Note d'auteur : Bonne lecture, j'espère que ce 4e chapitre vous plaira :)
Chapitre 4
Une fois dans son appartement, Ginny s'adossa à sa porte et inspira un grand coup. Elle entoura son logement d'un sort de protection, qui empêchait quiconque d'y transplaner. Au moins, Malefoy ne la prendrait pas par surprise. Elle se laissa tomber sur son lit. Heureusement, c'était son jour de congé, aujourd'hui, elle avait toute la journée pour réfléchir à ce qui s'était passé. Soudain, on sonna à la porte. Elle sursauta. Avec appréhension, elle entrouvrit la porte et fut soulagée de voir Hermione et Ron.
— Quelle méfiance ! plaisanta Hermione. C'est comme ça que tu nous accueilles ?
— Excusez-moi, fit Ginny en ouvrant grand sa porte. J'attendais… Non, aucune importance, entrez !
Elle les vit échanger un regard étonné mais comme ils ne réagirent pas plus, elle se détendit. Ils allèrent s'asseoir dans le salon, sur le canapé.
— Alors, comment va ma petite sœur préférée ? demanda Ron.
— Tu n'as qu'une seule petite sœur, Ron, fit Ginny.
— Raison de plus ! Dis-toi que si tu en découvrais une autre, tu serais toujours ma préférée !
Ginny et Hermione éclatèrent de rire. Ginny se leva pour aller leur chercher des Bièraubeurre et ils se mirent à discuter. Ce fut Hermione qui commença :
— C'est dommage que ce soit fini entre Harry et toi.
— Moi aussi, je le regrette un peu. Mais je n'avais pas la tête à fonder une famille, il trouvera une autre fille que ça intéressera.
— Tu as vu quelqu'un, depuis ?
— Oui, je suis sortie un soir avec Dean Thomas, vous vous souvenez ? Mais on ne s'est pas tellement retrouvés, alors on a préféré ne pas chercher à aller plus loin. Lui aussi, il rêve de fonder une famille. C'est fou, non ? On lit partout que le mot « enfant » effraie les hommes, et c'est pourtant le seul qu'ils ont à la bouche !
Hermione parut un peu embarrassée puis lui dit :
— Eh bien justement, Ginny… C'est marrant que tu en parles, parce que… je suis enceinte !
— C'est vrai ? s'exclama Ginny. C'est génial ! Dans mes bras, ma belle-sœur adorée ! Je vais enfin être tante ! Enfin, je le suis déjà, avec la fille de Bill, mais ils habitent trop loin, je ne la vois jamais. Là, au moins, je vais pouvoir chouchouter mon neveu ou ma nièce comme je le voudrai ! Mais… vous vous sentez vraiment prêts ? Je veux dire, à vingt-quatre ans, ce n'est pas un peu jeune ?
— A vrai dire, c'est un peu un accident, fit Hermione, mais ça ne nous effraie pas. On a tous les deux un emploi stable, notre couple ne bat pas de l'aile, je pense que les circonstances y sont vraiment favorables.
— Comment vous allez l'appeler ?
— Si c'est une fille, je pensais à Rose, répondit Hermione.
— Et pour un garçon, on penche pour Hugo, renchérit Ron. On verra bien !
— Toutes mes félicitations, en tout cas ! continua Ginny, toute émoustillée.
Ils restèrent chez elle pendant trois heures, à discuter. Ginny ne leur dit pas un mot sur Malefoy. Il ne fut cité qu'une fois dans la conversation, comme exemple de la vie qu'il ne fallait pas mener et Ginny se retint de sourire en repensant au luxe dans lequel vivait Malefoy. Si c'était ça la vie qu'il ne fallait pas mener…
Ils repartirent après le déjeuner. Ginny les félicita à nouveau pour la grossesse d'Hermione et serra son grand frère dans ses bras. Elle fit de son mieux pour cacher la jalousie qui poignait dans son cœur. Qui sait, si elle était restée avec Harry, peut-être aurait-elle un enfant et peut-être en attendrait-elle un autre… Elle ne s'était pas vue à la tête d'une famille, mais en voyant le bonheur de son frère et de son amie, elle se posait des questions.
Pourquoi n'accepterait-elle pas la proposition de Malefoy ? S'il rachetait le journal, elle aurait sans doute plus de temps à elle. Notamment celui de faire des rencontres, ou de renouer avec de vieux amis… Oui, c'était une solution. Elle prit son courage à deux mains et siffla son hibou, Arès. C'était un magnifique grand-duc que Ron et Hermione lui avaient offert pour ses vingt ans. Elle y était très attachée, mais c'était le seul moyen de communiquer avec Malefoy sans l'avoir face à elle. S'il s'avisait de ne lui arracher qu'une plume, il aurait affaire à elle.
Elle écrivit une courte et sèche missive, signant par son nom complet, et non par son diminutif :
J'accepte ta proposition, fais-moi parvenir les contrats le plus vite possible, et réponds-moi dans la journée ou tu peux faire une croix dessus.
Ginevra Weasley
Elle relut son message, fière du ton autoritaire qu'il dégageait, et l'attacha à la patte de son hibou, qu'elle somma de partir sur le champ. Puis elle se laissa tomber dans son canapé, prit une page des jeux du Chicaneur, et entreprit de les faire. Au bout d'une heure, à plancher sur la même grille de signes cabalistiques à compléter, elle entendit toquer à la fenêtre. C'était Arès. Au moins, il allait bien, à en juger par son port altier. Il lui rappelait Malefoy, étrangement. Sauf que ce hibou, elle l'aimait beaucoup, alors qu'elle haïssait Malefoy.
Ce… faux-jeton ! Il s'était moqué d'elle, il lui avait fait croire qu'il était devenu quelqu'un de bien, alors que c'était dans l'unique but de lui faire accepter ces propositions. Et tout ça pour quoi ? Pour s'enrichir encore plus… Comme si ses trophées de chasse, ses cheminées de marbre et ses grands vins ne lui suffisaient pas ! Elle avait repéré dans la salle à manger quelques bouteilles décoratives de grands vins français. Du vin de Sauternes, en particulier. Une telle opulence la rendait malade !
Elle sortit de ses pensées pour aller ouvrir à son hibou, lui prendre la réponse de Malefoy des pattes et s'asseoir dans un fauteuil pour la lire. Bizarrement, elle était contente qu'il ait répondu, et elle était impatiente de le lire. Elle déplia fébrilement le papier et fut un peu déçue en voyant qu'il n'avait griffonné qu'une demi-dizaine de lignes. Mais le contenu était cependant très intéressant…
Weasley,
Je suis invité à un gala de charité après-demain, et j'ai une invitation en trop. Si ce n'est pas trop de demander, je te propose de venir avec moi. Considère ça comme une faveur de ma part, d'habitude je ne me montre en public qu'avec des personnes dignes de ce nom. C'est ça ou rien.
Drago Malefoy
Ginny déchira la lettre en mille morceaux. Alors comme ça, elle n'était pas digne d'être une personne, selon lui ? Très bien, il allait voir de quoi elle était capable ! Ah, il avait peur qu'elle lui fasse honte, qu'elle ne soit pas à la hauteur ? Oh, il allait voir, oui, il allait voir… Elle répondit un bref « D'accord », sur un ridicule morceau de parchemin et envoya Arès le porter à son ennemi.
Dès qu'il fut revenu – sans la moindre réponse –, elle écrivit une espèce d'S.O.S à Hermione, sans lui expliquer le fond de son problème. Elle aurait tout le temps de le faire pendant qu'elles feraient les boutiques. Oui, car le plan de Ginny était d'une simplicité enfantine : se trouver une tenue suffisamment éblouissante pour épater l'ancien Serpentard si sûr de lui. Il regretterait de l'avoir sous-estimée. Et avec un peu de chance, elle réussirait à tourner ces contrats à son avantage… Elle se sentit soudain beaucoup plus sûre d'elle et attendit avec impatience la réponse de son amie. Elle sentait que cette journée tournait en sa faveur et qu'elle allait beaucoup s'amuser à ce gala de charité…
Note de fin : La petite scène "Hermione enceinte, quel prénoms pour les enfants ?" est assez mièvre et inutile je dois dire, en relisant je me demande ce qu'elle fiche là, mais bon x) J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à commenter et à dimanche pour la suite !
