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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !

Pairing : HPDM….Rating : M

Genre : Aventure/Fantastique/Romance

Parution : 22 chapitres. Je continue à poster chaque semaine.

RAR : Je remercie encore brigitte26, stormtrooper2 et ptitcoeurfragile pour leurs reviews ! Vous gérez grave !
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Chapitre 18 : Neville Londubat

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En cette fin février, les doux rayons de l'aube vinrent progressivement réchauffer le corps inerte de l'héritier des Malfoys. Courant à travers sa fourrure tachée de sang, l'astre joueur réussit à percer la conscience de l'endormi.

Telle la présence d'une amante, Draco sentait une douce chaleur réconfortante le caresser tendrement, se perdant amoureusement dans son poil. Peu à peu, l'agréable sensation vint envahir l'ensemble de son corps, l'enveloppant tel un cocon. Perdu dans cette nouvelle sensation de volupté, les yeux fermés, toujours inconscient du monde extérieur, le lycanthrope laissa ses babines se retrousser en un léger sourire. Il était tellement bien ! Quel que fut la source de cet incroyable bien-être, il n'avait qu'une seule chose à lui dire : « ne t'arrête pas ! »

Toutefois, le confort de l'assoupi fut troublé lorsqu'une douce odeur d'amande vint chatouiller son museau. Cette odeur…

Elle lui rappelait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Quelqu'un d'important. Quelqu'un qu'il ne devait surtout pas oublier...

Quelqu'un qui AVAIT BESOIN DE LUI !

Ouvrant soudainement les yeux d'effroi en même temps que le nom de son compagnon quittait sa gueule, le lycanthrope se redressa d'un bloc, récupérant l'usage de ses pattes sans aucune difficulté, la douleur parcourant son corps comme anesthésiée par la rapidité du mouvement. Alors que l'écho de son cri – ou plutôt de son hurlement – contre les parois du gouffre s'estompait peu à peu, haletant, l'ancien Serpentard prit lentement conscience de son environnement.

Il était toujours dans ce foutu ravin !... Ou bien, il était mort et demeurait condamné à tout jamais à hanter les lieux !

Piétinant légèrement sur lui-même, Draco fut surpris lorsque la souffrance ne vint pas accabler son corps. Alors qu'il commençait tout juste à se réjouir de cet état de fait, l'aboutissement d'un tel constat vint soudainement le frapper, lui provoquant une grimace d'horreur. Qui ne pouvaient pas ressentir la douleur à part…

… les morts !

Enfin, il ne pouvait pas être réellement mort, pas vrai ?

Il se souvenait avoir prié la mort de venir le chercher mais bon, on ne pouvait pas l'avoir pris au sérieux, pas vrai ? À ce moment-là, il était complètement épuisé aussi bien physiquement que psychologiquement, et il ne savait plus trop ce qu'il disait – ou plutôt pensait -. On ne pouvait pas lui en tenir rigueur. Les paroles d'un lycanthrope blessé et déboussolé ne pouvaient pas être considérées comme sensées !

Non, vraiment… c'était une blague, n'est-ce pas ? Il n'était pas réellement mort…

Mais oui, tout ça n'avait pas de sens. Les morts demeuraient morts, et les vivants, vivants ! On ne pouvait se situer entre les deux !
Il n'avait jamais cru à la Déesse Lune, à la vie dans l'au-delà, ou à n'importe laquelle de ces sornettes, et cela ne commencerait certainement pas aujourd'hui ! S'il s'avérait présent sur Terre, c'est qu'il était vivant, un point c'est tout ! Seuls les vivants pouvaient se promener sur Terre, et il n'existait pas de plus criante vérité !

Maintenant s'il ne ressentait plus aucune douleur, cela voulait juste dire qu'il souffrait tellement que son cerveau n'arrivait plus à faire la part des choses, ou bien alors, il rêvait – ou cauchemardait - !

Oui, voilà…c'est ça ! Il devait rêver ! Et seuls les vivants rêvaient ! Les morts, eux… se contentaient d'être morts !

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Fort de ses conclusions, le dernier Malfoy redirigea son attention vers la paroi rocheuse à sa droite. Qu'il rêve ou qu'il soit bien ancré dans la réalité, tenter de mettre un point final à l'ascension de cette fichue falaise ne pouvait pas lui faire de mal, pas vrai ? Dans le premier cas, cela pourrait lui donner des indications pour quand il se réveillerait et dans le second cas, et bien, il n'avait pas trop le choix, hein ? Mourir, seul, au fin-fond d'un ravin ne demeurait définitivement pas une option !

Contrant la faim qui rongeait ses entrailles, le loup blanc entreprit donc d'escalader le mur rocheux.

Une étrange pensée vint néanmoins brièvement traverser son esprit : Était-il possible d'avoir faim dans les rêves ?

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Les griffes de ses pattes avant fermement plantées dans la roche, ignorant avec aplomb les tremblements de ses muscles, Draco usa de toute la force de ses membres antérieurs pour se hisser sur le becquet le surplombant. Toutefois, le terre-plein apparut rapidement trop haut, hors d'atteinte, et sa force, elle, trop faible. Ses tentatives désespérées pour tracter son corps sur la plate-forme se virent ainsi solder les unes après les autres d'échecs.

De plus en plus frustré par son manque de réussite, la fourrure humide de sueur sous l'effort qu'il imposait à son organisme, le lycanthrope sentit avec horreur la fatigue refluer peu à peu l'adrénaline qui dirigeait précédemment son être.

Merde, ça ne pouvait pas arriver !

Il avait finalement réussi à escalader la moitié de la paroi au prix de grands efforts, et il ne lui restait plus qu'à gravir les vingt-cinq derniers mètres subsistants, ça ne pouvait pas lui arriver maintenant ! Son corps ne pouvait pas l'abandonner maintenant !

Il était Draco Malfoy, au nom de la Lune ! Draco Lucius Malfoy, l'unique fils de l'Alpha de Serpentard Lucius Malfoy, le célèbre héros masqué le « Loup Marcheur », le précédent Alpha parmi les Alphas des quatre territoires et vainqueur contre le redouté Walden Macnair ! Il avait même affronté la bête capable de déraciner des arbres, et réussit à ressortir vivant d'une chute d'une cinquantaine de mètres dans un gouffre ! Il ne pouvait pas échouer à gravir une stupide falaise après avoir affronté autant d'épreuves !

Luttant désespérément pour conserver sa prise sur la roche, le dominant griffait fiévreusement la surface froide faisant face à ses pattes postérieures.

Il n'abandonnerait pas ! Les Malfoys n'abandonnaient jamais, et il ne serait certainement pas le premier à infirmer cette règle ! Abandonner toute tentative de grimper sur le becquet signifiait effectuer une chute de plus de vingt-cinq mètres pour le moins vertigineuse. Et cela signifiait également la mort. Et une mort assurément douloureuse !

Mais il ne mourrait certainement pas ici ! Lui, Draco Malfoy dominerait la Nature, et lui montrerait ce dont était capable un Malfoy !

Resserrant l'emprise de ses pattes antérieures sur la corniche du terre-plein, Draco envoya violemment balancer ses membres postérieurs en l'air. L'oscillation du bas de son corps mit rapidement en péril sa prise sur la plate-forme, cependant, cela ne découragea nullement l'ancien Serpentard. Profitant du mouvement de balancement, le lycanthrope tenta de crocheter les griffes de ses pattes arrière au bord supérieur de l'avancée rocheuse.

Il effectua un premier essai, ses appendices tranchants traçant de fines striures dans la paroi à un vingtaine de centimètres sous le terre-plein.

Un deuxième essai, ses griffes effleurant cette fois-ci le sommet du bord de la plate-forme.

Et finalement, un troisième essai envoya son postérieur s'échouer violement contre le manteau neigeux recouvrant le becquet.

Grimaçant sous la douleur qui vint alors soudainement parcourir son corps, le loup-garou se releva lentement sur ses quatre pattes. Avisant son point de vue, il laissa ses babines se retrousser doucement en une esquisse de sourire.

Il avait réussi ! Il était parvenu à gravir ce foutu terre-plein !

Il ne lui restait désormais plus qu'à escalader l'autre moitié de la falaise ! Haut les cœurs !

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Après avoir profité pendant quelques instants de la tendre caresse de l'astre diurne dans son pelage humide de neige et de sueur, le dominant décida de se réattaquer à la paroi. Il franchit ainsi une dizaine de mètres à la force de ses membres antérieurs et postérieurs avant de se retrouver face un obstacle pour le moins gênant. A sa gauche, une faille oblique d'une largeur d'au moins quatre mètres et la profondeur inimaginable, venait zébrer la paroi d'est en ouest tel un éclair, fractionnant le mur naturel en deux compartiments rocheux bien distincts. Ainsi, le bloc sur lequel l'ancien Serpentard effectuait son ascension voyait sa course se terminer abruptement tout juste un mètre au-dessus du loup blanc.

Examinant attentivement la difficulté lui faisant face, Draco tenta rapidement d'échafauder un plan susceptible de contrer son opposant. Mais la falaise et par extension Nature avaient définitivement décidé de ne pas lui faire de cadeau !

Franchir la faille par la gauche apparaissait comme une entreprise pour le moins démesurée. Bien que le loup-garou disposait d'un corps pour le moins puissant, s'élancer dans le vide pour se raccrocher à une autre paroi abrupte près de quatre mètres plus loin, demeurait au-delà de ses capacités.
Prendre par la droite ne semblait pas plus avisé. Le mur rocheux qu'il escaladait atteignait son sommet juste au-dessus de sa tête, se déplacer à droite n'y changerait rien et ne reviendrait qu'à épuiser inutilement ses dernières ressources. Le manque de nourriture, ses blessures et l'exercice avaient déjà drainé son corps de son énergie, autant utiliser ses dernières réserves à bon escient !
La dernière solution qui lui restait demeurait donc, d'atteindre le sommet de son compartiment rocheux, et de s'aider ensuite de la force de ses pattes postérieures pour sauter et se saisir alors en dévers de l'extrémité supérieure de la faille, siégeant sur le compartiment de gauche. Suspendu par les pattes avant sous le toit de la paroi, il n'aurait alors qu'à franchir la pointe saillante le surplombant.

Toutefois, ce plan se révéla rapidement un échec lorsqu'un rapace ayant élu domicile au sommet du compartiment rocheux qu'escaladait le dominant, attaqua celui-ci à peine eut-il ré-entamé son ascension. Perdant l'équilibre sous l'offensive soudaine de l'animal, Draco dérapa sur plusieurs mètres avant de se rattraper in extremis à la paroi, ses griffes s'enfonçant cruellement dans la roche sur son passage.

Le cœur battant la chamade, l'ancien vagabond masqué poussa un énorme soupir de soulagement en constatant qu'il était encore vivant. Néanmoins, le dominant se rendit rapidement compte que sa chute n'avait pas été sans dommages. Une plaie béante recouvrait désormais son flanc là où la pierre avait férocement brûlé la chair. Fermant les yeux sous la douleur, Draco jeta un coup d'œil à son nouvel environnement. L'intervention de l'oiseau lui avait fait dévaler bien la moitié des précieux mètres qu'il venait de monter.

Les éléments demeuraient-ils réellement tous contre lui, au nom de la Lune !

L'énorme bête aux yeux jaunes arrondies, les gorges et maintenant ce fichu aigle ! Lui donnerait-on réellement une chance de s'en sortir ?

Bien ! Atteindre le sommet du compartiment rocheux ne demeurait définitivement plus d'actualité désormais, alors…que lui restait-il ? Partir à droite n'arrangerait pas plus ses affaires, et aller à gauche, semblait toujours aussi suicidaire ! Comment allait-il donc se sortir de ce foutu merdier !

Un Malfoy n'abandonnait jamais, pas vrai ? Eh bien, peut être allait-il falloir revoir cette règle ! En ce moment-même, Draco ne voyait pas bien comment il allait pouvoir l'appliquer ! On dirait bien qu'après moult périples, il avait finalement trouvé une situation à laquelle elle ne pouvait s'appliquer.

Que son père et ses ancêtres lui pardonnent, le dernier héritier des Malfoys sentait venir sa fin. Si, comme il le pensait désormais, tout cela n'était pas un rêve mais bien la réalité, il était venu l'heure pour Draco Malfoy te tirer sa révérence. Après avoir maintes fois trompé la mort, son faible corps de lycanthrope aurait finalement raison de lui !

Bien, il effectuerait donc une dernière tentative pour le moins désespérée avant de laisser la mort l'emporter…

Ainsi résolu à son sort, Draco reprit son ascension vers la faille, déviant cette fois-ci vers la gauche. A situation désespérée, mesures désespérées, n'est-ce pas ?

Agrippé fermement au bord oblique droit de la brèche, l'ouverture béante semblait le narguer. Quatre mètre le serait de la paroi d'en face, au nom de la Lune ! Prenant une grande inspiration, le loup-garou fléchit lentement ses pattes arrière, venant ramasser son corps contre celles-ci dans une posture idéale à la propulsion. Voilà, le moment était venu. Tout allait se jouer maintenant. Sa vie, sa mort. Tout cela allait se décider en une fraction de seconde.

L'ancien Serpentard esquissa alors un mouvement vers la gauche, mais son instinct animal se rappela rapidement à lui, l'empêchant de sauter. Une larme dévala aussitôt le visage déboussolé du loup ivoire. Il ne voulait vraiment pas mourir aujourd'hui ! Il avait à peine vingt-et-un an, merde ! C'était bien trop jeune pour mourir ! Il avait encore toute la vie devant lui ! Des terres à découvrir…Un peuple à gouverner ! Un compagnon à chérir, et même de futurs enfants à procréer et élever !

Pourquoi devait-on donc être si cruel avec lui et lui ôter la vie si tôt ? Qu'avait-il donc fait pour mériter cela ?

Alors que le dernier des Malfoys se laissait finalement aller à ses larmes et son désespoir. Un courant d'air chaud vint soudainement caresser sa nuque. Tournant son museau vers le soleil, surpris, le lycanthrope fut stupéfié par le spectacle se déroulant devant ses yeux. L'astre diurne brillait plus fortement que jamais, sa silhouette habituellement arrondie se tordant progressivement pour laisser apparaître celle d'un loup. Le poil scintillant, les prunelles lumineuses de la bête semblaient passer tout droit à travers le corps du jeune loup-garou si bien que le dominant ne put s'empêcher de frémir sous l'intensité du regard de l'apparition céleste. Celle-ci détailla l'ancien vagabond masqué pendant quelques minutes, avant de se redresser, accentuant un peu plus son port altier auprès de son interlocuteur.

« Est-ce donc tout ce dont tu es capable, Draco ? »

La voix froide pour le moins familière sortit efficacement celui-ci de sa transe.

« J'avais fondé de grands espoirs en toi, Draco. Inutile donc de t'exprimer ma déception face à ton attitude actuelle ! »

Plissant les yeux sous l'intensité lumineuse, l'ancien Serpentard ne semblait toujours pas avoir retrouvé l'usage de la parole. Devant le comportement mutique de son interlocuteur le loup étincelant ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir de dépit.

« Tu rencontreras de nombreux obstacles le long de ta route, Draco. Et si ta vie t'a semblé pour le moins chaotique jusqu'à présent, cela n'en est pourtant que le début. », déclara-t-il placidement. « Tu viens à peine de quitter le confort des quatre territoires, et tu affronteras encore maintes difficultés. Ta destinée n'est pas de finir pitoyablement laminé au fond d'un ravin, et tu as encore de nombreuses choses à accomplir. Alors relève la tête, stupide gamin ! Un Malfoy ne s'apitoie ô grand jamais sur son sort et ne pleurniche pas tel un pathétique cabot ! »

Serrant ses mâchoires sous la colère, Draco renvoya un regard orageux à l'impudent qui avait osé ainsi l'insulter !

« Remballe tes grands airs, jeune homme ! » le rembarra amusé l'apparition. « Tu as peut être grandi, Draco, et les lycanthropes ont peut être appris à te craindre et à te respecter tel le Malfoy que tu es mais ce regard, je l'ai perfectionné bien avant toi et sache qu'il n'aura jamais aucun effet sur moi ! »

Le dominant eut bien envie de lui répliquer qu'il avait perdu cette opportunité en mourant pathétiquement il y a de cela plus de sept ans, mais, étonnamment, il se retint.

« Tu n'es peut être pas ce stupide Fils de la Lune, Draco, mais tu portes en toi, la puissance de bien plus qu'une nation ! Tu as choisi le fils Potter, et malgré son sang douteux de Griffondor, il est indéniablement celui qui te correspond. » concéda, bien malgré lui, Lucius. Il reprit alors d'une voix bien plus animée, le visage étonnamment expressif pour un loup, et surtout pour l'impassible Lucius Malfoy. « Tu as choisi ton compagnon, et désormais, tu dois agir tel le dominant que tu es ! Potter a besoin de toi, Draco. Il a besoin de son compagnon pour le protéger de tous ces vautours qui l'entourent et pour réaliser la prophétie de cette cinglée de Trelawney ! Alors ressaisis-toi, Draco ! Montre à tous ces imbéciles la réelle puissance d'un Malfoy, la réalité de cette puissance qui est tienne ! »

Le loup scintillant offrit un long regard pensif à son fils, avant d'ajouter le ton doux presqu'ému.

« Je n'ai peut-être pas toujours brillé par mes actes et je t'ai peut-être déçu, Draco mais il ne tient qu'à toi de montrer au monde à quel point tu es différent ! Tu as toujours fait ma fierté jusqu'à présent, et je ne doute pas du fait que tu continueras à la faire. »

Le sourire étrangement chaleureux de Lucius Malfoy se vit alors effacé, l'astre diurne reprenant progressivement sa forme initiale.

Clignant stupidement des paupières face à la disparition de la silhouette de son père, Draco recouvrit soudainement le lien avec la réalité et par là-même sa voix.

« PÈRE ! »

Toutefois, seul l'écho de son propre cri perçant le silence de cette froide mi-journée de février répondit au loup-garou.

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Le corps plaqué contre la dureté de la paroi, le loup ivoire ressassait le discours de l'ancien Alpha de Serpentard.

Pour la première fois de sa vie – ou était-ce de sa mort ? -, l'implacable Lucius Malfoy avait exprimé sa fierté pour son fils. Durant son enfance, Draco se serait damné pour ne recevoir ne serait-ce qu'un aperçu de ses paroles. Aujourd'hui, il ne savait plus trop comment réagir à celles-ci.

Bien sûr que le jeune adulte en demeurait honoré, seulement, avec la vie qu'il avait vécue après la mort du patriarche Malfoy, il n'était pas sûr lui-même d'apprécier ses propres choix. Il avait été animé par son désir de vengeance pendant toute son adolescence et aujourd'hui, alors même qu'il avait enfin réussi à accomplir celle-ci, il n'arrivait pas à en éprouver une quelconque fierté.
Walden Macnair lui était toujours apparu comme le lycanthrope le plus haïssable que l'on puisse rencontrer, et il demeurait d'ailleurs loin d'être un enfant de cœur néanmoins, il ne s'avérait pas aussi cruel que Draco avait bien voulu le croire.

Le Serpentard s'était langui d'amour pour sa mère pendant des années, pour l'amour de la Lune !

Comment, le jeune dominant aurait pu sciemment le mépriser après avoir été témoin de cette pitoyable vérité ? et d'ailleurs, c'était exactement ce que ressentait désormais le jeune adulte pour l'Alpha de Serpentard, de la pitié !

Bien, son père se révélait fier de lui…tant mieux ! Quelle qu'en soit la raison, l'ancien vagabond masqué pouvait bien accepter un peu de reconnaissance de la part de son paternel ! Cependant, Lucius avait fait mention de bien d'autres faits. Le loup scintillant avait rabroué son fils et sa conduite, et lui avait affirmé que sa mort n'était pas encore arrivée et qu'il réussirait donc à franchir cette foutu faille et à venir à bout de cette fichue falaise ! Là encore, bien que surpris par les allégations du plus âgé, Draco ne pouvait que s'en montrer soulagé.
Là où les choses devenaient réellement étranges, demeurait indéniablement lorsque Lucius Malfoy avait désigné nul autre qu'Harry Potter comme l'élu de la prophétie ! Non pas que Draco pense qu'Harry ne soit pas une personne remarquable, mais il existait tout de même un gouffre – oh ironie – entre être quelqu'un disposant d'un certain potentiel et l'élu d'une prophétie promettant la réunification des quatre territoires en une nation unique !

Enfin, même si le jeune adulte demeurait désormais certain de ne plus rêver, il ne pouvait affirmer que la fatigue ne lui était pas montée à la tête ! Après tout, le soleil n'avait pas l'habitude de prendre l'apparence de défunts loups-garous. Oui, cela expliquait sans doute pourquoi l'apparition avait déclaré être fière de lui. Même mort – bien que les morts ne puissent parler, de toute façon -, Lucius Malfoy n'aurait jamais laissé glisser de telles paroles pleines de bons sentiments, il avait toujours préféré laisser cela aux Griffondors et aux Poufsouffles !

Bien, il venait sans doute d'halluciner, seulement… cela ne signifiait pas que tout le discours de l'illusion Lucius Malfoy demeurait inintéressant. L'apparition de la personne de son père s'avérait très probablement un sursaut de sa conscience, qui lui offrait ce qu'il avait besoin d'entendre afin de surmonter cette ultime épreuve ! Et si sa conscience elle-même se rebellait contre lui, qui était Draco pour ne pas l'écouter ?

Il ne disposait que d'un essai pour franchir la faille, une seule chance de sortir du gouffre avec une probabilité de cinquante pour cent de réussir comme d'échouer, à lui de faire que cet essai soit concluant ! S'il devait mourir aujourd'hui, il mourrait en lycanthrope fier, ayant donné toute son énergie pour sa survie !

L'esprit désormais purgé de tout doute, le loup blanc reprit sa position. Le corps ainsi ramassé contre ses pattes arrière fléchies, il lança un regard déterminé au compartiment rocheux d'en face, avant d'entamer mentalement un décompte.

3

L'aigle jeta un coup d'œil méfiant à la bête cramponnée fermement au mur rocheux quelques mètres plus bas.

2

Une goutte de sueur vint chatouiller le museau du carnivore.

1

Le loup-garou cligna une dernière fois subrepticement des paupières.

« 000000000000….. »

Le hurlement du loup résonna quelques secondes dans les gorges, alors même que l'ancien Serpentard terminait sa descente contre la paroi du compartiment gauche de la faille, ses griffes antérieures se plantant efficacement dans la roche après une chute d'une dizaine de mètres. Les pattes postérieures se balançant dans le vide, la joue plaquée contre la roche, son regard faisant face au compartiment rocheux sur lequel il se trouvait encore quelques instants plus tôt, Draco sentit la pression quittée soudainement son corps pour le conduire dans un grand rire libérateur.

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S'aidant des quelques conifères insensibles aux lois de la gravité qui poussaient dans le gouffre, il ne fallut qu'un petit quart d'heure à l'ancien chef des quatre territoires pour réaliser l'ascension des derniers mètres le séparant du sommet de la falaise. Ses quatre membres fermement enfoncés dans la neige recouvrant l'orée de la forêt, Draco jeta un dernier coup d'œil à l'astre diurne, brillant déjà haut dans le ciel, avant de s'enfoncer dans les ténèbres du bois. Le dominant sentit alors les rayons chaleureux joués quelques instants avec la fourrure de son dos avant que le froid de février ne se rappelle finalement à lui.

Bien ! Il devait rejoindre le convoi des quatre territoires au plus vite mais avant tout, son estomac avait grand besoin d'être contenté !
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Agilement dissimulé derrière un des arbres entourant le campement des quatre territoires, Gellert Grindelwald s'impatientait.

Voilà déjà presque deux semaines que le convoi des quatre territoires avait repris sa route, Harry Potter à sa tête seulement, l'Alpha de Serdaigle n'avait nullement l'impression de posséder le trône du Premier…

Après quelques débuts chaotiques – une ou deux anicroches, rien de bien alarmant ! -, la situation avait pourtant tourné à nouveau à son avantage, ses plans se réalisant alors avec presque trop de facilité ! En effet, sa proposition de faire du docile de Griffondor l'Alpha ultime du peuple lycanthrope avait été aussitôt soutenue par le Comité, et le Griffondor avait ainsi pris la place qu'il lui avait prévu. Oui, tout s'était bien déroulé selon ses plans. À une exception près…

Le résultat !

Le Serdaigle avait pensé pouvoir aisément manipuler le brun selon ses attentes afin de régner dans l'ombre, seulement le plus âgé des Potters avait démontré posséder une force de caractère dont il n'aurait jamais soupçonné l'existence !

Pourtant, la disparition du jeune Malfoy avait fortement tourné en la faveur du Serdaigle, le débarrassant d'un obstacle et laissant par la même son compagnon déboussolé, seul et sans défense et c'est pourquoi Grindelwald avait alors proposé la candidature du lycanthrope inexpérimenté, et surtout dominé à ses compères. Gellert avait pensé pouvoir diriger l'adolescent éploré dans l'ombre sans grande difficulté, toutefois les évènements lui avaient donné tord.

Si Harry Potter avait bien été anéanti par la perte de son tout fraîchement lié, l'étonnant entourage qui l'encadrait l'avait aidé à tenir bon, et l'avait éloigné, lui, Gellert Grindelwald de l'attention du Griffondor, réduisant son influence sur le naïf brun au quasi néant. Remus Lupin, Ronald Weasley, Cedric Diggory, Sirius Black et même Albus Dumbledore, autant de noms que le Serdaigle abhorrait.
Même son plus vieil ami avait osé le trahir ! car le blond en était sûr, le bienveillant roux soupçonnait l'existence de ses plans.

Avec les trois autres Alphas des quatre territoires à ses côtés, il demeurait désormais impossible pour le Serdaigle de faire face au docile brun. Ô comme il regrettait d'avoir placé cet enfant ignorant sur le trône du Premier, tout aurait été bien plus simple si ses plans initiaux s'étaient réalisés !

Il avait commencé à fomenter son ascension au trône des quatre territoires, il y a plus de dix ans ! alors quand et comment la situation avait-elle pu lui échapper à ce point ?

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Albus Dumbledore était venu lui rendre visite un soir de juillet 206 pour lui faire part des ses soupçons quant à l'identité du fils de la Lune, et à la possibilité que Draco Malfoy puisse être le sauveur des quatre territoires. Les deux amis avaient longtemps conversé, s'horrifiant devant la menace de plus en plus importante que représentait la Grande Prêtresse des Serpentards et Albus avait finalement conclu leur entretien en lui signifiant ses intentions d'entraîner le jeune Malfoy afin d'en faire un sauveur redoutable.

Bien que doutant du rôle de l'adolescent dans l'avenir de la communauté des lycanthropes, Gellert avait soutenu le Griffondor, tout en amorçant lui-même des recherches sur l'élu de la prophétie de Sybille Trelawney. Car, bien qu'ayant des doutes sur le jeune Serpentard, le Serdaigle admettait néanmoins que l'influence de Bellatrix Lestrange devenait de plus en plus inquiétante, et que l'ascension d'un nouveau « Premier » s'avérerait sans doute nécessaire pour contrer la brune.

Ainsi, bien que ne prêtant que peu de foi aux paroles des Prêtresses de la Lune, l'Alpha de Serdaigle convoqua la Poufsouffle à Nurmengard et étonnamment, les révélations de la blonde lui offrirent de nouvelles possibilités. S'il arrivait à mettre la main sur un naïf lycanthrope - un tant soit peu talentueux - dont le profil correspondrait parfaitement à la prophétie, et qu'il le formait lui-même, il pourrait s'emparer du trône du Premier et écraser lui-même la menace que représentait la Serpentarde sous les encouragements mêmes de la populace ! Bien sûr, son élève lui servirait d'excuse pour gouverner, et le blond laisserait ses ignorants croire que le pays demeurerait aux mains de leur sauveur !

Gellert avait longtemps cherché son fameux disciple, et il l'avait finalement trouvé un jour d'avril 210 à Salem. Le garçon possédait un potentiel qui semblait avoir totalement échappé à son entourage, et l'Alpha en avait fait un joyau !

Oui, le Serdaigle avait durement entraîné le dominant, attendant patiemment le moment propice pour introduire sa carte maîtresse dans le jeu du destin. Patience ne demeurait-elle pas mère de sûreté, après tout ? Le dirigeant était bien conscient de ne posséder qu'une seule et unique chance d'ériger l'Alpha des quatre territoires, et il comptait bien réussir !

Bien entendu, il n'en avait pas pour autant oublier le candidat de son vieil ami Griffondor. Draco Malfoy ne correspondait peut-être pas à l'intitulé complet de la prophétie, mais le Serdaigle ne pouvait ignorer son potentiel. Sous sa forme de « Loup Marcheur », le Serpentard pourrait bien réussir l'exploit de retenir le consensus des dirigeants des quatre territoires.
Gellert ne croyait pas plus que quelques années auparavant aux pouvoirs de la Déesse Lune et de ses prêtresses, et ne comptait pas voir le prochain « Grand » Alpha des loups-garous lui passer sous le nez pour s'être attardé sur pareil détail qu'une prophétie réalisée par une idiote de Poufsouffle ! Après tout, seul lui et Sybille Trelawney connaissait l'entièreté de la prophétie laissant libre loisir au Serdaigle d'instituer le vagabond au nom de celle-ci. Car, si la première partie des paroles de la Prêtresse avait réussi à induire en erreur le Grand Albus Dumbledore sur l'identité de l'élu, elle pourrait sans difficulté leurrer les autres dirigeants.

Ainsi, lorsque James Potter convoqua soudainement un nouveau Comité à Griffondor, l'Alpha de Serdaigle prit parti de soutenir le jeune rôdeur. Et d'ailleurs, tout s'était plutôt bien passé jusqu'à la découverte de la véritable identité de Filius Lunæ en territoire serpentard. Libérer le jeune blond se révéla rapidement un échec, et suite à la mort imprévue de l'Alpha des Griffondors – pour laquelle Grindelwald soupçonnait fortement Bellatrix Lestrange. La brune étant passé maîtresse dans l'art des poisons -, le blond dut adopter une nouvelle stratégie.

Utiliser Draco Malfoy devenait inutile, et il devait donc installer un nouveau pion dans la course au trône du Premier. Toutefois, la renommée soudaine d'Harry Potter ne lui permit pas de procéder à l'avènement de son propre élu.
Dépité, le redoutable Serdaigle dut faire appel à tout son self-control, et s'en remettre à nouveau au temps.

Et il avait attendu, attendu et encore attendu… Et la chance semblait lui avoir enfin sourit lorsque le jeune Malfoy avait assassiné Walden Macnair, avant de disparaître à son tour. Les quatre territoires ne possédaient plus que deux Alphas, et il demeurait l'un d'entre eux. Harry Potter, aussi populaire soit-il, restait un docile, et se révélait de par ce fait facilement manipulable. Gellert put alors lancer son nouveau plan. Faire de l'adolescent brun l'Alpha des quatre territoires.

Il ne restait plus qu'à convoquer un nouveau Comité et leur faire part de la seconde partie de la prophétie. Avec de telles données en mains, nul ne pourrait remettre en question la légitimité du docile. Et quiconque oserait douter de ses paroles, se retrouverait face à Trelawney. Oui ! Il n'y avait pas de plan plus parfait ! En nommant un loup-garou tel Harry Potter à la tête du pays et en lui offrant des gardes du corps, personne ne soupçonnerait jamais ses propres desseins !

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Seulement son plan parfait avait échoué.

Ces imbéciles de lycanthropes avaient bien autorisé le jeune Potter à prendre place sur le trône du Premier, et ils s'étaient alors empressés de venir pulluler autour de l'adolescent, telles des abeilles ouvrières autour de leur reine, empêchant efficacement le Serdaigle d'asseoir son influence sur le pauvre docile.

Et tous ces misérables insectes disposaient désormais de SON trône !

Mais Gellert comptait vite reprendre ce qui lui revenait de droit ! N'était-il pas un descendant direct du Premier ? Le sang royal de Fenrir Greyback coulait dans ses veines, et de par ce fait, n'était-il pas normal qu'il hérite du titre de son ancêtre ? Il demeurait le dépositaire légitime du trône des quatre territoires et il allait le montrer à cet avorton de Potter et à tous ces foutus suiveurs !

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Notant enfin l'approche de sa victime, l'éternel sourire éblouissant de l'Alpha des Serdaigles se transforma en une grimace cruelle. Enfin !

Avisant une dernière fois les alentours pour s'assurer qu'aucun autre lycanthrope ne se promenait dans les environs, Gellert sortit de l'ombre des arbres dans laquelle il se cachait jusqu'à présent pour s'avancer vers sa cible.
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Profitant des quelques instants de répit qu'il possédait maintenant que le peuple des lycanthropes avait installé leur camp, Cedric Diggory s'éloigna quelque peu des tentes pour s'isoler.

Voilà déjà six mois que James Potter avait convié le premier Comité à Godric's Hollow, quatre mois que la véritable identité du « Loup Marcheur » avait été dévoilée, presque deux mois que les Poufsouffles avaient quitté leur territoire, un peu près trois semaines que Griffondor et Serdaigle les avaient rejoints, et plus de deux semaines maintenant que Draco Malfoy avait basculé du haut de la falaise, et l'Alpha de Beauxbâtons ne savait plus trop où il en était !

Ces derniers mois, et plus particulièrement ces dernières semaines avaient complètement chamboulé sa perception des choses et par extension son existence. Cedric avait fait la cour pendant plus d'un an et demi à Harry Potter dans l'espoir que le Griffondor revienne enfin sur ses positions, mette son aversion pour les dominants de côté et lui offre son cœur mais la vie lui avait enseigné que les choses ne demeuraient pas toujours ce qu'elles semblaient être !

Pour commencer, il avait appris que son fidèle confident, le « Loup Marcheur » ne s'avérait être nul autre que Draco Malfoy, le fils de l'ancien Alpha de Serpentard, qu'il n'avait jamais grandement apprécié. Puis, que ce même Draco Malfoy, qu'il croyait être son ami sous son apparence masquée, avait apparemment eu une relation, bien que compliquée, avec l'objet de son affection. Et, quand lui, Cedric, avait mis sa douleur et sa fierté de côté et finalement accepté de tolérer le dominant et sa relation avec le jeune Potter, son ami retrouvé avait soudainement disparu juste sous ses yeux ! Sa vie pouvait être réellement plus torturée ?!

Quelle leçon y avait-il vraiment à tirer de tels évènements ?

Que la Lune finissait toujours par punir ceux qui osaient tromper ? Alors… le pardon n'avait-il pas d'importance ?

Le châtain ne savait plus quoi en penser ! Il avait à peine eu le temps de pleurer la perte d'un amour qui demeurerait désormais à jamais à sens unique, qu'il avait dû faire face au vide immense de la disparition de son plus cher ami. On lui avait d'abord arraché le cœur pour ensuite lui amputé un bras et malgré tout, il se devait de garder la tête droite ! Si la mort de Draco Malfoy l'avait affecté, sa douleur n'était rien face à celle que devait ressentir son compagnon et pour cela, le Poufsouffle avait dû tenir et retenir ses larmes. Soutenir Harry dans sa peine demeurait son devoir en tant qu'ami du défunt et du veuf, et la nomination du docile au poste d'Alpha de tous les Alphas ne lui avait pas facilité la tâche. Le fait que l'ensemble du Comité avait voté pour la promotion de l'aîné des frères Potters ne signifiait pas qu'il ne possédait pas de détracteurs.

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Soupirant de dépit, le Poufsouffle stoppa soudainement sa marche. Indifférent à son environnement, à ses dangers inhérents et à sa posture pour le moins exposée, il referma alors ses paupières. Bien décidé à évacuer la tension qui emplissait son corps, le châtain releva doucement sa tête tout en écartant ses bras en grand, paume vers le ciel.

À cet instant précis, plus rien n'avait d'importance. Toute pensée préoccupante avait quitté l'esprit du jeune lycanthrope et seuls le murmure de rares oiseaux et celui du vent caressant tendrement son visage pour venir se perdre dans ses mèches bouclées, venaient troubler le repos de son âme. Éveillant ses sens au maximum, le Poufsouffle fut rapidement assailli par l'odeur humide de la neige, celle plus effacée de la terre, et enfin, la plus entêtante, celle de l'écorce.

Toutefois, une nouvelle effluve, bien plus forte vint brutalement briser l'équilibre des senteurs de la forêt et le cocon entourant paisiblement l'esprit de l'Alpha. Réagissant un quart de seconde trop tard à l'approche du nouvel individu, le dominant eut à peine le temps de se retourner qu'il reçut l'attaque de l'inconnu de plein fouet. Les yeux désormais grands ouverts, il tomba alors nez à nez avec la silhouette pour la moins massive d'un loup-garou marron clair.

Écarquillant un peu plus ses pupilles face à l'identité pour la moins inattendue de son assaillant, seuls les réflexes incroyables de son instinct animal permirent au Poufsouffle d'échapper à la mâchoire puissante du loup.

Qu'est-ce que cela voulait dire ? Pourquoi l'attaquait-il ainsi ?

Bien que plus que perturbé par le tourbillon de questions qui emplissait sa tête, le châtain eut la présence d'esprit de re-concentrer son attention sur la bête qui tentait justement en ce moment-même de lui arracher sa jolie tête. Redirigeant le maximum de son énergie vers ses bras, il essaya alors de déloger son attaquant de son corps. Plusieurs tentatives lui furent néanmoins nécessaires pour arriver à son but.

Se redressant immédiatement sur ses deux pieds, Cedric se retrouva alors face à l'animal, qui venait lui-même de se relever du tas de neige dans lequel le Poufsouffle l'avait envoyé valser quelques secondes plus tôt. Dévisageant attentivement son adversaire, le châtain constata rapidement que celui-ci tremblait. Fronçant les sourcils d'incompréhension, l'Alpha de Beauxbâtons chercha aussitôt le regard de la bête. Notant à son tour l'étrange intérêt et le manque d'agressivité que lui portaient sa victime, le loup évita soigneusement les orbes ambrés du Poufsouffle.

Désormais complètement perplexe face au comportement pour le moins inapproprié de son vis-vis pour quelqu'un qui venait de l'attaquer, Cedric plissa un peu plus les yeux, transperçant presque le nouveau venu de son regard. Celui-ci semblait douter. Mais pourquoi ? Pourquoi s'était-il donc jeté sur lui tous crocs dehors s'il doutait du fondement même de ses actions ?

L'initiation d'un pas dans sa direction sortit soudainement le loup de ses pensées confuses, le conduisant instinctivement à grogner à l'adresse du Poufsouffle, les babines retroussées et les crocs bien en évidence. Le regain de l'attitude hostile de son congénère, stoppa net le châtain dans son approche. Replaçant son pied en arrière pour plus de sureté, l'Alpha jeta de brefs coups d'œil aux environs, cherchant avidement une quelconque porte de sortie. Bien qu'il connaissait son adversaire depuis l'enfance, le Poufsouffle n'avait jamais soupçonné sa forme lupine adulte d'être si imposante. Leur dernière rencontre remontait à la dernière Cérémonie de la Lune, il y a presque trois ans déjà, et à l'époque, le lycanthrope n'arborait définitivement pas une telle forme ! Depuis quand était-il donc devenu si puissant ?

Enfin, cela expliquait sans doute sa nomination au poste de Second de Salem.

Face à un tel monstre, il n'y avait qu'une seule solution pour Cedric, fuir. Bien sûr, il était un Alpha, et à ce titre, il ne manquait pas de force lui-même seulement, contrairement à certains des dominants les plus renommés, il ne détenait pas la capacité de métamorphose instantanée. Ainsi, face à un lycanthrope transformé d'une telle carrure, il ne possédait définitivement aucune chance. L'animal aurait broyé son corps bien avant qu'il n'ait achevé sa transformation.

Légèrement honteux de devoir faire appel à de tels recours, le châtain suivit toutefois son instinct de bête traquée, et prit soudainement la fuite, sans demander son reste.

Le Serdaigle fut rapidement sur ses talons.

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Zigzaguant tel un fou entre les troncs des feuillus, le Poufsouffle tentait tant bien que mal de semer son poursuivant grâce à ses mouvements désordonnés. Le bois représentait un obstacle naturel pour son opposant, qui devait éviter d'entrer en collision avec les arbres. Le terrain s'avérait donc à son avantage. Toutefois, le Second de Salem, malgré sa stature, se révéla rapidement d'une incroyable agilité, tournoyant autour des futs sans même les effleurer, tel un danseur sur la piste. Et le châtain maudit bien assez vite son envie de balade. « Prendre l'air » l'avait éloigné du camp bien plus qui ne demeurait sûr. Avec un dominant tel Neville Londubat lui collant au train, si ça continuait, il n'atteindrait jamais les tentes de la communauté lycanthrope !

Cedric devait définitivement trouver un nouveau plan, et vite ! Sinon, il en serait bientôt fini de lui !

Le cerveau tournant à plein régime, le fuyard prit un nouveau tournant. Il demeurait seul dans la nature, proie d'un terrible prédateur, incapable de se changer, que pouvait-il donc faire ?

L'image de Sirius Black broyant la gorge de Rodolphus Lestrange lui revint alors soudainement en tête. Le Serpentard avait utilisé une technique de métamorphose incomplète, et avait gardé son corps, pourtant plus faible, d'humain. Bondissant sur le dos de son opposant, il avait alors enfoncé profondément ses mâchoires lupines dans le cou de celui-ci. Un miracle d'ailleurs que le plus âgé ait survécu à ses blessures !

La métamorphose incomplète, une idée brillante ! Un tel changement devait recourir à moins d'énergie et surtout de temps qu'une transformation intégrale. Seulement le Poufsouffle n'avait jamais tenté une telle chose, et il était loin d'être sûr de réussir !

Enfin, il n'avait plus trop le choix, pas vrai ? De quelle autre possibilité disposait-il ?

Échappant à une nouvelle attaque de son poursuivant, dont la silhouette s'était considérablement rapprochée au cours des dernières minutes, Cedric se prépara à agir. Fermant les yeux à peine une demi-seconde pour faire appel à sa puissance, le châtain fuit en ligne droite, son esprit entièrement dirigé vers sa transformation partielle. Se représentant le plus précisément sa gueule de loup dans son cerveau, le loup-garou relâcha alors toute son énergie vers cette seule pensée.

Une seconde passa.

Puis deux.

Puis trois.

Toutefois, au plus grand regret et à la plus grande horreur du Poufsouffle, rien ne se passa.
Aucune sensation de douleur ou autre. Sa tête humaine ne semblait pas vouloir céder place à celle du loup.

Cependant le jeune lycanthrope n'eut nullement le temps de s'apitoyer sur son sort ou de maudire la Déesse Lune pour son manque de sensibilité. En effet, la panique eut tôt fait de remplacer tout sentiment de déception ou de tristesse, lorsque le châtain sentit brusquement le souffle chaud du Second de Salem contre sa nuque.

Était-ce la fin ? Allait-il donc réellement mourir ici, dans le froid réfrigérant du Grand Ouest, seul, trahi et déchiqueté par un de ses amis ?

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Destinée – ou serait-ce Déesse Lune – lui donna toutefois tord. Peut-être que l'insaisissable Lune avait décidé de se démontrer miséricordieuse finalement !

Sortant de nulle part, un loup-garou à la fourrure chocolat vint soudainement rencontrer le flanc du loup au pelage plus clair l'envoyant valser quelques mètres plus loin contre un arbre.

Surpris de ne pas sentir de crocs percés la peau fragile de son cou, Cedric se retourna. Les orbes du Poufsouffle tombèrent alors dans les obsidiennes du nouvel arrivant, faisant s'écarquillèrent les ambres démesurément. Depuis quand, Thomas Lestrange demeurait-il vivant ?

Indifférent à l'agitation qui habitait le cerveau du châtain, le dit défunt s'avança rapidement vers le corps toujours étalé du Serdaigle. Avisant alors le regard meurtrier que lui dévouait celui-ci, le loup chocolat lui répondit en grognant.

Un concert de grondements débuta aussitôt dans le silence de la forêt, les deux loups se défiant ostensiblement. Toutefois la position dominante du Serpentard menait grandement à mal la posture du Serdaigle. Ses prunelles océans fermement plantées dans celles de son adversaire, celui-ci tenta ainsi de se relever pour retrouver son honneur et asseoir sa supériorité sur le Second d'Hangleton. Néanmoins, le violent choc entre les deux loups-garous n'avait pas été sans conséquences pour le lycanthrope à la fourrure marron clair et une large tache écarlate s'épanchait contre son flanc gauche, imbibant les poils de son pelage. Le heurt n'était pas à proprement parlé responsable de la blessure du jeune loup-garou. Non, la chute de celui-ci et son atterrissage pour le moins brutal contre le tronc d'un arbre s'avéraient en réalité à l'origine de la faiblesse du Serdaigle. La collision entre le lycanthrope et le feuillu avait fêlé certaines de ses côtes, et conduit l'une d'entre elles à transpercer son poumon gauche, déclenchant l'hémorragie responsable du saignement plus qu'abondant de son flanc. Ses tentatives pour se redresser se révélèrent ainsi rapidement inefficaces, ainsi que farouchement douloureuses.

Amusé par les échecs répétitifs du plus jeune, l'héritier des Lestrange envoya à son opposant un sourire pour le moins railleur, offrant à celui-ci la vue de ses crocs aiguisés. Rageur, son adversaire retroussa ses babines en retour cependant ses chutes successives, la tache s'agrandissant chaque seconde un peu plus sous son corps dans le manteau neigeux, et le tremblement des muscles de ses pattes antérieures décrédibilisaient énormément son statut de loup dominant puissant.

Jappant ouvertement moqueur, Thomas Lestrange s'avança sans hésitation vers le blessé. Fier sur ses quatre pattes, il dévisagea longuement le Second de Salem affalé pathétiquement dans la neige avant de se coucher à son tour contre le sol. Alors sous les yeux écarquillés des deux autres loups-garous présents, le Serpentard reprit doucement forme humaine.
Nu comme au premier jour de sa naissance, il ne sembla nullement troublé par les regards choqués des deux dominants, et quitta rapidement sa position accroupie pour se redresser de toute sa hauteur, offrant ainsi à ses inattendus spectateurs la vue sans limites de son corps amaigri par la cruauté de février.

Perplexe, Neville Londubat referma doucement sa gueule qui s'était inégalement décrochée sous le choc de l'action pour le moins osée de son opposant pour rediriger ses orbes interrogatifs dans ceux de celui-ci.

« Plus de sous-fifres, tu attaques de toi-même maintenant, Londubat ! » lança négligemment le brun. « Et Diggory en plus de cela ! Je ne pensais pas que toi et ton incroyable maître iraient jusqu'à s'en prendre aux Poufsouffles ! »

Imitant son interlocuteur, le Serdaigle se changea à son tour en humain.

« Je suis étonné que tu sois toi-même en vie, Lestrange. », lui renvoya-t-il. « Et que tu prennes en plus le temps de sauver la vie à un Poufsouffle ! »

« Et bien… Tu penses bien que ces « amoureux des lycanthropes » ne sont toujours pas mes amis seulement, il semblerait que nous ayons un ennemi en commun, alors je me suis dit… pourquoi ne pas intervenir ? » goguenarda le Serpentard.

« Quand suis-je devenu ton ennemi ? » interrogea, sincèrement étonné Neville.

Effectuant un pas précipité en avant, Thomas Lestrange lui jeta un regard empli de haine.

« Lorsque toi et ton fichu maître avez causé la mort de ma mère, Londubat ! »

Le brun se pencha alors légèrement pour se saisir violemment du visage du blond, empêchant celui-ci de réfuter. Les lèvres à quelques centimètres seulement de celles du plus jeune, le Second d'Hangleton se mit à susurrer, le ton amer.

« Vous connaissiez très bien sa haine pour les Malfoys, et vous l'avez menée tout droit dans un piège ! »

Quelque peu effrayé par le soudain éclat de colère du Serpentard et la lueur de folie qui brillait dans ses prunelles couleur charbon, le Second de Salem dut faire appel à tout son self-control pour masquer son trouble devant celui-ci.

« Bellatrix connaissait très bien les dangers auxquels elle s'exposait, Lestrange. », déclara-t-il le ton incroyablement calme. « Elle connaissait les tenants et les aboutissants de sa mission, et nous ne lui avons jamais forcé la patte. Elle l'a accepté en toute conscience. »

Les justifications du blond conduisirent le brun dans un éclat de rire sonnant effroyablement faux, qui laissa un frisson glacé le long de la colonne vertébrale du Serdaigle.

« Ne me fais pas rire, Londubat ! » articula rageusement l'héritier des Lestrange entre ses dents serrées. « Vous saviez très bien qu'en exposant ainsi Potter au danger, il appellerait Malfoy pour le défendre. »

« Et bien… », hésita légèrement Neville. « Bien que Malfoy et Potter semblaient pour le moins en froid, nous pensions en effet que Malfoy accourrait si Potter venait à subir une attaque. Toutefois, ce n'était nullement le but de ce plan. En tant que prisonnier, Malfoy se situait bien plus à l'avant du convoi, et si ta mère avait joué correctement son rôle et s'était contentée de simplement enlever le docile, celui-ci n'aurait pas eu l'occasion de le prévenir de nos agissements ! »

Un grognement sourd sortit alors de la gorge du Serpentard, alors que descendant légèrement ses mains, il resserrait sa prise sur le cou de son opposant. Cependant, cela n'empêcha pas le Serdaigle de poursuivre ses explications.

« Le plan était d'attirer Malfoy à l'écart du convoi en kidnappant son docile, et ta mère ne l'a pas respecté. Elle ne peut donc s'en prendre qu'à elle-même ! »

Furieux des accusations du plus jeune envers sa mère et par son attitude pour le moins désinvolte, le brun referma définitivement sa prise autour de la gorge de celui-ci, l'étranglant sauvagement. Le teint bleuâtre sous l'action, l'oxygène quittant peu à peu ses poumons déjà endommagés, le Second de Salem ne fit pourtant pas signe de se soumettre à son assaillant.

Le visage rouge et le corps tremblant sous la colère, Thomas Lestrange ne quittait pas des yeux les perles océans de son adversaire. Malgré la position de leur propriétaire plus que précaire et la pression sanguine qui rendait leurs veines plus que saillantes, les iris du blond fixaient le Serpentard avec assurance et orgueil.

Ainsi frustré par la volonté téméraire de son opposant, le Second d'Hangleton se décida soudainement à changer de technique. Tuer le disciple de Gellert Grindelwald aussi facilement ne lui apporterait qu'une victoire sans saveur, et sa vengeance méritait bien plus que cela ! Bellatrix Lestrange avait été la Grande Prêtresse la plus puissante de l'histoire des quatre territoires, et il comptait bien lui rendre hommage convenablement !

Suivants le fil des pensées du brun, les traits de son visage se détendirent progressivement, laissant son habituel teint blafard reprendre ses droits. Si Neville Londubat demeurait prêt à mourir aussi pitoyablement. Si quitter ce monde étranglé par un autre dominant, seul, au beau milieu du Grand Ouest lui paraissait concevable et peut-être même agréable, lui, Thomas Lestrange lui ferait revoir ses positions, et lui offrirait une fin digne d'un ennemi de Serpentard ! Ce cinglé de Grindelwald et son larbin avaient osé prendre de haut sa mère et tous les Lestranges, et il leur apprendrait que l'on n'humiliait pas un Lestrange sans en subir les conséquences !

Oh oui, Londubat allait regretter qu'il ne l'ait pas achevé précédemment !

« Tu sembles bien sûr de toi, Londubat. », vocalisa-t-il. « Penses-tu donc que la Déesse Lune t'accueillera à bras ouverts ? Avec Lovegood pour compagne, tu devrais pourtant connaître le sort réservé aux meurtriers de ses plus fidèles servantes ! Seule une éternité de souffrance t'attend, Londubat ! Alors n'espères pas revoir Loufoca dans l'au-delà ! »

Imperméable aux mots de son adversaire, Neville lui renvoya néanmoins un regard perplexe en sentant les mains calleuses du brun relâcher progressivement sa gorge. Le Serpentard ne comptait-t-il donc pas l'achever ?

Ses lèvres déformées en un sourire narquois, l'héritier des Lestrange reprit la parole.

« Plus si sûr de toi, pas vrai ? Enfin, le salut n'est pas accordé à tout le monde, tu sais… »

« Oh ! Et je suppose que la Déesse Lune te l'accordera à toi ! » railla à son tour le blond. « Penses-tu réellement être meilleur que moi, Lestrange ? Les crimes dont je suis coupable, je les ai commis pour le bien des quatre territoires ! Pour offrir à notre communauté l'avenir qu'elle mérite ! Et toi, quelle est ton excuse, Lestrange ? La gloire ? Le pouvoir ?... L'amour de ta Maman ?! »

La gorge du brun laissa échapper un grondement, alors que celui-ci resserrait convulsivement ses poings devant le visage du Serdaigle. Inspirant et expirant lentement pour se calmer, il desserra doucement ses mâchoires, qu'il avait brusquement contractées sous la colère, tout en reculant préventivement ses mains de la portée des joues du Second de Salem.

« Tu trouves sans doute amusant de souiller la mémoire de ma mère, Londubat. », cracha-t-il avec hargne. « Toutefois, je suppose que cela demeure excusable, venant d'un ignorant tel que toi… Surtout lorsque l'on sait ce qui est arrivé à
ta mère ! »

La balle semblait avoir changé de camp, et c'étaient désormais les pommettes du Serdaigle qui rougissaient sous la colère, alors que ses orbes océans assassinaient presque littéralement le brun.

« Woo…Woo ! Tout doux le louloup ! » fit mine de tempérer le Serpentard. « Ne savais-tu pas pour ta mère, Londubat ? Pour son accident ? « L'accident » qui l'a rendu folle ? »

Jetant un coup d'œil aux prunelles du plus jeune, Thomas Lestrange y vit la rage, mais surtout la peur. Le Second de Salem commençait à douter, et son opposant s'en délectait !

« Si ta mère a perdu l'esprit, c'est à cause d'un verre qu'elle a bu, Londubat. D'un poison qu'elle a ingurgité… », expliqua-t-il avec ravissement.

« Je sais déjà tout ça, Lestrange ! Inutile de t'échiner à m'atteindre ! »

« Vraiment ? » interrogea le plus âgé, ingénu. « Alors je suppose que tu sais que ce poison ne lui était pas destiné… »

À ces mots, le visage du Serdaigle perdit soudainement toutes ses couleurs.

« Pas-pas destiné ? » bredouilla-t-il, hagard.

« Non pas destiné. », confirma avec cruauté l'héritier des Lestranges. « Ce poison visait une autre femme… au plutôt son bébé… »
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(Vingt deux ans plus tôt)

(Mars 192)
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Le soleil se couchait paisiblement en cette encore fraîche soirée de Mars 192, peignant progressivement le ciel de Salem d'écarlate.
Alors qu'une grande partie de la ville se regroupait avec empressement dans la demeure de l'Alpha où les préparatifs d'un somptueux banquet allaient bon train, une fine silhouette se précipitait vers les portes de la ville. Glissant de manière presque vaporeuse sur les pavés, l'inconnu se déplaçait tel un murmure, profitant de l'ombre des habitations pour couvrir sa course.

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Quittant la chaleur rassurante de sa chambre d'invité pour la fraicheur hivernale, Albus Dumbledore fut subjugué par le spectacle que lui offrait la nature. Appuyé contre l'imposante rambarde en pierre du balcon, l'Alpha de Griffondor ferma doucement les yeux pour se laisser envahir par la plénitude du moment.

Rouvrant soudainement brutalement les paupières, les orbes bleutés du lycanthrope tombèrent sur une agile silhouette vêtue de noir. Clignant des yeux de surprise, le dirigeant se retrouva cette fois-ci face au vite. Le loup-garou eut beau plisser ses paupières pour affiner sa vue, le résultat en demeura inchangé. L'avait-il rêvée ?
Le roux était pourtant sûr d'avoir aperçu la forme d'un fuyard près des portes de la ville.

Eh bien, peut-être se faisait-il plus vieux qu'il ne le pensait ! A 31 ans, était-il déjà temps qu'il abandonne le navire ?

()()

La fête battait son plein dans la demeure de l'Alpha de Salem. Les convives se remplissaient allègrement la panse, tout en s'abreuvant avec délice du caractériel nectar des coteaux bordant la Mer du Nord et de l'air engageant joué par les musiciens. Contrairement à ses alliées et rivales, Salem, bien qu'entourée par la forêt, respirait la richesse et l'opulence. En effet, avant d'être la deuxième meute de Serdaigle, la cité du Nord demeurait avant tout la première demeure des loups.

D'après les anciens, les premiers lycanthropes avaient longtemps erré dans les quatre territoires avant de découvrir le Grand Temple de la Déesse Lune. Celle-ci serait alors apparue dans les rêves de Fenrir Greyback pour lui conseiller de bâtir sa propre cité un peu plus au Nord. La troupe aurait marché alors à travers les bois pendant deux journées entières, avant qu'au crépuscule du deuxième jour n'apparaisse un halo rougeâtre à travers les arbres. Pressant l'allure, les loups-garous se seraient retrouvés face au spectacle d'un doux ruisseau entourant une colline d'une superficie de plus d'un millier d'hectares, recouverte de prairies. Ainsi naquit Salem.

Contrairement aux autres cités lycanthropes, l'ancienne capitale des quatre territoires se composait de nombreuses bâtisses en pierres de taille plus que raisonnables, dont la plus imposante demeurait bien entendue celle de l'Alpha. Dominant la colline sur laquelle le Premier aurait vu se coucher l'astre nocturne complètement pourpre au crépuscule du premier jour. À la fois maisonnée du dirigeant et centre gouvernemental de la ville, le bâtiment comportait en son rez-de-chaussée une immense salle de réception, et plus d'une quinzaine de chambres pour accueillir des invités.

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Quatre grandes tables rectangulaires d'une dizaine de convives, rangées par colonnes de deux, emplissaient en ce soir de Mars la salle prévue pour les festivités. Située parallèlement aux quatre premières, une cinquième table un peu plus longue dominait l'ensemble de l'assemblée. Son occupant le plus au centre se leva soudainement de sa chaise pour balayer la salle du regard. Les artistes stoppèrent alors brutalement de jouer, en même temps que le brouhaha des conversations s'interrompit. Ignorant délibérément la lourde tension qu'avait provoquée sa brève démonstration de puissance, l'homme offrit un large sourire à la foule. Réduisant finalement légèrement le pouvoir de son aura, le lycanthrope se tourna lentement vers son voisin, tout en s'adressant à l'entièreté des invités présents.

« Lucius Malfoy, nouvellement Alpha de Serpentard, nous fait l'honneur d'être présent chez nous ce soir. Il est venu offrir ses respects au peuple de Salem malgré un long voyage, un hiver rude, et surtout, une compagne enceinte ! »

L'assemblée émit quelques rires.

S'abaissant à peine pour se saisir de son verre plein, l'Alpha de Salem le présenta à son voisin. Le Serpentard, dont le fin sourire répondait favorablement à l'annonce du Serdaigle, se saisit alors avec révérence du gobelet qui lui était tendu, avant de proposer sa propre timbale à son hôte. Levant le verre qui venait de lui être offert, le maître des lieux reprit la parole.

« Je lève mon verre à l'amitié entre nos deux peuples. À des jours joyeux pour Serpentard et Serdaigle, et que nos deux territoires puissent rester amis pour le plus longtemps possible ! »

« À l'amitié ! » répondit le jeune dirigeant, en levant à son tour son gobelet. Les deux Alphas burent alors d'un même mouvement le contenu de leur verre.

« À l'amitié ! », s'écria à son tour l'assemblée telle un seul lycanthrope en écho au chef des Serpentards, avant que chacun ne vide rapidement sa timbale.

Amusée par la situation, l'Oméga de Salem se tourna vers sa propre voisine, son gobelet tendu vers son invitée.

« Nous laissons déjà les longs discours solennels aux dominants, nous ne pouvons en plus leur offrir le monopole de l'amitié ! Après tout, chacun sait que ceux qui contrôlent la meute sont en réalité les Omégas ! »

Les yeux de la future maman brillèrent aussitôt d'amusement.

« En effet, les simagrées de nos époux n'ont nulle valeur, seule une entente entre nous décidera réellement de l'avenir de nos deux territoires. », répliqua Narcissa Malfoy d'un ton faussement pompeux, tout en se saisissant du verre de la Serdaigle. « À notre amitié, Alice ! »

« À notre amitié, Narcissa ! »

Complices, les deux femmes vidèrent chacune le verre de l'autre tout en gardant le contact visuel. Mais un éclair de douleur vint bientôt troubler les orbes bleu pétillants d'Alice Londubat. Écartant aussitôt la timbale de ses lèvres, l'Oméga de Salem se mit à tousser de manière incontrôlable.

S'inquiétant des soubresauts qui agitaient le corps de sa compagne et des bruits s'échappant de sa bouche, Frank Londubat stoppa sa conversation avec l'Alpha de Serpentard pour prendre la brune dans ses bras.

« Alice ?...Alice ? » s'inquiéta-t-il. « Qu-qu'est-ce qu'il se passe ? »

La docile voulut aussitôt le rassurer sur son état, cependant seul du sang réussit à franchir le barrage de ses lèvres.

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L'Oméga avait été rapidement conduite à sa chambre, accompagnée du médecin du village et de quelques dociles, l'Alpha ayant été vivement mis à l'écart. Un dominant pouvait parfois réagir violemment face à la douleur de son compagnon, devenant alors plus une gêne qu'une aide.

Entouré de ses conseillers, de son Second et des Alphas de Griffondor et Serpentard, Frank Londubat parcourait son bureau de long en large, fébrilement. Le reste des convives avait été aimablement congédié un peu plus tôt.

« Qu-qu'est-ce qui a bien pu se passer ? » interrogea-t-il soudainement. « Comment…qu'est-ce … »

Albus Dumbledore ignorait totalement si l'Alpha attendait une réponse toutefois, face au silence du reste de la pièce, il se décida à lui donner une.

« Il semble qu'Alice ait été empoisonnée, Frank. »

« Em-empoissonnée … ? » répéta le Serdaigle, complètement hagard.

« Empoisonnée, en effet. Bien qu'elle n'était pas la cible de cette attaque. »

« Comment cela ? » demanda aussitôt l'un des dignitaires de Salem.

Le Griffondor s'apprêtait à lui répondre, néanmoins, le Second le fit avant lui.

« Notre Oméga et Narcissa Malfoy ont échangé leurs verres tout comme notre Alpha et celui de Serpentard. », énonça d'une voix presque rêveuse, Xenophilius Lovegood.

« Narcissa ? » s'étonna Lucius Malfoy.

« Hum…hum », confirma l'Alpha des Griffondor. « La cible de cette tentative d'assassinat n'était pas Alice Londubat, mais bien votre femme, Lucius. »

« Mais… Pourquoi ? » interrogea le Serpentard, sincèrement perdu. « Pourquoi s'en prendre à elle, et non à moi ? »

« Eh bien… », commença ses explications le roux, tout en se caressant la barbe, pensif. « Narcissa n'est peut-être pas l'Alpha, mais elle reste tout de même l'Oméga et votre compagne, le meilleur moyen de vous atteindre. »

Sourcil droit levé, le plus jeune arborait néanmoins un air sceptique.

« Émotionnellement parlant, je veux dire. », précisa l'Alpha de Poudlard et de Griffondor. « L'investigateur de cet attentat tentait peut-être juste de vous menacer… Ou bien essayait-il de mettre à mal l'entente entre Serdaigle et Serpentard ? Dans ce cas de figure, il pourrait aussi bien s'agir d'un Serdaigle ou d'un Serpentard mécontent que d'un Poufsouffle ou d'un Griffondor effrayé par la puissance de votre alliance. » Il termina sa phrase la voix rauque. Le chagrin vint alors marquer ses traits. « Ou bien… », tenta-t-il, hésitant.

« Ou bien… ? » l'invita le blond.

« Ou bien, on en voulait directement à la vie de votre enfant. », posa finalement Dumbledore.

« Mon enfant. », déglutit le Serpentard.

« Si c'est l'enfant et non votre femme qui était visé, il vous faut envisager le pire. », déclara le plus âgé. Il fit une courte pause, avant de poursuivre, la voix éteinte. « Car son agresseur ne s'arrêtera surement pas là, il essayera encore et encore jusqu'à ce que son but soit atteint. Les lycanthropes se comportent parfois de façon plus animale que civilisée, mais nous respectons en général les plus faibles, et nous nous battons à forces équitables. Un loup-garou prêt à tuer un
enfant… »

« N'est plus qu'une bête... », compléta soudainement Lovegood, le visage fermé.

Sentant le regard du jeune Malfoy toujours braqué sur lui, le Griffondor hocha la tête pour marquer son assentiment.

« Et une bête suit ses instincts jusqu'au bout ! » termina le Second.

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Seul dans la nuit noire, appuyé contre la rambarde du balcon de sa chambre d'invité, Albus Dumbledore repensait à la conversation qu'il avait eue un peu plus tôt dans le bureau de l'Alpha de Salem. En voulait-on en à la vie de l'héritier
Malfoy ? Mais qui… ? Et pourquoi ?

Alors qu'une soudaine brise venait emmêler un peu plus ses longs cheveux roux, les prunelles fatiguées de l'Alpha de Griffondor vinrent se poser sur les portes de la ville, lui ramenant en mémoire un souvenir pas si lointain. N'avait-il donc pas rêvé ? Cette fine silhouette, était-elle la responsable de l'état plus que préoccupant dans lequel se trouvait en ce moment-même l'Oméga de Salem ?
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(Retour au présent)

(Fin Février 214)
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« Ta mère n'était pas la cible de ce verre, Londubat. Non, celle qui était censée boire ce poison, était Narcissa Malfoy ! » lâcha Thomas Lestrange. « Ou plutôt son enfant à naître ! »

Le Serdaigle était devenu encore plus pâle – si c'était seulement possible -.

« Ne le savais-tu pas ? Le Grand « Loup Marcheur », Draco Malfoy, celui que tu admires tant et que tu as pourtant décidé de trahir, demeure celui responsable de la déchéance de ta mère ! Il est celui qui t'a volé l'amour de ta mère et ton
enfance ! » cracha le brun.

Complètement désemparé, le Second de Salem était incapable de faire preuve de la moindre réaction. Traduisant ce silence comme l'expression d'un trop plein de peine, l'héritier des Lestranges se décida à lui assener le coup final.

« Le poison ayant pour cible l'enfant que portait Narcissa Malfoy, il ne demeurait pas létal pour un lycanthrope adulte et n'a pas tué Alice Londubat… », expliqua-t-il d'un ton docte. « …seulement, il a sévèrement lésé son cerveau, la faisant sombrer peu à peu dans l'aliénation. »

Un nouveau silence vint faire écho aux paroles pour le moins pernicieuses du Serpentard. Lassé par l'attitude catatonique de son ennemi, celui-ci s'apprêtait à cracher de nouveau son venin lorsque le blond reprit soudainement contact avec la réalité. Devançant le brun, le jeune Londubat s'exprima alors le premier.

« Tu sembles oublier une chose, Lestrange. », pointa-t-il, pensif.

Le dit Lestrange haussa un sourcil perplexe en réponse.

« Le véritable coupable de la folie de ma mère n'est pas Narcissa Malfoy dont le verre a été échangé par erreur, mais celui qui a inséré le poison dans ce verre. », posa le Serdaigle, effroyablement calme. « Le véritable coupable n'est pas celui à qui était destiné le poison, mais bien celui qui a commandité cette assassinat ! »

Sincèrement étonné par les paroles pleines de sens du plus jeune, Thomas Lestrange écarquilla brièvement ses orbes sombres, avant que ses lèvres fines ne viennent finalement s'ouvrir pour laisser échapper un petit rire sonnant cruellement faux.

« Et bien…tu n'as pas tout à fait tord… », accepta-t-il, le visage éblouissant. « Enfin, je suppose que je ne devais pas m'attendre à moins de la part d'un Serdaigle ! »

Face aux traits pour le moins sérieux du blond, le Serpentard rabaissa quelque peu son sourire.

« Et bien, après tout, puisque tu vas bientôt mourir, je suppose que je te dois la vérité Londubat. », compatit-il, les yeux brillants de malveillance. « La tentative d'assassinat de Draco Malfoy, il y a de cela vingt-deux ans… »

Ses obsidiennes fermement ancrées dans les prunelles océans, il articula alors le plus lentement possible, comme pour savourer chaque syllabe franchissant le barrage de sa bouche.

« … ma-mère-y-est-su-re-ment-pour-quel-que-chose… »

Le dernier mot eut à peine le temps de passer les lèvres du Serpentard, que les orbes du Serdaigle s'enflammèrent aussitôt de rage. Le corps tremblant sous l'émotion, celui-ci tenta alors tant bien que mal de contrôler sa colère toutefois, sa dernière parcelle de raison lui échappa lorsque le brun partit soudainement dans un grand éclat de rire, clairement amusé par la scène se déroulant devant lui. N'écoutant que son instinct animal qui hurlait à l'affront, Neville se jeta alors sur son nouvellement déclaré pire ennemi pour l'étrangler.

Un sourire cruel aux lèvres, celui-ci esquiva sans difficulté l'attaque du plus jeune. Enragé et désormais frustré, le blond chargea à nouveau son adversaire cependant, celui-ci déjoua sa seconde offensive tout aussi facilement que la première. L'aveuglement qui emplissait l'esprit du Serdaigle et l'énorme plaie béante et sanguinolente recouvrant son flanc, ralentissaient grandement les mouvements du Second de Salem et le rendaient quasiment aussi inoffensif qu'un nouveau-né !

La respiration pour le moins saccadée, le corps suant à grosses gouttes et le cœur semblant vouloir s'échapper de sa poitrine, Neville se releva du sol, où l'avait fait échoué sa dernière attaque pour se relancer à l'assaut du Serpentard. Navré par le comportement borné du plus jeune, le brun décida cette fois-ci de ne pas fuir la confrontation. Un bruit mat résonna alors dans la forêt lorsque les deux corps musclés – bien qu'amaigris – des deux lycanthropes entrèrent en contact, la chair rencontrant la chair. Thomas Lestrange reprit toutefois rapidement l'avantage. Plaquant brusquement le dos de son adversaire contre le manteau neigeux, il redirigea aussitôt ses mains vers le cou du blond.

Son visage blanchissant peu à peu sous le manque d'afflux sanguin, et ses vaisseaux se faisant de plus en plus saillants le long de ses tempes, Neville Londubat se débattait fiévreusement contre la prise de son assaillant. Cependant, assis à califourchon sur le corps du Second de Salem, les mains de celui-ci coincées le long de ses flancs grâce à la puissance de ses propres cuisses, le brun écrasait impitoyablement la gorge de sa victime, bien décidé à en finir.

La figure du plus jeune passa alors progressivement du blanc au bleu, alors que ses yeux s'injectaient de sang sous la pression. L'agitation du Serdaigle, elle, avait finalement cessé en même temps que son cerveau perdait ses dernières réserves d'oxygène. Toutefois, alors même que l'esprit du blond s'apprêtait à rejoindre le monde des étoiles qui recouvrait désormais ses yeux, un cri paniqué vint interrompre brusquement l'entreprise du Second d'Hangleton.

Sa prise se relâchant soudainement sous la surprise, le Serpentard pivota lentement vers l'origine du son. Le brun se retrouva alors face à la silhouette tremblante de terreur de l'Alpha des Poufsouffles.

« Tu-tu ne peux pas le tuer ! » balbutia après quelques secondes de silence, celui-ci. « Ce n'est pas à toi de décider de sa mort, Lestrange ! »

Frustré d'avoir été interrompu dans sa tâche, Thomas renvoya un regard glacial au châtain, nullement impressionné par le titre légèrement supérieur de celui-ci, et par sa posture dominante.

« Ah oui ? Et pourquoi devrais-je t'obéir, Poufsouffle ?» se moqua-t-il. « Londubat est ma proie. Il m'a attaqué et je vais lui en faire subir les conséquences ! »

Pas plus troublé par la hargne de son interlocuteur que celui-ci par son propre statut quelques instants plus tôt, Cedric lui répondit par un ton tout aussi tranchant.

« Tu sembles oublier quelque chose, Lestrange. », pointa-t-il, un sourire narquois au coin des lèvres. « Londubat m'a attaqué bien avant toi. Il est donc Ma proie ! »

Ses paupières se plissant un peu plus sous l'énervement, le Serpentard ne paraissait pas prêt à abandonner la bataille de si tôt !

« Et nous avons bien vu, tous les deux, à quel point tu semblais le maîtriser ! » railla-t-il.

« Oh, et je suppose qu'un loup-garou, spécialiste des attaques en traître, tel que toi, demeure le plus à même de me donner une leçon de combat ! »

« Fais attention à ce que tu dis, Diggory ! » gronda le brun entre ses dents, crocs s'allongeant progressivement.

Un éclair d'amusement brilla subrepticement dans les orbes ambrés, avant que leur propriétaire ne s'exprime à son tour, défiant.

« Penses-tu réellement que j'ai peur de toi, Lestrange ? » goguenarda-t-il. « Ne crois pas que parce que tu as réussi à échapper aux crocs de Draco, tu réussiras à échapper aux miens ! »

« Est-ce une proposition, Diggory ? » interrogea le brun, le ton suave, hésitant clairement à délaisser le corps pendant lamentablement dans ses bras pour se jeter sur le Poufsouffle. Il conserva cependant sa position, restant assis sur le corps inerte du Serdaigle.

Avisant le dilemme divisant l'esprit de l'héritier des Lestranges, Cedric poursuivit ses provocations.

« Et bien, si tu es prêt à rejoindre ta maman chérie auprès de la Déesse Lune, je n'y vois aucun inconvénient à t'y
conduire ! Je suis sûr qu'elle s'ennuie de toi, toute seule, là-haut ! »

« Ne parles pas de ce que tu ne connais pas, Poufsouffle ! » s'écria brusquement Thomas Lestrange, les nerfs visiblement à fleur de peau.

« Vraiment ? Dommage, je n'ai pas vraiment envie de me taire, Lestrange ! Parler de ta maman chérie me divertit incroyablement ! » nargua le châtain.

L'œil gauche du Serpentard tressautait désormais fiévreusement cependant, le corps tendu comme un arc, il n'avait étrangement pas encore complètement relâché sa prise sur le Serdaigle.

« Faut-il que je continue à parler de ta maman, Lestrange, ou bien vas-tu venir me faire taire ? » continua de provoquer l'Alpha de Poufsouffle. « T'ai-je déjà dit à quel point j'appréciais la poitrine pour le moins…voluptueuse de ta mère et ses cuisses fer-… »

« Inutile de te fatiguer, Diggory, je sais déjà ce que tu cherches à faire ! » l'interrompit brutalement Thomas Lestrange d'un ton incroyablement calme. Le sang s'écoulant de ses poings cruellement serrés, dénonçait toutefois la tension emplissant toujours son corps. « Me crois-tu réellement assez stupide pour succomber à tes petits tours ? Londubat est ma proie, et je ne compte pas la lâcher ! »

Ses prunelles ambrées écarquillées sous la soudaine intervention du Second d'Hangleton, le Poufsouffle laissa échapper un petit rire nerveux.

« Et bien…il semble que tu es malencontreusement découvert mes réelles intentions, Lestrange. »

« Les Poufsouffles sont incapables de mentir et de jouer la comédie. Tu ne devrais pas essayer de piéger ainsi un Serpentard, Diggory ! » fit la leçon le brun, dans une grimace synonyme de dégoût. « Et puis, vous respectez bien trop les dociles, vous, les amoureux des lycanthropes ! »

Un léger silence s'installa entre les deux dominants, avant que ne vienne le rompre, l'esprit et le corps de nouveau apaisés, le Serpentard.

« Pourquoi tiens-tu à sauver la vie de Londubat, Diggory ? » interrogea-t-il sincèrement curieux.

« Car il est mon ami. », répondit sans préambule le châtain.

« « Était » tu veux dire ? Londubat vient tout juste de tenter de te tuer ! »

« C'est vrai… », admit l'Alpha. « Mais…je…je ne pense pas que Neville était dans son état normal. L'exode, la disparition de Draco, la maladie de Luna… »

« Londubat est sans doute le toutou de Grindelwald depuis des années ! Il faisait même partie du complot visant à l'assassinat de Malfoy ! » s'exclama violemment le brun. « Arrête de lui chercher des excuses, Diggory ! Londubat n'en avait pas plus à faire de ta vie que de celle de Malfoy ! »

Baissant ses yeux vers le sol sous l'accablement, Cedric passa nerveusement sa main dans ses cheveux légèrement humides de neige.

« Neville ne me considérait peut-être pas comme un ami comme je le considérais moi-même. », soupira-t-il. « Seulement, il était tout de même mon ami, et à ce titre, je ne peux te laisser l'exécuter aussi sauvagement ! »

Un nouveau silence fit place entre les deux loups-garous, avant que Thomas ne vienne à nouveau le briser.

« Cela n'a plus vraiment d'importance, Diggory. Londubat a déjà perdu beaucoup trop de sang. Même si je ne l'achève pas de mes griffes, il mourra bientôt de ses blessures… », exposa-t-il. « Ne veux-tu pas épargner la peine de ton ami ? »

Après avoir lancé un long regard pensif à la silhouette du mourant, l'Alpha de Poufsouffle reprit finalement la parole.

« Comme tu l'as dis, Lestrange, Neville est mon ami et par conséquent, son sort me revient. »

« Tout cela est très bien, mais… Désolé, Diggory… je ne pense pas être en mesure d'accéder à ta requête ! » répliqua moqueusement le Serpentard, d'un ton sonnant néanmoins pour le moins définitif. « Un Lestrange ne compatit jamais au sort de ses ennemis ! »

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Joignant ses gestes à ses paroles, le brun resserra brutalement ses mains autour du cou du Serdaigle, ses ongles venant percés la peau fine de la nuque de sa proie. Un effroyable craquement retentit alors dans le bois, tandis que les vertèbres du Second de Salem se brisaient en même temps que ses artères cervicales, éclaboussant abondamment le visage du Serpentard.

Stupéfié face au spectacle de la mort du jeune lycanthrope, le cri terrorisé de Cedric Diggory resta toutefois coincé dans sa gorge.

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À suivre…


Alors ? alors ? alors ? N'êtes-vous pas heureux que Thomas soit revenu d'entre les morts ? Vous ne vous y attendiez pas à celle-là, pas vrai ? Qui avait deviné que le loup-garou qui avait surpris la conversation entre Grindelwald et son disciple était Thomas Lestrange ? Ah comme j'aime le tournant de plus en plus tordu que prend cette fic !^^
Enfin, si j'ai ressuscité un lycanthrope (il ne pouvait décemment pas mourir aussi pitoyablement que dans le chapitre 15), j'en ai tué un autre (vous comprenez, l'équilibre des forces et tout et tout…). Du coup, un corps de plus à enterrer dans mon cimetière. Promis, il restera encore pas mal de personnages vivants à la fin. Après tout, plus qu'un chapitre pour me débarrasser de certains !
Sinon, je suis désolée d'avoir rompu ma promesse mes chers lecteurs… mais je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter à cette histoire un dernier flashback ! Neville le valait bien, non ?

Prochain chapitre : Terre d'asile ? (sauf si je trouve un meilleur nom !)

À la semaine prochaine

Nihona