Rencontre du 3ème type et Epouvantard

- Salut.

- Salut.

Eoghan avait une main protectrice sur l'épaule de Carys. Mrs. Watson était sur son fauteuil roulant, derrière elle se trouvait Peter et à côté Stephan et Lou. Cette dernière froissait nerveusement sa manche en regardant les deux enfants se regarder.

Carys connaissait Stephan et Stephan connaissait Carys. Néanmoins, ils ne s'étaient jamais parlé. Il ne régnait pas pour autant cette atmosphère gênante, qui s'installe lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois.

- Tu veux que je te montre le jardin ? proposa Stephan.

Carys regarda Eoghan. Elle trouva qu'il était un peu plus pâle que d'habitude ce qui refaisait ressortir le brun de ses yeux et de ses cheveux. Il avait oublié de les couper avant les vacances d'été et avait l'air si jeune ainsi.

Eoghan baissa les yeux sur Carys, elle lui demandait silencieusement la permission de suivre Stephan. Elle n'allait pas y aller si elle n'y était pas autorisée. Il lui adressa un sourire approbateur.

- D'accord, accepta Carys.

Puis elle partit en laissant son sac dans le salon. Eoghan recommença à respirer, il eut peur que la première chose que les enfants fassent était de montrer leur respectives cicatrices.

- Du thé ? Invita Mrs. Watson en regardant son petit garçon partir avec la fille.

Mrs. Watson avait observé la petite Carys avec attention. Elle était en bonne santé, grande comme la plupart des filles de son âge. Elle avait ces yeux gris, sages comme si elle était habitée par une vieille âme et en même temps malicieux comme l'enfant qu'elle était.

Carys avait regardé son père avant de suivre Stephan. Ce qui prouvait qu'elle réfléchissait avait d'agir, il fallait toujours écouter ses parents.

Malgré cela, Mrs. Watson ne pouvait pas s'empêcher de penser que Carys était le petit chien sur qui Spark faisait ses expériences. Elle avait appris à faire confiance à Lou, assez pour qu'elle accepte sa potion Tue-Loup pour son fils et elle. Mais Spark était une autre histoire. Elle le trouvait un air bien trop bienveillant pour être dénudé de toute motivation personnelle. Il n'était pas le bienvenu chez elle.

- Le professeur Spark est jeune pour avoir une fille, dit Stephan.

Carys le regarda, ne lui avaient-ils pas déjà raconté leur histoire ?

- Ce n'est pas vraiment mon père, on était dans le même orphelinat et quand il à eut la majorité, il m'a adoptée, raconta brièvement Carys.

- C'est parce que tu es un loup-garou qu'ils n'ont pas voulu de toi ? Parce que tu as été mordue ?

Devant une question aussi directe, un enfant aurait pleuré, un adolescent se serait vexé, un adulte serait resté bouche bée. Carys répondit tout simplement qu'elle a toujours été ainsi et qu'elle jamais elle n'avait été mordue.

- Comment ton oncle Peter a-t-il eu sa cicatrice ? demanda à son tour Carys.

- Maman la lui a faite quand elle était plus jeune mais il l'a pardonnée depuis longtemps.

Le jardin était grand, vert avec un potager, un pommier et une petite grange avec des outils de jardinage. Carys trouva étrange qu'il y avait des murs autour du jardin. Chez elle, le jardin s'étendait jusqu'à la forêt.

- Fais attention, tu vas écraser Tante Angélique, lui dit Stephan.

- Pardon ?

- Tante Angélique, elle est enterrée ici.

Ils étaient dans l'herbe verte qui arrivait jusqu'à la cheville, Carys se demandait comment il pouvait savoir où était la tombe si rien ne montrait son existence.

- Oh.

Carys se déplaça sur la droite, ne sachant pas si elle devait s'excuser.

- Toute ta famille a été touchée ?

- A part Peter oui, grand-père a été loup-garou et l'a transmis à maman et Tante Angélique, elle n'a pas vécu très longtemps, cinq pleines lunes. On n'a jamais été sorcier par contre.

Carys ne s'était jamais vraiment demandé ce qui s'était passé à ses parents. Ils étaient morts, présumés moldus. C'était plus simple de le penser ainsi. Elle était juste le résultat malencontreux de sorcier et de lycanthropie. Parfois, Carys se disait qu'il était mieux pour eux qu'ils ne l'aient jamais connue.

- Tu aimes bien Lou ? demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Elle est sympa avec moi et mère l'apprécie pour ça. Enfin, autant qu'elle peut apprécier quelqu'un... Comment c'est, Poudlard ?

Carys commença une description détaillée du château et de ses environs, du lac, de la cabane d'Hargrid, du stade de Quidditch... Stephan ne parlait pas et l'écoutait attentivement ses grands yeux bruns semblaient s'imaginer tout ce monde fantastique.

- Et les gens ? Ont-ils découvert ?

- Non, seuls les professeurs sont au courant, pas les élèves.

- Et tu ne l'as dit à personne ?

- Personne. Même pas à mes amis, ce qui est un peu triste je pense.

- Qui sont-ils ?

- Il y a une fille, Rose avec qui je partage mon dortoir. Elle est brillante, adore les livres et elle est très proche de son cousin, Albus. Il est dans une autre maison que la nôtre mais il est gentil, excellent en métamorphose. Il y a aussi Scorpius, sa famille... n'a pas bonne réputation mais il a su s'en défaire. Disons que ses parents et ceux d'Albus n'étaient pas en très bon terme à leur âge. J'ignore comment leur été se passe, Scorpius voulait l'inviter chez lui.

Stephan l'écouta parler de ses amis, ils étaient tous différents des uns et des autres et il se demandait comment des liens d'amitiés pouvaient se créer à partir de personnes si diverses. Il avait encore beaucoup de choses à apprendre sur les relations humaines.

- Alors tu sers de cobaye pour la cure ?

Eoghan et Lou avaient parlé de leurs recherches pour l'amélioration du Tue Loup au Watson. Ils avaient offert à Stephan et Mrs. Watson de faire partie du programme de Carys et de suivre le traitement. Carys n'était pas seulement venue rencontrer Stephan mais aussi pour montrer les améliorations qu'ils avaient effectuées. Carys était la preuve de leurs efforts et de leur progrès dans le domaine.

- Ce n'est pas vraiment une cure... Même s'ils espèrent un jour de trouver un moyen d'y mettre fin. Je dirais que c'est plus une façon de vivre, ils prennent ça comme une philosophie. Et le terme de cobaye devient alors très grossier, raconta Carys. Eoghan et Lou ont toujours fait très attention avec ce qu'ils me donnent. Je peux refuser si je le veux.

- Que font-ils ? questionna Stephan sa curiosité piquée.

- Plein de choses, ils... m'entraînent à être plus forte, robuste. Des fois j'ai l'impression que je vais participer aux Jeux Olympiques ou quelque chose du genre ! C'est assez amusant.

Carys lui sourit mais Stephan ne souriait pas, il réalisa qu'elle ne connaissait pas la douleur. Elle ne souffrait pas, elle était heureuse, qu'elle était aimée et qu'elle avait des amis. Qu'elle était forte.

- Tu sais, avant dans mon orphelinat, ils m'enfermaient toutes les pleines lunes dans le sous-sol. C'était un orphelinat sorcier. La plupart des enfants étaient des cracmol que la famille reniait, des enfants hors mariages ou bien des orphelins de la guerre. Il n'y avait qu'Eoghan pour moi. Il était spécial et les autres garçons se moquaient de lui. Comme personne ne voulait s'occuper de moi, il l'a fait. Il rentrait à chaque vacance scolaire, pour me voir, alors qu'il s'était trouvé des amis à Poudlard. Il a toujours travaillé dur pour m'aider. Lou était une de ses amies à l'école et ils ont étudié ensemble pour nous. Il a écrit des livres, voyagé, vu d'autres loups-garous mais il est toujours revenu. Il ne m'a jamais abandonnée. Je sais combien ça fait mal, Stephan. J'y été moi aussi, mais si toi et ta famille accordez votre confiance à Eoghan, il ne va jamais vous abandonner. Ce n'est pas seulement faire disparaître la douleur, c'est aussi savoir à vivre avec.

Ils partirent tard le soir. Lou embrassa Stephan sur le font comme à son habitude, serra la main à Mrs. Watson. Elle évita tout contact avec Peter qui ne supportait pas les contacts humains. Carys sourit à Stephan et lui dit au revoir, tout en trouvant triste qu'il n'avait pas souri de toute l'après-midi. Il lui avait au moins dit un timide et à peine audible, « à plus tard ».

Peter les accompagna dehors et referma la porte derrière eux en verrouillant toutes les serrures. Il retourna dans le salon où Parker était avec son neveu. Stephan était trop grand pour s'asseoir sur les genoux de sa mère, il la dépassait maintenant quand il était debout devant elle.

- Alors, comment tu as trouvé Carys ? demanda Mrs. Watson en touchant tendrement le visage de son fils.

- Elle est comme nous, dit Stephan en haussant les épaules. Elle souffre mais elle est forte.


Deuxième année

Rien qu'à l'apparence de la pièce, ils savaient que ce cours allait être cool.

Les tables et chaises étaient empilées, rangées sur les côtés laissant un grand espace au milieu de la pièce. Les élèves n'osèrent pas se débarrasser de leur sac et restèrent collés près du mur et timides.

- Entrez, laissez vos sacs au sol et approchez, ordonna le professeur Crivey.

Il était en train de pousser avec sa baguette une grande armoire sombre vers eux. L'air très content de lui, il dépoussiéra sa cape.

- Aujourd'hui on va faire un peu de cours pratique, dit-il avec un grand sourire. Rien de bien dangereux, je vous rassure.

- Je me demande pourquoi à chaque fois il se sent obligé de nous dire que c'est pas dangereux, chuchota Albus.

Scorpius sourit, mais en réalité il craignait quand même de savoir ce qu'il avait dans cette armoire. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal pouvait leur préparer tout et n'importe quoi...

- Qui peut me dire ce qu'est un épouvantard ? continua le professeur en se plaçant devant l'armoire. Miss Weasley ?

Rose qui avait levé instantanément la main répondit avec précaution.

- Une créature qui prend la forme de la plus grande peur de chacun, dit-elle.

- Exacte et comment peut-on la combattre ? ... Oui Miss Weasley ?

- Riddikulus mais s'il y a plusieurs personnes dans la même pièce près de lui, l'épouvantard ne sait pas quelle forme prendre et il devient confus et plus faible.

- Tout à fait, dix points pour Gryffondor pour vos réponses, dit Crivey. Le sort qui les tient réellement à distance est Riddikulus, après moi, Riddikulus.

La classe répéta puis le professeur poursuivit.

- L'opposition parfaite à la peur est le rire, c'est pour cela qu'on nous dit aussi qu'il faut toujours regarder le bon côté des choses et qu'il faut plutôt en rire qu'en pleurer... Bien, en ligne !

Carys pouvait sentir son cœur battre dans ses oreilles. Scorpius était devant elle et devant lui, Rose s'avança. Crivet la regarda pour demander silencieusement si elle était prête. Rose hocha la tête et la porte de l'armoire s'ouvrit en voilée. Un serpent traînait son corps sur le sol doucement, sa langue sortie de la bouche de plus en plus près de Rose...

- Riddikulus !

Le serpent se transforma d'un coup en un ballon long rose vif aux tâches jaunes criardes. Le ballon se noua sur lui-même pour avoir la forme d'un chien.

- Les serpents... c'est vrai que c'est effrayant, dit Scorpius assez fort pour que Rose entende.

Rose lui adressa une grimace puis revient à l'arrière pour laisser les autres passer.

- T'as peur de quoi toi ? demanda Albus à voix basse pendant qu'il restait trois autres élèves avant eux.

Carys haussa les épaules, pour éviter de parler. Devant elle, Scorpius fit comme s'il n'avait pas entendu. Il savait de quoi il avait peur et il n'avait vraiment pas envie que son épouvantard en prenne la forme...

Scorpius pensa alors à cet homme masqué qu'il avait vu plus petit, avec une immense hache et la robe couverte de sang. Scorpius espérait qu'il avait assez peur de lui quand il fut devant l'épouvantard pour qu'il prenne forme.

L'épouvantard d'une fille à Serpentard se dissipa. Scorpius s'avança tout en retenant son souffle quand il vit se former une silhouette humaine, il savait comment la transformer.

Carys était bouche bée en voyant devant elle Mr. Malefoy. Elle l'avait brièvement aperçu sur le quai de la gare cet été mais elle n'avait jamais remarqué à quel point Scorpius lui ressemblait. Le visage de son ami était juste moins anguleux, ses yeux plus bleus que gris, des détails à peine remarquables.

- Scorpius le sort ! Cria Crivey.

Mr. Malefoy saignait, le veston gris était devenu rouge au milieu de sa poitrine, la tâche s'étendait petit à petit. Scorpius recula par reflexe, Carys allait se mettre devant lui mais quand elle y songea Scorpius cria le contre sort et l'image de son père se changea en centaure, sa tête bleue et rose possédait une corne de licorne.

On éclata de rire, même Crivey ria quand Mr. Malefoy fit un bruit de canard.

- Très bien, très bien... dit-il en se tenant à son bureau pour ne pas s'effondrer de rire.

Scorpius sourit, de nouveau lui-même il adressa à Albus une tape sur l'épaule avant d'aller au fond.

Carys réalisa qu'il fallait qu'elle s'avance. Malefoy en épouvantard trottina pour venir jusqu'à Carys, sentir sa peur. D'un coup il s'évapora pour avoir une autre forme.

Sa fourrure brune était dense, ses yeux si noirs qu'ils ne semblaient pas posséder de pupilles. Il remonta ses babilles pour laisser voir des crocs longs et blancs, il grogna. Carys eut le même réflexe que Scorpius et recula. Il appela à la lune avant de reposer ses yeux sur elle.

Elle tressaillit en voyant un cercle gris autour de ses pupilles.

- Riddikulus !

Le loup se transforma en petit chihuahua habillé avec un de ces ensembles rose fluo ridiculement chers que les divas de Los Angeles mettaient à leur pauvre chien.


Les élèves sortirent de la classe discutant avec animation sur ce cours, de loin le plus dynamique qu'ils avaient eu et le moins catastrophique. Rose sentait cependant que rire et parler serait inadéquat. Carys, Albus et Scorpius avaient la même expression grave sur leur visage d'enfant. Rose les suivit silencieusement sans oser parler.

Scorpius songea qu'il faudrait qu'il envoie un hibou à ses parents... C'était qu'un foutu épouvantard, il le savait bien. Mais il fallait qu'il s'assure qu'ils allaient bien.

Albus songeait lui aussi à son épouvantard, Voldemort... Jamais il ne l'avait rencontré, il ne savait pas pourquoi il avait peur de cet homme que son père avait déjà tué des années avant sa naissance. Depuis qu'il était à Poudlard, tout le monde autour de lui pensait de son père comme celui qui avait délivré le monde magique de la présence de Voldemort. Au final, peut-être qu'Albus lui-même avait fini par voir Harry comme cela et plus comme l'homme qui l'avait élevé...

Leur esprit pouvaient tourner ainsi longtemps si Carys n'aurait pas trébuché sur la robe de Scorpius.

- Qu'est qu'il ne va pas ? demanda Rose en aidant Carys à se relever.

Ses paupières étaient lourdes, elle semblait faible, son corps était inhabituellement mou quand elle essaya de se mettre debout. Albus abandonna ses pensées et aida Rose à remettre Carys sur pieds.

- Rien, rien, je vais bien... répondait Carys avec tellement de hâte que le mensonge était évident.

- Il faudrait peut-être appeler un professeur... suggéra Albus qui déjà cherchait un adulte dans le couloir vide, tout le monde était en récréation.

- Elle ne même plus marcher, dit Rose.

Scorpius eut peur, Carys était si pâle à présent. Elle lui rappelait presque la pâleur de son père quelques minutes auparavant. Il lui prit son sac et essaya vainement de ne pas paniquer... Elle était à Poudlard, elle n'était pas dans un danger imminent.

Ils étaient trop près... Tous trop près... Carys pouvait sentir le shampoing à la verveine d'Albus, elle pouvait voir les gouttelettes de sueur sur le front inquiet de Scorpius, palper le pouls de Rose quand elle passait sa main sur son front.

Il semblait que son corps entier faisait mal, on aurait dit qu'on avait brisé tous ses os, qu'on les écrabouillait entre eux. Quand la douleur fut trop intense, Carys n'eut plus le choix que de se recroqueviller contre un mur afin empêcher les spasmes de ses muscles blesser un de ses amis. Elle devait se contrôler, réfléchir, se maitriser...

- Carys ! Réveille-toi ! dit Rose en secouant son épaule.

- Par Merlin il faut faire quelque chose ! s'écria Scorpius. Rose tu connais un truc, non ? Un sort...

- On doit l'emmener à l'infirmerie, fit Albus en essayant de la soulever.

Quand ses muscles étaient contractés, elle était plus lourde qu'en réalité. En prenant la tête de Carys entre ses mains, Albus l'obligea à le regarder.

- Calme-toi Carys, disait-il. Ça va bien aller, détends-toi...

- Potion... Racines de Cactus ... Racines... Racines...

- Qu'est qu'elle raconte ? demanda Scorpius.

- La potion...

- Quelque chose avec une potion, des racines de cactus, répéta Albus. Ça n'a pas de sens !

- Carys !

Le cri de Rose permit à Albus de revenir de ses songes. Il vit son reflet dans ses yeux gris rapetissé tant sa pupille était comme un point fait à la plume. Puis tout à coup ses yeux tournèrent et elle s'évanouit.


Scorpius reposa la poche de glace et alla rejoindre Albus et Rose qui attendaient sur un des lits de l'infirmerie. Albus, assis et le dos courbé, regardait le sol tandis que Rose tapait du pied nerveusement en se mordillant le bout du pouce, une habitude qu'elle avait en période de stress.

- Des nouvelles ? demanda Scorpius dès qu'il l'ait rejoint.

- Mrs. Londubat et le professeur Spark ne sont toujours pas sortis, l'informa Albus.

- Comment va ton nez ? demanda Rose.

- Bien, affirma-t-il, avant d'ajouter. Merci.

Ce n'était que très récemment que leur relation avait évolué vers ce qui semblait être un semblant d'amitié, tant pour l'un que pour l'autre. L'année dernière, Scorpius et Rose n'avaient fait que de se tolérer poliment. Scorpius n'avait jamais vu Rose (ou Rosalie, comme il aimait la penser) comme la cousine et amie d'Albus et celle de Carys.

Pour Rose, Scorpius était le meilleur ami d'Albus. Elle savait qu'une fois à Poudlard Albus se trouverait des amis. Mais jamais elle n'aurait cru que cet ami serait un Malefoy. Ce nom était synonyme d'histoires malsaines et noires racontées par son père tandis que sa mère était beaucoup plus diplomate. Tellement que Rose n'était jamais parvenue à connaitre son opinion sur les Malefoy.

Sauf qu'à présent le groupe se fréquentait plus, ils étudiaient souvent ensemble, mangeaient ensemble, se croisaient dans les couloirs et s'arrêtaient pour discuter. D'abord réticents, Scorpius et Rose commençaient à être plus à l'aise ensemble au ravissement d'Albus et au plaisir de Carys.

De son côté, Albus avait réussi à entrer dans l'équipe de Quidditch en tant qu'Attrapeur en septembre. Cela avait mis fin à toute sorte de moqueries et plaisanteries de mauvais goût de la part de ses camarades. Même Troy Vingne et Dimitri Bold avaient fini de leur adresser des regards en biais à chaque fois qu'ils entraient dans la chambre.

Scorpius s'était fait remarquer par sa réussite scolaire. Il avait été l'élève ayant fait gagner le plus de points à sa maison l'année précédente, rien que cela suffisait pour qu'on le laisse tranquille. C'était également pour cela que Rose avait commencé à apprécier sa compagnie pendant leur révision à la bibliothèque.

- Mrs. Londubat ! s'écria Rose en apercevant l'uniforme blanc de l'infirmière.

Les trois amis allèrent à sa rencontre, assez rapidement pour que Rose aperçoive une bassine sur le petit chariot contenant des cotons imprégnés de liquide rouge. Elle se plaça devant Rose pour lui cacher de sa vue.

- Est que Carys va bien ? Que se passe-t-il ? demanda Scorpius.

- Elle va mieux, c'était une réaction hautement allergique à un aliment, dit l'infirmière.

- Une réaction allergique ? Mais elle a failli mourir ! Je l'entendais même plus respirer ! fit Rose d'un ton plus élevé que ce qu'elle n'aurait voulu.

- Est qu'elle va s'en remettre ? Elle va bien ? redemanda Scorpius.

- Oui, elle a repris conscience.

- Est-ce qu'on peut la voir ?

L'infirmière n'eut qu'à hocher la tête pour que les trois jeunes gens qui la harcelaient depuis le début du week-end la lâchent.

Allongée sur le lit, Carys semblait faire partie du matelas au lieu d'y être allongée. Ses paupière violacées s'ouvraient et se refermaient lentement pendant qu'Eoghan passait doucement la main dans ses cheveux dont les mèches s'étalaient en halo autour d'elle. L'autre main couvrait sa bouche, il semblait lui murmurer quelque chose. Quand il aperçut ses élèves arriver, il regagna son calme. Attirée par la dérive de ses yeux, Carys tourna la tête pour voir Rose, Albus et Scorpius qui étaient encore peu habitués de voir leur professeur de potion si intime avec leur amie. Ils oubliaient souvent qu'elle était sa fille.

- 'alut, fit la voix sèche de Carys.

- Par Merlin, tu nous as fait peur ! fit Rose en venant spontanément prendre la main de Cary.

- Nan, juste eux, dit Albus en montrant Scorpius et Rose. Je savais que tu allais t'en sortir.

Il lui sourit et Carys lui sourit à son tour. Albus était toujours le plus optimiste de tous.

- Bon je vais vous laisser, annonça Eoghan en se levant de sa chaise qui fit un bruit aigu contre les dalles au sol. Repose-toi bien.

Il hésita à embrasser son front mais opta pour une pression à sa main. Carys lui sourit avec l'espoir qu'il cesse de s'inquiéter. Il se sentait affreusement coupable. Carys ne supportait pas les racines de cactus. C'était le premier ingrédient qu'ils avaient décidé d'ajouter depuis cinq mois. Eoghan les quitta rapidement pour éviter que l'image de Carys sur un lit d'hôpital le hante.

Carys se disait qu'elle devait arrêter de le faire vieillir plus rapidement qu'il ne le devrait. Il n'avait que vingt-et-un ans, bientôt vingt-deux. C'était un jeune homme brillant qui avait fini ses études avant sa majorité, qui avait écrit déjà deux livres et travaillait sur son troisième. Carys ne se souvenait pas de la dernière fois qu'Eoghan avait pris du temps pour voir ses amis. Il en avait tellement quand il était plus jeune. A présent son entourage se résumait à Carys, Lou et les professeurs de Poudlard.

Une fois qu'Eoghan disparut de sa chambre improvisée par les rideaux tirés autour de son lit, les yeux de Carys tombèrent sur Scorpius. Elle sentit de la sueur dans son dos.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? demanda-t-elle. Je... t'ai fait ça ?

Scorpius toucha son nez par réflexe. Il le regretta quand la violente douleur revient mais ne le montra pas. Cela faisait deux jours que Scorpius se promenait avec l'arête du nez violacée. Et il l'aimait bien, cela lui donnait un certain genre quand on ne savait pas dans quelles circonstances il se l'était fait.

- Non, je me suis cogné contre un mur, avoua-t-il avec honte. En essayant de rattraper la Dame Grise pour qu'elle avertisse quelqu'un...

Carys forma un o avec sa bouche, elle hésita à rire. Scorpius avait un ego plus gros que la normale et admettre ce genre de stupidité révélait presque du miracle. Elle ne manqua pas de remarquer que Rose se pinçait les lèvres pour ne pas éclater de rire.

- Enfin, on est tous contents que tu ailles mieux, dit Albus pour changer de sujet.

- Le week-end est déjà passé mais rien de grave, l'assura Rose qui tapota la main de son amie. Tu auras le temps de rattraper tes devoirs. J'ai parlé au professeur Flitwick pour le devoir de mardi et il a dit que tu pourrais lui rendre vendredi.

Carys, ignorant la douleur dans son dos, se redressa sur son lit quand elle entendit cela.

- Comment ça, j'ai raté le week-end ? demanda-t-elle. Je suis tombée malade vendredi après-midi.

- On est dimanche soir, informa Scorpius.

Elle se demanda alors pourquoi le nez de Scorpius était si violet. Mais le connaissant, il aurait évité de mettre de la glace pour ne pas avoir l'air d'un idiot.

- Est-ce que tu sais ce qui qui t'a causé ça ? demanda Rose. Mrs. Londubat dit que c'était un aliment.

- Aucune idée, mentit-elle.

Ils savaient que les racines de cactus n'étaient pas un ingrédient très commun dans les plats à Poudlard.


Dans le prochain chapitre :
Carys et Stephan ont une discussion très intéressante, Sam Dubois et son obsession pour le Quidditch. Carys a un faible pour les licornes (parque qui n'aime pas les bébés licornes ?). Et enfin des problèmes techniques concernant le petit problème de fourrure de Carys...

Merc à Julie pour la review ! L'idée d'un Poufsouffle doué en potion m'a toujours plut. On oublie souvent que la Coupe des Trois Sorciers a estimé que Cédric Diggory était l'élève le plus méritant de tout Poudlard. Bref, Poufsouffe, je ne vous oublie pas !

Fiction beta-lue par Oxymore
A bientôt,

Code Bleu :)