Disclaimer : Square Enix, Buena Vistaaa games
Rating : T, pour thèmes, you see
Autres : J'ai JAMAIS eu autant de mal à écrire un chapitre mais j'espère que ça se voit pas trop. Lol. Souffrance. Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent, vous êtes cool.
Dédicace Midori-chan37 /o/ Et merci à toi et Gaynyway-chan pour le soutien psychologique hahaha /dead/
Une main lui caressait doucement les cheveux tandis que, roulé en boule sur son lit, il contemplait le mur sans rien penser.
– Je suis désolée.
Il répondit par un vague merci du bout des lèvres. Kairi était la seule personne qu'il n'avait pas tout bonnement ignoré depuis deux jours. Elle était déjà venue le voir la veille, lui avait parlé gentiment, comme aujourd'hui, en tâchant de faire en sorte qu'il ne se sente pas trop seul, pas aussi triste que s'il n'avait eu personne sur qui compter.
Il s'était toujours demandé ce qu'il avait pu faire de bien pour que le ciel lui envoie pareille meilleure amie. Il était peut-être malheureux en amour, mais en amitié, ça, il ne l'avait jamais été. Tant que Kairi était là, tout irait bien. Toujours.
Après tout, elle était la seule qui ne l'avait jamais laissé tomber. Elle était toujours là. Jamais ennuyée par ce qu'il disait, jamais condescendante, jamais déçue. Elle l'avait toujours soutenu pour tout. Elle lui prêtait toujours une oreille attentive. Et elle ne se plaignait pas, parce qu'elle ne voyait aucune raison de se plaindre.
Elle s'allongea sur le côté, en face de lui, et posa une main sur sa joue en le regardant droit dans les yeux.
– Le cœur finit par guérir, dit-elle enfin. Tu verras. Un jour, peut-être bientôt, tout ira mieux.
Il aurait aimé la croire, mais sa poitrine en cendres ne voulait plus croire en rien. Il la regarda en espérant y trouver ne serait-ce qu'une once d'espoir. Mais il ne trouva rien.
– C'était différent, cette fois, hein ?
Il hocha la tête en silence. Différent. Non, ça n'avait rien à voir.
– Ça ira mieux. Je suis là. Je serai là aussi longtemps qu'il le faudra. D'accord ?
– D'accord.
Il n'y avait pas grand chose à dire de plus.
Ils restèrent ainsi pendant des heures, jusqu'à ce que Kairi soit obligée de partir pour rentrer chez elle. Elle lui adressa un faible sourire et l'embrassa sur la joue avant de lui promettre qu'elle reviendrait le lendemain.
Ce qu'elle fit.
Ce jour-là comme les suivants.
Bientôt, elle réussit à le convaincre de sortir, de se changer les idées. Elle arriva à lui tirer un sourire, une fois ou l'autre, et il ne tarda pas à revenir chez elle de temps en temps, à parler légèrement de tout et de rien.
Tout en évitant soigneusement de mentionner tout ce qui avait trait à Sora. Elle-même ne l'évoquait jamais, comme elle n'évoquait jamais ses propres histoires d'amour de peur d'ébranler ce cœur qu'elle savait encore un peu trop fragile et qu'elle avait entre les mains.
Peu à peu, ils reprirent leur vie d'avant.
Et si la douleur venait encore l'envahir de temps à autre, il avait appris à l'ignorer et continuait à vivre comme si de rien n'était. C'était la seule chose à faire. Avancer encore. Attendre que le temps passe.
Oublier peu à peu.
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Il sortit de la boutique et se passa une main dans les cheveux pour être surpris par le nouvel aspect. Il ne savait même pas pourquoi il les avait coupé. Une envie obsédante qui l'avait pris d'un coup. Qu'il avait assouvie sur le champ.
Il eut un demi-sourire. Kairi n'en reviendrait pas, quand elle le verrait. Elle qui avait si souvent insisté pour qu'il se débarrasse de sa tignasse et porte une coupe digne de ce nom.
Il se sentait libre, bizarrement. Plus léger. Il passa près d'une vitrine et jeta un œil à son reflet. Oui, c'était bien mieux qu'avant.
N'ayant pas envie de rentrer directement chez lui, il décida de profiter de la fin de l'été en allant se promener dans le parc. La rentrée approchait déjà, et il n'avait plus beaucoup de temps avant que ses obligations ne se rappellent à lui comme à tout le monde.
Il s'installa sur un banc par miracle inoccupé et contempla le décor un long moment. Tout ça serait bientôt feu et or et les feuilles mortes recouvriraient le sol comme elles le faisaient chaque année. L'automne était sa saison préférée, depuis toujours. Il ne savait même pas pourquoi. La sécheresse de l'été l'exaspérait. L'automne, c'était... un juste retour des choses. La nature qui se préparait à s'endormir. Le vent et la pluie. Il les attendait avec impatience. Ils le nettoierait de la fureur du soleil. Il pourrait s'en débarrasser à jamais. Enfin.
Il leva le visage vers le ciel baigné de lumière et ferma les yeux pour imaginer les gouttes qui bientôt atterriraient sur son front et ses joues comme autant de petites billes purificatrices. Cet automne, décida-t-il, serait pour lui un nouveau départ. Il était temps qu'il en finisse avec tout ça. Qu'il se concentre un peu plus sur lui. Tant pis pour tous les autres.
Un léger sourire traversa son visage pour disparaître aussitôt.
Il fallait déjà qu'il y arrive. Et ça, c'était loin d'être une affaire gagnée.
Il ouvrit les yeux quand le banc s'ébranla, signe que quelqu'un s'était assis à côté de lui. Par politesse, il s'écarta un peu. La jeune fille blonde qui s'y était installée lui adressa un sourire de remerciement.
Elle sortit un cahier un dessin de son sac et se mit à esquisser quelques personnages auxquels elle consacrait son entière concentration. Elle continua ainsi quelques minutes puis tourna les yeux vers lui et l'observa longuement. Il regardait devant lui mais cela ne l'empêcha pas de se sentir un peu mal à l'aise. Il reporta son attention vers elle en haussant des sourcils interrogateurs.
– Excuse-moi, dit-elle en lui souriant gentiment. Je me disais juste que tu avais un bon profil. Ça te dérange que je te prenne comme modèle pour quelques minutes ? Ce ne sera pas long.
Voilà qui était inhabituel. Il haussa les épaules, un peu intrigué.
– D'accord, répondit-il.
– Merci beaucoup. Comment tu t'appelles ?
Elle commençait déjà à le dessiner et il ne savait pas trop s'il pouvait lui répondre sans trop la déranger. Elle s'arrêta néanmoins et leva les yeux vers lui.
– Ne t'inquiète pas, on peut discuter. C'est plus agréable comme ça. Alors ?
– Riku.
– Naminé. Enchantée. Tu viens souvent ici ?
Elle traça la courbe de son menton sur son cahier et semblait contente d'elle.
– De temps en temps...
– Ah, fit-elle. C'est un bel endroit pour se promener, l'été.
– Je ne suis pas très « été ».
– Vraiment ? J'imagine que le soleil n'est pas pour tout le monde.
– Non.
Il y eut un silence durant lequel elle gratta son carnet en le détaillant de temps en temps du regard. Puis elle sourit.
– Quel âge as-tu ?
Elle était bien curieuse, pensa-t-il. Ça ne le dérangeait cependant pas outre mesure, aussi n'hésita-t-il pas à répondre :
– Pas loin de dix-sept. Et toi ?
– J'ai dix-sept ans. Tu es dans quelle école ?
– L'athénée.
– Je vois. Je suis à Sainte-Agathe. Pas loin du centre-ville.
– Je connais, oui. Ma voisine a cours là-bas.
– Ta voisine ?
– Oui... je suppose qu'elle est dans la même année que toi.
– Alors je dois la connaître, sourit-elle. On n'est pas si nombreux. Comment s'appelle-t-elle ?
– Kairi.
– Ah, Kairi ! Je la connais bien, même. On est dans la même classe.
– Vraiment ? Le monde est petit.
– Et tu dis que tu es son voisin ?
– C'est ça. Enfin, on est surtout amis d'enfance.
– Je vois.
Elle resta étrangement silencieuse un moment puis referma son cahier et le rangea dans son sac. Elle penchait un peu la tête quand elle se tourna à nouveau vers lui. Elle ne souriait plus.
– Si tu es le voisin de Kairi, je suppose que tu connais aussi Sora ?
Son sang se figea dans ses veines. Il n'avait pas envie d'entendre son nom. Pas après l'avoir évité si longtemps.
Il baissa inconsciemment les yeux.
Il fallait toujours qu'il revienne quand il s'y attendait le moins.
Elle sembla un peu gênée et s'éclaircit la gorge.
– C'est toi qui est sorti avec lui pendant les vacances d'été, hein ?
Comment pouvait-elle être au courant de ça ? Il fut traversé par un bref sentiment d'angoisse. Peut-être qu'il en avait parlé à tout le monde. Ou Kairi ? Mais non. Kairi tenait sa langue quand il le fallait. Elle n'aurait jamais...
– Je suis désolée d'être aussi directe, reprit Naminé. Il m'en avait brièvement parlé. Je ne voulais pas te gêner.
– Je ne savais pas qu'il...
Il ne termina pas sa phrase. Il ne savait même pas quoi dire. Il ne s'était jamais interrogé sur ce qu'avait pu dire ou ne pas dire Sora. À vrai dire, il s'en fichait.
Mais maintenant...
– Pas d'inquiétude. Je ne crois pas qu'il en ait parlé à quelqu'un d'autre. Il me l'a juste... disons, balancé à la figure. Pour que j'arrête de m'inquiéter pour lui.
S'inquiéter pour quoi ?
– Vous êtes amis ?
Sa voix lui avait semblé plus sèche qu'il ne l'aurait voulu et il tâcha d'adoucir ses traits pour ne pas la mettre mal à l'aise. Elle ne sembla d'ailleurs pas y faire attention et soupira simplement :
– Jusqu'à il y a quelques mois, oui. Après ça, on a été ensemble pendant un temps.
– Oh.
Oh, en effet. Il ne savait pas dire si la situation était embarrassante ou simplement désagréable. La jeune fille était plongée dans ses pensées, ressassant des souvenirs qu'il ne pouvait pas connaître. Il n'avait pas la moindre envie de replonger dans les siens.
– Tu es encore avec ? demanda-t-elle soudain.
– Non.
Il avait répondu fermement mais ce mot lui fit plus mal qu'il ne s'y était attendu. Tant pis.
– Ah...
– Il ne te l'a pas dit ?
Elle sourit.
– Il ne me parle plus vraiment. Il m'évite comme la peste, en fait. Il n'est pas très content de moi, je crois.
– Il t'a bien dit qu'on était...
– Oh, oui, mais c'était sur un coup de tête, pour me faire partir. Je n'étais même pas sûre que ce soit vrai, avant aujourd'hui. Il m'a seulement dit qu'il était avec « le voisin de Kairi », alors j'ai cru qu'il l'avait simplement inventé pour me faire taire.
Il l'observa longuement, bouche close. Maintenant qu'il y pensait, Kairi ne lui avait-elle pas dit que Sora sortait d'une rupture difficile ? C'était peut-être avec elle. Il aurait voulu poser la question mais s'en sentait incapable. Une lourde pierre lui était tombée au fond de l'estomac.
– Je ne savais même pas qu'il était bi, déclara-t-elle d'un ton léger. On en apprend tous les jours, hein ? C'était mon meilleur ami, avant ça. Ça aurait sans doute dû rester comme ça. Je ne sais pas. C'est lui qui me l'avait demandé. Je n'ai pas pu refuser.
Il s'agita un peu sur le banc, gêné. Il n'avait pas tellement envie d'entendre cette histoire qui, après tout, ne le concernait pas, mais la curiosité le poussait à garder l'oreille tendue.
– Pourquoi ? demanda-t-il malgré lui.
– Je ne sais pas. Je le connaissais bien. Je l'aimais bien. J'ai cru que je pourrais... je ne sais pas. Qu'il irait mieux s'il était avec quelqu'un. Il avait l'air...
Elle s'interrompit un instant comme pour rassembler ses pensées avant de reprendre :
– J'aimais bien son côté vulnérable, je crois. C'était ce qui m'avait attirée vers lui, au début. Sa gentillesse aussi, son enthousiasme. Mais j'ai passé plusieurs années à ses côtés, et j'étais sa meilleure amie. Je le connaissais bien. Il faisait semblant. Je le savais. J'ai cru que je pourrais le rassurer, je ne sais pas. Faire en sorte qu'il se sente mieux. Mais c'était une idée ridicule. Je ne vois pas à quoi j'aurais pu arriver.
– Il n'allait pas bien ?
– Oh, si. Enfin, c'est ce qu'il s'échinait à répondre chaque fois que je le lui demandais. Je ne sais pas. Je ne crois pas qu'il allait aussi bien qu'il le montrait. Mais quand j'ai commencé à m'inquiéter pour lui un peu trop souvent, il m'a juste envoyée bouler. Il refusait de répondre à mes questions. Je n'étais pourtant pas très insistante, mais... enfin. Ça a quand même fonctionné un moment. Comme il avait l'air de tenir à moi et que je tenais vraiment à lui, je n'ai rien dit. Et puis...
Elle s'arrêta soudain et eut un sourire embarrassé.
– Enfin, je ne devrais peut-être pas en parler comme ça, continua-t-elle. Ce sont ses affaires, après tout.
Maintenant qu'elle avait commencé, autant qu'elle finisse. Riku tenta un sourire qui ne devait pas ressembler à grand chose mais auquel elle répondit tout de même.
– Est-ce que tu l'aimais ? demanda-t-elle.
Riku resta un moment silencieux. Le poids dans son estomac semblait plus lourd que jamais. Pourtant, c'est d'une petite voix et les joues plus rouges que d'habitude qu'il dit :
– Oui.
– J'en suis heureuse. Tu as vu quelque chose d'inhabituel, chez lui ? D'inquiétant, je veux dire.
En dehors de son brusque changement de comportement ?
– Pas grand chose, non. Il a juste... enfin, je suppose qu'il en avait marre.
– Je crois qu'il a des problèmes chez lui, annonça-t-elle de but en blanc, comme si elle ne l'avait pas entendu.
Il fronça les sourcils.
– Chez lui ?
Elle se gratta négligemment le genoux.
– Oui, je crois. Enfin, je n'en sais rien. Il n'en parlait pas trop.
À vrai dire, il ne lui en avait même jamais parlé, à lui. Il ne savait que très vaguement dans quel coin il habitait, mais rien de plus.
Il ne s'en était jamais rendu compte.
– Il vit seul avec sa mère, non ?
Naminé acquiesça.
– Oui. Mais je ne l'ai aperçue qu'une fois ou deux, pas plus. Je ne suis même jamais allée chez lui. Il n'aimait pas trop ça. Je n'ai pas insisté. J'aurais peut-être dû... enfin, c'est sa vie privée. Je n'ai pas osé m'en mêler.
– Mmh...
C'était compréhensible. Lui non plus n'avait jamais creusé plus loin que ce qu'il lui fallait. Peut-être aurait-il dû se montrer plus curieux. Lui poser plus de questions. Aller lui parler, après ce jour-là...
Imaginer qu'il pouvait arriver quelque chose à Sora, quelque chose dont il n'aurait pas osé lui parler, le rendait malade.
Naminé semblait perdue dans ses pensées, elle aussi. Enfin, elle lui adressa un vague sourire.
– Ce sont des choses qui arrivent...
– J'imagine.
Il se leva, un peu hésitant.
– Tu vas le revoir ? demanda Naminé en le suivant du regard.
– Je crois... oui.
Il ne pouvait pas le laisser comme ça, après tout. Il savait que ce n'était pas son problème, mais il ne pouvait pas empêcher l'inquiétude de lui serrer le cœur avec cruauté.
– Ne lui parle pas de moi.
– Pourquoi ?
– Je n'ai pas envie qu'il pense que... enfin, fais comme si tu ne m'avais pas vue. D'accord ?
Il hocha la tête et elle sourit.
– On se reverra peut-être, dit-elle en lui tendant la main.
Un peu perturbé par le geste, il la serra pendant un bref instant.
– Peut-être, répondit-il sans savoir quoi ajouter.
Il la salua d'un signe de tête avant de s'en aller, légèrement désorienté pour il ne savait quelle étrange raison.
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– Laisse-moi tranquille.
Il le toisait, les bras étroitement serrés contre sa poitrine. Riku tâcha de garder la tête haute. Il haussa les épaules.
– Je ne vais pas t'ennuyer plus longtemps, rétorqua-t-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. Je dis seulement... enfin, bref. Tu fais ce que tu veux... mais si tu as besoin de moi, je, euh...
Il avait du mal à former ses phrases. Sa gorge était douloureuse et son estomac noué. C'était la première fois qu'il revoyait Sora depuis des semaines. Il n'avait pas pensé que ce serait si difficile. Il s'éclaircit la gorge pour reprendre un minimum de contenance.
– Appelle-moi si besoin. Voilà.
– C'est tout ce que t'étais venu me dire ?
Il voyait mal ce qu'il aurait pu dire d'autre. Il plongea les mains dans ses poches pour ne pas qu'il les voie trembler.
– Ouais... je vais y aller.
– D'accord.
– Prends soin de toi.
Il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça. Sora plissa les yeux une seconde. Son visage était impassible, désormais, et son regard froid comme la glace. Riku ne l'avait jamais vu comme ça. Il retint un soupir dépité.
Il savait que Sora ne serait pas ravi de le revoir, mais il ne s'était pas attendu à autant d'animosité de sa part. Il n'avait jamais été agressif avec lui. Indifférent, peut-être, mais jamais aussi froid.
Il se détourna sans un mot de plus et se mordit la lèvre en se demandant si venir jusqu'ici en avait valu le coup. Il n'y avait rien de moins sûr.
Son cœur battait si fort contre sa poitrine que c'en était presque douloureux. Il ravala les divers sentiments qui lui montaient à la gorge et se concentra pour ne pas se noyer dans les réminiscences de cette brève et désolante entrevue. Ça fonctionnerait peut-être, après tout.
Il soupira discrètement et rentra chez lui en se concentrant uniquement sur le bruit de ses pas contre le trottoir.
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Il resta assis sur la table du salon pendant que le jour déclinait peu à peu. Son téléphone était posé devant lui, mortellement silencieux. Ses parents fatigués étaient déjà partis se coucher et il était plongé dans la pénombre et le silence, le cœur battant.
Mais son téléphone ne bougeait pas. L'écran était noir comme de l'encre. Pendant un instant, Riku fut tenté d'appeler Kairi afin qu'elle vienne passer la soirée avec lui mais rejeta rapidement l'idée. Si Sora appelait, il fallait qu'il soit seul. Il ne voulait pas qu'elle s'en mêle. Elle ne savait même pas qu'il était allé le voir.
Il ne voulait surtout pas qu'elle sache.
Il posa son front sur la table et ferma les yeux tandis que la fatigue commençait à réclamer son dû. Il n'était pas si tard que ça, au fond, mais il lui semblait ne pas avoir dormi depuis des jours. Voilà ce qui arrivait quand on s'obstinait à vivre des journées émotionnellement compliquées.
Il retint un soupir et se redressa. Sora ne l'appellerait pas. Il le savait, bien sûr. Il avait juste eu un vague espoir, vite envolé. Au moins avait-il été le voir. Il avait fait le maximum.
C'est ce qu'il tâchait de se répéter pendant qu'il montait les escaliers qui menaient à sa chambre, son téléphone portable dans la main. Après tout, il lui avait proposé son aide. Qu'il l'accepte ou qu'il la refuse, Riku ne pouvait pas faire grand chose de plus.
À peine cette pensée avait-elle traversé son esprit que l'appareil se mit à vibrer dans sa main. Sans attendre une seconde, il décrocha.
« Sora ? »
Il y eut un instant de silence, comme si son interlocuteur hésitait encore à répondre. Lorsqu'il commença à parler, cependant, sa voix ne marquait ni émotion ni hésitation.
« Salut, Riku. Tu veux qu'on fasse quelque chose, ce soir ? »
Voilà qui était inattendu. « Faire quoi ?
– Quelque chose. Quelque part, je ne sais pas. J'aimerais que... enfin, c'est juste histoire de passer le temps. D'avoir quelque chose à faire. Mais si tu ne veux pas, c'est pas grave. Je trouverai bien tout seul.
– Où est-ce que tu es ?
– Dehors.
– Où dehors ?
– Juste dehors. »
Riku attendit quelques secondes sans que Sora ne semble vouloir préciser sa pensée. Il se passa une main sur le visage. Que dirait Kairi si elle était au courant de ça ?
Il le savait très bien.
Elle lui dirait de refuser. L'ombre d'une culpabilité insidieuse lui caressa le ventre. Il l'entendait aussi bien que si elle s'était trouvée à côté de lui. Il va te blesser à nouveau. Tu devrais passer à autre chose, Riku. Je te dis ça parce que je suis ton amie.
Il se mordillait l'intérieur de la joue. Kairi n'était pas là. Elle n'était au courant de rien. Elle n'avait rien à dire. Si Sora l'avait appelé, c'était parce qu'il avait besoin de lui.
« Tu veux qu'on se retrouve quelque part ? demanda-t-il enfin en faisant taire les voix qui lui soufflaient que c'était une mauvaise idée.
– Oui.
– Où ? Je peux te rejoindre, si tu veux.
– Non. »
Riku s'assit sur une des marches des escaliers. Il savait qu'il allait le regretter.
« Tu veux ven...
– Je peux venir chez toi ? », l'interrompit Sora.
Il avait dit ça sans intonation, comme vide, mais Riku sentit son cœur rater un battement.
« Oui, bien sûr. Tu te souviens du chemin ?
– Oui. J'arrive. »
Il raccrocha sans un mot de plus et son interlocuteur resta pantois. Il lui fallut quelques secondes pour assimiler la nouvelle.
Sora arrivait.
– Merde.
Si on ne comptait pas leur brève entrevue quelques heures plus tôt, il ne l'avait plus vu depuis des semaines. Ils s'étaient à peine adressés la parole. Et le voilà qui venait chez lui comme si de rien n'était.
Parce que je l'y ai invité. C'est ce que je voulais.
Mais en prendre conscience ne lui permettait pas de se calmer. Il descendit les escaliers quatre à quatre et s'installa sur la chaise qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt en essayant de ne pas penser à tout ce qui pourrait arriver. Pourtant, dans sa tête, les questions s'étaient remises à tourner avec plus de violence que jamais.
Qu'est-ce que je vais lui dire ? Qu'est-ce qu'il veut ? Et si ça se passait mal ? S'il changeait d'avis ? S'il se rendait compte qu'il ne voulait plus jamais me voir ou m'entendre ?
Il croisa les bras contre son ventre qui se tordait sous cette soudaine anxiété et respira lentement pour garder son sang-froid. Adviendrait ce qu'il adviendrait. Il ne servait à rien de se faire du mal pour ça. Sora avait besoin de lui et il serait là. C'était le plus important.
Son téléphone vibra à nouveau un bref instant. Avec une profonde inspiration, Riku ouvrit la porte d'entrée à son récent invité.
Ce dernier l'observa un moment, les mains dans les poches. Puis, après ce qui sembla être une éternité, il sourit.
– Salut, dit-il simplement.
Ça faisait si longtemps que Riku n'avait plus vu ce sourire qu'il s'en sentit tout chose et oublia momentanément ce qu'il était censé répondre. Comme le brun lui lançait un regard interrogateur, il s'écarta de la porte et s'éclaircit la gorge.
– Entre.
Il ne se fit pas plus prier et balaya le salon du regard.
– Tu veux quelque chose à boire ? demanda son hôte d'une voix mal assurée.
Il ne savait pas vraiment quoi dire. Sora secoua la tête.
– Je ne pensais pas que tu accepterais que je vienne, déclara-t-il.
Riku haussa les épaules. Il n'était pas le seul étonné.
– Je suis désolé pour ce que je t'ai dit la dernière fois, reprit-il en s'asseyant sur une chaise.
Ses yeux étaient perdus dans le vague, mais il paraissait sincère. Riku s'installa non loin de lui et ne répondit pas.
– J'aurais pas dû dire ça. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'était cruel de ma part. Je suppose que tu m'en veux. T'aurais raison.
– Pourquoi maintenant ?
C'était la seule réplique qui lui était venue à l'esprit. Il reconnaissait à peine l'aigreur qu'on pouvait distinguer au fond de sa voix.
– Parce que je... j'aurais voulu te le dire avant, mais à chaque fois que j'y pensais, peu importe à quel point je m'en voulais, je me disais que tu ne ferais que me détester encore plus. C'est de ma faute. J'aurais dû réagir tout de suite.
Les derniers restes de rancœur qui lui restaient fondirent comme neige au soleil. Il soupira.
– Je ne t'en veux pas.
Un sourire étira les lèvres de Sora mais ses yeux restaient mélancoliques.
– Merci. J'ai été con, hein ? J'aurais aimé être aussi gentil que toi. Il faut toujours que je finisse par faire quelque chose de débile. Je finis toujours par blesser les seules personnes auxquelles je tiens. Je fais vraiment pitié.
Sa voix avait légèrement tremblé sur cette dernière phrase et Riku constata qu'il avait les yeux embués. Dans un élan de compassion, il attrapa la main de son invité en espérant pouvoir lui remonter un peu le moral.
Une larme coula sur la joue du brun, rapidement suivie d'une autre, et il se mit à sangloter sans bruit, les yeux baissés sur la table et les lèvres étroitement scellées. Désarmé et pris par surprise, Riku ne sut quoi faire d'autre que d'emmêler ses doigts aux siens en attendant que ça lui passe.
Ses pleurs ne tardèrent pas à s'espacer et il reprenait difficilement sa respiration pendant qu'il s'essuyait les yeux avec le dos de la main.
– Je suis désolé, répéta-t-il d'une voix faible.
– Ce n'est pas grave. Ça va mieux ?
Un ersatz de sourire lui traversa le visage, mais c'était mieux que rien.
– Pas vraiment. Je suis ridicule, hein ? À pleurer pour un rien. C'est pathétique.
– Bien sûr que non. Tu peux pleurer quand tu en as envie. Ça fait du bien, parfois. Ça n'a rien de ridicule.
– Je sais pas. Peut-être.
Il restèrent silencieux un long moment, tous deux perdus dans leurs propres pensées. Ce n'était pas le genre de silence qui suscitait le malaise et qui demandait à être brisé de n'importe quelle façon. Pour une fois, il paraissait naturel, presque réconfortant.
– Riku ?
– Oui ?
Il semblait hésiter mais demanda tout de même :
– Je peux rester ici ce soir ?
Riku ne put s'empêcher d'afficher un air étonné.
– Ce soir ?
– Si ça ne va pas, ce n'est rien. Je... c'est juste que... j'ai pas envie de rentrer chez moi. Mais je ne veux pas que tu te sentes obligé, alors...
– Non, c'est bon. Tu peux rester.
Sora eut l'air sensiblement soulagé et il sourit.
– Tes parents ne diront rien ?
– Non, ne t'inquiète pas pour eux. Ils s'en fichent, de toute façon.
Comme il commençait déjà à se faire tard, ils décidèrent de monter dans la chambre de Riku pour se préparer pour la nuit. Ce dernier sortit un pyjama du fond de ses tiroirs et le lui tendit sans un mot. Sora le remercia d'un signe de tête. Il s'habilla en gardant les yeux fixés sur le lit, pensif.
– Est-ce qu'on dort là tous les deux ? demanda-t-il enfin.
Riku sentit ses joues rosir mais fit de son mieux pour l'ignorer. Il haussa les épaules.
– C'est bien assez grand pour deux. J'ai aussi un matelas gonflable, si tu préfères.
– Ça ira comme ça.
Il s'assit sur un des côtés pour apprécier le moelleux du matelas et un nouveau sourire traversa son visage.
– Quelle chance, soupira-t-il. J'aimerais bien avoir un lit double, moi aussi. Au moins, tu peux t'étaler comme tu veux.
– Il m'a fallut des années d'insistance et de bataille pour en avoir un comme ça.
– Bien joué, alors. Tu te mets de quel côté ?
– Ah... gauche. Enfin, je m'en fiche.
– D'accord.
Il se glissa du côté droit et remonta le drap qui servait de couverture d'été jusqu'à son menton.
– Merci, Riku, dit-il d'une voix faible en le regardant s'habiller.
– Ce n'est rien.
Il se coucha de son côté et se tourna vers Sora qui ne l'avait pas quitté des yeux. Il restèrent immobiles, incertains de l'attitude à prendre.
– On pourrait se revoir.
C'était à peine un murmure dans la bouche de Sora mais Riku l'entendit aussi fort que s'il l'avait crié dans son oreille.
– Tu veux ? demanda-t-il.
– Seulement si tu veux bien. Sinon, je...
– D'accord.
Sora eut l'air un peu surpris mais un sourire ne tarda pas à étirer un coin de ses lèvres.
– Super.
– Mais j'ai une condition.
– Laquelle ?
– Sois honnête avec moi. Je ne te demande pas de tout me dire, mais sois honnête. T'es d'accord ?
– Je suppose que ça marche dans les deux sens ?
– Évidemment.
– Marché conclu, alors.
Il tendit son petit doigt à Riku et celui-ci ne put se retenir de pouffer.
– Vraiment ?
– Il faut bien officialiser tout ça. Non ?
– Comme tu veux.
Ils scellèrent la promesse et Sora en profita pour emmêler ses doigts à ceux de son vis-à-vis. Puis il ferma les yeux et murmura :
– Bonne nuit.
– Bonne nuit, Sora.
Il ne fallut pas bien longtemps avant que la respiration du brun se fasse plus lente et régulière. Riku, lui, ne s'endormit pas tout de suite. Il resta là, les yeux à demi ouverts, à contempler l'endormi avec tendresse.
Le cœur battant furieusement dans sa poitrine, il prit pleinement conscience d'à quel point il lui avait manqué.
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– Qu'est-ce que tu veux boire ?
– La même chose que toi.
– Thé, alors ?
Sora eut un sourire.
– Ce sera parfait, dit-il.
Il était assis dehors, sur une chaise de jardin, et le soleil matinal lui caressait le dos avec douceur. Il tourna son visage vers le ciel et soupira d'aise. Il y avait longtemps qu'il ne s'était plus senti aussi calme.
Riku déposa une tasse fumante devant lui et il le remercia en observant le sachet de thé répandre des volutes ambrées dans l'eau chaude.
– Mes parents viennent de descendre, dit Riku en touillant dans sa tasse.
– Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
– En dehors des allusions qu'ils ne se sont pas privés de faire, rien de spécial. Ils s'en fichent un peu, si tu veux mon avis.
– Ah. Tu as de la chance. Ma mère m'aurait tuée.
Il avait dit ça en fronçant les sourcils et ne décrochait plus le regard de sa boisson. Lorsqu'il releva la tête, cependant, il avait repris son sourire naturel et l'air joyeux que Riku lui avait toujours connu.
– J'aurais aimé avoir une famille comme la tienne.
Son hôte allait lui répondre quelque chose quand une exclamation retentit dans le jardin voisin. Il jura intérieurement. Évidemment. Il fallait qu'elle l'ait entendu.
La tête de Kairi ne tarda pas à passer au-dessus des panneaux de bois qui séparaient leurs deux jardins et elle les pointa du doigt, profondément choquée.
– Sora ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Salut, Kairi.
Sans plus attendre, elle grimpa par-dessus la clôture et se joignit à eux, les mains sur les hanches.
– Vous avez intérêt à avoir une bonne explication, les menaça-t-elle en s'asseyant à leurs côtés.
Elle jetait à Sora des regards méfiants et il se perdit à nouveau dans la contemplation de son thé, les joues légèrement rosies. Comme aucun des deux garçons ne semblait vouloir lui répondre, elle laissa échapper un long soupir.
– Vous vous êtes réconciliés ?
– On peut dire ça, répondit Riku en sortant le sachet de thé de l'eau dans laquelle il infusait.
– Eh bien, tout arrive.
Sans prévenir, elle passa derrière lui et lui ébouriffa durement les cheveux.
– Quand est-ce que tu les as coupé ? demanda-t-elle lorsqu'elle se fut assise sur la chaise à côté de lui.
– Ah... hier.
Elle le jaugea du regard quelques secondes puis hocha la tête.
– Ça te va bien. Tu aurais dû me le dire, je serais venue avec toi. Et toi, Sora ? Qu'est-ce que tu en penses ?
Ce dernier sourit, rassuré que Kairi lui adresse la parole.
– Ça lui va bien.
Riku se passa une main dans la nuque, un peu gêné.
– Merci.
– Bon, je ne voudrais pas interrompre votre petit rendez-vous plus longtemps.
– Pourquoi t'es debout aussi tôt, d'ailleurs ?
Elle ne lui répondit pas tout de suite, trop occupée à attacher ses cheveux en queue de cheval avec toute la concentration que ça nécessitait.
– Je pars en vacances chez ma cousine, expliqua-t-elle enfin. J'étais venue te le dire.
– Ah bon ? Combien de temps ?
– Pour la semaine.
– T'aurais fait quoi, si j'avais pas été réveillé ?
– J'aurais balancé des cailloux à ta fenêtre, comme dans les films. Sinon, j'avais un petit mot à glisser dans ta boîte au lettre.
– Tu pouvais aussi m'envoyer un SMS.
– J'aurais pu, mais c'était moins romantique. Sur ce ! il faut que j'y aille.
Elle l'embrassa sur les deux joues et fit de même avec Sora qui manqua de s'étouffer.
– Pas de bêtises, hein ! Je compte sur vous.
Elle leur adressa un clin d'œil et enjamba les panneaux avec aisance avant de disparaître dans sa propre maison. Riku et Sora échangèrent un regard et éclatèrent de rire.
– Elle a de l'énergie à revendre, en tout cas, commenta le brun.
– C'est sûr.
– Je devrais rentrer chez moi.
Il avait dit ça sur le ton de la conversation mais son sourire avait disparu. Il contemplait sa cuillère, l'air vague.
– Tu n'as pas tellement l'air de le vouloir.
Il haussa les épaules sans le regarder.
– Non.
Riku brûlait de demander pourquoi mais il se borna à rester silencieux. Il n'avait pas envie de poser des questions, pas tout de suite. Tout ça était encore trop fragile pour lui.
– Tu peux rester ici, si tu veux, proposa-t-il après quelques minutes.
Sora eut un faible sourire.
– Merci, ça ira. Il faudra bien que je rentre un jour, de toute façon.
– T'es sûr que...
– Ça ira, répéta-t-il.
Il lui sourit pour le rassurer et se leva. Comme son hôte esquissait un geste pour se lever, il lui passa les bras autour du cou et l'embrassa sur la joue.
– Pourquoi tu t'inquiètes comme ça ?
La raison lui semblait évidente.
– Tu vis seul avec ta mère, non ?
– Si, répondit Sora en haussant un sourcil.
Riku ne savait pas exactement si le moment était bien choisi, mais il décida de prendre son courage à deux mains. Après tout, ils avaient décidés d'être honnêtes l'un envers l'autre. Il ne pouvait pas garder ses soupçons pour lui. La confiance ne se construisait pas comme ça.
– Les, hum... bredouilla-t-il. (Il souffla un peu pour reprendre contenance.) La marque de la dernière fois...
– La marque ?
La question semblait innocente mais ses bras s'étaient un peu resserrés autour de lui.
– Les bleus.
– Oh, ça. Je suis...
Sentant le mensonge arriver, il décida de se jeter à l'eau. Tant pis pour ce qu'il en penserait.
– C'est ta mère qui... ?
Le brun se détacha de lui et recula d'un pas. Il souriait. Et ça sonnait faux.
– C'était de ma faute, dit-il en se passant une main dans la nuque. Ça n'a pas d'importance. C'était juste une fois, et c'était mérité, de toute façon.
– On avait dit qu'on était honnêtes.
– Mais je suis...
– Arrête ça.
Il se leva et l'attrapa par les épaules avant que Sora n'ait pu esquisser un mouvement de recul. Il le regarda droit dans les yeux.
– Arrête de mentir. Arrête de cacher ça. Je ne suis pas aveugle, Sora.
Ce dernier baissa les yeux et pinça les lèvres sans rien dire.
– Écoute, je ne sais pas tout, mais on ne peut pas laisser ça comme ça. Si elle te fait du mal, je ne...
– Tu te trompes. Ce n'était pas sa faute, c'était la mienne. Je la connais depuis toujours. Je savais comment elle réagissait. J'ai pas fait attention, et c'était ma faute.
Il n'y avait aucune inflexion dans sa voix. Riku le relâcha, le visage emprunt d'une expression peinée.
– Ne me regarde pas comme ça, reprit Sora.
– Et ce n'est arrivé qu'une fois ?
– Oui.
Ce n'est pas ce que Naminé m'a dit. Il brûlait de le lui dire, mais elle lui avait fait promettre qu'il ne l'évoquerait pas devant lui.
Sora regardait ses pieds en fronçant les sourcils et passa inconsciemment une main sur son bras.
– Tu es sûr ?
– Je... c'est juste que... quand elle est de mauvaise humeur, je devrais la laisser tranquille, c'est tout. Je ne fais que la décevoir, de toute façon.
Riku le regarda longuement, pensif, puis sortit son GSM de sa poche.
– Qu'est-ce que tu fais ?
– J'appelle les flics.
– Les...
Le brun lui attrapa brusquement le poignet pour l'empêcher de composer le numéro.
– Pourquoi tu veux les appeler ? demanda-t-il sèchement. Je ne suis pas en danger.
– C'est pas ce que j'ai compris.
– Tu vas les déranger pour ça ? Qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
– C'est de la maltraitance, Sora. Et je sais que tu ne me dis pas tout. Je le sais.
– Tu ne sais rien du tout. Qu'est-ce que tu en sais ? C'est toi qui fais des conclusions hâtives ! C'est ma mère, elle ne me ferait aucun mal. Je le sais.
– Et c'était quoi, alors ?
– C'était juste... ça arrive à tout le monde de s'énerver un peu. Ça ne fait pas de moi une victime ni d'elle une tortionnaire. C'est partout pareil, Riku. Arrête.
– Partout pareil ? Aucun parent n'est censé battre ses gosses. C'est toi qui te berce d'illusions. Réveille-toi, bon Dieu.
– Elle ne me bat pas ! T'es malade, ou quoi ? Ça n'a rien à voir avec ça !
– Alors quoi ?
– Elle a un tempérament difficile, c'est tout. Elle ne...
– Quoi ?
– Elle est gentille, la plupart du temps.
– Et ?
– Je... écoute... laisse tomber. Laisse tomber tout ça. C'est ridicule. Tu n'as rien à voir là-dedans. C'est entre elle et moi, c'est tout. Laisse tomber.
– Ouais, c'est ça.
Sora croisa les bras contre sa poitrine et secoua la tête.
– Tu n'as qu'à croire ce que tu veux. Je m'en fiche. J'ai dix-sept ans, et je suis suffisamment grand pour m'en sortir tout seul. Je n'ai pas besoin qu'on me défende, et je n'ai pas besoin que n'importe qui s'en mêle. Ça me regarde. Alors s'il te plaît, n'en parlons plus.
– Comme il te plaira. Mais si jamais je...
– N'en parlons plus, d'accord ? Je dois vraiment y aller. À plus tard. Et merci de m'avoir permis de rester ici.
Il accompagna son salut d'un sourire forcé et parti sans un regard. Riku, lui, ne bougea pas d'un pouce.
– Honnête, tu parles...
xxxxx
– Je ne comprends pas. Je pensais que t'avais laissé tomber.
– Ouais... faut croire que c'était pas si évident que ça.
L'image de Kairi s'agita sur son écran et Riku fronça les sourcils.
– T'as vraiment une caméra de merde, dit-il.
– Excuse-moi, hein. Ce n' pas mon ordinateur, au cas où. Et tu devrais entendre les grésillements que fait ton micro, d'ailleurs, avant de faire des commentaires. Mais ce n'est pas le sujet. Pourquoi tu as été le revoir ? Tu m'avais dit que tu voulais te le sortir de la tête.
Elle avait pris un ton accusateur, mais il l'ignora du mieux qu'il put. Il faisait ce qu'il voulait, tiens, et elle n'avait rien à en dire.
– J'ai croisé une fille, dans le parc, répondit-il quand même.
– Et ? Ça t'a rappelé à quel point t'étais gay ?
– Non, c'était une amie de Sora.
– Oh. Qui ?
– Naminé ?
– Sérieusement ? Comment t'as fait pour tomber dessus ? T'as vraiment la poisse, ma parole.
– J'en sais rien. Je suis juste tombé sur elle, et on a discuté un peu.
– De Sora.
– Entre autres, oui.
– Du coup, tu as décidé que c'était un signe du ciel et qu'il te fallait le retrouver tout de suite. C'est ça ?
– Non, pas vraiment. J'ai juste... enfin, bref. Je lui ai parlé deux minutes, c'est tout. C'est lui qui est revenu, après. Il avait l'air d'avoir besoin d'aide, alors...
– Toi et ton grand cœur généreux avez été ravis de pouvoir l'accueillir à nouveau chez vous.
– Arrête de faire ça ! T'as pas besoin de juger ce que je fais. J'ai décidé de l'aider un peu, oui. Et alors ?
– Très bien, je la ferme. Mais ne viens pas te plaindre s'il te brise encore le cœur. Je n'ai plus rien à voir là-dedans.
Il l'entendit plus qu'il ne la vit ouvrir une canette de soda qu'elle porta bientôt à sa bouche avec irritation.
– Il te l'a expliquée, d'ailleurs ?
– Quoi ?
– La raison pour laquelle il t'a laissé tomber comme il l'a fait. C'était bas de sa part.
– Non. Mais il s'est excusé.
– Oh, je vois. Tout va bien, alors. Et quoi, vous êtes ensemble, maintenant ?
Bonne question. Face à son mutisme, elle soupira.
– Ça craint, cette histoire. Enfin, si ça te va...
– Mmh. Et toi, chez ta cousine ?
Elle regarda autour d'elle pour vérifier que la pièce était bien vide et se rapprocha un peu de l'écran.
– Sérieusement, j'en peux plus. Je l'aime bien, mais... elle n'arrête pas de me rappeler les conneries que je faisais quand j'avais quoi, six ans ? Elle n'arrête jamais. Tu sais qu'elle a gardé tous les dessins débiles que je lui ai fait quand j'étais môme ? Elle me fait peur.
– C'est mignon.
– Absolument pas. En plus de ça, elle n'arrête pas de me saouler pour que je lui raconte ma vie amoureuse.
– Tu lui as pas parlé de Xion ?
– Il ne manquerait plus que ça ! Non merci. Enfin, au moins, on mange bien. C'est le principal.
– Quand est-ce que tu reviens, encore ?
– Samedi soir, mais trop tard pour passer. Et je vais voir Xion, dimanche. Donc...
– Ouais, on verra bien.
Il entendit un bruit lointain du côté de sa meilleure amie et elle se tourna vers la porte avant de revenir à lui.
– Aqua m'appelle, je dois y aller. Ne laisse pas Sora te marcher sur les pieds. Je ne veux pas ramasser tes cendres pour passer des semaines à essayer de les faire reprendre forme humaine.
– C'est ça, à la prochaine.
– Et arrête de...
Il ferma la conversation et quitta Skype avant qu'elle n'ait pu lui répondre par écrit. Elle s'inquiétait pour rien. Il la comprenait, bien sûr, mais elle se trompait sur toute la ligne.
Il ne lui avait rien raconté en détail, préférant garder pour lui ce qui, somme toute, était privé. Il se laissa tomber sur son lit.
Ça faisait trois jours que Sora ne lui avait plus parlé. Il lui en voulait sans doute pour leur dernier échange, mais il ne parvenait pas à s'en sentir coupable. Il avait dit exactement ce qu'il pensait. Et si ça avait été à refaire, il aurait dit la même chose, il en était persuadé.
Sora le pardonnerait peut-être.
Il enfonça son visage dans son oreiller et essaya d'ignorer la soudaine inquiétude qui enserrait son estomac dans un étau douloureux.
Quelqu'un frappa à la porte de sa chambre, lui tirant un sursaut.
– Riku ?
– Entre.
Son père passa la tête dans la pièce et lui lança son téléphone portable qu'il rattrapa au vol malgré sa surprise.
– Il n'a pas arrêté de sonner. Tu devrais le garder près de toi.
– Merci, j'y penserai.
– Au passage, tu veux manger quelque chose de particulier ?
Son fils déverrouilla son téléphone et fronça étroitement les sourcils.
– Merde, fit-il entre ses dents.
– On en a plus en stock. Par contre, on a de la pizza.
Riku releva les yeux vers son père et lui lança un regard blasé. C'était bien son genre, ça.
– Ça ira. Euh... dis, ça vous dérange si je sors un moment ?
L'homme lui offrit son plus beau sourire.
– Kairi te manque à ce point-là ? Elle est loin d'ici, tu sais.
– Très drôle.
– Mais tu fais ce que tu veux, fils. Va, tu as ma bénédiction. Mais reviens pour huit heures, ou tu pourras dire adieu à ta bien-aimée pizza.
– Ça marche.
Il reporta son attention sur l'appareil quand son géniteur eut quitté la pièce. Il se mordit convulsivement l'intérieur de la joue par nervosité. Sora lui avait laissé des appels en absence en nombre assez conséquent pour qu'il s'en inquiète.
Il appuya sur le bouton d'appel et colla le téléphone à son oreille en enfilant les premières baskets qui lui tombèrent sous la main. Par chance, la réponse ne tarda pas à venir.
« Riku ? »
Entendre sa voix lui fit un bien fou. C'était stupide, mais il était un peu rassuré.
« Tu vas bien ? Je suis désolé de ne pas t'avoir répondu. Mon portable était...
– Oh, ce n'est rien. Enfin, je ne voulais pas déranger, de toute façon.
– Tu ne m'aurais pas dérangé. Quelque chose ne va pas ? Je peux venir, si besoin.
– Ah... je ne sais pas si c'est nécessaire. Mais si tu n'as rien à faire, je...
– Dis-moi où tu es et j'arrive.
– Vraiment ? Je suis, euh... pas loin de l'épicerie où travaille la copine de Kairi ? Je ne sais pas si tu vois où c'est. Mais ce n'est pas tout près, alors...
– C'est rien. J'arrive.
– OK, cool. Je vais attendre là, alors. À tout de suite.
– À tout de suite. »
Il raccrocha et se dépêcha de nouer ses lacets avant de sortir en trombe.
Par chance, il put attraper un tram sans trop de mal et arriva à bon port assez rapidement. Il ne tarda pas à apercevoir Sora, assis sur un banc devant le supermarché. Il était occupé à prendre des bonbons multicolores dans un paquet qu'il venait sans doute d'acheter et lui en proposa dès que Riku arriva auprès de lui.
– Merci, dit-il en en attrapant un au fond du sachet.
Le brun lui adressa un sourire et déposa le paquet entre eux deux. Il avait la main gauche bandée, remarqua Riku. Ce n'était pas bon signe.
– Entorse, expliqua Sora en voyant qu'il le regardait. Pas bien grave.
– Comment tu t'es fait ça ?
– Ah...
Il haussa vaguement les épaules. Riku n'insista pas. Ils restèrent assis à observer les quelques rares passants et les allées et venues dans l'épicerie. Elle n'allait pas tarder à fermer, et les derniers pressés s'entassaient à la caisse en attendant leur tour.
– Elle me hait, dit enfin Sora.
Son voisin n'avait pas besoin de contexte pour savoir de qui il parlait.
– Il s'est passé quelque chose ?
– Rien de spécial. Elle était très en colère. J'ai juste...
Il fut parcouru d'un tremblement et Riku lui prit timidement une main qu'il serra avec reconnaissance.
– J'ai essayé de lui expliquer. Je lui ai dit que je... enfin. Je lui ai juste dit que je ne me laisserais plus faire. Que je n'étais plus un enfant.
– Comment elle a réagi ?
– Elle a dit que j'étais la pire erreur de sa vie. Qu'elle aurait préféré que je... et puis, elle...
Il avait les larmes aux yeux et commençait à respirer difficilement. Il attendit quelques secondes et tâcha de se calmer.
– Elle a pris la pelle à cendre qui était sur le serviteur de la cheminée et...
Le visage de Riku se décomposa.
– Je l'en ai empêchée, cette fois. Elle était dans une colère noire. J'ai cru qu'elle allait me tuer. C'est la première fois depuis des années que j'ai eu peur de mourir. J'aurais jamais cru... alors, je l'ai giflée.
Les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues mais il n'y prêtait guère attention. Il posa les yeux sur la main toujours liée à la sienne et ferma les paupières un instant.
– Je regrette. J'aurais pas dû faire ça. J'aurais pas dû...
– Il fallait bien que tu te défendes.
– C'est ce que je croyais, mais maintenant... elle s'est mise à pleurer, tu sais, elle m'a dit que son fils n'aurait jamais fait une chose pareille. C'est ma mère. Je ne voulais pas lui faire de mal. Mais je l'ai regardée et je lui ai dit qu'elle le méritait. Que c'était sa faute, depuis toujours. Que si je n'étais pas son fils, elle n'était pas ma mère. Elle était effondrée. Elle sanglotait. Elle s'est excusée. Mais je ne l'ai pas crue. Je lui ai dit que j'allais voir la police et qu'elle ne devait pas s'attendre à me revoir. Après ça, je suis parti.
Il se frotta les yeux et se fourra un bonbon dans la bouche.
– Elle n'arrêtait pas de pleurer.
– Ce n'était pas ta faute. Tu as bien fait.
– J'en sais rien...
– C'était que de la légitime défense, Sora, et tu ne lui as pas fait mal. Elle a été prise par surprise, c'est tout.
– Peut-être... de toute façon, c'est fait.
– Tu as quelque part où aller ?
– Ah... oui. Une de mes tantes n'habite pas très loin. J'y ai été tout à l'heure. C'est elle qui m'a fait ça.
Il lui montra le bandage avec un faible sourire.
– Elle est infirmière, en plus...
– Une sœur de ta mère ?
– Non. De mon père. Mon cousin est absent, donc... mais tu le connais, non ? Vanitas. J'ai pris sa chambre. Il va me détester.
Il posa la tête sur l'épaule de Riku et ferma les yeux.
– J'avais envie de te voir, alors...
L'adolescent lui passa une main dans le dos.
– Je suis content que tu m'aies appelé.
– Je suis content que tu sois venu.
Ils restèrent comme ça longtemps. Ils ne parlaient pas. Sora respirait lentement, comme s'il dormait. À la réflexion, il dormait peut-être.
Quelques passants leur jetèrent des regards intrigués mais Riku les défiait des yeux s'approcher. Il se contenta de lui caresser doucement le dos en espérant alléger sa peine et son angoisse, le regard posé sur son visage presque détendu, maintenant, mais sur lequel on pouvait voir la trace des larmes qui y avaient sans doute coulé tout au long de l'après-midi.
Enfin, après ce qui lui sembla être un moment bien trop court, Sora se redressa et se frotta les yeux en soupirant.
– Tu peux rester chez moi, si tu veux, proposa Riku.
Il avait le cœur serré. Sora lui sourit.
– Je dois retourner chez ma tante. Je lui ai promis.
– D'accord. Mais si tu veux... je suis là jusqu'à la fin des vacances. Tu peux venir quand tu en as envie.
– Merci. D'ailleurs, demain...
– Oui. Je viendrai.
Sora laissa échapper un léger rire et passa une main entre les mèches grises de son interlocuteur.
– Je sais que tu viendras.
Ses doigts vinrent caresser sa joue et il s'approcha lentement, jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent et se rejoignent. Le baiser ne dura pas plus de quelques secondes, mais ce fut suffisant pour que le cœur de Riku s'affole au fond de sa poitrine, pour que le sang lui monte au joue, pour qu'il ait envie de l'embrasser encore.
Ils échangèrent un sourire.
– À demain, murmura Sora en se levant.
– À demain.
Il s'éloigna un peu, sa main bandée serrée contre son ventre, puis se retourna et revint vers lui pour l'embrasser doucement sur les lèvres, encore une fois seulement. Il le regarda dans les yeux, silencieux.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Riku.
– Oh. Rien. Je me disais juste...
– Oui ?
Il laissa échapper un rire nerveux croisa les mains dans son dos. Ses yeux brillaient d'un nouvel éclat. De l'amusement, peut-être ? Ou un simple souvenir.
Riku aurait voulu tendre le bras pour la capter, le capter, le comprendre, mais il ne put que rester immobile, le cœur battant dans une sensation délicieuse qu'il avait cru avoir oublié.
Alors Sora se pencha à nouveau vers lui et lentement, très lentement, il posa son front sur le sien, un sourire sur le bout des lèvres, un sourire aussi dans sa voix lorsqu'il ouvrit à nouveau la bouche.
– Tu veux sortir avec moi ?
J'ai failli avoir l'indécence de le publier pour la fête des mères, haha, heureusement que je suis lente, tiens. Ça l'aurait pas fait.
Je crois que je ne suis définitivement pas faite pour le SoRiku ;;. Arrêtez-moi, la prochaine fois. Omg. TT. Je ferai peut-être un épilogue, mais faudra d'abord que j'arrête de détester cette fic, hihi, donc je la mets en complete en attendant.
Au passage, je ne sais pas quel est mon problème avec les parents des persos dans mes UA, mais voilà. Hum. Pourtant je jure que j'ai aucun problème avec les miens, haha. Je suis désolée, unknown parents de mes fanfics. La prochaine fois, je ferai une mère nice à Vanitas et/ou Sora. Mes pauvres bébés.
Tant qu'on est dans le sujet, et parce qu'on ne sait jamais : si vous êtes victime de maltraitances ou que vous êtes témoins (ou juste au courant) de faits de maltraitances, qu'elles soient physique ou non, le numéro 119 dédié à l'enfance en danger est gratuit, joignable de n'importe où en France, 24h/24, 7j/7. Il n'apparaît pas sur les factures. En Belgique, vous pouvez appeler le 107 (télé-accueil) ou le 103 (écoute enfant), tous deux gratuits, joignables 24h/24, 7j/7, ou contacter le service SOS enfants de votre région qui s'occupe entre autres des problèmes concernant la maltraitance (et de tout un tas d'autres trucs). Plus (+) la police, ça marche partout. Courage.
Je vais laisser ça là.
Sur ces bons mots, mes amis, je vais tâcher d'oublier que cette fanfiction existe (sauf si je fais un épilogue. J'en ferai d'office un, en fait. J'ai encore des trucs à dire. Et puis bon pauv' Sora faut bien qu'il s'arrange un peu) et me laisser emporter par la douce étreinte de mon OTP. J'espère que vous êtes prêts à être spammés par du VanVen, parce que j'en ai quelques-un en stock. /o/ (Du UAZombie, yeaaah.)
Merci pour votre lecture, et je vous souhaite de trouver une pièce de 2€ par terre aujourd'hui, comme ça vous pourrez vous acheter des bonbons. Vive les bonbons.
