Chapitre 5

Fred ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait, tout ce qu'il savait, c'est qu'il suivrait la jeune femme qui tenait sa main partout où elle irait et, accessoirement, qu'il adorait son frère pour avoir mis en place ce plan génial ! Il se promit de le remercier plus tard et de lui rendre les quelques photos et objets compromettants qu'il gardait au cas où il aurait eu un besoin important de ses services, comme pour cacher un corps, par exemple… Quoi ? On ne sait jamais !

Hermione s'arrêta et se retourna vers lui, ils étaient dans un couloir vide du… Mmmh… Quatrième étage ! Fred et George étaient sûrement les deux personnes qui connaissaient le mieux le château et ses secrets. Ce qui comportait certains avantages, comme celui de toujours savoir où tu te trouves au cas où une fille t'emmène dans un coin sombre (exemple fortuit, bien sûr).

George et lui avaient instauré un code, entre eux, selon leurs expériences, sur les différents niveaux du château. Ils n'avaient qu'à se dire l'étage où ils étaient allés pour savoir ce qu'il s'était passé.

Cachots = « j'aime l'obscurité, attrape-moi si tu peux, je suis soit une bonne, soit une mauvaise surprise, et, fais gaffe à Rogue »

Rez-de-chaussée = « viens, on n'a pas le temps, on se fait plaisir dans la première pièce vide, j'ai cours dans 5 minutes »

Premier étage = « je veux rompre, c'est fini entre nous »

Deuxième étage = « je veux tes bras autour de moi toutes les nuits mais tu ne m'auras jamais pour toi »

Troisième étage = « je suis en manque, prends moi sauvagement n'importe où, je t'obéirai »

Quatrième étage = « il ne se passera jamais rien entre nous, tu es comme mon frère »

Cinquième étage = « je pense que j'éprouve quelque chose pour toi, embrasse- moi »

Sixième étage = « pas d'attaches, pas de sentiments, juste toi et moi, nus, ici »

Septième étage = « montre-moi ta baguette, je vais bien m'en occuper »

Huitième étage = « je tiens à toi, si tu tiens aussi à moi, fais-moi tendrement l'amour »

Tour d'astronomie = « ça peut être soit le pire, soit le meilleur, une chance sur deux »

Le quatrième, c'était mauvais signe. Néanmoins, il attendit sans rien dire, le coeur battant la chamade mais étonnamment calme de l'extérieur comme de l'intérieur. Il savait qu'il ne pouvait pas changer ce qu'Hermione ressentait (ou non) pour lui, de toute façon… Donc il était résolu à accepter le bon comme le mauvais sans se laisser abattre, cette fois-ci. Mais pas sans se battre pour obtenir ce qu'il voulait si il sentait une faille.

Hermione lui sourit timidement mais ne rompit pas le silence comme il s'y attendait. Elle se rapprocha de lui, sans lâcher sa main, lentement, comme pour ne pas le faire fuir. Fred ne bougea pas, la laissant faire ce qu'elle voulait de lui. Elle était, de toute manière, irrésistible dans ce jeans.

La brune plongea ses yeux ambrés dans ceux du jeune homme et défit sa cravate de ses petites mains froides et légèrement tremblantes. Chaque fois que sa peau effleurait celle de Fred, il avait envie de presser cette paume contre son épiderme et de ne plus jamais la rendre à sa propriétaire. Mais il ne bougea pas d'un pouce pendant qu'elle attachait la cravate rouge et or sur les yeux du rouquin.

Hermione termina le nœud de cravate et s'assura que son 'otage' ne voyait plus rien en passant une de ses mains devant son visage sans obtenir aucune réaction. Son autre main se laissa glisser dans la nuque de Fred, sur son épaule puis le long de son bras avant d'entremêler ses doigts aux siens. Elle retint un soupir de soulagement avec difficulté, ça lui avait manqué, étrangement.

La main dans la main, ils continuèrent leur balade dans l'école, la jeune femme se concentrant pour ne pas que celui qui lui faisait confiance, aveuglément (c'était le cas de le dire) ne se retrouve coincé dans une marche farceuse des escaliers de l'école. Heureusement que les couloirs étaient vides d'ailleurs ! Elle avait eu raison de l'emmener pendant l'heure du petit déjeuner.

Quelques minutes et escaliers plus tard, Fred sentit qu'ils entraient dans une pièce minuscule dont elle ferma la porte. Ils n'avaient pas beaucoup d'espace, juste assez pour se sentir proche, sans avoir à se toucher. C'était presque insupportable pour le rouquin de sentir Hermione si proche de lui sans la prendre dans ses bras. Mais il ne bougea pas, se laissant faire, suivant le mouvement.

Il sentit le corps de la jeune femme s'avancer vers lui et ses bras défaire le nœud qui retenait sa cravate devant ses yeux. Il découvrit l'endroit où ils se trouvaient et ne pu s'empêcher de vouloir dire quelque chose. Il n'eut que le temps d'ouvrir la bouche, aucun son n'en sortit. Hermione dont les mains s'étaient posées dans son cou après avoir défait le bandeau, avait posé son index sur les lèvres de Fred, le réduisant au silence.

- Chuuuuut… Laisse moi réparer, s'il te plaît…

C'était comme si ils avaient fait un bond dans le passé. Ils étaient de nouveau coincés dans le placard des Weasley. Fred, sentait l'odeur familière du Terrier, il voyait la lumière passer par dessous la porte, il se rappelait chaque détail et tout était là. Il regarda la jeune femme en face de lui avec étonnement.

Elle lui sourit et se rapprocha encore un peu de lui puis, lentement, elle bougea ses mains, en passant une dans les cheveux du jeune homme et gardant la deuxième sur sa joue. Elle bougea son pouce, formant des demi-cercles sur la peau pleine de taches de rousseurs de Fred. Elle avait envie d'embrasser chacune d'entre elles. Elle avait envie de l'embrasser tout court.

Hermione approcha lentement son visage du sien, se mettant sur la pointe des pieds pour y parvenir et posa tendrement ses lèvres sur celles de Fred. Un frisson parcourut agréablement toute l'échine de celui-ci quand il sentit ses lèvres sur les siennes. Il prit le visage de la brune entre ses mains, l'embrassant toujours, sans rien brusquer ni forcer. Profitant simplement de ce contact tendre, délicat, léger, n'osant pas y croire de peur que ça ne soit un rêve.

La jeune femme se sentait vraiment bien, là, contre Fred, dans ce placard. La proximité n'était plus un problème, elle avait décidé d'aller à contre-courant de ses peurs. Et elle ressentait la même chose que la dernière fois où ils s'étaient embrassés, cette chaleur indéfinissable, ces chatouillis agréables, cette impression qu'elle allait bientôt être tellement légère qu'elle allait s'envoler.

Malgré tout cela, elle avait un emploi du temps à respecter et était plus qu'impatiente de vivre la suite avec le magnifique rouquin qui l'embrassait tendrement. Elle se recula de quelques centimètres et il la laissa faire, bien que tout son être lui criait qu'il devait rester le plus proche d'elle possible. Hermione prit les mains de Fred et lui sourit d'un véritable sourire franc et un peu gêné typiquement hermionesque puis lui demanda :

- Alors, prêt pour la suite ?

- Tu veux dire que tu as trouvé un placard encore plus étroit que celui-ci ? Dis-moi ou je dois signer tout de suite ! On y va ! répondit Fred, un large sourire sur les lèvres.

La jeune femme partit dans un grand fou rire incontrôlable avec le rouquin. Ça faisait quelques mois qu'elle n'avait plus ris comme ça. Elle profita de ce moment de pure hilarité pendant lequel, une pensée la traversa : c'était ça le bonheur, rire à en avoir mal au ventre avec Fred.

Elle aurait voulu rire encore, ne plus jamais s'arrêter. Mais il s'était arrêté et la regardait, un grand sourire aux lèvres, sa tête penchée légèrement sur le côté et ses yeux pétillaient comme jamais. Hermione sentait la tendresse dans ce regard. Elle sentait qu'elle était enfin elle-même avec lui… Elle respira profondément et parvint à calmer son hilarité et à reprendre un peu du sérieux qui la caractérisait d'habitude.

- Ferme les yeux.

- Quoi ? Je n'ai plus droit à ma cravate sur les yeux ? Je trouvais ça excitant, moi ! dit le rouquin, un air faussement déçu sur le visage et un regard malicieux posé sur la brune.

- Ça t'aurait bien trop fait plaisir, justement ! répondit-elle avant de lui lancer un clin d'oeil.

Fred avala difficilement sa salive et dû rassembler toute sa détermination pour ne pas sauter sur la jeune femme et la manger toute crue. A la place, il ferma les yeux. Il sentit une petite main se glisser dans la sienne et tout son corps s'électrisa à ce contact, c'était une torture de ne pas la dévorer…

Mais il lui faisait confiance et ne voulait pas l'effrayer. Or, il se sentait de nouveau vivant, de nouveau lui-même depuis tout à l'heure, ça l'aurait replongé dans son apathie de la faire fuir. Il ne l'aurait pas supporté. Leurs sentiments se faisaient écho, sans qu'ils ne le sachent…

Ils étaient tous les deux entiers, ensembles et voulaient tous les deux figer le temps pour qu'ils puissent oublier tout le reste, oublier Ombrage, oublier Voldemort, oublier les Mangemorts, oublier que l'obscurité s'insinuait de plus en plus dans leur monde. Céder toute cette noirceur qui se glisse, sournoisement, qui se faufile dans leurs vies contre ce qu'ils vivaient ensemble : ces éclats de lumière, ces instants fugaces de clarté intense, ces courts moments de bonheur…

Même les yeux fermés, Fred se sentait tout sauf dans l'ombre avec la main de la jeune femme dans la sienne. Il sentit qu'ils sortaient du placard et qu'ils étaient dans un couloir vide du château. Il reconnaissait l'odeur caractéristique des chandelles qui brûlent, de la pierre de taille et des tapisseries humides et il entendait le cliquetis des armures ainsi que le murmure lointain des élèves. Il ne comprenait rien du tout.

Comment avaient-ils fait pour être au Terrier il y a quelques minutes à peine ? Le transplanage était pourtant interdit dans l'école, Hermione était la première à le leur rappeler. « Vous n'avez donc jamais lu L'histoire de Poudlard ! » s'entendit-il penser avec une voix hermionesque. Il arriverait à la faire s'expliquer plus tard…

Il essaya de repérer le couloir dans lequel ils se trouvaient. Pas un seul bruit (hormis les bruits de fond habituels du château, bien sûr), un seul étage était aussi silencieux, le septième. Aucun professeur n'y donnait cours.

Un jour, le directeur de l'époque avait voulu changer le cours du professeur Binns d'étage et le mettre à celui-là, qui était vide (la classe du professeur d'histoire de la magie étant fort poussiéreuse). Mais Binns n'est jamais monté au septième étage et a donné cours à une classe vide, ce jour-là. Il est difficile, voire impossible de déranger les habitudes d'un fantôme et celles de Binns étaient de celles qui étaient immuables, sempiternelles.

Fred entendit Hermione pousser une porte. Mais la seule porte à proximité était celle d'où ils venaient de sortir. Il décida d'arrêter de réfléchir, après tout, il verrait bien où elle l'emmenait. Il lui faisait totalement confiance.

Il avait retrouvé la lumière, l'étincelle qui avait quitté les yeux d'Hermione depuis la Bulgarie. Il l'avait vue dès qu'elle était entrée dans la grande Salle. Elle avait enflammé son fragile coeur en brindilles dans la minute, le transformant en brasier ardent.

Il sentait les battements de ce coeur jusque dans ses orteils. Il les sentait s'accélérer au contact de la brune et se délectait de ces irrégularités.

Elle le tirait à l'intérieur du placard, étrange, il n'avait pas heurté le fond. Pourtant il aurait dû, depuis longtemps, d'ailleurs. Il sentit la main de la jeune femme glisser de la sienne, s'échapper. Son coeur accéléra, il le sentait s'agiter dans sa poitrine comme celui d'un animal apeuré. C'était ce qu'il était. Il retint son souffle.

Hermione avait lâché sa main et faisait quelques pas en arrière, revenant sur leurs traces. Il ne bougea pas un seul muscle, hormis celui qui tambourinait dans sa poitrine, bien sûr. Il entendit le son d'une porte qui se refermait et ses pas légers qui revenaient vers lui. Il s'obligea à inspirer lentement et expira avec soulagement en sentant le corps de la jeune femme se coller contre son dos.

Il se concentra, enfin, sur ce qu'il ressentait, en faisant abstraction, quelques secondes, des mains d'Hermione se promenant sur son torse, de sa poitrine collée contre son dos et de la vague de chaleur et de bien-être que ces contacts répandent en lui. Des rayons de soleil réchauffent doucement son visage, il entend un bruit familier, un bruit qu'il aime particulièrement : la douce mélodie de l'eau qui roule sur le rivage.

Ils sont à l'extérieur ? Mais comment sont-ils passés du couloir du septième étage à un endroit, apparemment au bord d'un lac, en pleine nature, en seulement quelques secondes ? Hermione est vraiment une sorcière impressionnante !

En parlant d'elle, la jeune femme avait bougé pendant qu'il écoutait le bruit reposant de l'eau, elle faisait maintenant face au rouquin. Hermione prit les grandes mains calleuses de Fred et les posa dans le bas de son dos. Elle ferma les yeux, elle aussi, et prit une grande bouffée d'air frais.

Elle aimait cet endroit, elle le trouvait magnifique et elle savait qu'il plairait à Fred. Elle se mit sur la pointe de pieds et elle lui volât un baiser. Comme ça. Effrontément. Avec un petit sourire coquin, elle glissa à son oreille : « ouvre les yeux, maintenant », juste avant de se reculer un peu pour mieux observer le visage de Fred.

Celui-ci ouvre ses beaux yeux verts, les referme rapidement puis les rouvre en grand. Le paysage plein de lumière et d'ombre qui se reflète dans ses yeux émeraudes est juste un spectacle magnifique que la brune savoure. Un grand sourire s'étend sur ses lèvres fines, sourire qui fait écho à celui présent sur son propre visage.

Ils restèrent, là, enlacés, souriants, heureux, quelques minutes. Puis il se pencha vers elle, leurs lèvres se frôlèrent. Elle se sentait électrifiée par ce moment d'anticipation. Il n'avança pas plus, leurs fronts l'un contre l'autre, les yeux fermés, leurs souffles s'entremêlant, leurs coeurs battants à l'unisson. Elle se sentit soulevée de terre.

Non, mais réellement soulevée de terre ! Fred venait de la soulever rapidement dans ses bras, elle s'agrippa à lui en riant.

- Qu'est-ce que tu fais, Fred ?

- J'ai décidé qu'on avait besoin de se rafraichir si on ne voulait pas prendre feu à cause de toute cette tension sexuelle. déclara Fred sur un ton très sérieux mais avec un sourire malicieux.

Hermione plongea ses yeux ambres dans ceux du rouquin, il sentit un frisson descendre le long de sa colonne vertébrale devant l'intensité du regard de la brune. Elle lui servit un sourire innocent et lui demanda d'un ton très sérieux, elle aussi :

- Fred, tu veux bien que j'enlève mes vêtements, avant ? Je ne voudrais pas qu'ils soient abimés…

Il avala difficilement sa salive et la déposa délicatement sur le sol. Elle enleva rapidement ses baskets noires et ses chaussettes. Puis elle le remercia d'un ton enjoué et elle enleva son pull, révélant un top blanc transparent sous lequel on devinait clairement un soutien-gorge gris foncé. Elle s'arrêta et le regarda, en souriant.

- Tout va bien, Fred ? Tu voulais pas qu'on aille se débarrasser de toute cette tension sexuelle ?

- Rmh… Euuuh… Si, si… Je me demande juste si se laisser s'embraser, finalement, ce n'est pas une solution tout aussi respectable… Peut-être que la tension disparaîtra après, non ? demanda-t-il un peu troublé et en plaisantant à moitié seulement.

- J'ai bien envie de me baigner, personnellement ! répondit-elle avant de défaire le bouton de son jean et de faire glisser le vêtement le long de ses jambes.

Il la regarda courir et enlever son top avant de plonger la tête la première dans l'eau, modifiant le reflet qui s'étalait, comme une œuvre d'art, à la surface de celle-ci. La jolie expression de surprise s'effaça de son visage et un sourire la remplaça immédiatement.

Décidément, il ne pouvait plus s'arrêter de sourire depuis ce matin !

Il enleva ses vêtements et courut la rejoindre. Ils passèrent au moins une demie heure dans l'eau à s'éclabousser, à rire, à essayer de couler gentiment l'autre… Après cette demie heure, ils sortirent de l'eau, elle les sécha tous les deux grâce à un sortilège et ils s'étendirent dans l'herbe, au soleil. Ils parlèrent de tout et de rien, se taquinant légèrement puis parlant plus sérieusement de l'avenir, de leurs peurs, de leurs envies, de leurs rêves…

Après un moment de silence, Fred se releva sur ses coudes et observa la salle. Il n'en revenait toujours pas, cet endroit était magnifique et lui démontrait encore une fois que la magie ne perdait pas cet enchantement qui la caractérisait, malgré toutes ces années d'immersion.

Ils étaient sous un saule pleureur au bord d'un lac et si il n'avait pas testé les limites de la pièce en nageant jusqu'à se heurter à une surface plane, il aurait vraiment cru être en pleine nature, dehors. Le seul autre indice qui permettait de deviner qu'ils n'étaient pas à l'extérieur était la porte par laquelle ils étaient arrivés.

Si il faisait abstraction de cela, il était au bord d'un lac entouré de collines sur lesquelles s'étendaient des hectares de forêt de sapins. Derrières ces collines, il pouvait distinguer des montagnes dont les sommets étaient cachés par des nuages.

Il inspira profondément, l'air sentait les conifères et la même odeur qu'à Pré-au-lard, le pétrichore. Pourtant, l'herbe sur laquelle ils étaient étendus n'était pas humide. Étrange…

Fred se rallongea et caressa du regard le corps de la jeune femme étendue à côté de lui. Elle portait effectivement un soutien-gorge gris foncé simple avec seulement une ligne de dentelle noire et une culotte noire très simple, elle aussi. Mais qu'elle soit habillée ou en sous-vêtements, il la trouvait belle. Elle avait toujours eu cette aura spéciale que personne d'autre ne dégageait.

Il sentit qu'elle l'avait repéré en train de la regarder alors il leva ses grands yeux émeraudes vers les siens. Quand il plongea son regard dans celui, ambré de la brune, étrangement, ce fut elle qui rougit. Il se rapprocha lentement d'elle, sans arrêter de la regarder droit dans les yeux puis les referma et posa ses lèvres sur les siennes.

Cette fois, ce n'était pas un baiser doux, c'était plutôt l'expression de cette flamme qui consumait le rouquin depuis le matin. Leurs lèvres s'entrouvrirent et ils laissèrent leurs langues se rencontrer, il lui mordilla délicatement la lèvre inférieure, elle ne fut pas aussi clémente avec la sienne, la mordant un peu plus sauvagement que prévu…

Elle se recula et voulut s'excuser mais il ne lui en laissa pas le temps, l'embrassant fugitivement, comme pour lui reprendre le baiser volé de tout à l'heure. Elle sourit et posa une main sur son torse avant de passer sa jambe de l'autre côté du jeune homme, se retrouvant à califourchon sur celui-ci. Elle pencha la tête, mettant ses cheveux tous du même côté et puis se pencha vers lui en se mordant la lèvre.

Fred, les pensées légèrement embrouillées, ne trouva pas d'autre adjectif que sexy pour la décrire, à cet instant. Il se maudit, trouvant que le mot n'était pas assez fort et nuancé pour qualifier la jeune femme et son comportement qui allaient le rendre fou.

Elle se pencha encore et l'embrassa passionnément, n'hésitant plus. Fred passa ses mains dans le dos de la jeune femme et l'effleura de ses doigts. Elle avait l'impression qu'il cherchait à la rendre folle en la caressant comme ça, elle était très sensible à ce genre de toucher. Ça l'obligeait à être plus concentrée sur la zone du corps qu'on touchait puisque le contact était aussi léger.

Elle sentit les bras de Fred s'enrouler autour d'elle, la couchant sur lui et il pivota, se retrouvant au-dessus d'elle, s'appuyant sur ses bras pour ne pas l'écraser de son poids. Ils se reculèrent, mettant fin à leur baiser, séparant leurs lèvres les unes des autres. Ils se regardèrent et se sourirent, se comprenant. Il se recoucha sur le dos et elle vint se blottir contre lui.

Elle effleurait son torse de ses doigts quand il demanda, malicieux :

- Au fait, au cas où je voudrais ramener une autre de mes nombreuses admiratrices ici, dans ce cadre idyllique, où est-on sensé être, 'Mione ?

- Nous sommes au bord du lac Batak et si tu osais amener n'importe qui d'autre ici, je lâche une Ginny en colère après toi, tiens-le toi pour dit !

- Mmmmh… Dois-je comprendre que je me suis laissé embrigader dans une relation exclusive sérieuse ? Pauvre de moi ! dit-il en soupirant de désespoir mais un énorme sourire sur les lèvres.

- Je pense bien que oui… Ne t'inquiète pas, on est deux à trouver ça déprimant… répondit-elle sur le même ton et le même sourire aux lèvres.

Ils s'embrassèrent tendrement puis il reprit, d'un air curieux et faussement ennuyé :

- Dis, par contre, Hermione, désolé de te décevoir si tôt dans notre relation, mais je n'ai pas la science infuse...

- Je pense que je l'avais remarqué, ne t'inquiète pas ! il sourit et continua, curieux :

- Alors, dis-moi, ça se situe où le lac Batak ?

- C'est en Bulgarie.

Fred pâlit, devenant blanc comme un linge, ses yeux s'assombrissant, à l'inverse. Il se leva, se rhabilla rapidement, sans dire un mot et sortit de la pièce. Elle le regarda sans bouger, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Ce n'est que quand il eut refermé la porte derrière lui, qu'elle put remettre son cerveau en marche et qu'elle comprit son erreur.

Il avait évidemment fait le rapport avec Krum et devait se dire qu'elle se servait de lui pour revivre des souvenirs ou d'autres conneries de ce genre. Elle voulut se gifler. Elle avait encore réussi à tout gâcher…

Elle se leva et se rhabilla le plus vite possible, espérant le rattraper. Elle n'y arriva évidemment pas, quand elle sortit de la salle sur demande et se retrouva dans le couloir du septième étage, il était désert.

Elle se concentra et réfléchit à l'endroit où il devait être. Il était sûrement allé en cours. Les jumeaux étaient souvent en retard, la plupart des professeurs étaient habitués et ne prenaient même plus la peine de leur faire la remarque. Ça ne devait donc pas l'avoir retenu d'être en retard de 20 minutes au troisième cours de la matinée, il avait du y rejoindre Georges.

Elle connaissait les horaires des jumeaux par coeur (elle s'ennuyait, une après-midi au Terrier et leurs lettres annuelles de Poudlard trainaient) donc ils étaient en sortilège avec le professeur Flitwick, ensuite, métamorphose. Il fallait qu'elle l'intercepte entre ces deux cours.

Elle descendit au premier étage, se posta dans une alcôve, en face de la porte fermée du cours de sortilège et essaya de trouver ses mots pour tout expliquer à Fred. Elle avait à peine formulé une phrase entière quand la sonnerie de fin des cours retentit et que la porte s'ouvrit.

Un flot d'élèves pressés de ne pas arriver en retard en métamorphose, sortit de la classe. Le couloir se remplit d'élèves de toutes les années se croisant pour leurs cours. La visibilité, avant, impeccable, d'Hermione sur le couloir laissait maintenant, à désirer. Elle vit les deux têtes rousses, qu'elle cherchait du regard depuis quelques minutes déjà, s'éloigner sur sa droite.

Elle sortit de l'alcôve et se fraya un chemin vers eux, le plus rapidement possible, son coeur battant la chamade. Elle était à quelques mètres d'eux, quand elle croisa les gryffondors de son année. Ils allaient la ralentir en lui posant des questions sur son absence des cours et elle ne pourrait pas s'expliquer avec son copain. Elle venait vraiment de penser ça ? Elle sourit intérieurement tout en se concentrant pour trouver une solution et éviter ses camarades.

Elle se cacha derrière un groupe de poufsouffles et continua à avancer en gardant toujours les deux chevelures rousses à portée de vue. Mais elle fut brutalement ralentie dans son élan par une main se refermant sur son bras droit. Elle se retourna et vit que la personne responsable de ce bras n'était autre que Harry, un air inquiet sur le visage. Elle essaya de se défaire de sa poigne sans succès.

- Hermione ! dit Harry en haussant les sourcils.

- Pas le temps ! répondit-elle, en continuant ses vains efforts pour se dégager.

- Hermione ! Qu'est-ce que tu veux ?

- On peut sûrement t'aider ! ajouta Ron.

- Fred, je dois lui parler ! Parler à Fred !

- FREEEEEED ! crièrent Harry et Ron en même temps.

L'appeler… Simplement. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Une voix dans sa tête répondit pour elle « parce que tu avais peur qu'il ne se retourne pas ».

La totalité des élèves présents dans le couloir s'arrêtèrent net, y compris les jumeaux qui se retournèrent lentement vers le trio infernal. Dès que les yeux de Fred rencontrèrent ceux d'Hermione, elle ne fit plus attention au reste, à toutes les personnes qui les fixaient curieusement.

- Fred ? demanda-t-elle d'une voix prudente et un peu tremblante.

Il hocha la tête, une expression pourtant fermée sur le visage. Elle marcha vers lui, les élèves s'écartant sur son passage, curieux d'entendre la suite.

- Laisse-moi t'expliquer, s'il te plaît…

Il hocha de nouveau la tête. Pourquoi hochait-il la tête ? Il était en colère contre elle et déçu et il se sentait mal ! Pourquoi lui cédait-il, encore une fois ? Parce qu'il détestait la voir mal, même si elle méritait de l'être.

Elle sentit ses joues s'enflammer au fur et à mesure qu'elle laissait les mots sortir de sa bouche.

- Je m'excuse, Fred. Je t'ai emmené là-bas parce que j'ai adoré cet endroit et que je savais que tu l'aimerais aussi. C'est un des plus beaux endroits où j'ai pu aller. Et chaque minute passée là-bas, comme chaque minute passée n'importe où, c'est avec toi que je veux être. Avec personne d'autre. Tu m'as rendu le sourire. Depuis cet été, je n'avais plus été, un seul moment, aussi légère et heureuse que ce matin avec toi. On s'est mutuellement coincé dans une relation exclusive, tu te souviens ? C'est avec toi que je veux tout partager et ces quelques instants passés avec toi là-bas, ont suffi à m'enlever l'impression amère que me laissait cet endroit, avant, à chaque fois que j'y pensais. Et je…

Des lèvres l'empêchèrent de poursuivre sa déclaration en se posant sur les siennes devant des dizaines de regards ébahis. Dans le tas, celui de George, triomphant, celui de Ron, choqué, celui de Ginny contente et un peu envieuse et celui de Harry admiratif. Ils s'embrassèrent comme si il n'y avait qu'eux. Puis ils se décollèrent l'un de l'autre et Fred murmura, essoufflé, son front toujours contre celui d'Hermione :

- Je t'emmènerai dans des endroits bien plus beaux que là-bas, promis. Mais, même si j'aimerais t'y emmener tout de suite ou même rester dans ce couloir à t'embrasser, je dois partir en cours sinon mon magnifique postérieur sera endommagé par McGonagall. Et on ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose, n'est-ce pas ? Ça serait fâcheux pour moi comme pour ma copine !

- Effectivement…

Elle se sentit sourire jusqu'aux oreilles et déposa un petit baiser entre ses lèvres et sa joue. Puis se retourna, se dirigea tout droit vers Harry et Ron et, un sourire mutin aux lèvres, elle murmura « A ce soir, poil de carotte ! ».

Ron la regardait bouche-bée, semblant ne pas réaliser ce qu'il venait de se passer. Sa meilleure amie et Fred ? Fred, son frère ? Mais… comment ? Quand ? Une voix dans sa tête lui susurra « Ça aurait pu être toi si tu n'étais pas aussi aveugle ! » il la fit taire immédiatement.

Il ne voulait pas refaire la même erreur qu'avec Viktor, l'an dernier et se disputer avec Hermione ne changerait rien. Il aurait juste voulu ne pas être le dernier au courant… Il n'avait pas prononcé un seul mot pendant tout le cours qui suivit.

Harry haussa les épaules face au regard interrogatif de sa meilleure amie. Il l'avait félicitée, un air admiratif sur le visage dès qu'il s'était remis du choc, c'est à dire en quelques minutes. En revanche, on dirait que Ron avait plus de mal à s'y faire. La jeune femme lança encore un coup d'oeil vers Ronald. C'est de sa réaction qu'elle avait le plus peur… Surtout vu la dispute qu'ils avaient eu l'année d'avant à propos de Krum.

Elle rata sa potion tellement elle était préoccupée par l'état amorphe du rouquin et Rogue se fit un véritable plaisir d'en profiter pour lui donner un devoir supplémentaire. Il retira même 10 points à Gryffondor pour sa tenue non règlementaire. Mais elle s'en fichait, ne réagissant même pas, au grand dam du professeur revêche.

Tout ce qui lui importait c'était de savoir si son meilleur ami acceptait la situation et lui reparlerait de nouveau.

A la fin du cours, ils se dirigèrent vers le réfectoire pour dîner, dans le silence. Enfin, dans leur silence à tous les trois, la déclaration d'Hermione n'était pas passée inaperçue et le nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre dans l'école. Pas besoin de décrire le bruit de fond et les regards indiscrets qui les suivirent jusqu'à la Grande Salle.

Elle repéra tout de suite Fred et George en grande conversation avec Lee Jordan. Fred fit un mouvement vers elle mais elle le stoppa d'un geste lui montrant la tête pensive de Ron. Il acquiesça et lui servit son plus beau sourire de soutien.

Elle faillit courir le rejoindre, toutes les fibres de son corps, de son cerveau et de son coeur l'y poussant, une à une. Elle n'en fit rien. Ils passèrent à côté des rouquins et la tentation se fit plus forte mais elle ne céda pas. Elle continua à avancer derrière Ron et Harry puis, brusquement, ils s'arrêtèrent.

Elle regarda Harry en haussant un sourcil, il lui répondit par un air intrigué. Donc ce n'était pas lui qui s'était arrêté. Ron se tourna vers elle, inspira bruyamment et puis lança :

- Ça va, ça aurait pu être pire, t'aurais pu tomber amoureuse d'un serpentard.

Ce fut à elle d'être bouche-bée. Amoureuse ? Est-ce que c'était ça être amoureuse ? Elle regarda en direction de Fred et sentit ses yeux papillonner, son rythme cardiaque s'accélérer, sa respiration se faire plus courte et un sourire s'épanouir sur son visage. Oui, elle était amoureuse.

Ils s'assirent tous les trois à leurs places habituelles et reparlèrent de l'A.D. tout en mangeant comme à leur habitude. Hermione remarqua quelques regards de Harry vers la benjamine Weasley, assise un peu plus loin, avec Dean.

Elle leva les yeux au ciel. Quand son imbécile de meilleur ami se rendra compte qu'il passait à côté de cette fille formidable tous les jours sans rien faire, il s'en mordra les doigts. D'ici là, elle était contente d'avoir conseillé à Ginny de vivre sa vie, Dean était un gars bien et elle était plus heureuse depuis qu'elle s'était laissée approcher par lui. Puis, la réaction de Ron laissait présager que quand Harry ouvrira les yeux, ça se passera mieux qu'elle ne l'avait prévu.

Ils terminèrent de manger et se levèrent pour deux heures de recopiage avec Ombrage, mais malgré ce qui l'attendait, Hermione se sentait légère et plus heureuse que jamais. En passant à côté des jumeaux, elle céda à son envie et fit un crochet pour embrasser son copain. Elle n'y alla pas de main morte, le laissant la regarder s'éloigner avec un sourire béat sur le visage.

Elle rejoint Harry et Ron et ce dernier lui glissa à l'oreille :

- Évite simplement de faire ça sans prévenir !

- Te prévenir toi ou lui ? répondit-elle du tac au tac avec un sourire malicieux.

- Les deux, je pense ! lui dit-il en lui faisant un clin d'oeil.

Ils rirent avec complicité. Harry leur demanda ce qu'il en était, ils lui expliquèrent et il rit avec eux en ajoutant :

- Je pense que tu devrais avertir tout le monde, à ce moment là. Vous n'avez pas vu leurs têtes ? J'ai cru voir quelques filles éclater en sanglots, d'autres vous regarder avec envie et d'autres te fusiller du regard. Fais attention à toi, 'Mione !

Ils passèrent les deux heures suivantes à recopier des chapitres entiers de leur manuel, comme d'habitude. Sauf que ce fut la première fois de l'année où Harry ne prêta pas attention au vieux crapaud.

A la fin de ce qu'elle ne se résoudrait jamais à appeler un cours, elle amena Ron et Harry au septième étage. La salle se présenta tout de suite à eux sous la forme dont ils en avaient besoin. Elle accrocha le parchemin de l'A.D. au mur, ensuite ils passèrent au moins une heure à explorer le local.

Elle se rua tout de suite sur la bibliothèque remplie de livres plus intéressants les uns que les autres pendant que Harry et Ron découvraient le reste de la pièce, ravis. Ils rentrèrent vers la salle commune en discutant, tout excités par les possibilités qu'offraient ce nouvel espace. Quand ils entrèrent par le trou du tableau, toutes les conversations se stoppèrent et tous les yeux se tournèrent vers elle.

Hermione n'avait jamais aimé être le centre de l'attention et même si elle se fichait de l'opinion publique, certains avis lui importaient. Elle se sentit rougir, incapable d'esquisser le moindre mouvement.

Elle savait qu'elle n'était pas la gryffondor la plus appréciée, d'ailleurs, en parlant de gryffondor appréciée... Angelina était en bons termes avec tout le monde, comment pouvait-elle rivaliser avec elle ? Elle chercha des yeux son sauveur, mais apparemment il était occupé autre part. Mince ! Elle ferma les yeux, attendant que les conversations ne reprennent mais à la place, une voix assurée brisa le silence en s'adressant directement à elle :

- Je suis heureuse pour toi, Hermione ! Enfin, pour vous.

Elle sentit des bras s'enrouler autour d'elle, elle se détendit aussitôt, rassurée. Le souffle de Fred lui chatouilla la nuque quand il répondit :

- Merci beaucoup Angelina. Maintenant reprenez vos vies, les gars, c'est pas parce que j'ai un charme incroyable et que je suis très compréhensif et parfait et tout ça que je vous autorise à regarder ma copine comme ça !

Ils pouffèrent tous et les conversations reprirent instantanément. Ron et Harry se dirigèrent vers Neville, Dean et Seamus. George s'apprêta à les rejoindre mais Hermione le retint :

- George ! Je voulais juste te dire que…

- Je sais, Hermione, t'inquiète.

- Non, mais, laisse-moi te le dire, s'il te plaît ! Merci de t'être comporté en ami avec moi. Tu as été le seul à ne pas me ménager et à me dire ce que je devais entendre pour avancer. Merci George !

Hermione s'avança vers lui et le prit brièvement dans ses bras. Étreinte plutôt étrange, vu qu'elle se retrouva prise en sandwich entre les deux frères, Fred ne l'ayant pas lâchée. George recula et rejoignit les autres. Elle se retourna vers son petit ami et le regarda en souriant :

- Je ne te savais pas jaloux !

- Je ne le suis pas, j'aime juste les câlins collectifs ! dit-il avant de lui tirer la langue, l'air mi-amusé, mi-boudeur.

- Ça tombe mal parce que moi je n'apprécie que tes câlins individuels ! répondit-elle avant de rejoindre les autres.

Il la rattrapa en riant et ils passèrent la soirée à parler au coin du feu avec tout le monde. Elle partit se coucher plus tôt que les autres, Ginny l'accompagna. Une fois dans les dortoirs, elle raconta en détails tout ce qu'il s'était passé à son amie et s'excusa. Elles continuèrent à parler et rire pendant une vingtaine de minutes avant que Ginny ne lui dise d'aller le rejoindre.

Elles se sourirent d'un air complice puis Ginny partit dans son dortoir, un énorme sourire aux lèvres. Elle avait vu Hermione et son frère être heureux et épanouis ensemble, ce soir et elle savait que ça durerait parce qu'elle avait surpris le regard amoureux de Fred et qu'il lui avait rappelé celui de son père quand il regardait sa mère. Ce qui, au lieu de la faire flipper comme toute personne normale, l'avait attendrie. Elle partit se coucher le coeur léger.


Fred se réveilla d'une des façons les plus agréables qu'il existe, en sentant les lèvres de sa merveilleuse petite amie se poser sur les siennes. Il rendit son baiser à la belle demoiselle et lui demanda :

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'avais froid aux pieds… Puis je me suis rappelée que j'avais un petit ami et ensuite je me suis demandée à quoi il servait si il n'était pas avec moi pour que je puisse poser mes petits pieds congelés contre lui.

- Ce petit ami manque à tous ses devoirs, on dirait.

- Oui, heureusement qu'il a un charme incroyable, qu'il est très compréhensif et parfait, ça rattrape le reste !

Fred sourit puis embrassa la jeune femme. Il la prit dans ses bras et referma les yeux. Il pouvait sentir le parfum envoûtant qui se dégageait de ses cheveux et il sentit des pieds froids se poser sur ses jambes, ce qui était plutôt agréable puisqu'il avait trop chaud.

Il se réveilla quelques heures plus tard, frigorifié, sa couverture avait disparu. Il attrapa sa baguette et murmura « Lumos minima » une douce lumière éclaira son lit. Il repéra immédiatement la voleuse de couette, la brune était tellement enroulée dans la couverture qu'il ne voyait que son visage paisible dépasser.

Fred s'approcha d'elle et l'observa quelques instants. Il ne comprenait toujours pas comment il avait fait pour intéresser la Miss je-sais-tout la plus adorable de l'univers. Il aurait pu la regarder dormir pendant des heures, juste là, à écouter sa respiration. Elle était toujours tellement concentrée, elle ne se détendait presque jamais et la voir aussi décontractée, relaxée, c'était… reposant.

Il avança lentement sa main vers elle et passa délicatement une des mèches qui étaient tombées sur son visage derrière son oreille. Puis il frôla son visage, en dessinant les contours avec son index. À chaque fois que sa peau entrait en contact avec la sienne il sentait comme une étincelle de courant électrique. Une étincelle qui le faisait se sentir bien, étrangement, comme si elle envoyait des ondes de chaleur.

Il passa son pouce sur ses lèvres, épousant chaque courbe de cette bouche parfaite. Il était irrémédiablement attiré par elle. Il s'approcha et l'embrassa, goûtant à cette perfection, léchant délicatement chacune des courbes explorée plus tôt. Elle se laissa faire sans bouger mais il avait entendu son souffle s'accélérer quelques minutes auparavant. Il savait qu'elle était réveillée.

Il se recula d'elle et plongea son regard dans ses grands yeux ambrés dans lesquels il distingua une flamme dorée qu'il n'avait encore jamais vue. Elle répandait une lueur magnifique dans les yeux d'Hermione, une lueur pleine de désir. C'était étrange, magique, comme si il pouvait sentir que c'était ce sentiment qu'elle renvoyait.

La jeune sorcière sortit une main de sous la couverture, main qui tenait sa baguette et elle murmura un sortilège d'insonorisation et un autre charme. Un fil argenté sortit de sa baguette et se plaça sur la structure interne du lit à baldaquin. Dès qu'il se fut enroulé sur les poutres en bois il se mit à émettre une douce lumière blanche.

Fred n'en revenait pas… Il redéposa sa baguette sur sa table de nuit après avoir murmuré « Nox », l'obscurité repris en partie ses droits mais le fil argenté laissait juste assez de lumière pour qu'ils se voient l'un l'autre. Il caressa le visage d'Hermione, elle appuya sa joue contre sa main en fermant à moitié les yeux. Il s'approcha encore et s'empara de ses lèvres.

Il savait qu'il devrait attendre, il était prêt à attendre le temps qu'il faudrait. Il ne voulait pas qu'Hermione se sente mal à cause de lui comme elle l'avait été avec Viktor. Il ne voulait plus la voir renfermée, malheureuse et surtout pas par sa faute. Il l'embrassa donc tendrement, elle n'en fit pas de même, lui mordillant la lèvre. Il se sentit électrisé par la situation et par elle, surtout, mais l'enjeu que ça impliquait était trop lourd à porter.

Il se recula d'elle et puis la prit dans ses bras et referma les yeux. Elle se retourna vers lui et demanda d'une voix amusée :

- Fred ?

- Mmmh ?

- Je n'ai pas envoyé les bons signaux ou quoi ?

- De ?

- Fred, par Merlin, je viens d'insonoriser le lit !

- Mmh… Moi non plus je n'aime pas trop entendre les ronflements de Gorge, j'comprends.

- Euuuh… Fred, tu sais qu'un sortilège d'insonorisation fonctionne seulement dans un sens, hein ? Et qu'il fonctionne pour que les autres ne t'entendent pas mais que tu peux toujours entendre les autres…

- Ah bon ? Ennuyant, je n'aime vraiment pas les ronflements de mon frère et Lee est encore pire !

- J'avais remarqué... Mais là n'est pas la question !

- Je sais, j'avais compris 'Mione. J-Je veux juste que tu sois sûre d'être prête et que tu ne penses pas, demain que c'était une erreur et que tu aurais dû attendre. Parce que je peux attendre, hein ! Y a pas que les galipettes dans la vie ! Et puis, de toute façon, on est même pas obligé de faire quoi que ce soit du tout. Je pense que je pourrais devenir abstinent pour toi si tu me le demandais.

- Fred… Je suis prête. Je me sens prête, je me sens bien avec toi et ça (dit-elle en l'embrassant passionnément) ne sonne pas faux. Je ne veux sûrement pas que tu deviennes abstinent, loin de là !

- Tant mieux parce que je ne pense pas que j'aurais pu… Mais, je peux attendre le temps que tu voudras.

- Bon, je sens que je vais devoir te le dire si je ne veux pas avoir à faire un dessin, donc ouvre tes oreilles, gros malin, je ne le dirais qu'une fois !

Elle enleva la couverture qui la recouvrait, dévoilant sa tenue. Elle portait une petite nuisette bleu marine matière t-shirt ornée de dentelle gris clair au niveau de la poitrine.

Un ruban argenté se croisait sur le devant, juste sous la poitrine puis continuait sa course dans son dos où il créait un grand décolleté dévoilant tout le dos de la gryffondor. La couleur sombre faisait ressortir le teint plutôt pâle de la brune, elle était à couper le souffle.

D'ailleurs, Fred dut se rappeler de respirer. Elle s'approcha de lui et frôla son oreille de ses lèvres avant de murmurer d'une voix légèrement plus rauque qu'à son habitude :

- J'ai envie de toi, Fred, maintenant.

- Mince ! T'aurais dû me prévenir avant, que je mette mon boxer fétiche ! dit-il en riant avant de l'attraper et de la coucher sur son lit en criant : Tu l'auras voulu !

Elle rit avec lui et fit semblant de se débattre quelques minutes, puis elle capitula quand il s'attaqua à son cou. Il l'embrassa, mordilla la peau, découvrant les zones sensibles de la brune au fur et à mesure en entendant son souffle s'accélérer.

Il voulait sentir, toucher, goûter chaque centimètre carré de sa peau… Elle avait un grain de beauté juste au-dessus de l'omoplate gauche qui le rendit fou, elle était vraiment parfaite. Elle se releva sur les coudes et le regarda enlever son t-shirt. Son torse était celui d'un homme, d'un homme sportif, on voyait les muscles sailler sous la peau claire de Fred.

Elle aima soudain beaucoup plus le quidditch ! Elle se recoucha, des étincelles dans les yeux et le regarda se pencher sur elle avant de l'embrasser à pleine bouche. Il se recula et elle regarda ses grands yeux verts briller de la même manière que les siens. Bon sang, qu'est-ce qu'elle avait envie de lui, là maintenant…

Elle se sentait bien, entière, pleine de désir et désirée, elle se sentait femme. Il lui sourit et entreprit de lui mordiller les lobes d'oreilles, elle gémit en sentant ses dents jouer à cet endroit sensible. Il se recula, un peu surpris mais une lueur intéressée dans le regard. Elle profita de ce moment pour les faire rouler et se retrouver sur lui. La lueur intéressée était maintenant accompagnée d'un petit sourire coquin.

Elle sentit deux grandes mains calleuses sur ses cuisses et les regarda remonter lentement le long de son corps, emportant le tissu qui le recouvrait sur leur passage. Elle rejeta sa tête en arrière en sentant les mains arriver de part et d'autre de sa poitrine. Elles découvrirent lentement la poitrine de la brune et se débarrassèrent de la nuisette.

Fred aima tout de suite ces deux seins et voulut leur faire plaisir, alors il s'approcha respectueusement d'eux et frôla de sa langue le téton de l'un des deux. Hermione gémit à ce contact. Il pinça doucement l'autre entre deux doigts pendant qu'il embrassait toujours le premier. Puis il remonta jusque l'homoplate gauche de la jeune femme et embrassa le point de beauté qu'il aimait tant avant de lui délicatement relever la tête et de l'embrasser passionnément.

Elle posa ses mains sur le torse de Fred et, tout en continuant à l'embrasser, le poussa en arrière, le recouchant. À son tour de le faire gémir ! Elle sépara sa bouche de la sienne et traça une ligne de baiser le long de sa mâchoire, qui remontèrent jusqu'à son oreille. Elle la mordilla et gémit son prénom. Il grogna et lui fit un suçon dans le cou.

Hermione l'embrassa de nouveau mais ce n'était ni un baiser chaste, ni un baiser passionné, plutôt quelque chose entre les deux. Puis elle descendit dans son cou puis sur son torse, laissant derrière elle comme une traînée de poudre qui n'attendait qu'à s'enflammer.

Elle descendit encore et, n'hésitant pas une seule seconde, retira son boxer à son copain. Elle regarda avec fascination l'érection de Fred, de ses beaux yeux ambrés puis attrapa sa baguette, rangée dans un étui, le long de sa jambe et fit apparaître du lubrifiant dans sa paume. Elle prit ensuite délicatement le membre excité dans sa main et commença lentement à la bouger le long de celui-ci.

Au fur et à mesure qu'elle accélérait, elle entendit Fred gémir puis le vit se mordre les lèvres pour ne plus le faire et fermer à moitié les yeux. Il était tellement beau quand il perdait le contrôle, quand il se laissait aller. Tellement intense. Elle avait plus envie de lui que jamais.

Il était à elle.

Elle ralentit le mouvement et avec l'autre main rattrapa sa baguette, à l'aide d'un sortilège informulé, sa culotte en dentelle grise avait disparu. Elle le voulait en elle. Ils se regardèrent droit dans les yeux, pendant qu'elle le faisait, lentement, entrer en elle. Il vit tout de suite la flamme de désir s'intensifier dans les yeux de la jeune femme et se transformer, petit à petit en plaisir.

Il se mit à bouger, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Ils sentaient des vagues de plaisir monter en eux, prêtes à les submerger à tout instant. Ils sentaient comme des tas de courants électriques se répandre partout sous leur peau. Ils fermèrent à moitié les yeux et ils virent tous les deux des tas de couleurs différentes à travers leurs paupières.

Ils gémissaient de plus en plus forts. Puis, leurs mains se rencontrèrent, leurs doigts se joignirent. Atteignant ensemble leur point de rupture, ils murmurèrent leurs prénoms dans un même souffle. Elle resta comme ça quelques secondes qui lui parurent beaucoup plus longues, à voir des étoiles, comme foudroyée.

Elle se pencha sur lui et lui embrassa la mâchoire avant de l'embrasser réellement, tendrement. Il la regarda, incapable de dire quoi que ce soit, simplement heureux. Il l'avait vue lâcher prise, les yeux mi-clos, se mordant les lèvres, la tête en arrière, ses longs cheveux bruns balayant son dos, les joues légèrement rosée par l'effort, grisée par le plaisir et elle était tout simplement sublime, désirable, magnifique.

Elle se coucha à côté de lui, sans pouvoir décoller son regard de ses yeux émeraudes qui brillaient encore de plaisir dans un brasier impressionnant. Elle se blottit contre lui, rompant leur regard et elle regarda le plafond. Ses yeux s'élargirent de surprise : des étoiles en fil argenté étaient en train de se dessiner au plafond.

De la magie sans baguette.

Elle n'en avait plus fait depuis son enfance mais elle savait que ce n'était pas que sa magie à elle. C'était leur magie à eux. Ils regardèrent tous les deux le ciel étoilé qu'ils s'étaient créé sans le vouloir avec surprise et plaisir. Puis se regardèrent et ne purent s'empêcher de se sourire bêtement. Comme des gens amoureux.

Comme des gens heureux.

Elle se blottit, encore un peu plus contre lui et sentit ses paupières se refermer toutes seules, lourdes de sommeil, repues d'images luxuriantes. Elle s'endormit le sourire aux lèvres. Fred sentit la respiration de la brune se faire plus lente et profonde et comprit qu'elle venait de rejoindre les bras de Morphée.

Alors qu'il sentait la fatigue s'emparer de lui, il s'entendit murmurer, comme dans un rêve :

Je t'aime Hermione Granger.

avant de la rejoindre, heureux, auprès de la divinité grecque dont il ignorait l'existence.

"Un véritable « je t'aime » est un cadeau qu'on offre sans rien demander en retour.

On peut le crier, le murmurer, le penser, le souffler, le chuchoter, le bégayer. L'important, c'est de l'exprimer quand on le ressent, prendre le risque de le laisser s'échapper, aussi naturellement qu'un soupir.

Délivrer un « je t'aime » c'est accepter de se retrouver sur un fil, en équilibre, d'être balloté à la moindre brise.

Mais avec un « je t'aime » sincère, aucune brise, aucun vent, aucun ouragan ne peut nous faire flancher, ne peut nous faire tomber du fil sur lequel on tient en équilibre. Parce que ce n'est pas une faiblesse d'aimer.

Au contraire, aimer et savoir l'exprimer, même maladroitement, c'est une force.

Une force qui nous permet de danser en harmonie sur ce fil fragile qu'est la vie et d'effleurer les étoiles."

L.N.


Remerciements :

À Pierre Bottero, que j'admire plus que tout et qui m'a inspirée la citation de fin. J'aurais aimé comprendre l'harmonie d'un marchombre et de sa poésie.

À J.K. Rowling, à qui appartient chaque personnage de cette histoire, évidemment, et qui est, pour moi, une tisseuse de rêves.

À F.H., ma reliseuse dévouée et amie qui me soutient pour bien plus que mes fanfiction.

À C.R., mon incomparable rêveuse qui n'hésite jamais à me communiquer ses émotions après la lecture d'un de mes chapitres et pas seulement à ces moments-là.

À Lockhart, ma poto qui n'a jamais manqué de laisser une review et qui me réclamait la suite avec ferveur.

À toi, lecteur de ceci, que tu aies aimé ou pas ce que j'ai écrit. Mon but était de raconter une histoire, de me défouler, de laisser voguer mon imagination. Ça a eu l'effet escompté, pour moi. J'espère que ça t'aura distrait, amusé, fait t'évader un peu. Merci de m'avoir accompagnée dans cette aventure ! On s'retrouvera pour la prochaine ! D'ici là :

Méfait accompli !