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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
RAR : Merci à brigitte26, himechu95670, stormtrooper2, ptitcoeurfragile, Alycia Panther, haruhi-kyouya, cacaomille, et lemonpowaa pour leurs reviews !
Évolution : 16 chapitres écrits sur 19. Je croise les doigts pour finir à temps !
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Chapitre 12 : Lily Potter
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(Mi-Novembre 213)
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Cette foutue clé avait hanté toute la nuit le dominant, et il avait à peine fermé un œil depuis la veille ! Trouver à qui appartenait cette clé et où elle avait été caché : plus facile à dire qu'à faire ! Désormais tout ce que désirait l'ancien Serpentard, c'était une douzaine de faux-filet de bœuf et quelques heures de sommeil !
Seulement, Draco dut attendre que le soleil soit à son zénith pour faire de nouveau face au fils de l'Alpha de Griffondor, et remplir ainsi son estomac criant famine. Malgré les faits que lui avaient conté la veille, Sirius Black, le docile ne montra aucun signe d'intérêt pour le prisonnier. Bien ! Les choses ne pouvaient pas se réaliser aussi bien après tout !
Comme à son habitude, le brun demeurait assis le dos appuyé contre le mur du couloir et les yeux dans le vague. Avalant goulûment son dernier morceau de viande, le dominant se décida à démarrer les hostilités.
« Sirius m'a informé pour ton aide hier… »
Tout comme la veille, le médecin lui adressa un simple reniflement comme preuve de son attention. Bon ! Il allait devoir s'échiner un peu plus !
« Tu n'étais pas obligé de le faire. Et je sais combien tu m'adores, alors…merci ! Sincèrement, merci ! »
« Tu peux tout de suite arrêter ton speech ! » s'exclama calmement bien que soudainement le docile, avec dédain. « Ce pauvre Black me faisait de la peine, et quelqu'un me l'avait demandé, alors… »
« Quelqu'un ? » s'étonna intérieurement le blond. Enfin, peu importe, le brun se décidait enfin à lui parler, autant en profiter !
« Ah ce bon Sirius ! A-t-il usé de son regard larmoyant ? » s'amusa Draco.
« Il était plutôt bon acteur. », confirma Harry.
« C'est un Serpentard. », déclara le rôdeur, comme si cette affirmation expliquait à elle seule le « talent » de l'Alpha.
« Tout comme toi ! » contrattaqua le docile.
Le Griffondor était un adversaire à ne pas prendre à la légère. Bien que quelque peu tête brûlée, il possédait un esprit aiguisé et une langue presque aussi perfide que la sienne ! Néanmoins, Draco restait le maître incontesté dans ce domaine !
« En effet. », concéda-t-il. « Et c'est d'ailleurs ce qui t'as plu, n'est-ce pas ? »
Harry voulut répliquer, mais le Serpentard ne lui en laissa pas l'occasion.
« Je me suis longtemps demandé pourquoi tu ne t'intéressais pas à Cedric. Un jeune dominant : grand, beau, puissant…intelligent à ses heures, et Alpha d'un des quatre territoires, à tout juste vingt-et-un ans de surcroît ! » Il marqua alors une courte pause, comme pour donner plus d'effet à la « révélation » qui allait suivre. « Mais la réponse est assez simple, en fait. Cedric était juste… trop pour toi. Trop gentil, trop prévenant, trop… collant. Et malgré son titre d'Alpha, pas assez dominant ! »
Qu'est-ce que racontait cet imbécile de Malfoy ? Que connaissait-il réellement de sa relation et de ses sentiments à l'égard de l'Alpha de Poufsouffle, d'ailleurs ? Il allait lui montrer à ce foutu prétentieux !
Le Griffondor voulut à nouveau intervenir, cependant le blond reprit bien assez vite la parole.
« Je suis sûr que depuis ta maturation, tu t'es toujours persuadé que tu n'étais pas du tout intéressé par les dominants et que tu ne plierais jamais devant l'un d'entre eux. », réattaqua-t-il. « Mais la vérité demeurait tout autre, pas vrai ? Tous ces dominants…ces prétendants, s'ils t'exaspéraient, c'est parce qu'ils n'étaient pas à ta hauteur, pas vrai ? Pas assez…dominant ! », railla-t-il un sourire narquois aux lèvres. « Soient ils t'idolâtraient, soient ils te considéraient inférieurs, mais jamais aucun d'entre eux, n'a osé remettre en cause ta beauté ou ta valeur !... »
La conservation échappait désormais totalement au jeune Potter. Le docile observait son vis-à-vis, bouche-bée, ne sachant comment réagir. Que racontait-on donc, Malfoy ?
« …Qu'ils exigent ta soumission ou qu'ils baisent chacun de tes pas, aucun ne t'a jamais réellement rejeté ! Harry Potter, le fils chéri de l'Alpha de Griffondor, qui oserait le rejeter ? »
Fils chéri ? Le Griffondor semblait avoir retrouvé l'ensemble de ses capacités cérébrales, et son visage se colorait de pourpre à une vitesse hallucinante, alors que son corps tremblait sous l'affront. Se relevant d'un coup sur ses jambes, il vint se camper face à la silhouette du plus âgé.
« Tais-toi ! Tu ne sais rien de moi ! »
Ne faisant nullement cas de l'état de rage du plus jeune, Draco resta assis en tailleur, le tronc en appui sur ses deux bras, en arrière. Le blond répondit alors avec détachement.
« Je ne sais pas tout de toi, Harry. Mais je sais une chose. Tu es aussi fier que moi, et jamais tu n'accepteras quelqu'un aveuglé par ta beauté, ou ne t'uniras avec un dominant incapable de te tenir tête ! »
Bien ! Si Malfoy voulait la jouer ainsi !
Il ne laisserait pas le rôdeur contrôler ainsi cet échange, et l'atteindre aussi facilement !
« Tu sembles avoir la mémoire courte, Malfoy… », lança le brun à son tour, le ton traînant. « Aux dernières nouvelles, je ne me suis pas uni avec toi ! »
« C'est vrai, mais tu en mourrais d'envie, alors même que tu ignorais jusqu'à mon identité ! » contra le blond, imperturbable. Le Griffondor croyait-il vraiment pouvoir avoir l'ascendant sur lui ? Au nom de la Lune, il n'était pas un Malfoy pour rien !
Mais Harry, non plus, ne capitulerait pas aussi facilement !
« Es-tu sourd, Malfoy ? Ne te l'ai-je pas assez dit ? Je savais déjà qui tu étais, ton corps empestait la testostérone ! » goguenarda-t-il.
L'ancien Serpentard se releva doucement pour faire face au brun. Il ne laisserait jamais le Griffondor le dominer de quelque façon que ce soit ! Un sourire mauvais se formait déjà sur ses lèvres.
« Oh ! alors, encore mieux ! Tu as couché avec moi, alors même que tu me détestais ! As-tu un penchant pour le masochisme, Potter ? »
Le visage du docile offrait désormais des teintes de rouge jamais encore observées ! Son adversaire ne lui laissa toutefois aucun répit.
« Si c'est le cas, ma théorie demeure totalement fausse, tu as raison… », concéda-t-il faussement bon joueur. « Tous ces dominants n'ont pas pu trouver tes faveurs car ils ne devaient sans doute pas t'avoir assez humilié ! »
Draco Malfoy était et resterait le pire des salauds !
« Vas mourir, Malfoy ! » s'écria le docile en retenant difficilement ses larmes.
Comment avait-il pu offrir sa virginité à ce monstre !
« Nous y irons sans doute tous bientôt, Potter, si je ne trouve pas où est cachée cette foutue clé ! »
Clé ? Mais de quelle clé, parlait-il ?
« Une clé ? » interrogea le Griffondor, désormais dos au dominant. Plutôt mourir que de lui montrer l'effet qu'il lui faisait !
« Oui, la clé de la porte de ce foutu Mur ! » ragea le vagabond, à nouveau.
« Un mur ? Quel mur ? » questionna le brun, profondément perdu.
« Argh ! Tu es vraiment ignorant de tout, Potter ! » se lamenta Draco. Il s'expliqua néanmoins tout en ignorant l'air offensé du plus jeune, qui lui faisait désormais face. « Le Mur. Celui qui nous entoure et nous emprisonne tous au cœur des quatre territoires… C'est ce qu'ont découvert les troupes d'exploration, un mur d'une cinquantaine de mètres qui va de la frontière Est à la frontière Ouest ! Et nous sommes enfermés à l'intérieur…», soupira-t-il.
« Et cette clé ? » questionna le brun, sincèrement intéressé. Il ne demeurait pas l'ami d'Hermione Granger pour rien !
« Il existe une porte au niveau de la frontière Ouest. Une porte verrouillée par une serrure, une serrure pour laquelle nous n'avons aucune espèce d'idée d'où se trouve la clé… »
« Ohhh ! » s'exclama Harry.
Ils restèrent quelques secondes dans un parfait silence avant que le docile ne s'exprime à nouveau brisant la morosité du dominant.
« Et qui a construit ce Mur ? »
L'ancien Serpentard lui jeta un regard ennuyé, avant de pourtant reprendre la parole.
« Et bien, pour être honnête, nous n'en savons rien. Personne n'a jamais eu connaissance de ce Mur, alors il doit remonter aux temps ancestraux. Probablement à l'époque même du Premier. Fenrir Greyback est celui qui a mené les premiers lycanthropes sur ces terres, le Mur ne devait donc pas exister à cette époque. »
« Alors tu penses qu'il l'a bâti ? »
« C'est fort possible. Notre communauté existe depuis seulement deux cents ans après tout, et cacher une telle construction s'avèrerait plutôt compliquée, entre le bruit, les odeurs et la vue bien évidement. Et puis, il faut trouver de la main d'œuvre… », énonça Draco.
« Alors pourquoi construire un tel Mur ? » interrogea à nouveau le brun, perplexe.
Le blond soupira d'agacement. Le Griffondor lui portait réellement sur les nerfs avec toutes ses questions ! Ne pouvait-il pas réfléchir seul ?
« Pourquoi ne nous intéresse pas vraiment pour l'instant. Trouver la cachette de cette clé demeure tout aussi bien une question de vie ou de mort ! »
Harry ignora royalement l'état d'énervement de son interlocuteur, nullement impressionné. Le dominant devait-il être aussi arrogant ? Ses idées valaient tout aussi bien les siennes !
« Oui, mais savoir pourquoi ne nous aiderait-il pas à deviner où l'on aurait pu dissimuler cette clé ? » proposa-t-il innocemment.
L'ancien Serpentard renifla d'ennui, mais suivit tout de même le chemin de pensée du plus jeune.
« Si Greyback et ses hommes ont construit ce Mur, c'était sans doute pour se protéger du monde extérieur. Il a donc dû cacher précautionneusement la clé pour que personne de… mal intentionné ne s'en empare. »
« Et s'il s'est tout simplement débarrassé de la clé ? » contra le brun.
« Il n'a pas pu la jeter. », rétorqua le rôdeur avec assurance, les sourcils froncés. « Il voulait que les loups-garous ignorent l'existence d'un monde extérieur seulement, il ne s'est jamais débarrassé de tous les écrits en faisant mention. Il n'a donc pas pu abandonner la clé. », appuya-t-il. « S'il a créé cette porte, c'est bien pour une raison… »
Il fit une courte pause, les traits désormais marqués par la concentration, avant qu'un sourire malicieux ne se dessine soudainement sur ses lèvres.
« Il savait que les lycanthropes devraient un jour quitter les terres des quatre territoires. Si la maladie ne nous avait pas atteinte, d'ici quelques siècles l'augmentation de notre population ne nous aurait pas permis de continuer à vivre en ces murs. Nous aurions dû partir vers un nouveau territoire plus vaste… Et Greyback le savait. »
Harry fronça à son tour les sourcils sous le discours du plus grand.
« Une amie m'a dit que ce serait des humains qui seraient à l'origine de l'apparition des lycanthropes, des êtres incapables de se métamorphoser en loup. Ils nous auraient créés sans le vouloir ! Le Premier a dû vouloir nous protéger d'eux. »
Draco hocha furtivement la tête, le visage fermé, considérant ses propos. Ses pensées faisaient écho à celles du brun : « Pourvu que le monde ne soit pas pire au dehors ! »
Un silence de quelques minutes suivit.
« Inutile de penser au pire ! », s'admonesta Draco, « Pour le moment, ils devaient juste trouver où était cette foutue clé ! Ils détenaient déjà l'identité de son propriétaire, alors pourquoi tout cela devait être aussi compliqué ! »
Les paroles de son parrain lui revinrent alors soudainement en tête : « Tu es celui qui connaît le mieux les différents territoires. Une fois que tu sauras qui l'a cachée, tu trouveras où elle repose. »
Il demeurait loin d'être celui qui connaissait le mieux les quatre territoires, mais…
Le blond reporta alors brusquement son attention sur le docile, son sourire narquois de retour. Mais il connaissait quelqu'un qui en savait beaucoup !
« Bien Potter, et que te dirait, Granger, désormais ? Où Greyback aurait-il pu cacher cette clé ? Dis-moi Potter, qu'est-ce que ton amie dirait? »
« Her-Hermione ? », s'étouffa Harry avec sa salive. « Comment connais-tu Hermione ? »
Une pensée incongrue vint alors traverser son esprit : « Et si… ? »
« Imp-Impossible ! » s'épouvanta-t-il à voix haute. « Tu ne peux pas être le jeune et incroyable dominant mystérieux ! »
« Le quoi ? » se choqua le blond, ses orbes métalliques hallucinés.
Les émeraudes, elles, lui renvoyaient un regard meurtrier.
Jeune et incroyable dominant quoi ? Balayant l'effrayante image qui venait d'envahir son cerveau d'un revers de la main, l'ancien Serpentard évita précautionneusement les prunelles de son vis-à-vis avant de se racler bruyamment la gorge.
« Bon ! Si je te parle du Premier, tu penses à quoi ? » interrogea-t-il Harry, changeant habilement de sujet. Le docile savait-il que Richard Granger lui avait proposé la main de sa fille ?
« Sa…tombe ? » proposa, le brun, peu assuré.
La tête du blond pivota brutalement vers son congénère, alors que sa bouche s'ouvrit dans un immense sourire, ses yeux brillants de félicité.
« Mais oui, bien sûr ! »
Comment n'avait-il pas pu le deviner plus tôt ? C'était pourtant évident !
« Tu es un génie, Harry ! », s'exclama-t-il néanmoins, rayonnant.
« Euh…merci ? »
Mais à peine les mots du brun eurent-ils quitté ses lèvres, qu'une bouche audacieuse vint s'écraser sur elles. Le prisonnier venait de se précipiter en avant de sa cellule pour se saisir du visage du plus jeune à travers les barreaux, et baiser profondément ses lèvres. S'écartant au bout de quelques secondes, l'ancien Serpentard gratifia à nouveau le Griffondor de son sourire éblouissant.
Le docile, lui, s'éloigna brutalement du dominant, mais surtout des barreaux nocifs avec horreur !
Le rôdeur était-il devenu cinglé ? L'argent venait de brûler la peau de ses joues.
Voulait-il faire un barbecue ?
« As-tu complètement perdu l'esprit, Malfoy ? » s'écria-t-il, tout en palpant son visage de ses mains pour constater l'étendue des dommages. Heureusement les plaies ne s'avéraient pas bien profondes, et guériraient en quelques jours.
Mais Draco, lui, l'ignorait totalement, aveugle aux propres dégâts qu'il venait d'infliger à sa figure, nageant follement dans son euphorie.
« Greyback et les premiers lycanthropes devaient être les seuls à connaître l'existence de cette clé… alors ils l'ont cachée dans sa propre tombe, pour que personne ne la trouve ! » s'exclama-t-il les yeux comme transfigurés. « Enfin…dans les premiers temps, en tout cas ! » haussa-t-il nonchalamment les épaules.
Faisant fi du comportement pour le moins absurde du blond, Harry prit à son tour la parole.
« Tout ça c'est très bien, mais, qui va aller la chercher ? » interrogea-t-il. « Aux dernières nouvelles, tu es coincé derrière ses barreaux ! »
Le vagabond haussa un sourcil, semblant peu concerné, avant de replonger ses orbes métalliques dans les émeraudes de son interlocuteur, un sourire malicieux aux lèvres.
Le brun hoqueta sous la suggestion avant de crier son indignation.
« Alors là, tu rêves, Malfoy ! »
« Oh… mais je crois que tu n'as pas vraiment le choix, Potter ! » susurra Draco, de son ton traînant typiquement malfoyien. « Comme tu l'as si bien énoncé, je ne peux pas quitter les sous-sols de ta charmante demeure, et tu es celui dont l'absence paraîtra la moins suspecte ! »
« Il suffit d'en informer le Comité ! » contra le docile.
« Si le Comité trouve de lui-même cette foutue clé, je ne pourrais jamais retrouver ma liberté ! » tonna soudainement l'ancien Serpentard.
Harry le dévisagea, statufié par l'éclat inattendu du lycanthrope.
« Si tu trouves la clé… je pourrai enfin quitter ces lieux et laver mon nom ! » souffla finalement le blond.
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Ce maudit Malfoy avait encore réussi à lui retourner le cerveau ! Comment avait-il pu faiblir face au timbre éteint de l'ancien Serpentard ? Simple. Harry avait bien essayé de résister, seulement son instinct lycanthrope ne semblait pas d'accord, et l'avait obligé à accepter la « mission » du blond !
Être un docile craignait vraiment !
Être obligé de suivre les ordres d'un dominant, lui qui s'était promis de les mépriser jusqu'au restant de ses jours !
Que la Lune maudisse Draco Malfoy !
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Le brun ressassait son infortune, étendu sur son lit aux draps depuis longtemps défaits. Draco Malfoy ne cesserait jamais de l'importuner !
Le docile devait quitter Godric's Hollow dès le lendemain matin pour rejoindre le Grand Temple de la Déesse Lune. Un endroit, où il n'avait, là encore, aucune envie de se rendre. La dernière fois qu'il avait franchi les lourdes portes du lieu sacré, s'était soldé par le reniement de sa famille. Qui sait ce qui pourrait arriver cette fois-ci ?
Enfin, la population lycanthrope demeurait condamnée désormais, qu'est-ce qui pourrait arriver de pire !
Alors que le brun se battait une fois de plus sous les couvertures, le bruit de petits pas se rapprochant lui fit tendre son oreille. Sur la défensive, le docile observa attentivement la poignée de la porte basculer avant que le battant de la porte ne coulisse doucement sur ses gonds. Le Griffondor relâcha alors brusquement sa respiration, soulagé, avant de s'adresser à son visiteur nocturne.
« Tu peux entrer, Ed. »
La silhouette d'un petit garçon de tout juste cinq ans, aux cheveux tout aussi brun que son aîné, se dessina alors dans l'embrassure de la porte. Cependant, la tête baissée, l'enfant ne fit aucun geste de pénétrer plus en amont dans la chambre.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » interrogea le docile.
Le garçonnet se balançait d'une jambe sur l'autre, tout en jouant avec ses deux mains.
« Je n'arrivais pas à dormir. Désolé, Harry ! » murmura-t-il, penaud.
Poussant sa propre main dans son épaisse crinière désordonnée, le plus âgé poussa un profond soupir, avant de se reculer dans son lit, pour laisser un peu de place à son visiteur nocturne.
« Allez, viens-là ! » sourit-il au petit avec réluctance.
Le plus jeune ne se fit pas prier, et courut se réfugier dans le lit et les bras de son aîné. S'installant un peu plus confortablement, désabusé, Harry laissa l'enfant se blottir contre sa poitrine.
Un doux silence vint ensuite reprendre possession des lieux.
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« Harry ? » chuchota Edward, ses lèvres frôlant à chacun de ses mots la peau du cou du brun.
« Oui… », répondit par automatisme le plus grand, la voix pâteuse.
« Est-ce…Est-ce que tu crois que Maman va mourir ? » demanda innocemment l'enfant.
Surpris, l'aîné reconcentra ses derniers neurones éveillés. Puis il resserra doucement son étreinte autour du corps de son frère, avant de venir lui caresser doucement les cheveux d'une main. Il prit alors une profonde inspiration, ses orbes émeraude plongés dans les méandres du plafond de la chambre.
« Maman ne peut pas mourir, Ed. », déclara-t-il le plus fermement possible. « Elle tient bien trop à nous…alors elle ne peut pas partir. »
Un nouveau silence suivit sa déclaration, avant que le garçon ne s'exprime à nouveau.
« Oui, mais…Pèr-Père a dit que Maman allait mourir. », balbutia-t-il le ton tremblant, ses yeux clos fermement.
Le docile continua tendrement ses caresses, empêchant son corps de trahir la moindre de ses émotions.
« Père est juste triste que Maman soit malade, et il a tendance à imaginer le pire ! » énonça-t-il finalement.
Le petit hocha alors la tête pour montrer son approbation.
« Oui ! Et puis tu es médecin, grand-frère alors si tu dis que Maman ira bien, c'est qu'elle ira bien, hein ? » s'exclama-t-il quelque peu rasséréné.
« Exactement ! Puisque je le dis ! » fanfaronna faussement Harry.
Il ne fallut que quelques minutes pour permettre au plus jeune de gagner le sommeil.
Imperturbable, le docile gardait ses prunelles fixées au plafond, sa main continuant son travail avec application. Un liquide transparent s'échappait pourtant de ses orbes et dévalait presque amoureusement ses joues.
La voix de l'être éveillé, bien qu'à peine plus élevée qu'un souffle, vint alors trouver écho dans le silence de la chambre.
« Et j'aimerais que cela suffise, Edward. Je l'aimerai sincèrement… »
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Ajustant avec soin la lourde cape beige sur ses épaules, Harry jeta un vague regard à travers la fenêtre de sa chambre. Le soleil allait bientôt se lever, il était temps de partir !
Le docile s'approcha du lit pour remonter la couverture sur le petit corps de l'être qui y dormait encore, avant de faire volte-face vers la porte.
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En cette heure matinale, les rues de la cité demeuraient désertes. Le brun ne rencontra ainsi nul lycanthrope sur sa route. Les loups-garous, bien que possédant une apparence humaine, gardait un fort instinct animal. Ainsi, tout comme leurs cousins lupins, ils se couchaient tard et ne se réveillaient pas avant les premières lueurs de l'astre diurne, préférant amplement la vie nocturne.
Bifurquant, le jeune docile s'avança soudainement vers l'entrée d'un bâtiment, avant d'y pénétrer dans le plus grand silence possible.
Le Griffondor avait une mission à mener à bien, seulement, il lui demeurait une dernière tâche à accomplir avant de pouvoir partir !
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L'odeur de mort emplissait toujours aussi abondamment l'infirmerie, tel qu'ouvrir les fenêtres s'avérait presque totalement inutile. Circulant entre les lits, Harry atteignit rapidement sa destination.
Lily Potter respirait bien trop lentement, sa chevelure flamboyante reposant sur l'oreiller, telle une corolle autour de sa tête. Sa peau semblait plus pâle que jamais, et son visage demeurait atrocement creusé par la fatigue comme par la maladie.
Se saisissant d'une chaise, le docile vint s'asseoir au chevet de sa patiente. Le brun prit alors délicatement une des mains de la rousse pour la maintenir tendrement au chaud entre les siennes. Le membre de l'alité demeurait glacé, tout comme le reste de son corps, Harry le savait. Vulneris avait désormais atteint la moindre petite cellule de l'enveloppe corporelle de l'Oméga.
Dégageant une de ses mains, le Griffondor replaça attentivement une des mèches de la mère de famille derrière le creux de son oreille. Lily Potter avait toujours été une femme magnifique, et Harry l'avait longtemps admiré pour ça. Bien sûr, les compliments sur sa propre apparence et l'éclat unique de ses yeux lui parvenaient quotidiennement toutefois, pour le jeune lycanthrope, sa mère restait la plus belle docile qu'il n'ait jamais vue. Sa chevelure couleur feu et son sourire éblouissant en faisaient une femme à la beauté rayonnante. Seulement, ce sourire qui lui avait longtemps été adressé, lui avait ensuite été brutalement retiré.
Caressant une dernière fois les contours du visage de sa mère, le docile se prépara à quitter les lieux. Néanmoins, celle-ci en décida autrement. Au moment où le brun allait reposer délicatement la main de l'Oméga sur le matelas, celle-ci ouvrit soudainement ses yeux pour plonger ses émeraudes égarées dans celles de son enfant. Le regard de la grande dame était hagard, toutefois, il statufia aussitôt son visiteur.
« Ha-Harry ? » bégaya-t-elle difficilement, sa gorge bien trop sèche de ne pas avoir bu ni parlé depuis des heures.
« C'est bien moi, Mère… », souffla-t-il, affecté.
Comment sa mère, si belle, pouvait demeurer dans un tel état ?
« Le soleil n'est-il pas encore levé ? » demanda-t-elle, étonnée par sa présence auprès d'elle.
Bien qu'il savait que l'Oméga n'y voyait plus grand-chose, le docile baissa la tête, essayant d'échapper par tous les moyens à ses orbes émeraudes scrutatrices.
« Non, mais… je devais vous voir, Mère… Je ne serai pas là pendant quelques jours, alors… »
Le regard de la rousse, lui, ne scia pas d'un millimètre.
« Tu pars ? » s'étonna-t-elle sincèrement, les sourcils froncés.
Tel un petit garçon pris en faute, le brun frotta de sa main libre l'arrière de son crâne.
« Oui, je… », hésita-t-il.
La rousse resserra doucement la prise de sa main sur la sienne, lui faisant ainsi comprendre qu'il n'avait pas besoin de lui donner des explications. Elle lui adressa alors un sourire timide.
« Tu-tu vas me manquer, Harry… »
Surpris par le rapide abandon de questionnement sur ses propres agissements de sa mère et son imprévisible confession, le docile redressa lentement sa tête pour plonger à nouveau ses yeux dans ceux de sa génitrice.
« Vou-vous aussi vous allez me manquer, Mère. », s'exprima-t-il alors, à son tour, la voix tremblante
« Et à ton père aussi… », ajouta-t-elle plus bas.
Seul un lourd silence accueillit les paroles de la louve. Toutefois la malade n'abandonna pas pour autant. Lily Potter ne demeurait pas docile à plier face à l'adversité ! Bien qu'elle ait délaissé son fils après sa maturation, elle restait l'Oméga de Griffondor !
« Il-il n'est pas tr-très expressif…mais il t'aime, Harry… »
Le Griffondor s'empêcha à grands renforts de renifler. Pourvu que la docile n'ait pas perçu son scepticisme !
Une quinte toux suivie néanmoins les déclarations de la rousse et Harry se précipita aussitôt pour la redresser en position semi-assise, lui permettant ainsi de libérer plus efficacement ses poumons. Un filet de sang vint cependant s'écouler de la commissure des lèvres pâles de la patiente. Le médecin reposa alors le plus doucement possible le dos de la femme sur le lit, avant de venir caresser tendrement son visage émacié. La lycanthrope lui adressa à nouveau un sourire quelque peu crispé, avant de resserrer, du mieux qu'elle pouvait, sa prise sur la main du brun. Cela faisait déjà un moment que son corps ne lui répondait plus !
« N'oublie jamais, Harry, que peu importe ce que tu fais ou décide, nous t'aimerons toujours. », avoua-t-elle religieusement. « J'ai peut-être mal agi envers toi dans le passé seulement, s'il-te-plaît ne doute pas de mon amour pour toi, Harry… Tu es mon petit loup, après tout ! » finit-elle les yeux légèrement brillants.
Le brun, lui tentait vainement de ne pas pleurer. Toutefois, les larmes ne mirent pas longtemps à dévaler les unes après les autres ses joues tannées. Après tout ce temps passé à l'ignorer, comment la rousse pouvait-elle encore avoir un tel pouvoir sur lui ?
Un long silence prit ensuite possession de la chambre. Les deux dociles profitaient chacun de la seule présence de l'autre, et cela semblait hautement leur convenir. Néanmoins la « mission » se rappela bien rapidement à Harry. Il devait se dépêcher s'il voulait franchir les portes du village avant l'aube ! Le Griffondor récupéra donc sa main de l'étreinte de celle de sa mère, et se releva doucement. Sentant les mouvements de son fils, Lily s'exprima la première.
« Prends bien soin de toi, mon fils.»
Ses orbes toujours humides, le brun hocha faiblement de la tête, avant de laisser un faible borborygme s'échapper de ses lèvres pour montrer à la rousse qu'il avait entendu ses paroles.
« Hum. »
« Au revoir, Harry. », souffla-t-elle, ses yeux cherchant désormais aveuglément sa présence. Ses sens, eux-aussi, l'avaient quittée depuis longtemps !
« Au revoir, Mère. », murmura-t-il à son tour, toutefois assez fort pour que son salut parvienne aux oreilles de l'alitée.
Le brun fit alors volte-face avant de marcher vers la porte de la chambre. Cependant, la rousse stoppa soudainement son départ, le faisant se retourner vers elle à nouveau.
« Ha-Harry ! Prends soin d'Eddy aussi, veux-tu ? Veille sur lui à ma place. », plaida-t-elle.
La demande aurait pu s'avérer anodine, toutefois, l'expression attristée de l'Oméga signifiait qu'elle demeurait tout autre. Le brun fronça les sourcils sous la confusion – ne s'occupait-il pas déjà de son petit frère ? -, avant que la réalisation ne le frappe.
« Tu pourras le faire toi-même lorsque tu iras mieux, Mère. », déclara-t-il fermement.
« Harry… », soupira-t-elle faussement énervée.
« Nous-nous savons tous les deux qu'il ne reste que très peu de temps. », énonça-t-elle dans une nouvelle quinte de toux. « Je n'ai pas été une très bonne mère pour toi, seulement, peut-être égoïstement, je ne voudrais pas qu'Edward subisse le fruit de mes erreurs. »
Le docile voulut intervenir, néanmoins, faisant fi du sang dont le goût emplissait à nouveau sa gorge, l'Oméga continua son discours.
« Je sais que je ne suis pas en mesure de te demander une faveur. Seulement… s'il-te-plaît, Harry… », implora la rousse les yeux suppliants.
Le plus jeune observa quelques secondes la silhouette fantomatique de sa mère, ses perles émeraude délavées et défocalisées, avant d'hocher finalement la tête avec défaite, le visage résigné.
« Je le ferai. »
La louve poussa un soupir de soulagement, alors que la figure de son aîné s'éloignait à nouveau, ses pas étouffés par le parquet.
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Désolée de t'infliger un fardeau de plus, Harry ! Il semblerait bien que je sois la mère la plus pitoyable des quatre territoires !
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Lily aurait sans doute dû se sentir effroyable d'infliger une telle responsabilité à son jeune fils, seulement, elle savait que sa demande s'avérait nécessaire. Elle ne pouvait donc que se féliciter que sa dernière faveur de mourante ait été acceptée.
En effet, la rousse savait qu'elle quitterait bientôt le monde des loups-garous, et James en serait dévasté pour sûr. L'Alpha lui avait toujours voué un amour bien trop passionnel et ça aussi, elle le savait : il ne pourrait jamais faire face à sa perte. Son compagnon avait beau lui avoir fait toutes les promesses du monde, elle savait qu'il ne pourrait se relever véritablement de sa mort, et nul doute qu'Eddy en souffrirait. Harry demeurait le choix parfait. Bien qu'elle ait longtemps délaissé son fils, Lily ne pouvait qu'admirer le jeune docile qu'il était devenu. Le brun s'avérait aussi borné et fier que son père mais tout comme lui, il possédait au fond un grand cœur. Harry et James se ressemblait d'ailleurs tant que cela en était troublant !
La rousse espérait que son enfant trouve un jour un compagnon qu'il le chérisse autant que son propre mari l'aimait. Harry méritait le meilleur !
Pour être honnête, Lily avait toujours voulu avoir une fille toutefois, la Déesse Lune, dans son ironie, lui avait offert deux garçons. Mais deux magnifiques petits garçons ! Comme elle, Harry vivait la dure existence de docile et bien que son caractère affirmé refusait la compagnie des dominants, l'Oméga savait que son fils aîné rencontrerait un jour le loup-garou qui lui était destiné.
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Voilà deux jours que son fils aîné avait disparu, et James Potter ne décolérait pas. Comment ce stupide gamin avait-il osé lui faire une chose pareille ? Trouvait-il qu'il ne l'avait pas assez humilié ?
Entrant furieusement dans l'infirmerie de Godric's Hollow, l'Alpha de Griffondor se dirigea directement vers la chambre où reposait sa femme. Rencontrant le Docteur Price dans le couloir, il salua brièvement le lycanthrope. Entrant enfin dans la chambre, il renifla en constatant l'absence de tout soignant dans la salle. Comment Harry avait-il pu ainsi abandonner sa propre mère à son sort !
Le brun traça alors son chemin jusqu'au lit de son épouse, seulement alors qu'il se trouvait encore à quelques pas de la silhouette de la rousse, le Griffondor se figea soudainement.
Le spectacle qui s'affichait sous ses yeux, draina tout sang de son visage. Lily Potter, demeurait allongée sur son lit de convalescente, plus pâle que la mort elle-même. Ses orbes, autrefois rieurs, s'avéraient fermés, son visage totalement détendu et son corps dangereusement rigide. Son aura, elle, complètement disparue. La rousse avait réussi, dans un dernier effort, semblait-il, à bouger ses bras pour croiser ses mains sur son ventre en une pose apaisante. La figure de l'Oméga respirait la paix toutefois, James pouvait l'affirmer sans même s'approcher plus, elle conserverait cette expression éternellement.
Trébuchant sur ses pieds dans une tentative d'approche, l'Alpha de Griffondor s'effondra lourdement sur sa bien-aimée. Alors qu'il se saisissait des mains de la morte en tremblotant, les larmes ravageant - bien qu'il n'en ait pas conscience - depuis longtemps ses joues, le loup-garou poussa soudainement un hurlement déchirant.
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Après plus de quatre mois de lutte contre la maladie, Lily Potter avait finalement succombé à Vulneris. Que son âme repose en paix auprès de la Déesse Lune !
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À suivre….
Lily est finalement morte… Enfin, ça lui pendait au nez depuis le premier chapitre !
Et Harry et Draco ont plus ou moins enterré la hache de guerre !^^
Sinon j'espère que vous n'êtes pas trop déçus par rapport à la clé, j'avoue que je n'avais pas trop d'idées, alors…
Prochain chapitre : James Potter (ou gardez les mouchoirs à portée de main !)
Vous allez autant apprendre à le plaindre qu'à le détester !^^ Oh, et Harry part à l'aventure ! (après tout c'est un des thèmes de mon histoire !)
À Vendredi !
Nihona
