. .
Instinct Animal
. .

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !

Pairing : HPDM….Rating : M

Genre : Aventure/Fantastique/Romance

Chronologie :
- Septembre 207 : Sirius Black (26 ans) devient Alpha de Grimmauld
- Décembre 212 : Rencontre Harry (17 ans)/« Loup Marcheur »
- Mai 213 : Beltane puis « Rupture » Harry/Draco (~21 ans)
- Mi-Mai 213 : Retour d'Harry à Godric's Hollow
- Septembre 213 : Comité.
- Octobre 213 : Départ des quatre troupes d'exploration
- Novembre 213 : Retour des troupes à Godric's Hollow. Emprisonnement de Draco.

IMPORTANT : SUITE A PLUSIEURS REVIEWS ME FAISANT PART DE LA DIFFICULTÉ DE SUIVRE MES TROP NOMBREUX FLASHBACKS, J'AI REVU CERTAINS CHAPITRES DE CETTE FIC.
L'ORDRE DES CHAPITRES A DONC ÉTÉ CHANGÉ A PARTIR DU CHAPITRE 1. LE CONTENU DE LA FIC RESTE NÉANMOINS LE MÊME.

RAR : Merci à lemonpowaa, himechu95670, stormtrooper2, Lalouve, cacaomille, Harry-Snape-Malfoy, ptitcoeurfragile, Shanatora et Amista pour leurs reviews !

Évolution : 16 chapitres écrits sur 19.
.


O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o

.
Chapitre 11 : Sirius Black

.

(Mi-Novembre 213)
.

L'emprisonnement commençait à rendre définitivement fou, Draco. Il avait à peine eu le temps d'apercevoir l'éclat de l'astre diurne l'espace de quelques heures, avant qu'on l'en prive à nouveau. Il manquait affreusement de sa dose de vitamine D !

Et il y avait une seconde chose qui préoccupait profondément l'ancien Serpentard.
Cela faisait déjà deux jours que le « procès » s'était terminé et qu'il avait rejoint sa cellule, et ses journées s'en trouvaient à nouveau rythmées par les « visites » du fils de l'Alpha de Griffondor. Le blond se demandait d'ailleurs comment le dirigeant avait-il pu accepter que le docile continue à lui livrer ses repas, après l'humiliation publique qu'il lui avait offerte !
Seulement, le petit brun lui adressait toujours aussi peu la parole, et la situation devenait de plus en plus insoutenable pour le dominant. Il avait vraiment besoin de parler à quelqu'un ! Il demeurait ignorant de la situation à l'extérieur et cela lui pesait autant que l'antipathie du Griffondor à son encontre !

.

Ce jour-là, le docile apparut à la même heure qu'à l'accoutumée – enfin de cela Draco ne pouvait en être sûr, seulement son ventre, lui, paraissait en être persuadé -. Le brun descendit tranquillement les marches menant au sous-sol, chacun de ses pas résonnant dans les ténèbres. Draco pouvait les entendre se rapprocher alors que l'obscurité diminuait peu à peu sous la lueur d'une torche. Le Griffondor arriva bientôt face à la porte de la cellule, devant laquelle il se baissa lentement pour faire basculer la trappe permettant le passage du repas. Ignorant le blond qui s'était jeté sur la nourriture tel un affamé, le docile fit quelques pas en arrière pour rejoindre sa place habituelle contre le mur du couloir, où il s'assit.

Dévorant sa pitance, le dominant respecta le religieux silence imposé par son congénère, qui se voyait seulement troublé par ses propres bruits de succions et de mastications. Ses plats finalement vides, Draco reposa son plateau devant la trappe. Le brun quitta alors son poste pour récupérer les récipients. S'accroupissant, il passa ses mains à travers le battant pour se saisir du plateau. Toutefois, le vagabond ne lui en laissa pas l'occasion, refermant avec force ses propres mains autour des poignets de son ancien amant.

« Je sais que tu ne veux pas me parler, Harry. Tu dois probablement m'en vouloir énormément… »

Le brun lui renvoya un regard meurtrier à travers les barreaux de la cellule, tout en essayant vainement de se libérer de la prise du plus grand.

« …et même vouloir ma mort. », déglutit le blond. « Et je suis vraiment désolé de t'avoir fait du mal. »

Cette fois-ci, le docile renifla de dédain, tout en continuant ses tentatives d'extraction.

« Je suppose que tu penses que je ne suis qu'un beau parleur, et que tu t'es bien fait avoir ! Seulement…je ne suis peut-être pas le dominant le plus honnête ni le plus vertueux… »

Harry renifla à nouveau.

« … mais j'étais sincère avec toi, Harry. Cette nuit-là…» L'ancien Serpentard fit une brève pause. « Cette nuit-là c'est arrivé parce que cela devait arriver ! C'est arrivé parce que nous en avions tous les deux envie, et pas seulement à cause de l'augmentation de nos hormones ou de la Lune. Nous en avions tous les deux vraiment envie, voilà pourquoi c'est arrivé ! » déclara-t-il sérieux.

« Vas-tu longtemps continuer à m'accuser, Malfoy ? » ironisa le brun.

Bien ! Comptez sur un Griffondor, et surtout un Potter, pour être entêté !

« Je suis enfermé ici depuis des jours, Harry, et j'y resterai probablement pendant encore des semaines voire des mois – si nous ne sommes pas tous morts avant -, quel intérêt aurai-je à me moquer ainsi de toi ? » reprit calmement Draco.

Un bref éclat de rire s'échappa des lèvres du médecin.

« Oh je ne sais pas… peut-être l'espoir que je te délivre ! » railla le Griffondor.

« Alors je m'y prends très mal, non ? » renchérit le blond. « Ne devrais-je pas plutôt porter toute la faute sur moi ? Il y aurait plus de chances que tu me pardonnes, non ? »

« Sauf si tu sais déjà que je ne te croirai pas ! » s'entêta Harry. « Peut-être espères-tu me retourner le cerveau ? »

L'ancien Serpentard retint un soupir de frustration. Cette discussion avait-elle réellement un but ?

« N'as-tu pas réussi à tromper les Alphas des quatre territoires ? Ton pouvoir de persuasion doit être bien assez puissant ! » continua le brun.

« En tout cas, il n'a pas l'air de marcher sur toi ! » capitula finalement Draco. « Et nous savons tous les deux pourquoi tu m'en veux, Harry, et cela n'a rien à voir avec les quatre territoires, le Comité ou même mon ancien titre d'Alpha. »

« Tu as raison, je me fiche que tu es été l'Alpha des Alphas ! Si je t'abhorre c'est bien pour t'être joué de moi. Pour m'avoir baisé tout en me cachant ton identité, m'avoir abandonné, avoir à nouveau tenté de profiter de mon corps pour t'enfuir à nouveau ! » cracha Harry avec virulence, les joues désormais rouges de colère et les émeraude haineuses.

« Je n'ai jamais détesté quelqu'un comme je te hais, Malfoy ! »

L'ancien Serpentard aurait véritablement dû ménager la sensibilité du docile !

« Bien ! Au moins tu as été clair sur ce point ! » tenta maladroitement de faire de l'humour, le blond. « Je suppose que discuter de cela est inutile désormais. Tu n'as pas vraiment l'air de vouloir m'écouter, alors… »

Non, mais ! Pour qui se prenait le dominant !

Annihilant toute tentative d'indignation dans l'œuf, le rôdeur reprit la parole.

« Juste…Je n'ai absolument aucune idée de ce qui se passe à l'extérieur, désormais…Mais il y a bien une chose dont je suis certain, si nous ne quittons pas bientôt les terres des quatre territoires, nous périrons tous ici. »

Sa voix s'était quelque peu éteinte sur la fin.

« Alors… s'il te plaît, apporte-moi des nouvelles de l'extérieur, Harry. », implora-t-il le brun.

Celui-ci ne répondit que par un reniflement, dégageant soudainement ses mains de la prise de l'ancien Serpentard. Le blond le laissa faire, vaincu. Il n'y avait rien de plus à dire.

Le docile fit alors volte-face, le plateau dans une main, et la torche qu'il avait détaché du mur, dans l'autre. Ses pas résonnèrent à nouveau dans les cachots alors qu'il s'éloignait peu à peu du détenu. Et le lourd bruit de la porte métallique autorisa finalement l'obscurité et le silence à reprendre possession des lieux.
.

O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o


O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o

.
(Un an plus tôt)

(Mai 212)
.

La Beltane avait eu lieu il y a plus de cinq jours, et depuis, le « Loup Marcheur » évitait Harry comme la peste. Frustré, celui-ci avait fini par abandonner toute tentative de s'expliquer avec le dominant. Si le plus vieux avait décidé de le snober, très bien ; il n'allait pas lui courir après comme un pauvre petit chiot soumis !

Le jeune docile était bien décidé à tenir cette dernière résolution, seulement le destin en décida autrement…

Aujourd'hui, c'était vendredi et Harry n'avait qu'une hâte : être enfin en weekend ! L'ombre du dominant avait pesé sur lui toute la semaine, et le Griffondor entendait bien profiter de son weekend pour sortir le fantôme du plus âgé de sa tête.

La journée avait plutôt bien commencé. Poppy s'était révélée de bonne humeur ce matin-là, et en cette période de l'année, les patients demeuraient peu nombreux*. Le brun avait donc pu savourer une sieste postprandiale sous les doux rayons de ce début de mois de mai. L'après-midi avait confirmé la tendance matinale, en s'avérant tout aussi calme. Seulement, quand les derniers éclats de l'astre solaire commencèrent à disparaître, tout dérapa.

Son « service » fini, l'Alpha de Poufsouffle était venu lui rendre visite.

Un grand sourire aux lèvres, le châtain faisait de grands signes dans sa direction, alors qu'il remontait la rue principale pour venir dans sa direction. Vérifiant pour la énième fois que la porte de l'infirmerie était bien correctement fermée, le brun s'avança tout aussi gaiement vers lui. Cependant un détail intrigua le docile. Depuis que l'homme masqué était arrivé il y a de cela quatre mois, les deux compères demeuraient inséparables. Cedric avait donc pris pour habitude de venir le chercher en compagnie de son ami, toutefois, aujourd'hui il s'avérait seul. Une fois à la hauteur du châtain, le brun lui fit aussitôt part de son étonnement.

« Aurais-tu perdu ton mari, Diggory ? Vous êtes-vous disputés et avez-vous ainsi décidé de divorcer ? »

D'abord perplexe, le sens des paroles du plus jeune sembla trouver un écho dans l'esprit du Poufsouffle, qui répondit finalement en riant.

« Oh non ! Nous ne nous sommes pas disputés ! Mais il a bien décidé de me quitter ! »

Cette fois-ci, les rôles étaient inversés, et c'était bel et bien Harry qui s'avérait complètement paumé !

« Com-comment ça ? »

Prenant l'adolescent en pitié, l'Alpha décida de lui expliquer plus clairement.

« Il vient juste de partir. Ne me demande pas où, je n'en sais absolument rien. Avec lui, poser des questions est inutile ! Il va et vient sans arrêt, parcourant les quatre territoires au gré de ses envies ! »

« Il-il est parti … ? » bégaya le plus jeune, abasourdi.

Le châtain n'aurait pourtant su dire s'il s'agissait là d'une affirmation ou d'une question.

« Euh…oui. Il y a quelques minutes. », répondit-il tout de même.

Le visage du docile demeura impassible quelques instants, avant qu'il ne s'exclame :

« Oh… ! Je suppose que rester quatre mois au même endroit a dû lui sembler bien long. »

« Sûr qu'il n'en a pas l'habitude ! », confirma le Poufsouffle.

« Ah ces rôdeurs ! Ils ont une vie bien compliquée, hein ? Il doit surement vouloir compenser ! » se moqua faussement le docile.

« Tu crois ? » s'amusa l'Alpha.

« J'en suis sûr ! » pointa fougueusement le plus petit, avant qu'il ne s'exclame soudainement les yeux écarquillés. « Ah !... Désolé, je viens juste de me souvenir que j'avais promis à Hannah de passer la soirée avec elle ! »

« On se reverra plus tard, Cedric ! », hurla-t-il à son ami, le dépassant en détalant.

Stupéfait, le châtain le regarda partir comme s'il avait le feu aux fesses jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse à l'horizon.

Immobile et désormais seul dans la rue, une seule pensée reposait dans le cerveau de l'Alpha : la maison d'Hannah se trouvait dans la direction opposée.

()()

Courant à perdre haleine, Harry dévalait la rue principale. Arrivé aux portes du village de Beauxbâtons, il stoppa abruptement sa course, pour reprendre son souffle. Le rôdeur était parti il y a tout juste quelques minutes, il ne pouvait pas être bien loin ! Évaluant les alentours, le docile renifla l'air, mais aucune odeur familière ne vint envahir ses narines. Jouant le tout pour tout, il décida donc de prendre la grande route. C'était la voie qui débouchait sur le plus de choix de destinations, il y avait donc une plus grande probabilité que le dominant l'ait empruntée.

Il ne fallut qu'une dizaine de minute avant qu'Harry distingue finalement la silhouette du lycanthrope vagabond. Celui-ci sembla se rendre compte de sa présence, car il se retourna soudainement à son approche.

Les deux jeunes gens se faisaient désormais face en silence, chacun paraissant analyser le prochain mouvement de son vis-à-vis.

Maintenant qu'il se retrouvait face au dominant, l'esprit du docile semblait totalement vide. Aucun mot ne lui venait. Agacé, le plus âgé se décida à parler le premier, mettant ainsi fin à la lourde tension qui emplissait l'atmosphère.

« Pourquoi m'as-tu suivi, Harry ? »

Les paroles de l'anonyme sortirent brusquement le brun de sa torpeur. Comment ce foutu lâche osait-il lui demander des explications ? Comment osait-il ainsi inverser les rôles et le faire passer pour une pauvre petite chose pitoyable, quémandant désespérément son attention ? Comment osait-il seulement lui demander la raison de sa présence, après l'avoir lâchement abandonné dans la forêt, cinq jours plus tôt !

« Pourquoi, hein ? » se moqua le docile.

« Ne serait-ce pas plutôt à moi de demander « pourquoi » ? ragea-t-il. « N'es-tu pas celui qui m'a furieusement baisé avant de me laisser seul au milieu des bois ? N'es-tu pas celui qui m'a ensuite ignoré pendant plus d'une semaine ? Et enfin, n'es-tu pas celui qui s'enfuit à nouveau, lâchement, sans même me dire au revoir ! »

Estomaqué par la fureur de l'adolescent, il fallut quelques secondes avant le rôdeur ne réponde.

« Bien, si tu me détestes autant, pourquoi es-tu là, Harry ? »

Le brun allait répliquer, furieux, mais le dominant le devança.

« Parce que tu désires une réponse à tes questions, c'est ça ? »

Le plus jeune n'émit aucun son, mais l'intensité de son regard suffit à renseigner le plus âgé sur ses opinions.

« Je ne suis pas quelqu'un de gentil, Harry. L'aurais-tu oublié ? Je suis égoïste, moqueur et profiteur. Et je ne fais rien qu'il ne puisse être à mon avantage ! Ne le savais-tu pas en couchant avec moi ? »

Le Griffondor voulut à nouveau lui exprimer clairement sa façon de penser ; mais, comme précédemment, le dominant ne lui en laissa pas le temps.

« Je ne suis pas quelqu'un qui s'attache. Et coucher avec toi ne représentait absolument rien pour moi. Je suis désolé si je t'ai laissé penser qu'il y avait plus... »

« Espèce de…. Comment as-tu pu…», s'insurgea le brun, la respiration hachée par la colère.

« Et puis, si je me souviens bien, tu en avais tout autant envie que moi. Je ne t'ai forcé à rien, et je ne t'avais rien promis ! La Beltane est juste une cérémonie pour évacuer la tension de nos corps après tout ! » continua le vagabond sans visage, clairement ennuyé.

Comment ce foutu dominant, osait-il ? Certes, il ne lui avait rien promis, mais il devait bien se douter que le jeune docile demeurait encore vierge et que ce n'était pas que du sexe pour lui ! Et puis même, étais-ce une façon de se comporter, que d'abandonner son coup d'un soir en pleine pampa !

Le dominant s'avança lentement de son interlocuteur pour venir poser sa main sur son épaule. Il soupira alors, navré.

« Tu es très mignon, Harry. Et je ne doute pas que tu te trouveras un compagnon très vite. Ce pauvre Cedric se meurt d'ailleurs déjà d'amour pour toi. Tu m'oublieras vite. Considères-moi juste comme ton… initiateur. »

Révolté, le brun voulut le frapper, mais son poing fut intercepté pas la main de son congénère. Frustré, il leva son autre bras, toutefois, le plus âgé coupa à nouveau son geste en se saisissant de son deuxième avant-bras.

« Lâches-moi ! » cria le plu petit en s'agitant furieusement.

Le dominant allait répondre quand des trombes d'eau s'abattirent soudainement sur leurs têtes.

.

Se dégageant de la prise du plus grand, Harry courut vite se mettre à l'abri, mais la pluie l'avait déjà trempé. Se trouvant en pleine forêt, le rôdeur vint également se protéger sous le grand arbre le plus proche, où demeurait déjà le brun. Celui-ci, agacé, lui jeta un regard furibond. L'ignorant, le vagabond masqué commença à se frictionner afin d'échapper au froid causé par ses vêtements mouillés. Mais la pluie se faisait de plus en plus forte et le vent de plus en plus violent, et les branches protectrices furent bientôt un bien maigre rempart face à l'eau. Ne voulant pas finir pas chopper la grippe, le dominant se rapprocha de son compagnon jusqu'à ce que leurs avant-bras viennent s'entrechoquer. Furieux qu'il ose ainsi empiéter sur son espace personnel, le docile lui décocha un regard noir et se décala afin de supprimer tout contact. Exaspérer par l'attitude du plus petit, et ne souhaitant pas, malgré toutes leurs embrouilles qu'il tombe malade, le plus âgé lui empoigna le poignet et le propulsa dans ses bras afin de partager un peu de chaleur corporelle. Pétrifié, Harry n'osait faire le moindre geste. D'ailleurs, pas une seule fois la pensée de s'échapper de cette étreinte réconfortante ne lui vint à l'esprit.

La température du dominant se dispensait à travers ses vêtements trempés et maintenait le docile dans un doux cocon. La pluie aurait dû normalement masquer toute odeur, mais la proximité des corps, rendait l'effluve envoûtante du dominant hautement perceptible pour le docile et son cerveau en était tout retourné. L'instinct de loup du rôdeur commençait également à se réveiller et il ne put s'empêcher de laisser délicatement traîner son nez dans le cou du plus jeune, caressant la peau du bout de son appendice et humant sa flagrance à grandes bouffées. Au contact de la peau du vagabond masqué sur la sienne, Harry perdit définitivement les pédales et se retourna brusquement dans les bras du dominant afin de l'embrasser à pleine bouche. Agréablement surpris, celui-ci se laissa faire et prit possession des hanches du jeune lycanthrope afin de coller encore plus leurs corps l'un contre l'autre. Enhardi, Harry empoigna la nuque du jeune garou à travers sa capuche pour avoir un meilleur contrôle sur le baiser. Mais le rôdeur ne semblait pas de cet avis.

Jamais il ne serait dit, que lui, un dominant se ferait mener par un docile !

Fort de son jugement, le plus âgé plongea une main dans les cheveux du brun, et les tira violemment vers l'arrière, provoquant un hoquet de douleur chez son partenaire. Profitant de cette ouverture, il introduisit sa langue dans la bouche entrouverte de son ancien amant, et partit rapidement à la recherche de son homologue afin d'entamer un ballet endiablé. Dirigeant totalement l'échange, le vagabond masqué laissa quelques secondes à son compagnon pour inspirer quelques goulées d'air, alors qu'il descendait ses mains sur le postérieur de sa victime et la soulevait du sol. Harry haleta sous la surprise, mais se laissa porter jusqu'à ce que son dos vienne rencontrer durement l'écorce du tronc d'arbre. Le rôdeur débuta alors des va-et-vient de plus en plus brusques contre le corps du plus jeune, propulsant chaque fois un peu plus violemment Harry contre le tronc.

Le bois lui écorchait la peau à travers son tee-shirt, mais il n'avait cure de la douleur. Seul comptait le dominant et les sensations incroyables qui envahissaient son corps. Une bouche vint bientôt reprendre la sienne avec possessivité alors que le rôdeur ouvrait de façon précipitée le pantalon du docile et infiltrait sa main dans son boxer. Le contact froid des longs doigts du plus âgé sur son érection dégrisa quelque peu le brun ; néanmoins des brumes de désir et de plaisir obscurcissaient encore son esprit, et il laissa le dominant pomper sa virilité au rythme de ses hanches. Accroché aux épaules puissantes du loup-garou, l'adolescent subissait la cadence avec complaisance. Mais déjà l'intensité du contact se faisait insuffisante pour le dominant, il en voulait plus… beaucoup plus…

Emporté par le sentiment grisant qui lui commandait de faire Harry sien, le rôdeur empoigna le pantalon et le boxer du brun et les fit descendre jusqu'à ses chevilles. Il releva alors les cuisses de l'adolescent afin qu'il attache ses jambes autour de sa taille, ce que fit Harry avec bonne volonté. Puis, il approcha lentement ses doigts préalablement lubrifiés du sperme du docile, vers l'anus de celui-ci. Il fit d'abord pénétrer un doigt et le lubrifiant naturel du brun l'accueillit aussitôt. Rasséréné, le dominant entreprit des va-et-vient au sein de l'antre humide, puis rajouta un deuxième et un troisième doigt afin de bien étirer l'entrée de son receveur.

Satisfait, il ouvrit sa propre braguette, et abaissa caleçon et pantalon pour libérer son membre douloureusement tendu. Prêt, il dirigea son appendice vers l'orifice qu'il convoitait tant jusqu'à exercer une légère pression sur celui-ci.

Si Harry avait été plutôt complaisant jusqu'à présent, gémissant de plaisir sous le traitement que lui imposait le rôdeur, la sensation du sexe du dominant pressé contre son intimité le refroidit instantanément.
Qu'était-il en train de faire ? Coucher avec le vagabond masqué une première fois, ne lui avait-il pas servi de leçon ! Avait-il perdu la raison ? Il avait déjà perdu sa virginité à cause de sa propre bêtise, cinq jours plus tôt ! Comment avait-il pu laisser la situation dégénérer ainsi ?

Emplie d'une rage nouvelle, Harry desserra la prise qu'exerçaient ses jambes autour du bassin du rôdeur, et le repoussa brutalement en appuyant puissamment ses mains sur son torse. Pris par surprise, celui-ci alla s'écraser sur le tronc d'un arbre en face.

Furieux d'être ainsi rejeté par son amant, le lycanthrope lança un regard haineux au docile, ses orbes désormais écarlates ressortant à travers le masque blanc. Le loup avait pris le pas sur l'humain dans les yeux du dominant.

Tenant encore à la vie, Harry ramassa rapidement ses vêtements toujours mouillés et s'enfuit précipitamment.
.

O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o


O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o0O0o

(Retour au présent)
.

Après sa « dispute » avec Harry, Draco s'était résigné à devoir vivre le reste de ses jours dans cette cellule, creusée dans la roche des Monts du Sud, et dans le silence le plus absolu !

Toutefois Mère Lune lui donna tord !

.

Le crissement métallique de la porte du rez-de-chaussée coulissant sur ses gonds se fit soudainement entendre.

L'heure du souper était enfin arrivée !

Le battant fut refermé avant que des pas résonnent à leur tour, leur son rebondissant contre les parois des cavités. Néanmoins, le bruit paraissait quelque peu différent de d'habitude, le corps semblant plus lourd, et une aura étonnamment puissance se dégageait du bout du couloir. Avait-il un nouveau visiteur ?
La réponse lui vint rapidement lorsque le nouveau venu ne fut qu'à quelques mètres de sa cellule. Cette odeur… Impossible !

Le lycanthrope se stoppa devant les barreaux d'argent avant de s'accroupir pour insérer le plateau dans la trappe. Le blond, lui, dévisageait la silhouette encapuchonnée, les yeux exorbités. Et sa bouche ne put retenir plus longtemps ses interrogations.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Comment as-tu réussi à entrer ? »

L'individu éclata d'un rire canin, avant d'abaisser sa capuche.

« Bonjour à toi aussi, Draco ! Depuis quand es-tu aussi peu mesuré ? Lucius en ferait probablement une syncope ! » se moqua-t-il.

« Bonjour, Parrain ! Content de te revoir ! » singea l'ancien Serpentard avant de se renfrogner aussitôt. « Et ne mêle pas mon père à la discussion ! »

« Ah, ce bon vieux Lucius ! » s'amusa l'homme aux orbes tous aussi métalliques que les siens.

Draco poussa un soupir exaspéré en réponse. L'animosité entre Lucius Malfoy et Sirius Black ne cesserait-elle donc jamais, même après la mort du premier !

« Alors, comment es-tu entré ? »

L'Alpha de Grimmauld afficha un grand sourire.

« Le jeune Potter m'a donné un petit coup de main. Un joli petit docile que tu t'es trouvé là, Draco ! »

Évitant consciencieusement de rebondir sur les dernières paroles du Serpentard, le prisonnier s'étonna.

« Harry ? »

« Hum-hum. », confirma d'un hochement de tête, le brun. « Le jeune Potter a distrait les gardes en versant un petit calmant, que lui a donné Zabini, dans leurs boissons. Il les surveille en ce moment même. »

« Blaise ? » questionna cette fois-ci le blond, ébahi.

« Tu sembles posséder encore quelques alliés, Draco ! » glissa malicieusement, Black.

« Il semblerait… », sourit à son tour le détenu.

Le jeune lycanthrope se saisit d'une cuisse de poulet reposant dans la « gamelle » devant lui – le prenait-on réellement pour un stupide chien galeux ? – pour la porter à sa bouche, la déchiquetant allègrement.

« Pourquoi es-tu ici, en fait ? Venu m'apporter des nouvelles de l'extérieur ? »

« Ne puis-je pas rendre visite à mon filleul préféré ? » s'offensa Sirius.

« Tu n'as qu'un seul filleul. », rétorqua Draco, blasé. « Et m'ignorer n'a pas semblé te poser de problèmes pendant la semaine passée ! »

« Crois-tu qu'il est si facile de s'infiltrer ici, Malfoy ? » ronchonna le brun. « Je ne suis pas Alpha d'un des territoires, je ne possède pas un sauf-conduit illimité ! »

« Et à qui la faute ? » contrattaqua l'ancien Serpentard. « Tu étais largement en mesure de battre McNair, et de devenir l'Alpha de Serpentard ! »

Pour seule réponse, le plus âgé renifla.

« Severus m'a dit comment tu avais vaincu Tobias Prince. Je sais que tu disposes de la métamorphose instantanée et d'une force bien plus grande que tu ne le laisses paraître ! »

« Servilus, vraiment ? » souffla le brun les yeux dans le vague, avant de rapidement se reprendre. « Tu ne devrais pas écouter, Servilus, Draco. Il ne vit que pour me décrédibiliser ! »

« Et c'est justement parce que ces paroles venaient de Severus que je les ai crues. Il s'étoufferait lui-même plutôt que de formuler le moindre compliment à ton encontre ! » railla le blond.

Le Serpentard poussa alors un grand soupir théâtral.

« Ah, ma vie est bien triste ! » Puis plissant légèrement le front, il posa avec rhétorique : « Existe-il seulement une seule personne qui croit sincèrement en ma bonne foi et en mes capacités ? »

« En ta bonne foi…non ! mais en tes capacités, oui ! » répondit néanmoins Draco. « Alors, quelles sont les nouvelles de l'extérieur ? »

« Dis tout de suite que ma seule présence ne te suffit pas ! » s'indigna l'Alpha.

« Désolé, mais ça fait plus d'une putain de semaine que je suis enfermé ici, Sirius ! Excuse-moi de m'enquérir de la vie au dehors ! » menaça le rodeur, ayant définitivement perdu patience.

Les petits jeux du brun pouvaient parfois s'avérer réellement fatigants !

Le dit brun positionna alors ses paumes en avant en signe de rémission.

« Bien, bien….Pas la peine de t'énerver, filleul ! »

Il prit ensuite un air sérieux pour le moins déconcertant. Qui avait déjà vu Sirius Black, les sourcils froncés par la préoccupation ?

« C'est de toute manière la raison de ma visite d'aujourd'hui. L'équipe du Sud-Est qui était menée par McNair est revenu la première, il y a de cela deux semaines. Ils ont dû faire demi-tour lorsqu'ils se sont retrouvés face un mur. Et je parle bien là, littéralement d'un mur. Une putain de construction d'au moins cinquante mètres de haut ! »

Fronçant ses sourcils blonds à son tour, le plus jeune l'indulgea à poursuivre, continuant lui-même de profiter de son diner.

« La compagnie du Sud-Ouest, de Potter, a fait exactement la même découverte. Et Diggory et l'équipe de l'Ouest sont revenus, il y a tout juste trois jours pour nous faire part des mêmes informations. Seulement, à l'Ouest, le Mur possède une ouverture. Une porte de plus de deux mètres de hauteur avec une serrure de bien dix centimètres. »

Un léger silence fit suite aux paroles du brun, l'ancien Serpentard analysant minutieusement la portée de celles-ci.

« Nous sommes donc piégés sur les terres des quatre territoires. À moins que… »

« À moins que nous ne trouvions la clé rentrant dans cette foutue serrure et pouvant ouvrir cette foutue porte ! » confirma l'Alpha de Grimmauld.

« Et bien ! que la Lune est pitié de nous ! » s'exclama dramatiquement Draco. « Comment pourrions-nous avoir une stricte idée de l'endroit où se trouve cette clé ? »

Jetant un regard fade au reste de sa nourriture, le blond poussa un soupir fataliste. Allait-il vraiment finir sa vie, ici, rongé par Vulneris ?

Les yeux métalliques de son parrain lui renvoyèrent un découragement jumeau, avant qu'il ne lui adresse un mince sourire désabusé.

« À vrai dire, j'avais espéré que tu pourrais nous aider. Avec ta connaissance des quatre territoires, tu restes le mieux placé… »

L'ancien Serpentard releva brusquement la tête d'étonnement, manquant de se rompre le cou.

« Moi ? »

« Et bien, tu n'es pas notre dernier espoir, alors ne te mets pas trop la pression ! Grindelwald et Dumbledore réfléchissent déjà activement à la question. Seulement je pense que, même si ces deux vieux fous possèdent un savoir conséquent, ils mettront sans doute plus de temps à trouver la réponse. », affirma Black avec conviction. « Tu es celui qui connaît le mieux les différents territoires. Une fois que tu sauras qui l'a cachée, tu trouveras où elle repose. »

Le blond conserva encore quelque temps ses orbes argent dans ceux de son parrain, avant que celui-ci ne récupère le plateau de nourriture pour finalement se relever.

« Bien ! À la prochaine, Filleul ! » salua jovialement l'Alpha de Grimmauld. « N'appelle pas trop ta mère la nuit ! »

Le brun se saisit alors de la torche qu'il avait accrochée au mur du couloir pendant leur conversation pour rejoindre les escaliers. Le lycanthrope s'éloignait déjà quand la voix du plus jeune l'interrompit soudainement.

« Parrain, attends ! »

Le plus âgé se retourna pour lui faire face tout en levant un sourcil interloqué.

« J'ai juste une dernière question, Sirius. », pria le blond.

Le trentenaire brisa alors la distance les séparant.

« Hum ? »

« Quand m'as-tu reconnu ? Quand as-tu découvert que j'étais le « Loup Marcheur » ? » demanda Draco avec agitation.

« La première fois que je t'ai vu ! » répondit Black sans détour.

« La pre-première… », balbutia son filleul. « Mais…Comment ? »

« Ta façon de parader dans les rues de ma cité !…tes remarques sarcastiques…ton ton traînant... », énonça le brun. Il fit alors une pause, mimant un air pensif. « Le portrait craché de ce serpent de Lucius ! »

« Alors pourquoi ne m'as-tu pas dénoncé à McNair ? » demanda le blond, sincèrement intéressé.

« Et pourquoi l'aurais-je fait ? Ce cabot de McNair n'a jamais été particulièrement mon ami, aux dernières nouvelles ! » s'offensa Sirius.

« Alors pourquoi ne m'as-tu pas aidé ? » questionna cette fois-ci le jeune Malfoy, en serrant les dents d'énervement.

« Ai-je l'air de quelqu'un d'aussi gentil, Malfoy ? Cela se serait révélé bien trop fatigant. », balaya-t-il la question, avec ennui. « Et puis qu'en aurais-je gagné en retour ? Je reste un Serpentard avant tout, alors pourquoi l'aurais-je fait ? »

Le visage prenant peu à peu la couleur des coquelicots, les jointures blanches de serrer ses poings à s'en faire mal, Draco essayait de retenir sa colère du mieux qu'il pouvait.

« Oh…je ne sais pas…Peut-être parce que je suis ton filleul ! » cracha-t-il.

« Et bien, tu marques un point, Draco ! » pointa bien trop innocemment le Serpentard. « Seulement je ne fais rien qui ne me soit assurément profitable ! »

« Alors pourquoi m'aides-tu pas aujourd'hui ? » abandonna, le blond, épuisé.

« Et pourquoi ne le ferais-je pas ? N'es-tu pas l'Alpha des Alphas ? Et puis, je ne t'aide pas vraiment, j'essaie surtout de sauver ma propre peau ! » déclara le brun avec aplomb. « Tu possèdes des connaissances sur les quatre territoires, s'il y a quelqu'un qui peut trouver où repose cette fichue clé, c'est bien toi ! »

La logique de Sirius lui échapperait toujours !

« Alors dépêche-toi de te mettre au travail, Malfoy ! L'hiver n'attend pas, lui ! »

.

À suivre….


Draco continue de ramer avec Harry…

Prochain chapitre : Lily Potter (ou où est cachée cette maudite clé !)

À Mercredi !

Nihona