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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
Nda : Tout comme Game of Thrones, je suis de retour (pas sûr que cela soit comparable, mais bon !) Bref, je suis de retour…^^ Bon, Dieu – ou serait-ce la Déesse Lune ? - seul sait comment un chapitre s'est transformé en quatre, mais ça fait quatre fois plus de fun, non ?
Parution : 22 chapitres en tout, soit encore 3 chp + épilogue. Je recommence à poster chaque semaine, donc c'est reparti pour un mois d'Instinct Animal !
RAR : Je remercie encore à brigitte26, himechu95670, honeymily23, stormtrooper2, lemonpowaa, ptitcoeurfragile, caence, cacaomille, Marie la Petite, , flashcode35 et itsmi pour leurs messages, et à shana-dn pour ses très nombreuses reviews !^^ ça m'a graaaaave fait plaisir et graaaaaaave motivée !
Et puis, je vous laisse profiter de ce nouveau chapitre. Enjoy !
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Chapitre 16 : Gellert Grindelwald
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(Mi-Février 214)
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Encore sonné par le vol plané qu'il avait effectué après avoir été violemment éjecté par la bête inconnue, Cedric Diggory se redressait difficilement sur ses quatre pattes. Les idées un peu plus en place et les yeux en face des trous, le Poufsouffle jeta un coup d'œil aux alentours. Il eut alors juste le temps de distinguer la présence de son congénère à califourchon sur la créature tandis que celle-ci s'agitait dans tous les sens, envoyant son ami faire brutalement connaissance avec le tronc d'un feuillu dans le but de se débarrasser de son paquetage, avant que l'animal ne s'élance soudainement à toute allure vers les profondeurs de la forêt. Bouche bée sous le vif mouvement de leur adversaire, le châtain finit par revenir à la réalité prenant alors conscience du danger dans lequel s'était empêtré l'ancien Serpentard, le loup chocolat se précipita aussitôt à la poursuite de la bête.
Essayant tant bien que mal de rivaliser avec l'impressionnante célérité de la créature, l'Alpha slalomait agilement entre les troncs, talonnant l'animal. Malgré toute la bonne volonté du lycanthrope, il n'arriva cependant pas à le doubler. Le terrain rempli d'obstacles ne s'avérait nullement à l'avantage du Poufsouffle, et s'il avait cru pouvoir surpasser la bête de par l'incroyable habilité des loups-garous et la puissance sans concurrence de leurs pattes, celle-ci s'était révélée étonnamment adroite et rapide, en dépit de son poids volumineux. Quel était donc cet animal capable de rivaliser avec les rois loups ?
Portée dans sa frénésie, la créature ne semblait pas prête de vouloir arrêter sa course. Fonçant presque droit devant, elle s'éloignait chaque seconde un peu plus du campement et tout comme son ami, le châtain se rendit compte bien assez vite du changement du paysage. La neige se faisait plus épaisse et les conifères de plus en plus présents. Où l'animal les emmenait-il ?
Alors que l'Alpha gardait ses orbes ambrés braqués sur la silhouette brune au dos recouvert d'une masse ivoire, une branche s'écroula soudainement sur sa route. Évitant de justesse la collision avec le projectile, le châtain stoppa abruptement sa course. Soufflant de soulagement, le loup chocolat releva rapidement sa tête pour reprendre sa course-poursuite toutefois, ses pupilles s'écarquillèrent lorsqu'il prit connaissance du vide lui faisant place. Où était donc passé la créature ?
Quelque peu paniqué, Cedric reprit néanmoins sa course, la truffe près du sol pour guetter les empreintes du fuyard. La bête semblait bien trop emportée dans sa folie pour dévier soudainement sa route, et jusqu'à maintenant elle se déplaçait presqu'aveuglément droit avant, le Poufsouffle pouvait donc sans grande hésitation prendre cette direction. Fier de son raisonnement, le loup chocolat accéléra un peu plus l'allure. Il nota alors assez rapidement la diminution des sapins autour de lui. Il n'avait pourtant pas l'impression de prendre de l'altitude. Son adversaire aurait-il dévié sa trajectoire sans qu'il ne s'en soit rendu compte ? Non impossible, la piste qu'il suivait demeurait sans nul doute celle de l'animal.
Il fallut quelques mètres de plus au Poufsouffle pour comprendre que le nombre des végétaux ne décroissait pas seulement, mais finissait par devenir nul. Apercevant alors le cap abrupt d'une falaise, le châtain eut tout juste le temps de se mettre à freiner pour éviter la chute. Dérapant sur le manteau neigeux, la course du loup s'arrêta au bord du précipice, envoyant valser de la poudre blanche dans le gouffre.
La respiration saccadée et le cœur tambourinant à ses tempes, le lycanthrope rouvrit doucement les paupières qu'il avait inconsciemment fermées. Sous l'urgence de la situation et la terreur qui avait pris possession de son cerveau, il avait brutalement collé son corps au sol, dans le fol espoir que son poids puisse définitivement stopper sa course, et cela avait marché !
Se redressant sur ses pattes encore tremblantes de l'émotion qui l'avait envahi à peine quelques secondes plus tôt, le châtain osa finalement jeter un regard au ravin. Entouré de deux parois raides à la roche saillante, un cours d'eau semblait s'agiter à une cinquantaine de mètres plus bas, son clapotis faisant écho contre la roche.
La profondeur des gorges et l'obscurité ne permettaient pas de distinguer précisément le contenu de l'ouverture et le loup-garou décelait à peine l'ombre de quelques arbres qui avaient réussi à pousser presque miraculeusement le long de la pierre. Si la créature à la fourrure brune avait bien franchi le précipice comme en attestaient les traces pour le moins reconnaissables de son passage encore présentes dans la neige après des années de lutte pour sa survie, l'animal avait finalement eu raison de Draco Malfoy, rôdeur aux actes sans précédents dans les quatre territoires.
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Cedric avait vaillamment attendu dans le froid glacial de février que le jour se lève dans le vain espoir de distinguer le corps vigoureux de son ami. Toutefois, le soleil hivernal ne lui apporta que tristesse et désolation, et nulle trace de l'ancien Serpentard. Le châtain tenta bien de descendre doucement le gouffre cependant, les parois demeuraient bien trop escarpées, et ses tentatives se soldèrent toutes par un échec. Abdiquant avec réluctance, l'Alpha se décida finalement à délaisser toute entreprise de sauvetage. Abandonnant alors son poste au sommet de la falaise, le Poufsouffle dut se résoudre à accepter la triste réalité. La nature avait bel et bien eu raison de Draco Malfoy.
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Alors que l'astre diurne brillait depuis tout juste deux heures, on pouvait apercevoir deux silhouettes chaudement habillées à quelques centaines de mètres du camp des lycanthropes. Masqués par la brume hivernale, malgré la distance les isolant appréciablement de leurs congénères, les deux lycanthropes parlaient à voix basse.
« Il est temps de nommer un nouveau chef, Albus. », déclara abruptement un de deux individus.
Le deuxième soupira bruyamment avant de lui répondre d'un ton où transparaissaient la fatigue et sa lassitude.
« Je croyais que nous nous étions entendu pour faire de Draco Malfoy ce chef, Gellert. », établit-il. « Tu étais d'accord sur le fait qu'il demeurait celui se rapprochant le plus de l'élu de la prophétie, et je l'ai formé dans cette optique. Et tu lui as alors permis de devenir l'Alpha des quatre territoires ! »
« Je ne le dénie pas, Albus. », concéda tout aussi las l'Alpha de Serdaigle. « Cependant, le jeune Malfoy occupe le « poste » de prisonnier depuis bien trop longtemps déjà. »
Fronçant les sourcils d'incompréhension, le roux reprit la parole.
« Nous étions tous les deux préparés à l'esclandre que provoquerait la révélation de sa véritable identité, c'est pourquoi nous avions planifié celle-ci, et exacerbé l'inimité de Rodolphus Lestrange à l'égard de Filius Lunae. », énonça-t-il. « Et Draco a été emprisonné à son retour de la frontière de l'Est exactement comme nous l'avions prévu ! »
« C'est exact, mais cela fait près de quatre mois désormais ! » nota Grindelwald.
Retenant sa colère face au revirement de son ami et à son entêtement à faire la sourde oreille, Albus Dumbledore continua sa plaidoirie avec détermination.
« Tu as même confectionné toi-même cette décoction accélératrice de sommeil que tu as offerte au jeune Zabini, tout en lui suggérant habilement de rendre visite à Draco, accompagné de Sirius Black, en faisant appel à l'aide d'Harry Potter. Harry Potter, à qui j'avais moi-même laisser glisser que la visite nocturne de certains de ses compatriotes ne pourrait pas faire de mal au prisonnier et à son avenir au sein des quatre territoires ! »
Se pinçant le nez d'agacement, le dirigeant de Nurmengard ne vacilla pourtant pas, et fit part avec aplomb remarquable de sa frustration au Griffondor.
« C'est toujours exact, toutefois, tu sembles, toujours éviter soigneusement d'évoquer son statut incroyablement long et incroyablement imprévu d'hors-la-loi ! »
« Et bien… si tu n'avais pas aussi peu défendu sa liberté après le retour du jeune Potter avec la clé et le décès de James Potter… », susurra en réponse l'ancien Alpha, ses yeux bleu délavé braqués dans ceux de son interlocuteur.
Gellert Grindelwald impressionnait peut-être bien des foules, mais Albus Dumbledore connaissait le jeu du pouvoir et de l'intimidation depuis plus longtemps que lui !
« Tout aussi imprévu je te le rappelle, et qui a pas mal bouleversé nos plans ! » répliqua le Serdaigle, narquois.
Le Griffondor trahit alors son exaspération en envoyant violemment ses bras brassées l'air alors qu'il entamait une courte marche sans but.
« Le suicide de l'Alpha de Griffondor ait arrivé de manière quelque peu impromptue, il est vrai… Cependant, Remus Lupin - avec l'appui du jeune Weasley - a réussi à conserver la stabilité du peuple de Griffondor. Et je ne vois pas en quoi la disparition prématurée du patriarche Potter explique la faible qualité de ta diatribe pour la défense de Draco ! »
Ignorant totalement le comportement du plus âgé qui démontrait le peu de sang-froid que conservait celui-ci, recouvrant son sourire implacable légendaire, le Serdaigle fit valoir son point de vue.
« Le décès de Potter avait rendu les quatre territoires instables, comment aurais-je pu défendre sciemment un prisonnier politique dans ces conditions ? Je reste l'Alpha de Serdaigle avant tout, Albus ! »
« Bien alors, pourquoi avoir interféré avec les affaires de Serpentard, après la mort de Macnair, en exigeant de maintenir le statut de détenu de Draco ? » rétorqua aussitôt le roux, en stoppant de piétiner la neige pour planter avec accusation ses orbes bleutés dans ceux du plus jeune.
« Le jeune Malfoy venait de tuer un des Alphas des quatre territoires, il était dangereux ! » rugit finalement l'Alpha, son sourire impeccable se transformant soudainement en une horrible grimace.
Parmi tous les lycanthropes des quatre territoires, Albus Dumbledore possédait l'incroyable capacité de pouvoir le faire sortir de ses gonds !
« Seuls les Serpentards demeuraient à même de juger de cela. », exposa calmement le dit Albus Dumbledore. « Les témoins du combat ont affirmé que malgré l'absence d'une Grande Prêtresse, les lois ont été respectées. Cette affaire ne concernait donc que Serpentard. »
« Un deuxième Alpha des quatre territoires venait néanmoins de disparaître, Albus, venant fragiliser un peu plus le faible équilibre de pouvoir que nous possédions en ces temps d'exode. », ne se démonta pas le blond, bien que les coins de ses lèvres refusaient de se relever dans leur attitude habituelle.
Devant l'opiniâtreté du Serdaigle, le Griffondor capitula le premier. Albus Dumbledore avait renoncé au pouvoir le jour où James Potter l'avait vaincu, s'appropriant ainsi son titre d'Alpha de Griffondor, et il avait alors abandonné également son poste d'Alpha de Poudlard. Que pouvait-il désormais faire face au puissant Alpha de Serdaigle ? Bien sûr, les Griffondors s'intéressaient toujours à son opinion, et le Comité l'avait même consulté quelques fois seulement concrètement parlant, il n'avait plus aucun pouvoir, et aujourd'hui, Gellert Grindelwald venait douloureusement de lui rappeler.
« Tu sembles vouloir camper sur tes positions, et rien de ce que je ne dirai ne pourra faire ne serait-ce que trembler d'un millimètre des convictions, pas vrai ? » déclara-t-il non sans ironie.
Le Serdaigle lui adressa un long regard pensif, avant de s'exprimer à son tour, le ton néanmoins implacable.
« En effet, mon ami… »
« Tu comptes donc abandonner le jeune Draco après avoir placé tant de temps et d'espoirs sur lui… », résuma le roux.
« Tout à fait. Il n'est plus l'homme de la situation, Albus. », admit le plus jeune. « Et bien, que j'ai quelques réserves à l'avouer il semble que nous nous soyons trompés sur l'individu de la prophétie, et ayons consacrés nos efforts à élever la mauvaise personne. »
« Bien alors, qui proposes-tu ? » interrogea le Griffondor, défait.
Un éclair de malice passa alors dans les prunelles bleues de l'Alpha. Son éternel sourire à nouveau en place, le blond prit un air nonchalant.
« Et bien… j'y réfléchis depuis déjà un sacré petit moment, et… »
Mais les paroles du Serdaigle furent soudainement interrompues par l'arrivée fracassante d'un Poufsouffle agité.
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Une fois quitté son poste à la falaise, Cedric Diggory s'était précipité vers le campement des quatre territoires, où il avait aussitôt recherché les autres dirigeants. Draco Malfoy était décédé, et honnêtement, le Poufsouffle redoutait la réaction de son compagnon. Annoncé le décès du prisonnier au Comité apparaissait, dans un premier temps, comme la bonne chose à faire. En tant que parrain du jeune Potter, Remus Lupin serait le plus avisé pour dévoiler la terrible nouvelle au docile, non ?
Zigzaguant entre les tentes du camp, le châtain aperçut rapidement la silhouette du doyen des Alphas. Parcourant les quelques mètres qui le séparaient de celui-ci, n'ayant cure d'interrompre la conversation du Serdaigle avec son compère Griffondor, bien qu'essoufflé, le Poufsouffle exposa sans cérémonie la raison de son agitation.
« Le pri-Le pri…Draco… Draco Malfoy est tombé de la falaise ! »
« Tombé de la falaise ? » s'exclama Grindelwald.
« Draco… ? » interrogea avec rhétorique Albus Dumbledore, d'un ton dans lequel son inquiétude transparaissait clairement.
Reprenant doucement sa respiration, le châtain se décida à leur offrir plus d'explications.
« La nuit dernière, Draco et moi avons découvert une étrange bête à proximité du campement, une créature de bien deux-trois mètres de haut et à la carrure plus avantageuse que celle d'un lycanthrope. Devant l'urgence de la situation et la menace que représentait l'animal, nous avons tenté de l'abattre. Toutefois, la bête s'est avérée bien plus coriace qu'on ne l'aurait cru, et elle a rapidement pris le dessus sur nous. Mais Draco ne voulait pas abandonner pour autant. Alors qu'on pratiquait une attaque combinée, il s'est soudainement propulsé sur le dos de la créature en s'aidant de mon corps… et il gérait plutôt bien la situation jusqu'à ce que l'animal devienne brutalement fou, et s'enfuit à toute allure à travers bois, Draco toujours sur son dos. Je les ai alors suivis du mieux que j'ai pu, mais quand je suis arrivé au bord de la falaise… ».
Le Poufsouffle stoppa soudainement son récit, la voix débordante d'émotion.
« … il était trop tard. La bête avait déjà sauté dans le vide et Draco avec… J'ai bien tenté de voir s'il s'en était sorti et j'ai essayé de descendre dans le gouffre cependant les parois sont bien trop abruptes et la crevasse est bien trop profonde. J'ai attendu toute la nuit, puis toute la matinée, espérant observer un quelconque signe de lui, mais rien… je n'ai rien trouvé… » termina-t-il la voix éteinte.
« Draco Malfoy nous a donc quittés. », conclut l'Alpha de Serdaigle.
« Nous ne pouvons en être totalement sûrs. », résonna soudainement la voix de Neville Londubat. « Cedric paraît plutôt bouleversé parce qu'il a vu. Je ne veux pas mettre en doute ses paroles…seulement, nous savons tous l'influence que peuvent avoir nos émotions. Peut-être devrions-nous aller inspecter les lieux à plusieurs ? Si le gouffre est aussi profond que ce qui dit Cedric, cela ne serait de trop ! »
« Inspecter les lieux à plusieurs ! » renifla Rodolphus Lestrange, qui venait de rejoindre à son tour le groupe, ayant également été attiré par l'arrivée catastrophée du chef des Poufsouffle. « Malfoy était un prisonnier et un meurtrier, pourquoi mettre autant de moyens à la recherche d'un foutu hors-la-loi ?! »
« Le jeune Malfoy était bien considéré comme un prisonnier toutefois, son statut restait incertain. Tant que Serpentard ne possédera pas un nouvel Alpha, la liberté de Draco Malfoy est sujette à réflexion ! » posa Remus Lupin.
« Et bien, puisque le sort du jeune Malfoy semble ainsi nous diviser, ne serait-il pas avisé d'organiser une nouvelle réunion du Comité ? » proposa Grindelwald, les yeux brillants.
« Je ne pense pas que cela soit nécessaire, Gellert. », contra Dumbledore. « Notre voyage peut amplement se permettre de nous accorder une journée de plus de repos, et je ne pense pas que quiconque puisse en être contrarié. »
L'Alpha d'Hangleton se retint alors à grande peine de trembler de frayeur sous le regard appuyé de l'ancien chef de Griffondor. Vaincu, il détourna finalement ses orbes sombres de ceux du plus âgé.
« La proposition de recherches du jeune Londubat ne semblait pas non plus manquer de volontaires. Laissons ses jeunes gens mettre ce temps à profit dans la recherche du jeune Malfoy, nous serons alors fixé au plus tard ce soir, sur le sort de celui-ci. »
« Bien. », montra finalement son assentiment l'Alpha de Serdaigle. « Londubat, je vous laisse donc jusqu'à la tombée de la nuit pour retrouver Draco Malfoy. »
Le Second de Salem courba aussitôt l'échine pour remercier son Alpha.
Jetant un discret coup d'œil au regard circonspect de Remus Lupin, le chef des Serdaigles ajouta à l'adresse du jeune dominant.
« …Et prenez qui vous voulez avec vous. Nul doute que Black se joindra à vous sans se faire prier ! »
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L'équipe de recherches composée de Cedric Diggory, d'Albus Dumbledore, de Remus Lupin, de Ron Weasley – venu à contrecœur pour soutenir son ancien meilleur ami - , d'Harry Potter – n'ayant pu être mis à l'écart suite à sa découverte de l'effroyable disparition de son compagnon -, d'Hermione Granger – au plus grand effroi de son paternel -, de Sirius Black, de Blaise Zabini, de l'inattendue Pansy Parkinson, de Neville Londubat, ainsi que de deux Poufsouffles et deux Serdaigles réquisitionnés pour l'occasion, parcourut de long en large la falaise là où le prisonnier avait disparu, effectua plusieurs tentatives pour explorer le contenu du gouffre, n'hésitant pas à descendre dans le ravin à l'aide de cordes. Seulement, lorsque l'écarlate vint prendre possession du ciel, le zébrant horizontalement, la troupe dut admettre sa défaite. Après plus d'une journée de recherche, nulle trace de Draco Malfoy. Que l'ancien Serpentard soit mort ou vif, personne n'avait en tout cas pu apercevoir ne serait-ce qu'un millimètre de son corps.
Ce fut ainsi les épaules voutées que l'équipe d'investigation rentra au campement des loups-garous. Cedric Diggory prit alors aussitôt la direction de l'infirmerie, ses coéquipiers sur ses talons. En effet, Harry Potter avait été rappelé au cours de l'après-midi pour s'occuper d'un de ses patients à l'agonie. Le Griffondor avait alors quitté à regret les recherches pour retrouver son compagnon, pour retourner au camp.
Toutefois, la route du Poufsouffle fut interrompue par sa rencontre avec Rodolphus Lestrange. Grimaçant face à la présence inopportune du Serpentard, le châtain répondit néanmoins à la question muette qui brûlait dans les prunelles sombres.
« Ri-Rien. On a rien trouvé… », laissa-t-il échapper dans un souffle.
Envahi par une énorme vague d'euphorie, l'Alpha d'Hangleton ne put retenir le coin de ses lèvres de se retrousser. Draco Malfoy avait enfin bel et bien disparu ! Ainsi perdu dans son allégresse, le brun manqua l'air vide du Poufsouffle.
« On a cherché toute la journée, et on a rien trouvé ! », s'énerva soudainement celui-ci.
Cependant l'Alpha de Beauxbâtons n'eut nullement l'occasion de laisser échapper toute l'étendue de sa colère.
En effet, aussitôt les derniers mots du châtain eurent-ils passé le barrage de sa bouche qu'un hurlement de désespoir retentit dans la forêt silencieuse. Pivotant lentement sur lui-même, son corps fonctionnant comme au ralenti, Cedric aperçut alors la silhouette d'Harry Potter effondrée dans la neige, ses épaules tressautant sous les sanglots.
Perdu dans ses propres émotions, le Poufsouffle s'approcha lentement du Griffondor pour finalement se laisser choir, devant à lui, dans l'épais manteau ivoire. Ivoire comme la fourrure du disparu… Poussant un peu plus sa chance, l'Alpha déposa délicatement sa main sur l'épaule gauche du plus petit afin de calmer ses tremblements. Toutefois, son geste n'eut pas la réaction escomptée. Semblant sortir de son état catatonique, le brun balaya brutalement le bras réconfortant du châtain, avant de se redresser debout. Du haut de son mètre soixante-quinze, faisant fi de ses yeux rougis et de ses joues humides, le docile dévisagea alors attentivement chacun des lycanthropes présents. La rumeur du retour de la troupe de recherches et son propre cri de souffrance avait réussi à attirer une petite assemblée. Mais les prunelles émeraude se concentrèrent sur les si célèbres membres du Comité.
Blaise Zabini affichait un air abattu, tout comme Sirius Black qui semblait soudainement avoir pris dix ans. Rodolphus Lestrange paraissait avoir été invité à un anniversaire surprise, et arborait désormais un immense sourire pour le moins effrayant. Fleur Delacour et Aston Chourave offraient des mines quelque peu contrites. Mais ce qui intéressait, Harry avant tout, était l'expression de Gellert Grindelwald. Le Serdaigle avait paru étrangement soutenir le rôdeur à ses débuts, et le Griffondor le soupçonnait même d'avoir interagi en sa faveur alors même qu'il était devenu un hors-la-loi. Néanmoins, le dominant s'était montré plutôt froid depuis qu'il était lui-même revenu de son expédition au Grand Temple de la Lune, allant jusqu'à être quelque peu virulent au sujet du sort du vagabond. L'Alpha demeurait plutôt difficile à lire, mais à travers son visage perpétuellement souriant et ses paroles endormantes, le docile avait clairement perçu sa versatilité.
De son vivant, on ne pouvait pas réellement dire de James Potter qu'il ait été un père exemplaire cependant, s'il y avait bien une chose qu'Harry avait admirée chez le lycanthrope, c'étaient ses principes, et ceux-ci avaient profondément marqué l'esprit de l'adolescent. Selon l'ancien Alpha de Griffondor, il fallait toujours se méfier des personnes froides et mesquines mais les individus les plus dangereux se révélaient peu souvent ceux que l'on soupçonnait.
« Souviens-toi, Harry », s'était exclamé le dominant, les sourcils froncés dans une attitude qu'il espérait pour le moins sérieuse et intimidante, « il existe de nombreuses personnes malveillantes dans ce monde, des individus avides qui en voudront simplement à ton pouvoir et qui tenteront de te le prendre par la force comme des êtres bien plus pervers qui n'hésiteront pas à employer les pires moyens. Bien sûr, le monde n'est pas tout blanc ou tout noir, mais nuancé, et j'ai moi-même succombé à l'avidité et détrôné Albus Dumbledore du titre d'Alpha de Griffondor. Toutefois, je l'ai fait selon le respect de nos lois, et j'ai ainsi vaincu Albus dans un combat loyal. Et c'est ce qui fait de moi un lycanthrope et un Alpha digne de ce nom. Tu comprends, Harry ? »
Le garçonnet de tout juste huit ans avait hoché aussitôt la tête frénétiquement, ses prunelles brillantes démontrant toute l'adoration qu'il éprouvait pour son père.
Offrant à son tour, un regard plein de tendresse au petit brun, le dirigeant avait marmonné pour lui-même : « Ou peut-être pas. »
Sous l'œil interrogatif de l'enfant quant à ses baragouinages, l'adulte avait repris de manière intelligible.
« Ce qui compte, ce n'est pas ce que tu penses ou ce que ce tu crois, Harry, mais bien ce que tu fais. On peut faire les pires choses avec les meilleures intentions du monde mais, au final, qu'est-ce qu'il en reste ? Penser bien, c'est un début mais agir bien, c'est mieux ! Car les autres ne te jugeront que sur ce que tu fais… Tu dois donc garder à l'esprit les grandes lois lycanthropes. Elles sont ce qui gouverne ce « pays », empêche le mal absolu d'envahir les quatre territoires, et surtout elles font de nous des loups-garous et non des animaux ! Et si un jour, tu deviens Alpha de Griffondor ou même simplement Alpha de Godric's Hollow, tu devras appliquer ces règles et veiller à ce que ton peuple les respecte. Un Alpha n'est rien sans ses gens, tout comme les gens ne sont rien sans leur Alpha, n'est-ce pas ? »
Le petit avait à nouveau agité affirmativement la tête avec excitation.
« Et c'est pourquoi tu devras également protéger ton peuple de lui-même. Bien sûr, les candidats au poste d'Alpha ne manqueront pas, et leur instinct de dominant aidant, ils te défieront pour la plupart ouvertement. Seulement, tout comme je te l'ai expliqué tout à l'heure, il existe des personnes particulièrement malveillantes, et dont la fourberie n'aura d'égale que la cupidité et malheureusement généralement la cruauté. Les êtres les plus dangereux ne sont pas ceux qui te défient en face, Harry, ceux qui remettent en question ta puissance et tentent de te combattre en combat singulier. Non, les individus les plus dangereux sont ceux qui restent tapis dans l'ombre, ceux qui se plient silencieusement à tes ordres, ceux qui soutiennent la moindre de tes décisions même lorsqu'elles s'avèrent peu judicieuses… »
Confus, le garçon avait alors adorablement froncé le nez.
« Mais c'est l'Alpha qui commande, non ? C'est l'Alpha qui dirige, et les villageois doivent lui obéir, non ? »
« C'est en effet l'Alpha qui gouverne la meute. Tout du moins en principe… », exposa le chef des Griffondors. « L'Alpha demeure le décisionnaire final, mais ce sont ses conseillers qui l'aident à faire ses choix. Comment un lycanthrope seul pourrait-il décider du sort de milliers d'autres ? »
Notant les plis de perplexité barrant le front de son fils, le dominant se décida à poursuivre ses explications.
« L'Alpha reste un lycanthrope comme un autre, et il pourrait lui arriver de faire des erreurs et de prendre de mauvaises décisions et c'est pourquoi ses conseillers sont là, pour s'assurer que cela n'arrive pas. »
« Alors les gens qui obéissent sont dangereux ? » questionna complètement perdu, l'enfant.
« Eh bien, pas tous. Mais ceux qui obéissent systématiquement peuvent être suspicieux surtout, lorsque tu sais qu'au fond, ils ne sont pas d'accord. », l'éclaira James Potter. « Des tas de gens feront semblant d'être d'accord avec toi, te saluant avidement lorsqu'ils te voient, souriant aimablement lorsque tu leur parles, te répondant avec chaleur, compatissant avec compréhension. »
« N'est-ce pas la façon dont agisse les gens biens ? » s'étonna le plus jeune.
« En effet… », souffla son père en réponse, une grimace dépitée déformant ses lèvres.
« Alors comment peut-on savoir s'ils sont gentils ou méchants ? » lui demanda toujours aussi innocemment Harry.
Passant une main embêtée dans son épaisse tignasse brune, l'Alpha de Griffondor offrit finalement un petit sourire amusé à son fils.
« Eh bien, comme je te l'ai dit tout à l'heure. Le monde n'est pas réellement tout blanc ou tout noir alors les gentils s'opposent parfois à toi, ou font parfois des erreurs, les méchants, eux, sont bien trop « gentils » pour te contredire, et agissent toujours parfaitement. Néanmoins, sache que les lycanthropes parfaits n'existent pas, Harry. Quelqu'un qui est toujours parfait cache les plus sombres défauts au fond de lui. »
Et comme l'avait dit son père, Gellert Grindelwald avait été pour le moins parfait, un être trop « gentil » soutenant un simple vagabond au titre d'Alpha de tous les Alphas, puis prenant le parti d'un prisonnier étranger, pour finalement soudainement s'opposer - bien que non explicitement – à sa libération. Oui, l'Alpha de Serdaigle faisait définitivement partie des lycanthropes les plus dangereux.
Dégageant ses orbes de ceux affectés d'Albus Dumbledore, Harry se retrouva face au visage éternellement souriant de Gellert Grindelwald. L'abominable nouvelle avait à peine eu une incidence sur l'expression du Serdaigle, abaissant quelque peu les commissures de ses lèvres. Le dirigeant n'était peut-être pas responsable de la mort de l'ancien Serpentard cependant, le docile en demeurait sûr, le dominant en éprouvait la plus grande satisfaction. Grindelwald n'exposait certainement pas sa joie comme le faisait pleinement l'Alpha d'Hangleton, mais celle-ci n'en était pas moins existante.
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« Granger ! »
Traçant son chemin entre les tentes du campement, la brune ignora sans scrupule la voix pressante qui l'appelait. Elle n'avait aucune envie de parler avec le dominant !
« Granger ! » insista néanmoins l'impudent.
Bien décidée à camper sur ses positions et à échapper au lycanthrope, l'adolescente poursuivit sa route. Seulement l'effronté ne lui en laissa pas le temps. Arrivant bien plus vite qu'elle ne l'avait envisagé à sa hauteur, il la poussa aussitôt à se retourner d'une pression sur l'épaule. S'exécutant avec reluctance, la docile fit alors face à l'enquiquineur.
« Qui y'a-t-il, Weasley ? » s'agaça-t-elle.
« Bonjour à toi aussi, Granger ! Merci de te soucier autant de moi, je vais très bien, merci ! » se moqua-t-il.
« Cesses de faire l'idiot, Weasley ! » l'admonesta-t-elle, ses orbes noisettes furieux. « Il ne me semble pas que nous ayons jamais été amis, alors je ne vois pas pourquoi je devrais te saluer ! »
« Et bien… », fit semblant de réfléchir le Griffondor. « Parce que nous sommes tous deux des lycanthropes civilisés peut-être ? »
Des lycanthropes civilisés ? Cela allait bien au roux de dire ça après avoir pris plaisir à l'humilier durant la majeure partie de son enfance ! Enfin, il ne serait pas dit que Ronald Weasley montrerait plus de politesse qu'Hermione Granger, fille du Second de Puddlemere !
« En effet ! Tu ne peux imaginer à quel point te revoir me remplit de joie, Ronnikins ! Que me vaut donc le plaisir de ta charmante et magnifique présence ? »
Le dominant voulut aussitôt répondre à l'attaque à peine dissimulée de la brune toutefois, il prit celle-ci de cours en adoptant une attitude totalement aux antipodes de son caractère, prenant sur lui au lieu de renchérir tout de go comme il l'aurait fait habituellement.
« Je voulais te parler de Harry, Granger. »
Encore sous le choc du manque de réaction du roux face à son offensive, l'adolescente se mit à bégayer pitoyablement.
« Ha-Harry ? »
Faisant grâce à la docile de faire état de son comportement embarrassant, le Griffondor exposa ses pensées sans préambule.
« Oui, Harry… On-on en est venu à se reparler après l'in-incendie. Après que son père est…il… et, enfin… comme j'ai sauvé son frère… Bref, ma famille l'a alors accueilli chez nous, et nous avons même partagé une chambre pendant toute la durée des préparatifs de l'Exode ! »
« Tu m'en vois ravie, Ronald ! Penser que tu t'es enfin trouver un a-… »
Ignorant à nouveau l'intervention de la jeune fille, le lycanthrope poursuivit ses explications de manière quelque peu décousue.
« Bref, je n'aimais pas particulièrement Draco Malfoy, mais… enfin… tu es sa meilleure amie, non ? tu dois savoir combien il comptait pour Harry ! »
Les joues désormais écarlates, l'adolescent essayait tant bien que mal de refouler sa gêne.
« Tu sais comme moi comment est cet imbécile, jamais il n'osera avouer combien tout cela le touche. Il a bien craqué quand Diggory a annoncé la mort de Malfoy, mais tu sais aussi bien que moi que c'est le seul moment où il se permettra d'exposer sa peine. », exposa-t-il, sincèrement inquiet. « Harry a toujours été comme ça. Même lorsqu'on était petits, il ne montrait jamais ses faiblesses. Un jour qu'on apprenait à chasser avec le vieux Robert, alors même qu'il venait de se blesser et que sa cheville arborait un angle plus qu'étrange, il a insisté pour continuer à parcourir la forêt avec nous et il s'est contenté de sourire pendant le reste du cours comme si de rien n'était. Il a dû rester une semaine au lit après cela, le temps que sa cheville guérisse. On a tous été surpris, pensant à une simple foulure mais le médecin nous a vite détrompés, en nous expliquant qu'il s'agissait d'une belle fracture ! Enfin, je suppose que je n'ai pas besoin de t'expliquer à quel point Harry est capable de garder ses sentiments pour lui. Tu as été bien plus présente que moi auprès de lui après sa maturation, après tout ! Harry a beau parfois renié son père, il arbore le même fichu caractère renfermé que James Potter ! »
La bouche béate de surprise, Hermione Granger fixait Ronald Weasley comme s'il venait de lui annoncer qu'il éprouvait un faible pour elle. Depuis quand le Griffondor était-il devenu si attentionné ?
Avisant le regard bleu perplexe de son vis-à-vis face à sa posture manquant pour le moins d'élégance, la brune referma violement ses mâchoires. Retenant alors une grimace de douleur sous la brutalité de sa propre action, la docile remercia la Déesse Lune de lui avoir épargnée l'embarras supplémentaire d'un filet de bave dégoulinant le long de son menton, tout en se morigénant pour avoir eu une attitude si peu digne de la fille du Second de Puddlemere face au dominant !
Ses sourcils haussés d'interrogation face au sourire trop grand pour être sincère de l'adolescente, le roux poursuivit néanmoins son discours.
« Je ne suis peut-être pas le plus intelligent des Griffondors, et je ne prétends d'ailleurs pas être plus intelligent que toi, Granger mais je ne suis pas aveugle et ignorant au point de ne pas comprendre qu'Harry a besoin, aujourd'hui plus que jamais, d'une présence auprès de lui. Et je sais… que je ne suis pas cette personne. », admit-il avec un faible sourire. « On a beau s'être réconciliés tous les deux, notre relation reste plus que précaire. Non, ce dont il a besoin aujourd'hui, c'est d'une présence rassurante. Quelqu'un sur qui il puisse compter. Quelqu'un a qui il fait confiance. Quelqu'un qui ne le jugera pas. Quelqu'un qui le comprendra et qui pourra ainsi le soutenir… Et cette personne, je pense que tu sais déjà qui sait, Granger. »
Le regard désormais sérieux, la brune hocha la tête en guise d'assentiment.
« Je t'ai vu discuter avec Malfoy. J'ai vu à quel point tu t'entendais bien avec lui. », avoua le Griffondor. « Tu sais qui il était, et je suis sur que tu savais également tout ce qu'il représentait pour Harry. Peut-être connaissais-tu aussi bien les sentiments d'Harry que ceux de Malfoy à son égard… Et c'est pour cela que tu es la mieux placée. Pas moi, ni Diggory ni même Lupin, mais toi… Toi, qui comprends leur relation mieux que personne… »
Un long silence suivi les dernières paroles du dominant, avant que, notant l'air peu rassuré et toujours aussi embarrassé de son compatriote, la docile se décide finalement à le briser.
« Waouh… ! Qui penserait que Ronald Weasley serait capable d'une telle réflexion ?!...et en si peu de temps, en plus ! »
« Cesses de moquer de moi, Granger. » siffla celui-ci, ses joues atteignant des teintes record de rouge !
« Et bien, je pense que ce n'est qu'une maigre compensation, après que tu te sois grandement amusé à me ridiculiser avec ton petit copain Finnigan pendant bien une dizaine d'années… », s'amusa Hermione, ses prunelles noisettes brillantes de malice. « … Mais je dois avouer que, malheureusement, ton petit discours ne me donne pas envie de me moquer te toi plus que cela. Pauvre vengeance, pas vrai ? Pour être honnête, j'ai longtemps rêvé du jour où je pourrais vous rendre la monnaie de votre pièce, à toi et à tous tes petits amis dominants ! »
Inquiet face au regard soudainement hostile de sa congénère, le dominant s'interrogea, si finalement, demander de l'aide à la brune était une bonne idée !
« Oui, j'ai longtemps imaginé comment je pourrais vous faire payer tout ce que vous m'avez fait subir mais il semble que la Déesse Lune se joue encore une fois de moi, et ne soit pas prête à m'accorder cette satisfaction ! » se plaignit-elle. « M'offrir un Weasley presque suppliant, ne réfléchissant pas avec ses muscles et sa testostérone, mais bien avec son cerveau ! Quelle douce ironie ! Comment pourrais-je prendre plaisir à t'écraser si tu es déjà à genoux devant moi pour la seule préoccupation du salut de mon propre meilleur ami ! »
« Comment ça, à genoux ? », grommela aussitôt le dit Weasley, clairement indigné. Il ne fallait pas pousser non plus ! Granger avait assurément un don pour la grandiloquence ! Par étonnant qu'elle s'entendait si bien avec Draco Malfoy, le Serpentard était une vrai drama queen !
Jaugeant rapidement le Griffondor et son air renfrogné faisant adorablement ressortir ses taches de rousseur – venait-elle de penser adorablement ?! -, Hermione se détourna lentement du dominant pour reprendre sa route.
« Gr-… », s'écria celui-ci face à sa fuite.
« Ne t'inquiètes pas pour Harry, Weasley ! Je veillerai sur lui. », lui lança-t-elle alors par-dessus son épaule.
S'éloignant progressivement du roux, la brune se stoppa néanmoins lorsqu'une nouvelle pensée vint soudainement traverser son esprit.
« Oh, et, Weasley ? » le héla-t-elle alors, en se retournant à demi. « Harry a beaucoup de chance d'avoir un ami qui se soucie autant de lui. »
Complètement stupéfié par les paroles de la redoutable Hermione Granger, ennemi attitré des dominants, Ron ne put empêcher les coins de ses lèvres de se recourber en léger sourire idiot. Les orbes océans fixés sur la silhouette fuyante de la docile, le Griffondor n'eut cependant nullement conscience du sourire que formait la propre bouche de l'adolescente.
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Profitant de la dernière réunion du Comité avant la reprise du voyage du convoi le lendemain, Rodolphus Lestrange redirigea la discussion sur la soudaine disparition du célèbre héros des quatre territoires.
« Au moins, Malfoy mort, cela résout nos préoccupations quant à sa revendication du titre d'Alpha de Serpentard, non ? » glissa-t-il innocemment, un mince sourire aux lèvres.
« Dis plutôt que tu n'attendais que cela pour revendiquer toi-même ce titre, Lestrange ! » insinua Kingsley Shacklebolt, avec dédain.
« Bien que je ne voie pas en quoi le sort de Serpentard te concerne, Shacklebolt, je pense effectivement qu'il est temps de nommer un nouvel Alpha à Serpentard ! Nous ne pouvons rester dans cette situation d'Alpha intérimaire éternellement ! »
« Oh ! et je suppose que tu proposes bien gentiment ! pour rendre service, bien sûr ! » ironisa Sirius Black, le visage fendu d'un sourire éclatant.
« Assez ! » tonna Zabini. « Cessez vos querelles tous les deux ! N'êtes-vous pas des Alphas ? Alors cessez de vous comporter comme des enfants ! »
Les deux Serpentards reportèrent aussitôt leur colère sur le plus jeune, découvrant les crocs qui étaient soudainement apparus sous la menace. Blaise Zabini avait beau occuper en ce moment-même la place d'Alpha temporaire du territoire de Serpentard pour les deux dominants, il restait un simple Second, et donc un être inférieur.
Gardant tant bien que mal le contrôle de son corps malgré le soudain défi des deux plus âgés, Blaise vint soutenir leurs regards torves.
« Bien que je n'approuve pas le comportement et la désinvolture de Rodolphus, je me dois d'admettre qu'il marque un point. », déclara-t-il. « Suite à la victoire de Draco sur Macnair, nous étions tous dans une impasse, ne pouvant octroyer le titre d'Alpha de Serpentard à Draco, mais ne pouvant totalement lui dédaigner. Sa mort me chagrine autant que toi, Sirius cependant elle met également fin à l'impasse dans laquelle nous nous trouvions. Serpentard a besoin d'un chef et aujourd'hui, nous pouvons lui en offrir un. Toutefois… quiconque voudra prétendre à ce titre devra d'abord me passer sur le corps ! »
« N'es-tu pas un peu sûr de toi, Zabini ? » goguenarda Black, le regard empli de malice. « Ces derniers jours semblent avoir un peu trop gonflé ta confiance en toi ! Aurais-tu pris la grosse tête ? N'oublies pas que je me battais déjà alors que tu jouais encore à tirer les couettes des filles ! »
Nullement impressionné par le plus âgé, le métis lui renvoya un sourire tout aussi moqueur que le sien.
« Oh, je n'oublie pas… Difficile d'échapper aux cheveux blancs qui commencent à pousser sur tes tempes, Black ! Devrais-je t'offrir un avantage lors de notre duel pour que nos forces soient un peu plus équilibrées ? Je me fais du souci pour tes vieux os. Ce bon vieux Severus m'en voudrait surement si tu te coinçais le dos en voulant m'affronter ! »
« Cheveux blancs ?... Coinçais le dos ? » répéta stupidement le brun, outré. « Tu ne perds rien pour attendre, gamin ! Prépares toi à mordre la poussière, mes vieux os vont te montrer comment se bat un vrai dominant ! »
« Oh, j'attends ça avec impatience, vieux croulant ! » renchérit le mulâtre.
« Vos hormones semblent en pleine forme, Blaise, et je vous remercie de nous en faire la démonstration ! » s'exprima soudainement Severus Prince avec condescendance, mettant efficacement fin au combat de coq des deux dominants. « Vous voulez ouvrir la compétition pour le poste d'Alpha de Serpentard, et vous vous proposez même comme l'un des concurrents, très bien ! Toutefois, une telle emprise demande réflexion… La Grande Prêtresse de Serpentard s'est vue disparaitre lors du dernier combat, il nous faudrait tout d'abord la remplacer et Bellatrix Lestrange s'est bien gardée de prendre un disciple ! Alors, comment comptez-vous faire ? demanderaux autres territoires de nous « prêter » une de leurs prêtresses ? »
Ne laissant nullement au dominant le temps d'exprimer son opinion, le Second de Grimmauld reprit sa diatribe, le ton toujours aussi chargé de dédain.
« Et puis, nous ne pouvons établir quels lycanthropes parmi l'ensemble des dominants de Serpentard pourraient prétendre à un tel titre ! Sur quels critères, serions-nous à même de décider qui serait le plus à même de participer à une telle compétition ? Enfin, nous sommes en plein…exode ! L'hiver ne s'est pas encore calmé, le froid nous accable et la neige ne cesse de tomber. Résultat : L'ensemble du peuple est épuisé ou en bien piètre condition, comment une compétition dans de telles circonstances pourrait-elle demeurer impartiale ? En outre, ce territoire nous est totalement étranger, où pourrions-nous donc organiser un évènement d'une telle ampleur dans de telles conditions ! »
Un léger silence accueillit les derniers mots du docile, aucun Serpentard ou quelconque membre du Comité n'osant s'exprimer après le Prince. Severus Prince avait souvent cet effet là sur une assemblée. Ses phrases frappaient toujours justes, et sa simple présence imposait le respect à des dominants bien plus puissants et plus âgé que lui.
« Comme toujours, vos paroles demeurent pleines de sagesse, Severus. », applaudit finalement Albus Dumbledore, les yeux brillants. « Je comprends vos réserves, mon enfant elles sont tout à fait légitimes et vos arguments ne manquent pas de poids, cependant ils s'avèrent également inutiles… »
Face aux sourcils froncés et aux prunelles orageuses du Second de Grimmauld, l'ancien Alpha reprit avec plus de douceur.
« Je m'explique. Comme vous l'avez précisé, nous sommes en période d'exode, Severus mais bien qu'une telle situation puisse apparaître comme un obstacle à vos yeux, elle est également ce qui justifie de telles mesures. Griffondor a perdu son Alpha depuis plus de troismois, et reste émergé malgré l'environnement presque précaire. Néanmoins, Serpentard demeure quelque peu différent, n'est-ce pas ? Walden Macnair nous a quittés il y a de cela seulement quelques jours cependant, l'entende entre les différents dirigeants de Serpentard n'a rien de comparable avec celle de Griffondor. », expliqua-t-il avec un calme parfait. « Mon opinion sur le lycanthrope qu'était Walden Macnair reste mitigée…. toutefois, il y a bien une chose qu'on puisse lui accorder : il demeurait le lien, la clé qui unissait le territoire de Serpentard, et sans lui, les querelles ne tarderont pas à arriver. »
« D'ailleurs, n'ont-elles pas déjà commencé ? » ajouta-t-il en lançant un regard lourd de sens aux trois Alphas de Serpentard. « Messieurs Lestrange et Zabini avaient raison sur ce point, Severus, Serpentard a besoin d'un nouveau chef et au fond de vous, vous le savez très bien. Alors ne laissez pas la peur prendre le pas sur vous. »
Ignorant le regard scandalisé que lui jeta le docile face à l'utilisation de son prénom, le Griffondor poursuivit ses explications avec engouement.
« Vous avez parlé d'avoir recours à une Prêtresse d'un autre territoire…pourquoi pas ? Cela reste la meilleure solution à votre portée pour l'instant. Pour ce qui est du choix des candidats, je n'aurai pas l'impudence de le faire à votre place cette affaire ne concerne que les Serpentards après tout, et je peux comprendre que mon intervention vous paraisse tout à fait impromptue. », admit-t-il faussement compréhensif, ses orbes bleus brillants le trahissant.
Redirigeant cette fois-ci son attention sur les trois dominants, le roux leur adressa un regard chaleureux.
« Toutefois... je ne saurais vous conseiller de faire appel à vos plus forts guerriers. Si on part du fait, que les trois derniers « Alphas » demeurent invaincus, et donc chacun, par définition, les plus forts de leur village respectif une telle compétition ne devrait-elle pas avoir pour but de les départager ? » suggéra-t-il habilement.
Agacé par le comportement du plus âgé et ses intentions mal dissimulées, Severus Prince – ou serait-ce Black ? – se décida à lui couper définitivement l'herbe sous le pied.
« Comme toujours, nul n'est capable de se soustraire à vos discours, Albus. », appuya-t-il. « Seulement, comme vous l'avez fait vous-mêmes remarquer avec délicatesse et prévenance, cette affaire ne conserve en aucun cas, Griffondor ! »
« Vous avez tout à fait raison, Severus. », admit l'ancien Alpha faussement complaisant. « Cependant, en tant que voisin du territoire de Serpentard, il est du devoir de Griffondor de conseiller de manière avisée ses alliés les plus proches. »
« Et nous entendons vos conseils Dumbledore. », singea Lestrange.
Bien que fortement dégoûté par l'attitude du Griffondor, le Serpentard n'en perdit néanmoins pas le Nord.
« Je déteste ce vieux fou, mais il a raison. Cette compétition doit se faire. Et aujourd'hui, qui représente mieux que nous trois, la puissance de Serpentard ? »
Braquant brusquement ses iris glacés dans ceux de l'Alpha d'Hangleton, Severus lui fit aussitôt comprendre l'étendue de sa propre répugnance à son égard.
« Tu devrais surveiller tes paroles, Lestrange. », susurra-t-il, alors qu'un sourire cruel venait peu à peu prendre possession de ses lèvres. « Car dans cette compétition, tu n'as aucune chance ! Sirius ne fera qu'une bouchée de toi ! »
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Raisonnablement éloignées du camp des quatre territoires et des regards indiscrets, deux silhouettes encapuchonnées profitaient de l'obscurité de la nuit pour masquer leur présence.
« Vous vouliez me voir, Maître ? » s'enquit avec respect l'un des individus, d'une voix juvénile mais néanmoins clairement masculine.
« En effet. », confirma une deuxième voix d'homme, à peine plus grave mais dans laquelle transparaissait toutefois une énorme sagesse. « Il est grand temps pour toi d'entrer en scène, mon garçon. »
« En êtes-vous sûr, Maître ? » interrogea son interlocuteur, sincèrement étonné. « Walden Macnair et Draco Malfoy ont peut-être péris, mais Serpentard prévoit déjà de désigné son nouvel Alpha. Ils possèderont un nouveau chef d'ici une semaine, tout au plus. »
« Je sais. », ragea le plus âgé, les mâchoires effroyablement serrées et le regard plaqué au sol, comme pour retenir sa colère. « Mais nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre plus longtemps. Si nous ne tentons pas notre chance maintenant, nous ne le pourrons jamais ! »
« Je comprends votre position, Maître… », répondit son disciple, incroyablement calme. «… cependant, Serpentard redeviendra bientôt stable, Poufsouffle soutient ardemment Diggory, et même Griffondor s'est trouvé un nouveau point de ralliement, en la personne d'Harry Potter. »
Agacé, le mentor retourna soudainement sa tête dans la direction de son élève, pour venir transpercer le plus jeune de ses orbes bleus perçants. Surpris par la rapidité du geste, le disciple ne put s'empêcher de sursauter. Cependant la violence du mouvement du maître ne fut pas seulement source d'effroi pour son congénère, mais fit également tomber sa capuche, laissant s'en échapper des mèches de cheveux de la couleur des blés.
« Potter n'est qu'un symbole ! » cracha avec une hargne plutôt surprenante, le blond, ne se préoccupant ni de la réaction de son élève ni de son visage désormais à découvert. « Sans son compagnon à ses côtés, Potter ne demeure pas plus menaçant qu'un insecte ! »
« Eh bien, excusez-moi de vous contredire, Maître… », se permit d'intervenir courageusement le plus jeune. « Mais Harry Potter n'est pas si faible que ça… »
Devant le regard acéré et peu convaincu de son vis à vis, le loup-garou se décida à poursuivre ses explications.
« Bien sûr, Harry Potter ne possède pas la force physique d'un dominant, toutefois… ». Le lycanthrope marqua une pause, comme à cours de mots. « Harry Potter dispose de cette…aura. Cette sorte d'énergie brute et pourtant rassurante. Inexplicablement sa présence impose le respect et la confiance, et c'est sans nul doute ce qui pousse les Griffondors à vouloir le suivre. Et puis, pour ne rien gâcher, il est plutôt bien entouré. Comme vous l'avez pointé, il a perdu son compagnon quelques jours seulement après s'être uni à lui mais cela semble faire plus sa force que sa faiblesse. Émus par la perte prématurée de son mari, les lycanthropes l'ont pris en sympathie et pas seulement les Griffondors, mais également les habitants des autres territoires. De plus, Draco Malfoy ou plutôt le « Loup Marcheur » disposait d'un grand nombre de supporters, et ils sont tous prêts à faire front derrière son compagnon ! La célébrité et le soutien dont disposent Harry Potter ne sont surement pas à prendre à la légère ! »
Ses traits pour le moins caractéristiques révélés, l'Alpha de Serdaigle - car c'était lui - renifla pour montrer son mépris, néanmoins il n'émit aucun propos pouvant détromper ceux de son subordonné.
« Draco Malfoy nous poursuit même après sa mort ! »
« N'est-ce pas ce pour quoi vous vous êtes battus, Maître ? Pour faire du « Loup Marcheur » le Fils de la Lune et le leader des quatre territoires ? » posa son disciple, cachant mal son amusement.
Lui renvoyant un regard agacé, Grindelwald s'interdit cependant de répondre à l'attaque mal dissimulée de son élève.
« Bien, si Griffondor et Serpentard ne peuvent être récupérés par la porte principale, nous prendrons la porte de derrière ! »
« Que voulez-vous dire, Maître ? » demanda le plus jeune avec perplexité, et il fallait le dire, légèrement effrayé par le sourire machiavélique qui prenait progressivement possession du visage de son mentor.
« N'existe-t-il pas un adage qui dit de garder près de soi ses amis mais encore plus près ses ennemis ? »
Son interlocuteur paraissait toujours aussi perdu.
« S'ils veulent d'Harry Potter comme chef…. nous leur donnerons ! »
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Le convoi des quatre territoires avait reprit sa route à travers le Grand Ouest depuis déjà deux jours. Guidé par les dirigeants des diverses meutes, Poufsouffle venait en tête, suivi par Serdaigle, puis Griffondor, et enfin, Serpentard. Ayant marchés toute la journée, à l'approche du soleil couchant, les lycanthropes décidèrent de monter le camp. Février demeurait toujours aussi implacable, et il valait mieux se protéger du froid pour la nuit.
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Les tentures avaient été installées depuis quelques heures, et après un frugal diner, la plupart des loups-garous avaient rejoint leur propre abri pour la nuit. Zigzaguant entre les tentes, exposé à la cruauté hivernale, Albus Dumbledore ne pouvait s'empêcher d'avoir l'esprit tourmenté. Depuis que la route avait repris, l'humeur pour le moins sombre des migrants s'était allégée, excitée par la perspective d'un combat des chefs approchant. Chaque Serpentard y allait bien sûr de son favori, soutenant la plupart du temps, sans surprise, le propre dirigeant de sa cité. Pour les populations des autres territoires, la donne s'avérait quelque peu différente. Elles ne possédaient pas de chemin de choix tout tracé. Chacun y allait donc de sa propre appréciation, et les rumeurs sur les trois concurrents se faisaient de plus en plus importantes. Des plus superflues aux plus farfelues, mais généralement totalement surfaites !
Cependant, les propres préoccupations de l'ancien dirigeant des Griffondors demeuraient bien loin de celles du peuple. Le vieux loup ne pouvait s'enlever de la tête une certaine conversation qu'il avait eue quelques jours plus tôt avec l'Alpha des Serdaigles. Une conversation qui amenait bien des interrogations, seulement depuis l'annonce de la mort du jeune Malfoy et par la même de l'organisation d'une future compétition pour le poste d'Alpha des Serpentards, le roux n'avait pu trouver le temps pour avoir une discussion privée avec le blond Serdaigle. Alors, le lycanthrope devait se contenter des paroles pour le moins nébuleuses de son ami.
Celui-ci avait parlé d'installer un nouvel Alpha unique, là où ils avaient autrefois pensé exposé Draco Malfoy. Albus avait bien entendu été contre cette idée. Pour lui, aucun autre garçon que Draco ne pouvait correspondre à la prophétie. Seulement, il semblait qu'il s'était trompé. Draco Malfoy avait quitté le monde des vivants pour rejoindre la Déesse Lune, et avait ainsi abandonné toute revendication possible au statut de Fils de la Lune. Toutefois, si ce n'était pas le jeune Malfoy, qui était-ce ?
Grindelwald semblait bien avoir sa propre idée, lui ou bien, avait-il trouvé un « remplaçant » au jeune Draco qu'il jugeait apte à gouverner les quatre territoires ? Le Serdaigle lui en avait parlé toutefois, il n'avait eu le temps de lui révéler le nom de son « candidat ». Et depuis, Albus se creusait la tête, nuit et jour, à deviner l'identité de ce nouvel Élu !
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Le Griffondor fut soudainement sorti de ces pensées moroses par l'arrivée impromptue de Remus Lupin.
« Grindelwald a convoqué le Comité, Albus. Il semblerait qu'il est quelque chose d'important à nous dire. »
Bien sûr, Albus Dumbledore ne faisait pas officiellement partie du Comité des quatre territoires cependant, depuis la mort subite de James Potter, Remus Lupin l'avait implicitement invité à participer aux réunions. Ainsi, un bref hochement de tête suffit au plus âgé pour faire comprendre au châtain qu'il le suivait.
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Lorsque les deux Griffondors arrivèrent à la clairière qui avait été retenue comme lieu de rassemblement pour la réunion, les autres dirigeants étaient déjà tous arrivés.
Saluant l'ensemble de l'assemblée d'un mouvement de tête suivi d'un coup d'œil circulaire, l'Alpha de Serdaigle pénétra à l'intérieur du cercle.
« Bien ! Vous vous demandez surement tous la raison de cette réunion. Puisque tout le monde est présent, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps ! » déclara-t-il le ton léger. « Il y a de cela trois mois, James Potter nous quittait de son propre fait, mettant soudainement en danger l'équilibre entre les quatre territoires. Ces dirigeants ont alors fait de leur mieux pour garder Griffondor à flots alors même que notre Exode débutait. Seulement, il y a moins d'une semaine, Walden Macnair est à son tour décédé, menaçant un peu plus la balance que nous avions tenté de maintenir tant bien que mal. En l'absence d'Alpha pour deux des quatre territoires, il ne fait plus aucun doute que le Comité se doit de nommer un nouvel Alpha unique, dans les plus brefs délais ! »
« Serpentard aura bientôt un nouvel Alpha ! » s'insurgea Lestrange.
« Et j'en suis heureux. Néanmoins, cela laisse toujours Griffondor en position inférieure. », contra Gellert Grindelwald. « Et puis, nous avons quitté la frontière Ouest depuis plus de trois semaines, et aucune terre hospitalière n'est encore en vue alors même que pendant ces trois semaines de voyage, nos rangs se sont réduits du quart ! Qui sait combien de temps il nous faudra encore avant de pouvoir nous installer ? Nous ne pouvons évaluer la durée totale qu'aura cet exode. Cependant, la diminution de notre nombre et l'ombre qui plane au dessus de chacun de nous, est un fait ! »
Frappés par la véracité et la triste réalité des paroles du Serdaigle, aucun membre du Comité n'osa à nouveau l'interrompre.
« Je sais que l'expérience précédente s'est soldée par un échec cuisant. Toutefois, il n'y a pas de raison pour que « l'accident » Draco Malfoy se reproduise. Nous sommes bien plus unis qu'il y a six mois, et notre décision n'en sera que plus avisée. », rassura le blond, son éternel sourire en place. « Bien entendu, le choix de l'élu apparaît tout aussi difficile qu'à cette époque. Nous ne pouvons élire l'un d'entre nous sous peine de favoriser un territoire par rapport à un autre. J'en ai donc déduis que ce poste devait être occupé par quelqu'un qui ne s'intéresse pas au pouvoir, quelqu'un voulant œuvrer pour le bonheur de tous. Bien sûr, une telle personne pourrait éprouver quelques difficultés face à certaines situations… disons, délicates… pressantes voire chaotiques. Une telle personne ne pourrait, par exemple, se résoudre à sacrifier une minorité pour la survie du plus grand nombre. Mais si nous la conseillons avec clairvoyance, et ne lui laissons que la seule décision finale, il ne devrait pas y avoir de problèmes, n'est-ce pas ? »
« À Qui pensez-vous donc, Grindelwald ? » interrogea Sirius Black, les sourcils froncés d'inquiétude.
« À une personne qui obtiendra, j'en suis sûr, votre consensus ! » lui répondit habilement le Serdaigle, en lui renvoyant son sourire.
« Parlez, Gellert ! » le pressa alors Dumbledore, exprimant haute voix l'agitation emplissant l'ensemble des membres de l'assemblée.
Entamant une lente marche, afin de pouvoir rencontrer successivement chacun des regards des lycanthropes présents, l'Alpha de Nurmengard débuta ses explications d'une voix faussement hésitante.
« En fait, je dois avouer que cette personne a longtemps échappé à mon attention. Toutefois, elle a récemment fait preuve d'une loyauté et d'un dévouement qui m'ont impressionné. Je veux dire, qui d'entre nous n'agirait pas pour son propre intérêt ? »
Refermant les bras qu'il avait grand ouvert dans une attitude hautement théâtrale, pour appuyer ses propos, le blond laissa soudainement échapper un petit rire.
« Mais ce n'est pas ce qui m'a décidé. », reprit-il finalement, toute trace d'hilarité ayant totalement quitté son visage. « Non, l'idée m'est venue de ce cher Albus, en vérité. Celui-ci demeurait persuadé que Draco Malfoy était le garçon de la prophétie, et ce, depuis plus de sept ans, lorsque Walden Macnair avait vaincu Lucius Malfoy, devenant ainsi Alpha de Serpentard. Les propos de mon ami m'ont longtemps tourné dans la tête. Draco Malfoy, Fils de la Lune ? Pourquoi pas ! Il convenait plutôt bien à la prophétie, après tout : né Fils d'Alpha, renié par sa mère et son peuple depuis la mort de son père. Sa colère et sa rancœur envers Walden Macnair pour avoir tué son père, aurait pu lui offrir une force hors du commun. Seulement, Albus ne m'apportait là qu'un soupçon des dizaines d'autres lycanthropes auraient pu correspondre à la prophétie. Bien que peu possédait, il est vrai, un sang aussi élogieux que Draco Malfoy. J'ai donc décidé de rencontrer celle à l'origine même de cette prophétie, en espérant obtenir plus de détail sur le Fils de la Lune. Et mon entrevue s'est révélée pour le moins…fructueuse ! »
Chacun des membres du Comité demeurait pendu aux lèvres du Serdaigle à présent. Même ses plus fervents détracteurs ! Amusé par la situation, celui-ci ne put s'empêcher de se lécher les lèvres de plaisir lorsqu'il tomba face à l'expression pour le moins hébétée d'Albus Dumbledore. Le Griffondor ne semblait pas en revenir qu'il lui ait caché sa rencontre avec la Poufsouffle. Bien ! la suite promettait d'être encore meilleure ! Gellert se demandait bien jusqu'à quel point l'ancien Alpha perdrait son magnifique self-control lorsqu'il se rendrait compte de l'étendue de ses secrets !
« En effet, par un heureux hasard de circonstances, la Grande Prêtresse de Poufsouffle m'a alors révélé l'entièreté de la prophétie. Dans un premier temps, elle m'a bien sûr récité les quelques vers que je connaissais déjà, et je ne vous cache pas ma frustration. Puis, alors que je la pressais à en dire plus, elle a paniqué et s'est précipitée vers la porte pour quitter la pièce. Mais je l'ai aussitôt rattrapée et obligée à me faire face. L'espace de quelques secondes, ses yeux se sont alors fixés sur moi, avant de devenir brusquement vides. Le corps complètement raide, sa voix s'est alors élevée d'un ton absent comme sorti d'outre tombe :
« Bientôt la souffrance viendra frapper la terre des loups… Implacable et cruelle, elle emportera nombre de ses enfants… Mais alors que le désespoir sera le plus profond, une lueur d'espoir apparaîtra… Fils de la Lune, né dans la joie et la puissance, ayant grandi dans la douleur, c'est dans le sang de sa maisonnée qu'il trouvera sa force… Il unira et guidera alors les quatre contrés vers une nouvelle destinée… Cerné par la vengeance et la maladie, l'amour fraternel lui offrira réconfort, l'amour paternel réveillera son pouvoir ensommeillé, et l'amour passionnel le sauvera de ses ennemis… Bientôt la souffrance viendra frapper la terre des loups… » »
Albus Dumbledore avait définitivement perdu toute retenue, et l'Alpha de Serdaigle profitait allègrement du spectacle. Bien sûr, l'état des autres loups-garous ne demeurait pas plus élogieux mais, le blond n'en avait cure. Seule la réaction de son vieil ami l'intéressait.
« L'amour fraternel ? Il m'est alors apparu clair que le jeune Malfoy ne pouvait être l'Élu de la prophétie cependant, ne dit-on pas que peu importe ce que l'on fait pour contrer une prophétie, elle se réalisera toujours ? J'ai donc laissé Draco Malfoy aux mains d'Albus, tout en recherchant de mon propre côté un lycanthrope pouvant potentiellement correspondre. Et je pensais même l'avoir trouvé jusqu'à ce que la Déesse Lune ne me montre à nouveau la démesure de mon propre orgueil pour avoir pensé la devancer. », se désola Grindelwald, faussement repentant.
L'ancien Alpha des Griffondors, lui, semblait avoir définitivement quitté le monde des vivants.
Après s'être assuré brièvement qu'il possédait encore toute l'attention de son audience, le doyen des Alphas des quatre territoires se décida à lâcher sa bombe, offrant ainsi à son vieil ami, son coup de grâce !
« Lorsque l'identité du « Loup Marcheur » a finalement été révélée, j'ai permis à Sirius Black de rencontrer Draco Malfoy et de lui révéler l'existence de la clé. Je pensais ainsi offrir au jeune Malfoy une chance de sauver sa peau. Après tout, même s'il ne demeurait pas l'Élu, il pouvait toujours m'être utile. Toutefois, cet imbécile ne s'est pas du tout servi de sa découverte de l'emplacement de la clé comme passe-droit pour sa liberté comme je l'avais pensé et a au contraire décidé de le révéler à son tendre amant pour qu'il se rende sur place et lui ramène la clé. Après coup, je dois dire que ce n'était pas une si mauvaise idée. Mais passons, l'action du jeune Malfoy m'a surtout permis de découvrir l'identité du Fils de la Lune, bien que je dois avouer que l'information a mis du temps à faire son chemin dans mon cerveau. »
Abandonnant soudainement sa marche circulaire, Gellert Grindelwald s'éloigna lentement du centre du cercle formé par les membres du Comité, pour se diriger vers une personne en particulier.
« Comme nombre d'entre nous, j'avais sous-estimé une bonne partie de la population lycanthrope. Car lorsqu'Harry Potter est revenu à Godric's Hollow avec la clé, ce n'est pas Draco Malfoy qui a été accueilli en héros, mais bien Harry Potter. Harry Potter, jeune docile anonyme de dix-huit ans. Les dominants ont tendance à vouloir toujours tout contrôler, et en oublient par conséquent le pouvoir des dociles. Et moi, tout comme Albus, et bon nombre d'entre nous j'en suis sûr, j'avais passé sept ans à chercher activement le Fils de la Lune, en omettant qu'il pouvait potentiellement être un docile. Et Harry Potter m'a exposé mon erreur en pleine figure en devenant le point d'union d'une cité en deuil de la récente perte de son Alpha. »
Le corps désormais à quelques centimètres de celui du jeune docile, l'Alpha des Serdaigles dévisageait intensément les émeraudes vivaces de son vis-à-vis de ses propres perles bleues glaciales, son sourire tout aussi dépourvu d'émotion fermement en place.
« Je suis sûr que vous vous rendez compte à votre propre tour combien le profil d'Harry Potter correspond à celui du Fils du Lune. Bien sûr, il m'a fallut plus que le retour triomphal d'un jeune docile pour me convaincre qu'il était bel et bien l'Élu que je cherchais depuis tant d'années. Et c'est là que je me suis souvenu de l'attitude de Trelawney, sept ans plus tôt. Elle ne m'avait pas tout de suite avoué l'entièreté de la prophétie, mais était soudainement entrée en transe lorsqu'elle s'était retrouvée proche de moi. J'ai alors cherché qu'est-ce qui chez moi aurait pu provoquer une telle crise. Et la réponse m'a été offerte par Harry Potter lui-même. », avoua Grindelwald avec douceur, tout en caressant tendrement de sa main droite la joue du Griffondor complètement statufié. « À ce moment-là, Draco Malfoy venait de tuer Macnair, et le jeune Potter s'occupait de sa blessure. À mon entrée dans la grotte, le jeune docile s'est montré quelque peu mal à l'aise, mais il m'a tout de même laissé m'approcher. Nous avons alors échangé quelques mots sur l'état de son patient, et par un concours de circonstances, nous nous sommes retrouvés face à face. Le jeune Potter a alors écarquillé les yeux avant de me demander comment j'avais obtenu le collier qu'il avait offert à son grand oncle, une dizaine d'années plus tôt. »
Le Serdaigle s'écarta alors légèrement de l'adolescent, libérant ainsi sa joue, pour pouvoir montrer à l'ensemble de l'assistance le pendentif se trouvant autour de son cou.
« Ce collier est en fait, un bijou fantaisiste qu'a perdu aux cartes contre moi, le Grand Albus Dumbledore, il y a de cela huit ans. Bijou que je portais le jour de mon entrevue avec Sibylle Trelawney. Amusant, non, comme une telle coïncidence m'a permis d'obtenir le contenu complet de la prophétie ? La Déesse Lune prend sans nul doute, un grand plaisir à se jouer de nous ! »
Perdu dans son amusement, le dominant ne se rendit nullement compte du soupir soulagé que laissa échapper le Griffondor lorsqu'il le libéra de son emprise. Bien trop fier de son petit numéro, il s'était rapidement désintéressé du jeune lycanthrope pour aller rejoindre sa place au centre du cercle.
« Bien, je suppose, que vous avez désormais deviné l'identité de mon candidat au siège d'Alpha de tous les Alphas ! Une place qu'il lui revient de droit, à lui, l'Élu de la Déesse Lune ! »
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Malgré les hautes parois entourant le gouffre, les chauds rayons du soleil y pénétraient, illuminant la blancheur immaculée de la neige, et magnifiant ainsi sa pureté. L'agitation du ruisseau avait empêché sa surface de se figer en glace et l'on pouvait entendre sans difficulté le ruissèlement de l'eau contre la roche.
Mais ce ne furent ni la chaleur de l'astre diurne ni le bruit du torrent qui sortirent l'étranger étendu sur les contrebords du ruisseau de son sommeil inopiné, mais l'incommensurable douleur qui irradiait son corps de toutes parts. Ouvrant un œil puis l'autre, l'individu fut aussitôt ébloui par l'éclat du soleil. La nature semblait vouloir lui souhaiter un joyeux retour parmi le monde des vivants. Et s'il y avait bien une chose qui rappelait à l'ancien Serpentard qu'il demeurait bel et bien vivant, c'était bien la souffrance de son enveloppe corporelle. Fort de ce constat, le loup blanc tenta néanmoins de se redresser sur ses quatre pattes toutefois, il sentit aussitôt un courant désagréable se propager le long de sa colonne vertébrale. Bien, il allait devoir attendre que son corps se régénère de lui-même ! Cependant, sans protéines pour accélérer le processus, cela risquait de prendre un bon bout de temps. Il ne retrouverait pas l'appui de ses quatre membres avant quelques heures voire une journée entière si les circonstances se liguaient contre lui. Et le fait qu'il fasse au moins -20°C, et que la nuit allait bientôt tomber et donc la température encore plus chuter, paraissaient suggérer que la nature ne le soutiendrait pas plus longtemps. Enfin, au moins s'il en croyait ce qu'il avait pu entrapercevoir de son environnement, il demeurerait relativement à l'abri de l'attaque de tout prédateur pendant sa période de convalescence.
En effet, pendant sa chute pour le moins vertigineuse avec la bête dans les gorges, le rôdeur avait réussi à éviter une issue fatale en sautant in extremis du dos de l'animal, alors que celui-ci quittait tout juste le cap de la falaise. Abandonnant la créature à son triste sort, le lycanthrope avait alors tenté de se raccrocher aux parois du gouffre, malheureusement, sans grand succès. Toutefois les quelques feuillus et conifères qui défiaient les lois les plus élémentaires de la nature et de la physique en réussissant à pousser le long de la roche abrupte, avaient freiné sa chute, pour finir par le relâcher sur un terre-plein à une dizaine de mètres au-dessus de la rivière agitée, où il se serait sans aucun doute violemment brisé le cou.
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À suivre…
Si vous êtes arrivés jusqu'ici, je vous remercie beaucoup, mes chers lecteurs, pour m'avoir attendu aussi longtemps ! Je sais à quel point c'est frustrant lorsque un auteur met plusieurs mois à poster, alors je plaide entièrement coupable !
Ce chapitre valait-il trois mois d'attente ? pas sûr, mais si vous n'êtes pas encore conquis, le prochain vous satisfera sans doute ! (Perso, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire.) Bon, ce chapitre aura eu au moins du bon, je suis finalement venu à bout de cette satanée prophétie ! J'avoue avoir hésité pas mal de temps sur l'identité du véritable Fils de la Lune.
Prochain chapitre : Théodore Nott ou comment je continue d'introduire des personnages que j'avais décidé de zapper…
À la semaine prochaine (pour sûr cette fois-ci !)
Nihona
