Merci pour vos commentaires, ça me fait toujours très plaisir. Un gros merci à Juju ma beta, pour sa relecture et ses suggestions!

Bonne lecture!


Jen surgit de l'ascenseur et fit signe à Gibbs de la suivre au MTAC. Dans l'escalier, elle lui demanda de lui dire tout ce qu'il savait jusqu'à maintenant. Il lui résuma en vitesse la situation. Il put lire l'inquiétude sur son visage.

« Je vais la sortir de là, Jen, je ne sais pas dans quels ennuis elle est, mais je te promets que je vais la sortir de là, lui dit-il pour la rassurer »

La directrice eut un faible sourire et lui répondit:

« Je sais, Gibbs, tu ne la laisseras pas tomber, je sais. »

Un technicien des communications se tourna alors vers eux pour leur annoncer que la liaison avec Tel-Aviv était prête et que le directeur David était en ligne.

« Bonjour, directeur David, commença Jen.

- Bonjour, Directrice Sheppard, que me vaut cet appel en urgence à une heure pareille?

- Nous avons toutes les raisons de croire que l'Officier David est en danger.

- Expliquez-vous, directrice »

Celle-ci lui relata les événements des dernières heures et lorsqu'elle eut terminé, le directeur du Mossad continua:

« Je n'ai reçu aucune information mentionnant que l'Officier David serait détenue par un quelconque groupe terroriste. De toute façon, même si c'était le cas, Israël ne négocierait pas avec eux. »

Gibbs ne put retenir sa colère. Il détestait le ton sur lequel le Directeur David s'adressait à eux et il éclata:

« Vous n'avez vraiment aucune considération pour elle, c'est votre fille bon sang! Vous ne lèverez même pas le petit doigt pour la retrouver.

- Agent Gibbs, vous n'avez aucun droit de me dicter ma conduite. L'Officier David connait la procédure en vigueur au Mossad dans ce genre de situations. Elle agira au mieux pour le bien de son pays et n'accepterait pas que l'on négocie avec des ennemis de notre nation.

- Enfoiré, elle aurait certainement apprécié que son propre père fasse un effort pour la sortir de là.

Je suis désolé de ne pouvoir vous aider, cet entretien est terminé, répondit le Directeur David en coupant la communication. »

Le directeur du Mossad fixa alors le document qu'il avait devant lui. Il lui était parvenu dans la nuit. Les terroristes qui détenaient sa fille exigeaient qu'il relâche dix prisonniers Palestiniens et qu'il vire vingt millions sur un compte bancaire. Il froissa le papier en soupirant et le jeta dans la corbeille derrière lui. Ziva savait ce qui arrivait aux agents qui se faisaient prendre et elle avait accepté ce risque en entrant au Mossad. Il était réellement désolé de la tournure des événements mais il ne pouvait rien pour elle.

La directrice posa la main sur le bras de l'agent Gibbs pour tenter de le calmer. Il avait toujours l'air furieux, mais ce contact amical semblait l'avoir un peu détendu. Il se tourna vers Jen et lui dit:

« J'ai du boulot, moi je sais ce qui me reste à faire. Je vais la ramener, Jen, je vais la ramener à la maison, je te le promets. »

Sur ce, il tourna les talons et quitta les bureaux en rageant contre cet imbécile qui servait de père à Ziva. Lui qui aurait tout fait pour sa famille, lui qui considérait ses agents comme ses propres enfants, il ne comprenait pas que quelqu'un puisse traiter sa fille ainsi et s'en faire aussi peu pour elle.


Tony s'affala sur le sofa en soupirant, toujours rien. Elle va me tuer lorsqu'elle va apprendre que j'ai fouillé son appartement de fond en comble, pensa-t-il alors. En fait, je donnerais n'importe quoi pour qu'on soit en train de se disputer en ce moment. Il soupira et se prit la tête dans les mains. Merde Ziva, donne moi un coup de main, qui peut t'en vouloir au point de te kidnapper, je sais que tu es invivable, mais quand même.

Puis il se remémora une conversation qu'ils avaient eue quelques semaines plus tôt. Il lui avait demandé si elle avait parfois peur de ce qui arriverait si des terroristes s'en prenaient à elle pour obtenir quelque chose. Elle lui avait répondu en souriant qu'aucun ne serait assez stupide pour essayer après ce qu'elle avait fait à l'Iranienne qui avait voulu la piéger. Ils s'étaient regardés un instant puis, elle avait ajouté beaucoup plus sérieusement qu'ils n'obtiendraient rien d'elle. Elle gardait ses documents à un endroit connu d'elle seule et si elle devait être torturée, elle résisterait et lorsqu'elle n'en pourrait plus, elle savait très bien quoi faire. Elle avait été entraînée pour ça. Cette réponse lui avait fait froid dans le dos et maintenant qu'il y repensait, cela ne le rassurait pas du tout sur le sort de son amie.

Il se tourna vers l'imposant piano droit qui occupait une grande partie de l'espace du salon. Il se dirigea vers l'instrument et prit délicatement l'un des trois cadres photo qui trônaient dessus. Il sourit. Le cliché montrait Ziva, âgée d'environ une dizaine d'années, vêtue d'un costume de ballet, en compagnie de sa petite sœur Tali. Elles semblaient si heureuses, pensa le jeune italien. Je ne l'ai jamais vue avec ce regard là. Son regard se posa alors sur les deux autres photographies. L'une d'elle montrait Ziva et Tali à cheval et l'autre, Ziva et sa mère, assises au piano. Il se rappela le jour où il lui avait demandé qui était avec elle sur ces clichés. C'était l'un des seuls moments où elle lui avait parlé de son passé. Elle lui avait alors dit que c'était sa mère qui lui avait appris à jouer du piano et à monter à cheval et qu'elle et Tali faisait toujours tout ensemble. Son regard s'était voilé et elle s'était è nouveau murée dans le silence.

Tu sais Tony, ce piano renferme une foule de secrets. C'était ce qu'elle lui avait dit la première fois qu'il l'avait écoutée en jouer. "Ziva, tu es un génie! C'est ça que tu voulais dire... enfin j'espère, s'exclama-t-il." C'était le seul endroit qu'il n'avait pas songé à fouiller. Il souleva le panneau masquant les cordes et les marteaux et scruta les entrailles du piano avec attention. Il allait le refermer, déçu, lorsqu'un détail attira son attention.

La plaque de métal portant le nom du fabriquant de l'instrument était de travers. Il tira doucement dessus et derrière il découvrit un espace juste assez grand pour abriter une carte mémoire. Il la saisie et allait appeler Gibbs pour lui faire part de sa découverte lorsqu'il entendit un bruit venant du couloir. Il referma sans bruit l'instrument, glissa la précieuse carte dans sa poche et sortit son arme.

Lorsqu'il surgit dans le couloir qui menait à la cuisine en criant :"Plus un geste, agent fédéral" Il se retrouva nez-à-nez avec McGee.

« Tu veux te faire tuer ou quoi le Bleu! lui lança-t-il sur un ton agacé.

- Heu non, Tony, j'ai essayé de te joindre sur ton portable mais tu n'as pas répondu, alors je suis venu vérifier que tout allait bien. Gibbs nous rejoint ici, il devrait être là d'une minute à l'autre. J'ai eu quelques infos en interrogeant les voisins. J'ai contacté Abby pour qu'elle recherche le propriétaire d'une camionnette Ford bleu foncée dont l'immatriculation commence par 658.

- Bon travail, le Bleu, lui répondit Tony qui s'était radouci. Moi j'ai trouvé ça. Nous n'avons plus qu'à espérer qu'elle garde là-dedans des informations qui nous seront utiles.

- Heu, Tony...

- Quoi, le Bleu

- Tu crois qu'elle est, enfin elle n'est pas... tu crois qu'elle va bien? bafouilla le jeune agent.

- C'est de Ziva qu'on parle ici, je plains plutôt ses ravisseurs, lui répondit Tony, d'un air qui se voulait rassurant mais qui ne trompa pas McGee. »

Ils quittèrent tous les deux l'appartement, que Tony verrouilla sous le regard étonné de McGee. Ils se dirigeaient vers l'escalier lorsqu'ils entendirent quelqu'un les appeler. Ils se retournèrent pour voir une jeune fille d'une douzaine d'années qui se tenait dans l'embrasure de la porte de l'appartement voisin.

« On peut t'aider? demanda alors Tony

- En fait je crois que moi je peux vous aider.

- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda alors McGee. »