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Instinct Animal
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling.
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
Nda : C'est ma première fanfiction. J'espère la finir et surtout j'espère qu'elle vous plaira ! Mon histoire s'inspire fortement d'autres histoires ou fanfictions que j'ai lu. Je prie donc les auteurs se sentant concernés de me faire part de leurs doléances (quel grand mot !), si certaines similitudes avec vos propres écrits vous gênent.
Évolution : 5 chapitres écrits pour l'instant sur….
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Chapitre 1 : Vulneris
(Présent : Août 213)
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Une odeur de mort emplissait la pièce. Porte et fenêtres demeuraient fermées, tout comme les rideaux qui laissaient à peine filtrer la lumière du jour rendant l'atmosphère à l'intérieur pour le moins étouffante.
Le grincement des gonds de la porte indiqua l'entrée d'une nouvelle personne dans la pièce. Celle-ci navigua lentement entre les lits, s'enquérant de la santé de chacun de ses occupants.
Suite à l'appel de gémissements, le jeune homme s'arrêta finalement au chevet d'un des malades. Un homme roux d'une cinquantaine d'années, au regard complètement hagard. Un discours totalement incohérent s'échappait de ses lèvres craquelées alors qu'il bougeait sporadiquement la tête à droite et à gauche. Un linge d'eau fraîche fut déposé sur le front fiévreux du patient. Sous la mince sensation d'apaisement, celui-ci bascula lentement sa tête vers le soignant, ses yeux se focalisant temporairement sur la silhouette à ses côtés.
« Ha-rry… »
L'effort imposé à la gorge fragile du malade, provoqua une quinte de toux douloureuse allant jusqu'à humidifier ses yeux.
« Chuut… Évite de parler, Fabian. »
Le roux afficha alors un maigre sourire.
« J-je savais que tu viendrais. Que ferais-je sans toi, hein ? »
« Rhaa… Es-tu stupide ? Faire des avances à ton médecin ? » Le gronda le brun, mais un sourire amusé éclairait son visage.
« Eh bien, il faut bien que je profite des derniers plaisirs de la vie, hein ! »
Une nouvelle crise vint agiter le maigre corps du quinquagénaire, du sang venant poindre à la commissure de ses lèvres.
« Ne dis pas de bêtises ! Encore quelques semaines, et tu pourras courir toutes les jupes du coin ! »
L'homme soupira doucement.
« C'est gentil de vouloir me remonter le moral, Harry, mais… »
« Tu. Tu ne vas pas… », l'interrompit le jeune homme.
«…ce n'est pas très professionnel ! Je ne vais pas mourir ? Nous savons tous les deux que je n'en ai plus pour longtemps. Autant l'accepter, hein ? Enfin, je n'ai pas trop à me plaindre, je pense avoir vécue une vie plutôt in-t-téressante ! » Finit le roux dans un rire saccadé.
Le plus jeune ne prononça aucune parole, se contentant de continuer à éponger le front et la figure de son patient. Celui-ci referma doucement ses paupières, le visage apaisé.
« Tout ce que je souhaite c'est que tu sois là jusqu'au dernier jour. Et je sais que tu le seras… »
« Oui, je le serais. », répondit tendrement le brun.
« Bien. »
Le jeune homme passa encore quelques instants auprès de l'homme mûr, attendant qu'il se rendorme puis, se dirigea vers un autre lit.
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Le regard plongé au dehors, le visage impassible, l'homme se tenait droit près de la fenêtre. Seul le léger tremblement de sa main droite autour de son verre d'alcool trahissait le trouble qui l'habitait.
« Il faut agir dès maintenant, Alpha. Harry m'a fait part du nombre croissant de victimes, et de la vitesse d'aggravation de leur état. Si nous n'agissons pas, ce ne sera pas seulement la mort des plus faibles, et par là, je veux parler des plus vieux et des jeunes enfants mais l'anéantissement de toute la meute. »
Face aux paroles de son second, la prise du dirigeant se resserra dangereusement autour du verre. Il se retourna alors pour faire complètement face à son interlocuteur.
« Que me proposes-tu, Remus ? »
Prenant une grande inspiration, le dominant releva la tête pour plonger ses orbes bleu délavé directement dans celles chocolat de son chef.
« Il faut convoquer un Comité. »
Un sombre grognement accompagna la proposition du second, provoquant le recul du corps de celui-ci. Il poursuivit cependant vaillamment.
« L'épidémie atteint désormais les quatre territoires. Il est temps de partir. »
La silhouette de l'Alpha de Griffondor se rigidifia soudain, avant qu'un soupir résigné ne s'échappe de ses lèvres.
« Partir ? Penses-tu à la prophétie, Remus ? »
« Je sais bien que vous ne croyez pas en la prophétie, Alpha. Et pour être honnête, je n'y crois pas beaucoup plus. Mais, nos terres sont totalement contaminées, nous n'avons pas d'autre choix que de fuir. »
Peu convaincu, l'Alpha formula ses réserves.
« Oui, mais où ? Et pourquoi vouloir impliquer l'ensemble de la communauté lycanthrope ? »
Pas démonté pour un sou, Remus Lupin poursuivit ses explications.
« Honnêtement je ne sais pas encore où, mais un conseil pourrait décider de cela. Et impliquer les autres meutes me paraît indispensable aujourd'hui. Nous sommes de moins en moins nombreux, et il en va de la survie de notre espèce. »
Une fois la tirade du moins dominant finie, le brun leva subrepticement la main en l'air pour montrer à son second, qu'il réfléchissait. Après un long silence, il s'exprima finalement.
« Bien. J'ai entendu tes arguments et j'ai pris en compte ta proposition. Je te donnerai ma réponse dans une semaine. »
Le châtain voulut répliquer que la situation était urgente et qu'il n'y avait pas de temps à perdre en réflexion inutile, il se tut néanmoins. Il salua respectueusement le dirigeant avant de tourner les talons pour quitter la pièce.
L'Alpha resta quelques instants encore, le regard perdu au dehors avant de soupirer à nouveau. Convoquer un conseil, hein ? Faire appel à Poufsouffle, Serdaigle, et surtout, Serpentard ! Il savait au fond de lui que son ami avait raison, mais il ne pouvait se résoudre à s'avouer déjà vaincu et à courber l'échine devant ce cinglé de McNair !
L'avenir s'annonçait brillant !
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La communauté des lycanthropes reposait sur un concept inviolable : la dominance. En effet, chacun occupait une position bien précise au sein de la meute, un rang. Celui-ci était déterminé par le genre - dominant ou docile -, la puissance et la naissance/ascendance. La majorité des loups mâles étaient des dominants. Toutefois, bien que rares les dociles mâles existaient bien.
Âgé de dix-huit ans, Harry Potter était de ceux-là.
Harry venait de quitter l'infirmerie, les yeux vides de Fabian Prewett hantant toujours son esprit. Fabian était l'oncle de Ronald Weasley, un ancien ami d'Harry, et le jeune homme ne comptait plus les après-midi passés dans la maison Weasley, ainsi que les chevauchées hilarantes sur les genoux de Tonton Fabian. Ses parents possédaient de grandes responsabilités, et bien qu'ils aient toujours essayé d'être le plus présent possible pour lui, le choyant amoureusement les Weasleys apparaissaient pour le docile comme une deuxième famille.
Aujourd'hui, un membre de sa famille venait de mourir. Tonton Fabian venait de mourir.
Voilà déjà quatre mois que l'épidémie Vulneris s'était abattue sur Griffondor. Trois mois, qu'il passait ses journées auprès de malades de plus en plus nombreux. Vulneris s'avérait perfide et impitoyable. Touchant autant les adultes que les enfants, elle emportait la plupart de ses victimes. La cause de la contamination ? La nourriture. Les lycaons s'alimentaient principalement de viande, et en quantité plus que conséquente. Vulneris avait ainsi atteinte les bêtes avant les loups. Inoffensive et indétectable chez les animaux, elle s'était répandue peu à peu au sein des bois puis des prés des loups-garous.
Vulneris attaquait d'abord les muscles limitant rapidement les efforts physiques pour évoluer jusqu'à l'alitement. Puis, elle s'occupait de la condition vitale en détruisant peu à peu les organes internes. Au dernier stade, les malades crachaient quotidiennement leurs poumons et subissaient une diminution sensorielle ainsi qu'une hypersensibilité à la lumière.
Les journées de travail se révélaient de plus en plus accablantes pour Harry, il avait ainsi pris l'habitude depuis quelques mois de se rendre au petit bar du centre dès la fin de son service. Ne vous méprenez pas, le docile adorait son métier, néanmoins il devait avouer que ces jours-ci les inconvénients et la douleur s'y rattachant devenaient de plus en plus dur à supporter.
Le Griffondor franchit donc la porte du bar, le cœur un peu plus lourd que la veille. A son entrée, les conversations s'interrompirent brièvement avant de reprendre avec effusion. Le docile se dirigea directement vers le comptoir pour prendre sa commande habituelle. La barmaid et propriétaire de l'établissement, Rosemerta, lui adressa un bref signe de tête avant de s'enquérir de sa journée. A Griffondor, Harry demeurait pour le moins apprécié par ses compatriotes. Enfant enjoué et souriant, il était devenu un jeune homme sensible et généreux. D'ailleurs, qui pouvait réellement détester un garçon personnifiant l'abnégation même ?
Sa conversation avec la barmaid et aubergiste fut interrompue par l'entrée bruyante de la bande des jeunes dominants de la meute. Agacé, le docile se reconcentra sur son verre, ignorant littéralement les adolescents qui venaient de s'avancer vers le bar.
« Tiens, tiens, tiens, qui est là ? Si ce n'est pas notre douce infirmière ? » Se moqua un blond frisé, un sourire narquois déformant ses lèvres.
Des ricanements suivirent sa réplique alors qu'Harry se contentait d'avaler une nouvelle gorgée de son verre.
« Les alentours ne sont pas très recommandables pour un jeune docile, Potter. », déclara le plus grand du groupe, un rouquin. « Enfin dans ma grande générosité, je suis prêt à te raccompagner chez toi ce soir. »
Une volée de protestations secoua ses compagnons à son annonce.
« Je l'avais vu le premier, Weasley. »
« Tu n'es pas le seul dominant ici. »
« Qui voudrait rentrer avec toi Weasley. Viens plutôt avec moi, Potter ! »
Soulevant élégamment son sourcil droit, le docile brun se tourna lentement sur sa chaise de bar pour faire face au rouquin.
« Oh ! Je suis vraiment touchée par ta générosité, Ronald. Mais je pense que je vais devoir laisser passer pour ce soir. »
Piqué au vif dans sa fierté, le dominant effectua un vif pas en avant, emprisonnant efficacement le docile entre le comptoir et sa carrure imposante.
« N'oublies pas qui tu es, Potter ! »
« Oh, alors éclaires-moi, qui suis-je donc, Weasley ? » Répondit exaspéré, Harry.
Complètement rouge, le dominant cracha avec véhémence.
« Un simple et faible docile ! Tu es peut-être le fils de l'Alpha, mais tu resteras toujours inférieur devant n'importe quel dominant. »
Le roux affichait désormais un sourire cruel, savourant l'effet de chacun de ses mots sur l'autre jeune homme.
Blessé, le docile garda néanmoins la tête haute malgré les larmes qui menaçaient de s'échapper de ses yeux. Comment pouvait-il lui faire ça ? Lui qui fut son meilleur ami, son confident. Lui qui savait mieux que quiconque la douleur que lui avait apportée sa maturation. Submergé par ses émotions, Harry décida de déclarer forfait pour ce soir et se dirigea précipitamment vers la porte.
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Remus Lupin courrait à travers Godric's Hollow. Chacun de ses pas précipités claquaient sur les dalles pavant la rue principale. Effectuant un rapide dérapage contrôlé, le second de Griffondor pénétra dans la mairie et demeure de l'Alpha. Sans même une once d'hésitation, le lycaon ouvrit brutalement la porte du bureau de son supérieur pour trouver la pièce totalement vide. Cela ne suffit néanmoins pas à diminuer la bouffée d'adrénaline qui avait pris possession du corps de l'homme. Rebroussant chemin, il franchit deux par deux les marches du grand escalier du hall séparant le domaine public du privé. Parcourant le couloir du premier étage, il visita les différentes chambres les unes après les autres, le salon-cuisine et même la salle d'eau pour arriver au même constat que plus tôt au rez-de-chaussée : personne. Redescendant les escaliers d'une traite, il s'avança vers la porte d'entrée du bâtiment.
Mais où pouvait donc se trouver l'Alpha ? La maison tout comme la mairie demeuraient désertes. Les chasseurs étaient pourtant déjà revenus depuis deux heures et leur chef avec eux. Ses pensées furent interrompues lorsque le panneau de la porte pivota devant ses yeux laissant pénétrer dans la bâtisse le maître des lieux. Celui-ci jeta un regard surpris à son second en avisant sa présence à une telle heure de la journée. Stupéfié pendant quelques secondes, le châtain reprit finalement possession de son corps, et salua respectueusement l'arrivant.
« Remus, que me vaut le plaisir de ta visite ? »
L'adrénaline avait soudain totalement déserté les veines du subordonné pour se voir remplacer pour un froid glacial. Triturant nerveusement ses mains dans un geste tout à fait indigne de son position, l'homme n'osait rencontrer les orbes de son supérieur. Il esquissa alors pour toute réponse un signe de tête vers l'office de l'Alpha. Perplexe, celui-ci obéit pourtant muettement à son conseiller et se dirigea rapidement vers la pièce.
Une fois la porte refermée, le châtain ferma brièvement ses yeux, rassemblant silencieusement son courage. Il conserva pourtant la tête baissée. Il ne faisait aucun doute que le brun pouvait ressentir le tourment habitant le corps de son homme, et une tension similaire prenait peu à peu possession de son propre corps. Le châtain ouvrit péniblement la bouche pour laisser s'échapper la voix chevrotante.
« Madame…Madame…
« Lily ? Eh bien, parle Remus. Qu'est-il arrivé à Lily ? »
L'inquiétude de l'Alpha transpirait désormais par tous les pores de sa peau. Son visage autrefois impassible était déformé par la peur. Ses yeux bruns brillaient d'une étrange lueur rougeâtre. Son corps lui-même au bord de la rupture.
« Elle…Elle a été admise à l'infirmerie. » reprit le châtain.
« L'infirmerie ? »
_ Elle s'est évanouie plus tôt à l'école, et on l'a transportée à l'infirmerie. »
La tension emplissant la salle était désormais insupportable. Suffocante, elle étreignait mortellement ses occupants.
« On-on en est pas encore sûr… mais elle semble présenter les signes du Vulneris.
_ Le Vul…Le Vulneris. »
Interdit, l'Alpha répétait les mots tel un automate.
« Bien sûr, il faut encore faire des tests. », s'empressa d'ajouter Remus, accablé par la douleur de son Alpha et ami.
Harassé, l'homme s'agrippa à la chaise la plus proche.
Non ce n'était pas possible. Impossible, même.
Sa Lily ne pouvait pas être atteinte. Pas sa Lily. Impossible. Elle était bien plus forte que cela. Une simple maladie ne pouvait avoir le dessus sur elle. C'était un malentendu, rien de plus. Elle avait beaucoup travaillé ces temps-ci et elle subissait un petit coup de fatigue. Rien de plus. Honnêtement c'était quelque chose qui se produisait régulièrement. Qui pouvait prétendre tenir le choc face aux devoirs d'Oméga, d'institutrice et de mère au foyer ? On s'était trompé dans son diagnostic voilà tout. Une simple erreur. D'ailleurs il allait s'empresser de dire à ce médecin de pacotille ce qu'il pensait de ses capacités !
Sur ce, l'Alpha se releva brutalement pour se diriger à grand pas vers la sortie.
« James. »
Sourd aux appels de son ami, il partit rapidement vers l'infirmerie.
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Étendue de tout son long sur le lit de l'infirmerie, Lily Evans dormait à poings fermés. Voilà déjà trois jours qu'elle y séjournait, recevant quotidiennement la visite des villageois et de sa famille. Trois jours qu'on l'avait diagnostiquée atteinte du Vulneris. James avait bien entendu été sourd aux paroles des médecins, mais lorsqu'Harry lui avait démontré les signes un par un, il avait dû capituler. Malgré l'animosité qui les unissait, son fils n'aurait jamais pu lui mentir sur un sujet d'une telle importance. Elle avait alors vu son mari errer jour et nuit autour de l'infirmerie. Si bien qu'elle avait dû le menacer de se laisser mourir s'il ne retournait pas à ses devoirs d'Alpha et de père. Eddy avait tout juste cinq ans après tout.
Cela faisait déjà quelques semaines que l'Oméga ressentait la fatigue terrassée son être. Il semblerait qu'elle est finalement perdue la bataille contre la maladie. Il y a trois jours, son corps était tombé. Lily n'avait pas peur de mourir, mais elle se souciait bien plus de la douleur que celle-ci infligerait à son mari et à ses enfants. Ses enfants, encore si jeunes. Et son mari incapable de se nourrir si elle ne se trouvait pas dans les parages.
Peut-être avait-elle commis un pêché auprès de la déesse Lune ? Après tout, elle était loin d'être parfaite. Son comportement auprès de son fils aîné en demeurait sans doute le plus flagrant des exemples.
Celui-ci pénétra soudainement dans la pièce, un seau d'eau dans une main et un linge dans l'autre. Il vint s'asseoir doucement au chevet de sa patiente, le visage marqué par la fatigue. Les deux dociles s'observèrent alors silencieusement, émeraudes contre émeraudes, avant que le plus jeune ne brise le contact pour plonger le linge dans l'eau froide. Il déposa affectueusement le linge sur le front brûlant de la femme. Quelques gouttes s'échappèrent du tissu pour venir se perdre dans la longue chevelure de feu étalée sur l'oreiller. Fasciné, le jeune médecin suivit leur trajet avant de tremper à nouveau le linge. Il répéta l'opération de nombreuses fois dans le silence le plus total.
Finalement la rousse releva péniblement la main droite pour venir caresser les doux contours du visage de l'être tant aimé. La mâchoire, le nez, les paupières, les joues, la bouche. Qu'il était beau son fils ! D'abord surpris, le brun se laissa finalement faire. Depuis combien de temps sa mère ne l'avait-elle réellement touché ? Une éternité pour sûr !
« Tu es tellement beau, Harry. Tellement beau. »
Le garçon n'osait répondre, de peur de briser le moment.
« Tu l'as toujours été mon magnifique petit garçon. »
Des larmes s'écoulaient des émeraudes de sa mère, et lui demeurait statufié, ne sachant comment réagir. Malgré ses pleurs, elle continuait ses tendres caresses.
« Je suis désolée, Harry. J'ai bien conscience de ne pas avoir été la mère idéale ! »
Les joues de la femme étaient désormais colorées de rouge, traces laissées par les larmes. Les yeux brillants, elle poursuivit néanmoins.
« Sache que peu importe comment j'ai agi et peu importe ce qu'il arrive, je t'aimerai toujours Harry. Tu es mon petit garçon et rien ne pourra jamais changer cela. »
Les larmes coulaient maintenant à flots des orbes du docile brun, et dévalaient librement ses joues, pour être ensuite chassées par les doigts de sa mère.
Aucun des deux ne vit la silhouette appuyée contre le chambranle de la porte.
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Assis dans son bureau, le regard perdu comme toujours vers l'extérieur, James Potter ressassait dans sa tête la scène qui venait de se dérouler devant ses yeux. Les larmes de son épouse, les sanglots secouant le corps de son fils, ils pouvaient clairement les revoir.
Un soupir de défaite s'échappa de sa bouche alors qu'il priait le garde protégeant sa porte d'aller quérir son second.
Remus Lupin franchit quelques minutes plus tard le seuil de l'office de l'Alpha, essoufflé et les joues écarlates. Celui-ci lui fit signe de fermer la porte et de venir s'asseoir dans un des fauteuils trônant près de l'âtre. Le second s'exécuta aussitôt, le regard incertain.
« Pour quelle raison m'avez-vous fait demandé ? »
Le chef de Griffondor prit à son tour place dans le deuxième fauteuil. Reposant sa tête contre le dossier en cuir. Il ferma les yeux quelques secondes, puis les ouvrit pour les plonger dans l'incroyable spectacle des flammes.
« J'ai réfléchi à ta proposition, Remus. »
A ces mots, le châtain se redressa dans son fauteuil, ses orbes ne quittant plus son supérieur. Celui-ci coupa tout contact avec les flammes pour fixer son regard dans celui de son ami.
« J'ai réfléchi et j'ai pris une décision. Tu as raison, nous ne pouvons plus ignorer la situation. L'épidémie prend de plus en plus d'ampleur, et il faut agir le plus tôt possible. Comme tu l'as si bien formulé, quitter le territoire de nos ancêtres semble être la seule solution envisageable. »
Il prit une pause dans son discours, laissant peser tout le poids de son discours auprès de son conseiller.
« C'est la seule solution envisageable et la seule à envisager. Je convoquerai donc le Comité des quatre territoires. Seulement je ne me laisserai pas écraser par ses traîtres de Serpentards ou par ses prétentieux de Serdaigles. »
Surpris par le soudain éclat de voix de l'Alpha, Remus conserva sa place au fond du fauteuil. Après tout, l'Alpha était connu pour ne plier devant personne. Il aurait été étonnement qu'il accepte sans conditions. Le châtain se demandait désormais quelles pouvaient-elles bien être ?
« Cette réunion aura bel et bien lieu seulement son but sera de désigner un nouveau dirigeant pouvant guider les quatre territoires tel un seul sans aucune notion de favoritisme. A cette seule condition je délaisserai ma place et participerai au plan du départ pour une nouvelle terre et nation. »
Soufflé par les paroles de son Alpha, Remus se leva finalement pour venir enlacer son ami.
« Tu ne le regrettas pas, James, je te le promets. »
Plongé dans l'étreinte de son plus cher ami, James Potter laissa à nouveau errer son regard dans les flammes de la cheminée.
« J'espère que tu as raison, Remus. Je l'espère sincèrement. », murmura-t-il finalement pour lui-même.
