventures qu'il rendait rocambolesques et fantastiques, n'avait rien dit d'autre que :
- J'ai tout gâché...
George, inquiet, avait essayé de lui tirer les vers du nez, sans succès, Fred se renfermait de plus en plus, de jours en jours. L'air pétillant qui caractérisait les jumeaux avait laissé place à un air nostalgique, distant et fané pour lui et à un air inquiet pour George. Ce dernier avait crû que ça ne durerait pas, qu'il allait vite retrouver son frère tel qu'il le connaissait mais il s'était trompé.
Rien de ce qu'il ne pouvait dire ou faire ne le déridait, il restait perdu dans ses pensées, comme si un nuage gris entourait ses pensées et le suivait partout. En vérité, les pensées de Fred étaient plutôt bloquées sur repeat. Ressassant inlassablement chaque minute, chaque seconde qu'il avait passé avec Hermione à pré-au-lard. Analysant le moindre de ses gestes et la moindre réponse qu'il avait reçue ou non de la part de la belle brune.
Il était certain qu'elle avait compris qu'il savait à propos de la Bulgarie. Il savait aussi qu'il n'avait jamais ressenti autant de choses qu'en l'embrassant. Mais il était presque sûr que ça ne se reproduirait plus jamais vu qu'il l'avait embrassée. De toute façon, il ne méritait pas qu'elle pose les yeux sur lui, ce qu'elle ne faisait pas, d'ailleurs.
Elle devait penser qu'il l'avait trahie, qu'il ne voulait que profiter d'elle, qu'il n'était pas sérieux, comme toujours... Il pensait qu'il pourrait supporter de la voir avec quelqu'un d'autre, mais il ne pouvait même plus imaginer cette option sans avoir envie de pousser le malheureux depuis le sommet de la tour d'astronomie.
Il n'y avait plus d'espoir, de toute façon. Chaque jour qui passait sans qu'elle ne lui fasse un signe était un jour de plus le poussant vers la réalité : elle ne ferait pas ce signe qu'il n'attendait plus, il en était sûr. Mais il n'était même pas assez fort que pour se l'avouer à lui-même. C'était trop douloureux. Alors répondre aux questions de son frère ? Même pas envisageable...
Pourtant, il voyait bien, il sentait, que George allait bientôt devenir fou ou le pousser du haut de la tout d'astronomie, si il ne faisait rien pour le rassurer, quelle ironie ! Mais il mettait déjà toute son énergie dans les gestes du quotidien, qui lui semblaient déjà si difficile. Il ne s'était jamais senti aussi vide... Et il n'avait personne à blâmer pour son erreur.
Son erreur ? Le moment qui l'avait élevé de terre pendant quelques secondes, qui lui avait donné des ailes ? Non... Ce n'était pas une erreur. Résumer ce baiser à une erreur était absolument inenvisageable. Mais... Depuis quand était-il devenu tellement déprimé ? Ça ne lui ressemblait pas du tout. Les jumeaux Weasley ne se laissent jamais abattre, ils se battent pour ce qu'ils veulent !
Les yeux de Fred s'éclaircirent, il trouva instantanément le regard de son jumeau qui attendait de revoir cette étincelle depuis un peu moins d'une semaine.
- Alleluia ! Tu es de retour ! Woooow... Tu m'avais manqué frérot !
- Qu'est-ce que j'ai manqué ?
- Oh... Pas grand chose... Juste... Mmmh... Neville qui est entré et sorti dans la salle commune 15 fois de suite parce qu'il était fier d'avoir enfin retenu le mot de passe, avant que la grosse dame ne se lasse et ne veuille plus le laisser entrer. Rusard a été alerté et a accouru en criant « Élèves hors des dortoirs ! Élèves hors des dortoirs ! » mais évidemment c'était un piège de Peeve's qui l'attendait au-dessus du corps endormi de Neville. Rusard et Miss Teigne ont donc du battre en retraite sous les attaques de bombabouses et de tartes à la crème de Peeve's. Et à cause du rire instoppable de notre esprit frappeur préféré qui s'ennuyait de nos tours, je crois, enfin, surtout de toi, Neville s'est réveillé en sursaut. Ce qui a causé une réaction en chaîne plutôt drôle ! Sinon… Tu as raté la création de Brangelina, le nouveau couple. Angelina sort avec un certain Brad de Serdaigle, un sixième année. Ça a beaucoup fait rire les nés moldus pour une raison obscure, d'aileurs. Ah et aussi, la personne la plus géniale de l'univers était trop préoccupée que pour profiter entièrement de tout ça.
- Je n'étais pas préoccupé, j'étais déprimé…
- J'parlais pas de toi, mon vieux !
Fred esquissa un sourire désolé, il ne comprenait même pas comment il avait pu se laisser toucher par toute cette histoire à ce point. Enfin, si, dès qu'il se rappelait les yeux aux reflets dorés d'une certaine beauté discrète, il le savait. Il se promit de ne plus jamais laisser son autre moitié en dehors de ces peines, à l'avenir. Même si raconter ce qui n'allait pas serait pénible.
- Je l'avais mérité ! Désolée, Georgie…
- T'es pardonné si tu arrêtes de m'appeler comme ça et que tu ne recommences plus jamais, poil de carotte !
Les deux frères s'observèrent quelques secondes, heureux de se retrouver puis George rit pour eux deux pendant qu'ils s'étreignaient. Il voyait bien que son frère était encore fragile et ne voulait pas aborder de suite le sujet délicat... Même si, bien sûr, il crevait d'envie de pouvoir se rendre utile et de tout faire pour que Fred soit heureux. Il décida donc de lui laisser encore un peu de répit.
Son petit frère (de quelques minutes) en avait décidé autrement. Il sortit sa baguette et jeta un assurdiato sur son lit. George, étonné, vint s'asseoir à côté de lui et attendit en silence, sachant parfaitement que son jumeau parlerait quand il se sentirait prêt. Le truc c'est que Fred n'était pas prêt d'être prêt, alors il se lança dans son récit sans ajouter de fioritures.
L'aîné écouta ce qu'il s'était passé avec respect. Il savait que cette histoire représentait beaucoup pour son frère. C'était la première fois qu'il se mettait dans un tel état pour qui que ce soit. La première fois qu'il racontait sans rien ajouter de surnaturel ou de loufoque. La première fois qu'il éprouvait quelque chose pour quelqu'un.
Il devait avouer qu'il était un peu jaloux de ce qu'avait son frère, il avait quelqu'un à aimer. Quelqu'un qui lui faisait oublier tout le reste, quelqu'un qui faisait accélérer son coeur et qui avait le pouvoir de le dessécher aussi. Il savait que dans ce cas-ci, ce n'était pas positif mais il était certain que rien n'était fini.
Hermione était quelqu'un d'intelligent. Il fallait juste qu'elle se rende compte que Fred tenait réellement à elle, que ce n'était pas une farce de très mauvais goût. Et il était certain qu'elle s'en était rendue compte et que c'était de ça qu'elle avait peur, parce que quand elle avait fait un pas en avant, elle l'avait fait avec la mauvaise personne.
George avait toujours su que Fred tomberait amoureux avant lui et il avait toujours redouté qu'il ne tombe amoureux de la mauvaise personne. Au moins, il n'avait pas choisi la mauvaise personne pour lui, mais ses sentiments s'étaient épanoui au mauvais moment. La bonne nouvelle, c'est que c'était rattrapable, il en était certain.
Il suffisait d'un bon vieux plan à la Weasley !
Première étape : obtenir la version d'Hermignonne. Étape un : en chemin...
Des piles de vieux volumes poussiéreux, des tas de parchemins usés, une chandelle à la flamme chancelante et une Hermione épuisée était ce qu'on pouvait trouver dans un coin de la salle commune de Gryffondor à n'importe quelle heure de la soirée, depuis une semaine. Ginny observait son amie, à l'autre bout de la pièce d'un air inquiet mais elle s'interdit de faire quoi que ce soit. Si elle ne s'était pas trompée et que son amie se plongeait dans le travail pour ne pas penser à Fred, elle ne voudrait pas lui en parler. Tempérament de feu ou pas.
Elle se contentait, donc, d'essayer de distraire Hermione le plus possible, de l'emmener au bord du lac, en balade forcée, avec Harry, Ron, Luna et Neville de temps en temps. Histoire que la jeune femme prenne l'air. Elle décida que pour ce soir, il faisait déjà trop sombre dehors. Elle dit donc bonne nuit à tout le petit groupe qui l'entourait puis passa voir Hermione.
- Hermione ?
La brune ne releva même pas la tête de ses parchemins et continue d'écrire nerveusement.
- Moui ?
- Je vais me coucher. Tu viens ?
- Dès que j'ai fini ça, Gin', bonne nuit.
- Bonne nuit Hermione.
La rousse tourna les talons et se dirigea rapidement vers son dortoir, les poings serrés et une furieuse envie de fondre en larmes. Elle détestait la distance qui se réinstallait entre elles, même si elle savait que ça n'avait rien à avoir avec elle mais tout avoir avec un de ses frères.
Un raclement de gorge dérangea Hermione pour la seconde fois de la soirée. Elle continua d'écrire un devoir de métamorphose et lança, d'une voix lasse :
- Je t'ai dit que j'arrivais, Ginny !
- Désolée de te décevoir mais ce n'est pas Ginny.
Elle releva la tête, désarçonnée par la voix grave qu'elle ne connaissait que trop bien.
- George… Je… Je suis très occupée là…
- Hermione, je pense que tu vas devoir arrêter d'écrire ce devoir sur les Animagi, qui est une matière que je n'ai même pas encore vue, d'ailleurs.
- Oui, je m'avan-
George ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et la coupa net d'un ton ferme.
- Je sais, tu avances, c'est très bien. Mais pendant ce temps là, j'en connais d'autres qui n'avancent plus du tout. Je suis inquiet Hermione. Je te demande que tu me dises ce qu'il s'est passé avec mon jumeau. Il refuse de m'en parler et ce n'est pas que ça ne fasse pas du bien quand il la ferme un peu, parfois, mais là, ça devient excessif. Alors, je ne te le demande pas, je t'oblige à m'en parler, sinon, un de nous deux finira en bas de la tour d'astronomie.
Le jeune femme rougit puis pâlit puis rougit de nouveau à ces mots. Enfin, elle soupira et tout en continuant à éviter le regard de son interlocuteur, elle lui parla de la sortie à pré-au-lard. Elle omit juste ce qu'elle avait ressenti quand Fred l'avait embrassée mais quand elle mentionna leur proximité et le baiser, elle sentit le rouge lui monter aux joues. Elle tenta tant bien que mal de se contrôler mais son corps n'obéissait plus à son cerveau.
George écouta sans ciller puis la remercia poliment sans laisser une seule émotion se lire sur son visage. Puis quand il se retourna pour rejoindre son dortoit il laissa éclore le sourire qu'il retenait, laissant derrière lui, une Hermione honteuse, désorientée et inquiète.
- George !
Le sourire du jeune homme s'élargit puis, il se recomposa un visage neutre et se retourna.
- Oui Hermione ?
- Je… Tiens moi au courant…
Elle venait de lui donner le signal pour passer à la deuxième étape du plan, sans même s'en rendre compte. 'Étape deux : je peux !' pensa George. Ses traits se durçirent et il éleva la voix, les quelques élèves encore présents se retournèrent vers eux.
- Tu sais ce que je pense Hermione ? Je pense que tu as purement et simplement peur. Fred n'est pas n'importe quel crétin, même si, parfois, il se comporte comme tel. Je pensais que tu le savais. Et si tu n'avais pas évité de t'intéresser à lui cette semaine tu aurais vu qu'il n'allait pas bien. Personne ne t'a secoué ces derniers temps de peur que tu ne tombes encore plus bas que tu n'en avais déjà l'air. La vérité, c'est que toi et moi, on sait que tu es plus forte que tu ne le laisses paraître, alors je vais te bousculer, moi. Non, je ne te tiendrais pas au courant. Tu n'as qu'à lui parler si tu veux avoir de ses nouvelles. Ouvre les yeux, Hermione ! Sur ce : bonne nuit.
La brune, pâle comme un linge le regarda s'éloigner d'un pas décidé. Elle savait qu'il avait eu raison et qu'il avait agit comme un véritable ami. D'un coup, elle se sentait très mal. Elle attrapa ses affaires, les envoya directement se ranger dans son dortoir et s'enfuit par le trou du portrait.
Elle courut dans les couloir, sans aucun but autre que de s'éloigner, de quoi, elle ne le savait pas. Après un moment qui lui parut une éternité, elle entra dans la première porte qu'elle vit, s'agenouilla contre la porte et se pris la tête entre les mains. Ça ne lui servait à rien de courir, elle venait de réaliser que c'était d'elle-même qu'elle voulait s'éloigner…
Elle repris son souffle et essaya de structurer ses pensées. Fred n'allait pas bien. Et d'après le discours de George, c'était de sa faute à elle. Elle avait peur. Ce sentiment la retenait, l'emprisonnait, l'empêchait de faire quoi que ce soit. George avait laissé entendre qu'elle avançait, mais c'était faux. Elle n'avançait pas du tout, elle faisait du sur place parce que c'était plus confortable que de se jeter dans le vide, que de faire le grand saut.
La vérité, c'est que ce qu'il y avait entre elle et Fred, ce qu'elle ressentait, la paralysait bien plus que l'idée de se retrouver en face de Viktor encore une fois. Parce qu'elle savait qu'avec Fred, c'était quelque chose de nouveau, d'inconnu et que si elle s'impliquait, elle risquait d'y laisser bien plus que sa virginité.
Elle vida son esprit au maximum en se concentrant sur sa respiration et les battements de son coeur. Elle savait, évidemment que c'était un influx électrique qui faisait circuler le sang dans son coeur mais elle savait aussi que quand George avait parlé de l'état de Fred, cet influx n'avait plus suffit à faire battre son coeur, il s'était arrêté net pendant un quart de secondes avant de repartir de plus belle.
Hermione enleva ses paumes de son visage et observa l'endroit où elle était. Elle ne reconnaissait pas cette pièce… C'était une petite salle peinte en bleu ciel et remplie de tas de coussins multicolores de toutes tailles et formes, elle pris un grand coussin rectangulaire vert dans ses bras et passa sa tête par la porte. Elle était au septième étage. Elle referma la porte et décida de ne pas se prendre la tête pour une fois.
Elle était fatiguée et entourée de dizaines de coussins confortables, en sécurité à Poudlard. Elle ne mis pas longtemps à s'endormir…
La salle sur demande ! La salle va-et-vient ! Ce sont les premiers mots, après Fred, qui vinrent à l'esprit de la brune en se réveillant. Elle avait trouvé la salle sur demande ! Ça réglait le problème de local pour l'A.D., elle venait de résoudre un de ses problèmes et ne voulait pas s'arrêter en si bon chemin.
Elle courut jusqu'à la salle commune de Gryffondor et monta dans les dortoirs des garçons pour réveiller Harry et Ron. Elle secoua ses deux meilleurs amis et leur parla de la salle qu'elle venait de trouver. Ils ne lui posèrent pas de questions sur le pourquoi du comment elle avait découvert cette salle, bien trop heureux de revoir leur meilleure amie enthousiaste pour quelque chose et sans cernes sous les yeux.
Ron et Harry demandèrent à Hermione qu'elle les emmène voir la salle l'après-midi, après leurs cours, elle accepta vivement et les laissa se préparer pour le petit déjeuner. Elle partit dans son dortoir pour se laver et changer de vêtements. Elle monta dans son dortoir en réfléchissant à un plan d'action par rapport aux problèmes qui lui restaient sur le dos.
Après une bonne douche, Hermione s'était changée, apprêtée un maximum et descendait les escaliers de son dortoir. Elle portait un de ses plus beaux jeans, très clair et juste collant où il le fallait, un top blanc et un des pull de l'école, gris avec les détails aux couleurs des gryffondor. Elle avait les cheveux lâchés et avait réussi à les discipliner.
Harry et Ron n'en croyaient pas leurs yeux, ils n'avaient jamais vu Hermione sans son habituel uniforme complet, un jour de semaine.
- Hermione ? Tout va bien ?
- Oui, Harry, tout va bien… Pourquoi ?
- Eh bien. Nous avons entendu parlé de ta confrontation d'hier avec George et... Tu ne viens pas en métamorphose avec nous ?
- Ah oui… Ma confrontation avec George… Il avait raison. Non, je ne viens pas. Je pense que McGonagall ne m'en voudra pas, je suis très avancée à son cours.
Puis Hermione sortit de la salle commune d'un pas pressé mais décidé.
- Est-ce que j'ai bien entendu, Harry ? Qu'est-ce qui est arrivé à Hermione ?
- Je ne sais pas Ron, mais je pense que l'avenir proche nous le dira !
- Qu'est-ce que vous faites plantés là, vous deux ?
- On essaye de savoir si on est dans un rêve ou un cauchemard…
- Pourquoi ?
- Parce qu'Hermione vient de dire qu'elle allait sécher un cours…
- Je pense qu'on est dans un univers parallèle, les gars !
George avait prononcé cette phrase sur le ton d'une confidence très sérieuse mais il affichait un énorme sourire qu'aucun de deux autres ne remarqua. Étape trois : on envoie !
- Les gars, vous pourriez ne pas parler de ça à Fred ?
- Euh… Ouais, si tu veux.
- Ça marche.
- Cool ! Bon, on va déjeuner ?
Ron et Harry acquiescèrent, encore un peu sous le choc de tous ces revirements soudain. Dans la Grande Salle, le déjeuner se déroulait comme à son habitude, sauf qu'Hermione manquait à l'appel et que Fred avait retrouvé le sourire bien qu'atténué par rapport à d'habitude. Alors là… Le benjamin Weasley et l'élu étaient complètement désorientés.
Ron s'attaqua à quelques tranches de bacon pour compenser, tandis que Harry buvait un jus de citrouille, l'air pensif. Ils n'étaient pas les seuls à être surpris par rapport au comportement de Fred. Les glousseuses qui s'étaient découragées face au manque de réaction du jumeau reprenaient courage. Évidemment, personne n'avait remarqué la disparition d'Hermione qui passait souvent inaperçu derrière ses bouquins, enfin, personne, sauf Fred…
Ce dernier lança un regard incertain vers son frère. Il faisait aveuglément confiance à celui-ci mais il restait un peu inquiet, en effet, il ne connaissait rien du plan de son homologue. Tout ce qu'il voulait, c'était parler avec Hermione mais il avait promis à George qu'il n'irait pas vers elle en premier. D'ailleurs, pourquoi n'était-elle pas au petit déjeuner ? Peut être faisait-elle des recherches à la bibliothèque… Après tout, c'était une des seules choses qui pouvait lui faire sauter le petit déjeuner et c'était plutôt courant !
Soudain, le flot de pensées incessant de Fred s'arrêta net, Hermione se tenait au milieu des portes de la Grande Salle et se dirigeait, d'un pas rapide et décidé vers lui, comme si il n'y avait personne d'autres qu'eux deux dans la pièce. Elle était particulièrement belle à marcher d'un pas sûr vers lui de cette façon, en le fixant droit dans les yeux alors qu'elle avait évité son regard désespéré toute la semaine.
Des centaines de paires d'yeux suivaient Hermione dans sa progression vers la table des Gryffondor, ce qui ne l'arrêta pas le moins du monde. Fred se leva de table alors qu'elle avait fait les trois quarts du chemin et se dirigea vers elle, un sourire discret sur les lèvres. Quand ils se retrouvèrent l'un en face de l'autre, un silence emplit le vide qui les séparait, dans le reste de la Grande salle, les murmures allaient bon train !
Elle le regarda dans les yeux et murmura si bas que seul lui pouvait entendre :
- Tu me fais confiance ?
- Oui.
Il n'avait même pas eu à réfléchir. Il prit la main tendue de la jeune femme et la suivit dans les couloirs du château.
A la table des Gryffondor, un grand sourire sur le visage, George murmura :
Étape quatre : ça marche !
J'espère que cette suite vous plaît :D ! Hésitez pas à me donner votre avis! On se retrouvera pour le dernier chapitre, sinon! ;)
J'vous fait des bisous aussi collants que le Mimbulus Mimbletonia de Neville!
