Note d'auteur : Voilà enfin le dénouement de ce monstrueux cliffhanger au chapitre précédent (oui, c'est de l'ironie, je suis une quiche en cliffhanger et en suspense xD) ! Bonne lecture !
Chapitre 7
— Où est-ce que tu veux en venir ?
— A ça…
Il avait chuchoté les derniers mots. Il s'avança vers Ginny, qui le fixait, sur le qui-vive. S'il s'avisait de l'attaquer… Mais il prit son menton, le releva et… posa ses lèvres sur les siennes en un chaste baiser. Ginny fit de son mieux pour garder ses esprits en place, mais elle eut toutes les peines du monde à ne pas lâcher sa baguette. Elle la pointa sur Malefoy, se décolla de lui et murmura :
— Protego.
Elle et Malefoy furent projetés à deux mètres l'un de l'autre. Ginny se releva aussi vite qu'elle le put et fit disparaître le bouclier. Malefoy était resté debout, mais paraissait plutôt déconcerté.
— Qu'est-ce qui te prend ? lui demanda-t-il en se recoiffant d'une main.
— Tu disais ? lui demanda-t-elle, triomphale. Il est plus difficile de se débarrasser de quelqu'un qui cherche à vous embrasser que de quelqu'un qui cherche à vous tuer ? Je ne vois aucune différence, moi…
— Il y en a une, dit-il. Tu m'as vu venir, tu t'es laissé faire.
— Faux ! s'écria Ginny, en toute mauvaise foi. Tu m'as eue par surprise, j'ai réagi aussi vite que je l'ai pu.
— C'est ça, oui… siffla Malefoy, sûr de lui.
— Évidemment, se défendit Ginny. Je te rappelle que je te déteste, ça ne te suffit pas, comme argument ?
— Non, parce qu'il est bidon.
Ginny voulu ajouter quelque chose, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Comment ça, son argument était bidon ? Il était tout à fait valable… Elle le détestait de toutes ses forces, ça ne se voyait donc pas ?
— Si tu me détestais autant, pourquoi est-ce que tu t'es fait aussi belle ? demanda-t-il.
Une fois de plus, Ginny resta soufflée. Alors il l'avait remarqué… Ce n'était pas son imagination, quand il était resté figé une seconde, en la voyant sortir de son appartement ? Il l'avait vraiment trouvée belle ? Mais elle se reprit aussitôt et répondit avec fermeté :
— Je l'ai fait pour te montrer que j'étais capable d'être à ta hauteur, puisque tu en doutais. Je n'avais aucune autre intention.
— Vraiment ?
— Mais qu'est-ce que tu veux dire ? J'en ai assez de tes sous-entendus ! Qu'est-ce que tu crois ? Que je voulais te… te plaire ? Tu te fais des idées, c'est n'importe quoi !
Et pourtant… Elle avait bien eu cette petite idée. Mais il était hors de question qu'elle l'admît, même sous la torture ! Il aurait été trop content… Elle continua de le fixer, une lueur de pur défi dans le regard.
— Que ce soit bien clair, Malefoy, siffla-t-elle, je te hais et je te haïrai toujours, tu as compris ?
— Ca, c'est ce que tu dis maintenant… fit-il en examinant attentivement sa baguette.
— Comment tu veux que je t'apprécie ? Tu n'arrête pas de faire des remarques désobligeantes sur mon sang, sur ma famille… Tu t'imagines vraiment que c'est ce qui va me faire craquer pour toi ? Tu rêves…
Malefoy haussa les épaules, lança un « Reparo » à la manche de sa robe de sorcier sur mesure et retourna dans la salle des fêtes, la laissant plantée là, gelée jusqu'à la moelle et folle de rage et… de confusion. Pensait-elle réellement ce qu'elle venait de dire ? Elle avait vu un autre Drago Malefoy, depuis deux jours… Il n'avait pas perdu la mauvaise habitude de lui lancer des piques, mais il était devenu plus… humain. Et ce baiser qu'ils avaient échangé… Elle ne pouvait pas ignorer l'étrange sensation qui s'était emparée d'elle : cette impression de perdre tous ses moyens, de ne plus contrôler quoique ce soit… Non, elle refusait d'y croire. Elle ne pouvait pas être tombée dans les filets de Malefoy, pas elle… Si elle l'admettait, elle trahissait tous ses principes, tout ce qu'elle avait défendu jusque là… Et puis, cela montrerait à quel point elle était naïve. Malefoy l'avait eue une fois avec ses attentions nouvelles, et sa gentillesse… Seulement, elle avait vu ce qu'il en était quand, deux fois de suite, il avait voulu lui faire du mal. Personne ne pouvait définitivement changer…
Lui donner le bénéfice du doute ? Et puis quoi, encore ? Il l'avait eu, son bénéfice, et plutôt deux fois qu'une, et ces deux fois-là, il avait fini par montrer sa vraie nature. Alors, en ce qui la concernait, c'était terminé, il avait gaspillé toutes ses cartes… Une voix la tira de ses pensées. Elle sursauta et fut soulagée en voyant Dean.
— Tout va bien ? lui demanda-t-il.
— Hein ? Oui, oui, très bien. Désolée, ça nous arrive souvent, ce genre de petit différend…
— Je vois… Et ça fait longtemps que tu revois Malefoy ? Dans mes souvenirs, vous n'étiez pas très amis.
— Rassure-toi, je le déteste toujours autant.
— Toi, d'accord, mais lui, il te déteste ?
— Pose-lui la question, railla Ginny. J'ai failli lui arracher le bras et lui fracasser le crâne il y a moins de dix minutes, tu verras comment il prend la chose.
Dean sourit, découvrant ses dents blanches. Il l'invita à entrer dans la salle des fêtes et elle accepta avec joie. Vers le fond de la grande pièce, elle aperçut Malefoy, toujours en compagnie de Nott et Zabini. Il tourna la tête vers elle, ils échangèrent un regard à mi-chemin entre la haine et le regret et Ginny détourna les yeux pour aller au buffet avec Dean. Une douce musique retentit et Dean invita galamment Ginny à danser. Elle accepta avec joie et ils se mirent à se balancer lentement au rythme de la mélodie.
— Tu es vraiment très jolie, fit Dean.
— Arrête, Dean, fit Ginny d'une voix douce mais ferme. Il y a un an, on ne s'est pas retrouvés, on n'y arrivera pas maintenant. Je n'en ai pas envie. Je préfère qu'on reste en de bons termes, mais sans aller plus loin.
— Comme tu veux, répondit Dean avec indifférence.
Ginny se retint de pousser un soupir de soulagement devant son manque d'insistance. Elle n'aurait pas à le repousser, de cette manière. Lorsque la musique se termina, ils se séparèrent et Ginny le quitta pour aller aux toilettes se repoudrer le nez. Alors qu'elle s'engageait dans un couloir un peu sombre, des pas rapides se firent entendre derrière elle. Elle fit volte-face, mais un bras puissant se saisit du sien, l'entraîna dans un autre couloir, à l'abri des regards, et une main se mit devant sa bouche, pour l'empêcher de crier. Elle entendit une voix à son oreille :
— Dis donc, Weasley, t'es drôlement aguicheuse, ce soir !
Elle se dégagea et s'exclama :
— Nott ? Dégage de là ! Ne me touche pas, espèce de sale pervers !
Il l'attrapa par la nuque et appuya savamment de deux de ses doigts sur les parois de la colonne vertébrale. Ginny poussa un gémissement de douleur et sentit ses jambes fléchir malgré elle. Il lui coinça un bras dans le dos et posa une main baladeuse sur sa cuisse.
— Non, je t'ai dit ! cria Ginny. Non !
— Elle t'a dit non ! fit une autre voix.
Elle eut juste le temps de voir une silhouette balancer un formidable coup de poing à Nott qui s'écroula par terre, sonné. Ginny se dégagea et se précipita vers son sauveur. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant le visage de Malefoy. Disparu le sourire ironique, le regard impassible. Tout ne reflétait que la haine et le mépris. Nott se releva et sortit sa baguette magique qu'il pointa sur Malefoy. Ginny fut la plus rapide.
— Expulso !
Nott fut projeté à plusieurs mètres en arrière. Sa tête heurta violemment le sol et Malefoy prit le poignet de Ginny.
— Viens, ne restons pas là.
Ginny se mit à marcher en direction de la salle des fêtes, mais elle eut le temps de voir Malefoy lancer un Stupéfix à son ancien camarade. Il la rejoignit en lui faisant signe d'avancer. Mais ils ne retournèrent pas à la salle. Malefoy l'entraîna par une autre sortie qui débouchait sur la petite rue principale et tranquille de Pré-au-Lard.
Ils firent quelques pas en silence avant que Ginny ne dise sur le ton de la conversation :
— Eh ben… Heureusement que tu es arrivé !
— Je l'ai vu te suivre. Je connais Nott, c'est plus une bête qu'un humain. Je sais qu'à Poudlard, il couchait avec Pansy quand j'étais chez moi pour les vacances, ou quand je ne le faisais pas tout simplement.
Son ton était toujours très froid, et Ginny vit qu'il avait encore cette expression de haine ancrée sur le visage et dans le regard.
— En tout cas… merci, fit Ginny avec un petit sourire. Je serai plus méfiante quand je m'aventurerai seule dans une fête à laquelle tu m'invites.
Malefoy eut un petit rire, qui n'avait rien du ricanement. Ginny se détendit.
— Ca faisait longtemps que je rêvais de lui coller mon poing sur la figure, fit Malefoy. Et comme je ne l'avais jamais pris en flagrant délit avant ce soir, c'est une première !
— A la seule différence que tu ne couches pas avec moi, fit Ginny, alors que tu couchais avec Pansy. Tu n'avais pas d'obligation, tu aurais très bien le laisser me… Enfin, tu vois ce que je veux dire.
— Si c'est ce que tu veux, ça peut s'arranger, railla Malefoy. Je suis sûr que même après un coup de poing et deux sorts offensifs, il sera encore en état !
Ginny leva les yeux au ciel, exaspérée.
— Non, ce que je veux dire, c'est que je ne comprends pas pourquoi tu m'as défendue, alors que j'ai failli te tuer il y a une demi-heure !
Malefoy haussa les épaules sans répondre. Ginny n'insista pas. Il devait simplement avoir envie de cogner Nott, et elle lui avait donné un parfait prétexte pour assouvir ce besoin ! Elle le regarda à la dérobée. Il avait retrouvé son regard impassible, mais elle vit que ses mains tremblaient, comme s'il contenait une grande rage. Ses dents étaient serrées, son pas sec et décidé. Il n'allait pas très bien, visiblement, mais Ginny n'osa pas lui demander pourquoi. Elle l'avait vu à l'œuvre quand il s'énervait, elle savait qu'il pouvait devenir violent, et elle ne tenait pas à faire les frais de ses sautes d'humeur.
Note de fin : Bon, du coup maintenant le baiser soudain se justifie, ce n'était pas une déclaration d'amour mais encore une façon pour Malefoy de montrer qu'il a raison - petite teigne.
J'espère que ce chapitre vous a plu, j'aime toujours écrire des disputes et des face à face offensifs, il est plus courant de dire des choses personnelles dans ces cas-là que quand on danse, quand on se regarde dans les yeux, surtout pour deux personnages qui sont censés se détester...
Merci d'avoir lu et à vendredi pour la suite et fin !
