Grandir
Quatrième année
- Allez s'il te plaît viens avec moi, je n'ai vraiment pas envie d'y aller toute seule, supplia Rose.
- Et moi j'ai vraiment la flemme d'y aller, lui dit Carys pour la cinquantième fois depuis le début de la soirée. Si tu tiens vraiment à ce que quelqu'un t'accompagne tu n'as qu'à demander à Louis ou...
- Non je veux que tu m'accompagnes, s'il te plaît...
Carys roula les yeux, Rose voulait absolument poster sa lettre à ses parents ce soir pour qu'elle arrive le jour de leur anniversaire de mariage. Elle la regarda de ses grand yeux bruns la suppliant et finalement, Carys céda, comme toujours.
- Je ne rentre pas avec toi dans la volière. Par Merlin, j'aurais juré que tu veux que ces foutus pigeons me dévorent...
Rose eut un petit rire et attrapa un pull pour se couvrir du froid de ce mois de septembre. Elles partirent de la salle commune alors que le couvre-feu était proche mais les préfets étaient toujours plus cléments le vendredi soir. Rose commença à lui parler de cet article qu'elle avait lu dans la Gazette quand Carys remarqua qu'elles descendaient les escaliers plutôt que de les monter jusqu'à la volière.
- On va dans la mauvaise direction, remarqua-t-elle en coupant Rose dans son monologue.
Son ami se retourna, un sensible sourire au coin de sa lèvre.
- De quoi tu parles ? demanda-t-elle innocemment.
- Rose, si tu voulais aller aux cuisines manger des profiteroles...
- Non non, arrête de croire que tout est motivé par la nourriture !
- C'est souvent le cas chez toi et Al.
Elle ria mais continua à marcher cette fois-ci au Nord dans le cinquième étage pour prendre un escalier direction Sud pour arriver au quatrième étage. Carys était de nature patiente, elle ne lui demanda pas où elles allaient et cela enlevait un peu d'excitation à son amie qui avait habitude de la curiosité maladive d'Albus.
- Tu me demandes pas où ce que nous allons ? demanda Rose.
- Non je verrai bien par moi-même d'une façon une d'une autre.
Rose sourit et finalement après quelques vagabondages elle toqua à la porte d'une salle de classe au quatrième étage direction Ouest et n'attendit pas qu'on lui dise de rentrer pour ouvrir la porte.
La salle de classe était illuminée par une lampe à gaz et à la lumière de celles-ci, Carys reconnut Scorpius et Albus. L'un assis sur une table et l'autre se balançant sur une chaise.
- Bonsoir, dit Scorpius un immense sourire sur son visage.
- Bonsoir, répondit Carys naturellement alors qu'ils s'étaient souhaités bonne nuit quelques minutes plus tôt.
Elle prit en compte les nombreux livres empilés sur la table à côté des garçons. Ils n'étaient pas encore en pyjama alors que Rose et elle l'étaient. Son amie posa son sac et sortit d'autant plus de livres.
- On ne va pas travailler quand même ? Demanda Carys.
- Moi travailler ? Dit Scorpius en riant. Jamais un vendredi soir.
- Alors pourquoi...
- Viens t'asseoir Carys, invita Albus en tirant une chaise à côté de lui.
Carys regarda Rose mais elle continuait à sortir des livres de son sac. Par habitude Carys regarda la chaise qu'Albus avait tirée avant de finalement s'asseoir sur une autre chaise en face de lui. Albus eut un petit rire et Scorpius sauta de la table où il était assis pour prendre la chaise qui était à côté de Carys. Elle devient raide.
- Ne soit pas si rigide, dit Scorpius en prenant ses épaules. On est tes amis, n'est-ce pas ?
- Des amis qui ont un esprit tordu, fit Carys en se dégageant des mains de Scorpius.
- Elle a raison, admit Albus en prenant un livre dans la pile de Rose. Nous sommes ici pour une raison bien particulière, Miss Elaine.
Scorpius hocha la tête vigoureusement. Il lui adressa un large sourire, ses yeux gris-bleus brillants de malice. Rose s'assit à côté d'Albus en face de Scorpius. Elle ferma sa veste pour avoir plus chaud et Albus posa ses mains devant lui tout en la regardant droit dans les yeux. Scorpius but une tasse de thé à partir d'une théière volée à la cuisine.
- Tu sais qu'il y avait un autre loup-garou qui habitait dans ce même château ? demanda Albus, ses yeux verts brillants à la lumière de la seule lampe à gaz.
- Oui, répondit Carys avec précaution, sa voix à peine audible.
- Remus Lupin était ami avec Sirius Black, James Potter et Peter Pettigrow. Ils ont découvert un stratagème pour aider Remus et je suis sûr que même le professeur Spark n'y a jamais pensé.
- Quoi donc ? demanda Carys sa curiosité piquée.
Son sourire s'élargit et il recula sur sa chaise, c'est alors que Carys s'aperçut qu'elle s'était avancée sur la table pour l'écouter, pourquoi est-ce qu'il chuchotait aussi bas ?
- Les animagus.
Cinquième année
Carys ne cessait de regarder la montre d'Albus qui était à côté de lui en cours de Défense. Elle écoutait à peine le professeur Crivet qui expliquait la théorie de plusieurs maléfices mentionnés dans l'introduction de leur nouveau chapitre. Quand les aiguilles indiquèrent quinze heures vingt, Carys leva sa main.
- Professeur, j'ai mon rendez-vous avec le Professeur Londubat, dit-elle avant même que Crivet ne puisse lui accorder la parole. Puis-je y aller ?
- Bien sûr, Miss Elaine.
Carys ramassa ses affaires rapidement. Albus lui accorda un sourire et Scorpius lui mima un « bonne chance ». Rose leva la tête de son parchemin sur lequel elle grattait frénétiquement sa plume et lui serra la main quand elle passa.
Elle était une des dernières à passer. L'emploi du temps avait été très mal fait et Carys s'était retrouvée avec un créneau en plein cours de Défense un vendredi après-midi. C'était malheureusement, le seul moment possible pour le Professeur Londubat.
Rose avait exprimé sa volonté de joindre le Ministère dans le Département de la Défense Magique. On lui avait, bien sûr, accordé un avis favorable et des encouragements. Personne ne se doutait qu'elle allait réussir et rapidement gravir les échelons. Scorpius voulait devenir Médicomage et avec ses notes excellentes en potions, il avait été également encouragé. C'était dans les Sortilèges qu'il fallait qu'il travaille le plus car même avec des « Efforts Exceptionnels », le programme de St Mangouste était épuisant et très difficile. Beaucoup de personnes abandonnaient en plein milieu du programme.
Albus avait été plus timide quant à dire à ses amis ce qu'il voulait faire plus tard. Il disait juste « je ne sais pas encore, on verra » avec un haussement d'épaule avant de changer de sujet. En réalité, Albus savait parfaitement ce qu'il voulait faire. C'était juste qu'il avait peur de ne pas avoir un avis favorable.
Cependant, il avait été encouragé par le professeur Sheerman quand il avait annoncé vouloir devenir Auror. Ses notes en métamorphoses étaient excellentes. Les potions avaient un grand besoin d'être travaillées parce qu'il oscillait entre « Piètre » et « Acceptable » et Spark demandait au moins un « Effort Exceptionnel ».
Maintenant, c'était le tour de Carys de se faire disséquer. Depuis qu'elle avait reçu l'heure de convocation, elle ne faisait que d'y penser. Elle marchait si vite qu'elle arriva devant son bureau cinq minutes en avance.
- Bonjour Carys, la salua Londubat quand elle entra dans son bureau.
Elle hocha la tête, sa gorge était trop sèche pour pouvoir parler. Le bureau du professeur Londubat était au rez-de-chaussée pour qu'il puisse aller aisément dans les serres. Sa salle baignait dans la lumière, elle était décorée par des « petites plantes de maison », comme il aimait les appeler. C'était pour lui, tout ce qui désignait un pot d'impressionnantes plantes carnivores (qui ne bougeaient pas la plupart du temps), du crason ou bien de la lavande.
- Comment allez-vous ? demanda le professeur quand Carys s'assit devant lui.
- Bien, mentit-elle.
Neville sourit et réajusta les nombreux prospectus qu'il avait sortis pour elle. Carys était assise au bord de sa chaise et mordit nerveusement l'intérieur de sa joue.
- Vous savez certainement de quoi nous allons parler, commença Neville calmement. Cet entretien a pour but de discuter sur les idées de carrières ainsi que vous aider à faire le choix des matières que vous continuerez en sixième et septième année. Avez-vous déjà pensé à ce que vous voudriez faire après Poudlard ?
Carys entortilla le bout de sa robe entre ses doigts nerveusement.
- Eh bien... Je me suis toujours dit que j'aimerais bien devenir Auror... avoua Carys en gardant son regard sur ses mains. Je suis douée en Défense contre les Forces du Mal.
En réalité « être doué » était un bien grand mot pour « s'en-sortir-pas-trop-mal-pendant-les-démonstrations-catastrophiques-du-Professeur-Crivet ». Depuis que Carys avait survécu à son petit échange avec Harry en première année, Crivet avait continué à la prendre pour ses exemples. Il fallait bien qu'elle s'endurcisse.
- Vraiment ? C'est fantastique Carys ! s'exclama Neville.
Carys leva les yeux sur son professeur, il devient légèrement rouge et se racla la gorge avant de continuer sur un ton plus sérieux.
- Bien sûr, ces études sont difficiles. Le Bureau des Aurors accepte très peu d'élèves. Depuis ces sept dernières années il n'y a eu que trois admis. En plus des résultats de BUSE et d'ASPIC, auxquels vous devrez vous en sortir avec au moins une majorité d'Effort Exceptionnel, vous devriez passer un examen spécifique. Tenez, voici la brochure.
Il lui fit glisser une brochure noire mate à l'écriture violette. Carys l'avait déjà vue dans les affaires d'Eoghan et plus récemment dans le sac d'Albus. Il avait eu son rendez-vous le lundi et se baladait le prospectus partout. On se demandait s'il allait finir par être enterré avec.
- Au niveau des matières, le Bureau requiert des notes Optimales dans les quatre matières principales : Défense contre les Forces du Mal, Métamorphose, Potion et Sortilège. En Défense, le professeur Crivet est très content de vous. Vous êtes même une des meilleurs en duel ce qui est un gros avantages. Sheerman est aussi satisfaite de votre travail, elle pense cependant que vous pourrez faire mieux. Quant aux Sortilège vous êtes entre « Acceptable » et « Effort Exceptionnel » je suis sûr que vous pouvez obtenir plus, Défense et Sortilège ne sont pas des matières si éloignées l'un de l'autre. Et enfin les potions, vous vous en sortez très très bien alors que le Professeur Spark me jure de ne pas faire de favoritisme !
Il eut un léger rire auquel Carys sourit. Elle regarda la brochure qu'elle connaissait presque par cœur pour l'avoir déjà regardée quand Eoghan avait le dos tourné.
- En réalité, professeur, ce qui m'inquiète c'est ma... situation. Le Ministère se doit de regarder les antécédents des candidats...
Neville sourit tendrement à son élève. Carys était si gênée et timide. Il ne l'entendait pas souvent dans son cours. Elle était à côté de Rose qui elle participait relativement souvent, ce qui accentuait le silence de sa camarade. Mais elle faisait son job, dans un esprit assez Serdaiglien : elle était silencieuse mais il s'en passait des choses à l'intérieur de sa tête.
D'une certaine façon, Carys lui rappelait lui quand il était plus jeune. Timide, peu sûre d'elle, comme le vilain petit canard. Pas encore pleinement consciente de sa force et de son talent et qui préfère se cacher derrière une étiquette de loup-garou et ses amis plutôt que de s'affirmer en tant qu'individu singulier.
- Carys, si vos résultats sont excellents, si vous méritez le titre d'Auror, si vous persévérez il n'y a aucune raison pour qu'ils ne vous engagent pas. Ce n'est pas parce que vous êtes un loup-garou que vous serrez victime de discrimination. C'était le cas avant, c'est vrai que certaines personnes ne pouvaient pas accéder à des postes importants. Mais c'est fini maintenant, il y a la loi des égalités qui est passée il y a vingt ans maintenant. Ils vous demanderont certes, d'être sous potion, c'est évident. Il se pourrait même qu'ils vous prennent en charge pour cela. La seule façon dont vous pouvez vous en sortir, c'est comme tous les autres, en bossant. Et quand je regarde les faits, vous êtes sur la bonne voie.
Carys attendit que la classe de troisième année se vide. C'était les Gryffondor et les Serdaigle, parmi eux Lily et Hugo qui lui sourirent en signe de reconnaissance. Carys leur adressa un sourire et la jolie petite rouquine et le garçon au boucles brunes, tous les deux aussi proches que Rose l'était avec Albus.
Carys n'avait pas vraiment eu l'occasion de discuter avec les deux plus jeunes frère et sœur de ses meilleurs amis pendant l'été qu'elle avait passé chez Albus. Lily était gentille, moins timide qu'Albus mais aussi moins spontanée que James. Hugo vouait un certain culte pour James, comme à peu près tous les garçons de son âge. Carys avait entendu qu'il avait essayé d'entrer dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor cette année, sans succès.
Quand la salle fut vide, Carys tapa à la porte du cachot et y jeta un coup d'œil. Eoghan était en train de ranger ses affaires, ses parchemins s'empilaient tout seuls pendant qu'il attrapait sa cape pour la remettre sur ses épaules.
- Oh Carys ! fit-il en la voyant à l'entrée. Entre ! Ça va ?
Peu de personne étaient au courant pour eux. Ils n'avaient pas besoin que toute l'école en parle. Carys n'avait pas des notes aussi excellentes que Scorpius ou Rose en Potion mais vivre avec un homme qui ne fait que de remuer son chaudron depuis toute petite, ça donne des résultats concluants. De plus, Carys préférait que son nom ne soit pas trop connu dans l'enceinte de Poudlard. Pour de nombreuses filles jalouses de son amitié avec Louis, elle était « la Gryffondor qui traîne avec Rose » et cela lui allait complètement.
- Je ne te dérange pas ? demanda Carys en le voyant reposer sa cape sur le dossier de sa chaise. Je peux repasser plus...
- Non ! l'interrompit-il. Non, du tout, assieds-toi.
Eoghan lui sourit et l'invita à s'asseoir au pupitre du premier rang. Il contourna son bureau pour d'adosser sur le devant comme il le faisait souvent en cours quand il expliquait quelque chose. Carys posa son sac sur le pupitre et le bas de son dos sur la table.
- J'ai eu mon entretien avec le Professeur Londubat, commença-t-elle.
- Comment ça s'est passé ? demanda-t-il en mettant ses mains dans ses poches.
- Bien, je lui ai dit.. que je voulais devenir Auror.
Les sourcils d'Eoghan montèrent haut au milieu de son front. Sa bouche était légèrement ouverte et il passa une main sur sa mâchoire. Il se laissait pousser la barbe toute les semaines, ayant la flemme de se raser tous les jours. C'était ce jour-là, le jour où sa barbe était plus dense et quand il passait sa main dessus, on avait l'impression d'entendre un hérisson se faire caresser.
- Vraiment ? Wow... Carys tu m'en as rien dis...
- Je voulais un avis d'un autre professeur avant de te le dire, avoua Carys. Des fois, tu n'es pas objectif avec moi...
- Non je suis toujours objectif avec toi !
Carys soupira et passa une mèche derrière son oreille, il fallait qu'elle coupe ses cheveux avant la pleine lune. Ses cheveux devaient insupportablement longs.
- Bref, ce n'est pas la question ! dit Eoghan en évitant le sujet. Qu'a dit Neville ? Oui ! Evidemment !
- Il m'encourage, répondit Carys avec nuance. Il dit que ce sont des études difficiles mais que si je bosse, il n'y aura pas de problèmes. Défense contre les Forces du Mal est ma meilleure matière, alors il ne voit pas d'objection.
- Oui, tu es rapide, efficace et tu as de l'instinct. Le test du Bureau sera basé sur ses qualités et avec le programme que tu suis, tout se passera bien.
- Je n'aurais jamais cru que le fait d'être un loup-garou aurait pu être un avantage, sourit Carys. Je me sens presque coupable pour les autres.
- Et comment ça va ?
- À propos de quoi ?
- Eh bien... Ta vie en général.
Eoghan eu l'air inconfortable. Il changea de pied d'appui et croisa l'autre par devant. Il grignota l'intérieur de se joue et lui adressa un petit sourire à la fois triste et fataliste.
- C'est que... depuis que tes amis savent pour le loup-garou, tu parles moins.
Carys écrivait toujours régulièrement à Stephan et a Lou. Les lettres étaient postées par Hector, l'hibou d'Albus, depuis que Stephan avait signalé qu'Andromaque, l'hibou de Scorpius, essayait de l'assassiner à chaque fois qu'il essayait de prendre sa lettre.
Carys faisait attention à toujours venir déjeuner après que la horde d'hiboux postaux soit passée. Rose attendait fidèlement avec elle pendant que les garçons recevaient les lettres, les paquets et la Gazette. Ils leur mettaient de côté jusqu'à ce qu'elles arrivent.
Alors quand Eoghan lui dit qu'elle parlait moins, Carys ne comprit pas tout de suite qu'il parlait de lui.
Depuis le début, Eoghan avait été là pour Carys. C'était vers lui qu'elle se tournait quand elle avait un souci ou quand elle voulait un conseil. Maintenant qu'elle avait des amis, elle ne venait pas le voir aussi régulièrement qu'en première année pendant laquelle Eoghan devait même lui dire d'aller passer du temps avec ses amis. Maintenant, Carys venait le voir que cinq ou six fois par mois, pour boire du thé, discuter de ses travaux avec Lou. Carys n'avait plus autant besoin de lui qu'avant et cela le blessait.
- Je veux dire, je suis très heureux que tu t'ouvres aux autres ! reprit Eoghan en voyant qu'elle ne répondait pas. J'imagine que c'est un sentiment que tous les parents ressentent un moment ou un autre, celui que son enfant a grandi.
Carys ouvrit la bouche sans rien trouver à dire. Elle n'avait pas réalisé qu'elle pouvait manquer à Eoghan. Il la voyait presque tous les jours dans le château et en cours. Mais maintenant que ses amis avaient décidé de devenir des animagis, elle voulait les aider dans leur recherches pour s'assurer que cela ne tourne pas mal. Elle se sentait responsable d'eux, ils prenaient le risque pour elle et elle devait s'assurer que tout allait bien.
Alors elle avait commencé à oublier Eoghan. Elle venait de moins en moins le soir pour raconter sa journée et passait plus de temps dans cette salle de classe du quatrième étage à faire des recherches.
- Je suis désolée, je n'avais pas réalisé...
- Ce n'est pas grave, dit immédiatement Eoghan en baissant la tête.
Il tourna le dos et fis le tour de son bureau pour remettre sa cape.
- Si c'est grave ! protesta Carys. Je suis vraiment désolée, Eoghan ! Je me sens... stupide.
- Non, non ! assura le professeur avec un sourire qui n'illuminait pas ses yeux. Ne t'en fais pas, je suis juste un peu... sentimental. J'oublie parfois que tu es une adolescente et plus une enfant.
Même si dans sa tête, Eoghan n'arrêtait pas de revoir la petite boule rose dans ses bras maigrichons et maladroits.
- Nous devrons rattraper le temps, dit Carys en s'avançant sur son bureau, ses yeux gris et brillants auxquels Eoghan avait tant de mal à dire non. Ça fait une éternité qu'on n'a pas pris le temps pour se retrouver comme avant...
- Non, tu as tes BUSEs à réviser, lui rappela-t-il en nouant sa cape. Vraiment, oublie ce que je t'ai dit. C'était idiot.
- OK alors que dis-tu de dîner avec moi ? Ce soir ! On peut demander aux elfes de maison de nous apporter un truc dans ton bureau.
Eoghan sourit et l'effort que Carys mettait pour réparer ses oublis. Ce n'était pas juste qu'il puisse la voir tous les jours alors que tous les autres parents ne voyaient leurs enfants que pendant les vacances. Eoghan ne comprenait pas comment ils pouvaient faire. Mais peut-être que c'était mieux de ne pas les voir du tout, plutôt que de les voir sans jamais pouvoir les choyer comme on le voudrait.
Carys avait encore grandi et il lui fallait de nouveaux changes d'uniforme sinon Minerva allait faire une crise cardiaque avec ses jupes qui montraient de plus en plus de peau. Ses collègues lui disaient qu'elle ne participait pas assez en classe. Il avait remarqué que Sam Dubois lui accordait un intérêt particulier.
- Tu sors avec Sam ? demanda-t-il soudainement alors qu'elle était en train de planifier leur soirée après le dîner qu'il n'avait pas encore accepté.
- Pardon ? s'exclama-t-elle.
Eoghan éclata de rire devant l'expression livide et horrifiée de Carys. Elle se pinça les lèvres et le fusilla du regard pendant qu'il essayait de contrôler son accès d'hilarité.
- Je me demandais juste, répondit Eoghan en haussant les épaules. Il a l'air de courir après toi alors...
- Il court après moi, affirma Carys avant de rapidement terminer sa phrase, pour que je joue au Quidditch. Il me veut comme Attrapeuse. Pas comme petite amie !
- De toute façon cela m'étonnerait qu'il se préoccupe d'autres choses que de Quidditch... Mais tu n'as pas d'amoureux...
Eoghan rougit à la pensée qui se formait dans son esprit. Il ne rougissait pas de gêne mais de colère. Comme à chaque fois qu'il essayait de se dire que Carys allait grandir, sortir avec un garçon (ou une fille) faire... des choses. Il se mettait juste en colère. Pourtant, ils avaient discuté de tout quand elle était petite. Il voulait la rendre la plus à l'aise possible avec les sujets d'hormones, des relations de couple, de la sexualité. Il ne voulait pas qu'elle se retrouve avec quelqu'un sans savoir quoi faire pour être en sécurité.
Donc, Eoghan l'avait avertie et il estimait que son éducation avait été la plus ouverte d'esprit que possible. Il savait qu'elle n'était pas du genre à prendre des décisions irréfléchies. Il priait juste tous les soirs Dumbledore que Carys ne tourne pas, du jour au lendemain, d'une adolescente normale à une de ses filles qui faisaient tout pour attirer l'attention de James Potter ou de Louis Weasley.
- Papa ! Non je n'ai pas d'amoureux ! répondit la jeune fille en accentuant le mot comme si le concept était juste ridicule. Tu sais que je te l'aurais dit si j'en avais eu conscience.
Eoghan lui sourit pauvrement. C'était justement cela qui posait problème : en avoir conscience.
Quand Carys arriva en retard pour dîner, elle se glissa à côté de Louis qui dînait avec Rose, Scorpius et Albus. Elle pensait qu'elle pouvait passer inaperçue aux yeux de ses amis si elle se mettait à côté du plus silencieux de tous. C'était pas bête comme raisonnement mais aussi assez naïf.
- Où t'étais ? demanda Scorpius la bouche remplie de sa bouchée de pomme de terre.
- Avec Eoghan, répondit simplement Carys en prenant une serviette pour se vider le nez qui coulait.
- Et ton entretien ? continua-t-il. Tu as l'air fatiguée.
Carys se moucha et Scorpius grimaça. Il lui servit de l'eau qu'il bouillit avec sa baguette et improvisa un remède avec du citron et du miel. Rose leva les yeux. Elle trouvait que depuis que Scorpius était au courant pour Carys et ses problèmes mensuels, il la traitait comme un bébé chat handicapé qui ne pouvait pas se débrouiller tout seul.
- Il fait encore froid dans les cachots, tu aurais dû prendre ta cape, lui dit Albus.
Carys leva les yeux mais but le verre que Scorpius lui avait concocté.
Scorpius la regarda avec inquiétude mais continua de manger. Il était naturellement maladif de tout ce qui touchait la sécurité en général. Il changeait ses draps tous les trois jours, prenait deux douches par jour et songeait vraiment à se faire le sortilège de Tête-en-bulle quand la vague de malades frappait Poudlard entre octobre et février. Il savait que Carys était plus prône à tomber malade qu'eux, c'est pourquoi il se baladait toujours avec un paquet de mouchoirs en plus et une potion contre les maux de tête. A force de traîner avec lui, Albus avait pris quelques-unes de ses habitudes. Comme le fait de poser mille et une questions pour s'assurer que personne n'était dans un danger de mort imminent.
Albus expliqua à Rose que c'était à cause de ce traumatisme que Scorpius avait connu quand il était plus jeune. Il n'en parlait pas beaucoup. C'était peu après qu'ils avaient vu les Epouvantards en deuxième année. Albus lui avait demandé pourquoi son Epouvantard était son père en train de mourir.
- Je suis tombé sur la Pensine de mon grand-père quand j'avais six ans, lui avait-il répondu alors que les deux garçons n'arrivaient pas à dormir dans leur dortoir le soir même. Toutes ces choses... ça n'est jamais sorti de ma tête.
La minute d'après Scorpius était redevenu le garçon souriant qu'Albus connaissait. Il le fit rire en disant qu'une Pensine était carrément plus vivante que Binns et ses révoltes de goblins.
- Et ton entretien avec Londubat ? redemanda Albus.
- Ça s'est bien passé, dit Carys d'un air évasif.
- Et tu sais ce que tu veux faire plus tard ? demanda Albus.
Carys haussa les épaules et but une autre gorgé de son verre. Albus regarda Scorpius à côté de lui qui mangeait toujours comme s'il n'avait pas vu de nourriture depuis une semaine. Scorpius s'essuya la bouche avec une serviette et sortit sa baguette.
- Accio sac de Carys !
- Eh !
Carys n'eut pas le temps de rattraper son sac qui vola à travers la table. Albus le rattrapa pendant que Scorpius rangea sa baguette dans sa poche.
- Qu'est que vous faites ? demanda Carys en voyant qu'Albus n'avait pas l'air de son côté sur ce coup.
- Tu ne veux pas nous dire ce que tu comptes faire plus tard alors que tu rumines depuis qu'on a donné les dates pour les entretiens avec les Directeurs de maison ! se justifia Scorpius en ouvrant le sac de Carys.
- Eh ! Non ! Scorp repose ça ! protesta Carys en le voyant retirer son manuel de Métamorphose. Al !
- Je suis désolé mais je veux savoir Carys, dit son ami en lui adressa un sourire.
- Vous savez que c'est malpoli de fouiller dans le sac d'une fille ? demanda Rose, tiraillée entre rire de l'expression livide de Carys et se révolter contre la méthode peu orthodoxe de Scorpius et Albus.
Carys était incapable de bouger pour récupérer son sac des mains des garçons. Elle était immobile, sa respiration s'était même ralentie. Bien que dans sa tête elle était en train d'imaginer cent façons de tuer Albus Potter et Scorpius Malefoy.
- Merlin ! Je le savais ! Tu me dois trois gallions ! s'exclama Albus en sortant le petit prospectus noir.
- Putain Carys ! fit Scorpius en frappant Albus à l'épaule avec son manuel d'Astrologie. Son meilleur ami souriait fièrement au prospectus du Bureau des Aurors.
- C'est bon là ? Vous avez fini de vous amuser ? demanda sèchement Carys.
Elle prit son manuel de Métamorphose parce que les garçons ne rangeaient pas son sac assez vite à son goût. Scorpius et Albus perdirent leur sourire. Carys prit ses affaires à travers la table et arracha son sac des mains d'Albus. Rose leur adressa un regard leur disant « je vous l'avais bien dit qu'elle n'allait pas apprécier ». Albus se frotta l'arrière de la tête pendant que Scorpius se lissa la cravate encore parfaitement en place depuis ce matin.
- Tu veux devenir Auror ? demanda simplement Louis qui était resté silencieux pendant le début du repas.
Carys leva ses yeux sur lui. Il la regardait innocemment de ses yeux bleus vibrants. Carys soupira en signe de défaite. Elle accepta ses notes qu'Albus lui tendait, et sans rancune, elle lui adressa un merci.
- C'est juste... une option comme ça, dit-elle en haussant les épaules.
- On passera notre test ensemble ! fit Albus avec exaltation.
Il n'arrivait pas à ne pas sourire en songeant qu'ils allaient peut-être faire le même métier. Peut-être qu'ils allaient être dans la même équipe ? Il adorait se battre en duel avec Carys. Elle lui faisait des bleus et l'épuisait autant qu'un entrainement de Quidditch. Mais il adorait l'adrénaline, la vitesse des sorts, les mouvements de dernière minute.
L'attente de savoir si son sort l'avait touché, cette sensation de peur de l'avoir blessé et la fierté de l'avoir fait mordre la poussière. Albus savait que Carys était forte, c'est pour cela qu'il ne sentait vraiment coupable quand elle était touchée. Elle se relevait et lui renvoyait le sort en pleine face sans remords et ils recommençaient le ballet encore et encore.
- Mouais, encore faut-il que tu obtiennes ton BUSE de potion, marmonna Scopius.
- J'en suis capable ! répliqua Albus en gonflant inconsciemment sa poitrine. C'est juste que je ne vous ais pas encore éblouis avec mes talents... Je voulais pas te faire peur Scorp, tu comprends ?
Scorpius leva les yeux au ciel et Rose eut un petit rire. Albus n'était même pas capable de cuisiner sans faire une catastrophe. Comme le disait leur grand-mère Molly, « une marmite et un chaudron ne sont pas des instruments très éloignés ».
Carys espérait juste qu'il s'améliore d'ici juin pour qu'ils puissent passer leur test ensemble. Il y avait juste quelque chose de réconfortant dans l'idée qu'ils ne seront pas séparés après Poudlard.
- Mr. Malefoy ! Ravi de voir que vous avez décidé d'illuminer nos journées avec votre présence, dit Eoghan avec un air de sarcasme dans sa voix.
Scorpius murmura des excuses et se glissa à la table de quatre qu'il partageait avec Albus, Rose et Carys. Le cours avait déjà commencé depuis une vingtaine de minutes.
- Mr. Le Préfet arrive en retard, se moqua Albus.
- Mr. Le Capitaine devrait s'occuper de ses affaires au rique de tourner sa potion en bouillie.
Albus baissa les yeux sur sa potion et se rendit compte qu'elle était devenue jaune canari au lieu de jaune moutarde. Il essayait vainement de se rassurer en se disant que c'était sensiblement la même couleur. Il s'apprêta à ajouter au hasard un peu de sang de salamandre avant que Scorpius l'arrête et le montre les chenilles écrasées à la place. Albus remercia discrètement son ami tout en jetant un œil au Professeur Spark qui faisait le tour des chaudrons.
Scorpius se pencha pour prendre son bouquin et l'ouvrit à la bonne page. Rose avait le nez dans son chaudron en essayant de maintenir sa potion parfaitement réussie pour la montrer au professeur. Elle n'avait même pas réagi quand Scorpius été entré.
Mais Carys tournait sa baguette, à demie concernée par ce qu'elle faisait. Scorpius était à côté d'elle et elle remarqua quelques petites choses étranges.
Tout d'abord, sa cravate était de travers. Nous étions fin juin. Les contrôles étaient bouclés et quand les élèves venaient (ou pas) en cours, l'uniforme était le premier à ressentir le relâchement de fin d'année. Il faisait simplement trop chaud, les filles ne mettaient plus leurs chaussettes hautes et les garçons dénouaient un peu leur cravate. Sauf que Scorpius était toujours impeccable sur lui. Il continuait de porter sa cape, sa cravate et sa chemise bien boutonnée jusqu'au dernier jour de cours.
Ensuite, Scorpius avait une odeur inhabituelle. Pourtant il portait la même eau de Cologne depuis l'année dernière (une marque moldue qui était un cadeau de sa mère). Il la portait si régulièrement que Carys avait fini par associer l'odeur avec son ami. Mais cette fois-ci, son parfum avait comme été mélangé à l'odeur sucrée et très peu masculine de fleurs.
Enfin, Scorpius avait l'air de rougir. Son teint pâle, fantomatique de vampire qui n'avait pas vu le soleil depuis trois cent ans était rose. Scorpius ne rougissait jamais et Carys ignorait si c'était parce qu'il en était physiquement incapable ou parce qu'il venait d'expérimenter quelque chose qui lui avait valu cette teinte.
Carys sentit sa mâchoire tomber en réalisant que Scorpius avait une trace de gloss dans sa nuque. Scorpius Malefoy venait de passer vingt agréables minutes avec une fille.
- Excusez-moi de vous déranger Mr Spark mais est-ce que Miss Elaine est là ?
À son nom Carys détacha ses yeux de Scorpius pour voir une multitude de pairs d'yeux la regarder. C'était un préfet de septième année à Poufsouffle. Carys se rappelait de lui parce qu'il était dans l'équipe de Quidditch, et que Dubois en parlait souvent.
- C'est pourquoi ? demanda Eoghan au garçon.
- La Directrice McGonagall souhaite la voir, dit-il.
Carys jeta un coup d'œil à Eoghan, il fut surpris mais hocha la tête. Elle prit cela comme permission pour quitter sa chaise en prenant ses affaires avec elle. Carys mima un rapide salut à ses amis avant de suivre le garçon qui lui adressa un gentil sourire.
Le garçon resta silencieux pendant le chemin, se disant sûrement qu'il avait d'autres choses à faire que d'escorter une cinquième année au bureau de la Directrice. Il la laissa au pied de l'escalier qui menait au bureau de McGonagall. Carys frappa la porte et attendit qu'on l'invite à entrer.
Le bureau de la directrice était parfaitement bien rangé. Ses dossiers ne dépassaient jamais d'un millimètre, ses livres étaient rangés dans l'ordre alphabétique de leurs auteurs. McGonagall était debout derrière son bureau et devant elle se trouvait un homme en noir et une femme à robe violine, Carys les reconnut immédiatement.
- Mr. Watson ? Lou ?
Lou avait les yeux rouges et ses paupières gonflées. Elle avait pleuré.
- Bonjour Carys, dit Lou avec un faible sourire qui ne lui ressemblait pas.
- Y a t'il un problème ? Est-ce que Stephan va bien ?
Peter soupira, ils étaient accompagnés par Harry Potter et un garçon aux cheveux turquoise vifs. Carys eut un sursaut en voyant Mr Potter elle reconnut le garçon, Teddy Lupin dont les photos étaient sur le mur des Potter.
Peter regarda McGonagall à qui Carys accorda à son tour son attention. Elle avait ces yeux verts clairs et brillants.
- Stephan a besoin de toi, sa mère vient de décéder. Il est porté disparu.
Dans le prochain chapitre : tout s'explique ! Je sais cliffhanger tout ça...
Chapitre relu avec soin par Oxymore, merci encore tu gères ;)
Désolée mais les mises à jours seront jusqu'à la fin de juin de moins en moins fréquent, il me manque des gros morceaux qui me sont à cœur dans le chapitre huit et neuf et à chaque fois que j'y pense, il y a toujours quelque chose qui me bloque T.T
Anyway, j'espère que vous comprendrez quand même !
Je vous envoie de l'amour en attendant,
A +
Code bleu
