Jalousie, Quidditch et Lycantropie
A partir de sa deuxième année, Carys voyait Stephan à chaque vacances. Carys était devenue la seule amie de Stephan qui ne voyait personne dans sa petite campagne écossaise. Lui était devenu le seul ami pour Carys avec qui elle pouvait parler de ses pleines lunes. Ils passaient leurs journées à jouer et à étudier car la maison de Stephan n'avait pas d'appareils de divertissement moldus excepté la radio. Ils étaient à ce moment en train de lire dans le salon, Carys allongée confortablement sur le sol avec des cousins et Stephan assis sur un fauteuil. Parfois, elle avait l'impression qu'elle était plus à l'aise chez lui qu'il ne l'était.
- Je crois que je devrais leur dire pour la lycanthropie, dit Carys en fermant le livre et en se retournant pour regarder Stephan.
- N'ont-ils toujours pas deviné ? Ton amie, Rosalie ce n'est pas censé être un petit génie ? demanda Stephan sans lui adresser un regard, braqué sur sa lecture.
- Tu sais, Rose n'est aussi franche et honnête avec les gens... Personne ne l'est d'ailleurs.
- Bah bien sûr que non ! Regarde-toi, tu mens à cinq cent individus à Poudlard sans compter les animaux et les fantômes...
- Les humains, les hommes et les femmes ont ce qu'on appelle de la politesse de société, dit calmement Carys avec un sourire moqueur. Contrairement aux enfants.
- La politesse est une déception dans un joli paquet, répliqua Stephan en tournant de nouveau la page de son livre sans relever la remarque enfantine de Carys. Et puis je suis lycanthrope, pas humain.
- Mais tu es un homme, répliqua Carys.
- Jeune garçon, rectifia Stephan toujours aussi flegmatique. Je n'ai que treize ans.
- J'ai l'impression parfois que tu en as cinquante.
Stephan eut un sourire absent. Il resta silencieux pendant de longues minutes, penché sur son large manuel, Encyclopédie des Plantes Aquatiques, Volume XV. Il était vrai que Stephan ne faisait pas vraiment son âge. Il était maniaque et routinier. Ses pantalons étaient toujours bien coupés droits et en coton. Il repassait ses chemises lui-même et ne pouvait pas supporter de ne pas aligner les rouleaux de papier toilette.
Seuls ses yeux, noirs brillants comme ceux des jeunes enfants, étaient réels indices à son âge. Il était têtu, Carys trouvait même qu'à côté de lui, Rose était un ange. Il vouait un culte pour Friedrich Nietzsche et connaissait si bien Madame Bovary qu'il pouvait réciter chaque phrase de chaque chapitre en français. D'un autre côté, il chantonnait du Beyoncé dans la douche dont il connaissait les paroles par cœur et lisaut sans cesse les vieilles BD Marvel de son oncle Peter.
Carys profitait toujours de ses excursions chez Stephan et Mrs. Watson pour apprendre sur son corps de loup. Elle ferma les yeux et s'exerça à ralentir son cœur, Stephan et Mrs Watson y arrivaient alors elle devait elle aussi en être capable...
- Alors tu veux dire à tes amis que tu es un loup-garou ? reprit Stephan une fois l'épais livre fermé et que le soleil commençait à se coucher.
- Hum hum, répondit Carys toujours les yeux fermés et le cœur battant désespérément à allure normale.
- Je pense que Scorpius le prendra bien, je sens qu'il est plutôt tolérant et ouvert d'esprit. Rosalie est sans doute au courant mais elle ne te l'a jamais dit. Albus va être vexé que tu ne lui aies pas mis plus tôt dans la confidence, énuméra Stephan d'une traite.
C'était inutile, Stephan avait trop parlé et c'était encore à cause de lui que Carys n'arrivait pas à son exercice. Enfin, c'est qu'elle se disait toujours.
- Et toi tu le prends comment ? demanda-t-elle.
Stephan y songea un moment. Il se sentait privilégié, spécial quand elle venait le voir pendant les vacances au lieu de rester à Poudlard. Elle lui disait tout et il lui retournait la pareille. Il eut un pincement au cœur en imaginant que d'autres auront, à présent, la même confiance qu'elle lui accordait.
- Je le prends d'une façon très égoïste, répondit tout simplement Stephan le ton neutre comme s'il n'éprouvait pas de sentiments.
Carys ouvrit les yeux et surprit les prunelles noirs de son ami lui dire explicitement ce que cela voulait dire.
Stephan était jaloux.
C'est bien à ce que quoi pensait Carys. Stephan ne voulait pas la partager, déjà qu'il ne laissait pas beaucoup de personne dans sa vie. Elle se rappelait qu'ils avaient passé une semaine ensemble avant qu'il lui sourît (et encore c'était pour se moquer d'elle).
Il a toujours été honnête avec elle et elle aussi. Mais elle voulait être honnête avec Rose, Albus et Scorpius aussi. Ils étaient ses amis. Ils commençaient à s'inquiéter quand le lendemain de pleine lune Carys ne se montrait pas au petit déjeuner et de son air malade que la potion provoquait avant et après la transformation.
Ils avaient réussi à monter une histoire avec Eoghan. Les soirs de pleines lunes, Carys disait qu'elle allait voir son père et comme elle restait jusqu'à très tard, elle restait souvent dormir sur le canapé de l'appartement privé d'Eoghan ; même s'il était très inconfortable et qu'elle passait une très mauvaise nuit.
Néanmoins, l'entraînement physique qu'Eoghan lui imposait pour renforcer son système immunitaire lui taillait petit à petit une apparence physique musclée.
Carys ne mangeait jamais de viande rouge. Elle avait toujours été réticente à faire des sorties nocturnes car cela lui rappelait trop son chemin jusqu'au Saule Cogneur et elle semblait toujours savoir où était Félice, le chat d'Urich Vogen qui passait ses journées à cirer les trophées et les armures. Ce chat était le vrai concierge de Poudlard.
Dans quelques semaines, ils auraient deviné avec les cours de Défense contre les Forces du Mal, les loups-garous étant au programme. Et bien que cette matière ne fût pas la matière de prédilection de Rose qui préférait les Sortilèges, elle était perspicace dans la théorie.
- Tu penses que je devrais...
- Je ne pense rien du tout Carys, la coupa Stephan. Ce sont tes amis, pas les miens.
Troisième année
- Salut Carys !
Sam Dubois est entré dans l'équipe de Quidditch en tant que Poursuiveur pendant sa deuxième année. Il avait considérablement grandi depuis et les jeunes filles trouvaient chez lui un certain charme, dont il avait pris conscience depuis le 14 février dernier.
Cela avait permis à Louis de se faire oublier. Le pauvre garçon continuait de fuir l'ombre des filles comme la peste. De plus, il commençait à devoir faire face à des garçons intéressés. Sam, à la différence de Louis, n'hésitait pas à jouer de son charmant sourire, en particulier quand il était question de Quidditch.
Carys lui fit un signe de tête rapide, annonça le mot de passe à la Grosse Dame dont le portrait s'ouvrit. Elle était pressée, jamais elle n'aurait dû aller chez Hagrid après son footing. Le bébé licorne récemment nommé Spirit pouvait la retenir des heures et des heures. Résultat des courses, elle était en retard sur sa potion qu'elle aurait dû avaler il y a maintenant vingt minutes.
- Eh attend ! la retient Sam en la rattrapant avant qu'elle ne passe le portrait de la grosse dame.
- Je suis pressée Sam, ça ne peut pas attendre ? demanda-t-elle en essayant de ne pas avoir l'air trop antipathique et d'échouer misérablement.
- Non pas vraiment. Je voulais savoir si tu voudrais aller à Pré-Au-Lard avec moi, dit-il rapidement comme s'il s'était entraîné à sortir cette phrase.
La Grosse Dame, spectatrice, laissa échapper un bruit d'étonnement mais Carys n'en prit pas compte. Elle l'observa de plus près, les yeux chocolat de Sam brillaient avec espoir, son sourire était large et blanc, il creusait de petites fossettes dans ses joues encore enfantines.
- Non. Plume de Phénix, répéta-t-elle à la Grosse Dame.
- S'il vous plait, termina-t-elle, indignée par l'attitude rude du refus à l'invitation de Sam.
- Quoi ? fit Sam en la suivant dans le portrait. Mais... Pourquoi ?!
- Dubois, tu ne veux pas sortir avec moi, dit Carys en s'arrêtant dans le couloir sombre, causant à Sam de presque lui rentrer dedans.
- Qu'est que tu racontes... ?
- Tu sais qu'est que je raconte !
Sam ouvrit et ferma la bouche. Il l'avait harcelée plusieurs fois. Carys se rappelait clairement de la fois où il avait inondé son sac de prospectus.
- Franchement Sam, c'est très malsain ce que tu fais. Je t'ai dit que je ne monterai pas sur un foutu balai pour jouer au Quidditch !
- Mais tu as un potentiel énorme ! protesta-t-il. Il suffit juste que tu apprennes à voler et tu serais parfaite !
- Qu'est qui te dit que je ne sais pas voler ? rétorqua-t-elle.
Carys s'en alla vers le dortoir des filles. La salle commune était vide, il était trop tôt pour qu'aucun élève ne soit déjà réveillé, mais Sam aimait bien courir aussi. D'habitude il se débrouillait pour courir avec Carys mais cette année elle avait décidé de se lever plus tôt afin de l'éviter.
- Tu sais voler ?! s'exclama-t-il.
Sam attrapa le poignet Carys.
- S'il te plaît, Elaine, dit-il avec un air désespéré. Essaye de monter sur un balai, je suis prêt à t'apprendre à voler tous les dimanches matin s'il le faut !
- Tu es complètement malade.
- Tu es parfaite !
Carys leva les yeux au ciel en priant que Merlin sauve cette pauvre âme idolâtre. Peut-être qu'il s'était pris trop de Cognards dans la tête quand il était enfant.
- Tes réflexes sont excellents, rapides. Tu es en bonne santé, en excellente forme physique, énuméra-t-il. Tu manges bien, tu es musclée...
Comme pour appuyer ses propos il regarda Carys comme un grand amateur de vin regardait une bonne bouteille de rouge. Elle était fine, plus grande de trois centimètres et demi depuis les vacances d'été. Ses cheveux courts étaient en petite queue de cheval, bouclés par l'humidité. Sam ignora la froideur de ses yeux gris, tout ce qu'il voyait c'était ses bras avec deux petites jolies bosses de muscles. Sa posture droite qui lui assurait un dos musclé, son débardeur moulait son ventre plat et creusé par ses muscles.
Carys l'aurait bien traité de pervers, seulement il la considérait uniquement que pour son potentiel sportif.
- Qu'est-ce que c'est ce vacarme ? demanda une voix déjà bien réveillée.
Les deux élèves se retournèrent, Rose encore en pyjama était à l'entrée du dortoir des filles.
- Rien, dit Carys en venant dans sa direction. Bonne journée, Dubois.
Elle l'entendit la rappeler pendant qu'elle montait les escaliers en entraînant Rose de force par le bras. Carys devait à présent songer à se lever encore plus tôt.
- Où es-tu allée ? demanda Rose. Sam voulait encore te convaincre de rejoindre l'équipe ?
- On peut pas dire qu'il n'a pas de détermination, fit Carys.
- Tu es allée où ? reprit Rose. Et tu peux me lâcher maintenant !
Carys soupira et relâcha son bras, Rose s'arrêta dans l'escalier. Elle regarda son amie comme si elle lui était étrangère. Rose avait toujours pensé que Carys était fine malgré ses vêtements un peu amples. Mais elle n'avait pas pensé qu'elle était en si bonne forme... Elle commença à envier sa peau légèrement dorée et la forme tonique de son corps quand Carys lui répondit.
- Je suis partie courir, dit-elle. Et maintenant j'ai besoin de ma douche.
- Courir ? Depuis quand ?
- Depuis deux heures, dit-elle en montant dans leur dortoir.
Daisy et Andreas avaient leur rideaux fermés signe qu'elles dormaient encore. Cat le chat de Rose qui passait la plupart de son temps à dormir, à manger et à ronronner était sur le lit de sa maîtresse. Il leva une paupière en entendant du bruit. Carys aurait juré qu'il lui avait lancé un regard assassin avant de fermer les yeux et bondir du lit pour sortir de la chambre.
Carys rejoignit son lit et fouilla dans sa malle un uniforme propre. Elle devait faire vite. Elle attrapa du bout des doigts sa potion et la cacha dans ses vêtements. Sa main commençait déjà à trembler.
- Non mais je veux dire, depuis quand tu cours ? demanda Rose assise sur son lit en train de regarder son amie prendre ses affaires.
- Je sais pas, depuis la deuxième année sûrement...
- Tu es sérieuse ?! Et tu ne m'as rien dit ?
- Je vois pas pourquoi j'aurais eu à le faire. Ecoute, je dois vraiment me doucher. A toute !
Rose n'eut pas le temps de dire autre chose que la porte de la salle de bain se ferma et que l'eau commença à couler.
- Tu sais que ce n'est pas bien de sauter le petit déjeuner, fit Albus en voyant Carys arriver un peu en retard à leur cours de potion bien que Spark n'était pas encore arrivé.
- Oui je sais, dit-elle en s'assoyant à côté de lui. J'avais ma conclusion du devoir de Potion à finir.
Rose fonça les sourcils, Scorpius le remarqua mais Albus ne réagit pas. Il lui donna la pomme et le pain à la confiture de mélasse qu'il avait gardée pour elle. Ils savaient qu'elle avait fini sa conclusion il y a deux jours.
- Est-ce que ça va ? demanda Rose qui se retourna complètement, il fallait bien en profiter quand le prof était en retard. Tu as l'air pâle.
- Je vais bien, assura-t-elle en se reculant pour éviter la main de Rose qui allait tester la température de son front.
Elle sourit pauvrement et fit mine de relire ses notes de la veille. Rose allait encore poser une question intelligente à laquelle Carys avait toujours du mal à répondre quand Eoghan entra dans la classe pour commencer le cours.
Ils continuèrent avec la préparation de Potion de Ratatinage de la semaine dernière. En temps normal cela n'aurait posé aucun problème, mais l'hypersensibilité de Carys était en alerte depuis qu'elle avait pris sa potion en retard. C'était vingt malheureuses petites minutes !
- J'écrase les sangsues et toi les racines de Marguerittes ? Proposa Albus.
Carys hocha la tête n'ayant pas assez confiance pour parler. L'odeur du sang la répugnait. Elle se mit au bord de la table et respirait par la bouche pour ne pas à sentir l'odeur de rouille. Au bout d'un moment, l'odeur lui donna la nausée. Carys toussa et en portant sa main à la bouche elle vit un filet de sang dans sa paume.
- Oh non, murmura-t-elle.
Abus l'entendit marmonner, ses yeux s'écarquillèrent en voyant le sang dans sa main. Carys s'apprêtait à lui assurer que tout allait bien, quand une autre toux la prit par surprise, laissant plus de sang sortir.
- Potter, emmenez Elaine à l'infirmerie, ordonna Eoghan qui passait dans les rangs.
Il regarda Carys avec inquiétude. Un millier de questions lui traversèrent l'esprit. Avait-il mal dosé sa potion ? Avait-elle prit par inattention celle du lendemain où le taux d'horicides était plus bas ? C'était peut-être la verveine, Stephan avait eu un problème avec la verveine le mois dernier...
Rose ne manqua pas de remarquer l'expression soucieuse de Spark. C'était certes son père, sur les papiers, mais il avait l'air ailleurs et non pas de se soucier de que ce qui se passait avec sa fille.
- C'est les sangsues, dit Scorpius à voix basse à côté d'elle.
- Pardon ? fit Rose en sortant de ses pensées.
- Qui l'ont rendue malade, tu as vu comment elle se tenait loin d'Al ? continua-t-il. Elle ne se tient jamais aussi loin d'Al.
- Et elle n'avait pas de mal avec l'odeur du sang la dernière fois quand nous avons fait la potion de renforcement.
- Quelque chose ne va pas avec elle... Elle m'inquiète. Ce n'est pas normal d'être malade si souvent.
- Je suis d'accord mais peut-être nous devrons attendre qu'elle vienne vers nous...
- Malefoy, Weasley. Concentrez-vous, je vous prie, dit Eoghan en interrompant la conversation.
Ils fermèrent la bouche non sans se jeter un regard entendu avant de reprendre leur activité.
- Oh par Merlin...
Mrs. Londubat aida Albus à apporter Carys sur un lit, elle était bien trop pâle maintenant pour prétendre bien aller.
- Elle a commencé à cracher du sang en cours de potion, dit Albus.
- Carys est-ce que tu as mal quelque part ? demanda l'infirmière.
Carys ouvrit à peine les yeux, elle se battait pour rester consciente.
- Albus, va me chercher la bouteille violette dans la troisième étagère là-bas, dit Mrs. Londubat en montrant son placard.
Albus s'exécuta pendant que Mrs. Londubat aidait Carys à cracher le filet de sang de sa bouche, si elle tombait inconsciente, elle pourrait s'étouffer avec son propre sang.
- Je l'ai prise vingt minutes en retard, chuchota Carys avant qu'Albus ne revienne. Juste vingt minutes...
Eoghan faisait sa dernière injection dans le bras de Carys. Ils avaient pu faire en sorte de rattraper les vingt minutes de retard par injection. Eoghan s'inquiétait, Carys allait bien et son cycle de potions avait été rattrapé. Mais ni lui, ni Mrs. Londubat ni Lou ne pouvaient deviner comment Carys allait réagir dans trois nuits où elle serait devenue une boule de poils. Et cela le terrifiait.
- Tu ne devrais pas venir me voir cette fois-ci, dit Carys en regardant Eoghan ranger ses affaires.
- Non ça va aller, dit-il en lui tournant le dos pour cacher son inquiétude.
Carys soupira et laissa sa tête tomber sur l'oreiller.
- Je vais ranger tout ça, annonça Mrs. Londubat pour les laisser tranquille.
Elle sourit avec gentillesse à Carys qui lui adressa un regard désolé. Eoghan était toujours de dos et rangeait ses affaires. Il rangeait toujours quand il était préoccupé, souvent pour le lui cacher.
- Va manger dans les cuisines, lui dit-il. Il faut que tu manges.
- Je n'ai pas faim, répondit-elle honnêtement.
- Ne discute pas avec ça.
Il la prit par l'épaule pour la faire sortir du lit. Carys obligea sans enthousiasme, ils se dirigèrent vers la sortie, quand trois visages familiers entrèrent dans l'infirmerie.
- Carys, tu vas mieux ? demanda Rose en s'approchant la première du père et sa fille.
- Oui oui, beaucoup mieux, assura-t-elle avec un sourire timide.
- Qu'est-ce qui est arrivé à ton bras ? demanda Albus.
Carys baissa les yeux sur le bras gauche qu'il regardait. La manche de sa chemise avait été remontée pour qu'Eoghan puisse lui faire les injections. Elle tenait toujours un petit coton pour éviter de saigner. Autour de la blessure ses veines ressortaient comme de l'encre noire sur du papier blanc tout le réseau sanguin été souligné par le sang noirci par l'injection sous sa peau. Carys remarqua alors à quel point son bras était moche à voir.
- Ce n'est pas aussi grave que ça en a l'air, assura-t-elle.
Eoghan serra doucement son épaule. Carys les regarda avec un œil nouveau, elle comprit qu'il était temps. En regardant les visages inquiets de ses amis, ils savaient que quelque chose n'allait pas bien. Ils se tourmentaient pour elle.
- Je vais vous laisser, dit Eoghan. Bonne nuit les enfants, Carys n'oublie pas de manger avant d'aller dormir.
Carys hocha la tête, elle se laissa embrasser le front rapidement et Eoghan passa devant les trois élèves en leur souriant pour cacher son anticipation. Il avait besoin de faire confiance à Carys, elle allait faire le bon choix.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Scorpius une fois que le professeur Spark était parti.
Ils étaient seuls dans l'infirmerie, Mrs. Londubat était partie dîner. Carys soupira et s'assit au bout d'un lit et rabaissa la manche sur son bras.
- Je vous ai menti, avoua-t-elle avec honte.
Albus avait déjà entendu cela quelque part, en première année avant qu'elle lui dise qu'elle était la fille adoptive de leur professeur de potion. Il s'assit à côté d'elle, tandis que Scorpius prit la chaise à côté du lit mais Rose resta en retrait.
- Alors, tu n'as pas vraiment un faible système immunitaire qui te fait tomber régulièrement malade n'est-ce pas ? commença Albus calmement.
Malgré le manque d'hostilité dans la voix de son ami, Carys baissa la tête sur ses doigts, la peau de ses mains était normale comparée au reste de son bras après son traitement.
- Non, pas vraiment, dit Carys en secouant la tête.
- Eh, ne fais pas une tête pareille, dit Scorpius en approchant la chaise devant elle. Ça ne peut pas si horrible que ça, hum ?
- Ça l'est... confessa Carys en penchant la tête d'un côté dans le naïf espoir qu'ils allaient s'éloigner et la laisser tranquille.
- Nous sommes tes amis Carys, dit Albus. Quoi qu'il arrive tu seras toujours notre amie.
C'était le moment. Celui que Carys avait imaginé dans sa tête des centaines de fois. Et qu'importe les scénarios, ils étaient tous désastreux. Elle regarda Rose un peu plus loin derrière elle. Son amie la regardait droit dans les yeux. Ses yeux étaient bruns et doux d'une gentillesse profonde. Rose lui sourit pour lui faire comprendre.
Rose le savait, elle l'avait deviné. Evidemment, Carys dormait dans le même dortoir qu'elle pendant toute la période scolaire et passait ses journées avec elle. Elle s'approcha et posa une main timide sur son épaule, celle qui n'avait pas reçu l'injection. Carys eut le réflexe de se dégager l'épaule au toucher chaud de la petite main de Rose mais quand elle s'apprêta à bouger, sa main exerça une faible pression lui faisant comprendre qu'elle était là et qu'elle ne la laissait pas tomber.
Carys respira profondément et regarda Scorpius et Albus dans la peur de les perdre, elle leur avait menti. Quelle sorte d'amie mentait à ses amis ?
- Je suis atteinte de lycanthropie.
Dans le prochain chapitre :
Harry a l'occasion de faire plus ample connaissance avec Carys.
Merci aux gentilles reviews et pour l'inconnu(e) ; oui c'est une référence à Roméo et Juliette tout comme les noms des hiboux d'Albus et Scorpius (Andromaque et Hector) à la tragédie de Racine. Dans un registre plus récent la phrase "La politesse est une déception dans un joli paquet" est une traduction littérale d'un phrase des Sincères dans la série Divergent. J'aime mettre des références et je suis tout en joie quand on les trouve :)
Chapitre corrigé par Oxymore
A+
Code bleu :)
