Merci beaucoup à ceux qui m'ont déposé des reviews ! C'est encourageant en tant que "auteur novice" de voir que notre travail est apprécié ! Je comptais répondre en message privé directement parce que je ne pense pas que tout le monde apprécierait de lire des réponses à des reviews qu'ils n'ont pas écrits tout comme lire une note d'auteur qui fait dix lignes avant d'attaquer le nouveau chapitre (bien que je n'ai jamais beaucoup de choses à dire...)
Pour finir, je me demandai si cela vous plairait que à chaque fin de chapitre, je vous donne une petite idée de ce qui se passe dans le prochain ?
Comme d'hab, Oxymore qui est venue faire en sorte que vos yeux ne saignent pas avec mes fote d'ortofrafes
Je vous souhaite une bonne lecture :)
Code Bleu
Hululophobie et Cadeau Mystère
Après le dîner, Carys protesta qu'elle devait envoyer une lettre à son père pour quitter les trois jeunes gens qui étaient en train de débattre sur les multiples effets des sécrétions de Bandimon (c'était en réalité plutôt Scorprius et Rose. Albus était en train de feuilleter son manuel de métamorphose et changeait le contenu de son assiette en toute sortes de choses improbables que Carys lui soumettait).
- Je peux t'accompagner, s'écria Albus aussitôt et se leva d'un coup trop content d'échapper à la joute verbale devant lui.
Carys se mordit l'intérieur de la joue. C'était compliqué, elle ne pouvait pas faire semblant d'aller poster un hibou, ni aller dans le couloir Nord du premier étage pour retrouver un professeur sans motifs valables. Mais les yeux verts d'Albus imploraient merci, si bien que Carys résista quelques malheureuses secondes avant de dire oui.
Albus prit ses affaires rapidement, Scorpius et Rose remarquèrent à peine qu'ils s'étaient levés. Ils étaient à présent en train de débattre sur les effets secondaires du filtre de confusion. Carys et Albus quittèrent la Grande Salle en étant presque sûrs que dès qu'ils auraient fini, les deux seraient toujours là, à se disputer.
- De grandes gueules ces deux-là, commenta Albus quand ils montèrent les premières marches de l'escalier tournant.
- On va devoir les supporter encore un moment, plaisanta Carys.
Albus sourit en creusant des petites fossettes au coin de la bouche. Carys lui retourna son sourire, ne sachant pas trop quoi ajouter. Elle était nerveuse, stressée ; son ventre avait cette sensation particulière quand elle regardait trop longtemps ses deux billes vertes.
- Tu as un hibou pour ta lettre ? demanda Albus. Je ne me souviens pas d'avoir vu une cage dans tes bagages... Tu veux Hector ?
Les hiboux... Carys avait oublié qu'ils la détestaient et spécialement celui d'Albus.
- Non, refusa-t-elle un peu subitement avant d'ajouter, merci quand même.
Albus ne retint pas le ton vif de sa réponse ou bien n'en prit pas compte. Ils étaient dans un couloir mal éclairé du premier étage ce qui lui permit de cacher son embrassement. Carys ne se sentait pas de survivre à un faux envoi d'hibou, ou même de se tenir dans la même pièce qu'une centaine d'hiboux.
- Albus, il faut que tu saches quelque chose, commença-t-elle alors qu'ils étaient dans les escaliers du deuxième étage.
- Al, corrigea-t-il avec un sourire, tu peux m'appeler Al.
Carys le nota inconsciemment mais elle était trop préoccupée pour apprécier pleinement cette attention.
- J'ai peur des hiboux.
Carys se mordit la joue d'anticipation. Albus ne fit que d'ouvrir légèrement les yeux mais l'expression réellement effrayée de Carys lui fit comprendre qu'elle était sérieuse avec sa hululophobie.
- Je peux te la poster si tu veux, proposa Albus.
- C'est que... En réalité... J'ai non seulement peur des hiboux mais je vous ai un peu menti aux autres et à toi.
Albus arrêta de monter les escaliers et Carys l'imita, il lui adressa un regard interrogateur. Elle comprit alors d'où venait l'étrange sensation qu'il lui donnait. Ses yeux verts semblaient lire tout en elle. Ils semblaient voir ses cellules étranges, son ADN modifiée avec le gène lycanthrope, le loup brun.
- C'est une longue histoire, commença-t-elle en regardant autour d'elle pour s'assurer que tout le monde était en train de dîner et que personne ne pouvait les entendre. Je suis sous la tutelle du professeur Spark. Mes parents sont morts, je t'épargne le discours désolant...
La bouche d'Albus forma un petit O rose, plein de surprises il ne se rendit pas compte de l'escalier gesticulant comme pour leur signaler qu'ils étaient immobiles depuis trop longtemps à son goût. Carys lui adressa un sourire timide ne sachant, encore une fois, pas quoi faire d'autre regarder sa montre serait déplacé.
- Oh, commenta Albus. Je... je n'aurais pas pensé...
Bien que Carys aurait bien aimé savoir ce à quoi Albus pensait, elle lui tapota amicalement l'épaule.
- Il faut que j'y aille... dit-elle avec hâte.
- Bien sûr ! s'exclama Albus un peu trop fort. Oui... Je vais aller dans la Grande Salle...
Il sourit gentiment à Carys et tourna les talons pour redescendre les escaliers, mais Carys le rattrapa par la manche.
- Albus, ça serait sympa si tu ne disais rien à Rose et Scorpius.
- De quoi donc ?
Carys allait répondre mais la petite touche de malice qui luisait les yeux d'Albus lui fit comprendre. Albus avait un drôle de sourire tordu qui semblait être une pauvre tentative pour retenir un franc sourire. Finalement, il laissa Carys toute seule avec le premier sourire sincère depuis son arrivée à Poudlard.
- Ah te voilà ! Je t'attendais pour le dessert.
- Chuuut, fit-elle avant de se réfugier dans le bureau et fermer la porte derrière elle. Je ne veux pas qu'on se pose des questions. Une première année n'a rien à faire dans le bureau du prof de potion le soir du premier jour de cours.
Eoghan l'ignora et l'invita à s'asseoir sur le canapé. La pièce était raisonnablement grande, elle aurait été plus spacieuse sans les immenses armoires à glaces qui contenaient de multiples préparations. Le bureau était dos à la fenêtre et un petit feu brûlait dans la cheminée à gauche surplombée d'étagères de livres. A droite il y avait un canapé marron en cuir avec une table basse où reposait deux tasses de thé et deux assiettes avec le dessert favori de Carys, une tarte au citron.
- Cela serait plus simple si tu disais à tes amis que je suis ton père, dit le professeur en s'installant dans le canapé.
Au mot « amis », Carys fit une grimace. Eoghan poussa l'assiette de tarte vers elle mais Carys fit non de la tête, son estomac commençait à se nouer. Il prit la sienne et commença à manger.
- Alors cette journée ? demanda-t-il d'un ton détaché que seul un père si jeune pouvait avoir.
- C'était...
Carys s'arrêta songeant à un qualificatif.
- Bien, finit-elle par dire.
Eoghan leva un sourcil, la tasse de thé couvrant la moitié de son visage. Carys se mit inconfortablement dans le fond du canapé, sachant qu'elle allait subir une longue interrogation qui allait la mener nulle part.
- Tu étais avec Rose Weasley alors ? Tenta Eoghan pour relancer la conversation.
- Oui, ça ne m'étonnerais pas qu'elle ait tout bon à ton quiz de rentrée, dit Carys étant plus à l'aise quand elle ne parlait pas d'elle-même. Cette fille a mangé tous les manuels scolaires pendant cet été.
- En réalité elle a juste eu une petite erreur, mais c'était assez fourbe, sourit Eoghan assez content de son coup. En revanche, l'autre garçon Malefoy, il sait de quoi il parle ou bien il a eu de la chance.
Cela allait faire une raison de plus pour que Rose n'apprécie pas Scorpius. Déjà qu'elle avait du mal à accepter que son propre cousin soit meilleur qu'elle en Métamorphose. Qu'est-ce que cela allait devenir avec un Malefoy ?
- Je pense que tu t'en sors plutôt bien, dit Eoghan. Je l'ai toujours su.
Il lui offrit un sourire confiant.
- Je voulais te parler de quelque chose, Carys, reprit-il sur un ton beaucoup plus sérieux.
Il était vrai qu'Eoghan avait toujours su que tout allait bien se passer. Eoghan n'avait jamais arrêté de la rassurer depuis l'orphelinat et qu'il devenait clair que Carys allait devoir y aller aussi (les rideaux ne se cristallisent pas tout seuls en plein été). Il ne disait pas cela par hypocrisie. Eoghan était rarement hypocrite, juste quand il perdait aux échecs.
- D'abord je veux que tu ne te mettes pas en colère, commença-t-il très lentement.
- Quoi ? Tu as encore explosé le grenier ? Blagua Carys au souvenir de cette grosse explosion qu'elle entendait environ tous les deux mois à la maison.
Il sourit sans humour et secoua la tête avant de lui donner son regard sérieux à mourir, celui qu'il avait quand il parlait comme la figure paternelle qu'il prétendait être sur papier officiel. Parfois, Carys ne pouvait s'empêcher de le revoir, la voix furette d'enfant et ses premiers embarras quand il s'agissait des filles. Mais Carys redevient sérieuse rapidement et sentant sa gorge devenir sèche, elle prit une gorgée de thé sans pour autant se sentir mieux.
- Quand je t'ai dit cet été que j'étais en train de travailler sur la cure, ce n'était pas que lire des livres ou recueillir de nouvelles plantes qui pourraient contribuer à nos recherches.
Elle sentit tous ses muscles se contracter d'un coup, son cœur battait plus vite. Instinctivement, Carys regardait ses cernes (voir si elles n'étaient pas violettes), ses ongles (voir s'ils n'avaient pas poussé plus rapidement que d'habitude). Tout pour s'assurer qu'il n'avait pas fait une fausse manipulation et s'était contaminé en jouant avec ses tubes.
- Je suis parti, sous la demande de McGonagall, dit-il. Enfin, j'y suis allé parce qu'elle n'y arrivait pas, je me suis porté volontaire alors ne va pas blâmer Minerva dès la seconde où...
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Coupa la jeune fille trop effrayée par ce qu'elle pouvait entendre de la bouche de son présent Professeur de Potion.
Carys se rappelait de la chose la plus effrayante qu'il eut dite. C'est qu'il voulait l'adopter.
Eoghan était parti de l'orphelinat dès la fin de sa scolarité à Poudlard, à dix-huit ans. M. et Mrs. Spark étaient des sorciers décédés pendant la guerre avec un enfant de seulement trois ans. Sans famille mais fort heureusement avec un héritage assez suffisant pour avoir un train de vie paisible sans avoir à travailler. Il avait commencé par se prendre un endroit où vivre, visant une maison charmante située dans la campagne anglaise isolée à des kilomètres du premier village moldu. Il y effectua quelques travaux, commença à travailler comme chercheur au Centre de Recherche de Potions Médicamenteuses de Grande Bretagne et après quelques mois d'un salaire raisonnable, il posa une adoption pour Carys Elaine de l'orphelinat Albus Wulfric Perceval Brian Dumbledore.
Mrs. Montgomery ne fut absolument pas surprise de cette tournure d'événement. Les deux enfants étaient inséparables depuis que Carys était arrivée âgée de trois semaines seulement tandis qu'Eoghan était là depuis déjà six ans déjà. Mrs. Montgomery était beaucoup trop contente de se débarrasser d'un loup-garou qui prenait trop de place dans sa petite pension.
Mais Carys n'avait pas été du même avis. Elle avait dit non, elle ne voulait pas vivre avec Eoghan, le garçon qui l'avait bercé dans ses bras maladroits quand elle pleurait, le garçon qui la poussait sur la balançoire, le garçon qui l'avait vue dire son premier mot. Elle ne voulait pas vivre avec lui.
Parce que vivre avec cette personne incroyablement aimante et sage c'était la mettre en danger.
Elle n'avait pas compris. Eoghan l'avait entendue se transformer tous les mois, vu le ravage qu'elle était capable de faire en seulement une nuit, sentit son humeur se détériorer à l'approche de la pleine lune mais il voulait toujours être là pour elle. Et il voulait continuer à être là pour elle.
- Je suis allé voir une famille, la mère et le fils sont des loups-garous. Stephan a le même âge que toi, son oncle qui est humain lui avait fait l'école primaire. Il est rarement sorti de chez lui ces onze dernières années, expliqua-t-il. Sa mère est une moldue, loup-garou mais moldue, son père en revanche était un sorcier et Stephan est les deux.
- Ils n'ont pas voulu qu'il vienne à Poudlard, n'est-ce pas ?
- Non, Mrs. Watson a trop peur pour lui, ils ont eu une mauvaise expérience avec un autre lycanthrope mâle... Un Alpha, si on veut parler dans des termes de canidae. Il était contre le fait que Stephan parte vivre avec des sorciers.
- Pourquoi ? Il n'a rien à voir avec lui, protesta Carys. Ce n'est pas à lui de décider de ce qu'il a le droit ou non de faire.
- C'est quelque chose de compliqué, soupira Eoghan. Tu...
- ... Ne peux pas comprendre, je sais, termina Carys un peu plus sèchement qu'elle n'aurait voulu. Je n'ai jamais vécu en dehors d'une société magique.
Eoghan hocha la tête ce qui voulait dire chez lui « précisément ». Et il était bien content qu'elle n'ait pas eu à subir cela.
- Toujours est-il que Stephan n'a pas fait sa rentrée des classes. Lou s'est portée volontaire pour un tutorat à domicile et je me suis dit qu'une rencontre entre vous deux ne vous ferait pas de mal. Je veux dire, je pense que ça pourrait te faire du bien de parler avec des loups-garous et d'apprendre d'eux.
Eoghan regarda attentivement Carys. Malgré tous ses efforts pour Carys, il était incapable de l'aider autant qu'il ne le voudrait. Il n'avait pas senti son corps se déchirer tous les mois pendant neuf ans.
- Sous ma surveillance, évidement, ajouta Eoghan. Et avec ton accord, si tu ne veux pas, je ne vais pas te forcer...
Eoghan s'agita inconfortablement dans son siège. Carys baissa les yeux sur ses doigts et ils restèrent silencieux un moment.
- Je suis d'accord.
- Vraiment ?
Carys hocha la tête avec un sourire, répercuté à puissance mille sur Eoghan. A présent plus à l'aise, elle prit sa part de tarte et commença à la manger.
Un jour, au milieu du premier trimestre, on avait entendu la rumeur qu'un invité surprise avait rejoint le professeur Crivey depuis les classes plus âgées en Défense contre les Forces du Mal.
- Dominique a dit que c'était une sirène du lac, disait Louis au déjeuner. Mais il l'aurait mise où ? Dans un bocal ? Et puis qu'est qu'on pourrait faire avec elle ?
- Ça serait trop humiliant pour une sirène, dit Carys. C'est comme demander à un centaure de venir pour être étudié en tant qu'espèce.
- Carys à raison, ça ne devrait pas être quelque chose dans ce genre, approuva Rose en terminant sa tarte à la mélasse. McGonagall n'aurait jamais accepté.
Albus et Scorpius entrèrent dans la Grande Salle et les trois Gryffondor ne purent s'empêcher de les regarder. Même après quelques mois de les voir bien s'entendre, c'était toujours un peu étrange pour l'école.
Albus était trempé, il laissait une large trace liquide derrière lui quand il marchait, ses cheveux dégoulinaient d'eau et tout le monde put se rendre compte qu'ils frisaient aux pointes. Scorpius semblait être dans un meilleur état, on aurait juste dit qu'il était sorti dehors sous une forte pluie. Néanmoins, ses joues étaient teintées sous la colère et ses yeux n'étaient qu'éclairs à chaque fois qu'on lui jetait un coup d'œil.
Rose se reteint d'exploser de colère quand Albus vint s'asseoir à l'extrémité de la table des Serpentard, en prenant bien soin de ne croiser le regard de personne. Au contraire de Scorpius qui défiait toute personne qui posait les yeux sur eux.
- Qu'est-ce qu'il leur est arrivé ? Chuchota Louis en regardant Albus prendre de la soupe bien chaude. On dirait qu'ils viennent de sortir du lac. Littéralement.
Louis Weasley ne pouvait pas avoir dit plus juste. Entouré de sa petite bande de Serpentard, Troy Vingne ricanait accompagné de Berengère Ollivers, une Serdaigle et Dimitrius Bold à Serpentard.
- Pourquoi est-ce que James ne fait rien ? demanda Rose plus qu'à elle-même plutôt qu'à Carys ou Louis. C'est son frère, il n'a pas le droit de le laisser comme ça. Nous n'avons pas le droit de le laisser agoniser là-dedans, il faut faire quelque chose !
- Comme quoi ? Répondre ne suffit pas, j'ai l'impression que ça les encourage, dit Carys. Ce n'est pas une bonne idée.
Mais quand quelque chose avait pris naissance dans l'esprit de Rosalie Weasley, rien ne pouvait l'en détourner.
Alors elle se leva et alla droit vers Albus et Scorpius, la main dans sa poche de robe pour s'assurer que sa baguette était là. La voyant arriver, Scorpius eut la soudaine envie de rouler les yeux. Voilà Gryffondor qui se jetait dans la gueule de Serpentard.
- Siccum, dit-elle en pointant sa baguette à Albus.
C'était la première fois qu'elle réalisait un sort de séchage mais il marcha du premier coup. Prit par surprise, Albus sentit une vague de chaleur l'envelopper et une seconde après il était sec.
- Rose ! S'exclama-il à la fois gêné mais reconnaissant du sort.
Elle effectua de bonne grâce le même sort sur Scorpius puis sur leur affaires de cours qui étaient devenues inutilisables après trempette.
Les trois Serpentard étaient maintenant en train de regarder Rose Weasley comme un autre morceau de viande fraîche qui n'attendait que de se faire dévorer. Elle détourna son regard pour son cousin, mal à l'aise et agacé.
- Ils vont le regretter, Al, annonça-t-elle à voix basse, la menace brûlant ses yeux chocolat d'habitude si doux. Crois-moi, ils vont le payer cher.
- Qu'est que tu racontes encore ? dit Albus en essayant toujours de la raisonner.
- Tu vas peut-être les laisser faire, mais pas moi, fit Rose d'un ton déterminé. Ce n'est pas normal, tu es de leur maison.
- Elle a raison, renchérit Scorpius que la rouquine avait encore une fois oublié la présence. Je ne vais pas les laisser faire, même maison ou non.
- Rose on va en cours ? demanda Carys qui les avait rejoint avec Louis.
Louis était derrière Carys et se rapprocha d'elle quand il entendit des gloussement de la table d'à côté. Il avait toujours du mal avec les regards aguicheurs que des filles plus âgées lui lançaient. Alors, il avait prit une sorte d'habitude, il utilisait Carys comme bouclier. Son regard gris et froid pouvait parfois impressionner.
- Salut Carys, accueillit Albus heureux de trouver une échappatoire. Louis. Vous allez bien ?
- C'est quelque chose qu'il faudrait plutôt vous demander, dit Carys.
- Nous allons bien, répondit Scorpius. On a juste décidé de briser la glace avec le calamar du lac.
Carys ria à la pauvre blague qui remonta le moral d'Albus mais Rose ne sembla pas être affectée par l'humour de Scorpius.
- La salle commune des Serpentard est au sous-sol et il a une vitre immense donnant sur le lac, expliqua Carys à Louis. Et briser la glace...
- Oh, réalisa Louis en osant un sourire timide.
- Je suis Scorpius, dit-il en lui tenant une main. Louis, je présume ?
- Ouais, dit Louis en lui serrant la main.
- Rose ? Crivey est toujours en avance, nous devrions y aller, interpella Carys.
- OK, finit par dire Rose en ramassant ses affaires, elle n'allait certainement pas arriver en retard à un cours qui promettait une surprise. On se voit plus tard, Al.
- Bien sûr, bonne journée, souhaita Albus.
Albus mima un merci à Carys quand sa cousine eut le dos tourné. Carys hocha la tête et se laissa prendre le bras par Rose. Celle-ci reprit rapidement son esprit rationnel et lui posa des questions pour s'assurer que son devoir de Défense contre les Forces de Mal était bien fait.
Ils entrèrent dans la salle de classe de Défense contre les Forces du Mal qu'ils partageaient avec les Serdaigle. Toujours en avance, ils étaient sagement assis à leur pupitre. Un arrière fond de chuchotement agitait les rangs se demandant qui était l'invité spécial du professeur Crivey.
Louis alla s'asseoir avec Sam en ignorant les gloussements de Daisy et d'Andreas sur le chemin. Rose et Carys prirent leur place au premier rang ce qui été devenu une habitude avec Rose.
- Bonjour classe ! fit la joyeuse voix du professeur Crivey.
Il reçut un brouhaha en retour comme d'habitude. Il semblerait qu'ils n'allaient jamais pouvoir parler harmonieusement en groupe, surtout chez les Gryffondor. On s'attendait à ce qu'Harper Hills et Gareth Cowden éclatent de rire comme à leur habitude après un désordre Gryffondorien mais au lieu de cela, Harper s'écria.
- Oh mon Dieu ! C'est Harry Potter !
En effet, derrière le petit professeur se trouvait Harry Potter qui faisait déjà reprendre feu aux discussions. Il sourit avec embarras à la classe. Harry était réellement désolé pour Louis et Rose qui le regardaient à moitié surpris et horrifiés en même temps. Voilà pourquoi James refusait de parler de la « surprise » de Crivey.
Autant James adorait l'attention ; il était capable de faire détourner ses interlocuteurs sur lui alors qu'ils étaient originellement là pour parler d'Harry. James était assez doué pour qu'on le reconnaisse pour ses talents en magie ou sur un balai. Cependant, il rejoignait son frère sur un point et n'assumait plus autant sa célébrité quand son père était dans les parages.
- Oh Albus allait passer une journée horrible... murmura Rose à peine audible pour Carys.
- Oui, Mr. Potter est là aujourd'hui pour nous aider avec nos sortilèges de défense sur lesquels nous nous sommes entraînés ces derniers mois. Il a accepté de se prêter à une petite démonstration !
C'était des premières années, comment voulait-il qu'Harry arme ces pauvres enfants ? Harry n'eut pas le temps d'interrompre Crivey qu'il bougeait déjà les tables pour faire de la place et arranger un petit coin avec des cousins pour un possible impact. Au moins il était prévenant...
- Dennis, je ne crois pas... commença Harry à voix basse.
- Oh non ne t'en fais pas Harry, ils sont très doués, assura le professeur sur le même ton, puis en s'adressant à sa classe. Un volontaire ?
Personne n'était assez stupide pour se porter volontaire aux démonstrations de Crivey. Rose avait été le crash test au premier cours. La salle s'était retrouvée submergée de plumes à cause de la disproportion de l'oreiller qu'elle devait faire exploser.
- Pas de volontaires ? S'étonna Crivey surpris que son cadeau ne plaise pas autant qu'il ne l'avait pensé.
- Eh bien nous pouvons... commença Harry soulagé que personne ne se proposa.
- Miss Elaine ! C'est fantastique ! s'exclama le petit professeur. Venez, venez...
En regardant autour d'elle, Carys s'aperçut que Crivey l'avait choisie par hasard. Elle n'avait pas levé la main, rien ne l'avait démarquée des autres mais il devait connaître son prénom à cause d'Eoghan. C'était le mauvais côté d'être la fille d'un professeur.
Carys fut contrainte à rejoindre le tableau. Crivey lui adressa un de ses sourires qui prenait toute la place sur son visage. Elle regarda Harry et frissonna à la couleur de ses yeux. Les exactes mêmes qu'Albus. Elle pouvait presque imaginer son allure quand il sera plus âgé rien qu'en regardant Harry.
Carys secoua la tête de ses pensées et se rappela comment faire un sort de bouclier, par Merlin, Crivey voulait sa mort...
- Bonjour, lui dit Harry en lui souriant gentiment.
- Carys un bouclier suffira, dit Crivey en la plaça dos aux coussins. Harry, je te laisse à la démonstration.
Harry hocha la tête, Carys dut se sentir intimidée devant sa légende mais elle avait assez fréquenté Albus pour oublier la gêne face à un Potter. Albus ressemblait beaucoup à son père, sans les cicatrices, la peau un peu plus matte et les cheveux plus clairs.
- Prête Carys ? demanda Harry.
Carys hocha la tête et serra sa baguette entre ses doigts.
- Petrificus Totalus!
- Protego!
Carys s'apprêta à toucher le sol à cause de la raideur de ses membres mais rien ne se produisit. Le bouclier avait marché.
- Dissendium ! Recommença Harry en prenant Carys par surprise.
Par Merlin c'était rapide ! Carys ne connaissait pas le sort qu'il venait de jeter, mais elle savait qu'elle ne voulait sûrement pas être touchée en se rendant compte de l'état des cousins derrière elle qui avaient pris le coup quand elle s'était baissée.
- Stupéfix !
Cette fois ci Carys n'eut pas le temps de dire la formule du bouclier et le sort de défense était plus facile à faire avec le poignet et puis elle n'avait pas besoin de le dire trop fort.
Carys regarda la barrière argentée absorber l'éclair rouge qu'avait lancé Harry. Elle n'avait jamais vu un Stupéfix auparavant. Et elle était véritablement terrifiée...
Finalement la barrière disparut et elle aperçut Harry sourire à l'autre côté de la pièce. Elle l'étudia rapidement et il ne semblait pas qu'il allait l'attaquer immédiatement, il tenait sa baguette négligemment dans sa main et ses épaules étaient légèrement affaissées. Non, il n'allait pas l'attaquer... Elle pouvait relâcher un peu sa poigne, son pouce commençait à lui faire mal.
- C'était très bien Carys, félicita Crivey qui les avait rejoints. Vraiment très bien! Vingt points pour Gryffondor !
- As-tu prononcé la formule pour le sortilège de défense ? demanda Harry.
- Oui monsieur.
Carys ne savait pas pourquoi elle avait l'impression d'être redevenue la petite fille de quatre ans qui ne comprenait pas pourquoi Mrs. Montgomery avait l'air si fâchée et pourquoi elle avait dormi dans le sous-sol de la pension.
Harry lui sourit, Carys y retrouva Albus dans son sourire et ses muscles se détendirent. Il avait ces yeux verts pétillants comme s'ils produisaient leur propre lumière.
- Pas mal, dit-il en hochant la tête. Tu es rapide, c'est toujours utile dans les duels. Surveille plus ta gauche et détends ta main droite, tu risques d'avoir une crampe après un moment.
Harry lui tendit sa main droite, Carys comprit après un moment qu'il attendait qu'elle la lui serre. Sa main était grande, sèche mais douce et couvrait complètement celle de Carys. Le sourire d'Harry était contagieux et sans se rendre compte, Carys sourit à pleines dents. Harry Potter venait de la complimenter.
