.
Instinct Animal
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire s'inspire fortement d'autres histoires ou fanfictions que j'ai lu. Je prie donc les auteurs se sentant concernés de me faire part de leurs doléances (quel grand mot !), si certaines similitudes avec vos propres écrits vous gênent.
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
Nda : Tous les prochains chapitres auront comme nom l'un des personnages de l'histoire, qui sera donc le centre du dit chapitre.
IMPORTANT : SUITE A PLUSIEURS REVIEWS ME FAISANT PART DE LA DIFFICULTÉ DE SUIVRE MES TROP NOMBREUX FLASHBACKS, J'AI REVU CERTAINS CHAPITRES DE CETTE FIC.
L'ORDRE DES CHAPITRES A DONC ÉTÉ CHANGÉ A PARTIR DU CHAPITRE 1. LE CONTENU DE LA FIC RESTE NÉANMOINS LE MÊME.
RAR : Merci encore pour toutes vos reviews ! ça fait toujours autant plaisir !
A haruhi-kyouya : Je comprends tout à fait ta déception face au manque de Drarry. (Je suis la première à m'en plaindre !^^)
Mais bon, tu verras que j'ai tendance à quelque peu m'étendre sur les personnages secondaires. Et puis, c'est un peu ennuyant si tout va trop vite !
Et je vais encore te décevoir une seconde fois, mon histoire est rempli de retours-en-arrière et de sauts-dans-le-temps ! Donc très peu de résumés des évènements au préalable !
Pour ce qui est du fait que Draco (enfin le « Loup Marcheur ») ne se souvenait pas de son passé, en tombant de l'arbre, tout lui est revenu, donc…
Et je ne me prononcerai pas quant à sa relation avec Harry !
A Alycia Panther : Euh en fait je n'ai pas compris si tu parlais des personnages de l'Histoire ou bien des revieweurs !
A stormtrooper2, lemonpowaa, et shishi-sama : Et bien, je suppose que ce chapitre répondra plutôt bien à vos interrogations !
Évolution : 11 chapitres écrits pour l'instant sur 18 au total. Faut vraiment que j'arrête de rajouter des chapitres, sinon je finirai jamais cette histoire !
Je continue de poster deux fois par semaine pour finir pour Noël.
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
.
Chapitre 4 : Albus Dumbledore & Cedric Diggory
.
(Suite du Flashback)
(Quelques jours plus tard)
(Juin 209)
Du sang.
Du sang partout.
Maculant ses vêtements, recouvrant les corps immobiles de ses parents.
Tout n'était plus que sang.
.
Un cri déchirant vint percer la tranquillité de la forêt, effrayant quelques oiseaux, et provoquant la fuite d'une biche et de deux lapereaux. Assis, le dos droit, l'adolescent respirait avec peine. La sueur ruisselait le long de son front et de son dos, et son esprit était encore empli par les affreuses images de son cauchemar.
Les sanglots d'une femme résonnaient de façon claire dans sa tête. Elle semblait totalement désespérée.
Et puis du sang. Du sang partout.
Des tremblements agitaient encore son corps alors qu'un sentiment de terreur ne le quittait pas.
Encore groggy et retourné par son cauchemar, le jeune lycanthrope décida néanmoins de se lever. Mais une douleur sourde rendit l'expérience quelque peu difficile. C'est alors qu'il prit conscience de l'état de son corps. Des mètres de bandages entouraient son abdomen et sa tête.
Et bien ! La bataille avait dû être plutôt sanglante !
Seulement il ne se souvenait de rien. Ce qu'il lui était arrivé. Son âge. Son nom. Ou même le visage de ses parents.
Il revoyait leurs silhouettes parcourant son rêve mais il ne pouvait décrire précisément leurs faciès.
Soupirant face à sa propre impuissance, le garçon adressa un regard curieux à son environnement. Il se trouvait dans une petite pièce - sans doute une cabane - au mobilier pour le moins restreint et à la décoration plus que douteuse. Une table bancale avec une chaise aux pieds rongés, une couche - qu'il venait tout juste de quitter -, une petite fenêtre et une cheminée composaient les meubles de l'endroit, et des peaux d'animaux sauvages ornaient ses murs dont une tête de cerf au regard plutôt effrayant.
Perdu, il se dirigea vers la porte de l'abri - car il ne pouvait décemment appeler cela une maison – pour jeter un coup d'œil aux alentours. Il fut alors accueilli par l'immensité de la forêt.
()()
Voilà déjà un mois que l'adolescent habitait la cabane au fond des bois. Le propriétaire de la dite cabane se révéla être un dominant solitaire d'une cinquantaine d'années. La longue barbe blanche, les yeux bleus pétillants, le lycanthrope paraissait bien plus vieux que son âge, et dégageait une sensation de sagesse inexplicable.
Le plus âgé lui expliqua qu'il l'avait trouvé au plein cœur des bois, agonisant, et qu'il l'avait donc ramené chez lui et l'avait soigné. Il confessa alors au jeune homme qu'il vivait ici depuis deux ans car il attendait sa visite, et qu'il lui faudrait lui-même attendre quelques années avant de comprendre les raisons de son geste.
L'adolescent n'entendait rien aux paroles du vieil homme, et se demandait s'il n'avait tout simplement pas perdu la tête à vivre ainsi en totale autarcie !
.
Mais ce jour-là alors qu'il effectuait une de ses promenades journalières dans la forêt, il surprit un spectacle auquel il ne se serait jamais attendu. Recouvert de sa fourrure blanche aux reflets argentés, le lycanthrope ermite se déplaçait avec une agilité et une vélocité prodigieuse. Il sautait de rochers en rochers, évitant habilement le courant de la rivière, prenait appui sur le tronc des feuillus pour exécuter des cabrioles dans les airs, grimpait souplement aux arbres, déracinait des fûts par la simple force de son corps de loup.
Qui était donc réellement cet homme ?
.
Le soir même, le jeune lycaon implora son colocataire de faire de lui son apprenti, et de le former. Et l'homme d'âge mur accepta mais lui imposa une condition pour le moins étonnante.
« Je te dévoilerai le secret de ma puissance le jour où tu retrouveras ta mémoire. »
.
Et ce jour arriva bien plus vite que ne l'aurait pensé l'adolescent.
()()
Le jeune garou se trouvait à plus de quatre mètres du sol, les jambes noués autour d'un pin, un bâton dans la main, essayant désespérément de faire tomber un essaim d'abeilles. Mais cela se révélait plus compliqué que cela ne lui avait paru au premier abord. La main droite accrochée au tronc de l'arbre, le lycanthrope essayait de tendre son bras le plus possible, mais sa cible se révélait trop éloignée. Frustré, le jeune homme se pencha un peu plus vers la gauche, tendant son corps et ses muscles brachiaux au maximum. Et ce qui devait arriver arriva ! Le bout du bâton frôla l'essaim provoquant la sortie d'une dizaine de ses habitantes. Furieuses, celle-ci s'éparpillèrent dans les airs, prêtes à défendre leur logis. Une des guerrières volantes fonça droit sur le lycaon, enfonçant son dard dans sa joue. Criant sous la douleur, celui-ci relâcha ses prises sur le végétal et chuta de son perchoir.
L'atterrissage fut pour le moins brutal, mais rien de mortel pour un loup-garou. Recrachant l'herbe et la terre qu'il avait avalées en venant embrasser le sol, l'adolescent se redressa en position assise en gémissant. Du sang coulait de son arcade sourcilière droite et venait couvrir sa vision, brûlant quelque peu sa rétine.
Et une souffrance incommensurable vint alors pourfendre son crâne.
.
Des images défilaient à toute allure devant ses yeux.
Le doux sourire de sa mère, les yeux moqueurs de son père.
De la joie. De l'excitation...
Et du sang.
De la tristesse. Une colère dévorante. De la douleur.
Et encore du sang.
Son sang.
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
(Six mois plus tard)
(Janvier 210)
.
Il avait revêtu un lourd manteau beige et une capuche camouflait complètement son visage, le cachant admirablement. Les bras, eux aussi couverts, il se saisit de son baluchon pour le placer sur son épaule droite. Fin prêt, il franchit la porte de la cabane, prêt à affronter le dur froid de l'hiver. La neige enveloppait totalement les alentours de l'habitation, et détruisait toute perception de relief du paysage. Traçant son chemin dans le manteau immaculé, le jeune homme s'éloigna lentement du logis. Cependant son escapade fut de courte durée. Vêtu d'une peau de bête parsemée de doux flocons blancs, la silhouette d'Albus Dumbledore l'attendait de pieds fermes à quelques mètres de sa demeure.
« Comptais-tu réellement partir sans me dire au revoir ?
Pris sur le fait, le « fugueur » répondit embarrassé.
« Et bien, en fait, je voulais m'éviter les adieux larmoyants ! »
Le vieil homme éclata d'un grand rire.
« Te parais-je si sentimental ? »
Le jeune lycanthrope sembla hésiter.
« Eh bien… pour tout vous avouer. Oui. »
Outré, l'homme aux yeux bleus se lamenta :
« Oh ! Ce vieux fou de Grindelwald serait sans doute mort de rire s'il t'entendait en ce moment ! Il n'oublierait sans doute pas tes paroles pour me les rappeler à chacune de nos rencontres ! »
Bien qu'il conserva un visage impassible, les yeux du jeune adulte semblèrent vouloir sortir de leurs orbites.
Son maître, venait-il réellement de traiter l'Alpha de Serdaigle de vieux fou ?! Et d'ailleurs, ne demeurait-il pas encore plus vieux que lui ?
Fidèle à lui-même, le Griffondor poursuivit son discours.
« Bien comme je savais que - comme l'ingrat élève que tu es - tu allais me quitter sans même m'en informer au préalable, j'ai préparé quelque chose pour toi. »
Étonné, le jeune homme regarda l'ermite sortir un objet concave de sous son manteau. Un masque.
L'homme expliqua son geste.
« Comme tu ne dois pas être reconnu, j'ai pensé que ceci t'aiderait à cacher ton identité. »
Retraçant de ses doigts gantés les douces courbures ornant le masque, le plus jeune laissa un mince sourire retrousser le coin gauche de sa bouche.
« Merci, Maître. » souffla-t-il avec émotion.
« Oh ! Pas besoin de me remercier, quel maître serais-je donc si je ne prenais pas soin de la sécurité de mon disciple. », s'exclama précipitamment le dit maître, avec emphase. « Même si celui-ci n'est qu'un gamin ingrat qui part sans même me dire au revoir. », rajouta-t-il plus bas, un pli de colère barrant son front.
Le loup solitaire poussa alors le dos du jeune homme l'enjoignant à poursuivre son chemin.
« Bien ! Vas maintenant ! Le grand monde t'attend ! Et que je ne te revois pas avant longtemps ! »
Sur ces paroles, il fit volte-face pour rejoindre la chaleur de son chez lui.
Le plus jeune fixa quelques minutes la silhouette fuyant de son professeur, un sourire toujours aux lèvres, et les doigts fermement resserrés autour du cadeau du plus âgé. Il lança finalement un dernier regard à la cabane avant de s'enfoncer dans les profondeurs de la forêt d'Arboris.
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
(Trois mois plus tard)
(Avril 210)
.
Ce jour-là, il travaillait aux champs, bêchant avec ardeur. Cedric aimait beaucoup le travail de la terre. Il représentait l'essence de la vie, pour lui. Nourrissez bien les animaux et vous aurez une viande bien tendre ! Reposant doucement son outil, le loup-garou releva doucement la tête vers l'astre diurne. Il faisait vraiment chaud pour un début avril. Essuyant les perles de sueur couvrant son front du revers de sa main, il allait se remettre au travail quand un mouvement, loin à l'horizon, fut décelé par son œil aiguisé.
Dévalant la colline à toute allure, un jeune loup tacheté tenait dans sa gueule un parchemin marqué du sceau et du ruban jaune de l'Alpha de Poufsouffle.
Ce ne fut que deux heures plus tard alors que le châtain s'en retournait des champs après une dure journée de labeur que le Grand Cor de Beauxbâtons résonna par trois fois dans la ville.
L'Alpha de Loutry et de Poufsouffle, Armando Dippet, venait de mourir.
()()
En tant que second, Aston Chourave avait pris la suite de l'Alpha décédé. Mais une telle situation ne pouvait pas durer.
L'Alpha d'un des quatre territoires devait prouver sa valeur à son peuple, et démontrer qu'il méritait sa place. Seulement, Armando Dippet avait simplement péri de mort naturelle, et personne ne l'avait défié. Ainsi qui pouvait bien désormais diriger ?
La question devint vite un problème au bout de quelques jours quand de nombreux concurrents se présentèrent auprès de l'Alpha intérimaire pour exiger un combat. Cela demeurait totalement stupide bien entendu. Chourave approchait de la cinquantaine et possédait bien moins de puissance que l'ancien Alpha.
Un Conseil de Poufsouffle fut donc organisé pour discuter de l'ascension d'un nouveau dirigeant. Loutry ne possédant plus d'Alpha à proprement parlé, Beauxbâtons fut choisi comme hôte de l'évènement. Ainsi se retrouvèrent attablés, Amos Diggory, Alpha de Beauxbâtons, Wayne Hopkins, son jeune Second, Aston Chourave et Sibylle Trelawney, la Grande Prêtresse de Poufsouffle.
La réunion durait déjà depuis quelques heures, et les participants ne semblaient aboutir à aucun compromis, quand un coup discret fut frappé à la porte. Diggory obligea l'importun à entrer. La silhouette d'un jeune homme au visage caché par un lourd manteau et un masque blanc aux arabesques pourpres, apparut alors dans l'embrassure de la porte. Perplexe, l'Alpha de Beauxbâtons incita le nouveau venu à parler.
« « Loup Marcheur », que nous vaut l'honneur de votre interruption ? »
« Messieurs, excusez-moi de mon intervention plus qu'impromptue, mais je viens à vous suite au dilemme, qui j'en suis sûr, vous tourmente en ce moment même. La nomination d'un nouvel Alpha. » déclara celui-ci avec douceur.
Des exclamations scandalisées envahirent alors l'assemblée. Pour qui se prenait ce foutu rôdeur pour vouloir intervenir dans les affaires d'un des quatre territoires ?
« J'ai bien conscience que mon approche peut vous sembler quelque peu osée et illégitime. Cependant je viens à vous, je dois vous le confier, dans une optique tout à fait désintéressée. Aussi surprenant et impensable que cela peut vous paraître, je tiens juste à vous faire part d'une proposition. Une solution qui déterminerait le prochain Alpha de Poufsouffle. »
L'ensemble des dignitaires lui adressèrent des regards sceptiques. Néanmoins Amos Diggory l'enjoignit à poursuivre, coupant net toutes protestations venant de ses compères. Le jeune loup avait réussi à stopper les inondations couvrant la campagne de Beauxbâtons, il y a quelques semaines de cela, en construisant un barrage en amont de la cité dans un certain nombre d'acrobaties, au péril même de sa vie. Son fils affirmait également que le lycanthrope possédait un caractère attachant. Bien que Cedric ne soit pas toujours un juge objectif, accordant bien trop facilement sa confiance à autrui, Amos ne doutait pas de sa progéniture. Et puis, le loup-garou anonyme, lui avait lui-même fait plutôt bonne impression.
« Pour que l'élection soit la plus impartiale possible, il vous suffirait d'organiser un tournoi. »
Surpris, les loups-garous, bien que toujours sur la réserve, regardait le rôdeur avec un nouvel intérêt. Celui-ci poursuivit son discours, un mince sourire bordant désormais ses lèvres.
« Le tournoi ne se composerait bien entendu que de participants originaires de Poufsouffle et ayant atteint l'âge légal. Vous pourriez alors mettre au point différentes épreuves visant à évaluer la force physique, la capacité à diriger ou même la loyauté de chacun d'entre eux. »
L'ensemble des administrateurs se retournèrent les uns vers les autres discutant avec animation. L'Alpha en profita pour souffler au plus jeune.
« C'est une proposition intéressante, nous y réfléchirons. Tu peux disposer, « Loup Marcheur ». »
Convaincu de sa réussite, le lycanthrope quitta les lieux, son sourire narquois inconnu des administrateurs.
.
Le Grand Tournoi pour l'intronisation du 13ème Alpha de Poufsouffle débuta treize jours plus tard.
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
.
Cedric arpentait la forêt le plus silencieusement possible. Un « ennemi » pouvait se trouver au plus insoupçonné des endroits, et il ne désirait pas échouer dès la première épreuve ! Celle-ci avait commencé depuis cinq heures déjà et la nuit tombait. Jusqu'à maintenant, Cedric n'avait rencontré aucun camarade. En même temps, il lui restait plus de quatre jours pour compléter sa mission. Chaque concurrent possédait sur lui un cristal de verre, et le but de l'épreuve était de détenir en tout cinq cristaux une fois les cinq jours écoulés. Chaque compétiteur se faisant dérober sa pierre, se révélait éliminé et devait signaler son échec en hurlant. Tuer demeurait bien entendu interdit. Six groupes de cinq participants avaient été éparpillés dans l'immensité de la forêt, impliquant ainsi seulement un maximum de six vainqueurs.
Rassuré par l'absence de rencontres durant l'après-midi, Cedric entreprit d'allumer un feu pour faire allègrement dorer le lièvre qu'il avait attrapé plus tôt. Cependant le Poufsouffle se rendit rapidement compte de son erreur lorsque les flammes lui renvoyèrent l'image d'une ombre menaçante qui bondissait déjà derrière lui. Effrayé, le châtain esquiva à la dernière minute la tentative de son assaillant, en plongeant à gauche. La silhouette lycanthrope de Zacharias Smith, lui faisait face tous crocs sortis. Se redressant rapidement, le fils de l'Alpha de Beauxbâtons se recula précautionneusement, installant le feu entre lui et l'autre participant. Sous forme humaine, ses chances restaient faibles contre son opposant ; toutefois, changer paraissait pour l'instant suicidaire. Malheureusement contrairement à certains loups-garous, le jeune homme ne possédait pas une métamorphose instantanée et ce délai lui serait fatal. Évaluant avec attention son adversaire, Cedric en vint à la conclusion qu'il se devait de piéger son adversaire afin de pouvoir amorcer sa transformation. Smith n'était pas un loup énorme, il ne disposait pourtant pas d'une agilité remarquable. Ce serait son ouverture.
Poussant un sprint, le châtain prit appui sur un tronc d'arbre pour s'élancer en l'air, évitant habilement les griffes acérées de l'autre Poufsouffle. Surplombant désormais le loup brun, le jeune homme frappa du plat des pieds sur les cervicales de la bête. L'animal s'écrasa lourdement sur le sol de la clairière, inconscient.
Victorieux, le fils de l'Alpha de Beauxbâtons, repartit vers son paquetage d'où il sortit un amas de cordes qui s'empressa de lier solidement autour du loup.
L'aube vit Zacharias Smith se réveiller pour plonger ses yeux dans les ambres moqueuses de son ami. Forcé d'admettre sa défaite, le Poufsouffle reprit sa forme humaine et arracha le cristal enfoncé dans le dos de sa main pour le tendre au vainqueur. Celui-ci souhaita alors une joyeuse journée au brun.
Tenant fermement le cristal dans sa main, il ne prêta aucune attention au hurlement résonnant dans son dos.
Pourquoi la pierre de Zacharias et la sienne étaient-elles de couleur différente ?
.
Il fallut deux autres combats au Poufsouffle, soit deux autres victoires pour obtenir la réponse. Il possédait désormais quatre cristaux enclavés dans la chair de son bras. Deux rouges, un vert, et un bleu. Le but de l'épreuve n'était pas seulement d'obtenir cinq pierres, mais cinq pierres de teinte différente ! Les groupes demeuraient donc destinés à se rencontrer.
Au crépuscule du cinquième jour, le Grand Cor de Beauxbâtons retentit bruyamment dans l'air, mettant fin à la première tâche. Seuls trois concurrents avaient complété l'épreuve : Antoine Delacour, Hagrid et lui-même.
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
.
La seconde tâche se révéla être un tournoi au sens strict du terme. Les quatre vainqueurs de l'épreuve précédente ainsi qu'Amos Diggory, Wayne Hopkins et Aston Chourave devaient s'affronter physiquement. Organisateur de la première session, les trois dignitaires n'avaient ainsi pu y participer.
La population de Poufsouffle se donna donc rendez-vous dans une clairière à mi-chemin entre les deux meutes du territoire pour assister aux combats.
Le premier tour voyait se rencontrer : Wayne Hopkins et Aston Chourave, Amos Diggory et Jerry Abbot, et, Hagrid et Cedric Diggory.
.
Le combat avait été rude, le géant Hagrid, possédant une forme bien plus grosse que celle de Cedric. Le châtain avait néanmoins réussi à gagner grâce à sa vitesse et son agilité. Il avait profité de l'élan de l'attaque du plus grand, pour déraper le long de son flanc, le dépassant. Il avait alors rapidement fait volte-face, fléchi ses quatre membres pour bondir sur le dos du loup-garou. Il lui avait alors suffit de légèrement enfoncer ses crocs dans la chair tendre du cou de l'habitant de Loutry pour remporter la victoire.
.
Son père ainsi que son second avaient également franchi le premier tour avec brio, et le rejoignaient dans la seconde manche. Avec trois candidats s'était alors posée la question des participants du prochain combat. Ceux-ci avaient été tirés au sort par la main de la Grande Prêtresse Trelawney, et deux noms étaient ressortis. Cedric Diggory et Amos Diggory.
.
/_\ /_\ /_\ /_\ /_\
.
La foule était surexcitée. Le père contre le fils. Une tragédie familiale ! De quoi faire couler de l'encre !
Nerveux, Cedric fixait avec hésitation la haute silhouette du loup gris se trouvant face à lui. Il n'avait jamais battu son père en duel, en serait-il réellement capable aujourd'hui ?
Il apercevait sa mère dans le public, lui faisant de grands signes. Celle-ci ne paraissait nullement s'inquiéter pour lui, un grand sourire scotché à ses lèvres. Un profond sentiment de tendresse et de détermination envahit alors le cœur du lycaon. Elle lui faisait confiance. Elle croyait en lui. Il demeurait le seul ici, à douter. Alors il allait le faire ! Il allait montrer à tous ces gens, et à son père avant tout, qu'il était le digne fils d'Amos Diggory.
.
Le combat avait déjà commencé depuis un certain temps, et le loup chocolat se contentait majoritairement d'esquiver les attaques du plus vieux. Celui-ci semblait bien sûr de lui, et, cela allait causer sa perte !
Arrêtant de fuir, le plus jeune chargea de front l'Alpha de Beauxbâtons. Celui-ci s'arma reposant un peu plus son poids vers l'avant, se préparant au choc. Il arriva rapidement, projetant violemment le fils qui s'étala quelques mètres plus loin. Assommé par l'impact, le loup chocolat resta au sol en gémissant faiblement. L'aîné s'avança alors dans sa direction, prêt à lui assener le coup de grâce. Il n'en eut cependant jamais l'occasion. Se redressant soudainement, Cedric Diggory s'élança à toute allure, venant frapper de plein fouet le flanc sans défense de son paternel. La silhouette de l'Alpha perdit sa balance pour s'étaler dans la poussière un peu plus loin, recouverte par le corps du plus jeune. Sans perdre une miette de son avantage, celui-ci se redressa rapidement, sa gueule visant déjà la jugulaire.
Le fils avait vaincu son père !
.
/_\ /_\ /_\ /_\ /_\
.
Pour le grand final, les organisateurs avaient décidé de jouer la carte de l'originalité. Le combat se déroulerait en pleine nature, au bout milieu de Sinefine, sur le plateau de Beauregard. Celui-ci disposait d'une vue imprenable sur l'immense étendue de la forêt. Son côté Est donnait d'ailleurs directement sur la rivière Furentis s'écoulant furieusement une soixantaine de mètres plus bas.
D'une surface d'environ 200 mètres carrés, le plateau se composait d'un terrain vague agrémenté de quelques chênes et rochers. Pour l'incroyable occasion, une estrade avait été construite sur la face nord pour accueillir les spectateurs.
Wayne Hopkins fut le premier à se présenter à la foule, saluant joyeusement ses supporters. Un peu gêné, Cedric Diggory pénétra dans l'arène accompagné de ses amis Zacharias Smith et Antoine Delacour ainsi que du « Loup Marcheur ». Il effectua une rapide courbette face aux dignitaires avant de se positionner aux côtés de son opposant.
D'une taille et d'une carrure équivalente à celles du plus jeune, Wayne Hopkins possédait des cheveux blond doré, des yeux bleu nuit et un sourire communicatif. L'ensemble faisait son succès aussi bien auprès de la gente féminine que de la gente masculine. Mais malheureusement pour la population des dociles, le jeune homme s'était déjà enfermé dans les liens sacrés du mariage, en s'unissant sous l'éclat de la Déesse Lune.
Une fois les deux lycanthropes changés et éloignés d'une distance d'une dizaine de mètres, la Grande Prêtresse donna le signal du départ de son propre hurlement.
Les loups chargèrent alors de front, entrechoquant leur flanc. Des grognements et des claquements de mâchoires résonnèrent dans l'arène. Les deux concurrents cherchaient à se saisir de la gorge de leur adversaire sans grand succès. Ce n'était pas un combat de subtilité mais un affrontement de deux forces brutes. Chacun testait la puissance de l'adversaire, attendant que celui-ci commette une erreur. Mais aucun de deux dominants ne semblait prêt à lâcher le morceau et laisser une quelconque ouverture à son opposant. Ainsi, seule l'endurance des combattants paraissait être à même de déterminer l'issue du combat.
Essoufflés, les dominants effectuèrent simultanément un repli stratégique. Ils s'observaient tranquillement à distance, tout en prenant de grandes inspirations pour reprendre le cours de leur respiration. Puis finalement, ils se jetèrent à nouveau à l'assaut de l'autre… pour s'éloigner une deuxième fois au bout de quelques minutes.
L'action se reproduisit deux fois de plus avant que la pluie ne vienne interrompre leur danse improvisée. Surpris par les gouttes, le plus jeune s'écarta cette fois-ci dans l'optique de planifier plus précisément sa prochaine attaque. Le caprice des cieux rendrait ses gestes beaucoup moins précis, et risquait de mettre à mal son équilibre. Le prochain mouvement devait à tout prix atteindre sa cible.
Fort de ses réflexions, le châtain s'écarta du terrain central pour bondir entre les arbres. Étonné, son adversaire se lança à sa poursuite. Le loup chocolat sauta alors contre un tronc à sa gauche pour y prendre appui et s'élancer dans les airs. Cependant, ayant deviné les intentions du plus jeune, le loup beige bondit lui-même sur un tronc à droite et rencontra la masse de son congénère en plein vol. Le choc fut brutal, sonnant quelque peu les deux créatures.
Désappointé, le jeune Diggory poursuivit sa course dans l'arène. Il n'avait pas dit son dernier mot ! Il avait battu son père, au nom de la Lune ! Le prochain Alpha de Poufsouffle, ce serait Lui !
Avisant le lycanthrope qui le pourchassait toujours, le jeune dominant se stoppa net. Fuir ne servirait à rien, après tout !
Poussé par son élan, Wayne Hopkins ne put empêcher l'impact. Les deux loups roulèrent alors l'un sur l'autre sur une dizaine de mètres. Chacun essayait de prendre l'ascendant sur l'autre, la gueule grande ouvert prête à mordre avec sauvagerie. Le plus âgé gagna finalement la bataille, plaquant de tout son corps son adversaire sur le sol. Il tenta alors de plonger ses crocs dans la gorge du plus jeune afin de mettre fin au combat.
Seulement le châtain n'était pas encore prêt à abandonner ! Poussant de toutes ses forces sur ses pattes postérieures, il vit la silhouette de son adversaire basculer en avant, pour passer au-dessus de sa tête. Le loup beige dérapa alors sur quelques mètres avant de reprendre appuis sur ses quatre membres. Toutefois, dans sa chute, il s'était dangereusement rapproché de la limite Est du plateau. La pluie avait rendu les pierres bordant le précipice glissantes, et ce qui devait arriver arriva, la patte arrière droite du lycanthrope ripa sur la roche. Le Poufsouffle patina quelques secondes avant de tomber en arrière dans l'abîme. Épouvanté, Cedric se jeta vivement dans sa direction. La gueule plongeante, il planta ses crocs dans la nuque du Second. Celui-ci tentait de reprendre une prise dans la roche, ses griffes égratignant la paroi. Mais l'entreprise paraissait totalement vaine et le poids du corps du plus âgé pesait de plus en plus sur la prise du loup chocolat. Wayne abandonna alors toute tentative de rémission, et mordit dans la gorge du châtain. Surpris, celui-ci relâcha quelque peu la prise qu'il exerçait sur son congénère. Affolé par son propre geste, il ne put qu'observer impuissant la silhouette du Second s'éloignant progressivement, les babines retroussées comme souriant. Le loup beige ne fut bientôt qu'un vague point, qui fut rapidement chahuté par les flots de la rivière Furentis.
.
La foule vient bientôt entourer le jeune Alpha, mais leurs voix paraissaient bien éloignées au triste vainqueur. Seuls le poids de son incompétence et la souffrance d'avoir perdu un frère résonnaient dans son cœur. Des mains se pressaient contre son épaule, semblant vouloir le réconforter. Mais si les mots ne l'atteignaient pas, les sanglots déchirants traversaient sans mal le brouillard occupant son cerveau. Et la douleur devint insupportable lorsque le cri torturé de la magnifique jeune épouse aux boucles dorées du disparu surplomba tous les autres.
L'« Alpha » est mort. Vive l'Alpha !
.
O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o
.
Un cri déchirant perça les profondeurs de la nuit.
Ses orbes ambres fixés au plafond, le nouvel Alpha de Poufsouffle tentait désespérément de reprendre sa respiration. La sueur collait les mèches éparses de sa frange à son front, et faisait de son T-shirt une seconde peau.
Le visage de Wayne Hopkins restait vif dans son esprit. Ses cheveux blonds dorés. Ses yeux bleu nuit. Et son sourire apaisé alors que sa silhouette se faisait avaler par le gouffre.
Cela faisait un mois que la compétition pour le titre d'Alpha était terminée, et l'ancien Second de Beauxbâtons hantait toujours ses rêves chaque nuit. La culpabilité le quitterait-elle un jour ?
Sortant de sa chambre, le lycanthrope prit la direction de la porte d'entrée. Un peu d'air frais lui ferait le plus grand bien.
…
Assis sur les marches de la mairie, la tête baissée, les coudes sur les genoux, Cedric Diggory gardait le regard plongé dans le vide, perdu dans ses sombres pensées. Le Poufsouffle n'aurait su dire depuis combien de temps, il demeurait ainsi, prostré ; quand une voix grave appartenant à une silhouette pour le moins imposante, le sortit de sa torpeur.
« Encore à t'apitoyer sur ton sort, Diggory ? »
Un mince sourire se dessina sur le visage de l'Alpha. Comptez sur le « Loup Marcheur » pour vous remonter le moral en douceur ! Bizarrement les mots crus du dominant lui apportaient un réconfort bien plus grand que ne lui auraient offerts de douces paroles. Ils s'étaient rencontrés il y a seulement trois mois, et le rôdeur le connaissait déjà par cœur. Cedric ne voulait pas qu'on lui accorde de la pitié, ce dont il avait besoin aujourd'hui, c'était d'une présence à ses côtés. Et son ami était là. Chaque soir depuis un mois, il le retrouvait sur le perron de sa demeure.
« Tu devrais arrêter de te blâmer pour la mort de Wayne, imbécile ! Fleur ne t'en veut pas le moins du monde, et un Alpha se doit de rester fort, non ? »
Cedric aurait voulu lui dire que la douleur ne disparaissait jamais, et que Fleur n'osait juste pas accuser un Alpha de meurtre. Était-il d'ailleurs seulement assez puissant pour supporter ce nouveau rôle ? Méritait-il vraiment ce titre ? Arriverait-il à devenir un bon dirigeant ? L'avenir de Beauxbâtons ne demeurait pas seulement entre ses mains, tous les habitants de Poufsouffle comptaient sur lui. Et il était encore si jeune… il n'avait que vingt-et-un ans ! Cedric aurait réellement voulu crier tout cela à son ami, mais à quoi bon ? Le dominant savait déjà tout cela, il savait déjà tous ses tourments.
« Wayne ne reviendra pas. Et le titre d'Alpha est désormais tien. Si tu ne veux pas décevoir ton peuple, comportes-toi tel l'Alpha que tu es désormais, Diggory ! »
Se comporter comme un Alpha, hein ? Diriger et protéger le territoire de Poufsouffle. C'étaient ses nouvelles responsabilités, et il se devait de les tenir. Mais en était-il réellement capable ?
« Si tu te soucis réellement de ton rôle, nommes-toi un Second ! Tu ne peux pas dépendre de ton père plus longtemps. C'est toi, l'Alpha de Beauxbâtons et Poufsouffle, pas lui ! »
Un Second ? Oui, mais qui ? Son père restait le plus puissant loup-garou de la meute après lui. Aston Chourave avait déjà fait du géant Hagrid son nouveau Second, et puis, mieux valait quelqu'un de Beauxbâtons. Alors qui ?
« Pourquoi te baser seulement sur la force ? Après tout, tu es pratiquement le Poufsouffle le plus amoureux des lycanthropes que l'on peut trouver, pourquoi ne pas plutôt t'intéresser aux capacités sociales et « humaines » ? »
« Aux capacités sociales et humaines ? » répéta stupidement le châtain.
« Argh, je n'en reviens pas que tu me forces à dire ça ! » s'exaspéra le vagabond masqué en grimaçant.
Toujours perplexe, le Poufsouffle le fixait attentivement, attendant plus d'explications.
Soupirant fortement, l'étranger se décida à venir en aide à son ami.
« Pourquoi ne fais-tu pas de Fleur ton Second ? C'est une docile, certes, mais elle possède bien plus de volonté que la plupart des dominants. Et il ne fait aucun doute qu'elle aurait fait une parfaite oméga. »
« Fleur ? » s'étonna le lycanthrope toujours assis. « Toi, d'entre tous, tu me proposes de faire de Fleur, mon Second ? »
Quelque peu gêné, l'anonyme détourna la tête pour échapper au regard de son congénère.
« Eh bien, je prône toujours la suprématie des dominants…seulement toi et moi, nous sommes totalement différents, et Poufsouffle dispose d'une conception quelque peu particulière de la lycanthropie, alors… je suis sûre que Fleur serait parfaite pour toi. »
« Fais attention à ce que dis, Louloup. On pourrait croire que tu veux que je m'unisse à elle ! » railla le châtain, rasséréné.
« Comment m'as-tu appelé, Diggory ? » gronda le dit Louloup. « Ne crois pas que ton titre d'Alpha te protégera de mes griffes ! »
.
Il reprit finalement son calme, la partie exposée de son visage retrouvant son impassibilité légendaire.
« Et puis, je sais que tu les aimes bien plus dociles. Tu n'arriverais jamais à gérer, Fleur ! » se moqua-t-il.
« Contrairement à toi, hein ? » répondit narquoisement le Poufsouffle.
« Contrairement à moi, oui… » souffla le rôdeur.
.
A suivre….
Enfin un peu d'action et de combat !
Bon, je sais que Cedric n'est pas votre personnage préféré (pour être honnête il m'ennuie aussi !^^), mais j'avais besoin de parler de son ascension au titre d'Alpha, et de préciser sa relation amicale avec le « Loup Marcheur ».
Prochain chapitre : Hermione Granger, mais aussi et surtout … beaucoup de Drarry !
A vendredi !
Nihona
