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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !
Pairing : HPDM….Rating : M
Genre : Aventure/Fantastique/Romance
Parution :22 chapitres en tout. Je continue à poster chaque semaine.
RAR : Je remercie stormtrooper2, lemonpowaa, et F.F. World pour leurs reviews. Ça m'a fait super plaisir de vous revoir après tout ce temps !
lemonpowaa : Je vous avais promis que je continuerai Instinct Animal, je ne pouvais donc pas vous abandonner, pas vrai ?^^ Sinon t'inquiètes notre petit Ryry ne va pas se laisser faire par Grindelwald !
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Chapitre 17 : Théodore Nott
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Voilà déjà quatre jours qu'Harry Potter était devenu l'Alpha de tous les Alphas. Alpha à seulement dix-huit ans, alors même qu'il était un docile ! Le monde pouvait-il réellement devenir encore plus étrange ?
Enfin, entre son nouveau statut d'Alpha et ses heures passées à l'infirmerie, le brun n'avait plus une seule minute à lui. Mais, bien que le docile commençait à ressentir la fatigue qui incombait à ses nouvelles responsabilités, celle-ci lui apparaissait presque salvatrice. En effet, accablant son corps et son cerveau, elle empêchait efficacement son esprit de vagabonder.
Ainsi, malgré la douleur permanente qui étreignait le cœur du Griffondor, les activités qui rythmaient sa journée, le prévenaient de fomenter de sombres pensées ou d'avoir de quelconques idées morbides quant à la mort de son compagnon durant le jour, et l'assommaient le soir venu lui permettant alors de s'échapper rapidement dans le sommeil. À peine s'allongeait-il sur le sol de sa tente qu'il s'enfonçait, pour ainsi dire, dans les bras de Morphée ! De plus, cette fatigue bienfaitrice avait également généralement raison de ses cauchemars, et l'adolescent ne s'en plaignait nullement.
Bien sûr, il arrivait parfois que le vagabond blond vienne le hanter dans ses rêves mais bienheureusement, cela ne représentait pas la majorité de ses nuits.
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Hermione Granger s'ennuyait.
Oh oui, l'adolescente s'ennuyait ferme !
Depuis la disparition de l'ancien Serpentard, la brune ne disposait plus de compagnon de route, et ses journées s'en trouvaient bien longues. De plus, son rôle de chaperon d'Harry Potter avait rapidement pris fin lorsque le brun avait obtenu le poste d'Alpha de tous les Alphas. Désormais, contrairement aux siennes, les journées du docile se voyaient bien remplies, et l'adolescente se désespérait de pouvoir passer une minute en sa compagnie.
Bien entendu, elle avait bien essayé de solliciter son ami lorsque celui-ci se trouvait à l'infirmerie cependant les patients occupaient pleinement l'attention du médecin, et les gardes du corps se trouvant juste à l'extérieur de la charrette avaient quelque peu refroidis la brune. La nomination d'un docile au poste d'Alpha de tous les Alphas avait conduit à la mise en place d'une garde rapprochée assurant la sécurité du nouveau dirigeant, et il était désormais tout bonnement impossible d'avoir une quelconque conversation un tant soit peu approfondie et surtout privée avec le Griffondor !
Hermione avait alors pensé à interpeler le jeune lycanthrope juste avant l'heure du coucher toutefois, le brun paraissait tellement fourbu que la docile avait bien vite abandonné.
Enfin, tout cela avait au moins de positif que, compte tenu du peu de temps de libre que possédait le jeune Potter, la brune restait assurée que celui-ci n'avait nullement le loisir de penser nuit et jour à son compagnon blond, et de s'apitoyer ainsi sur son sort.
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Les quatre territoires avaient mis le camp depuis déjà quelques heures, et après avoir aidé à l'installation des tentes et même à la préparation des repas – bien qu'elle détestait cela -, Hermione Granger se retrouvait à fixer le vide, n'ayant personne avec qui discuter. Tout aurait été plus simple si la brune avait pu emmener ses livres avec elle. Seulement, un tel exode à la durée indéterminée avait obligé les migrants à ne partir qu'avec le strict nécessaire, ce que regrettait aujourd'hui amèrement la brune. Honnêtement, elle savait ne pas être reconnue pour sa sociabilité et elle demeurait persuadée que la compagnie d'un de ses livres s'avérait nettement préférable à celle de certains de ses compatriotes.
Peut-être aurait-elle dû se sentir coupable d'être prête à sacrifier l'existence même de certains de ses congénères contre quelques feuilles de papier jaunies ?
Seulement, leur espèce était peut-être vouée à l'extinction, et si personne ne se préoccupait de la trace de leur communauté sur Terre. La brune, elle, y pensait de plus en plus souvent. Tous ces livres qu'ils avaient abandonné au sein des quatre territoires, toutes ces pages manuscrites représenteraient autant d'informations qui échapperaient aux générations futures. Si personne ne se faisait un devoir de réécrire l'étendue de ces minces bouts de papier, toute leur science serait perdue à tout jamais. Sans ces écrits, qui pourrait encore affirmer l'origine du Premier ? Qui pourrait empêcher l'ignorance de gagner les rangs lycanthropes ? Qui pourrait prévenir le fanatisme du culte de la Déesse Lune ? Ou encore, qui pourrait éviter aux loups-garous de reproduire les erreurs du passé ? Ces erreurs mêmes qui avaient poussé l'humanité à l'extinction ?
Et c'est bien pour toutes ces raisons que la brune s'était permise d'emporter un livre avec elle. Un seul. Mais le plus important.
Le Journal du Premier. Les Mémoires de Fenrir Greyback.
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Bien décidée à relire pour la 37ème fois la plume du premier des Alphas, Hermione Granger se précipita vers son sac pour en extraire le livre. Seulement après avoir maintes fois fouillé le sac et l'avoir même vidé de son contenu, la brune dut bien se rendre à la raison. Son livre avait disparu.
Sortant alors en trombe de sa tente, l'adolescente jeta frénétiquement des coups d'œil à droite et à gauche mais elle ne distingua pourtant aucune trace d'un quelconque suspect. Car Hermione en était sûre, quelqu'un lui avait volé son bien le plus précieux. Il n'en faisait aucun doute. La brune rangeait toujours ses maigres possessions au même endroit depuis le début de l'exode des lycanthropes et qu'importe le nombre de fois qu'elle s'était laissée abandonner entre les pages jaunies du manuscrit, elle avait toujours pris soigneusement le temps de remettre l'objet à sa place, dans le sac. Ainsi, la disparition de l'ouvrage ne pouvait signifier qu'une seule chose : on lui avait dérobé son bien !
La docile était bien décidée à récupérer son plus grand trésor dans l'instant cependant, si elle en jugeait par les alentours déserts de sa tente, le délinquant semblait s'être fait la malle depuis déjà un moment. Soupirant de frustration, la Griffondor tenta de faire appel à ses incroyables capacités intellectuelles. Incroyables, oui. La brune n'avait pas la prétention de vouloir faire preuve d'humilité. Elle demeurait pleinement consciente de faire partie des rares lycanthropes qui réfléchissaient d'abord avec leur cerveau avant de recourir à leurs muscles, et elle en était on ne peut plus fière !
Bien tout d'abord, délimiter la zone de potentiels suspects. Le voleur faisait incontestablement partie du peuple des quatre territoires, puisqu'ils n'avaient pas noté jusqu'à présent une quelconque présence humaine dans l'entourage du camp ou d'une quelconque créature à l'intelligence supérieure.
Deuxièmement, pour s'emparer d'un bouquin, l'auteur du crime devait posséder un certain intérêt pour la lecture, ou tout du moins s'avérer assez cultivé pour demeurer capable de reconnaître la valeur de l'ouvrage. Après tout, il s'agissait tout de même des Mémoires de Fenrir Greyback !
Troisièmement, l'impudent n'avait sans doute pas fouillé sa tente au hasard, et devait donc connaître son propre amour des livres, et avoir repérer les lieux et ses déplacements au préalable. L'individu avait ainsi pu s'emparer du manuscrit, lorsque la brune était occupée aux fourneaux. Enfin, en tant que loup-garou à l'intellect particulièrement développé, c'est ce qu'Hermione aurait fait et elle préférait ne pas sous-estimer son adversaire !
Le coupable se révélait donc être un lycanthrope cultivé - probablement d'un certain âge -, dominant ou docile – mais Hermione suspectait plutôt le dernier -, qu'il la connaissait ou tout du moins avait été informé de sa réputation – là encore, probablement un Griffondor ou bien un Serdaigle -.
Mais oui, bien sûr ! Il n'y avait personne qui correspondait mieux à la description ! C'est sans aucun doute…
Albus Dumbledore !
Enfin, la brune ne comprenait pas trop pourquoi l'ancien Alpha ne lui avait tout simplement pas demandé de lui prêter le livre. En effet, respectant profondément le lycanthrope, Hermione n'aurait pas hésité une seule seconde à accéder à la requête du plus vieux.
Enfin, il existait parfois des comportements incompréhensibles, et des mystères irrésolubles !
Bien, si les Mémoires du Premier se trouvaient aux mains du roux, Hermione ne voyait aucun inconvénient à le laisser s'évader encore quelques temps dans les doux souvenirs et rêves de Fenrir Greyback. Après tout, elle avait profité elle-même des pensées du fondateur des quatre territoires pendant bien des années déjà. Toutefois, elle dut tout de même faire appel à tout son sang-froid pour se retenir d'aller trouver le Griffondor pour lui exposer ses propres pensées quant à la façon du dominant de s'approprier ou tout du moins d'emprunter le bien des autres sans leur demander leur avis au préalable !
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Bien ! Puisque la brune ne possédait plus le loisir de se perdre entre les lignes du Premier, elle devait trouver une nouvelle occupation.
Frissonnant sous la fraîcheur de cette fin février, Hermione prit néanmoins la direction de la rivière. L'écoulement de l'eau avait toujours eu un effet reposant sur ses nerfs !
La pénombre aurait rendu le trajet jusqu'au ruisseau pour le moins dangereux pour un humain, mais la vue aiguisée des lycanthropes, leurs ressentis et leurs reflexes incomparables réduisirent l'épreuve humaine à une véritable promenade de santé pour l'adolescente. Alors qu'Hermione se laissait souplement atterrir sur les rochers bordant le courant, une présence étrangère capta soudainement son attention.
Confortablement installé sur le sol enneigé, contre le tronc d'un chêne, un docile mâle d'une vingtaine d'années tout au plus avait le nez plongé dans un ouvrage qu'elle connaissait bien. D'abord choquée, l'adolescente ouvrit inélégamment la bouche d'ébahissement, avant de finalement se reprendre et lancer un regard scandalisé au jeune lycanthrope.
« Toi ! Com-Comment as-tu… »
« Ravi également de te rencontrer, Granger ! » se moqua le voleur, un sourire narquois scotché aux lèvres.
Un Serpentard sans aucun doute !
« Est-ce que ce que raconte ce bouquin est réellement la vérité ? Est-ce que nous descendons réellement des humains ? » questionna-t-il alors la docile, la prenant de cours dans sa fureur.
Rêvait-elle ? ou bien le blond venait-il de l'interroger sur la véracité des propos du Premier ? Le garçon venait-il réellement de montrer de l'intérêt pour autre chose que les démonstrations de force des dominants ?
« Es-tu sourde, Granger ? » s'impatienta son interlocuteur, sans honte. « Je viens de te demander si ce livre avait réellement été écrit par Fenrir Greyback ? »
Faisant main basse sur le comportement plus qu'impoli de son congénère, Hermione préféra s'enquérir de son identité.
« Et qui es-tu au juste pour te permettre de venir dérober ce qui m'appartient, et en suite me questionner sans préambule sur son contenu ? »
Le docile lui renvoya un sourire éblouissant.
« Dure en affaires, hein Granger ? As-tu été vexée que quelqu'un ose pénétrer dans ta tente et voler un de tes précieux bouquins ? »
Empêchant la brune de réagir, le blond reprit aussitôt la parole.
« Oh, cela a dû certainement t'énerver ! » se réjouit-il. Laissant échapper un léger rire goguenard, l'inconnu se décida finalement à répondre à la question de la Griffondor. « Mon nom est Theodore, Granger. Theodore Nott. », annonça-t-il, non sans suffisance.
« Nott ? Fais-tu partie de la famille de l'ancien Alpha de Serpentard, Edgar Nott ? » s'empressa-t-elle de l'interroger.
« Pourquoi ne suis-je pas étonné ? » souffla le Serpentard, désabusé. « Enfin, je suppose que je ne devais pas m'attendre à moins de ta part, vu ta réputation de Miss je-sais-tout ! »
Coupant à nouveau la Griffondor dans toute tentative de formulation de protestation, le docile poursuivit :
« Edgar Nott était mon grand-père. »
La brune voulut pousser un peu plus son interrogatoire, et conduire le voleur à se repentir de son crime toutefois, l'arrivée impromptue d'un nouvel individu sur la rive opposée du ruisseau lui fit revoir ses priorités.
Face à la créature inconnue, le Serpentard avait également quitté son poste auprès du chêne, et reculait lentement vers la Griffondor.
« Qu-qu'est ce que c'est…que ça ? » la questionna-t-il la voix tremblante.
Ses propres orbes chocolat fixés aux pupilles jaunâtres de la bête, Hermione demeurait pétrifiée devant l'animal. Secouant doucement son énorme tête ronde surmontée de deux petites oreilles presque arrondies, celui-ci semblait évaluer les deux dociles. Face au manque de réaction des deux petits êtres et à la peur qu'il sentait s'échapper de leurs faibles carcasses – probablement pas grand-chose à manger, mais toujours plus que ce à quoi il avait eu droit ces derniers jours ! -, il se redressa brusquement sur ses pattes arrière pour leur exposer un peu plus l'étendue de sa puissance. Les deux lycanthropes ne purent alors s'empêcher de reculer un peu plus, ce qui parut exciter un peu plus la bête qui ouvrit aussitôt son immense gueule pour leur dévoiler ses crocs.
Dans les 2-3 mètres de hauteur, bien plus large que n'importe lequel des dominants loups-garous sous leur forme lupine, la créature arborait une épaisse fourrure brun foncé aux poils longs et drus, et des griffes d'une bonne dizaine de centimètres. Il n'existait pas de précédent dans les quatre territoires cependant de par ses nombreuses lectures, la Griffondor reconnut rapidement l'animal.
« Un ou-ours ! C'est un ours ! » s'exclama-t-elle.
« Un Ours ? » réussit à l'interroger le blond, malgré la terreur qui prenait peu à peu possession de son esprit et paralysait ses membres. « Et qu'est-on cen-censé faire lorsqu'on se retrouve face à un ours ? »
Tournant lentement sa tête vers son congénère, la brune plongea ses prunelles apeurées dans celles du Serpentard, avant que ses lèvres tremblantes ne laissent finalement s'échapper un seul mot.
« Fuir. »
À l'entente de la voix de la docile, dans un insoupçonnable sursaut d'instinct de survie, Theodore se saisit soudainement de la main de la jeune fille avant de s'élancer à toute allure dans la direction opposée de la bête.
Franchissant le cours d'eau d'un bond, celle-ci les prit aussitôt en chasse.
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Le ruisseau dévalant la roche, le Serpentard avait choisi d'installer son coin de lecture là où le relief se creusait, afin de se protéger du vent glacial. Ainsi les deux loups-garous durent rapidement faire face à un mur naturel. Freinant face à l'obstacle, Theodore exerça une légère pression sur la main de la Griffondor, l'enjoignant à escalader les rochers. Bien sûr, franchir le monticule se serait avéré bien plus facile sous leur forme de loup toutefois, se changer leur ferait perdre un temps précieux. Ce qu'ils ne pouvaient se permettre. En effet, en tant que docile contrairement à certains Alphas, les deux jeunes gens ne possédaient pas la métamorphose instantanée.
Relâchant la main de la brune, le blond essaya tant bien que mal de gravir la butte, à la suite de la jeune femme. Seulement, alors que ses ongles raclaient fiévreusement la mousse qui recouvrait la roche, le Serpentard ressentait de plus en plus la présence de la créature, juste derrière eux. Celle-ci gagnait incontestablement du terrain.
Soudain, un des pieds de l'adolescente qui grimpait en amont, dérapa, faisant perdre l'équilibre à la brune. Se raccrochant péniblement à ses deux membres supérieurs, la docile tenta alors tant bien que mal de rattacher ses pieds à la roche.
Évitant adroitement les jambes de sa partenaire qui se balançaient frénétiquement dans le vide, prêtes à l'assommer, Theodore s'aida de la force de ses propres membres inférieurs pour remonter le corps de la Griffondor d'une poussée sur son postérieur. Retrouvant finalement ses appuis jambiers, celle-ci s'empressa de poursuivre son ascension. Néanmoins, l'accident avait permis à l'ours de se rapprocher dangereusement du jeune lycanthrope. Si proche, que celui-ci sentit bientôt le souffle chaud de la créature frôler ses propres fesses. Se servant une fois de plus de ses jambes, le Serpentard s'échappa in extremis des crocs aiguisés de la bête.
Grattant fiévreusement la terre de ses mains, Hermione atteignit enfin le sommet de la butte. Se redressant vivement sur ses pieds, la brune s'enquit aussitôt de son compagnon d'infortune. Apercevant alors le Serpentard entrain de peiner à escalader les derniers mètres de la butte, l'adolescente se saisit brutalement de ses avant-bras pour le hisser à ses côtés. Leurs deux pieds désormais à nouveau plantés sur la terre ferme, les deux congénères reprirent immédiatement leur course, sans se soucier de leurs respirations saccadées et de l'emplacement de leur poursuivant. Une seule chose comptait désormais, courir. Courir sans relâche. Courir toujours plus loin, afin d'échapper à la créature.
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Essoufflés, les deux dociles parcouraient tant bien que mal la forêt, zigzaguant entre les troncs. Chaque foulée était une torture, la neige molle s'accrochant à leurs jambes, et handicapant ainsi leur avancée.
Hermione Granger était connue pour être la Miss je-sais-tout de Puddlemere, non pour ses capacités athlétiques ! Et la brune se rendit bien vite compte que ses échappées dans les bois les soirs de pleine lune demeuraient loin d'être suffisantes pour lui permettre d'effectuer une telle course-poursuite sous forme humaine. Ses membres inférieurs devenaient de plus en plus lourds, et à chaque enjambée le manteau blanc lui paraissait de plus en plus épais.
Et ce qui devait arriver, arriva.
Trébuchant contre une racine profondément enfoncée dans la neige, l'adolescente s'affala de tout son long dans l'étendue neigeuse. La chute de la brune résonnant aux oreilles du Serpentard, celui-ci se retourna aussitôt pour s'enquérir de son état. Constatant l'écroulement de la Griffondor, le blond se précipita vers elle pour l'aider à se relever. Mais alors même que l'adolescente reprenait enfin son équilibre, un rugissement attira l'attention des deux dociles sur l'ours à leur poursuite. Malheureusement, l'accident de la fille du Second de Puddlemere avait permis à l'animal de rattraper son retard sur ses proies.
Se redressant à nouveau sur ses pattes arrière pour renforcer son attaque, l'ours plongea gueule ouverte sur son futur repas. Se préparant à ressentir les crocs de la bête déchirer sa chair, tremblant de peur, la brune ferma les yeux d'appréhension.
Toutefois, la docile ne sentit jamais les dents entrer en contact avec sa peau.
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Traversant la forêt à vive allure, un loup roux sur ses talons, le loup chocolat repéra finalement la silhouette de son compagnon. Avisant la forme menaçante d'un prédateur inconnu prête à bondir sur sa moitié, le lycanthrope se jeta sur l'impudent, tous crocs dehors. Personne ne touchait à son dominé !
Le choc fut brutal, la gueule du dominant alla s'enfoncer dans le dos de la bête alors que ses pattes repoussaient l'animal vers l'arrière d'une forte pression sur son poitrail. Ainsi propulsé vers l'arrière, l'ours perdit rapidement l'équilibre et finit par s'effondrer dans la neige à quelques mètres des dociles. Toutefois, dans sa chute, la créature se raccrocha à son assaillant de ses crocs l'emportant ainsi avec lui.
Étendu de tout son long contre son adversaire, Blaise Zabini tentait tant bien que mal de se défaire de la prise de celui-ci. L'impact du corps de l'ours avec le sol avait relâché la pression des dents du Serpentard sur le dos de l'animal, et rendu celui-ci hors d'atteinte des crocs du nouvel Alpha de Durmstrang. Gueule en l'air, celui-ci se débattait ainsi avec force, labourant les flancs de la bête de ses griffes.
Gémissant de douleur contre la fourrure du dominant, la créature ne semblait pourtant pas prête à libérer son opposant.
Rassuré par l'état de deux dociles, Ronald Weasley se décida finalement à aller aider son congénère. Démuni de tous scrupules envers la bête, le Griffondor planta profondément ses propres crocs dans la chair à sa portée, perforant la gorge de l'ours. Dans un éclair de souffrance, le prédateur enfonça un peu plus ses dents dans le cou abimé de l'Alpha avant d'envoyer balader son nouvel assaillant d'un puissant coup de pattes.
Le sang s'écoulait désormais tout aussi abondamment de la blessure de l'ours que de celle du loup chocolat.
N'écoutant que son courage et nonobstant volontairement sa carrure digne d'un insecte face à celle de l'ours, Theodore Nott se lança à son tour à l'assaut de la bête. Le docile ne possédait peut-être par la force d'un dominant, et la Déesse Lune seule savait que son compagnon lui portait sur les nerfs mais il ne serait pas dit que lui, Theodore Alexander Nott Junior, fuirait face au danger, laissant un Zabini et un Weasley se battre pour lui !
Grimaçant légèrement sous les derniers picotements du changement, le loup blanc plongea à son tour sa gueule dans le cou de la créature, sectionnant ainsi complètement la carotide de celle-ci.
Torturée par la douleur, l'imposant animal n'eut d'autre choix que de relâcher sa prise sur la gorge du loup chocolat pour pousser un terrible rugissement, expédiant par la même les corps des deux Serpentards la surplombant dans le décor. Se retournant fébrilement sur son flanc, la bête se releva alors lentement sur ses quatre pattes.
Sa fourrure autrefois brun foncé apparaissait désormais presque noire, humide de neige et de son propre liquide vital. Détaillant avec méfiance ses ennemis, l'ours constata rapidement que deux des petites souris demeuraient hors de jeu. La première, celle qui avait osé le charger alors qu'il se préparait à entamer son délicieux repas, reposait dans le manteau neigeux, qui absorbait avidement son sang écarlate. La deuxième, la petite blanche nerveuse qui avait empiré l'état de sa propre blessure, semblait avoir rencontré le tronc de l'arbre contre laquelle elle demeurait adossée, avec quelque violence. Ne restait plus que le rongeur roux enragé et la plus frêle des petite souris dont la silhouette tremblotante trahissait la terreur.
Ignorant cette dernière, l'animal blessé se dirigea vers le plus dangereux de ses adversaires. Les deux opposants débutèrent alors une lente danse, marquant l'étendue ivoire de leurs foulées tout en se jaugeant l'un l'autre. Éventuellement la créature perdit patience la première, lassée de tourner en rond et avide de dévorer son dîner. Peu subtile dans sa frénésie, la bête fonça droit sur son ennemi. Évitant de peu l'impact avec celle-ci, le loup roux dérapa longuement dans la neige. Les deux adversaires se firent alors rapidement à nouveau face.
Bientôt, les attaques de l'ours se succédèrent tout comme les esquives du Griffondor, hachant les respirations des deux animaux sous l'effort imposé. Bien sûr, l'ennemi des loups-garous paraissait en bien plus piteux état avec sa terrible blessure à la gorge, mais Hermione avait lu quelque part qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Cela devait sans doute signifier que ces créatures possédaient un instinct de dominance surdéveloppé, et qu'ainsi, celle qui leur faisait face aujourd'hui n'abandonnerait sans doute pas la bataille avant d'avoir usé de toutes ses forces, dût-elle en mourir !
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Jetant alternativement des coups d'œil au loup roux et à son adversaire, la brune craignait le pire. Devait-elle intervenir ? Le loup chocolat et Nott étaient tous les deux sonnés et ne seraient ainsi d'aucune aide au Griffondor alors, devait-elle, elle-même, aller prêter main forte à son compatriote ?
Hermione Granger ne cessait de défendre la condition des dociles contre l'égo surdimensionné des dominants. Dociles et Dominants devaient être traité de façon égale. Seulement, elle demeurait bien consciente de ne pas posséder la puissance de ces derniers pour autant. Toute docile qu'elle était, quelle chance avait-elle de se retrouver vainqueur contre un tel opposant ? La créature mesurait bien trois fois sa propre taille !
D'un autre côté, face à un tel prédateur, toute aide demeurait la bienvenue, n'est-ce pas ?
Oh et puis zut ! Elle avait beau passer la majorité des heures de ses journées dans ses bouquins, elle n'en demeurait pas moins une Griffondor pour autant ! Et la fille du Second de Puddlemere, ni plus ni moins !
Son esprit soudainement ravivé par la flamme du courage, l'adolescente se laissa choir dans le manteau ivoire alors que son corps se contorsionnait et se distendait progressivement pour laisser place à la silhouette d'une louve au pelage beige doré. Fermement campée sur ses quatre pattes, la docile chargea aussitôt l'ours par l'arrière. Bien trop concentré sur les acrobaties qu'exécutait le loup roux pour échapper à une de ses énièmes attaques, le carnassier brun ne sentit nullement la Griffondor approcher. Celle-ci en profita pour plonger allègrement ses crocs dans une des pattes arrière de la bête.
Bien sûr, les muscles jambiers de la créature étaient d'envergure nettement supérieure au siens, et la louve dut user de toutes ses forces pour réussir à perforer la chair et déchirer les fibres musculaires. Le goût du sang emplit alors la gorge de l'adolescente, le liquide pourpre s'écoulant bien malgré elle le long de son œsophage. Retenant un haut-le-cœur, la Griffondor maintint tant bien que mal sa prise sur son adversaire.
Complètement surpris par l'offensive de la docile, l'ours réagit toutefois vivement, agitant brutalement son membre postérieur pour le libérer de l'emprise de la plus frêle des souris. Profitant de l'état d'agitation du monstre brun et de son attention sur la louve, Ron attaqua alors à son tour l'animal. Se propulsant sur le dos de la bête comme l'avait fait –sans qu'il ne le sache – Draco Malfoy une semaine plus tôt, le dominant referma sa gueule sur la nuque de son opposant, maculant la fourrure encore intacte en cet endroit du liquide vital de celui-ci dans une terrible œuvre artistique symétrique.
Ainsi blessé, le redoutable carnassier sentit son sang s'écouler de plus en plus rapidement dans la neige, et par là-même sa vie quitter peu à peu son corps. Incapable de résister plus longtemps, il finit pas s'étaler de tout son long dans le doux manteau blanc. Relâchant tous deux leur prise sur leur adversaire, les deux Griffondors se retrouvèrent alors face au macabre et non moins étrangement fascinant spectacle de la dépouille brune de l'ours auréolé d'écarlate contrastant de façon saisissante avec l'ivoire recouvrant le sol terreux de la forêt.
Un des plus grands prédateurs des bois venait de rendre l'âme.
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Détachant enfin ses yeux de la bête, Ronald Weasley reprit forme humaine. Frissonnant légèrement sous le froid de février, le dominant se retourna alors rapidement vers sa partenaire de crime. Complètement pétrifiée, la louve posait un regard vide sur le cadavre de leur ennemi. Troublé par l'attitude pour le moins inquiétante de la docile, Ron s'avança vers celle-ci en l'appelant.
« Granger ? »
Mais la fille du Second de Puddlemere paraissait bien loin de la réalité, perdue dans les méandres de son esprit.
« Granger ?! » répéta une nouvelle fois le roux.
Face à l'immobilisme de la plus jeune lycanthrope, le loup-garou déposa sa main droite sur son épaule pelucheuse afin de la faire réagir.
« Granger ? »
Au contact soudain de la peau chaude de son congénère contre son propre épiderme, Hermione gémit brusquement tout en effectuant un pas en arrière, comme électrifiée. Reprenant alors lentement conscience avec la réalité, la louve plongea ses prunelles chocolat, désormais déboussolées, dans celles bleu océan du dominant. Paraissant rassurée par l'inquiétude et la chaleur transparaissant dans le regard de celui-ci, la docile se changea finalement à son tour. Attendant à peine que ses os craquants ait fini de se remettre en place, la brune se jeta droit dans les bras puissants et réconfortants du Griffondor. Ahuri face au comportement pour le moins inattendu de sa compatriote, le dernier des frères Weasley referma maladroitement son étreinte autour des frêles épaules de l'adolescente.
« Ça… ça va aller… C-c'est fini… Tu es hors de danger… », tenta-t-il de la rassurer.
Faisant abstraction des pleurs de la brune qui humidifiait son torse déjà trempé par la neige, Ron resserra un peu plus ses bras autour de la jeune fille apeurée, tout en continuant de lui susurrer des paroles réconfortantes au creux de l'oreille.
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Profondément excité, le peuple de Serpentard était regroupé dans une clairière près du nouveau campement des quatre territoires. Bientôt, commencerait le combat des chefs.
Rejoignant les deux Alphas postés au centre du cercle formé par la foule, la Grande Prêtresse de Serdaigle, Luna Londubat prit rapidement la parole, imposant aussitôt le silence.
« Nous sommes aujourd'hui réunit pour décider du nouvel Alpha de Serpentard. Puisque la Grande Prêtresse de Serpentard, Bellatrix Lestrange a rejoint les bras de la Déesse Lune depuis déjà plus de deux semaines sans successeur Moi, Luna Londubat, Grande Prêtresse de Serdaigle régira ce combat au nom de la Déesse Lune. »
La jeune louve fit signe à la populace de s'écarter pour laisser un peu plus de place aux deux futurs combattants.
« Serpentard ayant perdu son précédent Alpha dans un combat dont la validité des droits du gagnant n'a pu être attestée par un représentant sacré de la Déesse Lune les trois « Alphas » de Serpentard ont été désignés comme dignes concurrents au poste d'Alpha du territoire de Serpentard. », exposa la blonde d'un ton ferme. « Toutefois, le nouvel Alpha de Durmstrang, Blaise Zabini, souffrant de graves blessures suite à sa confrontation avec un monstre des bois, il a été déclaré inapte à concourir et a ainsi dû déclarer forfait. Le tournoi pour le titre d'Alpha se déroulera donc en une seule manche entre l'Alpha d'Hangleton, Rodolphus Lestrange et l'Alpha de Grimmauld, Sirius Black. »
« Inapte ! » s'insurgea soudainement Zabini en traversant la foule à grandes enjambées. « C'est juste une petite coupure ! Rien qui ne m'empêche de faire mordre la poussière à des vieux clébards ! Je peux en-… »
Mais la suite du discours du mulâtre ne parvint jamais aux oreilles du public et des deux Alphas insultés dont les points serrés promettaient mille et une souffrances au jeune dominant. En effet, le tendre compagnon du métis venait de plaquer une de ses mains contre la bouche du suicidaire, rendant ainsi la fin de la phrase de celui-ci à l'état de simples grommèlements. Tirant autoritairement l'ancien Second de Macnair en arrière, Theodore Nott adressa un regard désolé à l'absence de l'assistance.
« N'écoutez pas cet idiot ! » s'exclama-t-il, avec un air navré, son âme-sœur se débattant vigoureusement entre ses bras.
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Lançant un dernier regard moqueur à l'Alpha de Durmstrang aux prises de son compagnon, les deux concurrents reportèrent leur attention sur leur adversaire. Défiant le plus jeune des ses orbes onyx, un mince sourire narquois aux lèvres, Rodolphus Lestrange s'exprima le premier.
« Peuple de Serpentard. Moi, Rodolphus Lestrange, Alpha d'Hangleton, défie aujourd'hui Sirius Black, Alpha de Grimmauld, au titre d'Alpha de Serpentard. Selon les règles établies par Fenrir Greyback, Premier des nôtres, je fais de vous tous ici présents, mes témoins. »
L'héritier des Blacks répondit par un sourire éclatant, exposant ses dents et surtout ses canines de plus en plus proéminentes à son opposant.
« Et je relève ce défi, Lestrange ! »
Adressant un dernier regard suffisant au jeune trentenaire, l'Alpha d'Hangleton déchira son pantalon avant de se changer. Un loup gris de taille plus que respectable prit alors la place du dominant. L'animal découvrit aussitôt ses crocs à l'adresse de son concurrent.
Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles la foule garda ses yeux rivés sur l'Alpha de Grimmauld, attendant qu'il se transforme à son tour seulement imperturbable face à la démonstration de force du plus âgé, Sirius n'esquissa pas le moindre geste. Conscient de la tension régnant dans l'arène, le lycanthrope finit par adresser un geste à Luna Londubat, lui indiquant de signifier l'ouverture des hostilités.
La Grande Prêtresse donna alors le signal du départ du combat de son propre hurlement.
Blessé dans sa fierté par le manque de sérieux de son adversaire, Lestrange fonça aussitôt sur celui-ci. Esquivant habilement le plus âgé d'un envol acrobatique dans les airs, le brun se posta en position d'attente, prêt à recevoir la prochaine offensive de son opposant. De plus en plus frustré et enragé par l'attitude de Black, le loup gris répondit avidement à son challenge. Campé sur ses deux pieds, Sirius attendit que le lycanthrope arrive presque à son niveau avant de s'élancer sur la bête. Prenant appui sur le museau du loup, l'Alpha de Grimmauld effectua à nouveau une incroyable acrobatie en se retournant en plein vol pour atterrir à califourchon sur le dos de Lestrange. Les spectateurs poussèrent alors un cri d'effroi commun, lorsque, faisant appel à sa métamorphose instantanée, le brun laissa son visage prendre l'aspect de son loup. Ouvrant grand la gueule, Sirius Black planta profondément ses crocs dans la gorge de Rodolphus Lestrange, avant même que celui-ci n'ait le temps d'envisager de déloger son adversaire de son dos.
Gémissant de douleur, l'Alpha d'Hangleton s'agitait fiévreusement dans tous les sens, essayant par tous les moyens de se débarrasser du plus jeune. Fermement accroché à la fourrure grise, de par sa gueule et ses griffes, celui-ci n'était nullement pressé de lâcher prise.
Lorsque sa vue commença à devenir trouble et ses forces à le quitter progressivement, Lestrange dut finalement abandonner le combat. S'échouant au sol, le loup gris se rendit à son assaillant, non sans avoir - bien entendu - tenté préalablement d'encastrer Sirius Black dans les troncs des nombreux arbres bordant la zone de l'affrontement.
Recrachant le liquide écarlate embaumant son palais dans une grimace de dégoût, tel un prince, Sirius se releva alors souplement du dos de la silhouette affaissée de l'Alpha d'Hangleton. À peine eut-il posé pied à terre que le beau visage humain du trentenaire reprit place sur son corps, laissant la foule face aux prunelles argentées goguenardes de l'héritier des Blacks.
Sirius Black venait d'écraser Rodolphus Lestrange.
La Grande Prêtresse s'avança finalement vers les deux combattants. Elle jeta un vif regard à la forme affaiblie de Lestrange, avant de se saisir du bras gauche de Sirius Black.
« Ainsi la Lune en a décidé. Saluez votre nouvel Alpha ! »
Des cris de joie s'élevèrent alors dans l'audience.
« Vive l'Alpha ! »
Ignorant totalement les exclamations de ses congénères, remettant ses cheveux aussi noirs que l'encre en arrière d'une main, le nouvel Alpha franchit les quelques mètres qui le séparait de son « ancien » amant et Second.*1 Arrivé à sa hauteur, le dominant adressa un sourire éblouissant au docile.
« Tu vois Servilus, je suis devenu Alpha de Grimmauld et même de Serpentard ! » s'enorgueillit-t-il.
Les orbes métalliques se troublèrent quelque peu, en même temps que l'incroyable sourire du Serpentard se flétrissait, son visage redevenant soudainement incroyablement sérieux. Se saisissant de la fine main gauche de Severus Prince, l'héritier des Blacks posa finalement un genou à terre, s'agenouillant ainsi devant celui des Princes. Resserrant alors presque douloureusement sa prise sur la main du docile en ressentant les tremblements agitant la frêle silhouette du plus petit, Sirius plongea impitoyablement dans les prunelles onyx émues de celui-ci.
« Alors… reviens à mes côtés… », souffla-t-il finalement.
« Vive l'Alpha ! » continuait d'hurler les Serpentards.
Posant doucement sa paume libre contre la joue du dominant, Severus adressa un sourire au combattant.
« Je serai… Je serai ton Second, Black. Le Second de Grimmauld et de Serpentard. Gouvernant dans l'ombre. », annonça-t-il d'une voix douce. Il prit une brève inspiration. « Mais je serai le seul à gouverner ton cœur. Ton Alpha… »
Les lèvres de l'héritier des Blacks se plissèrent à nouveau pour former l'éblouissant sourire du Serpentard. Retenant les larmes de joie qui menaçaient de s'écouler de ses perles grises, le dominant relâcha la main du docile pour se saisir de sa taille et l'envoyer tournoyer dans les airs. Fronçant les sourcils d'exaspération face à l'attitude enfantine de son compagnon, Severus Prince-Black répondit néanmoins au sourire de son aimé.
Reposant finalement un Severus quelque peu désorienté à terre, Sirius se retourna vers la foule en attente. L'Alpha se changea alors en un magnifique loup ébène. Élevant son museau vers le ciel, l'animal hurla aussitôt à la Lune.
En écho à leur nouveau dirigeant, les lycanthropes se métamorphosèrent les uns après les autres pour hurler à la Lune en cœur avec l'Alpha.
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Assis sur le tronc d'un arbre, Harry Potter regardait à travers les flammes du foyer se trouvant devant lui, sans les voir.
Après une bonne semaine à courir dans tous les sens et à jongler entre son nouveau « boulot » d'Alpha et ses patients, le docile avait réussi à s'octroyer une pause. Pas que les malades manquaient ou que ses responsabilités de dirigeant s'amenuisaient seulement, avisant la fatigue de l'adolescent, Albus Dumbledore lui avait suggéré de se reposer pour la soirée, et ses gardes « personnels » avaient rapidement salué la proposition du plus âgé.
Pas que le brun s'en plaignait, il avait réellement besoin de dormir. Toutefois, son emploi du temps chargé l'avait habitué à supporter des journées avec très peu d'heures de sommeil ainsi, lorsque le jeune Potter avait enfin put s'allonger dans sa tente, il s'était bien vite rendu compte que son corps s'était bien malgré lui acclimaté au surmenage qu'il lui infligeait, allant jusqu'à lui refuser son sommeil tant mérité !
Rester seul dans sa tente à fixer la toile s'était rapidement avéré insupportable pour le Griffondor, alors même que le visage de son défunt compagnon ne cessait de le hanter en se baladant le long du tissu. Hagard, au bout d'une demi-heure de torture, le docile avait fini pas fuir l'abri des tentures pour rejoindre le feu siégeant au centre du quartier des Griffondors. Peu de ses compatriotes demeuraient encore debout, mais cela n'avait pas semblé gêner le brun qui avait rapidement trouvé sa place sur un tronc, quelque peu à l'écart des autres lycanthropes. A peine assis, avait-il redirigé son regard fatigué vers les flammes.
Alors que l'adolescent demeurait profondément plongé dans ses pensées, l'appui léger d'une main contre son épaule le fit soudainement reprendre contact avec la réalité. Lui souriant doucement, Neville Londubat désigna d'un signe de tête l'emplacement à ses côtés. Lui répondant à son tour par un pauvre sourire et un mouvement de la tête, le plus jeune enjoignit le Second de Salem à s'asseoir. Un silence confortable s'installa alors entre les deux loups-garous, à peine perturbé par les crépitements du feu et le murmure des conversations aux alentours. Au bout de quelques minutes de cette relaxante atmosphère, Harry se décida lui-même à briser le silence.
« Comment va Luna ? »
Étonné par la question du plus petit, le blond tourna soudainement la tête vers celui-ci. Les perles bleues se perdirent alors quelques instants dans les émeraudes, avant que le dominant ne prenne finalement la parole à son tour.
« Ça-ça va… La fièvre a légèrement baissé. »
Offrant un regard compréhensif, le docile fit bien attention à ne pas faire de commentaire sur la voix tremblante du plus âgé, détournant subrepticement ses yeux après avoir constaté ses poings serrés. Le jeune Potter connaissait très bien l'état de santé plus que préoccupant de la prêtresse de Serdaigle, et comme chacun, il pouvait aisément ressentir l'inquiétude de son compagnon. Celle-ci transpirait par tous les pores de sa peau, malgré les efforts du dominant pour la garder sous contrôle.
Luna Londubat était mystérieusement tombée malade, il y a de cela trois jours. Être malade en soi n'avait rien d'incroyable au sein du convoi des quatre territoires, et cela ne s'avérait en aucun point ce qui avait choqué les médecins. Non, ce qu'il y avait d'étrange, était que la docile avait soudainement attrapé Vulneris alors même qu'aucun nouveau cas n'avait été déclaré dans la population lycanthrope depuis plus de deux semaines.
« Il y a de l'espoir, tu sais. », déclara finalement le plus jeune au bout de quelques minutes d'un lourd silence.
A nouveau surpris par l'intervention du brun, Neville lui renvoya un visage interloqué.
« Il y a de l'espoir pour Luna. », souffla, légèrement gêné le Griffondor. « Je veux dire… Son cas s'avère quelque peu particulier. Les symptômes ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux des autres patients. Et puis, un de mes malades a réussi à guérir, il y a peu… »
« Colin Creevey ? » proposa le blond.
« Colin. », confirma le docile. « Et de tous mes patients…soyons honnêtes, Colin n'est pas celui sur lequel j'aurais parié ! »
Le Serdaigle esquissa un léger sourire aux paroles du Griffondor.
« Qui aurait parié sur Colin ? » renchérit-il, amusé.
Tout aussi déridé, Harry reprit néanmoins rapidement un visage sérieux.
« Je ne te dis pas ça juste pour te remonter le moral, tu sais. », révéla-t-il avec assurance. « Je penses sincèrement que Luna a toutes ses chances. »
Bien que le Second de Salem ne lui accordait aucun regard, le brun vit clairement ses prunelles brillées d'un nouvel éclat et le docile demeurait certain que la lumière des flammes n'en était pas la cause.
« Merci. », laissa finalement échapper le plus vieux après un nouveau silence.
Les deux lycanthropes retombèrent alors dans l'atmosphère réconfortante qu'ils partageaient quelques minutes plus tôt. Et cette fois-ci, ce fut le blond qui décida de mettre fin à leur doux moment de félicité.
« Draco t'aimait sincèrement, tu sais. »
À la déclaration pour le moins surprenante de son congénère, tout comme celui-ci l'avait fait à sa propre interrogation quelques minutes plus tôt, le Griffondor se retourna vers celui-ci, bien que légèrement plus brutalement. Clairement amusé par la réaction du plus petit, Neville lui renvoya un sourire moqueur, avant de finalement céder à la question muette qui brûlait dans les yeux de celui-ci.
« Il me l'a dit. », s'expliqua-t-il simplement. « Lorsque Serpentard et Griffondor se sont rejoints à la porte de l'Ouest, je suis allé le voir et il me l'a dit. »
Voyant que le brun le regardait toujours comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête, le plus âgé poursuivit.
« Draco et moi avant que tout cela… ». Il fit un vaste geste désignant l'entièreté du campement. « …n'arrive. Nous étions amis. »
Replongeant ses yeux océan dans le foyer, le jeune dominant fronça légèrement les sourcils avant de reprendre la parole, les traits de son visage de nouveau détendus.
« En fait, il serait plus juste de dire que le « Loup Marcheur » et moi étions amis car je ne me souviens pas avoir jamais été amis avec Draco Malfoy ! » rit-il. « Pour être honnête, je ne me souviens pas avoir échangé un seul mot avec Draco Malfoy avant de le voir assis par terre, menottes aux poignets ! »
« Le « Loup Marcheur »… », souffla pour toute réponse, Harry.
« On s'est rencontré il y a un peu près quatre ans, en 210. À l'époque, je n'étais pas encore Second de Salem. En fait, je n'étais pas grand-chose… »
Le Griffondor l'enjoignit à poursuivre de son silence.
« Ma mère s'est vu empoisonnée moins d'un an après ma naissance, et si les médecins ont réussi à la sauver, son cerveau, lui, n'a pas été épargné. »
Une lueur choquée parcourut le visage du docile à l'annonce du blond.
« Et mon père s'est rapidement retrouvé accablé par l'état de sa compagne. Voir ma mère perdre peu à peu conscience de la réalité, sans rien pouvoir faire pour la raisonner, l'a complètement brisé. », continua-t-il. « A l'époque de l'accident, mon père était l'Alpha de Salem mais sa dépression a fini par le pousser à abandonner son poste. Renoncer à gouverner a été terrible pour lui. Il se sentait effroyablement coupable, et humilié. Incapable de diriger ses gens et impuissant face à la détresse de sa propre femme, il a fini par sombrer dans la folie à son tour. »
« Neville… c'est terrible… », souffla, complètement bouleversé l'adolescent.
Le Serdaigle lui répondit par une grimace, traduisant à la fois la gêne et la tristesse que lui remémorait l'évocation de ses parents.
« Oh, je n'ai été le plus triste des enfants, tu sais ! Ma grand-mère nous a élevé mon frère et moi. », confessa-t-il. « Enfin, bref, lorsque j'ai rencontré Draco, j'avais à peine dix-huit ans, et si j'étais bien majeur depuis plus d'un an, je n'avais aucune idée de quoi faire de ma vie. Pour tout te dire, je faisais un dominant pour le moins… pitoyable. Malgré ma condition de lycanthrope, j'étais particulièrement maladroit et pas un jour de ma vie ne se passait sans qu'il m'arrive une catastrophe ! Et bon, pour les dociles, je ne t'en parle même pas… »
« Vraiment ? » s'exclama le Griffondor. « Tu es plutôt mignon pourtant ! »
Flatté, le Serdaigle adressa un clin d'œil complice au plus petit.
« Oui, et bien… crois-le ou non, je n'étais pas aussi sexy à l'époque ! » révéla-t-il, le ton néanmoins charmeur. « J'avais quelques muscles et centimètres en moins, et surtout pas mal de kilos en trop ! Les autres jeunes prenaient grand plaisir à se moquer de mon surpoids et m'appelaient « Grasduhaut ». »
La voix du Second de Serdaigle transpirait désormais la rancœur. Néanmoins, le blond surprit son congénère lorsqu'il balaya ses propres paroles du dos de la main comme si elles n'avaient aucune importance pour reprendre son récit avec grand enthousiasme.
« Mais tout cela a changé lorsque j'ai rencontré Draco ! » dit-il, enjoué. « Lorsque le « Loup Marcheur » est arrivé à Salem, les gens le prenaient pour un clochard ou un excentrique ! »
Harry ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire aux aveux du Second sur son amant.
« Les filles étaient loin de lui courir après, je peux te le dire ! » renchérit Neville. « Elle l'évitait plutôt comme la peste, et cela ne semblait pas déranger Draco plus que ça ! »
Il se rapprocha alors du Griffondor comme pour lui confier un secret. Plaçant sa main devant sa bouche pour cacher les mouvements de ses lèvres, il prit alors une voix moqueuse, les yeux brillants de malice.
« Loin de son attitude de play-boy d'aujourd'hui, je sais ! »
Le brun lui rendit aussitôt son regard. Malfoy demeurait réellement un stupide crâneur prêt à tout pour que les dociles le remarquent !
Décidé à poursuivre son récit, le Serdaigle reporta farouchement ses orbes dans les flammes.
« Bref, j'étais vraiment déprimé à ce moment-là. La fille que j'aimais venait de m'humilier en public, et j'avais échoué quelques jours plus tôt au test pour devenir chasseur. Inutile donc de te dire à quel point j'étais au bout du rouleau. J'étais seul au bord de la rivière à déverser ma peine lorsque j'ai soudainement vu passer en courant deux inconnus entièrement vêtus de noir, dont un avec un énorme sac en toile sur son dos. J'ai aussitôt compris que quelque chose n'allait pas, et courageusement ou stupidement – je ne sais pas trop –, je me suis élancé à leur poursuite ! » se désespéra-t-il.
Harry lui répondit par un simple sourire amusé.
« Après les avoir filés à travers toute la forêt, j'ai finalement découvert leur planque. », continua-t-il. « Et alors toujours aussi stupidem-, je veux dire courageusement, je les ai attaqués par « surprise » ! Seulement, ils étaient bien plus forts que moi et je me suis rapidement retrouvé au tapis. Un des hommes a alors tenté de m'étrangler, mais Draco Malfoy a soudainement surgi de nulle part pour me sauver ! » s'exclama-t-il avec emphase, élicitant un rire franc du Griffondor.
« Notre super héro avait appris le kidnapping de la fille de l'Alpha et il s'était aussitôt élancé à sa recherche. », conta-t-il. « Mais lorsqu'on a finalement réussi à mettre la pâtée aux deux ravisseurs, c'est à moi que Luna a offert un baiser de remerciement ! » s'enorgueillit-il.
Tournant finalement ses prunelles bleutées vers le docile, Neville lui offrit un sourire plein de tendresse.
« Ce jour-là, j'ai gagné pas un, mais deux amis. Et je ne l'ai jamais regretté ! » confessa-t-il. « Par la suite, Draco m'a forcé à m'affirmer et à m'apprécier. Il m'a même appris un peu à me battre ! D'après lui, je devais être fort pour protéger ma compagne ! »
« Qui eut crû que Draco Malfoy aime à ce point s'entourer de lycanthropes pétris de bons sentiments ! » s'exclama soudain une voix narquoise dans le dos des deux jeunes loups-garous.
Sursautant sous la surprise, les deux jeunes gens renvoyèrent un regard coléreux au nouvel arrivant. Nullement offensé par l'accueil, celui-ci leur adressa un grand sourire.
« Tu aurais pu prévenir, Diggory ! » s'indigna aussitôt le Griffondor.
« Où aurait été le plaisir ? » s'interloqua-t-il, les sourcils froncés.
Adressant un regard entendu au Poufsouffle, Neville s'exprima à son tour.
« Le fier Serpentard a un cœur trop tendre pour son propre bien ! »
« Oh pitié ! Tout le monde sait que Draco Malfoy masquait son visage pour cacher le fait qu'il avait un vrai cœur de Poufsouffle ! » goguenarda Harry, les yeux brillants de malice.
Ce à quoi, les trois lycanthropes répondirent par de grands éclats de rires.
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Délibérément éloignées du campement de la communauté lycanthrope, deux silhouettes encapuchonnées pour le moins familières conversaient avec animation.
« Mais cela n'est pas assez, mon garçon, tu t'en rends bien compte ! » admonesta la forme appartenant à Gellert Grindelwald. « Harry Potter possède de plus en plus de supporters, et si cela devrait aller à notre avantage, ce n'est pourtant pas le cas ! Tout ces insectes le collent de plus en plus, telles des abeilles autour de leur miel ! et Dumbledore se méfie de plus en plus de moi… »
« Albus Dumbledore ? »
L'Alpha de Nurmengard hocha la tête pour montrer son assentiment.
« Heureusement, il ne te prête pas encore grande attention. », rassura-t-il son disciple. « Non, Albus n'est pas la principale de nos préoccupations en ce moment, Potter en revanche… Bien que j'aie interféré de nombreuses fois en faveur de son compagnon, il ne paraît toujours pas me faire confiance ! Il s'intéresse peu à mes propositions et demande toujours conseil à Lupin ! »
Son éternel sourire éblouissant légèrement mis à mal par sa frustration, Grindelwald plongea soudainement dans un silence pensif. Connaissant parfaitement son mentor, le plus jeune se garda bien de l'interrompre dans ses réflexions.
« Que proposez-vous de faire, Maître ? » osa-t-il finalement l'interroger au bout de plusieurs minutes d'attente.
« Se servir d'Harry Potter ne représente plus aucun intérêt. », posa le blond, son esprit reprenant, semblait-il peu à peu conscience de la présence du lycanthrope à ses côtés. « J'ai bien peur qu'il ne soit plus temps de faire appel à la subtilité, mon garçon. Il est venu le temps d'œuvrer en pleine lumière ! »
« Que voulez-vous dire ? » interrogea son élève, la voix légèrement tremblante d'appréhension. Les idées de son Maître pouvaient parfois se révéler incroyablement farfelues et dangereuses !
Jetant à peine un regard à son subordonné, l'Alpha de Serdaigle partit dans une longue diatribe.
« Les quatre territoires ne peuvent pas dériver plus longtemps ! Si nous laissons le destin de notre communauté aux mains de ces incapables, ils nous mèneront invariablement à notre perte ! Les lycanthropes sont des créatures synonymes de puissance et d'intelligence, destinées à régner sur les règnes animal et végétal. Ce stupide Comité formé autour de Potter ne vise qu'à nous complaire dans la médiocrité ! » s'exprima-t-il avec passion. « Mais les loups-garous sont capables de beaucoup plus que cela, et seule une guidance appropriée pourra les mener à l'excellence ! Serdaigle demeure depuis toujours le berceau du savoir des lycanthropes, l'essence même de notre communauté. Fenrir Greyback a fait de Salem sa terre d'asile et le centre névralgique des quatre territoires. Toutefois, il semble que ses descendants l'aient bien vite oublié. En tant qu'héritiers directs de l'héritage du Premier, nous nous devons de poursuivre ses principes et de créer le monde dont il a rêvé ! »
Pas sûr de saisir clairement les intentions du plus âgé, le plus jeune le questionna sans préambule.
« Que comptez-vous donc faire, Maître ? »
Le Serdaigle lui renvoya alors un sourire cruel.
« Malheureusement, une nation ne peut se créer que dans le sang, mon garçon. »
Bien que choqué par le ton blasé de son mentor, le jeune loup tenta de garder son visage le plus impassible possible.
« La communauté lycanthrope n'a-t-elle pas déjà subi bien trop de pertes, Maître ? N'existe-t-il pas une autre manière de lui rentre son prestige d'antan ? »
Un léger rire vint alors s'échapper de la gorge du plus âgé.
« La compagnie de tous ces « amoureux des lycanthropes » semble t'avoir rendu bien trop doux, mon garçon ! » se moqua-t-il avec indulgence. « Les quatre territoires ne pourront pas briller tant que la majorité du Comité sera à la botte d'un docile et de ses stupides préceptes vantant la médiocrité ! Ne veux-tu pas voir les loups-garous reprendre la place qui leur est due ? Ne veux-tu pas nous voir régner à nouveau sur le règne animal ? »
« Bien sûr que si, Maître. », s'empressa de répondre le plus jeune. « Seulement… »
« Seulement… ? » l'interrogea l'Alpha en relevant son sourcil droit.
Sentant malgré l'air complaisant de son mentor la menace qui couvait dans son regard, le jeune lycanthrope dut faire appel à tout son courage pour pouvoir poursuivre ses explications.
« La dernière attaque que vous avez orchestrée ne s'est pas réellement révélée une réussite ! Et elle aurait pu tourner totalement à notre désavantage, si Macnair ne s'était pas chargée du sort de Bellatrix Lestrange. », exposa-t-il. « Je n'ai jamais contesté aucune de vos décisions jusqu'ici, Maître. J'ai accepté de prendre part à vos plans, mêmes les plus bancals. Au nom de la Lune, j'ai même accepté de collaborer avec cette folle de Bellatrix ! Mais je ne suis pas sûr de pouvoir m'en prendre à un docile… »
« Que veux-tu dire ? »
« N'est-ce pas là votre plan, vous débarrassez d'Harry Potter et de ses plus fervents supporters, après l'avoir vous-même placé sur le trône des quatre territoires ? » demanda le plus jeune, le ton légèrement défiant.
Pendant une bonne trentaine secondes angoissantes, l'élève crut bien que son mentor allait lui sauter à la gorge toutefois, à sa grande surprise, le loup-garou ne lui offrit que son éternel sourire éblouissant – ce qui pouvait se révéler tout aussi effrayant ! -.
« Je reconnais bien là, mon élève ! Un esprit parfaitement aiguisé ! » s'amusa finalement le Serdaigle. « Seulement… je ne crois pas que tu aies le choix, mon garçon ! Nous – je – avons bien trop sacrifié pour abandonner nos – mes – projets, ici, si près du but… Il est bien trop tard pour avoir des remords ou des principes ! Les principes seuls n'ont jamais suffit à tenir à flots une nation ! »
Se rapprochant soudainement de son subordonné, Grindelwald se saisit alors violemment de son menton.
« Je t'ai accordé la puissance et le pouvoir, m'abandonneras-tu ainsi, mon garçon ? » susurra-t-il, son visage à quelques centimètres de celui de son interlocuteur tremblant. « Briseras-tu, toi aussi, ma confiance ? T'allieras-tu finalement à la médiocrité ? »
« Vous savez tr-très bien à quel point je vous estime, Maître… » bégaya le plus jeune, d'une voix à peine audible.
« Bien ! Je suis heureux que tu te souviennes de celui qui t'a élevé, et d'où doit aller ta loyauté, mon garçon ! »
Relâchant sa prise sur son disciple, l'Alpha de Nurmengard récupéra son perpétuel sourire.
« Je comprends ta compassion pour le jeune Potter, mon garçon. », compatit-il, plein d'hypocrisie. « Seulement, nous ne pouvons nous permettre de laisser l'avenir du peuple des quatre territoires entre ses mains. Il est de notre devoir de redonner à la communauté lycanthrope son prestige d'antan ! »
Sous le regard lourd de sens de son mentor, le loup-garou se résolut à capituler.
« Bien, Maître… », souffla-t-il en hochant faiblement la tête.
« Bien ! » accueillit Gellert Grindelwald, resplendissant. « Passons donc aux choses sérieuses ! Lestrange peut-être facilement appâté et Zabini ne représente pas encore une réelle menace. Non, ceux qui nous résisterons le plus seront invariablement les Poufsouffles et les Griffondors, et certainement Black ! Il faut donc veiller au plus urgent. »
Ne prenant pas la peine de vérifier que son élève l'écoutait avec attention, le Serdaigle poursuivit ses explications avec animation.
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Aucun des deux loups-garous ne sentirent ni ne virent, la silhouette sombre d'un de leurs congénères cachée habilement derrière les arbres.
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Lorsque le fils de Lucius Malfoy ouvrit à nouveau les yeux se fut pour se retrouver face à l'obscurité impénétrable de la nuit. Depuis combien de jours demeurait-il ici ? Un, deux…trois ? Qui sait peut être même bien une bonne semaine ! Le jeune adulte n'en avait aucune idée. Un terrible tiraillement vint soudainement prendre possession de ses entrailles. Et bien, s'il demeurait complètement ignorant face au temps, son estomac, lui, se rappelait parfaitement qu'il le malmenait depuis une éternité !
Allongé au fond du gouffre, loin de la surface, seules les étoiles parsemant le ciel noir offraient un quelconque semblant de lumière et d'espoir au dominant. La Déesse Lune, elle, semblait l'avoir définitivement abandonné. Mais l'ancien héros des quatre territoires n'avait pas dit son dernier mot ! La Déesse Lune ne paraissait finalement pas le considérer comme son fils et ne voulait peut-être plus de lui toutefois, il n'était pas encore temps de se laisser aller à mourir. Car, s'il avait erré au sein des quatre territoires pendant près de quatre ans, continuellement acclamé mais toujours au fond éternellement seul ce n'était plus le cas. L'ancien rôdeur possédait désormais un endroit, ou plutôt une personne auprès de laquelle retourner. Un Griffondor têtu et fonceur exultant le doux parfum de son chez lui.
Ainsi, ignorant la souffrance qui parcourait toujours chaque fibre de ses muscles, le loup-garou entreprit de se redresser sur ses quatre pattes. Si rouler sur le ventre fut des plus douloureux, le dominant se révéla incapable de trouver un quelconque mot à la hauteur de la torture qu'il dut faire subir à son corps afin de pouvoir enfin se tenir sur ses quatre membres. L'entreprise s'avéra d'ailleurs des plus complexes, le lycanthrope s'y remettant à plusieurs fois avant que ses pattes ne cessent enfin de s'effondrer sous le poids de son corps.
Crispant ses mâchoires pour refluer les messages de douleur que lui transmettaient presque chaque nerfs traversant son corps, le loup releva fièrement son museau vers la paroi rocheuse lui faisant face. Qu'importe l'effort et la souffrance, il parviendrait à franchir l'imposant obstacle lui faisant face. Un Malfoy n'abandonnait jamais face à l'adversité, et il vaincrait la falaise, dut-ce être le dernier acte qu'il accomplirait sur cette terre ! Son compagnon l'attendait dans la froideur de l'hiver et il ne lui faillirait pas !
Plantant ses griffes dans la roche, le dernier des Malfoys entreprit alors l'ascension du gouffre.
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Voilà des heures que Draco tentait tant bien que mal de gravir l'obstacle naturel qui lui faisait face, et cela était peu dire que d'affirmer que son adversaire lui résistait. Le lycanthrope s'était retrouvé de copieuses fois étalé pathétiquement dans la neige, où il avait déjà reposé pendant de trop nombreux jours, à son goût ! En effet, la paroi demeurait glissante, et les efforts désespérés du jeune adulte pour s'y agripper s'étaient soldés par une succession d'échecs, ayant provoqué maintes chutes.
La respiration hachée, le dominant jeta un énième regard glacé à la roche, tentant de la faire fléchir par la seule force de ses yeux, sans grand succès. Si le caractéristique regard pour le moins réfrigérant des Malfoys avait effrayé nombre de ses opposants par le passé, allant jusqu'à leur couper le souffle et la parole, l'adversaire qu'il affrontait aujourd'hui ne demeurait pas de chair et sang, et apparaissait totalement immunisé par ses orbes grises perçantes !
Grognant sous la colère, le loup ivoire se précipita à nouveau contre la roche, bondissant toutes griffes dehors. L'ancien Serpentard réussit ainsi à escalader quelques mètres avant de s'écraser finalement à nouveau par terre après qu'une de ses pattes arrière ait dérapé contre la paroi. Malgré la présence de la neige recouvrant le sol, le choc fut plutôt brutal. La colonne vertébrale du loup-garou vint ainsi violemment percuter le terre-plein, causant l'expectoration de fines gerbes de sang par l'animal. Le liquide écarlate vint alors peindre le manteau neigeux immaculé de façon saisissante.
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Ses prunelles argentées fixées sur le ciel orangé mais le regard interdit, l'ancien vagabond masqué demeurait insensible à la beauté du spectacle du soleil levant œuvrant face à lui.
Franchir la falaise demeurait impossible.
Qu'importe l'énergie et la détermination qu'il y mettait, l'ascension restait impraticable, et insuffler plus d'efforts dans cette tâche relèverait du pur et simple entêtement. Le jeune adulte s'admonestait d'avoir pu croire un seul instant, réussir. Les êtres vivants s'avéraient faibles face à la nature, et il avait été présomptueux de sa part d'avoir cru un seul instant pouvoir la dompter ! La nature était reine, les lycanthropes de simples esclaves de sa volonté, et elle l'avait ainsi puni de son audace, lui prouvant une fois de plus sa souveraineté.
Draco connaissait pourtant la toute-puissance de la nature, celle-ci lui avait déjà démontré maintes fois son insignifiance par le passé. Vulneris en demeurait un parfait exemple.
Les loups-garous s'étaient crus maîtres et elle leur avait rappelé leur infériorité, en les affligeant par la maladie. En réponse, les insectes qu'ils étaient avaient étonnamment tenté de mettre leurs différends de côtés et de s'enfuir ensemble des quatre territoires. Mais Nature demeurait reine, et leur acte désespéré ne se révélerait sans doute qu'un espoir illusoire.
Voilà près de trois semaines, que le convoi avait franchi les portes de l'Ouest et l'expédition ne leur avait offert aucun espoir. Aucun signe, aussi mince soit-il, qu'une terre hospitalière puisse les accueillir à l'extérieur des murs renfermant les quatre territoires.
Parce qu'il n'y en avait pas.
Draco en était sûr désormais. Il n'existait pas de quelconque paradis, aucune terre d'asile pour le peuple lycanthrope. Pauvres ignorants qu'ils étaient, priant la Lune pour qu'elle leur offre sa bienveillance, ils avaient délaissé et insulté la Nature et aujourd'hui, elle le leur rendait bien ! Leur exode ne s'avérerait qu'entreprise vaine. Espérer et prier ne changerait rien, l'Ouest du Mur ne demeurait que terre hostile : froid intense et relief infranchissable.
Ils auraient mieux fait d'implorer Nature en temps voulu pour qu'elle leur accorde sa miséricorde !
Fermant les yeux d'abattement, l'ancien Serpentard tenta de refluer la douleur parcourant son corps. Allongé à des dizaines de mètres de la surface, il ne lui restait plus qu'à attendre la mort patiemment. Celle-ci ne mettrait d'ailleurs pas bien longtemps à arriver. Le dominant n'avait rien avalé depuis quelques jours déjà, et son organisme souffrait de multiples contusions. Sa dernière chute semblait même avait causé des dommages internes plutôt important. Peut-être une hémorragie, qui sait ?
Ainsi s'éteindrait donc Draco Malfoy, fils de Lucius Malfoy et dernier représentant de sa lignée. Le sang royal des Malfoys disparaitrait donc avec lui. Nul doute que ses ancêtres devaient le mépriser pour sa « lâcheté » et l'anéantissement de leur précieux nom !
Peut être était-ce mieux ainsi. Les Malfoys n'avaient pas marqué l'histoire de Serpentard que de leurs exploits. Disparaître demeurait peut-être leur destiné. La communauté lycanthrope s'éteindrait bientôt à son tour, de toute manière... Bien que pour être honnête, Draco aurait préféré une mort un peu plus glorieuse !
Enfin, pouvoir choisir sa propre mort demeurait sans doute du domaine de la présomption !
Que les Malfoys le maudissent pour son pathétisme, le dominant n'en avait plus rien à faire !
Après tout, leurs propres morts ne s'avéraient pas forcément beaucoup plus reluisantes… à commencer par son père !
Lucius Malfoy, fort de sa puissance, de son intelligence et de sa supériorité, avait humilié Macnair avant de s'effondrer pathétiquement suite à l'attaque fourbe du plus jeune, alors qu'il paradait, dos à son ennemi, se croyant déjà vainqueur. La triste fin de son père avait au moins eu le mérite d'apprendre une leçon à Draco : Ne jamais sous-estimer son adversaire ! Cette leçon, le jeune adulte ne l'avait jamais oubliée et avait toujours bien veillé à l'appliquer avec assiduité !
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Bien ! Le dominant espérait que la mort se dépêcherait, car passer plus de temps à se laisser aller dans ces pensées déprimantes ne le tentait nullement ! La Déesse Lune, Nature ou quiconque possédant une once de pouvoir sur les mortels pouvait bien le lui accorder, n'est-ce pas ?
Il n'avait peut-être pas été le plus fervent des admirateurs – qu'importe le nom de la divinité ou puissance supérieure -, mais il ne demeurait pas non plus le pire, n'est-ce pas ? Il n'avait pas passé sa vie à mépriser tout être vivant, ou à éventrer impitoyablement ses semblables, ça devait bien compter pour quelque chose, non ?
Égaré dans ses interrogations existentielles, épuisé, le loup blanc ne sentit pas le sommeil – ou bien était-ce la mort ? - l'envelopper.
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À suivre…
*1 : Vous l'aurez compris la relation de Severus et Sirius demeure quelque peu compliquée ! Ils ne sont ainsi plus compagnons officiellement, seulement il leur arrive parfois d'être faible face à l'appel de la chair !
Fiou un nouveau chapitre de posté ! (avec limite plus de temps à le corriger qu'à l'écrire !) Oh, d'ailleurs, apparemment je ne me suis pas exprimée très clairement mais les chapitres restants d'Instinct Animal sont déjà écrits, donc soyez assurés que je respecterai les dates que je vous donne !^^
Sinon ce chapitre, à la hauteur de ce que je vous avais promis ? Bon, Draco passe un peu à la trappe, et Harry, bien que nouvellement Alpha est pour ainsi dire plus seul que jamais ! Mais… J'ai réconcilié et formé de nombreux autres couples !^^
Prochain chapitre : Neville Londubat
À la semaine prochaine
Nihona
