12 Square Grimmaurd

Stephan et Carys s'approchèrent de plus en plus vite. De là où il se tenait, Eoghan n'avait aucune idée de qui était en tête.

Stephan était dans sa période « je-prends-dix-centimètres-par-semaine », Lou et lui faisaient en sorte que sa taille se comblait le plus rapidement possible avec des muscles. Être grand et maigrichon n'allait pas lui être favorable avec ses problèmes mensuels. Carys grandissait toujours, moins rapidement que son ami mais elle connaissait le même problème que Stephan ; celui de prendre du poids. Eoghan avait été néanmoins, content de son dernier bilan. Elle avait prit 1kg en trois mois et son appétit augmentait. Il pouvait pour cela remercier Rose qui avait constamment à manger dans son sac et mettait un point d'honneur à toujours partager.

Lou prépara le matériel quand ils furent à cent mètres d'eux. Stephan affichait un brillant sourire, le genre de sourire que Lou ne voyait pas souvent. Il franchit la ligne d'arrivée le premier. Les deux adolescents ralentirent pour s'arrêter un peu plus loin et Eoghan inscrivit les temps sur son parchemin tandis que Lou avait déjà ses quatre seringues prêtes.

- Tu as triché... fit Carys à bout de souffle.

- Mauvaise perdante, lui répondit Stephan qui semblait être sur le point de s'effondrer dans l'herbe.

Elle n'avait pas la force d'aller le frapper, au lieu de ça, Carys tendit son bras à Lou pour qu'elle lui prenne sa fiole de sang. Stephan prit la seringue et le fit le prélèvement lui même, il n'avait jamais aimé qu'on lui enfonce les aiguilles.

- Je ne veux rien entendre, répliqua Lou quand les deux enfants allaient s'accuser l'un et l'autre. Allez vous étirer !

Elle leur donna leur potion à injecter - parce que, malheureusement, c'était plus facile que de la boire - et un coton pour éviter les saignements inutiles avant de libeller ses échantillons. Stephan ronchonna, il détestait s'étirer. Carys eut un petit rire sachant qu'il n'était pas très souple. Il arrivait parfois que Carys le poussait accidentellement quand il était dans une position très délicate. Il perdait alors son équilibre, on le retrouvait face contre terre à côté d'une Carys pliée en deux.

- C'est fantastique de ne pas transpirer, fit Stephan quand son souffle fut moins saccadé.

Il s'allongea à même le sol. C'était un bel après-midi de juillet. Près de chez lui, il y avait que des champs et Lou avait proposé d'y faire le terrain d'entraînement pour les enfants. C'était un espace large et sans barrières, tout le contraire de la maison clôturée de Stephan. On y était à quelques minutes de marche et personne ne venait les embêter grâce au décret qu'Eoghan avait pu obtenir pour sécuriser la zone de tout moldus. Sur un rayon de cinquante kilomètres, les moldus voyaient une vaste étendue d'herbe entourée de barbelés avec une pancarte qui disait « PROPRIÉTÉ PRIVÉE CHIENS DANGEREUX ». Ce qui avait fait rire Carys car techniquement, ce n'était pas très loin de la vérité.

- Ouais mais je me sens toujours collante après avoir couru de toute façon. Je vais prendre une douche...

- Quoi ? Déjà ? s'exclama Stephan qui roula sur le côté pour regarder Carys. Mais on n'a encore rien fait...

- Eoghan ne t'a pas dit ?

- De quoi ?

Carys regarda Eoghan qui pouvait les entendre, mais le lâche avait prit un soudain intérêt à leurs résultats sanguins. C'est vrai qu'ils étaient impressionnant mais avec le temps, il devait en être habitué.

- Je dois faire ma malle, je passe le reste du mois d'août avec Al et Rose, annonça Carys.

Stephan se leva. Il regagna d'un coup tout l'avantage qu'il possédait du haut de son mètre soixante dix-neuf.

- Pardon ? s'écria Stephan. Mais... Tu ne vas jamais chez eux pendant les vacances ! Tu restes à la maison.

C'était presque un ordre sortant de sa bouche. Carys soupira, elle savait qu'elle aurait du lui dire plus tôt. Elle se leva à son tour et essuya machinalement ses genoux où de l'herbe s'était collée.

- Albus m'a réinvitée cet été. Cette fois sa famille est au courant pour moi. C'était ce qui m'empêchait à y aller... Stephan, ne fais pas cette tête ! Ce n'est pas ce que je dors chez lui que je ne pourrais pas prendre le Magicobus jusqu'ici.

- Toute sa famille est au courant ? Les cousins aussi ?

- James, Lily, Hugo sont au courant.

- Et les Malefoy ?

- Non quand même pas... Scorpius n'a pas préféré leur dire tout de suite.

Stephan se tut un moment. Comment pouvait-elle dire qu'elle était un loup-garou à tout le monde ? Ne passait-elle pas déjà assez de temps avec eux ?

Stephan ne la voyait que pendant les vacances. Maintenant que sa petite bande de Poudlard était au courant, elle n'avait plus à revenir chez lui pour parler librement de ses soucis ; que lui pouvait comprendre. Stephan était toujours là pour cela. Même s'il faisait semblant que cela l'agaçait.

Carys le sortait un peu de sa coquille. Elle était différente de Peter, sa mère et de Lou. Peter le poussait dans l'inconnu, sa mère l'endurcissait, Lou lui donnait assez d'amour pour faire une crise de diabète. Carys lui apprenait à vivre. Elle faisait de Stephan une meilleure personne. Avant elle, il ne savait pas que la loyauté d'une amitié était précieuse. Elle lui avait fait comprendre qu'on pouvait se laisser aller de temps en temps. La vie c'était se faire du souci, aimer, faire confiance. Sans ça, la vie n'avait pas vraiment de sens.

Il n'avait jamais songé que ses amis de Poudlard lui étaient aussi cher que lui. Pour Stephan, enfermée dans sa vision égoïste et unilatérale, il n'y avait qu'elle et lui.

Les autres ne pouvaient pas comprendre ce qu'ils vivaient, même Eoghan l'avait reconnu, il les avaient présentés l'un à l'autre pour cette raison.

Mais peut-être que Carys voulait oublier, se sentir normale. Stephan était cynique et flegmatique. Ils étaient enjoués, drôles, vivants dans tout les sens du termes. Ils prenaient des risques, faisaient des conneries. A côté, Stephan avait l'air d'un garçon coincé, sinistre et ennuyeux.

- Eh ne pense pas à des choses comme ça, dit Carys en lisant toutes ses pensées sur l'expression blanche de son visage. Tu sais que tu seras toujours mon ami, Stephan. J'aime Rose, Albus et Scorpius mais je t'aime aussi.

- Alors pourquoi tu ne m'as pas dis ça plus tôt ? Tu allais laisser ton père me dire que tu était partie à Londres, comme ça, du jour au lendemain ? demanda Stephan en regardant sérieusement Carys dans les yeux.

- Je voulais pas que tu fasses une crise de jalousie ! Mais de toute façon quand ils s'agit d'eux, quoi que je fasse tu me fais une crise de jalousie !

- Ces gens ne sont pas comme toi et moi, Carys ! Je ne vois même pas ce que tu leur trouves ! mentit-il dans un élan de mauvaise foi. D'après tes histoires, Malefoy m'a juste l'air d'être un guignol égocentrique, Weasley une intellectuelle frustrée et Potter...

- Stephan arrête ça. Maintenant.

Stephan soupira. Carys secoua la tête et prit le chemin vers la maison. Stephan la regarda, sa petite queue de cheval se balançait aux mouvements de sa tête.

Il mordit l'intérieur de sa joue si fort qu'il avait le goût du sang dans sa bouche. Il décida qu'il valait mieux qu'il aille courir encore un peu. Cela lui évitera de trouver un moyen stupide d'empêcher Carys de partir.


Carys arriva le soir un peu avant le dîner chez les Potter. La maison magique était sortie pour qu'elle puisse y la trouver plus facilement. Carys se demanda si Rose et ses parents étaient arrivés. Elle obtient rapidement sa réponse quand la porte s'ouvrit et Rose descendit les marches.

- Carys ! Enfin te voilà ! s'exclama Rose en ouvrant le portail de la maison.

Son amie la salua avec une éteinte. Rose était plus petite qu'elle. Le nez de Carys lui chatouillait à chaque fois qu'elles se prenaient dans les bras à cause de la tignasse rousse à l'air libre de Rose.

- Salut Rose, dit Carys en lui retournant son embrasse. Ça fait du bien de te revoir aussi.

- Viens, tout le monde est excité de te rencontrer ! dit-elle en prenant sa malle. Enfin dans un bon sens. Pas dans le sens que tu es un loup...

- Rose j'ai compris, assura Carys en souriant.

- Ouais... toussa Rose avec un sourire timide. Rentrons.

La maison des Potter était... grande. Pas aussi grande que celle de Stephan parce qu'elle était en ville, mais cela ne l'étonnerait pas qu'on avait jeté quelques sorts pour agrandir les lieux. Dans le couloir on pouvait déjà sentir l'odeur de nourriture alléchante et entendre les conversations qui animaient la maison.

- Bonsoir Carys, dit une femme en sortant dans le couloir. Je suis Mrs. Potter.

Mrs. Potter était une très jolie femme. Ses cheveux était d'un roux plus clairs que ceux de Rose. Ils étaient lisses qui entouraient gracieusement son visage. Elle avait un sourire doux qui formait des petites fossettes près des coins de sa bouche comme James.

- Bonsoir Mrs. Potter, je suis désolée du retard. J'étais un peu loin de Londres, s'excusa-t-elle en serrant lui main.

- Oh non ne t'en fais pas pour ça, Al n'a même pas terminé de prendre sa douche. Rose, si tu allais montrer votre chambre et dire à Al de se dépêcher ?

Elle fit léviter la malle d'un coup de baguette.

- Oui tante Ginny. Carys suis moi, lui dit Rose en montant les escaliers tout en poussant la malle avant elle.

- Le dîner sera prêt dans quinze minutes, informa Mrs. Potter.

Le mur de l'escalier qui montait à l'étage était orné de plusieurs photos de familles. Carys y reconnut deux garçons qui étaient sans nuls doutes James et Albus, avec des petits balais et les membres protégés avec précautions. James ne devait pas avoir plus de sept ans sur la photographie, à cet âge, Albus lui ressemblait beaucoup plus que maintenant.

Il y avait des photos de leurs cousins, Rose et Hugo; Louis et ses sœurs; Fred et Roxane; deux filles rousses qui devaient être les filles du Directeur du Département des Transports Magiques. Il y avait aussi des photos d'un petit garçon avec des cheveux turquoises qui soudainement les changea en orange vifs pour aller avec le reste des Wealsey qui riaient.

- C'est Teddy, dit Rose en la voyant regarder cette photo en particulier. Teddy Lupin. Il est partit de Poudlard l'année où nous sommes entrés.

- Ce n'est ni un Potter ni un Weasley, pointa Carys.

- C'est le filleul d'oncle Harry, ses parents sont morts pendant la guerre et il a été élevé par sa grand-mère. Mrs. Tonks m'a toujours fait un peu peur, mais Teddy ne semble ne jamais en être impressionné. C'est la sœur de la grand-mère de Scorpius. La mère de Teddy était une métamorphage et son père un... loup-garou.

Carys leva la tête vers Rose. Elle regardait aussi la photo, Teddy changeait constamment de couleur de cheveux. Il souriait brillamment, heureux d'être le centre de l'hilarité.

- Tu ne m'as jamais dit ça, dit Carys.

- Non en effet, ça vient juste de me revenir. Il ne parlait pas beaucoup de ça...

Carys hocha la tête. Elle se demanda si c'était parce que sa mère était une métamorphage qu'il n'avait pas été un lycanthrope comme son père. Est-ce que c'était forcement héréditaire quand un autre gène de s'interposait pas ? Est-ce qu'il existait des lycanthropes avec des enfants normaux ?

Rose sortit de ses songes et la conduisit dans leur chambre. Elle était au premier, alignée avec d'autres portes dans le couloir. La chambre était spacieuse, les affaires de Rose étaient sur un des deux lits.

- Le lit est un peu petit, mais il est confortable.

- C'est parfait, affirma Carys en notant que sur l'autre lit, la couverture était verte.

- Rose ? J'ai entendu la porte, est-ce que Carys est arrivée ? demanda la voix d'Albus dont la tête, avec les cheveux encore humides de la douche, apparut à la porte.

Carys remarqua qu'Albus avait grandi. D'ici la fin de l'année, il allait sans doute la dépasser. Cet été, les Potter étaient partis une semaine chez Louis à la Chaumière aux Coquillages. Le vert de ses yeux ressortait incroyablement sur son bronzage.

- Elle est arrivée oui, répondit Carys avec un sourire.

- Tu as fait bon voyage ? questionna-t-il.

Il la prit dans les bras et se laissa embrasser sur la joue. Albus lui sourit en voyant le bout de son nez mouillé par ses cheveux et la relâcha. Il tenta de les sécher le plus vite possible avec sa serviette de bain. Même si, de toute manière, sa tignasse ne serait jamais sèche avant la fin du dîner s'il n'utilisait pas de magie. Scorpius disait qu'il avait carrément besoin de l'aide de Merlin. Il pouvait bien parler, ses cheveux étaient parfaits !

- Ça va, j'ai pris le Magicobus.

- Et tu as encore ton estomac ? Je suis impressionné !

- J'étais trop fatiguée pour faire attention à la conduite.

- Tu devrais t'allonger un peu avant le dîner, lui conseilla Rose. Quand les adultes parlent, quinze minutes deviennent trente minutes.

- Non c'est bon, assura Carys bien qu'elle s'assit sur le lit. Il se pourrait que je retourne en Ecosse, tu crois que tes parents seront d'accord avec ça, Al ? C'est pour l'anniversaire de Stephan.

Cat entra dans la chambre, bien que le verbe "se dandiner" était mieux approprié. Le chat de Rose était blanc et gris avec de magnifique yeux bleus. Elle passait ses journées sur le lit de Rose. Elle s'arrangeait pour entrer dans les salles communes et se faire caresser par tous les membres de la famille Weasley.

Et son poil se dressait à chaque fois que Carys s'approchait de l'un d'entre eux. Un jour, Carys rendait le manuel de Louis dans la salle commune. N'ayant pas vu la boule de poil sur les genoux du garçon, Carys s'était fait méchamment griffer le long de son avant-bras. A présent, Carys portait cette humiliante cicatrice sous la manche de sa chemise.

Cat frôla les pieds d'Albus avec affection et le garçon se baissa pour caresser la petite tête. Elle ronronna et ouvrit les yeux pour fusiller Carys du regard qui recula d'un pas d'Albus. Son pelage gris-blanc s'hérissa mais et elle passa son chemin, telle une diva, en l'ignorant pour venir sur les genoux de Rose.

- Euh toute seule ? reprit Albus en regardant le chat s'en aller.

- Et bien oui je ne souhaite pas qu'aucun de vous ne me vois en train de me faire botter les fesses à l'escrime.

- Peut-être qu'on pourrait le rencontrer, suggéra Rose. Qu'il voit que nous sommes pas les méchants amis qui cherchent à te voler.

Albus sourit à la pauvre tentative de Rose à détendre la situation. Depuis que Carys avait mentionné son ami Stephan, elle ne l'avait décrit que par ce caractère antipathique et égoïste. D'abord Scorpius, Albus et Rose s'étaient demandés s'ils étaient réellement amis mais il était clair que Carys tenait au garçon. Ils se comprenaient. Stephan était dans la même condition qu'elle et qu'importe à quel point ils essayaient de la comprendre et de la soutenir, Stephan était plus compréhensif. Et puis, il ne devait pas être quelqu'un de si horrible, Carys était son amie après tout.

- Non je ne crois pas que sa mère le prendrait bien, dit Carys. Mrs. Watson est une femme... très protectrice.

- Dommage que Scorpius n'est pas avec nous, il sait habituellement bien parler aux femmes. J'ai reçu une lettre de lui avant hier. Il est en Espagne et te dit holà mi corazón. J'ai aucune idée de ce que ça veut dire.

Mr et Mrs Greengrass avaient jeté leur dévolu sur l'Espagne. Le plus comique était que Scorpius ne bronzait pas, il brûlait sous le soleil.

Scorpius passait souvent une partie de ses vacances avec ses grands-parents. Mr. et Mrs. Greengrass aimaient voyager et prenaient souvent les enfants de leurs filles avec eux. Scorpius avait essayé d'inviter Albus plusieurs fois pendant les périodes de vacances, sans succès. Il était déjà venu au manoir, mais n'était jamais resté pour dormir. Il n'avait pas osé demander à ce que Rose et Carys viennent. Mrs. Malefoy aurait été scandalisée à l'idée que des filles dorment dans la chambre d'à côté de son fils.


Ils se mirent à table et Carys fut reconnaissante d'être assise à côté d'Albus et de Rose et on commença à se passer les plats. Albus prit le plat de pommes de terres frites, se servit et le passa directement à Rose.

- Al, tu n'as pas laissé Carys se servir, remarqua son oncle Ron avec les sourcils foncés.

- Oh non, j'évite de manger des aliments frits. L'huile empêche mon métabolisme d'absorber mon traitement.

- Ah... fit Ron en rougissant. Je l'ignorais.

Hermione lui adressa un regard. Ils s'étaient mis d'accord pour ne pas embarrasser Carys pendant le dîner.

Carys avait écrit une lettre aux parents d'Albus et Rose en fin d'année leur expliquant sa condition. Albus et Rose l'invitaient souvent chez eux pendant les vacances d'été. Mais Carys se refusait d'y aller. Ils n'avaient aucune idée du danger potentiel qu'elle représentait.

Maintenant que ses amis savaient qu'elle était un loup-garou, il fallait qu'elle explique à leurs parents tout ce que cela impliquait de l'inviter chez eux. Par conséquent, les frères et sœur de Rose et d'Albus étaient au courant mais ils s'étaient engagés, d'eux même, à ne rien dire au reste de leur famille.

- Il n'y pas de quoi Mr. Weasley, l'assura Carys en lui souriant timidement.

- Carys mange toujours très sainement, la vanta Albus. Plus que moi, d'ailleurs !

- C'est parce que tu as une tendance à ne pas pouvoir t'arrêter quand tu manges un morceau de chocolat, se moqua Rose.

- Sam Dubois m'a parlé de toi, fit soudainement James. Il m'a dit tu pourrais entrer dans l'équipe. Le poste d'attrapeur s'est libéré tu sais, et j'ai hâte de trouver quelqu'un qui peut botter les fesses de mon petit frère.

James était capitaine depuis sa quatrième année et de loin le meilleur Poursuiveur de tout Poudlard. Il avait remporté la coupe de Quidditch deux années de suite pour et s'était fait battre par les Serpentard l'année précédente. Cela ne l'avait pas empêché de recevoir les yeux doux de plusieurs clubs professionnels comme les Flaquemards, les Flèches d'Appleby et les Frelons de Wimbourne. La rumeur disait qu'il considérait une carrière de Quidditch très sérieusement après Poudlard mais n'avait encore rien décidé.

- Je me suis dit depuis la deuxième année, que je ne toucherais plus jamais un balai pour le reste de ma vie. Sam me terrifie.

- Il fait cet effet à tout le monde, ria James.

Après cela le repas se passa sans difficultés ni gênes. Rose et Albus voulaient absolument éviter tous les sujets qui pouvaient obliger Carys à parler de sa lycanthropie. Ils réussirent avec Albus qui était toujours là pour relancer un nouveau sujet de conversation et Rose y ajoutait son grain de sel.

Ils finirent tous dans le salon à prendre le thé et Lily et Hugo étaient leur chocolat chaud. Ils commencèrent à jouer aux cartes explosives et Albus les rejoignit ainsi que Ron pendant qu'Harry lisait la Gazette qu'il n'avait pas eu le temps de finir le matin même.

- Vous trouvez quelque chose que vous aimez ? demanda Ginny.

Rose avait été appelé pour la corvée de vaisselle qu'ils faisaient sans magie avec James. Carys avait proposé son aide, mais très rapidement Hermione l'avait obligée à retourner dans le salon sous prétexte qu'elle était l'invitée. Carys était donc retrouvée près de la petite étagère de livres, un peu éloignée du reste du groupe. Les yeux de Carys avait divagué avec curiosité sur les titres.

- Il n'y a pas que ça, ajouta Ginny. Hermione a personnellement rempli la bibliothèque de cette maison, elle sait que Rose aime bien avoir des livres à portée de main quand elle est ici.

- Vous avez les livres de Warren Moore, remarqua Carys.

Warren Moore avait écrit trois livres traitant de lycanthropies. C'était un spécialiste dans le domaine il avait passé trois mois dans un repère pour les étudier en Suède. Il avait fait des études avancées sur la potion Tue-Loup. Moore était à l'origine de plusieurs progrès révolutionnaires ce qui lui a valu d'obtenir le titre d'Ordre de Merlin. Il aurait eu une carte chocogrenouille s'il avait accepté la séance photo.

- Ce sont les miens, dit la voix grave d'Harry. Moore a fait des travaux remarquables. J'ai beaucoup apprit en lisant ses livres.

Carys eut un sourire et demanda d'un geste si elle pouvait en prendre un et Harry hocha la tête. Elle vint s'asseoir sur le fauteuil à côté d'Harry.

- Tu le connais ? demanda Harry.

- Warren Moore est en réalité Eoghan Spark, dit Carys avec un vague sourire tout en feuilletant des pages qu'elle connaissait par cœur. Il a prit le pseudonyme de Warren Moore pour publier ses travaux. Ne répétez pas ce que je viens de vous avouer, il déteste la reconnaissance publique.

- Alors nous avons un point commun, dit Harry avec un sourire.

Carys sentit son visage se détendre et ses lèvres sourirent toutes seules.

- Parfois je me dis que je devrais écrire deux livres sur sa vie en réponse à La théorie des homo candae, dit-elle avec un sourire amusé en voyant la dédicace "à S.C. Ray".

- C'est mon préféré, dit Harry. Les lycanthropes qui vivent ensembles sont rares. Le plus souvent, ils sont solitaires.

- C'est vrai mais souvent la pensée de meute peut aider le développement de chaque individu. Ça marche comme dans une société. Le collectif aide l'individu et chacun apporte une valeur sur la table.

- Dis-moi, comment le lien fonctionne ? Est-ce que... est-ce que c'est vrai ?

Un chapitre entier était dédié à ce lien dont Harry parlait. Ils avaient découvert ce phénomène quand Carys et Eoghan avaient commencé à travailler avec Stephan et Mrs. Watson.

A la pleine lune, les loups-garous, avaient une sorte de connexion. Peut-être que c'était la façon particulière que les animaux avaient à communiquer. Peut-être que c'était l'amitié entre Stephan et Carys ou le sang qui coulait dans les veines de Stephan et sa mère. Mais il y avait définitivement quelque chose qui les aidait à se comprendre, à s'anticiper. Même quand Carys était à Poudlard et Stephan chez lui, ils pouvaient ressentir les émotions de l'autre.

Bien plus tard dans la soirée quand tout le monde était en pyjama, et que qu'on allait bientôt dormir. Albus fut surpris de croiser son père en descendant les escaliers.

- Salut p'tit singe, dit Harry en souriant affectueusement à son fils.

- Papa je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça, c'est embarrassant...

Harry ria et décoiffa les cheveux de son fils, Albus sourit et se dégagea mollement de son père.

Albus avait mangé une friandise quand il avait trois ans (Harry avait toujours soupçonné que c'était Fred qui lui avait secrètement donnée) et il s'était mis à faire des bruits de singe au plein milieux d'une rue remplie de moldus, sans que ses parents n'en comprennent rien et cela pendant vingt bonnes minutes.

- Tu sais où est Carys ? On allait jouer à une partie de cartes explosives mais on ne la trouve pas.

- On était en train de parler dans la cuisine, dit Harry.

- Tu lui as parlé de Remus ?

Harry hocha la tête patiemment. Il savait qu'Albus les avait regardés du coin de l'œil et qu'il les avait écoutés d'une oreille pendant la soirée. Parfois, ses cousins et sa sœur avaient dû l'appeler plusieurs fois pour qu'il fasse jouer ses cartes.

- Comment ses amis ont réagi quand ils l'ont su ? Grand-père, Sirius ?

Harry eut un frisson en entendant James Potter être appelé « grand-père » et le nom de son parrain dans la bouche de son fils. Quand Harry parlait de son passé à ses enfants, il lui racontait les liens d'amitiés, les histoires banales, les anecdotes. Le genre de choses que des enfants devraient entendre de leurs parents. Savoir comment ils se sont rencontrés, comment Sirius et James avaient obtenu le nombre le plus élevé de détentions de toute l'histoire de Poudlard.

Il ne lui racontait pas comment leurs grands-parents sont morts ou que Sirius est ressorti après treize ans de prison à Azkaban. Parfois, il regrettait, il pensait qu'il aurait dû tout leur raconter. Mais il n'y arrivait pas, c'était ses enfants. Tous les parents essayent de protéger leurs enfants.

- Ils ont fait quelque chose de très stupide et de très dangereux, répondit Harry.

- C'est-à-dire ?

- Ils sont devenu animagris pour pouvoir rester avec lui lors de sa transformation.

- Oh...

Albus n'avait jamais entendu quoi que se soit sur les animagris. Il se dit qu'il devrait poser la question à Rose plus tard.

- Je vais aller voir Carys, dit finalement Albus. Bonne nuit papa.

- Bonne nuit Al, répondit son père en le laissant descendre les escaliers.

Harry monta dans sa chambre en se demandant s'il ne venait pas de faire une grosse bêtise.

Albus retrouva Carys devant la fenêtre dans la cuisine avec une tasse dans les mains.

- Est-ce que ça va ? s'inquiéta Albus

- Ouais, je bois juste un peu avant de monter. Une tasse ?

Albus accepta et lui tendit sa tasse avant qu'elle ne puisse aller la chercher. Carys versa l'eau chaude et trempa le même sachet de thé qu'elle venait d'utiliser. Albus remarqua qu'elle savait comme il aimait son thé; léger, presque pas coloré. Il la remercia et s'appuya contre l'évier pour boire.

Carys regardait par la fenêtre. Il faisait noir dehors, les étoiles étaient à peine apparentes et on voyait les trois quarts de la lune. Il y avait, sur un arbre, un abri qui nichait les hiboux de la famille. Carys était plus qu'heureuse de voir qu'ils n'avaient pas à être dans le même espace qu'elle.

- Désolé pour mon père, il t'a un peu monopolisée ce soir, s'excusa Albus.

- Non ce n'est rien. J'ai passé un très bon moment avec lui. Il a même envie de rencontrer Eoghan et discuter.

- C'est super !

Albus sourit, cela lui faisait plaisir que son père et celui de Carys allaient se rencontrer. Il était sûr qu'ils s'entendraient bien. Harry parlait de Remus avec beaucoup de respect et d'admiration et il pouvait retrouver cela quand Harry parlait discrètement avec Carys ce soir là. Albus pensait sincèrement que Carys méritait le respect du plus grand sorcier du siècle (selon un sondage récent de La Gazette), elle était forte et courageuse. Mais Albus était déçu qu'elle ne leur avait fait confiance plus tôt, Carys méritait des amis qui soient toujours là pour elle.

- C'est une bonne idée, la petite maison pour les hiboux, commenta Carys.

- On l'a construite avec notre oncle Charlie quand on était petits. C'est Lily qui a insisté pour faire un cœur à l'arrière, elle a toujours eut un faible pour lui.

Albus sourit à l'anecdote. C'était un bon souvenir. Charlie s'était fait crier dessus par Ginny parce qu'il avait autorisé James à polir le bois avec un appareil moldu. Ce qui d'après elle, était très dangereux. Ils avaient tellement ri ce jour là.

- Le dresseur de dragon ? demanda Carys, Albus et Rose avaient tellement d'oncles qu'il était facile de les mélanger.

- Oui, d'après les dernières nouvelles il est dans une réserve en Australie.

Ils restèrent silencieux pendant un moment et burent leur thé chaud. Albus regardait la lune à travers la fenêtre en se demandant comment un astre si magnifique pouvait déformer son amie si drastiquement tous les mois.

Carys était un peu grande pour les filles de son âge. Sa silhouette était athlétique, son corps n'avait pas l'air d'avoir subi des centaines de transformations douloureuses. Elle avait l'air inoffensive.

Elle avait des cicatrices auxquelles Albus n'avait jamais vraiment prêté attention. Par exemple, celle sur sa cheville gauche, elle était en biais, large et blanche visible seulement quand elle était pieds nus. Il y en avait une sur sa joue gauche, à peine visible sur sa pommette. Ou encore une dans son dos, dont Albus n'avait jamais vu la fin parce qu'il n'apercevait que le début, la base de son cou.

Maintenant qu'il connaissait toute l'histoire derrière elles, il les trouvait magnifiques. Il l'admirait avec respect.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Al ? demanda Carys qui le surprit en train de la regarder.

- C'est jusque que... J'essaye de t'imaginer en loup, admit-il.

Carys sourit ses yeux gris étaient brillants et non pas vexés comme Albus l'imaginait après avoir avoué ses pensées.

Ce fut à ce moment là que la réalisation le frappa. Il savait bien que la couleur des yeux de Carys était d'un gris particulier. Et ce soir là, il se rendit pleinement compte que ses yeux avaient capté la même lueur grise éclatante de la lune.

- Eh bien je ne suis pas bien grande, environ comme ça, dit-elle en mettant sa main au niveau de la hanche d'Albus. Et brune comme la couleur de mes cheveux. Il faut que je songe à les couper si je ne veux pas qu'à la prochaine lune je trébuche sur mon propre pelage.

Carys eut un rire et Albus sourit. Il était content qu'elle n'aie pas mal pris sa remarque. Parfois, quand Albus se trouvait avec les personnes dont il était proche, il lui arrivait qu'il dise un peu trop rapidement ce qui lui passait pas la tête.

- Ouais, tes cheveux courts me manquent, dit-il avec un sourire.

Ses cheveux lui arrivaient toujours à la clavicule, parfois un peu plus haut quand Eoghan ratait sa coupe ; à présent, ils avaient poussé depuis la fin de l'école.

- Je suis désolé que tu ne puisses pas manger de la mal bouffe, dit Albus. C'est honnêtement la chose la plus merveilleuse au monde.

- Eoghan me surveille pour que je maintienne une excellente santé physique. Ça réduit la prise de Tue-Loup lors de la pleine lune.

- Comment est ce que ça marche ? questionna-t-il. Je n'ai franchement jamais lu les livres de ton père, Rose a dû certainement le faire.

- Le corps humain des lycanthropes est naturellement plus faible que les humains normaux. Alors, on le rend plus fort, par une nourriture saine et par de l'activité physique. Il supporte plus facilement la transformation. Comme le corps est plus fort, la potion demande moins d'ingrédients ; et en réduisant le nombre d'ingrédients, on réduit les risques d'effets secondaires.

Au final, Albus et Carys restèrent dans la cuisine. Ils ignorèrent Cat qui passait régulièrement pour garder un œil sur eux et les pétards qui explosaient à l'étage dans la chambre de James pendant que Ginny lui remontait les bretelles. Albus n'avait pas eut une soirée aussi reposante que celle-ci depuis longtemps.


Dans le prochain chapitre : Eoghan a de l'intuition maternelle, c'est assez mignon je dois dire... Et c'est le début de nouvelles aventures ! On y arrive doucement mais sûrement, laissons les enfants grandir.

MERCI pour les gentils mots, ça fait toujours plaisir d'entendre des retours positifs et de voir que mes heures passées à m'imaginer cette histoire vous fait aussi passer bon moment !
Pour répondre à la guest et à wolfie (chouette username btw): j'ai déjà plus ou moins terminé 26 chapitres. Sachant que je n'ai pas encore de fin bien claire dans mon esprit et que j'ai quelque "essais" par-ci par-là que je publierais certainement à la toute fin pour les courageux (j'ignore combien de temps je vais mettre pour finir cette histoire) ou bien je les mettrais dans le recueil que j'ai publié (et que je n'ai toujours pas mis à jour) il y a un moment. Moins de 50 chapitres mais rien n'est certain. Je salue quand même tout les auteurs qui font plus de 200 000 voir 500 000 mots de fiction, on ne peut pas dire que vous y mettez pas du cœur.

Chapter bêta-read by Oxymore.

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