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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
RAR : Merci à honeymily23, marie, ptitcoeurfragile, brigitte26 et stormtrooper2 pour leurs reviews, auxquelles je vais me dépêcher d'aller répondre !
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Chapitre 15 : Ours
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Début Février 213,
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Grognant dans son sommeil, le lycanthrope voulut se retourner sur le côté pour plus de confort toutefois, cela s'avéra résolument une mauvaise idée. Sous l'action, une souffrance innommable traversa son flanc jusqu'à son cerveau et sa joue droite rencontra le sol glacial, le tout le poussant aussitôt à retrouver sa position initiale. Était-il réellement entrain de dormir par terre ?
Ouvrant un œil pour vérifier, le loup-garou fit face à un plafond de stalactites. Des stalactites ? Que faisait-il donc dans une grotte ? Perdu, le dominant ouvrit alors son deuxième œil et voulut se relever, cependant la douleur qui parcourut à nouveau son flanc, le força à rester couché. Délaissant la préoccupation que représentait l'étrange environnement, l'individu tordit atrocement son cou pour observer son abdomen. Cependant, sa propre cape reposait sur l'ensemble de son corps, le lui cachant, il ôta donc le vêtement pour pouvoir inspecter son buste. Sous l'habit, des bandages adroitement serrés enveloppaient son ventre, et quelques bandes remontaient obliquement jusqu'à son épaule gauche pour plus d'efficacité. Argh ! Comment pouvait-il être encore blessé ! Et puis, comment s'était-il fait ça d'ailleurs ?
À quand remontaient donc ses derniers souvenirs ? Le dominant sentait pointer une douce migraine, et il ferma les yeux tout en se pinçant le nez dans un signe d'agacement. Réfléchir demeurait la dernière chose qu'il avait envie de faire en ce moment-même, seulement il n'avait pas vraiment le choix. Il était seul et il avait grand besoin de se souvenir. Qui sait qui pouvait l'avoir mené ici ? Plus il en saurait, moins il se retrouvait démuni face à ses « sauveurs ».
Bon, récapitulons ! Il avait été emprisonné à Griffondor par le Comité en Novembre. Sirius lui avait ensuite révélé l'existence du Mur et de la clé, puis Harry était parti la chercher. James Potter avait ensuite grillé les quelques neurones qui lui restaient et avait tenté de s'immoler dans sa propre maison. Au même moment, Harry avait rapporté la clé du Temple, et ils étaient alors tous joyeusement parti en exode – pour lui, menottes attachées, bien sûr – à la fin décembre. Après un mois de périple, ils avaient rejoint le Mur et par la même occasion la troupe de Serdaigle. Et finalement, après une bonne semaine de marche dans le Grand Ouest, ils s'étaient faits attaqués pas un groupe de Serpentards. Enfin, pour être plus précis, ils s'étaient jetés sur Harry. Là, Draco, tel le preux loup-garou qu'il était, avait accouru au secours de son docile en détresse et avait déchiqueté la gorge de cette raclure de Lestrange. Toutefois, lorsqu'il s'était retourné, le loup blanc avait fait face à la silhouette de Macnair au-dessus du corps ensanglanté de sa mère et avait pour le moins… quelque peu… pêté les plombs ! Enfin, rien de grave ! Il avait mis une raclée à l'Alpha, et il avait allègrement savouré sa victoire jusqu'à ce… qu'un foutu connard vienne gâcher son bonheur !
Voilà ! Il se souvenait maintenant ! Lestrange, il ne savait pas trop comment, avait réussi à se relever et à se jeter sur lui, blessant gravement son flanc. Enragé Draco s'en était à son tour pris au Serpentard, et avait rapidement mis fin à sa misérable vie ! Le blond se souvenait ensuite d'avoir entendu le docile brun l'appeler en courant vers lui, alors qu'il sentait son corps se faire de plus en plus léger et sa tête lui tourner. Il avait dû perdre beaucoup trop de sang.
Bien ! Ses ennemis n'avaient donc pas eu raison de lui cependant, cela n'expliquait en rien sa présence en cette grotte !
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Toutefois la réponse lui vint rapidement, lorsque le plus âgé des survivants Potters pénétra dans la dite grotte. Constatant l'état éveillé de son patient, le médecin lui adressa un fabuleux sourire avant de s'approcher de sa couche pour attester lui-même de son bon rétablissement.
« Enfin réveillé, Malfoy ? » interrogea-t-il avec ironie.
L'ancien Serpentard lui renvoya son sourire moqueur.
« Exactement, Potter ! Et en parfaite santé, en plus de ça ! »
S'accroupissant devant l'alité, le Griffondor arqua un sourcil, dubitatif.
« En parfait santé… hein ? » Pour appuyer ses dires, le docile exerça une faible pression sur les bandages ensanglantés du dominant.
Esquissant une brève et quasi imperceptible grimace de douleur – héritage Malfoy oblige -, le blond ignora pourtant la réplique de son congénère, pour l'interroger avec empressement sur la grotte. Le brun répondit alors calmement tout en déroulant précautionneusement les bandages souillés qui entouraient le torse du blessé.
« Suite à l'attaque de la Grande Prêtresse de Serpentard et de Thomas Lestrange, Poufsouffle nous a rejoints. Ils se trouvaient apparemment à seulement quelques kilomètres en amont de notre convoi, et l'approche de la caravane de Serdaigle et les hurlements les ont prévenus de notre présence. Ils se sont refugiés dans ces grottes, il y a de cela une bonne semaine. »
« Ces grottes ? » s'étonna le dominant. « Parce qu'il y en a plusieurs ? »
« Croyais-tu être le seul à l'abri, Malfoy ? » railla le Griffondor, amusé.
Le blond se rebiffa aussitôt.
« Et toi ? N'as-tu pas d'autres patients, Potter ? »
« Effectivement. Seulement ils se trouvent dans une autre pièce. », énonça tranquillement le brun.
« Dans une autre pièce ? Pourquoi ? » s'étonna sincèrement le plus âgé.
« Et bien, tu es techniquement toujours un prisonnier, et je ne pouvais pas laisser mes patients partager leur chambre avec un hors-la-loi ! »
« Prisonnier, hein ? » soupira l'ancien Serpentard, désabusé. Il avait presque oublié ! Jetant un long regard pensif aux anneaux, qui, bien que privés de la chaîne qui les reliaient, entouraient toujours ses poignets, il retint une grimace de dégoût en s'apercevant du piètre état de ceux-ci. Sa tentative plus que précipitée d'extraction des menottes avait permis à l'argent de ronger sa chair quasi jusqu'à l'os. Il fallait vraiment qu'il se débarrasse de ce damné objet !
« Tu n'as qu'à demander à Lupin de te donner la clé de ces foutues menottes ! » proposa-t-il avec excitation. L'ancien Second n'avait pas paru lui vouer une franche hostilité, et la mort de Macnair changeait de tout façon la donne, non ?*1. Il ne pouvait plus être considéré comme un banni, puisque l'Alpha était mort. La loi, désormais, c'était Lui !
« Je ne crois pas que cela soit possible… », souffla doucement le Griffondor, son esprit toujours concentré sur la plaie de son patient.
Le nez du blond se fronça légèrement. Comment ça, pas possible ? Il avait battu l'Alpha de Dumstrang et de Serpentard devant témoins ! Il était désormais l'un des Quatre, et le Comité n'avait aucun droit de le garder prisonnier !
« …Premièrement, je ne crois pas que ces menottes disposent d'une quelconque clé et deuxièmement, je doute que te libérer soit dans leurs intentions ! » poursuivit tout naturellement ses explications, le médecin.
« Pas de clé… ? » répéta stupidement le Serpentard, dans une attitude pour le moins contraire aux concepts Blacks et Malfoys.
Il fallut une bonne dizaine de secondes avant que le rôdeur ne prenne toute l'ampleur d'un tel aveu. Pas de…clÉ ? La rage envahit alors tout son être, durcissant brusquement les traits de son visage.
« Je leur ai presque offert la clé de ce foutu Mur ! Je t'ai sauvé la vie au détriment de la mienne, que leur faut-il de plus pour prouver ma bonne foi ?! » cria-t-il, incrédule.
« Et bien… », tenta précautionneusement le docile. « Tu as comme même assassiné l'Alpha de Serpentard, … »
Les orbes, désormais écarlates du blond, se braquèrent aussitôt sur le brun.
« Qui m'avait privé de mes droits ! Je ne faisais que les retrouver. », tempêta-t-il. « Et puis, il n'est pas interdit de challenger « son » Alpha, non ? » Le ton de sa voix s'était dangereusement abaissé sur cette dernière phrase, telle une menace. Personne, non Personne, n'était en droit de contredire un Malfoy !
Mais le Griffondor ne se démonta pas pour autant. On ne décrirait pas le courage des Griffondors !
« …hors de son territoire, sans annonce du Cor… »
« On est en exode ! » tonna à nouveau le vagabond, à pleins poumons.
« …tu leur as caché ton identité pendant près de deux mois… »
« Sous leur accord ! » répliqua triomphalement Draco.
Il fallut cette fois-ci un léger instant avant que le brun ne puisse lancer une quelconque contre-attaque. Prenant conscience de sa « victoire », le dominant laissa un fin sourire narquois fleurir au coin de ses lèvres, la colère ayant brutalement délaissée ses traits.
« … tu as osé déflorer le fils d'un des Alpha des quatre territoires ?... », proposa finalement Harry.
« Et, si mes souvenirs sont exacts, sur le moment, il ne s'en est pas plaint ! » goguenarda le prisonnier.
« …Il était jeune et naïf ! » s'offusqua le brun.
« Bien sûr, bien sûr ! » compatit le blond, clairement amusé.
« Oh ! Va mourir, Malfoy ! » renifla le Griffondor en cognant son poing contre les pectoraux du plus âgé.
Harry avait délibérément évité la blessure de son ancien amant, néanmoins le visage de celui-ci se crispa presqu'imperceptiblement avant qu'il ne réponde au plus jeune.
« Tu en serais bien trop triste ! »
« Imbécile ! » l'insulta le docile, un sourire tendre recouvrant toutefois ses lèvres.
« Arrête de lutter, Potter, tu m'appartiens déjà ! » fanfaronna le dominant.
« Il ne me semble pourtant pas m'être uni avec toi, Malfoy ? » goguenarda le plus jeune. Le brun fit alors mine de réfléchir. « Oui, oui, j'en suis sûr, je ne porte aucune marque de tes crocs sur mon cou ! »
« Oh…ça ? ça peut encore s'arranger, Potter ! » contre-attaqua le blond. « Il te suffit de t'approcher un peu, et… »
« Je doute que tu sois en condition, Malfoy ! » se moqua ostensiblement Harry.
« Est-ce que ça veut dire que tu serais d'accord ? » demanda le rôdeur avec un sourire éblouissant.
Le visage du Griffondor, lui, devint aussitôt complètement écarlate, pressant son propriétaire à réfuter les propos du plus âgé.
« N'importe quoi, je-je… Si tu crois qu-que… Tu te tr-… »
Face aux pitoyables bafouillages du plus petit, le blond explosa de rire. Toutefois, une douleur soudaine dans le bas de son abdomen l'obligea à réfréner son hilarité. Tentant alors de reprendre son sérieux, ses joues pâles roses d'amusement, Draco déposa franchement sa main sur l'épaule gauche du brun.
« Ar-Arrête Potter, tu t'enfonces ! »
Faisant la moue, vexé, Harry se décida à ignorer l'ancien Serpentard, pour se concentrer sur le nettoyage de sa blessure.
Au bout de quelques minutes de silence pendant lesquelles le rôdeur fixait attentivement les moindres gestes de son soignant, le Griffondor tenta finalement de reprendre la parole.
« Mal-Malfoy, je… »
« Oui, Potter ? » l'interrogea celui-ci, étonné par l'hésitation du plus petit. Harry Potter n'avait jamais été de ceux à se retenir de dire ce qu'il pensait !
Prenant une profonde inspiration, le brun délaissa le linge sale de sang dans la bassine d'eau qu'il avait apporté, pour rediriger ses prunelles émeraude directement dans celles argent de son congénère. Se perdant dans l'intensité métallique l'espace de quelques secondes, Harry rassembla finalement tout son courage.
« Je..je suis désolé pour ta mère… », souffla-t-il.
Le regard brillant de l'ancien Serpentard s'éteignit alors quelque peu à la mention de la matriarche Malfoy.
« Je…je ne prétends pas comprendre ce que tu ressens ou quoique soit, après tout, je ne connaissais même pas Narcissa Malfoy, et même si j'ai moi-même perdu mes parents, ils n'étaient pas vraiment un exemple de parents débordant d'amour… Cependant, ta mère… ta mère semblait être une grande femme… Et je suis sûre qu'elle t'aimait profondément… Sinon, pourquoi aurait-elle sacrifié sa vie pour moi alors qu'elle ne me connaissait même pas ! »
« Elle s'est sacrifiée pour toi ? » s'étonna sincèrement Draco.
« Oui.. », confirma Harry, en baissant honteusement la tête. « Si elle ne s'était pas jetée à la gorge de Bellatrix Lestrange, je serais mort à l'heure actuelle ! Alors… je suis vraiment désolé, si ce n'était pas pour moi… »
« Cesse de te blâmer, Potter ! c'est Macnair qui l'a tué. », l'interrompit rapidement le blond, l'agacement transparaissant dans sa voix.
Face à l'évidente tristesse du brun, un bref soupir lui échappa cependant. Parler de sentiments n'était vraiment pas son truc, vraiment, qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour Harry Potter ! Hésitant, le prisonnier tendit alors lentement sa main jusqu'à la joue du Griffondor, obligeant ainsi celui-ci à lui faire face. Ses prunelles mercures fermement accrochées à celles de son vis-à-vis, Draco laissa alors sa main venir tendrement caresser l'épiderme du plus jeune, ses lèvres bougeant tout aussi légèrement. Toutefois, si sa voix vint à nouveau rompre le lourd silence de la grotte, ce fut pour l'emplir de sa douceur.
« Ma mère était bien assez grande pour prendre ses propres décisions, Potter. Si elle a voulu se sacrifier pour toi, c'est son choix alors ne te confonds pas ainsi en excuses, tu salis son geste, en faisant cela ! » gronda-t-il le Griffondor, avec tendresse.
Perdu dans le plaisir que lui procurait l'étonnante manifestation d'affection du dernier des Malfoys, bien que peu assuré et réticent à interrompre le doux cocon qui s'était installé entre lui et son ancien amant, Harry finit par lui avouer le fond de ses pensées.
« Euh… tu sais… je ne crois pas que cela soit Macnair qu'il l'ait tuée… »
« Qui, alors ? » se raidit brutalement le blond, stoppant momentanément ses caresses sur le visage du brun
« Et bien… », commença à s'expliquer le docile. « J'étais plutôt dans les vapes à ce moment-là, mais je suis sûr que Thomas Lestrange s'est jeté sur elle pour sauver sa mère, je me souviens même d'avoir alors hurlé pour essayer d'appeler de l'aide. Ensuite, ce foutu dominant a tenté de me mettre en pièces, et il avait d'ailleurs plutôt bien commencé le travail jusqu'à ce que tu arrives et ne l'étales par terre… »
L'ancien Serpentard esquissa un mince sourire fier à ces paroles.
« … Après, tout est plutôt flou… »
Le blond balaya les incertitudes du plus petit d'un revers de la main, son sourire narquois toujours accroché à ses lèvres.
« J'ai simplement montré à ce stupide fils à maman ce qu'était un vrai dominant ! »
Pas du tout impressionné, le Griffondor évita soigneusement de commenter les affirmations du rôdeur – Lune seule savait qu'il n'avait pas besoin qu'on gonfle un peu plus son égo, et il fallait également mieux éviter de le froisser -, et poursuivit sa pensée.
« Ouais… enfin, bref… tu l'as battu, et pendant ce temps-là, Bellatrix Lestrange a tenté de s'en prendre à ta mère. Et puis, Macnair est arrivée et lui a brisée définitivement la nuque. »
Le prisonnier fronça soudainement les sourcils.
« Es-tu entrain de me dire que Macnair a sauvé ma mère, Potter ? » susurra-t-il lentement.
Le silence du brun répondit pour lui.
« C'est complètement insensé ! » s'offusqua Draco. « Il déteste les Malfoys ! »
« Et bien… au vu de la façon dont il tenait ta mère dans ses bras, je ne pense pas que cela s'applique à Narcissa ! » rétorqua le Griffondor avec assurance.
« Mais… pourquoi… », souffla Draco, perdu.
Un nouveau silence prit alors place entre les deux lycanthropes, le plus âgé complètement paumé face aux révélations du plus petit, alors que celui-ci hésitait à exprimer la totalité de ses pensées. L'imperceptible tension emplissant l'atmosphère eut finalement raison du plus jeune qui finit par dévoiler sa théorie à son patient.
C'est lui qui avait plongé le blond dans un tel trouble après tout, un peu plus ou un peu moins ne changerait pas grand-chose, non ?
« À mon avis, Macnair éprouvait une profonde affection pour ta mère. Une douloureuse affection à sens unique… »
Face aux mots du brun, le prisonnier sortit brusquement de sa léthargie pour venir plonger ses prunelles métalliques écarquillées dans les émeraudes du Griffondor. Fait rarissime, Draco Malfoy était choqué !
Comment cela était-ce seulement possible ? Walden Macnair, bouc émissaire de Lucius Malfoy, éperdument amoureux de son épouse, Narcissa Malfoy !
Le Serpentard n'avait pourtant montré aucun signe d'une telle affection. Il n'avait d'ailleurs pas hésité à les expulser de leur demeure, alors que le corps de Lucius Malfoy était tout juste froid.
« Oui, mais il devait le faire pour montrer sa force, ou on se serait empressé de challenger son titre d'Alpha ! » souffla sa confiance. « Et puis, malgré la menace que tu représentais, Macnair t'as laissé la vie sauve pendant plus de trois ans, te laissant atteindre ta majorité. »
« Et il s'est d'ailleurs empressé de me mettre en pièces lorsque je l'ai défié ! » lui opposa-t-elle.
Cependant la petite voix, hantant sa tête n'avait pas non plus dit son dernier mot : « Mais il a accédé aux suppliques de ta mère, et ne t'a pas tué, mais seulement exilé de Serpentard ! »
« C'était vrai, mais… », s'entêta-t-il.
« Alors tu l'acceptes aussi facilement ? Je m'attendais à plus de résistance de ta part, surtout après avoir vu avec quelle rage tu t'es jeté sur lui, hier ! » s'étonna Harry.
« Hein ? » laissa stupidement échapper le blond. Apparemment il avait pensé à haute voix !
« Enfin, bref… », balaya de la main le Griffondor. « Je voulais juste te dire que je suis là. »
Devant le regard perplexe du plus âgé, le brun s'empressa de préciser ses mots, baissant néanmoins la tête pour masquer le rouge qu'il envahissait progressivement ses joues.
« Tu sais… si tu as besoin de parler…ou bien de… enfin… »
Amusé, l'ancien Serpentard émit un léger ricanement. La gêne du brun avait efficacement chassé les préoccupations du dominant.
« Ce n'est pas drôle ! » s'insurgea le plus jeune. « J'essayais d'être gentil, et tu… »
Le blond l'interrompit cependant en se saisissant soudainement délicatement de son menton.
« Je serais ravi de parler avec toi, Harry. Ou bien de… faire d'autres choses… », lui susurra-t-il sensuellement à l'oreille.
L'écarlate avait désormais envahi la totalité du visage du Griffondor.
« Espèce de… Je… Comment peux-tu penser… J'essayais d'être sérieux là, Malfoy ! »
« Mais, moi aussi, Potter ! » lui renvoya Draco dans un sourire éblouissant.
« Tu es vraiment exaspérant et irrécupérable… », soupira Harry, en relâchant ses sourcils.
« Et tu es vraiment adorable, Potter, à rougir à tout bout de champs et à tomber dans chacun de mes pièges ! »
« Pervers de Serpentard ! » s'offusqua le brun.
« Juste pour toi, chéri… », souffla alors le rôdeur à seulement quelques centimètres des lèvres du Griffondor.
Fermant délicatement les yeux, celui-ci se laissa emporter par la soudaine douceur de son ancien amant.
Un raclement de gorge interrompit néanmoins le rapprochement des deux lycanthropes, rompant la fragilité et la magie du moment.
« Est-ce que je dérange ? » questionna froidement l'inconnu.
« Euh…non, non, pas du tout ! », répondit précipitamment Harry. « Je finissais juste de m'occuper de sa blessure. »
Se saisissant aussitôt d'une bande, le médecin termina alors rapidement le nouveau bandage du blessé, avant de se hâter vers la sortie de la grotte. Il se stoppa toutefois au niveau du nouveau venu pour adresser un dernier message au vagabond, d'une voix parfaitement claire.
« En fait, merci de m'avoir sauvé la vie, Malfoy. Je ne l'oublierai pas ! »
Une fois les paroles ayant passées le barrage de ses lèvres, le Griffondor reprit aussitôt sa marche, maintenant toutefois sa tête baissée pour masquer joues enflammées qui trahissaient explicitement son trouble.
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Un froid polaire régnait entre les deux occupants de la grotte. Agacé par toute cette tension, l'ancien Serpentard finit par mettre lui-même un terme au silence.
« Tu voulais me dire quelque chose, Cedric ? »
Le Poufsouffle dévisagea encore quelques secondes la silhouette de son adversaire, prêt à la contre-attaque, avant de finalement déclarer forfait d'un soupir.
« Comptais-tu me dévoiler un jour ton identité, Draco ? »
« Et bien… pour être honnête, ce n'était pas dans mes projets immédiats, non ! »
« Attendais-tu donc d'être découvert ? » interrogea le châtain, perplexe.
« Je me doutais, effectivement, que mon identité ne tarderait pas à être mise à jour. Mais… je n'avais pas vraiment envie d'y penser. Du coup, je n'avais pas vraiment prévu de plan de « rechange » ! » avoua le dernier des Malfoys, penaud.
« Plutôt étonnant pour un Serpentard ! » se moqua gentiment l'Alpha.
L'espace d'une demi-seconde, le blond sembla surpris, mais il se rattrapa bien vite.
« Ouais… Je ne fais pas vraiment honneur à mon territoire, hein ? » ironisa-t-il lui-même.
« Et bien… Si on considère que tu as trompé le Comité des quatre territoires pendant près de deux mois, qui contient tout de même Gellert Grindelwald et les représentants de ton propre territoire, je pense que l'on peut féliciter ta ruse et ton génie ! » admit le Poufsouffle.
« Ne devrait-on pas plutôt me… punir ? » hasarda le blond.
« Et bien, tu nous as tous dupé, et tu as même tué ce « pauvre » Macnair, alors… Grindelwald et nombre des membres du Comité ne te font pas vraiment confiance. », confirma le plus âgé. « Toutefois, mon père dit toujours que malgré ma trop grande bonté, mon jugement s'avère souvent juste. Alors je veux croire…je veux croire que j'ai eu raison d'avoir foi en toi et de te faire confiance. », confia-t-il le visage adouci. « Tu m'as épaulé à travers l'une des épreuves les plus éprouvantes de ma vie. Tu m'as écouté, tu m'as conseillé et tu as parfois été tout simplement là… et je ne peux l'oublier… », termina-t-il la voix presqu'éteinte.
L'expression du rôdeur s'était également détendue face aux paroles de son ancien ami, néanmoins le ton las de l'Alpha ne pouvait suggérer qu'une seule chose…
« Mais… », enjoignit l'ancien Serpentard.
« Mais je ne peux te pardonner pour Harry ! » explosa soudainement le châtain, la fureur déformant ses traits.
Quelque peu impressionné par l'éclat du Poufsouffle au tempérament habituellement si doux, Draco recula légèrement sous la soudaine manifestation de puissance du châtain. Cedric Diggory n'était pas l'Alpha de Poufsouffle pour rien après tout ! Le blond l'avait peut être aidé à monter sur le trône, mais le plus âgé ne devait sa victoire sur ses adversaires qu'à lui-même, sa force lui demeurait propre !
Déglutissant imperceptiblement, le prisonnier reprit rapidement son masque d'impassibilité. Ne jamais montré ses faiblesses face un adversaire !
« Et… je ne m'attendais pas à ce que tu le fasses ! »
Amer, le châtain ignora totalement la défense de son rival, pour l'accabler de sa colère et de sa tristesse.
« Tu savais que je brûlais d'amour pour lui depuis près d'un an et demi, … »
Brûler d'amour ? Plutôt poétique. Les Poufsouffles avaient décidément le sens du mélodrame ! Cependant, Draco ne releva pas. Cette conversation devait avoir lieu, et il écouterait attentivement les reproches et la peine du châtain. Au nom de leur amitié passée, il le lui devait bien !
« … Tu savais à quel point il comptait pour moi. Je n'avais jamais ressenti cela pour quiconque avant lui, et je m'étais confié à toi, et à TOI SEUL ! Je t'avais tout dit de mon attirance et de mes sentiments pour lui. Je t'avais même demandé conseil ! Et tu as… »
L'Alpha interrompit soudainement son discours, avant d'éclater d'un grand rire sans joie.
« J'ai été stupide, pas vrai ? Je comprends mieux pourquoi tu m'avais dit de laisser tomber…ce n'était qu'une partie de ton petit plan, pas vrai ? Tu m'éloignais de lui pour avoir le champ libre ! Plutôt logique et évident, quand on y pense, tout ce qu'on peut attendre d'un Serpentard ! Tu as même feints de le trouver ennuyant, vraiment habile de ta part ! » s'émerveilla le Poufsouffle, désabusé.
Le visage de l'ancien Serpentard, lui devenait de plus en plus pâle. Mince ! La situation lui échappait totalement. Diggory était complètement à côté de la plaque, et était en train de partir dans des délires complètement fous à son encontre !
« Séduire Harry, n'a jamais été dans mes intentions, Cedric. Je… », tenta posément Draco.
« C'est pourtant bien arrivé ! » rétorqua le châtain sans préambule.
« C'est en effet arrivé, mais je ne l'avais nullement prémédité ! » opposa le vagabond. « Harry et moi, on a une relation quelque peu spéciale depuis notre rencontre, il y a douze ans. Et c'est vrai, que j'étais plutôt curieux de le revoir après sept ans. Surtout que j'ignorais alors qu'il était devenu un docile. Je t'ai peut-être caché ce fait, mais je le devais bien en cachant mon identité. Toutefois, je ne t'ai jamais menti sur mon opinion et mes intentions à son égard. Harry ne m'intéressait absolument pas en tant que docile et encore moins en tant que compagnon ! Il est bien trop… »
« Dominant ? » proposa Cedric, moqueur.
« Oui, exactement. Toujours rebelle et réfractaire à ce que disent les dominants ! » se plaignit le blond.
« Il me semblait que contrairement à moi, tu étais, je cite : « capable de gérer », les plus indomptables ! » renvoya le Poufsouffle, sa rage ne l'ayant pas quitté.
Grimaçant sous l'attaque traîtresse de son ancien ami, l'ancien opta pour la légèreté.
« Et j'ai réussi, mais crois-moi j'y ai laissé quelques poils ! »
Le silence du châtain sonna comme un échec face à sa tentative pour apaiser les choses jusqu'à ce que l'Alpha s'exprime à son tour sans velléité.
« Imbécile ! »
Agréablement surpris par le ton calme du dominant, Draco reprit paisiblement la parole.
« Sincèrement, attirer l'attention d'Harry et m'unir à lui, n'a jamais été dans mes intentions, Cedric. ». Effectuant une courte pause, le blond se redressa le plus possible en s'aidant de ses coudes - maudissant sa condition d'alité -, pour poursuivre le ton implacable. « Cependant, aussi incroyable que cela soit, aujourd'hui, tout est différent, et je ne peux te laisser Harry. Il a, désormais, bien trop d'importance pour moi ! »
Le regard assuré malgré sa position désavantageuse, Draco Malfoy défiait ostensiblement Cedric Diggory. Voilà, il avait exposé à l'Alpha ses positions, à lui de faire de même désormais !
Le Poufsouffle maintint le combat de regards avec l'ancien Serpentard un certain temps avant d'admettre finalement dramatiquement sa défaite. Il ne servait à rien de lutter, ils étaient trois dans cette histoire, et la troisième personne avait déjà démontré depuis longtemps son point de vue.
« Et je suis sûr qu'Harry ressent exactement la même chose… », soupira Cedric, fatigué.
Vaincu, il laissa échapper un petit rire, mais celui-ci sonnait atrocement faux.
« Alors le mystérieux « Loup Marcheur »… non ! l'impassible Draco Malfoy, fils du roi des glaces lui-même, est finalement tombé amoureux… », ironisa-t-il.
Conscient du courage qu'il avait fallut au Poufsouffle pour ainsi abandonner, les joues légèrement rosées, le dit Draco Malfoy se contenta de faiblement ronchonner.
« Ferme-la, Diggory ! »
« … et d'Harry Potter, en plus de cela, le magnifique docile inapprochable de Griffondor ! » poursuivit l'Alpha. Il venait presque d'offrir à son rival en amour sa bénédiction pour s'unir avec celui qui demeurait l'objet de son affection depuis plus de deux ans, il pouvait bien se jouer de son ancien ami, pas vrai ?
« N'as-tu pas réussi à l'approcher ? » railla le blond.
« Uniquement parce que je suis, je cite : « Un Poufsouffle amoureux des lycanthropes », et qu'il ne me considérait absolument pas comme un partenaire potentiel ! »
« Peut-être… », concéda Draco. Le Poufsouffle semblait pour le moins enclin à faire de l'humour !
Le châtain contredit néanmoins l'ancien Serpentard en reprenant soudainement son sérieux.
« Bien ! Je te cèderai Harry, mais… à une seule condition, Malfoy ! »
« Ah oui ? Laquelle ? » s'étonna sincèrement le blond.
« Tu dois absolument toujours veiller sur lui et le rendre heureux ! » déclara l'Alpha de son ton le plus solennel.
« Un vrai Poufsouffle, hein ? » se moqua gentiment Draco.
« Je ne déconne pas, Draco… », le prévint tout aussi gentiment Cedric. « Si tu oses le rendre malheureux… »
« Pas besoin de me menacer, Diggory, je le rendrai assurément heureux ! » s'outra le dernier des Malfoys. « Et je suis on ne peut plus sérieux ! »
Satisfait par la détermination qu'il pouvait lire dans les pupilles métalliques, le Poufsouffle décrocha ses ambres de leurs homologues pour entamer son chemin vers la sortie.
« Bien ! Dépêche-toi de te rétablir alors, Malfoy, ou qui sait…je pourrais bien changer d'avis, et convaincre ce cher Harry que je… »
« Si tu oses toucher la moindre parcelle de son corps, Diggory, je… », menaça soudainement enragé le rôdeur, mais le dirigeant avait déjà quitté la grotte en ricanant.
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Après deux jours d'alitement, Draco fut enfin « autorisé » à quitter la grotte. Dehors, février demeurait plus impitoyable que jamais. La neige recouvrait toujours le sol de la forêt, et la force du vent battait des records. Toutefois, après l'isolement qu'il venait de subir, le blond fut tout heureux de retrouver la végétation endormie et le froid glacial de l'hiver.
Parcourant le « camp » en compagnie de ses « gardes du corps », le prisonnier se rendit effectivement compte, que Serdaigle, Poufsouffle et Griffondor cohabitaient désormais. Peu de lycanthropes traînaient à l'extérieur, préférant la maigre chaleur non moins réconfortante que leur offraient les cavités. Les pans d'une des tentures masquant l'entrée d'une des grottes se levèrent soudainement, et la silhouette de Gellert Grindelwald s'en dégagea. Repérant l'ancien Serpentard, l'Alpha de Serdaigle lui fit signe d'approcher. Dévisageant prudemment le loup-garou, Draco s'avança néanmoins.
« Je vois que tu as bien récupéré, mon garçon. », s'exclama le dirigeant, ses yeux bleus brillants, et son éternel sourire aux lèvres.
« En effet… », répondit simplement le blond.
« Le jeune Potter semble un médecin des plus compétent. », approuva le plus âgé.
« Et bien, je n'ai pas à me plaindre. », sourit faussement le rôdeur.
Le Serdaigle ricana légèrement.
« Il semblerait, en effet ! », s'amusa-t-il. « Ce bon vieil Albus louerait sans doute le pouvoir de l'amour ! »
« Qui sait… », lui renvoya l'ancien Serpentard, souriant à son tour. « On dit qu'après la Déesse Lune, il demeure le plus grand des pouvoirs ! »
L'Alpha hocha la tête en signe d'assentiment, avant de prendre un air un peu plus sérieux.
« J'espère que tu ne nous en veux pas trop pour ton statut de prisonnier, Draco. », s'excusa-t-il. « Je suppose qu'à la suite des récents évènements, tu espérais retrouver ta place de lycanthrope libre seulement, les complications qui ont suivi l'attaque d'il y a trois jours, nous ont poussés à prolonger ton statut de prisonnier… »
Tu m'en diras tant !
« … La mort de Walden Macnair a démuni les Serpentards de son Alpha, et le peuple des quatre territoires ne dispose donc plus que de deux Alphas. Tu comprends donc que face à une situation aussi instable, nous ne puissions te laisser errer en toute liberté. »
« Je comprends votre inquiétude, Grindelwald. », salua le blond. « Cependant, je me dois de vous contredire. Serpentard dispose d'un Alpha. J'ai combattu et gagné loyalement contre Walden Macnair, le titre d'Alpha de Serpentard me revient donc de droit. »
« Tu as effectivement vaincu Walden Macnair, mon garçon. », énonça suavement le doyen des Alphas. « Seulement, ni la Prêtresse de Serpentard ni son peuple ne demeuraient présents pour en attester. »
« Ces règles s'appliqueraient habituellement, toutefois nous sommes en exode, et la Prêtresse était déjà décédée, comment aurait-elle pu en juger ? » s'insurgea Draco.
« C'est pourquoi ta légitimité en tant qu'Alpha de Serpentard ne peut s'avérer pour l'instant recevable, et que tu occupes la place de meurtrier de ce pauvre Macnair. »
« Cette affaire ne relève-t-elle pas de l'autorité de Serpentard ? » rétorqua malicieusement le plus jeune.
Les lèvres du Serdaigle tremblèrent légèrement, néanmoins son sourire resta en place.
« En effet… », décréta-t-il. « Tu ne seras donc pas jugé pour ce crime tant que les dignitaires de Serpentard ne nous auront pas rejoints. Ce qui devrait arriver d'ici quelques jours. »
« Sur ce, tu m'excuseras, mon garçon. Je crois bien que ce cher Albus m'attend déjà ! »
L'Alpha lui renvoya, une fois de plus, son absurde sourire hypocrite, avant de se retourner pour prendre la direction d'une des cavités.
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Personne ne gagnait jamais contre Gellert Grindelwald, pas vrai ?
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Le blond avait traîné toute la journée, aussi excité que ses congénères par la pleine lune. Seulement lorsque le soir tomba enfin, on l'obligea à regagner sa caverne pour y passer la nuit en compagnie de ses gardes. À cette annonce, Draco soupira. Il avait presqu'oublié qu'il était un prisonnier !
L'ancien Serpentard retrouva donc le haut standing de sa couche, pendant que Serdaigles, Griffondors et Poufsouffles se rassemblaient pour profiter d'une bonne partie de chasse, et d'une nuit à gambader et folâtrer sous la bienveillante de la Déesse Lune.
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Le rôdeur ne cessait de se retourner dans tous les sens, rien que de penser à ses congénères qui s'amusaient follement au dehors lui coupait totalement toute envie de dormir. Et puis, si les lycanthropes veillaient généralement jusqu'aux premières heures du matin pour se lever peu après les premières lueurs du jour la pleine lune les rendaient pour le moins insomniaques. Le « Comité » était donc entrain d'infliger une véritable torture au dominant !
De brusques bruits étouffés attirèrent soudainement l'attention du blond sur l'entrée de la grotte. Le camp était censé être désert, alors qui pouvait bien causer tout ce remue-ménage ? Le corps crispé par l'attente et l'inquiétude, le loup-garou s'était relevé en position de combat.
La réponse à sa question lui fut alors offerte, lorsque les tentures pourpres se soulevèrent pour dévoiler la silhouette d'un individu d'environ 1m70. La tension du dominant se relâcha alors imperceptiblement, un tel adversaire ne pourrait lui faire aucun dommage.
Nullement impressionné par la menace que représentait l'occupant de la pièce, l'inconnu pénétra dans la caverne. Reniflant doucement, Draco laissa un tendre sourire se dessiner sur ses lèvres.
« Toujours aussi seul et abandonné, Potter ? »
Le nouveau venu soupira, blasé.
« Encore à chercher la bagarre, Malfoy ? »
« Il se pourrait… », sourit un peu plus le blond.
« Rhaa… Je devrais tout simplement t'abandonner à ton triste sort, Malfoy ! » s'énerva légèrement le docile.
L'ancien Serpentard s'avança alors à son tour vers le brun.
« Mais tu ne le feras pas, car tu es un gentil Griffondor, et qu'au fond tu m'adores~ ! » chantonna-t-il, amusé.
« Si peu… », souffla l'adolescent à quelques centimètres de la bouche du plus grand.
Le plus âgé se pencha alors pour s'emparer des lèvres perfides du Griffondor, mais celui-ci se recula brusquement, échappant ainsi au Serpentard, qui ne put qu'embrasser l'air.
« Toi ! » s'offusqua-t-il.
Auquel le brun répondit par un grand éclat de rire.
« Croyais-tu vraiment que cela serait aussi facile, Malfoy ? »
Retroussant ses lèvres, le blond lui adressa un sourire machiavélique.
« Sûr que cela n'est pas le cas, Potter ! »
Et il se précipita aussitôt sur la forme du docile. Celui-ci s'enfuit en courant de la caverne, l'écho de son rire le suivant.
Une fois à l'extérieur de l'abri, Draco ne jeta qu'un bref regard aux corps affalés de ses deux geôliers, avant de rapidement partir à la poursuite du Griffondor.
La course-poursuite dura bien une dizaine de minutes, avant que le plus grand ne plaque finalement le plus jeune à terre. Les orbes métalliques dévisagèrent alors intensément les émeraudes pendant quelques instants, obligeant le rire du Griffondor à se faner brutalement. Chacun sous l'emprise de l'autre, les deux lycanthropes se complaisaient dans leur propre monde. Dominant le brun de toute sa hauteur, l'ancien Serpentard se pencha finalement doucement vers l'adolescent pour prendre enfin possession de ses lèvres. Tout aussi hypnotisé que son partenaire, le cœur battant la chamade, Harry regarda le dominant lentement s'approcher, avant de refermer ses yeux. Les lèvres de Draco effleurèrent alors les siennes dans une tendre caresse. La langue du rôdeur sortit ensuite pour lécher doucement sa lèvre inférieure, avant de recouvrir totalement la bouche du plus petit de la sienne. Le blond s'écarta finalement au bout de quelques minutes pour replonger dans l'océan vert de son vis-à-vis. Étalé de tout son long dans la froide neige de février, le corps emprisonné sous le poids de celui du plus grand, Harry lui renvoya un sourire tremblant, ses prunelles brillantes d'émotion.
Leur premier baiser en tant qu'Harry et Draco ! Le docile ne disposait d'aucun mot pour qualifier l'ampleur de ses sentiments. Ce baiser était tellement… et il représentait tellement ! Un baiser significatif… un baiser où l'un et l'autre ne portaient plus de masque ou de faux-semblants, où ils étaient tout simplement eux-mêmes.
Le dominant offrit alors au brun un sourire éblouissant, ses orbes grises lui démontrant une profonde affection. Amusé, le Griffondor glissa ses mains derrière le cou du plus âgé pour l'obliger à venir à nouveau l'embrasser. L'ancien Serpentard s'exécuta avec complaisance, s'emparant rapidement de la lèvre inférieure de son partenaire pour la suçoter. Appréciant le dévouement du blond pour sa bouche, l'adolescent gémissait sans honte cependant, lorsque son compagnon voulut infliger le même traitement à sa lèvre supérieure, le Griffondor tira allègrement sur la crinière blonde. Gémissant à son tour, mais cette fois-ci de douleur, le vagabond détacha sa bouche de celle du plus petit, pour gronder sa colère.
Nullement impressionné, le brun lui envoya un faible sourire d'excuse, avant de tirer à nouveau la tête dorée vers lui. Mais que voulait donc le Griffondor ? Il l'attirait, il le repoussait quel était exactement son problème ?
Le docile lui répondit en s'emparant furieusement de sa bouche, plongeant avidement sa langue dans la cavité buccale du plus grand.
Les deux lycanthropes passèrent ainsi quelques minutes à se dévorer mutuellement la bouche, enlaçant fiévreusement leurs langues. Draco prit toutefois assez vite l'avantage, ne supportant pas de se voir dominé d'une quelconque façon par l'adolescent. Néanmoins, s'embrasser ne fut rapidement plus assez, et les mains du dominant prirent alors leurs libertés, parcourant fébrilement toute partie du corps du docile se trouvant à leur portée.
Cependant, les vêtements du brun vinrent à leur tour se mettre sur le chemin du blond, qui dans sa furieuse passion fit peu cas de leur intégrité. Agacé, le Griffondor repoussa alors sauvagement son amant, pour s'extraire lui-même de ses sous-vêtements qui avaient miraculeusement survécu à l'attaque du plus âgé. Légèrement ennuyé par le rejet de l'adolescent, l'ancien Serpentard s'empressa de se rallonger sur celui-ci, le plaquant à nouveau efficacement sur le sol. Le docile frissonna sous la chaleur que lui apporta la soudaine proximité de son amant. Il faut dire que reposer à même le sol, avec pour seul rempart entre lui et la neige, sa cape d'hiver, avait de quoi refroidir !
Se rendant compte de l'inconfort du plus jeune, Draco décida de se dévêtir à son tour. Plus vite il serait nu, et plus vite il pourrait passer aux choses sérieuses, et réchauffer efficacement le brun ! Libéré de tous ses vêtements, l'ancien Serpentard entreprit de vénérer le corps de son compagnon. Il s'empressa donc d'accoler sa bouche au cou de sa victime, pour le couvrir de baisers. Resserrant quelque peu ses lèvres, le blond aspira doucement la peau tannée, laissant derrière lui un large suçon. Satisfait, le dominant se recula légèrement pour contempler son œuvre avant de s'attaquer à la clavicule du brun. Le plus âgé déposa ainsi sa marque sur les épaules, les pectoraux et le ventre de plus petit, sous les gémissements de plaisirs de celui-ci.
Bien, maintenant qu'il était sûr d'avoir clairement délimité son territoire, il pouvait enfin obéir à son cerveau secondaire qui lui criait depuis un moment de faire sienne la torride créature se tordant fiévreusement sous lui !
Joignant le geste à sa pensée, le loup-garou s'ôta de la silhouette languissante du brun, pour se placer entre ses jambes. Relevant alors chacun des deux membres, le blond se pencha avidement vers l'orifice du docile. Tel un assoiffé devant une oasis, l'ancien Serpentard lapa aussitôt le fluide transparent qui s'écoulait abondamment de l'anus du plus jeune, avant d'y enfoncer profondément sa langue. Punaise ! Il n'y avait rien de plus érotique que cela ! Et les gémissements de son compagnon ne venaient que sublimer le tableau !
Délaissant finalement l'antre du Griffondor, Draco redirigea son attention vers le sexe douloureusement tendu de son partenaire. Se saisissant fermement d'une main de l'appendice, le dominant sortit lentement sa langue de sa bouche, ses prunelles métalliques plongées dans celles passionnées du brun. Le blond donna alors de légers coups de langue contre le prépuce, avant de s'éloigner du membre de l'adolescent. Celui-ci poussa un geignement plaintif, provoquant le recourbement de la bouche du plus âgé en un sourire narquois. Peut-être possédait-il encore assez de self-control pour tourmenter un peu le brun, après tout ! Mais le regard meurtrier de celui-ci et la griffure de ses ongles dans la peau tendre de son dos mit fin aux plans pervers de l'ancien Serpentard, et à son sourire moqueur. Il jouerait une autre fois !
Se reconcentrant sur le pénis se trouvant devant lui, Draco le prit cette fois-ci en bouche, le suçant consciencieusement. Harry relâcha alors la prise de ses ongles sur les omoplates de son amant, pour s'agripper à la chevelure dorée de celui-ci. Le plaisir était trop bon…Trop fort… Et il sentait déjà ses doigts de pieds se recroqueviller sous le plaisir intense que lui procurait expertement le blond. Se rendant compte de l'état avancé d'excitation du Griffondor, le dominant stoppa abruptement son délicieux traitement. Perdu dans les affres du plaisir, le docile lui renvoya un regard trouble, tentant sans succès de lui exprimer sa frustration. Amusé, ses orbes gris toujours plongés dans les émeraudes du brun, Draco enfonça abruptement une de ses phalanges dans l'anus du plus petit.
Étonné, celui-ci laissa échapper un petit cri offusqué, et plutôt aigu pour un mâle. Décidément amusé par les réactions de son compagnon, l'ancien Serpentard ajouta un deuxième doigt. La chair se contracta à nouveau sous la brusque intrusion, mais le Griffondor essaya de conserver un visage impassible, la courbure tremblante de ses lèvres fermement serrées, seule preuve de son trouble. Pas prêt à abandonner, le rôdeur ne prit pas plus la peine de prévenir son partenaire de l'invasion d'un troisième intrus dans son corps. Celui-ci fut accueilli avec un peu plus de mal, l'anus du Griffondor voulant refuser l'accès à l'imposteur et le brun hoqueta légèrement de douleur, sa prise sur le scalp de son amant s'affirmant. Celui-ci grogna doucement sous la douleur, tout en continuant les mouvements de va-et-vient de ses doigts dans l'antre du docile. Estimant que l'adolescent demeurait fin prêt à l'accueillir, le blond ôta ses phalanges du corps du Griffondor pour enduire son propre sexe des sécrétions du brun.
Courbant le corps de son partenaire jusqu'à ce que ses genoux viennent encadrer sa tête, Draco dirigea sa verge vers l'entrée du docile, afin de pouvoir enfin le pénétrer. Cependant, celui-ci ne lui en laissa pas l'occasion. Reposant abruptement ses pieds au sol, Harry profita de la surprise du dominant pour renverser la situation, et se retrouver à califourchon sur les hanches du plus grand.
« Que… ? » s'exclama stupidement celui-ci.
« Crois-tu vraiment être à la hauteur, Malfoy ? » railla narquois le brun.
Piqué au vif dans sa fierté, le blond lui renvoya un regard furieux.
« Pour qui me prends-tu, Potter ? »
« Et bien… », minauda Harry. « Il me semble bien qu'aux dernières nouvelles, tu étais blessé alors… »
Offusqué, Draco hoqueta.
« Une si petite blessure ne pourrait jamais avoir une quelconque incidence sur les… capacités d'un Malfoy ! » s'indigna-t-il, tout en essayant de déloger le brun de ses cuisses.
« Vraiment ? » renchérit le Griffondor.
Habituellement, l'ancien Serpentard aurait repris le contrôle de la situation en un dixième de seconde seulement la plaie recouvrant son torse demeurait encore fraîche, et malgré ce qu'il pouvait en dire, l'handicapait quelque peu. Et cela l'adolescent en avait parfaitement conscience, il était médecin après tout !
Le docile hocha alors négativement la tête, d'un air paternaliste.
« Tut-tut-tut…Je pense que tu as fait bien assez d'exercice pour la journée, Malfoy ! Tu vas donc rester bien gentiment allongé et profiter du spectacle ! » commanda-t-il. « Je n'ai aucunement l'intention de voir ta blessure se rouvrir et de devoir te refaire un bandage dans l'instant ! »
Frustré, le blond abandonna cependant toute protestation.
« Bien ! Bon garçon ! » s'amusa Harry.
Draco gronda aussitôt d'avertissement.
Ignorant totalement l'irritation et la menace sous-jacente du dominant, le Griffondor appuya un peu plus fermement sa main gauche sur le torse de son partenaire, tout en se saisissant du sexe de celui-ci de la main droite. Relevant doucement ses hanches pour se placer perpendiculairement à l'appendice de l'ancien Serpentard, le brun prit une grande inspiration avant d'entreprendre sa descente sur le pénis de son amant. Toutefois, celui-ci ne lui en laissa pas le temps, basculant soudainement son bassin vers le haut. Écartelé par la verge du rôdeur, Harry cria de douleur sous l'intrusion bien trop brusque et bien trop énorme. Furieux, ses prunelles émeraude fusillèrent le visage du plus âgé. Affichant un franc sourire moqueur, celui-ci ne semblait nullement vouloir se repentir. L'entièreté de sa figure hurlait : « vengeance » !
Pas prêt à abandonner la partie, le brun entama de lentes girations des hanches, ignorant la souffrance qui tiraillait toujours son anus et venait régulièrement déformer ses traits. Jamais il ne laisserait le dominant gagner !
Amusé par l'attitude naïve de son amant, Draco s'empara rapidement des hanches du jeune lycanthrope pour infliger son propre rythme à leur union. Personne ne commandait ni ne dominait un Malfoy ! Et le Griffondor allait bientôt l'apprendre à ses dépends !
À chaque mouvement que le blond imposait au brun vers le bas, il basculait lui-même son bassin vers le haut les corps des deux loups-garous se retrouvaient ainsi brutalement, les claquements de leurs rencontres résonnant dans la forêt. Malgré le froid polaire, une pellicule de sueur recouvrait les deux amants alors qu'ils s'aimaient passionnément, leur environnement inhospitalier oublié depuis bien longtemps.
Les cuisses du docile commençaient à trembler de fatigue sous l'effort physique qui leur était imposé, et il se laissait désormais totalement manipuler par le dominant, poupée de chiffon entre ses mains. L'ancien Serpentard n'avait de cesse de se rengainer puissamment dans son corps, et sa prostate malmenée ne l'aidait pas à garder l'esprit clair. Sentant sa propre jouissance arrivée, le rôdeur accéléra ses coups de boutoir, tout en appelant désespérément son amant.
« Harry ! »
Complètement perdu, le brun réussit néanmoins à focaliser l'espace de quelques secondes son attention sur le visage de son partenaire. Celui-ci se redressa alors brusquement pour prendre violemment possession de la bouche du plus jeune. Enfonçant sa langue dans la cavité buccale du Griffondor, le blond détacha sa main gauche de la hanche du plus petit pour se saisir fermement de la longue crinière emmêlée de l'adolescent. Relâchant alors la bouche de celui-ci, l'ancien Serpentard laissa échapper à bout de souffle :
« Har-ry…Main-Maintenant ! »
Se rengainant avec encore plus de fougue dans l'anus du brun, faisant fit de l'extase qui l'envahissait, Draco ouvrit grand la bouche, et planta férocement sa mâchoire à la jonction du cou et de l'épaule de son partenaire, évitant habilement la jugulaire.
Alors que le plaisir montait de plus en plus fort, le perdant chaque seconde un peu plus, le docile avait lui aussi ressenti ses dents le démanger désagréablement. Et lorsque le rôdeur lui avait envoyé le signal, emporté par la jouissance, le Griffondor avait laissé faire son instinct, et avait lui-même perforé la chair du dominant de ses dents.
Épuisé l'ancien Serpentard se laissa retomber sur la cape du médecin, le corps de celui-ci venant le recouvrir aussitôt. Le plus âgé caressa tendrement le dos du plus jeune pendant quelques minutes, descendant lentement de son état post-coïtal. Reprenant alors conscience avec la réalité, il se retira du docile qui geignit faiblement sous la sensation d'inconfort. Amusé, le blond se redressa en position assise, puis changeant pour une position accroupie, déposa délicatement son amant sur sa cape. Amorphe, celui-ci se laissa docilement faire. L'enroulant dans le vêtement, le rôdeur se pencha à nouveau vers le plus petit pour le prendre dans ses bras. Nul doute qu'ils attraperaient tous les deux la crève s'ils restaient plus longtemps ici !
Gémissant sous l'effort, Draco réussit finalement à se relever, le docile tout contre sa poitrine. N'était-ce pas ce foutu Griffondor qui lui avait proscrit plus d'exercice ? Comment pouvait-il donc le laisser trimer ainsi alors qu'il souffrait d'une blessure à l'abdomen !
Ronchonnant intérieurement, l'ancien Serpentard abandonna leurs vêtements – plus ou moins intacts – à la neige, et prit la direction de la caverne. Ignorant totalement les deux gardes toujours évanouis par terre, le loup-garou pénétra dans la cavité rocheuse, son paquet dans les bras. Délaissant le corps du brun sur sa couche étroite, le blond s'empressa de s'étendre à ses côtés, étalant la tête ébouriffée contre son cœur, et entourant le corps de son amant de son bras. Reposant son propre menton sur la chevelure d'ébène, fermant doucement les yeux, Draco esquissa un sourire tendre.
Harry Potter était désormais le compagnon de Draco Malfoy !
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Voilà deux jours que la pleine lune s'était déroulée, et le convoi des territoires de Poufsouffle, Serdaigle et Griffondor avait repris sa route, Poufsouffle toujours en tête. Bien sûr, Cedric Diggory et ses subordonnés menaient les immigrés en compagnie de Gellert Grindelwald, Remus Lupin et leurs conseillers. Les quatre territoires ne possédaient plus d'Alpha unique, mais leurs propres Alphas comptaient toujours adopter une politique unitaire. Ils n'avaient toujours pas vu l'élévation de leur élu, et pour être honnêtes, n'y croyaient plus cependant, fonder une nouvelle nation unie demeurait toujours leur priorité. Qui sait, peut-être que le Fils de la Lune se révèlerait bientôt ?
Après tout, cela faisait bien deux semaines qu'ils se dirigeaient vers le Grand Ouest, et de plus en plus de lycanthropes succombaient sous la morsure glaciale du froid, et les infectés par Vulneris se faisaient de moins en moins nombreux – s'affaiblissant encore plus rapidement que les autres -. Et malheureusement, toujours aucune terre hospitalière n'était encore en vue ! La Déesse Lune attendait peut-être qu'ils soient au bord de l'extinction, pour leur envoyer son aide !
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À l'arrière de la caravane, Harry Potter s'occupait toujours de ses patients, occasionnellement dérangé par son nouveau compagnon, Draco Malfoy ! Draco était toujours considéré comme un prisonnier et se déplaçait parmi ses semblables, menottes aux poignets. Toutefois, les représentants du « Comité » le laissaient un peu près errer à son aise, sous la surveillance de ses gardes du corps favoris bien sûr ! Draco avait donc élu domicile dans le chariot de l'infirmerie de Griffondor, au grand désespoir du pus âgé des Potters.
Edward s'était finalement remis de sa faiblesse passagère, soulageant grandement l'inquiétude de son aîné. Celui-ci s'occupait donc désormais essentiellement des victimes de l'Exode. À la réassurance de tous, Vulneris ne semblait pas avoir traversé le Mur. Les lycanthropes n'avaient donc pas constatés de nouveaux contaminés depuis qu'ils avaient franchi les portes de l'ouest, et les loups déjà infectés n'avaient pas fait de vieux os face au froid de l'hiver. Toutefois, cela n'empêchait pas le brun d'avoir du travail, et le blond lui tapait parfois réellement sur les nerfs ! Ils venaient à peine de reprendre leur voyage, et l'ancien Serpentard traînait déjà dans ses pattes, le perturbant dans sa tâche ! Quelle idée folle avait-il eu de se lier au rôdeur ?
Conscient de l'agacement de son partenaire face à ses interventions plutôt gênantes, celui-ci affichait son sourire goguenard favori. Rien n'était plus amusant que d'ennuyer le Griffondor !
« Tu es sûr de faire ce qu'il faut, Potter ? » interrogea l'ancien Serpentard.
Le médecin continua d'étaler de la neige sur le torse moite de son patient, ignorant totalement le plus âgé. Nullement vexé, celui-ci reprit la parole.
« Non, parce que ce type ne cesse de dire qu'il meure de froid, et toi… tu répands de l'eau glacée sur son corps ! »
« As-tu reçu un enseignement en médecine, Malfoy ? » répliqua Harry, tentant tant bien que mal de garder son sang-froid.
« Non, mais… »
« Alors ne préjuges pas de ce que tu ne connais pas ! » lança le brun en se retournant vers son compagnon, le regard meurtrier.
Quelque peu amusé par la réaction disproportionnée du médecin – de son avis -, Draco éleva ses mains devant lui en signe de rédemption.
« Wouoh, wouoh…du calme, petit Griffondor ! » tempéra-t-il. « J'essayais juste d'aider, moi ! »
« Et bien, si tu pouvais aller aider dehors, ça m'arrangerait ! »
Le blond éclata d'un petit rire.
« Waouh ! le louveteau sort les griffes, on dirait ! »
« Malfoy, si tu n'es pas sorti dans la seconde, je vais… »
Mais, le rôdeur ne l'écoutait déjà plus. Le corps tendu à l'extrême, il huma légèrement l'air. Ils avaient de la visite !
Obéissant aux ordres du plus jeune sans le vouloir, Draco fit brusquement volte-face, écarta les tentures de la sortie de l'infirmerie, et sauta souplement sur la neige. Quelque chose approchait… Une puissante aura se dégageait su Sud, fonçant droit dans leur direction.
Ignorant les deux gardes qui le dévisageaient avec surprise, l'ancien Serpentard s'élança à toute allure vers la queue du convoi.
« Malfoy ! »
Il ne pouvait rester inactif face à une telle menace !
Le chariot de l'infirmerie se trouvait déjà à l'arrière du convoi, et longeant les quelques charrettes, le rôdeur ne mit pas longtemps à atteindre le dernier chargement, où il stoppa sa course. Les deux pieds fermement plantés dans la neige plus que piétinée, jambe gauche en avant, en position de combat, Draco fixait avidement l'horizon à l'affut d'un quelconque ennemi. Le dernier chariot avait tout juste une centaine de mètres d'avance, lorsque celui-ci se matérialisa, courant sur le chemin créé par le convoi.
En fait, il aurait été plus juste de dire les ennemis, bien que le blond ne puisse affirmer qu'ils leur soient réellement hostiles. Ne bougeant cependant pas d'un pouce, le dominant laissa les inconnus s'approcher, les deux soldats de Griffondor, à quelques pas derrière lui.
Les lycanthropes étrangers métamorphosés – car c'était l'identité des nouveaux venus -, ralentirent leur allure, à la vue du comité d'accueil qui les attendait. Amusé, par la posture menaçante du blond, un loup chocolat fit signe à ses compagnons de rester en arrière, et s'avança tranquillement vers l'ancien Serpentard.
Agacé par tant de cérémonial, Draco laissa échapper un grondement sourd à l'attention du dirigeant. Celui-ci retroussa un peu plus ses babines, railleur, pour finalement se positionner à moins de deux mètres de son adversaire.
Derrière le blond, les Griffondors tremblaient d'effroi. L'inconnu dégageait une aura extrêmement puissante, tout comme sa meute, alors comment Malfoy pouvait rester aussi stoïque et le laisser ainsi s'approcher ? Pourquoi ne l'attaquait-il pas, tout simplement ?
Reniflant d'ennui, l'ancien Serpentard brisa finalement le silence, et par la même occasion la tension emplissant cette partie de la forêt.
« Toujours à parader, hein, Zabini ? » se moqua-t-il. « As-tu réellement besoin de toujours faire une telle mise en scène de tes entrées ? »
Se léchant avidement les babines, le loup chocolat agita doucement sa tête de gauche à droite, ses orbes clairs brillants d'amusement. Sa silhouette lupine s'effaça alors progressivement pour laisser place à un jeune homme à la peau dorée.
« Que veux-tu, Malfoy ? Tout le monde ne possède pas la classe naturelle de ta famille ! » contre-attaqua-t-il.
Le blond lui répondit par un rire franc.
« Sûr que ce n'est pas donné à tout le monde ! »
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Effarés par l'échange, les gardes dévisageaient tour à tour, les deux jeunes lycanthropes. Est-ce que cela voulait dire que Serpentard les avait finalement rejoints ?
Répondant à leur trouble, la dizaine de loups accompagnant Blaise Zabbini se changea à son tour. Se débarrassant de sa fourrure ébène, Sirius Black se dirigea aussitôt vers son dirigeant intérimaire. Toutefois, il ignora totalement le mulâtre, s'adressant directement au blond.
« As-tu réellement tué Macnair, Draco ? »
Soupirant face à l'étonnante inquiétude qui se dégageait des paroles du brun, Draco lui répondit de manière toute aussi franche.
« J'ai en effet tué Macnair. »
« C'est un fait plutôt grave, Draco. », déclara le Serpentard.
« Je ne suis pas stupide, Parrain ! Je sais très bien tout ce que cela implique. », s'offusqua le blond.
Hochant brièvement la tête d'entendement à son adresse, Blaise Zabbini reprit la parole. Macnair mort, il s'était retrouvé Alpha intérimaire de Durmstrang et de Serpentard, et s'était donc à lui que revenait la responsabilité de la sécurité du peuple de Serpentard.
« Grindelwald nous a déjà informés de ce qu'il s'était passé, et comme tu t'en doutes, le Conseil de Serpentard a dû prendre une décision. ». Il fit une courte pause, comme pour se préparer à sa future annonce. « Aucun Serpentard n'était présent lorsque tu as mis fin à la vie de l'Alpha, toutefois le nombre de témoins y ayant assisté suffit à statuer que tu as battu loyalement Walden Macnair. »
Mais… Parce qu'il y avait un « mais », n'est-ce pas ?
« Cependant, la Grande Prêtresse ayant déjà succombée à ses blessures, et ne pouvant attester de la légitimité de ta victoire, ton acte reste considéré comme une simple rébellion contre l'Alpha. Nous ne pouvons donc t'octroyer le titre d'Alpha de Serpentard, et tu conserve ainsi ton statut de prisonnier politique. Par la mort de Walden Macnair, ton bannissement est déclaré nul, toutefois, tu n'es pas autorisé à pouvoir prétendre au titre d'Alpha tant que tu seras un hors-la-loi. », statua l'Alpha temporaire, la voix basse.
Anéanti, le blond soupira de défaite.
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Allait-il porter ces fichues menottes jusqu'à la fin de sa vie ?
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Le crépuscule approchant, l'ensemble du convoi avait décidé de monter le camp pour la nuit. Ce soir, il n'y aurait pas de grottes pour se protéger du vent et du froid, et il faudrait ainsi se contenter du maigre rempart que représentait la toile des tentes. Cette nuit, nul doute que la population lycanthrope dormirait sous forme lupine.
Allongé dans sa propre tente, le corps de son compagnon tout contre le sien et sa truffe plongée dans sa fourrure ivoire, Draco n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter quant à l'avenir.
Resterait-il vraiment un prisonnier à jamais ? et puis, allaient-ils seulement trouver une terre d'asile ? Ils avaient quitté le Mur depuis quasiment deux semaines, et tout ce qu'ils avaient trouvé, c'était de la neige ! Combien de temps avant qu'ils atteignent enfin un territoire propice à l'installation ? Combien de morts avant qu'ils ne trouvent finalement une terre accueillante ? Y en existait-il seulement une ?
Par ici, les animaux se faisaient vraiment rares, et les loups-garous avaient dû se mettre au régime. Survivraient-ils seulement à cet exode ? ou finiraient-il eux-mêmes recouverts par cette neige inépuisable, après avoir succombés à la famine ou au froid ?
Et puis, même s'il survivait, quel avenir pour lui ? Meurtrier de Walden Macnair, condamné à porter les « fers », quelle vie offrirait-il ainsi à Harry ? Il avait été élevé pour être le meilleur, pour être Alpha et même si le Comité finissait par le libérer, Draco savait très bien qu'ils se méfieraient toujours de lui. On ne lui permettrait jamais de diriger enfin, à part s'il décidait d'agir en tyran, et il n'en avait nullement l'intention ! Alors que lui resterait-il ? une misérable vie de chasseur ?… ou de travailleur des champs ? Il ne pourrait jamais s'en contenter ! D'ailleurs, son père crierait sans doute à l'infamie depuis les cieux !
Hanté par ces terribles pensées, le loup immaculé s'écarta lentement de son congénère ébène pour se diriger vers l'extérieur de la tente. Il fallait qu'il s'éclaircisse les idées. L'air frais l'empêcherait de trop cogiter, et éloignerait toutes ces sombres pensées. Après tout, quelque soit son futur, le blond se devait pour l'instant de tenir le coup. Il n'était plus seul désormais, et son compagnon comptait sur son soutien. Il ne pouvait donc pas se permettre d'afficher le moindre signe de découragement. Il devait être un pilier pour Harry, il en allait de sa responsabilité de dominant !
Passant lentement son museau entre les tentures, l'ancien Serpentard émit un faible reniflement avant de finalement se décider à affronter l'impitoyable Mère Nature.
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Cela devait bien faire une heure désormais que Draco avait quitté Harry, et le froid glacial de février lui avait plus que remis les idées en place ! Le blond n'avait qu'une envie retrouver la tiédeur de sa tente, et par la même occasion, le corps agréablement chaud de son compagnon. Toutefois, alors qu'il prenait enfin le chemin du retour, un poids lourd vint brutalement s'écraser sur lui, le plaquant douloureusement dans la neige. Gémissant sous la soudaine sensation glacée, le loup ivoire tenta aussitôt de se soustraire de la masse qui le recouvrait. Cependant, celle-ci ne semblait pas prête à le laisser s'échapper, s'accrochant fermement à lui.
Grognant d'agacement, le rôdeur cessa finalement toute tentative d'extraction. Face à l'agacement transparaissant chez sa proie, la créature inconnue lécha malicieusement son museau, le recouvrant ainsi d'une épaisse couche de salive. Outré, Draco reprit ses mouvements de protestation, mais cela parut amusé un peu plus l'animal, qui se mit à pousser des jappements moqueurs.
Bien qu'envahit par la rage, l'ancien Serpentard céda à nouveau. La bête finirait bien par se lasser !
Constatant le manque de réaction du lycanthrope, celle-ci poussa un léger grognement ennuyé, avant de finalement libérer sa proie. Se relevant doucement, le blond secoua alors avidement sa fourrure, essayant d'en ôter le plus de neige possible. Lorsqu'il jugea son poil assez sec et à nouveau présentable, le loup blanc redirigea enfin son attention vers son assaillant.
Un air blasé transparaissant de ses orbes ambrés, un loup chocolat de taille semblable à la sienne lui faisait face. L'ignorant superbement, Draco reprit son chemin vers sa tente. Toutefois, le lycanthrope marron, lui, semblait penser tout autrement, et le fit savoir à son congénère en bloquant sa retraite. Agacé, le blond montra légèrement les dents. Diggory ne pouvait-il pas le laisser tranquille ? Il avait besoin de sommeil, lui !
Ne s'offusquant nullement sous le refus de son compère, le Poufsouffle retroussa les babines dans une esquisse de sourire, ses prunelles brillant désormais d'amusement. Ignorant toujours la posture défiante de l'ancien Serpentard, il s'avança tranquillement dans sa direction, allant jusqu'à donner un léger coup de museau sous l'oreille de son vis-à-vis. L'Alpha semblait avoir envie de jouer !
Clignant ses paupières sous l'irritation, le rôdeur n'intervint pourtant pas, laissant même le dirigeant lui mordiller doucement les oreilles. Diggory avait toujours été particulièrement ennuyant et collant ! Ces Poufsouffles…
Constatant avec joie que son ami ne repoussait pas ses cajoleries, Cedric mordit un peu plus durement dans l'appendice sensible du prisonnier. Surpris par la douleur, l'ancien Serpentard émit un glapissement quelque peu aigu, avant de soudainement se retourner vers le coupable, prêt à lui faire payer son geste. Toutefois, le Poufsouffle avait largement anticipé la réaction du loup ivoire, et s'enfuyait déjà à travers les bois. Grondant de colère, le blond n'hésita par une seule seconde à s'élancer à sa poursuite.
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Draco avait depuis longtemps rattrapé Cedric, et les deux lycanthropes se couraient désormais innocemment après, jouant tels des enfants. Il semblait que leur amitié ait réellement résisté aux derniers évènements finalement. Et si on se fiait à leurs jappements joyeux, les deux loups-garous en paraissaient plus que satisfaits.
Le loup ivoire se jetait pour la énième fois sur la silhouette de son ami, lorsqu'un rugissement menaçant résonna soudainement tout près d'eux. Stoppant brusquement tout mouvement, l'ancien Serpentard rencontra violemment le flanc du Poufsouffle. Celui-ci s'était figé sous le cri étranger, et perdit ainsi l'équilibre sous le choc. Gémissant tout deux de douleur, les deux lycanthropes se relevèrent néanmoins rapidement. Ce bruit appartenait à une bête dont l'espèce leur demeurait totalement inconnue, et ne leur disait rien qui vaille !
Retenant sans le vouloir leur respiration, les deux amis ne pouvaient détacher leurs yeux de l'endroit d'où provenait le rugissement. Perçant la pénombre, des orbes jaunes apparurent bientôt. Côte à côte, en position de défense, prêt à intervenir au moindre mouvement suspect, les deux loups-garous laissèrent l'animal doucement s'approcher. Les prunelles dorés se virent alors peu à peu accompagnées par une énorme tête ronde, surmontée de deux petites oreilles presque arrondies et d'un museau légèrement proéminent à la truffe de bonne taille. Sa mâchoire demeurait sans aucun doute puissante ! De taille imposante, longue de 2-3 mètres, et mesurant près 1,5 mètre au garrot, la bête se déplaçait à quatre pattes, les muscles de ses omoplates roulant sous chacun de ses mouvements. Le corps recouvert d'une épaisse fourrure brun foncé aux poils longs et drus, elle possédait également des griffes d'une bonne dizaine de centimètres.
Il n'existait pas de pareil prédateur dans les quatre territoires, et apparemment ils avaient pénétré son territoire de chasse.
Fuir apparaissait comme la solution idéale après tout, ils ne connaissaient rien de l'animal et ne pouvaient donc anticiper ses réactions. Mais s'ils s'échappaient vers le camp, il y avait un risque qu'ils ramènent le danger là-bas. Faire face à plusieurs face à la bête pouvait apparaître comme une bonne idée seulement, cela signifiait également, mettre femmes et enfants en danger.
Épaule contre épaule, les deux amis échangèrent un bref regard, avant de rediriger à nouveau toute leur attention vers la silhouette inconnue. Bien ! ils avaient décidé : ils combattraient ! Ils ne pouvaient laisser un tel animal s'approcher de leur campement !
Grondant à l'adresse de la créature, Draco lui montra ses crocs, menaçant. Toutefois, cela ne sembla nullement intimider la bête, qui en réponse, se redressa sur ses pattes arrières tout en ouvrant grand la gueule, exposant ainsi sa stature imposante et ses propres canines.
Stupéfié, le blond déglutit silencieusement. Le combat s'annonçait tendu ! Quoique soit cette créature, sa force serait sans nul doute destructrice !
Donnant un léger coup d'épaule à son partenaire, le loup ivoire lui indiqua presqu'imperceptiblement du museau la droite. Le Poufsouffle montra son accord en hochant la tête. Mieux valait se séparer !
Échangeant alors un bref regard, les deux loups-garous s'élancèrent simultanément vers la gauche et la droite, encerclant ainsi la bête. Aussi rapidement qu'ils s'étaient écartés l'un de l'autre, ils foncèrent sur leur adversaire, se propulsant puissamment à l'aide de leurs pattes arrières. Griffes en avant, les deux amis se saisirent tous deux du poitrail de l'animal, y plantant cruellement leurs crocs. Rugissant de douleur et de rage, leur ennemi bascula vers l'avant, retrouvant ainsi sa posture à quatre pattes.
Voulant mettre fin à son supplice, la bête agita furieusement son corps de droite à gauche, essayant de déloger ses assaillants. Les deux lycanthropes tentèrent tant bien que mal de conserver leur prise sur l'animal, enfonçant un peu plus leurs griffes et crocs toutefois, la force colossale de leur adversaire finit par avoir raison de leur attaque. Le loup blanc se vit alors violemment éjecté, allant rencontrer brutalement le tronc d'un arbre, alors que son congénère fut projeté dans les airs, pour finir son vol plané par un atterrissage dans la neige, un peu moins douloureux.
Ne s'avouant pas vaincus pour autant, les loups-garous se relevèrent rapidement, gémissant néanmoins quelque peu sous le contrecoup de la défense plus qu'efficace de leur adversaire. Mais la bête n'avait pas non plus dit son dernier mot, et toujours aussi furieuse de l'audace des étranges quadripodes à longue queue, elle se jeta sur l'impudent le plus proche, soit le jeune Poufsouffle. Surpris par la vélocité de son attaquant en dépit de son imposante masse corporelle, le châtain eut tout juste le temps de faire appel à sa propre agilité pour éviter la mâchoire destructrice de l'animal aux poils longs. Esquivant ainsi sur la droite, l'Alpha se retrouva à nouveau aux côtés de son congénère. Les deux lycanthropes n'eurent besoin de communiquer leur ressenti, la tension de leur corps le faisant déjà pour eux.
Le combat s'annonçait difficile !
Frustré que sa proie ait pu lui échapper, la bête se retourna furieusement, pour faire à nouveau face aux impudents qui avaient osé envahir son territoire. Ces bestioles maigrichonnes ne perdaient rien pour attendre ! Les défiant de ses orbes dorés presque invisibles, perdus qu'ils apparaissaient au cœur de son énorme tête et à moitié cachés par l'épaisse fourrure épaisse, l'animal attendait le prochain mouvement de ses adversaires, ses larges pattes fermement ancrées dans la neige.
Tenter une nouvelle attaque par les côtés pourrait s'avérer payante pour les deux loups-garous seulement, ils ignoraient totalement le degré d'intelligence dont pouvait faire preuve la créature inconnue qui leur faisait face. Elle possédait certes une boîte crânienne aux proportions plus qu'admirables, toutefois, cela n'attestait nullement de son intellect. Néanmoins, les deux habitants des quatre territoires se devaient de rester prudents si l'animal possédait un cerveau suffisamment développé, il pourrait sans difficulté anticiper leur plan d'attaque, et celui-ci pourrait ainsi se retourner brutalement contre eux.
Lançant un furtif coup d'œil, Draco lui signifia cependant de se préparer à attaquer le flanc gauche pendant qu'il se chargerait lui-même du flanc droit. Les deux lycanthropes s'élancèrent alors à nouveau de concert sur leur adversaire. Toutefois tandis que le Poufsouffle plongeait allègrement canines et incisives dans la chair du prédateur, l'ancien Serpentard aplatit soudainement son corps contre ses pattes antérieures glissant habilement sous l'estomac du géant. Dérapant dans un jet floconneux, le blond pivota abruptement pour se retrouver en un éclair face au spectacle de son congénère fermement agrippé par les dents à leur adversaire. Reculant légèrement, le loup ivoire plia judicieusement ses pattes arrières pour bénéficier de toute l'étendue de sa célérité. Lancé à toute vitesse, le lycanthrope bondit sur l'Alpha, l'utilisant tel un tremplin pour se propulser sur le dos de la créature. Sous l'appui des pattes de son congénère contre son propre corps et l'incongruité du geste, la prise du châtain sur la fourrure marron se relâcha quelque peu. Les mouvements de lutte de la bête eurent alors raison du loup chocolat qui fut à nouveau violemment repoussé dans les airs.
Habilement assis sur le monstre de muscles, Draco, lui, tint incroyablement bon, malgré l'agitation de son adversaire. Plantant férocement ses griffes dans la gorge de leur opposant, le prisonnier plongea impitoyablement ses crocs dans la nuque de l'animal.
Hurlant sa souffrance, le blessé essaya aussitôt de se débarrasser de son assaillant mais celui-ci ne paraissait nullement prêt à lâcher prise. Le museau teinté d'écarlate, le liquide vital de son ennemi s'écoulant fluidement dans son œsophage, Draco résistait aux secousses que lui imposait celui-ci. Voyant chacune de ses tentatives échouées, aveuglé par sa colère, la bête s'élança brusquement vers un arbre. Elle s'inclina alors contre son tronc, avant de se projeter violemment contre l'écorce du feuillus dénudé, dans l'espoir que le choc du corps de son adversaire contre la dureté végétale, la débarrasserait enfin du gêneur. Toutefois, l'entreprise n'eut nullement l'effet escompté, le loup encaissant les coups sans faillir. Après une vingtaine d'essais infructueux, frustré, l'animal abandonna l'arbre.
Du sang tâchait désormais en abondance les fourrures des deux combattants, teinture écarlate résultant autant des blessures de l'un que de l'autre. Désespéré, la créature inconnue essaya de ruer, cependant l'imposante masse reposant le long de sa colonne, rendit son entreprise complètement vaine. Ennuyé par le léger sursaut du corps de sa proie, l'ancien Serpentard relâcha brièvement l'étreinte de sa mâchoire sur la nuque, pour la reporter sur le cou de l'animal. La section de la carotide droite de la bête provoqua un écoulement sanguin encore plus important, et eut définitivement raison de la sanité de son propriétaire.
Emporté par la folie propre aux êtres sentant leur fin approcher, l'animal s'élança soudainement dans la forêt. Slalomant habilement entre les hautes silhouettes des troncs, il courrait à vive allure, les dernières doses d'adrénaline produites par son instinct de survie le rendant oublieux du handicap imposant couché sur son dos. Plaqué au maximum contre la bête, Draco tentait tant bien que mal d'éviter les branches et autres obstacles jonchant la course du prédateur, tout en conservant sa prise sur celui-ci. Les dents du rôdeur avaient cependant rapidement quitté la gorge du plus grand et le sang juteux s'en échappant, pour reprendre leur prise sur la nuque du coureur.
Toujours aussi peu gêné par l'épaisseur de la neige et l'âpreté des branchages contre ses flancs, l'animal poursuivait sa course à travers le bois, s'éloignant chaque seconde un peu plus du campement des lycanthropes. Tout comme une semaine plus tôt avec le convoi, les feuillus se firent progressivement rares, laissant la place aux conifères. La bête commençait vraiment à prendre ses distances avec le camp. Commençant doucement à paniquer, l'ancien Serpentard essaya d'interrompre la course de son adversaire en resserrant légèrement l'étreinte de ses crocs dans la chair de l'animal seulement, celui-ci ne sembla nullement réagir, complètement gouverné par sa folie.
Malgré le faible éclat de la lune, grâce à la vision nocturne de ses yeux lupins, le loup-garou prit finalement connaissance d'un éclaircissement à l'horizon. L'aube ne pointait par encore, mais les troncs des sapins, eux, se faisaient de moins en moins nombreux en amont. La forêt laissait place à la prairie ? Au vu de la vélocité de la bête aux poils bruns, le loup eut rapidement sa réponse toutefois, elle ne fut nullement à la hauteur de ses espérances !
La fin des branches épineuses lui offrit un spectacle mortel.
Le bois prenait bien fin comme le blond l'avait deviné néanmoins, il prenait fin un peu trop abruptement. En effet, l'absence soudaine de conifères s'expliquait de par la présence d'une falaise d'une cinquantaine de mètres qui dominait un cours d'eau s'écoulant vivement en contrebas. Cependant, l'ancien Serpentard ne prit connaissance de ce fait qu'au moment où franchissant le seuil des derniers troncs, les foulées de la créature quittaient définitivement le sol enneigé pour un baptême de l'air impromptu.
Toujours accroché au dos de la bête, Draco eut juste le temps de sentir le vent siffler à ses oreilles avant d'effectuer une chute fatale.
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À suivre…
*1 : Je me suis rendue compte que j'orthographiais mal le nom de Macnair, alors je corrige à partir de maintenant.
Tout d'abord, BONNE ANNÉE 2015 à tous ! Plein de bonnes choses bien sûr : la santé, la réussite, l'amour et surtout le bonheur !
Chapitre corrigé à 90% (j'ai abandonné à la fin, j'espère que ça ira !). On est Samedi, ça compte encore comme la semaine prochaine, pas vrai ?^^
Bon, un chapitre que beaucoup attendaient je suppose, l'union d'Harry et Draco !
Franchement, j'ai été plutôt cool : Union de Draco et Harry, Guérison de Draco et Edward, Réconciliation entre Draco et Cédric, bref, bienvenue au pays des bisounours… jusqu'à…la fin du chapitre !
Alors qu'est-ce que vous en pensez ? Draco est-il mort ? Comment va réagir Harry ? L'Exode va-t-il enfin prendre fin ? Le Fils de la Lune va-t-il finalement apparaître ?
Prochain et dernier chapitre (que j'ai à peine commencé à écrire ! et qui promet d'être long) : Gellert Grindelwald, un des personnages les plus énigmatiques de cette fic !
À la semaine prochaine (là encore, si tout va bien ! Mais je ne promets vraiment rien !)
Nihona
