Note d'auteur : Le gala approche... :) Bonne lecture de ce cinquième chapitre !


Chapitre 5

Après avoir fait plusieurs magasins dans tout Londres, Hermione demanda à Ginny qui peinait à porter tous ses paquets :

— Tu vas finir par m'expliquer pourquoi tu as besoin de tout ça ? Les sorciers n'ont pas besoin de vêtements Moldus, à moins que tu ne veuilles changer de vie… Ce que je ne te reprocherai pas, bien au contraire.

— Non, il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant, ma chère belle-sœur.

— Et c'est ?

— Un gala de charité avec Drago Malefoy. Ça t'en bouche un coin, hein ?

Hermione laissa tomber les deux sacs qu'elle portait, la mâchoire comme décrochée. Elle ramassa et ses paquets et marcha rapidement à la suite de Ginny qui traversait une rue, la démarche fière et assurée.

— Un quoi avec qui ? s'étrangla Hermione. Ginny, rassure-moi, tu me fais marcher ? Pas Malefoy, pas le Drago Malefoy…

— Tu en connais beaucoup ? ricana Ginny. Je ne plaisante même pas, Hermione. En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Il me propose de racheter le Chicaneur. Au départ, j'ai refusé, et puis, après vous avoir vus, Ron et toi, je me suis dit qu'il était peut-être temps que je commence à vivre, moi aussi. Et vu que le journal me prend tout mon temps, si je le vends à Malefoy, ça me libérera d'une très lourde charge. Je resterai toujours une des actionnaires majoritaires, mais avec l'avantage d'avoir du temps à moi. Et pour signer les contrats, il m'a invitée à un gala de charité.

Hermione éclata de rire et répondit :

— Malefoy ? A un gala de charité ? C'est trop drôle ! Et tu as accepté ?

— Oui, c'est là que tu vas comprendre. Il a osé me dire que je n'étais pas une personne digne de ce nom, sous-entendant que je lui ferais honte en l'accompagnant à ce gala. Alors, je veux lui clouer le bec en étant la plus belle possible. Et tu m'aideras ! C'est après-demain, donc tu viendras dans l'après-midi, et tu m'aideras à me préparer.

Elle croisa le regard sceptique d'Hermione et l'interrogea d'un haussement de sourcils. Hermione répondit :

— Ginny, on est d'accord, tu veux clouer le bec à Malefoy, rien d'autre ?

— Évidemment ! protesta son amie. Que tout soit clair, Hermione, je hais cette créature de tout mon être, et si ça ne tenait qu'à moi, il y a longtemps qu'il dormirait six pieds sous terre avec une stèle marquée : Ci-gît Malefoy, ignoble petite fouine.

Hermione éclata à nouveau de rire. Elles retournèrent chez Ginny par les moyens de transport Moldus, que Ginny avait en horreur. Mais elles ne pouvaient pas risquer d'user de la magie en public, puisqu'elles étaient dans la zone moldue de Londres. Ginny avait refusé d'aller faire les boutiques du Chemin de Traverse, sachant que c'était parfaitement inutile, puisqu'à ce fichu gala, il y aurait également des Moldus. Ces derniers étaient au courant de l'existence des sorciers, mais Ginny savait par expérience que les tenues traditionnelles du monde sorcier passaient assez mal chez les Moldus et elle avait donc opté pour une robe de cocktail, tout ce qu'il y avait de plus classique.

— Ginny, pour une soirée, tu as acheté trois robes différentes, fit remarquer Hermione.

— Oui… Je n'arrivais pas à choisir, comme ça, j'aurai le temps de me décider. Tu vois, je ne sais pas ce qui me va le mieux : le vert foncé, ou alors le marron chocolat, ou encore un joli parme. Je ferai différents essayages, mon seul objectif, le seul Hermione, étant d'épater ce satané petit serpent pour lui faire ravaler ses petites remarques mesquines sur ma famille. Je trouve que c'est on ne peut plus simple à concevoir, non ?

Hermione acquiesça et elles descendirent de l'autobus pour retourner à l'appartement de Ginny.

~o~O~o~

Le lendemain, Ginny procéda à tous ces essayages. Elle aimait beaucoup la vaporeuse robe parme, mais la moulante robe chocolat était magnifique elle aussi. Peut-être un peu trop discrète… Si elle voulait être remarquée, il fallait quelque chose qui se voie. Le vert était visiblement la couleur idéale. Et puis, c'était bien connu, le vert allait bien aux rousses. Ça lui donnait un petit air de princesse irlandaise, et l'image lui plaisait bien.

Qu'est-ce qu'allait s'imaginer Hermione ? Qu'elle allait à ce gala pour draguer Malefoy ? Il fallait être fou pour s'imaginer un truc pareil, surtout de la part de Ginny Weasley, une des personnes qui haïssait le plus Malefoy dans ce bas monde, et dans tous les autres mondes quels qu'ils soient, d'ailleurs.

Elle ne pouvait pas le nier, d'accord, il était devenu vraiment mignon. Voire même beau. Oui, très beau. Dans sa courte altercation avec lui la veille, elle avait tout de même pu le détailler un peu et remarquer que son visage avait gardé toute sa finesse, que ses yeux avaient toujours le même éclat orageux, et que tous ses gestes trahissaient la bonne éducation qu'il avait reçue. A vrai dire, il était très opposé à Harry… Harry était beau, très attentionné, gentil, intelligent, mais il n'avait pas ce petit quelque chose que Malefoy possédait…

Qu'est-ce qui se passait, maintenant ? Elle comparait Malefoy à Harry ! Ça n'allait pas chez elle… Il n'y avait pas de comparaison possible, elle avait longtemps cru qu'Harry était l'homme de sa vie, et il lui arrivait de le penser encore, mais Hermione avait laissé entendre qu'il avait rencontré quelqu'un. Elle avait laissé passer sa chance, elle ne devait pas pleurer sur son sort, c'était de sa faute. Hermione allait devenir mère, tout allait bien dans sa vie, elle avait un mari formidable, un bon emploi au Ministère de la Magie et elle, Ginny Weasley, vivait toujours célibataire dans un appartement du Chemin de Traverse. Elle n'avait pas à se plaindre, il était plutôt agréable. L'argent rapporté par le Chicaneur lui avait permis d'investir dans un cinq pièces très spacieux, lumineux et très bien placé, c'était une bonne chose. Seulement, y habiter seule, c'était tout de même un peu… frustrant.

Ginny opta finalement pour la robe verte, qui descendait jusqu'à ses pieds, traînant un peu sur le sol, et fendue jusqu'à mi-cuisse. Oui, en plus d'être élégant, c'était… sexy. Idéal, vraiment ! Elle choisit des chaussures simples : des sandales en cuir marron, avec un talon d'environ cinq centimètres. Ginny n'était pas une géante, elle ne dépasserait pas tout le monde d'une tête, et serait toujours plus petite que Malefoy, ce qu'il apprécierait sans doute.

Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Voilà qu'elle se préoccupait du bien-être de Malefoy, maintenant ! Depuis quand s'habillait-elle en fonction de ce qui lui plaisait ? Elle avait son libre arbitre, et pouvait même venir sur des échasses si elle le voulait. Oui, mais elle serait ridicule… Là, au moins, elle avait une certaine classe. Oui, même une classe certaine. Elle verrait le lendemain pour le maquillage avec Hermione.

Soudain, un hibou toqua à sa fenêtre : un hibou aussi grand qu'Arès, mais avec l'air encore plus prétentieux. Bizarrement, elle sut immédiatement d'où il venait et prit la lettre qu'il portait avec fébrilité. Heureusement que les hiboux ne pouvaient pas parler, parce que sinon, celui-ci se serait empressé de raconter à son maître la réaction de Ginny lorsqu'elle lui avait pris la lettre : les mains qui tremblaient, les pupilles dilatées d'appréhension. Annulait-il leur rendez-vous ? Avait-il proposé à Luna d'y aller à sa place ?

Pourquoi se tourmentait-elle ainsi ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Les robes qu'elle avait achetées, elle les réutiliserait un autre jour, pour le baptême de son neveu ou de sa nièce à venir, par exemple. Non, elle avait surtout peur d'être blessée dans son amour propre… Oh, bon sang, Ginny, au lieu de te casser la tête comme ça, ouvre-la cette lettre, idiote !

Elle décacheta l'enveloppe, sortit le parchemin et lut avec attention :

Ma chère cavalière d'un soir,

Je passerai te prendre à sept heures précises à ton appartement – oui, je sais où tu habites, sinon ce hibou n'aurait pas pu arriver, ou alors difficilement. Nous irons directement à ce gala qui se déroule dans la salle des fêtes de Pré-au-Lard, nous nous y rendrons par transplanage.

Bien à toi,

Drago Malefoy

Ginny se laissa tomber sur son canapé, le souffle coupé. A Pré-au-Lard ? Mais elle rencontrerait sans doute des gens connus ! Que penseraient ces gens en la voyant au bras de Drago Malefoy ? Elle s'était renseigné à propos de ce gala, mais n'avait vu nulle part qu'il avait lieu à Pré-au-Lard. En revanche, elle était impatiente de voir cette fameuse salle des fêtes. De Pré-au-Lard, elle n'avait jamais vu que les bars et les boutiques de confiseries ou de farces et attrapes. Elle n'y était pas retournée depuis la fin de ses études, ça lui rappellerait de bons souvenirs.

Elle relut attentivement la lettre et ne put s'empêcher de sourire en voyant le style qu'il avait employé. Il tenait vraiment à ces contrats, visiblement ! Jamais elle n'avait vu de tels mots de la bouche – ou de la plume, en l'occurrence – de Drago Malefoy. « Ma chère », « Bien à toi »… C'était tellement différent des mots durs qu'il employait d'habitude… Avait-il réellement changé, finalement ? Ou se jouait-il à nouveau d'elle ? Elle s'était fait avoir une fois, pas deux. Drago Malefoy n'avait qu'à bien se tenir, il n'avait pas affaire à n'importe qui !

~o~O~o~

Le lendemain, Hermione se pointa à deux heures de l'après-midi. Elles avaient plus de quatre heures devant elles pour faire de Ginny une vraie princesse. Cette dernière ne cacha pas à Hermione où se déroulait le gala, et Hermione fut plutôt amusée par la situation. Par contre, Ginny ne lui montra pas la lettre de Malefoy. Elle avait l'impression qu'elle lui était trop personnellement destinée… Elle n'y avait d'ailleurs répondu que brièvement, sans excès de forme.

Debout sur un tabouret, Ginny réfléchissait, pendant qu'Hermione arrangeait quelques détails à sa robe, notamment les ourlets. Depuis qu'elle était enceinte, Hermione était devenue une fervente adepte du tricot et de la couture, ayant confectionné une petite collection de chaussettes à son futur enfant. Perdue dans ses réflexions, Ginny n'entendit pas Hermione l'appeler trois fois de suite pour lui demander si les retouches lui convenaient.

— Hein ? Ah, heu… Oui, oui, très bien, super, tu te débrouilles comme un chef !

— N'exagérons rien, mais j'ai un peu d'expérience dans le métier. Dis-moi, Ginny, tout va bien ?

— Mais oui, pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?

— Depuis toute à l'heure, tu es ailleurs. Et ne va pas me dire que c'est parce que tu réfléchis à ton maquillage, je ne te croirai pas !

Ginny soupira, descendit de son tabouret et s'assit sur son canapé, en prenant bien soin de ne pas froisser sa robe. Hermione vint s'asseoir près d'elle et lui adressa un regard entendu, pour lui faire signe de parler.

— Très bien… Tu vas sans doute me prendre pour une folle, et tu auras raison de le faire, mais… j'ai l'impression que Malefoy a changé. Oui, je sais, c'est ridicule, mais il m'a fait parvenir une lettre hier, et c'était écrit d'une façon tellement peu… Malefoy ! Il était poli, j'avais même l'impression qu'il était galant. Ce n'était qu'une lettre, mais j'avais l'impression qu'il voulait que je lise entre les lignes. Et j'hésite entre deux significations : celle qui me dit qu'il a changé et qu'il veut repartir sur de bonnes bases, et l'autre qui me dit qu'il est prêt à tout pour obtenir ce qu'il veut, en l'occurrence le Chicaneur. Alors, à ton avis, laquelle de ces interprétations est la bonne ?

— La bonne interprétation, c'est celle que te dicte ton cœur, Ginny, lui dit Hermione.

— ça m'avance bien, tiens ! fit Ginny en souriant.

Hermione haussa les épaules. Les deux amies finirent l'après midi par tous les apprêts : les bijoux – une parure de petites pierres de jade –, le maquillage – une légère touche de far à joue rose, du rouge à lèvres carmin, du far à paupière rose – et la coiffure – un lissage parfait de la crinière rousse de Ginny et une fleur magique qui s'ouvrait et fermait selon la lumière savamment piquée sur le haut du crâne.

— Tu es resplendissante, Malefoy n'a qu'à bien se tenir ! fit Hermione avec un sourire éclatant.

La sonnette retentit, faisant sursauter les deux amies.

— Vas-y, murmura Hermione, c'est toi la meilleure !

Hermione transplana, Ginny inspira un grand coup et se dirigea vers la porte.


Note de fin : On va voir ce qu'en pense Drago... ;)

Ah, juste un petit truc qui n'a pas de rapport avec la fic, j'ai vu que plusieurs avaient mis cette fic en favori et la suivaient, ça me fait très très plaisir, mais j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez aussi :)

Merci d'avoir lu et à jeudi pour la suite !