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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
RAR : Merci à brigitte26, himechu95670, stormtrooper2, lemonpowaa, cactusetlila, ptitcoeurfragile, Alycia Panther et haruhi-kyouya pour leurs reviews ! Elles me font toujours autant plaisir!
Évolution : 16 chapitres écrits sur 19.
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Chapitre 13 : James Potter
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(Entre Mi et Fin Novembre 213)
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Malgré la fraîcheur de la nuit, une silhouette encapuchonnée dévalait la rue principale de la capitale de Griffondor. L'inconnu franchit les portes de la cité sans un regard en arrière, avant de se diriger vers la forêt. Une fois à l'abri des feuillus, le lycanthrope ôta sa capuche, laissant ainsi s'en échapper une longue tresse ébène. Libres du vêtement, quelques mèches noires vinrent alors masquer son regard. Cependant, le brun ne se préoccupa pas plus que ça des gêneuses, détachant déjà le lourd manteau qui reposait sur ses épaules. Le reste de ses habits suivit bien assez vite, et le docile fut rapidement complètement nu. Ramassant ses habits, il les rangea dans son baluchon avant de camoufler efficacement son paquetage dans le creux d'un arbre. Débarrassé de tout bagage, le Griffondor se laissa alors tomber à quatre pattes. S'en suivit un spectacle peu ragoutant.
La silhouette de l'adolescent se déforma lentement, ses os se cassant pour se reformer, son corps s'allongeant. La peau s'étira ensuite pour venir convenablement recouvrir le squelette et la chair. Puis, une épaisse fourrure aussi sombre que la nuit vint peu à peu agrémenter l'épiderme. Le loup avait pris la place de l'humain.
Les yeux émeraude du loup noir dévisagèrent alors une dernière fois sa ville natale qui commençait doucement à s'illuminer sous les rayons naissant de l'astre diurne, avant qu'il ne s'élance plus en amont dans la forêt, droit vers le nord.
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Ralentissant sa course, le docile prit une grande goulée d'air. Un parfum d'herbe humide et de menthe vint alors envahir ses naseaux. Il était arrivé. Après quatre jours de voyage, le Grand Temple de la Lune se dressait enfin face à lui. Harry se permit donc de retrousser légèrement les babines dans une faible esquisse de sourire. Dur de réellement se réjouir ! Cet endroit renfermait toujours l'épisode le plus traumatisant de sa vie, et même s'il venait seulement de poser la première patte sur la prairie entourant la bâtisse sacrée, il était déjà pressé de rentrer !
Tout comme la première fois qu'il avait fait face au bâtiment de pierre, douze ans plus tôt, le Griffondor prit le temps d'observer le Temple sous le moindre de ses angles. Haut d'une dizaine de mètres, ses murs surmontés d'une coupole en son centre, l'édifice perçait le ciel d'un pic, signifiant ainsi sa position à des lieues à la ronde. Le lieu de culte avait été construit dans un style qui, de par ses courbes, rappelait l'ère romane européenne et les rayons solaires de cette fin d'automne lui offraient justice, rendant ses pierres immaculées éblouissantes.
Effectuant quelques foulées dans l'herbe fraîche, le brun reprit finalement forme humaine. Essayant tant bien que mal de contrôler les battements de son cœur, l'adolescent s'avança alors lentement vers les lourdes portes en bois. Les mains tremblantes, il réussit pourtant à se saisir fermement de chacun des anneaux permettant la fermeture des deux battants, et poussa de toutes ses forces contre les panneaux de bois. Les deux portes pivotèrent alors sur leurs gonds dans un grand bruit sourd.
Contrairement au jour de la Cérémonie de sa maturation, la lumière de l'astre soleil filtrait à travers les vitraux des murs et de la coupole, magnifiant la pureté de la pierre. Seulement, ils révélaient par la même occasion des milliers de particules de poussière. Autant ébloui que terrifié par la beauté du spectacle face à lui, le docile resta quelques secondes sur le seuil de l'édifice, le regard interdit, avant de finalement pénétrer dans le lieu sacré. Entrant doucement dans la bâtisse, ses pieds mouillés glissèrent néanmoins rapidement sur les pierres glacées, et le brun mit quelques instants à retrouver son équilibre. Les dalles demeuraient encore plus froides que dans son souvenir...
A l'intérieur, l'édifice se composait d'une grande « salle » ouverte, bordée par deux allées d'arches. Avançant tranquillement dans la « salle » principale, Harry jeta un rapide coup d'œil aux vitraux semi-cachés parant les murs du temple. Ceux-ci représentaient des scènes « quotidiennes » de la vie des lycanthropes, telles que la transformation, les combats ou encore l'union. Mais ce qui attira vraiment ses orbes émeraude, fut l'immense rosace ornant en son milieu, le mur du fond. D'environ trois mètres de diamètre, un loup gris aux yeux jaunes hurlant à la Déesse Lune, y était représenté. Fenrir Greyback.
L'adolescent se souvenait parfaitement de cette rosace, tout comme de la « prière» qu'il avait prononcée douze ans plutôt auprès de la Déesse Lune, avant de plonger ses prunelles émeraude dans celles chocolat de son père, et ainsi, par la même occasion, en arrière-plan, dans celles jaunes du Premier.
« Moi, Harold James Potter, fils de James Potter, me présente aujourd'hui devant le Conseil du territoire de Griffondor, afin de prier la Déesse de la Lune de m'offrir sa puissance, pour que sa lumière m'accompagne telle une Mère aimante, me protège et condamne l'obscurité à jamais de m'envahir ».
La « prière » que la Déesse Lune lui avait refusée.
Détournant son esprit de ses souvenirs tourmentés, Harry continua son avancée dans la pièce jusqu'à poser ses pieds sur les dalles se situant directement sous le centre de la coupole. Là, juste devant ses orteils nus, une inscription incrustée, altérait la pureté de la pierre. S'accroupissant, le brun caressa du bout des doigts les quelques mots :
Ici repose, Fenrir Greyback,
Premier des lycanthropes et Alpha parmi les Alphas.
Un véritable sourire vint alors se dessiner sur les lèvres de l'adolescent.
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Voilà des heures qu'Harry essayait d'ôter cette foutue dalle, seulement celle-ci ne bougeait pas d'un poil, et le Griffondor commençait sérieusement à perdre patience !
Son estomac vint d'ailleurs bientôt se signaler à lui, le priant de le nourrir. Fatigué et les nerfs à vif, le docile décida d'abandonner les recherches pour la soirée et de partir chasser à la place. Quelques heures de plus ou de moins ne changeraient pas grand-chose au sort du blond et du peuple des quatre territoires, autant remplir convenablement son estomac et se reposer pour réfléchir de façon claire le lendemain ! Ce fut sur cette résolution que le brun quitta le Grand Temple pour s'enfoncer à nouveau dans les bois.
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Le Griffondor se réveilla difficilement lorsque les premiers rayons du soleil vinrent transpercer les vitraux du temple. Se frottant les yeux en grognant sous le manque de sommeil, le docile se redressa finalement doucement en position assise. Ce foutu sol de pierre avait totalement détruit son dos !
Le brun avisa alors son environnement, avant de soupirer de dépit. Malheureusement la dalle n'avait pas bougé depuis la veille ! Une nouvelle journée prise de tête s'annonçait donc !
Grommelant à nouveau, l'adolescent se releva difficilement dans l'optique d'aller se chercher un petit-déjeuner. On travaillait toujours mieux l'estomac plein !
Cependant, le destin en décida autrement. Les doux rayons de l'astre diurne atteignirent finalement la rosace, illuminant la Déesse Lune de leur éclat. Le reflet circulaire de l'astre diurne se dessina alors sur une des colonnes bordant l'allée Ouest du temple, révélant l'image d'un loup miniature sur la pierre. Ébahi par la scène, Harry resta immobile l'espace de quelques instants.
Reprenant finalement ses esprits au bout de quelques secondes, le docile se précipita aussitôt vers le pilier. On ne savait jamais, le dessin du loup pouvait bien disparaître aussi vite qu'il était apparu !
Se haussant sur la pointe des pieds, le Griffondor inspecta alors attentivement la gravure. Celle-ci représentait un loup gris avec une pierre jaune brillante en guise d'œil. Alors que le brun retraçait délicatement les aspérités du caillou, son pied gauche glissa soudainement sur les dalles, le poussant à venir embrasser la colonne. Réagissant à l'instinct, le lycanthrope enroula aussitôt ses bras autour du pilier.
Une fois stabilisé et sa prise sécurisée, l'adolescent se recula finalement de la colonne pour essuyer vivement sa bouche. Dégouté, le docile reporta à nouveau son attention sur la gravure toutefois, il eut juste le temps de constater que la pierre avait disparu - enfoncée dans les profondeurs du pilier - avant qu'un tremblement ne vienne agiter le sol.
S'appuyant à nouveau contre le pilier de l'arche, Harry pivota lentement la tête dans la direction des tremblements. Ses yeux s'écarquillèrent soudainement en avisant la dalle qu'il avait tenté en vain de forcer la veille, entrain de basculer lentement à la verticale. Prudent, le brun attendit alors précautionneusement que la lourde masse de pierre ait fini de bouger, avant de s'avancer vers l'ouverture.
Plongeant sous le temple, un escalier s'échappait du trou.
Bien ! En avant pour l'aventure !
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James Potter était resté deux jours prostré au chevet de sa femme avant que son Second, Remus Lupin, ne le traîne lui-même hors de l'infirmerie. On avait alors procéder à l'inhumation de l'Oméga sous les yeux de l'ensemble de la meute.
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Lily Potter était partie. Sa douce Lily avait rejoint la Déesse Lune et tous leurs ancêtres.
Lily. Son âme-sœur. Sa moitié.
Comment pourrait-il seulement l'accepter ?
Bien sûr, James savait qu'elle était malade, et que Vulneris demeurait pour le moins fatal. Et la rousse luttait depuis plus de quatre mois contre l'infection. Seulement, il ne savait pas… Il avait espéré…
C'était sa Lily, sa forte et passionnée Lily…Elle ne pouvait juste pas mourir ainsi…
Depuis tout petit, James avait toujours répondu aux attentes de son père, et il était ainsi devenu Alpha. Cependant, sa Lily, c'était lui qui l'avait choisie.
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Enfant, James avait été un fils exemplaire, un fils que tous jalousaient. Élève brillant, il demeurait premier dans toutes les matières, de l'histoire des quatre territoires au combat en passant par la grammaire. Le jeune loup était capable de réciter les noms des « Grands » Alpha des quatre territoires de tête, et vainquait la plupart de ses adversaires les yeux fermés. Oui, James était l'enfant parfait !
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Suivant le chemin de la réussite, il avait acquis le titre de Second de Godric's Hollow et de Griffondor, à tout juste vingt ans. Et puis, il avait rencontré Lily… ce petit bout de louve au caractère bien trempé ! Contrairement aux autres dociles, la jeune femme ne se pâmait pas devant sa puissance et son titre de Second. Non, tout cela représentait bien peu de choses aux yeux de Lily ! Et elle dédaignait ainsi fortement sa présence. Et bien qu'il ne l'aurait jamais avoué, la fierté du lycanthrope en avait profondément été entachée ! Pour qui se prenait cette campagnarde ?!
La rousse avait quitté sa meute pour rejoindre sa sœur après la mort soudaine de ses parents, et James Potter demeurait le cadet de ses soucis ! Elle détestait les dominants prétentieux, et d'ailleurs, même les dominants tout court ! Toutefois la Déesse Lune aimait jouer avec ses enfants… Et bientôt la jeune fille découvrit une facette cachée du Griffondor. Derrière une insupportable arrogance, une profonde dévotion filiale et une droiture à toute épreuve, le dominant dissimulait surtout une crainte de l'échec. Ses parents l'étouffaient sous leur « amour » et leurs attentes, et son cœur criait silencieusement sa propre douleur. La docile poussa alors sa curiosité…
Et Lily Evans s'unie ainsi à James Charlus Potter, un soir de pleine Lune 194. Les Potters s'opposèrent bien sûr à cette union. Les Evans n'étaient qu'une famille de roturiers sans aucun sang d'Alpha dans leurs veines, qu'est-ce que cette pauvrement née de Lily pourrait apporter à leur fils, et à leur lignée ? Surement pas des petits Alphas ! Mais pour la première fois de sa vie, James Potter prit une décision qui lui était propre, et alla à l'encontre de ses parents.
Bien sûr, la vie n'avait pas été toute rose. Et Lily avait dû supporter les attaques pour le moins vicieuses des aînés Potters, mais elle avait tenu bon. La rousse ne payait peut-être pas de mine, cependant, elle ne demeurait pas juste une jolie poupée et elle avait tenu bon et montré aux Potters et au reste de la meute, qu'elle méritait amplement son titre d'Oméga ! Oh oui ! Sa douce Lily n'avait pas abandonné et avait férocement défendu sa place ! Et, comme une preuve de son amour et de sa force, Harold James Potter, dit Harry, naquit un an plus tard.
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James avait tout prévu dans sa vie. La moindre de ses journées se révélait planifiée à la lettre, seulement il y avait bien une chose qu'il n'avait pas prévu, avoir un enfant ! Second de Griffondor, il rongeait son frein en attendant de s'emparer du titre d'Alpha d'un des quatre territoires. Chaque seconde de sa vie avait été savamment orchestrée dans ce seul but. Toutefois, Harry Potter en avait décidé autrement, et avait pointé le bout de son nez, un matin du juillet 195, bouleversant tous ses projets. James n'était même pas encore devenu Alpha, il s'avérait bien trop tôt pour s'occuper d'un enfant !
Mais lorsque les orbes aveugles du bébé se posèrent sur lui alors qu'il entrait dans la chambre conjugale où reposait exténuée sa compagne après des heures de cris, de travail et de douleur, James sut qu'il ne pourrait jamais faire que chérir le petit être. Il était le fruit de l'amour qu'il portait à sa douce Lily. Il était sa chair et son sang. Un Potter…
Bien que fort bruyant dans les premiers temps – surtout la nuit -, Harry s'était avéré être un adorable bébé. Ses yeux émeraude identiques à ceux de sa mère, brillaient sans cesse de joie, et ses gazouillements emplissaient continuellement la demeure familiale.
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Et puis…le Grand Jour était arrivé ! Un après-midi de juillet 198, James Charlus Potter avait détrôné Albus Dumbledore et, était ainsi devenu l'Alpha de Godric's Hollow et de Griffondor. L'Alpha d'un des quatre territoires ! Et à tout juste vingt-trois ans !
James avait enfin répondu aux attentes de son père.
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Ce fut donc en tant que fils de l'Alpha de Griffondor, qu'Harry Potter grandit. Contrairement à son père, Harry ne s'avéra pas être un louveteau avec une carrure supérieure à la moyenne cependant l'enfant demeurait vif, et nombre de ses adversaires s'y étaient laissé fait prendre. Oui, malgré sa taille, le brun arrivait à imposer sa loi !
James Potter vivait ainsi dans un doux cocon de félicité jusqu'au jour fatidique de la Cérémonie de maturation de son héritier. James avait placé de grands espoirs en son fils, et il ne lui était jamais venu une seule seconde à l'idée que le pré-adolescent puisse être un docile. C'était son fils après tout !
Seulement, une fois de plus, la Déesse Lune se joua des pauvres mortels. Et ce jour de juillet, le petit monde parfait de James Potter s'écroula.
On n'avait jamais dénombré de dociles chez les mâles Potters, et Harry Potter n'échapperait pas à la règle. L'Alpha décida donc de destituer son propre enfant, et de ronger son frein dans l'attente d'un nouvel héritier. La rousse avait été très compréhensive et l'avait activement soutenu. Personne ne le comprenait mieux que sa Lily !
Toutefois, Harry demeurait le fils de Lily, le fils de sa douce Lily, et sa chair et son sang. Et malgré toute sa volonté et un masque d'impassibilité perfectionné, lorsque l'adulte rendit finalement visite au convalescent, son cœur flancha face aux émeraudes désespérées du petit brun. Bien sûr, fidèle à son éducation, le dominant n'en montra rien mais la peine, la douleur, et le remord s'insinuaient peu à peu en lui. Accablé, le lycanthrope ne put alors se résoudre à se débarrasser complètement du garçon, et il entra à l'encontre de sa propre résolution en permettant au docile de conserver son nom et de vivre sous son toit.
Mais à nouveau, Lily avait été là. Et tout juste un an plus tard, elle lui offrit un nouvel héritier, allégeant finalement sa douleur.
Edward Potter. Une nouvelle preuve de leur amour, vierge de toutes imperfections.
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Oui, heureusement, Lily avait été là. Et elle l'avait soutenu tout le long du chemin. Et James ne doutait pas un instant qu'il serait devenu fou depuis longtemps sans sa femme.
Mais aujourd'hui, elle n'était plus là. Elle l'avait quitté, sa douce Lily. Et elle ne lui reviendrait pas.
La mort les séparait désormais, et à tout jamais.
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Remus Lupin suait à grosses gouttes. Lui qui aimait la tranquillité, vivait une vie épique depuis bien une semaine. Le Griffondor n'avait jamais eu de rêves de grandeur, et quand son meilleur ami lui avait proposé le poste de Second de Griffondor, le châtain avait majoritairement accepté pour faire plaisir au brun. Et puis, il savait que James ne serait jamais au maximum de ses capacités sans sa présence à ses côtés. Les deux dominants se connaissaient depuis le berceau, et nul ne pouvait se targuer de comprendre mieux James Potter que lui ! Enfin… peut-être, Lily ! Seulement, la rousse ne demeurait pas en mesure d'assister son compagnon - de par son statut de docile - et puis, Remus s'avérait bien mieux à même de gérer les débordements de l'Alpha que la louve.
James Potter demeurait ainsi, borné et excessif dans tout ce qui entreprenait. Excessif dans sa joie, excessif dans sa colère, et excessif dans son amour. Le lycanthrope ne connaissait pas de demi-mesure, et le rôle du châtain était de rester dans son ombre, pour tenter de le tempérer et éviter les pots cassés. Toutefois, le brun lui avait échappé plus d'une fois, et il avait alors dû réparer les dégâts !
Mais aujourd'hui, l'Alpha faisait face à une crise sans précédent, et le Second de Griffondor se voyait totalement dépassé. Lily Potter était morte, et le brun était devenu incontrôlable !
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Cela faisait désormais plus de deux semaines que Cedric Diggory et la compagnie de l'Ouest étaient revenus de la frontière Ouest, et ils n'avaient toujours aucune idée d'où pouvait se trouver cette fichue clé ! Rien ! Pas le moindre indice !
Et aujourd'hui encore, tout comme la veille, l'avant-veille et tous les jours précédents depuis deux semaines, le Comité avait une énième réunion pour essayer de trouver quelque piste sur la clé. Seulement, comme les précédentes, cette session paraissait bien inutile aux yeux de l'Alpha de Griffondor, et il en fit directement part à autres dirigeants :
« Cette fichue réunion ne rythme à rien ! Nous n'avons rien appris de plus qu'hier ! Nous conversons depuis des jours pour en arriver toujours au même résultat. Rien. ». Il fit une courte pause pour marquer son opinion, avant de reprendre son discours avec verve. « Rester ici à discuter ne sert absolument à rien ! L'hiver vient(*1), et reposer gentiment nos fesses sur les chaises de cette foutue pièce, ne nous mènera à rien ! La nourriture va bientôt se faire rare, et les animaux infectés seront tout ce à quoi nous aurons droit ! Il faut agir. Et agir maintenant ! »
La moitié de l'assemblée dévisageait le brun, estomaquée, pendant que l'ordre moitié affichait un air scandalisé voire révolté.
« Et bien, je t'en prie, Potter, éclaire-nous de tes brillantes idées ! » nargua McNair. « Nous ne pouvons pas bouger tant que nous n'aurons pas trouvé cette foutue clé ! Alors, vas-y, nous écoutons, que devons-nous donc faire pour la trouver ? »
Sentant la situation dérapée, l'Alpha de Poufsouffle intervint à son tour dans la discussion.
« On pourrait organiser des recherches sur le terrain, non ? » proposa-t-il.
« Ce n'est pas une mauvaise idée, mon garçon. », appuya posément Gellert Grindelwald, le ton indulgent. « Seulement les quatre territoires demeurent bien trop vastes, et nous n'avons aucune piste pour nous orienter et délimiter des zones dont l'exploration pourrait se révéler intéressante. »
« Alors, nous allons juste rester assis, ici, à attendre qu'une illumination nous donne l'endroit où se trouve cette fichue clé ? » réattaqua James Potter.
Conservant son indécollable sourire éclatant, l'Alpha de Serdaigle redirigea alors son attention vers le brun.
« Je comprends ta frustration, Jamesie. Toutefois, pour l'instant, nous n'avons pas vraiment le choix. »
Pour qui se prenait cet illuminé pour continuer à l'appeler ainsi à la légère ? Le prenait-il pour un idiot ?
Avec son petit sourire bien trop présent pour être honnête et son air condescendant, l'Alpha de Griffondor était convaincu que le vieux fou leur dissimulait des choses. Grindelwald avait forcément une petite idée sur la cachette de la clé ! Seulement le lycanthrope restait muet. Mais cela ne prouvait rien. Le loup-garou n'était-il pas censé être incommensurablement intelligent ? Les lycanthropes louaient son savoir et son esprit brillant aux quatre coins des quatre territoires, il demeurait donc impossible qu'il ne possède pas même la plus maigre des idées ! Le barbu complotait forcément quelque chose !
Peut-être gardait-il l'information pour lui pour discrètement s'enfuir avec son peuple, des terres de leurs ancêtres ? Enfin, cela paraissait tout de même incongru. Avec dociles, vieillards et enfants, le Serdaigle devrait forcément traverser Poufsouffle pour rejoindre la frontière Ouest. Et puis, il condamnerait lui-même leur espèce à l'extinction avec un si petit nombre de participants. Ils ne savaient pas ce qui les attendait derrière ce Mur, après tout. L'extérieur disposait peut-être de dangers encore plus grands que Vulneris !
Bien alors, le Serdaigle voulait sans doute s'emparer du contrôle des quatre grandes meutes. N'était-ce pas lui qui avait défendu le « Loup Marcheur », puis Draco Malfoy, avec passion ? L'Alpha s'était sans doute servi du rôdeur pour tromper leur vigilance, pendant qu'il agissait par derrière ! Le Griffondor ne voyait pas bien comment, mais ce serpent de Grindelwald avait plus d'un tour dans son sac, et le brun ne doutait pas qu'il puisse ainsi tous les berner depuis des semaines !
James Potter s'était toujours méfié du blond aux sourire bien trop éclatant, et si peu naturel et à raison, il en était sûr ! Mais le manège du « vieillard » allait cesser aujourd'hui ! L'Alpha de Griffondor ne laisserait pas cette mascarade se jouer plus longtemps !
« Vraiment ? En êtes-vous sûr Grindelwald ? » rétorqua-t-il finalement, avec un ton traînant qu'auraient presque pu lui envier les Malfoys. « N'êtes-vous pas le plus lettré d'entre nous ? N'avez-vous réellement aucune idée de qui pourrait avoir construit ce Mur et y avoir inséré une porte ? N'avez-vous réellement aucune idée du propriétaire de cette clé ? »
Le brun avait abandonné toute subtilité, et accusait désormais franchement son « adversaire ». Outragé, l'imperturbable Second de Nurmengard se leva brusquement pour défendre son supérieur.
« Qu'insinues-tu, Potter ? » menaça-t-il, en grondant légèrement. « Dis-tu que nous oserions vous cacher délibérément des choses ? »
« Et bien, qui sait ? » goguenarda l'Alpha de Griffondor, nullement impressionné par l'éclat de Scrimgeour. « Je trouve juste cela étrange que vous n'ayez pas le plus petit indice sur l'emplacement de cette clé. Nous savons tous, que Gellert Grindelwald est le digne représentant des Serdaigles, de par son extraordinaire intelligence seulement, aujourd'hui, elle semble lui faire tout aussi extraordinairement défaut ! »
Afin d'avorter toute tentative de protestation venant de son clan, Gellert Grindelwald décida d'assurer lui-même sa propre défense.
« Ce Mur doit remonter à bien avant l'apparition du Premier, Jamesie. », énonça-t-il. « Celui-ci ignorait d'ailleurs probablement son existence… »
Mais le brun ne comptait pas s'arrêter là. Il allait doucement conduire le Serdaigle jusqu'au pied du mur, puis lorsque celui-ci se verrait obligé d'avouer son plan machiavélique, il l'achèverait !
« Voulez-vous dire, que la seule clé qui existe se situe à l'Extérieur ? »
« C'est une possibilité, en effet… », répondit le doyen des Alpha toujours souriant.
« Oh… Alors je suppose que nous n'avons plus qu'à attendre que la mort vienne tous nous chercher ! » concéda le Griffondor, malicieux.
« La Déesse Lune pourrait également avoir créé ce Mur, et… »
« Arrêtez de vous moquer de nous, Grindelwald ! Vous ne croyez pas plus que moi en l'existence cette fichue Déesse ! » gronda soudainement le brun, ayant totalement perdu son calme.
Fidèle à lui-même, le blond répondit calmement à l'attaque.
« Rien ne nous prouve son existence, certes, mais rien ne nous la réfute nous plus… »
« Un fait qui nous a tous bien arrangés, hein ? Nous laissant effectuer telle action ou exécuter telle loi en son nom ! » concéda narquois James Potter. « Mais il n'y a plus de place pour les schèmes et les faux-semblants aujourd'hui, Grindelwald ! Je sais que vous cacher quelque chose et je le prouverai ! »
Le sourire éternel du Serdaigle vacilla quelque peu.
« Je ne suis pas celui qui demeure le plus suspicieux, aujourd'hui, Jamesie. », susurra-t-il. « N'est-ce pas ton fils aîné qui a disparu ? Celui qui entretenait justement une relation avec le jeune Malfoy ? Aurais-tu toi-même une idée de l'emplacement de cette clé et nous l'aurais-tu dissimulé, Jamesie ? »
Grindelwald demeurait un adversaire de taille, il devait l'avouer. Mais il ne se laisserait pas aussi facilement impressionner !
« N'était-ce pas toi qui défendait ardemment Draco Malfoy, et qui lui a permis dans un premier temps de devenir Alpha des Alphas, puis de rester en vie ? »
Le blond se pinça brièvement les lèvres, avant que son sourire ne reprenne sa place, plus éblouissant que jamais.
« Et n'est-ce pas toi qui a convoqué en premier ce Comité, mon garçon ? N'est-ce pas ce bon vieux Dumbledore, ton ancien Alpha, qui nous a présenté le « Loup Marcheur » ? » retourna-t-il prestement la situation. « Nous as-tu tous habilement manipulé, mon garçon ? As-tu fait semblant de mépriser profondément Draco Malfoy pour mieux nous endormir ? »
Oui, l'Alpha de Serdaigle était réellement un opposant à ne pas prendre à la légère, un challenger impitoyable, qui était entrain de le détruire. Et bientôt, il lui assènerait le coup de grâce !
« T'impatientes-tu, car nous n'avons toujours pas quitté ton territoire, et que le jeune Harry va bientôt revenir avec la clé ? Dis-moi, Jamesie, quelle est la vérité ? »
Enragé, le Griffondor se releva brusquement sur ses pieds, prêt à attaquer physiquement le Serdaigle.
« Comment oses-tu m'…. »
Heureusement, fidèle à son poste, et tel le spécialiste de James Potter qu'il était, Remus Lupin intervint à temps, stoppant de son propre corps son supérieur avant qu'il ne mette à rude épreuve l'entente fragile qui reposait entre les quatre territoires.
« James ! »
« Lâ-Lâche-moi, Remus ! Laisse- moi régler son compte à ce chien galeux ! » grogna le brun, fou, en se débattant activement.
L'Alpha de Poudlard dut alors également intervenir pour contrer la résistance du dirigeant.
« James, arrête ! » se désespéra le Second de Godric's Hollow. « Désires-tu tant que ça déclencher une guerre ! »
L'Alpha de Griffondor gronda une dernière fois à l'encontre du blond, avant de laisser ses deux subordonnés avoir finalement raison de lui. Au vu de l'aura instable et meurtrière du brun, et des tremblements de sa silhouette, le châtain congédia alors l'assemblée et excusa profusément le comportement de son supérieur, avant de conduire le père de famille dans ses appartements, avec l'aide précieuse de Kingsley Shacklebolt.
Seulement le dirigeant n'avait pas dit son dernier mot, et en quittant la pièce, il lança un ultime avertissement au Serdaigle.
« Tu ne t'en sortira pas à si bon compte, vieillard ! »
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La nuit était tombée depuis longtemps sur Godric's Hollow, et rares demeuraient les âmes échappant encore au sommeil. Cependant, comme tous les soirs depuis une semaine, une lueur solitaire brillait au sein de la demeure de l'Alpha. Dans sa propre chambre, assis sur le lit conjugal, James Potter écumait de rage depuis des heures. Gellert Grindelwald l'avait ridiculisé, et avait complètement retourné la situation à son avantage, poussant désormais les autres dirigeants à douter de lui. La réputation de l'Alpha de Serdaigle n'était en aucun cas usurpée. Gellert Grindelwald demeurait monstrueusement malin et dangereux. Et, lui, James Potter s'était laissé prendre dans ses filets.
Se levant finalement, le brun se dirigea lentement vers la porte de la pièce.
Bien ! Si chacun voulait juste gentiment attendre que le peuple des loups-garous disparaisse, ou que Grindelwald prenne le contrôle des quatre territoires. Lui, James Potter, fils de Charlus Potter, et descendant d'une longue lignée d'Alphas remontant à la création même des quatre territoires, ne resterait pas là à observer les lycanthropes courir à leur perte.
Abaissant la poignée de la porte, le Griffondor s'engouffra dans le couloir de ses quartiers privés.
Lily l'avait quitté, et Harry s'était enfui. Seul restait son dernier né, Edward. Edward, ou Eddy, comme l'appelait affectueusement sa mère. L'enfant n'avait que cinq ans et aurait surement fait un Alpha aussi dégoulinant de bons sentiments que ce cher Diggory. James avait dû sans doute être trop laxiste avec ses enfants, le premier défiait son autorité et le second possédait autant de charisme qu'une fillette ! Enfin, il n'était plus temps de se plaindre. Bientôt, tout cela n'aurait de toute façon plus aucune importance…
Poussant la porte de la chambre de son fils, le brun s'avança silencieusement vers le lit de l'enfant, avant de se courber pour installer délicatement le garçon dans l'étreinte de ses bras. James fit alors rapidement volte-face, quittant la pièce, son paquet toujours entre ses bras.
Depuis la mort de sa mère, l'enfant n'avait pas passé une seule journée à ne pas pleurer. La perte d'une mère s'avérait une douleur inimaginable. Et la disparition de son aîné avait détruit un peu plus les repères du petit brun. Ils ne restaient plus qu'eux, père et fils. Et il demeurait de son devoir de père de prendre soin de son fils. Edward souffrait tout autant que lui de l'absence de l'Oméga, et il se devait de mettre fin à cette souffrance.
L'Alpha de Griffondor quitta finalement les quartiers des Potters, avant de descendre précautionneusement les escaliers menant au hall de la mairie. Le brun semblait voler, déposant à peine ses orteils sur les lattes de chêne des marches. Il ne devait en aucun cas réveiller son paquet. Arrivé au rez-de-chaussée, le dominant se dirigea directement vers son bureau. À cette heure-ci, la porte en demeurait verrouillée, et aucun lycanthrope ne gardait les lieux. Pendant la nuit, James était le seul à posséder les clés de son office et du sous-sol, alors que les quatre gardes se chargeant du service de nuit se contentait de patrouiller l'ensemble de la capitale.
Cela prendrait sans doute une « éternité » aux gardes à se rendre compte de son stratagème, tout comme aux occupants de la maisonnée. À ce moment-là, il serait déjà trop tard et ils ne pourraient rien faire pour contrecarrer ses projets ! Oh oui ! Il disposait de bien assez de temps pour que son plan soit un succès !
Glissant le poids de l'enfant sur un seul de ses bras, l'Alpha mit quelques minutes à essayer d'ouvrir la porte tout en faisant le moins de bruit possible. Une fois le battant de bois refermé et à nouveau verrouillé, le brun déposa délicatement le corps du plus jeune sur un des fauteuils qui faisaient face à l'âtre.
Un enfant ne méritait pas de subir une telle perte à un si jeune âge. Et en tant que père, il prendrait ses responsabilités, et libèrerait définitivement son fils de toute cette douleur ! Il avait peut-être quelque peu failli à ses devoirs de père avec le premier, mais il n'échouerait pas avec le deuxième !
S'agenouillant devant la cheminée, le dominant s'empara alors des quelques cendres et bois non consumés y restant pour les déposer en un petit tas sur le tapis. Il se releva ensuite pour parcourir la pièce dans de grandes enjambées et vider la bibliothèque, à son tour sur le tapis, laissant les ouvrages, plus ou moins reliés, éparpillés quelques unes de leurs pages. Admirant la pile de combustibles, le brun effectua un dernier trajet vers son meuble de bureau pour en extraire deux pichets d'alcool. L'Alpha en aspergea alors abondamment le tas, mettant ainsi fin à ses funestes préparatifs.
Parfait ! Il ne lui restait désormais plus qu'une chose à faire avant qu'ils ne puissent enfin accéder à la paix éternelle !
Admirant son travail, James Potter resta immobile quelques minutes, avant se saisir de son briquet « médiéval »(*2) et des allumettes de souffre reposant sur le manteau de la cheminée. Embrasant par friction des deux parties du briquet l'amadou, puis, de par le biais de l'amadou l'allumette, le Griffondor écarta lentement ses doigts pour relâcher le petit bout de bois. Il observa alors avec une fascination morbide, la tige chutée vers la pile de feuilles et de livres, qui s'enflamma brusquement à son contact.
Souriant de toutes ses dents, le dominant récupéra son précédent fardeau qui dormait toujours paisiblement dans un des fauteuils, pour s'installer à son tour confortablement sur le siège, l'enfant sur ses genoux. Son sourire toujours aux lèvres, le brun poussa un soupir de plaisir en fermant les yeux.
Voilà, il était désormais temps. Ils échapperaient finalement bientôt à cette incommensurable tristesse. Les flammes emporteraient avec leur vie leur souffrance, et ils rejoindraient enfin, tous les deux, sa douce Lily dans les cieux. La vie sur terre n'avait de toute façon plus aucun sens sans elle. Et puis, mourir enflammés aujourd'hui ou rongés par Vulneris dans quelques mois, qu'est-ce que cela changeait ? Autant se séparer dès aujourd'hui de cette douleur.
Oh oui ! Ils seraient bientôt tous les trois réunis !
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Il s'évadait tranquillement au pays des rêves lorsqu'une odeur de brûlé envahit ses narines. Fronçant adorablement le nez de gêne, l'enfant sortit peu à peu des brumes du sommeil, ouvrant ses orbes ambrés au monde des vivants. Clignant subrepticement des paupières, la silhouette assoupie de son père lui apparut bientôt. Surpris, le garçon plissa ses paupières pour évaluer plus précisément la situation. Il reconnut alors le cuir d'un des fauteuils occupants le bureau de l'Alpha de Griffondor. Quand et comment était-il arrivé là ? Il se souvenait s'être endormi dans son lit au pleurant, puis plus rien, avant maintenant. Son père l'avait-il transporté jusqu'ici ? Mais pourquoi ?
L'enfant n'eut pas le loisir de gamberger plus longtemps, la raison de son réveil se rappelant soudainement à lui. L'odeur de brûlé ne semblait pas vouloir partir. Une odeur de brûlé ? Et une intense chaleur aussi ! Il sentait des gouttes de sueur dégouliner le long de son visage et dans le creux de son dos, et maintenant qu'il y faisait attention, la figure de l'Alpha portait les mêmes stigmates. Pourquoi faisait-il aussi chaud, et l'air était-il ainsi saturé par cette odeur de brûlé ? Une odeur de brûlé comme lorsque son père allumait la cheminée, mais en bien plus fort. Suivant le cours de ses pensées, se contorsionnant au maximum, le garçon se retourna vers l'âtre. Le spectacle qui l'accueillit alors lui fit aussitôt regretter son geste. Le tapis qui reposait habituellement devant la source de chaleur avait totalement pris feu, et quelques flammes audacieuses commençaient déjà à lécher l'un des accoudoirs du fauteuil. Le brun eut alors la plus naturelle des réactions. Il cria, cria de toute la puissance de ses poumons.
Sonné par les gaz carboniques et son état délirant, James Potter ouvrit alors les yeux. Avisant la situation, il tenta de calmer la terreur de son fils. Toutefois ses tentatives s'avèrent plutôt inefficaces. L'enfant continuait d'hurler tout en s'agitant pour s'extraire de l'étreinte du plus âgé. Agacé, le dominant lui administra une gifle. Le petit stoppa net de bouger, pour laisser des larmes s'échapper de ses prunelles sur ses joues écarlates, autant de colère, d'excitation et de peur que de chaleur. Soupirant de dépit, l'Alpha resserra sa prise sur le petit corps.
« Calme-toi, Eddy ! Calme-toi… Tout ira bien désormais… »
Le louveteau fixait attentivement son géniteur, ses larmes ralentissant progressivement leur flot.
« Maman ne te manque-t-elle pas, Eddy ? »
Le petit hocha affirmativement la tête.
« Elle me manque beaucoup à moi, aussi. », murmura doucement James. « C'est pourquoi nous allons aller voir, Maman. Tous les deux, ensemble… »
Le garçon fronça les sourcils, perplexe.
« Mais Maman est morte, on ne peut plus la voir ! »
« Oui, Lily est partie. Elle est partie, et elle nous attend, désormais. Voudrais-tu faire attendre ta Maman plus longtemps, Eddy ? »
L'enfant hocha, cette fois-ci, la tête négativement.
« Mais Harry a dit que quand les gens étaient morts, on ne pouvait plus jamais les voir. Il a dit ça le jour où Oncle Fabian est mort. Seuls les morts peuvent rendre visite aux morts ! » pointa-t-il avec conviction. « Alors s'il faut mourir pour voir Maman, je ne le ferai pas ! Car si je meurs, je ne pourrai plus jamais voir Harry ! »
Son aîné trouvait toujours le moyen de lui mettre des bâtons dans les roues, même quand il n'était pas là, hein ?
« Mais Harry est parti, mon ange. Il nous a abandonné, nous laissant seuls tous les deux. »
« Ha-Harry a dit qu'il reviendrait à Maman… »
« Mais il n'est toujours pas revenu, hein ? »
Pour toute réponse, le petit renifla, ravalant ses sanglots.
« Viens avec moi, Eddy. Viens avec moi, rejoindre Maman. »
Détournant son regard, dans une attitude que James connaissait bien, l'enfant commença à se triturer nerveusement les doigts.
« Je-je sais pas… », balbutia-t-il.
« Viens avec moi, mon ange. Nous ne sommes que tous les deux, désormais, partons ensemble rejoindre Maman. », invita à nouveau l'adulte. « Ne la faisons pas attendre plus longtemps ! »
Le petit brun releva alors ses ambres perdues pour rencontrer celles de son père. Harry avait dit que Maman ne mourrait pas, après tout. Et elle était bien morte ! Mais Harry l'avait consolé lorsqu'il s'inquiétait le soir, et il lui avait raconté d'incroyables histoires de loups-garous. Et puis, Harry avait cette odeur… Cette odeur lorsqu'il le serrait tendrement dans ses bras… La même que Maman !
Mais c'était un bien autre effluve qui envahissait ses narines désormais ! Des vapeurs de chair carbonisée s'étaient jointes à celle du brûlé. Le garçon pivota alors lentement sa tête, dévoré par l'appréhension. Et l'horreur de la situation le frappa. Affamé, le feu avait avalé l'entièreté du tapis, et ne se contentait plus de lécher tendrement l'accoudoir gauche du fauteuil, rongeant désormais les jambes de l'Alpha de Griffondor, des pieds jusqu'aux genoux.
Redirigeant ses prunelles vers son père, l'enfant lui offrit un visage totalement interdit. Bien que le plus âgé contrôlait activement son propre visage, son aura ondulante et ses yeux à la nouvelle couleur rubis trahissaient sa douleur. Est-ce que c'était cela mourir ? Cela n'avait pas du tout l'air marrant ! Alors, non ! Edward ne voulait pas mourir ! Et il voulait revoir Harry pour qui le prenne dans ses bras et le berce de sa chaleur et de son odeur !
Décidé, le jeune Potter fronça alors brusquement les sourcils avant d'enfoncer férocement sa mâchoire dans l'avant-bras de son géniteur. Surpris par le brutal changement de comportement de son cadet, l'Alpha relâcha légèrement sa prise sur celui-ci, ce qui permit à l'enfant de s'enfuir, en sautant par-dessus l'accoudoir encore intact du fauteuil.
Terrorisé, le garçon se précipita aussitôt sur la porte dans le but de quitter la pièce. Seulement, celle-ci avait été soigneusement fermée à clé. Paniquant un peu plus, le brun tambourina activement sur le battant de bois. Mais personne ne sembla entendre son appel.
« C'est inutile, Eddy. Viens rejoindre Papa, Maman nous attend… »
Toujours aussi agité, le louveteau ignora les paroles du second occupant du bureau pour se diriger vers le côté opposé de la salle. Il s'échina alors à essayer d'ouvrir l'unique fenêtre de la pièce, seulement celle-ci paraissait condamnée. N'avait-il donc aucune échappatoire ?
« Maman nous attend, Eddy. Reviens, mon ange… »
Edward était bien décidé à ignorer les délires de son père, cependant lorsque la silhouette de celui-ci s'avança vers lui en rampant, traînant ses jambes carbonisées derrière lui, le garçon ne put qu'hurler sa frayeur !
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La chaleur étouffante avait fini par réveiller la maisonnée, poussant l'ensemble de ses occupants à quitter précipitamment les lieux.
En apercevant la lumière rougeoyante de l'incendie, la garde de nuit s'était aussitôt dirigée vers la mairie, et avaient envoyé les quelques badauds sortant déjà de leurs demeures réveiller leurs voisins. Il fallait agir, et vite ! Le feu prenait chaque minute un peu plus d'ampleur, et il faudrait des litres d'eau et des dizaines de lycanthropes pour l'éteindre. Alors il n'y avait pas une seconde à perdre ! La vie de l'Alpha et, la sauvegarde de Godric's Hollow et de Griffondor en dépendaient !
Les loups-garous demeuraient robustes, certes, mais, ils n'en restaient pas moins mortels, et les flammes, elles, plus qu'assassines.
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Courant depuis le quartier Est de la capitale, la silhouette d'un jeune lycanthrope remontait la rue principale. Arrivé devant la demeure de l'Alpha, le dernier soldat de la garde de nuit resta quelques secondes stupéfié devant le spectacle du bâtiment en flammes. Le feu avait totalement pris possession de la mairie et s'échappait ainsi des fenêtres du premier étage et du rez-de-chaussée. Reprenant conscience avec la réalité, l'homme d'arme rejoignit aussitôt ses coéquipiers pour prendre la mesure de la situation. Essoufflé, il se saisit de dos de l'épaule d'un grand brun aux joues mal rasées.
« Comment est la situation à l'intérieur ? »
Prêt à montrer à cet impudent que l'on ne s'adressait pas ainsi à son encontre, toute protestation mourut sur les lèvres du plus grand lorsqu'il avisa le visage du plus jeune.
« Toute la petite « compagnie » est sortie, et nous commençons seulement à essayer de maîtriser le feu. », énonça-t-il. « Mais nous n'avons toujours aucune idée d'où se trouve l'Alpha et le gamin. On a fouillé l'entièreté de leurs appartements, et on a rien trouvé… »
« Ed ? », interrogea le nouveau venu.
Le brun lui lança un regard navré.
« Pauvre petit… Nous retrouverons sans doute demain son corps carbonisé. Une bien triste mort en somme ! »
Effaré, le plus jeune le dévisagea quelques instants les yeux écarquillés par l'horreur, avant de s'élancer droit vers la bâtisse en flammes.
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Honnêtement, le lycanthrope n'était jamais rentré dans une maison en feu, et il se serait bien passé de cette première expérience. Enfin, il n'était pas suicidaire, alors autant prendre le maximum de précautions ! Volant un seau d'eau à un des habitants, le garde en aspergea abondamment son pantalon, ses chaussures et sa cape d'hiver - qu'il venait d'ôter -. Ainsi mouillé, il repassa le lourd vêtement sur ses épaules, le resserrant fermement autour de sa silhouette. Puis, il remonta le haut de sa chemise, camouflant efficacement son nez. Il était prêt.
Enjambant aisément un des panneaux de bois qui portait autrefois le nom de porte d'entrée, le loup-garou pénétra dans le bâtiment. Les flammes léchaient férocement les murs, le plafond et le parquet. Comment comptait-il explorer les lieux, déjà ?
Serrant ses poings à s'en faire blanchir les jointures, le soldat parcourut la pièce en quelques bonds. Son collègue lui avait dit qu'il n'avait trouvé personne au premier étage, ne restait donc que le rez-de-chaussée avec la salle de réunion et le bureau du dirigeant. Toutes deux possédaient une cheminée, seulement il paraissait bien moins probable que l'Alpha se rende en pleine nuit dans la première pour entretenir une conférence avec lui-même !
Fort de ses déductions, le jeune loup actionna la poignée de la porte enflammée de l'office du plat du pied. Celle-ci ne bougea pas d'un millimètre. Le dirigeant, ce serait-il enfermé ?
Reculant de quelques sauts en arrière, le dominant se propulsa de toute ses forces contre le battant de bois. Alors que son épaule rencontrait brutalement la surface fragilisée, le panneau céda, le propulsant directement dans la pièce.
Le bureau avait dû être la source de départ de l'incendie, car ici, les flammes demeuraient encore plus dévorantes qu'ailleurs. Le tapis et les fauteuils avaient été complètement avalés par le feu, et la bibliothèque penchait, branlante. Scannant activement l'office, le lycanthrope repéra rapidement la figure du jeune Potter.
« Ed ! »
Face à l'enfer des flammes, l'enfant s'était réfugié sur le meuble de bureau en acier. L'acier demeurant un matériau peu conducteur et le brun un loup-garou, il avait peu souffert de la chaleur s'échappant de l'alliage. Toutefois, les émanations de dioxyde de carbone avaient eu raison du garçon, le plongeant immanquablement dans l'inconscience.
Néanmoins rasséréné par la présence du plus jeune des Potters, le garde s'élança aussitôt vers celui-ci, sautillant habilement entre les flammes. Une fois debout sur le meuble, il s'abaissa pour s'emparer du corps du brun. L'enfant fermement appuyé contre sa poitrine, sous la protection de sa cape encore humide, le soldat entreprit le trajet du retour. Cependant, alors qu'il parcourait agilement la pièce, son pied droit rencontra soudainement un obstacle. Surpris, le garde eut néanmoins le réflexe de se retourner dans sa chute, protégeant ainsi son fardeau du choc. Toutefois l'accident n'avait pas été sans conséquence ! Une douleur lancinante engouffrait la totalité de son membre supérieur droit. Son épaule avait absorbé la dureté de l'atterrissage, le laissant désormais gémissant. Grognant sous la souffrance, le dominant se releva néanmoins rapidement. Ses orbes se posèrent alors sur la silhouette carbonisée d'un loup-garou, dont le bras demeurait tendu, là où se trouvait sa cheville quelques instants plus tôt. Les recherches pour retrouver l'Alpha de Griffondor pouvaient cesser. James Potter reposait sur le sol de son bureau, le corps méconnaissable.
Détournant le regard en déglutissant, le lycanthrope fuit la scène macabre, une boule au ventre. Avait-on assassiné l'Alpha… ou s'était-il lui-même suicidé ?
Traversant le hall de la mairie, le loup-garou bondit brusquement, esquivant ainsi de justesse une planche du plafond s'effondrant sur lui. Il franchit alors finalement les derniers mètres le séparant de la sortie de la bâtisse.
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Sortant tranquillement des bois, une silhouette encapuchonnée se déplaçait lentement vers les portes de Godric's Hollow. Seulement, lorsque l'individu avisa l'énorme lueur surplombant la cité, il changea soudainement d'allure.
Le lycanthrope remontait ainsi désormais à toute allure la rue principale, chacun de ses pas claquant bruyamment contre les pavés, humides en cette heure tardive. Lorsqu'il eut atteint sa destination, le loup-garou ralentit peu à peu avant de s'arrêter totalement, son visage effaré par le spectacle se jouant sous ses yeux. Il resta ainsi quelques secondes, ses orbes écarquillés et sa bouche béante, avant qu'une main inconnue ne se saisisse de son avant-bras. Pivotant vers l'importun, le voyageur plongea ses émeraudes suspicieuses dans les prunelles vert pâle souriantes de son vis-à-vis.
« Enfin de retour, Potter ? »
Ignorant le ton moqueur du mulâtre, le brun prit la parole à son tour.
« Qu-qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Et bien, quelqu'un semble avoir mis le feu à la demeure de l'Alpha ! » l'éclaira Zabini.
Un hoquet terrifié s'échappa alors de la bouche du docile.
« E-Ed…Où est Ed ? »
Devant le soudain silence du métis, tel un rapace, le Griffondor s'empara des deux avant-bras du Serpentard, enfonçant méchamment ses ongles dans la chair. Choqué par la brutalité et la détresse du plus jeune, Blaise se décida finalement à répondre.
« Les gardes ont fouillé l'ensemble des appartements de l'Alpha, mais Po-Potter et son fils sont introuvables… »
Face aux yeux vides du brun, le Second de Durmstrang reprit aussitôt la parole.
« Ma-Mais… un des gardes est parti à leur recherche, il y a quelques minutes… Il reviendra sans doute bientôt, et… »
Une déflagration retentit alors soudainement dans la nuit, coupant abruptement le discours du basané. Redirigeant aussitôt leur regard vers la mairie, les deux loups-garous virent une silhouette plonger hors des flammes, atterrir contre les pavés dans une roulade parfaitement exécutée avant de se relever souplement debout. La capuche de la cape qui couvrait son corps, s'abaissa alors, révélant une chevelure flamboyante et un visage couvert de suie.
Le nouveau venu scanna ensuite attentivement la foule avant de se diriger droit vers Harry et Blaise. Une fois à leur hauteur, le dominant ouvrit lentement son lourd vêtement, exposant ainsi la silhouette du jeune Edward Potter. Désormais sorti de l'incendie, celui-ci sembla brusquement se souvenir de comment respirer, et éclata dans une quinte de toux. Gagné par le soulagement et l'euphorie, Harry franchit en quelques enjambées la distance le séparant de son cadet.
« Ed ! »
À l'appel de son nom, l'enfant ouvrit péniblement ses ambres sensibles, avant de brusquement pivoter vers son frère, tombant presque des bras du roux.
« Ed ! » répéta l'aîné des Potters.
« Harry ! »
Le garde passa alors le garçon au docile, celui-ci sautant pratiquement pour venir étreindre désespérément le brun. Une fois l'enfant contre sa poitrine, le plus âgé lui caressa doucement les cheveux.
« Tout va bien, Ed. C'est fini. Tu es en sécurité, maintenant. », le rassura-t-il tendrement.
« Papa, Papa…il voulait…. », sanglota le plus petit.
L'effroi frappa le docile, tout comme les deux dominants.
« …il voulait qu'on rejoigne Maman… », pleura encore un peu plus fort, le plus jeune.
« Maman ? » demanda Harry. Mais sa question demeurait plus rhétorique qu'autre chose, la cruelle vérité l'ayant déjà rattrapé. Refoulant ses propres larmes, le Griffondor continua alors à consoler son cadet, le berçant doucement dans ses bras. Plongeant finalement ses émeraudes dans les perles océan du sauveur de l'enfant, il le remercia.
« Merci, Ron ! Vraiment, sincèrement, merci ! »
Au vu des circonstances, le roux lui adressa une esquisse de sourire.
« Pas la peine de me remercier ! » balaya-t-il alors de la main. « Je n'allais pas laisser un gamin livré à lui-même en plein milieu d'un incendie ! Tout le monde l'aurait fait ! »
« Oui… mais tu es le seul à t'être élancé dans les flammes pour le sauver. », appuya Harry. « Alors, merci… »
Le garde leva alors les yeux au ciel, abandonnant la bataille.
« Si tu le dis… »
Le docile voulut à nouveau rétorquer quand une pensée effrayante lui vint soudainement à l'esprit. Il se retourna alors d'un seul coup vers le Second de Serpentard.
« Et-Et Draco…. ? » balbutia-t-il, apeuré.
« C'est gentil de te soucier de lui, maintenant, Potter. Draco…. », commença Zabini.
« …va très bien. », compléta l'Alpha de Poufsouffle, le visage fermé, faisant soudainement part au groupe, mais surtout au brun, de sa présence.
Cedric avait aperçu le docile de loin, et avait décidé de venir le réconforter, de lui apporter son soutien dans cette terrible épreuve. Seulement, il semblerait que le Griffondor ait bien d'autres soucis en tête que ceux qu'ils avaient envisagés, et qu'il désirait le réconfort et le soutien d'une toute autre personne.
« Les sous-sols de la mairie ont été creusés directement dans la roche des montagnes du Sud, le feu n'atteindra jamais sa cellule. », expliqua-t-il. « Malfoy demeure donc pour l'instant en sécurité. »
Gêné par le ton glacial du châtain et ses orbes noisette accusateurs, le docile lui adressa un faible hochement de tête en remerciement.
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Quelles que soient les épreuves accablant sa vie, Draco Malfoy ne lui facilitait vraiment pas la tâche !
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À suivre….
(*1) : Fan de Game Of Thrones un jour…
(*2) : Je vous rappelle que l'électricité n'existe pas dans les quatre territoires.
Donc pour allumer un feu, il faut un briquet médiéval (en silex) et une allumette en souffre. Mais contrairement aux allumettes "chimiques" actuelles, elles ne s'allument pas par frottement. On les allume avec une petite braise d'amadou. Faire du feu est donc une action en deux temps : d'abord on allume l'amadou avec le briquet à silex (en deux parties qu'on frotte l'une contre l'autre), puis ensuite on allume l'allumette avec la braise formée. Et enfin, on allume ce que l'on veut.
Et un Potter en moins, deux Potter en moins… ! (Bah, Harry est censé être orphelin après tout !)
Peut-être suis-je un peu trop cruelle… Enfin, on ne peut pas faire une happy end sans quelques sacrifices, non ? Et puis, je vous l'avais dit : « James est excessif dans sa joie, dans sa colère, dans son amour… ». Et encore plus dans sa folie !
Bon la scène de l'incendie n'est pas tout à fait crédible, parce qu'avec une telle chaleur (dans les 500°C), et avec les gaz produits et le manque d'oxygène, Ron et Edward n'auraient jamais pu survivre mais bon, ce sont des loups-garous et c'est une fic !
Prochain chapitre : Narcissa Malfoy, chapitre avec encore plus d'action et encore surtout plus long !^^
À Lundi !
Nihona
