Note d'auteur : Le dernier chapitre ! J'espère sincèrement qu'il vous plaira :) Bonne lecture !
Chapitre 8
Ils continuèrent à marcher dans la ruelle, en silence. Ginny continuait à regarder Malefoy en chien de faïence, mais il ne lui accordait pas un regard. Elle se demanda pourquoi elle restait avec lui. Elle avait froid, Dean ayant repris sa veste. Mais elle refusa de montrer le moindre signe de faiblesse à Malefoy. Il serait trop content de lui en faire la remarque et de se ficher d'elle, comme d'habitude…
Ils arrivèrent au bout de la grande rue, et Ginny aperçut la Cabane Hurlante. Elle savait que c'était là que Voldemort avait tué Rogue, le parrain de Malefoy. Celui-ci se perdit dans la contemplation du lieu et son regard se fit vague. Il devait être plongé dans ses souvenirs… Ginny se doutait de ce qu'il ressentait, Harry lui avait parlé de sa sensation de vide lorsque Sirius était décédé. Cela faisait maintenant neuf ans.
Elle doutait que Malefoy ait pu être aussi proche de Rogue qu'Harry l'avait été de Sirius, mais il avait sûrement eu de l'affection pour lui, et la perte de quelqu'un que l'on aimait était très difficile à surmonter. Elle l'avait vécu avec Fred, ou même avec Remus et Tonks. Leur fils avait d'ailleurs beaucoup grandi, elle s'en était occupé en partie avec Harry, qui était son parrain. Depuis qu'ils s'étaient séparés, c'étaient surtout la mère de Tonks qui s'en occupait.
— A quoi tu penses, Weasley ? lui demanda Malefoy.
— A Sirius, à Fred, à plein de choses, répondit Ginny. Et toi ?
Malefoy haussa les épaules. Elle se doutait qu'il n'était pas du genre à se répandre en pleurnicheries, ni à faire de grandes effusions de sentiments. Elle n'était pas comme ça, elle non plus. Harry était plus romantique qu'elle, mais ils avaient tous les deux du mal à s'avouer ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. C'était entre autres cette éternelle sensation de doute qui régnait entre eux qui avait contribué à les séparer.
— Ca t'arrive de… de faire des erreurs et juste après les avoir faites, vouloir absolument retourner dans le temps pour tout changer ?
Ginny mit un moment avant de comprendre que c'était à elle qu'il s'adressait. Elle répondit :
— Plus souvent que tu ne peux l'imaginer. Ça m'est d'ailleurs arrivé très souvent, pendant ces trois derniers jours.
— Vraiment ? répondit Malefoy, l'air soudain intéressé.
— Oui, répondit Ginny. J'avais envie de ne jamais avoir accepté cette invitation, et je changeais d'avis, puis je recommençais à douter, me demandant quel sale coup tu me préparais. Et il y a un quart d'heure, j'ai regretté d'être allée seule aux toilettes !
Elle avait dit cette dernière phrase avec un ton léger mais le regard de Malefoy s'assombrit. Il répondit :
— Tu crois au karma ?
— Oui… Enfin, ça dépend pourquoi. Et ça dépend de quoi tu parles. Tu veux dire, le fait que l'on récolte ce que l'on a semé un jour ou l'autre ? Si on a fait des mauvaises choses, on les paye et si on a fait le bien, on est récompensé ?
Malefoy acquiesça. Ginny poursuivit :
— J'aimerais croire que ça existe, que c'est vrai. Mais on en a une certaine preuve, non ? Regarde Voldemort : il est mort, après avoir tué un nombre de gens incroyable.
— Et tu trouves que la mort est un châtiment assez fort pour tous les crimes qu'il a commis ?
— Je ne te suis pas.
— Je veux dire que ça ne fonctionne pas, ton histoire. Mourir, c'est trop rapide, trop simple. Il aurait dû souffrir. Et regarde Rogue, il a risqué sa vie pendant de très nombreuses années, et il est mort, comme Voldemort, en souffrant même beaucoup plus. Et moi… Moi, j'ai fait des choses affreuses, dans ma vie, et tu m'expliques où est mon châtiment ?
— Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir, Malefoy.
— Ce que j'essaie de te dire, en parlant de karma et de je ne sais quoi, c'est que je ne suis peut-être pas aussi mauvais que tu ne le penses. Que s'il y avait une justice, elle m'aurait déjà condamné. Mais comme visiblement, il n'y en a pas et que je m'en plains, j'aimerais que tu te rendes compte que je ne suis pas qu'un Serpentard au cœur de pierre, j'ai des sentiments, moi aussi.
— Mais, Malefoy… commença Ginny, complètement perdue.
— Non, laisse-moi terminer, tu as dit toi-même que tu redoutais quel coup tordu je pouvais te préparer. C'est donc seulement comme ça que tu me vois ? Pour toi, je ne suis qu'un fourbe et un lâche, comme tu l'as dit à Thomas ?
— Malefoy…
— Je t'ai dit de me laisser finir. J'en ai assez de cette image, je veux changer. J'ai essayé de te le faire comprendre, hier dans mes lettres, et aujourd'hui. J'ai essayé de te donner une meilleure image de moi.
— Malefoy ! le coupa Ginny avec véhémence.
— Oui, quoi ?
— Tais-toi… et embrasse-moi.
Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça. Les mots étaient sortis de sa bouche sans qu'elle ait pu les retenir. Malefoy la regarda, d'abord incrédule. Puis son regard s'illumina, lui donnant un tout autre visage. Il se pencha vers Ginny et posa ses lèvres sur les siennes, avec plus de douceur que la fois précédente. Et cette fois, Ginny laissa sa baguette où elle était. Elle se figea pendant quelques secondes, puis ses bras, comme automatisés, se posèrent sur le torse de Malefoy. Sa robe de sorcier était entrouverte, et elle flottait derrière lui, portée par le vent, qui décoiffait Ginny et donnait un léger mouvement à sa longue robe verte.
Ginny décolla ses lèvres de celles de Malefoy et murmura :
— Tu as réussi.
Il la regarda, un peu interloqué. Elle sourit et répéta :
— Tu as réussi. Cette image que tu voulais donner, je la connais, maintenant.
Malefoy sourit, de ce sourire que Ginny n'avait vu que très rarement : quand il avait retrouvé ses parents, juste après la fin de la bataille de Poudlard, ou quand elle l'avait vu une fois fêter la victoire des Serpentard au Quidditch. Ce sourire lui allait tellement bien… Il était sincère, franc, empreint de douceur et de bonheur. Elle frémit en pensant que c'était en la regardant qu'il souriait ainsi.
Il l'attira tout contre lui et l'embrassa avec plus de fougue. Ses mains parcoururent le dos de Ginny, provoquant chez elle de légers tremblements, plus dus à l'émotion qu'au froid. Mais il sembla les interpréter autrement. Il enleva sa robe et l'enveloppa dedans. Elle lui sourit et inspira son parfum qui émanait de ce morceau de tissu couleur d'encre. Une odeur enivrante…
Lui, légèrement décoiffé, seulement vêtu de sa chemise blanche, était réellement magnifique. Et ce sourire… Elle aurait pu passer toute sa vie à le regarder comme ça, rien que pour le voir sourire de cette manière. Il était tellement différent du Drago Malefoy qui l'avait humiliée devant ses anciens camarades de Serpentard, et tellement plus proche de celui qui l'avait sauvée de Theodore Nott… Ce Drago Malefoy lui plaisait.
De plus, les quelques années qu'il avait prises n'avaient rien enlevé à son charme. Il n'avait que sept ans de plus, mais son visage avait été légèrement transformé, lui donnant beaucoup plus de caractère. Oui, à vingt-quatre ans, Drago Malefoy était sans doute un des plus beaux célibataires du monde des sorciers, voire même du monde tout simplement !
Alors, sans réfléchir, Ginny Weasley sauta au cou de Malefoy et l'embrassa passionnément. Elle sentit les mains de son compagnon lui enserrer la taille, la tenant fermement contre lui. Le contact de ses longs doigts sur sa robe lui donnait des frissons. Elle cessa de l'embrasser pour le regarder dans les yeux, un grand sourire aux lèvres.
— Ca fait tellement longtemps que j'attends ça, souffla Malefoy.
Ginny plissa le nez, dans cette mimique enfantine et coquine. Elle l'embrassa de plus belle, le laissant la reposer au sol. Il put ainsi à loisir parcourir son dos de ses mains, jouer avec ses longs cheveux roux que le vent faisait virevolter. Elle, glissa ses doigts fins dans la chevelure blonde de Malefoy, en appréciant la douceur et la texture satinée.
Elle décolla son visage du sien et le regarda dans les yeux. Ces magnifiques yeux couleur orage qui l'avaient si souvent fusillée… Maintenant, elle y lisait de la passion et… de l'amour ? Non… Non, ce n'était pas de l'amour. Peut-être pas encore. Mais qu'est-ce que ça pouvait faire ? Drago Malefoy l'embrassait comme jamais aucun garçon ne l'avait embrassée… Cette manière de capturer ses lèvres, de jouer avec sa langue, de passer ses doigts dans ses cheveux, de lui caresser le dos…
Ces sensations étaient ô combien enivrantes ! Elle perdait pied, elle ne savait plus où elle était, qui elle était… Elle savait juste qu'elle se trouvait dans les bras de son ennemi juré, à qui elle avait décidé d'accorder ce fameux bénéfice du doute, encore une fois. Et qui, jusque là, s'en était montré digne. Elle emprisonna son cou de ses mains, faisant savamment courir ses doigts le long de ses vertèbres, et suivant la forme de sa mâchoire.
Il quitta sa bouche pour lui couvrir la gorge et les épaules de baisers. Alors qu'il lui saisissait la taille avec possessivité, un vent froid les frigorifia tous deux. Peut-être était-ce un signe… Ils ne devaient peut-être pas aller plus loin. Mais le regard que Ginny capta lui fit comprendre tout autre chose : plus tard. Un jour, peut-être, voire même sûrement.
~o~O~o~
Ils retournèrent à la salle des fêtes, les joues rosies par le vent et le froid. Ginny croisa le regard de Dean qui haussa les épaules avec résignation. En revanche, Nott était assis sur une chaise, une poche de glace sur l'arrière de la tête, un beau cocard sur l'œil droit. Ginny regarda la main de Malefoy et vit qu'elle n'était pas indemne et qu'un bel hématome recouvrait les premières phalanges.
— Merci encore, chuchota-t-elle.
— Il faut me comprendre, murmura-t-il. La simple pensée qu'il puisse te salir et t'avoir me rendait malade.
Ginny lui murmura :
— Tu me veux pour toi tout seul, petit égoïste ?
Le petit sourire qu'elle arborait fit pétiller le regard du beau blond. Il passa un bras autour de sa taille et chuchota :
— Pour moi, rien que pour moi. Et je peux t'assurer que je ne verrai personne avant que tu ne sois prête.
— Oh, Drago ! s'exclama Ginny en lui sautant au cou, devant les regards médusés de l'assemblée.
Que le plus célèbre coureur de jupons de Poudlard lui fasse une telle promesse, elle n'en revenait pas !
~o~O~o~
La soirée se termina comme un véritable conte de fées. Tout d'abord, elle vit Nott et Zabini quitter la salle des fêtes, l'air fou de rage, Nott surtout. Dean ne vint pas l'importuner. Il venait d'être accosté par une jeune femme brune, au teint mat et aux yeux de biche, que Ginny reconnut comme Padma Patil, une ancienne élève de Serdaigle et sœur jumelle de Parvati Patil, ancienne élève de Gryffondor.
A mesure qu'elle regardait la foule, elle découvrait des visages plus ou moins connus. Elle ne mit pas longtemps à distinguer les sorciers des Moldus. Ceux-ci paraissaient un peu moins détendus, craignant sans doute qu'un sortilège ne fuse et ne les atteigne sans raison apparente. Ginny se retint d'éclater de rire à cette pensée.
Soudain, une musique se mit en marche. Ginny avait très peu de connaissance en matière de musique moldue, mais elle était assez cultivée pour la reconnaître : Missing you, de Tyler Hilton. Le slow idéal…
Malefoy la prit par la main et ils allèrent vers la piste de danse. Il plaça une main au niveau de sa taille tandis qu'elle posait la sienne sur épaule. Puis il entrelaça ses doigts aux siens et l'entraîna dans une langoureuse danse. Ginny respirait profondément, essayant de capter les moindres effluves de son partenaire. Il y avait évidemment ce parfum qu'elle avait humé sur sa cape qu'il avait reprise. Celui de sa chemise, celui de sa peau qu'elle trouvait plus enivrant que les autres. Ce parfum si naturel, si… Malefoy, en fin de compte, le seul qui lui appartenait vraiment.
Elle jouait avec les doigts mêlés aux siens, et elle posa sa tête sur le torse de Drago, fermant les yeux au son de la musique. Elle laissa ses pas la porter, s'endormant presque, rêvant au merveilleux moment passé avec son ancien ennemi. Elle ne s'était décidément pas trompée en disant que la soirée allait être sympa… C'avait même été un euphémisme. Cette soirée avait été… magique !
Note de fin : Et voilà, rideau de fin ! :D Certains trucs sont un peu téléphonés, et même plutôt surréalistes, le coup du "tais-toi et embrasse-moi", avec le recul je trouve ça assez impoli, il est en train de lui ouvrir son cœur et elle c'est plutôt "oh, mais ferme-la, c'est chiant ce que tu racontes !" x)
Merci à ceux qui ont lu cette fic, et à ceux qui l'ont reviewée, j'espère qu'elle vous a plu, et n'hésitez pas à commenter, ça me fait plaisir de savoir ce que vous pensez de ce que j'écris, que les commentaires soient négatifs ou positifs ;)
Merci d'avoir lu !
