Auteur : Silmaril666
Disclaimer: Ces personnages ne m'appartiennent pas, hormis Ally Stanford et Ethan Tyler. Ils sont la propriété de JK Rowling et je ne tire aucun profit de cette histoire…. Par ailleurs, si certains noms ressemblent à des fictions connues, veuillez m'en excuser (notamment JRR Tolkien…)
Résumé du chapitre précédent : Réalisant qu'Ally a disparue, Harry et Drago partent sur ses traces et celles de Rogue qui les conduisent dans les bas fonds de Poudlard. Rogue y tombe dans un piège et est enfermé aux côtés d'Ally jusqu'à ce que Dumbledore, alerté par Harry et Drago, ne vienne à leur secours. Alors que celui-ci combat Angmar avec difficulté, Rogue parvient à sortir la jeune fille des sous sols et la conduit dans ses appartements pour la protéger des membres du Ministère qui ont investis le château. Incapable de parler elle terre dans le mutisme sous la surveillance imprenable du maître des potions.
Genre : Général/mystère
RAR : Merci beaucoup à Colibri Noir et Noa Dark qui me donne du courage pour arriver jusqu'au bout (je sais je suis pas très efficace et rapide mais je fais de mon mieux : plus de 2ans pour 12 chapitres : qui dit mieux ?lol)
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AngmarChapitre 12 : Dernier soutien
Marchant à grands pas derrière le professeur Dumbledore dans les allées du Ministère de la Magie, Severus se demandait vraiment ce qu'il faisait là : il n'en savait pas plus sur Angmar que Malefoy et Potter qui avaient été également conviés à cette petite réunion. A quoi allait-il bien pouvoir servir pour cette audience visant à informer ces idiots du Ministère de la situation ? Severus commençait même à se demander si Dumbledore ne l'avait tout simplement pas traîné ici par lui-même sans que le Ministère n'est même réclamé sa présence…
Son appréhension s'avéra d'ailleurs rapidement justifiée à en juger par la mine étonnée qu'affichèrent simultanément les membres du Ministère présents dans la salle à la vue de Severus. Ils leurs intimèrent de s'asseoir sur les sièges prévus à leur intention et Scrimgeour prit la parole.
- Bien bien… Après les derniers évènements survenus à Poudlard ces derniers jours, il est devenu nécessaire d'éclaircir un peu les choses… Apparemment, une nouvelle menace plane au-dessus de nos têtes, une menace qu'il nous faut à tout pris identifier correctement pour être capable de la neutraliser… Professeur Dumbledore ?
- En effet Rufus, il s'agit d'une très grande menace, très importante qu'il ne faut surtout pas sous estimer. Pour commencer, j'ai le regret de vous avouer que j'ai été dupé par cette personne comme j'ai pu l'être jadis par le jeune Tom Jedusor… j'ai engagé cette personne au début de l'année scolaire au poste de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal… elle s'est présentée sous le nom d'Ethan Tyler mais se fait plus couramment surnommée Angmar… il a derrière lui toute une armée de fidèles qui le suivent et qui semblent aussi fanatiques que peuvent l'être les mangemorts…
- Mais que veut-il ? Coupa Scrimgeour, sérieux et plus blanc qu'un drap fraîchement lavé.
- Pour faire simple, il veut éradiquer les sangs purs… enfin c'est ce qu'il prétend.
- Comment ça, ce qu'il prétend ?
Dumbledore prit une pause quelques secondes, réfléchissant en se caressant lentement la barbe avant de reprendre :
- Et bien, j'ai un pressentiment qui me dit que cette guerre contre les sangs purs n'est qu'un prétexte pour s'opposer à Voldemort (tout le monde frissonna à ce nom, mais Albus n'y fit pas attention)… Sa haine à l'égard du Seigneur des Ténèbres est telle qu'il semble prêt à tout pour contrarier ses plans… mais je pense aussi qu'il a un autre but caché mais ça, personne d'autre que lui ne peux le savoir…
- Pas même cette jeune fille, Miss Stanford, qui a été apparemment la seule à l'approcher vraiment ?
- Et bien, cher Ministre, il semblerait que Miss Standford n'ait été qu'un pion dans le plan du mage et qu'elle ait été plus manipulée que nous ne l'aurions pensé… Elle n'en sait donc pas plus que ce qu'elle nous a dit et…
- Comment pouvez-vous savoir qu'elle ne vous a pas menti, ou caché des choses ? Cela ne serait pas la première fois, vous connaissez son dossier aussi bien que moi Albus !
- Je lui fais confiance, M. le Ministre, car après ce qu'elle a vécu dans les souterrains du château, elle n'a plus aucune raison de se taire, et elle nous a confié une partie des projets du mage, ce qu'elle en savait…
- C'est-à-dire… ?
- Et bien… Apparemment, à la manière du Ministère, Angmar a fait infiltrer les Mangemorts par quelques uns de ses alliés pour pousser petit à petit Lord Voldemort dans des pièges qui permettront à Tyler de le détruire, ce dont il rêve depuis des décennies…
- Attendez une seconde… Stoppa Scrimgeour, paraissant stupéfait mais soulagé par cette nouvelle. Ce garçon agit dans le même sens que nous ! Etes vous sur que nous devrions le considérer comme un ennemi ? Cette question me parait primordiale !!! Les ennemis de mes ennemis ne sont-ils pas mes amis ?
- Cette idée semble judicieuse, Rufus, si l'on ôte l'éventualité que Tyler ait un autre but à atteindre que d'éliminer les sangs purs. Il est possible qu'il obtienne une certaine puissance en détruisant Voldemort, ce n'est qu'une hypothèse mais c'est possible, on a déjà vu ça par le passé... Pouvons nous vraiment risquer de le voir devenir plus puissant qu'il ne l'est déjà ?
- Et que proposez vous, Albus, vous qui avez réponse à tout ?! lança le Ministre sur un ton de reproches.
- D'attendre, répondit le Directeur de Poudlard avec un demi-sourire.
- Attendre quoi ?
- Attendre que les intentions d'Angmar deviennent plus claires. Maintenant qu'il est démasqué, il va très vite commencer à agir et dès qu'il commencera, ses actes trahiront ses intentions.
Scrimgeour semblait au bord de la crise de nerfs mais au fond, il était presque soulagé de voir que Dumbledore prenait les choses en main. Il acquiesça à ce que le vieux sorcier venait de proposer mais relança un des débats qui lui tenait à cœur :
- Et qu'en est-il de cette jeune fille, Miss Stanford ?... j'aurais voulu m'entretenir avec elle au sujet de tout ce dont elle a été témoin dans cette histoire…
Le Directeur de Poudlard échangea un regard avec le professeur de Potions avant de répondre doucement :
- Je crains, M. le Ministre, que Miss Stanford ne soit actuellement pas en état de subir un de vos interrogatoires à propos de son passé. Ce qu'elle vient de vivre ces derniers jours a été profondément éprouvant pour elle, et je ne pense pas qu'elle puisse vous apprendre quelque chose de plus que ce que je viens de vous confier. Qu'en pensez vous Severus ?
Tous les regards se tournèrent vers le professeur Rogue, debout au fond de la pièce, semblant plus pâle qu'à l'habitude. Il allait répondre au Directeur quand Scrimgeour intervint de nouveau, de plus en plus agacé par les réponses de Dumbledore :
- Qu'est –ce que le professeur Rogue a à voir dans cette histoire ?
- Et bien, Rufus, il se trouve que j'ai demandé à Severus de veiller sur Miss Stanford suite à cet incident qui…
- Comment ???!!!! Coupa Scrimgeour, abasourdi, alors que des murmures d'indignation parcouraient les autres membres du Ministère présents dans la salle. Comment pouvez-vous confier la vie de cette jeune fille à cet homme alors qu'il a été condamné pour coups et blessures sur elle il y a seulement quelques mois ! Vous êtes tout simplement irresponsable !
- Je vous rappelle, Rufus, répondit Albus toujours aussi calmement avec un léger sourire, que j'ai toujours apporté mon soutien à Severus et que j'ai en lui une confiance absolue. Les preuves contre lui lors de ce procès étaient accablantes, j'en suis conscient, mis je pense que le moment est aujourd'hui venu pour rétablir la vérité et mettre les points sur les « i ».
- Quelle vérité ? Les preuves étaient claires non ?
- Oui, sauf que vous oubliez, cher Rufus, que les principales sources de preuves étaient Miss Stanford et le professeur Tyler… Or, nous savons désormais que Miss Stanford agissait sous l'influence de Tyler et que celui-ci devait avoir certaines raisons pour vouloir faire renvoyer Severus de l'école puisque celui-ci le soupçonnait… Comment le Ministère pourrait-il accorder confiance à des propos tenus par un mage noir ?
- … Mais le professeur Rogue avait déjà un passé lourd, tout ceci était plus que probable et…
- Mais ce passé est désormais révolu ! Il est de notoriété publique que Severus a fait de nombreuses erreurs par le passé mais cela fait maintenant près de vingt ans qu'il travaille à nos côtés pour racheter ses erreurs. Je pense qu'il devrait enfin recevoir la considération qui lui est due pour son aide durant toutes ces années… sans oublier les derniers évènements : sans lui, Miss Stanford serait toujours là haut et nous ne saurions rien de ce que cachait Tyler…
- …
- Il est donc plus que probable que Severus n'ait jamais rien fait de mal dans cette histoire… à part peut être avoir comploté dans notre dos avec trois élèves pour découvrir ce que cachait le professeur Tyler.
Severus jeta un regard noir à Harry qui subissait déjà celui de Drago, tandis que Dumbledore adressait au maître des Potions un de ses clins d'oeil en continuant :
- Il serait donc logique de rétablir les fonctions de Severus et de corriger son dossier afin qu'il ne soit plus considéré comme un danger… ce serait la moindre des choses, n'est-ce pas Rufus ?
Le dit- Rufus acquiesça malgré la rage qui l'envahissait alors que Dumbledore se levait, concluant enfin cette entrevue plus qu'harassante :
- Très bien ! Je crois bien que nous nous sommes tout dit mesdames et messieurs ! Il temps pour nous de regagner notre bon vieux Poudlard ! Nous nous reverrons très bientôt je pense, dès que nous en saurons plus.
Mais alors qu'il s'approchait de la porte suivit par Severus, Harry et Drago, la voix de Scrimgeour s'éleva, cette fois plus forte qu'auparavant, tremblant encore par la frustration que lui avait donné cette discussion :
- Toutefois Albus, si nous avons acceptés tout ce que vous nous avez demandé lors de cette séance, nous maintenons notre requête quand à cet entretien avec Miss Stanford. Nous demandons à ce qu'elle vienne ici dès ce soir pour passer quelques jours dans notre Ministère, où nous prendrons soin d'elle pour s'assurer de sa bonne santé…
- Pour vous assurer de sa bonne santé ? répéta Dumbledore en haussant un sourcil d'un œil dubitatif.
- Pour nous assurer de sa santé, oui… Et nous assurer également qu'elle ne représente plus aucun danger pour celle des autres… Après ce qu'elle a fait, il est normal que le Ministère prenne des mesures… Son passé était déjà suffisamment lourd pour que nous la surveillions mais désormais que nous connaissons ses véritables influences, nous devons faire très attention…
- Bien sur bien sur, fit Albus avec un demi sourire. J'imagine qu'il ne me sert à rien de vous faire part de mon désaccord… Je m'en abstiendrais donc ! Fit-il joyeusement en adressant un grand sourire au Ministre et des au revoir chaleureux à tous les autres…
Une fois sortis, Rogue adressa enfin la parole au Directeur, mais sans le remercier pour ce témoignage de confiance dont le vieux magicien venait de faire preuve : Albus était tout de même assez intelligent pour se douter que jamais Severus ne prononcerait un mot de remerciement, même s'il lui en était sincèrement reconnaissant :
- Vous allez réellement laisser cette fille entre leurs mains ? Ils vont sans doute utiliser un Sérum de vérité pour la faire parler, la questionner sans relâche… que peuvent-ils bien vouloir faire pendant plusieurs jours ? La torture peut être !
Le Directeur éclata d'un rire cristallin et regarda Severus avec des yeux amusés :
- Non non Severus, je vous assure que ça ne sont pas les méthodes du Ministère… je sais que la torture reste pour vous un modèle d'interrogatoire mais ça n'est pas le leur en principe !… Ils veulent sans doute la mettre en confiance pour la faire parler, et la faire examiner psychologiquement, pour voir si elle n'est pas complètement folle ou toujours sous l'emprise de magie noire… Vous savez ce qu'elle a fait par son passé… Ils se méfient et utiliseront sans doute un sérum de vérité mais certainement pas la torture…
- Si vous le dites… fit simplement Severus sombrement.
Tout en parcourant les couloirs du Ministère, le maître des Potions pouvait sentir sur lui le regard amusé de Dumbledore. De plus en plus agacé, il fit comme si de rien était jusqu'à ce que Potter et Malefoy aient rejoint leurs dortoirs à leur retour à Poudlard.
Lorsqu'ils s'arrêtèrent tous les deux devant la gargouille menant au bureau du Directeur, Rogue se tourna brusquement vers son supérieur et lui demanda d'un ton sec :
- Qu'est-ce qu'il y a ?!
- Pardon ? répondit Dumbledore d'un air innocent.
- Arrêtez donc de me regarder avec ses yeux là ! Vous avez quelque chose en tête alors dites le moi ! Allez-y je sens que ça vous démange !
- Mais calmez-vous voyons Severus ! Reprit Dumbledore. Je ne me moque pas de vous… je me demandais simplement pourquoi vous vous inquiétez tant pour Miss Stanford…
Rogue s'arrêta un instant, percuté de plein fouet par cette question qu'il n'aurait jamais cru entendre : « Lui, s'inquiéter pour quelqu'un ? ».
- M'inquiéter pour elle ? Répondit-il avec dédain. C'est juste que j'ai failli mourir plus d'une fois pour sauver sa vie et que je n'ai pas envie que ce soit finalement pour l'envoyer à Azkaban… Et puis je trouve toute cette situation ridicule… C'est Tyler le danger, pas cette fille ! Elle n'était qu'un pion ! Ils veulent l'interroger pour se donner l'impression de travailler et d'être efficaces !...Ce ne sont que des enfantillages !
- Oui vous avez raison Severus, sourit Dumbledore. C'est exactement cela! Mais n'ôtons pas ce plaisir à notre cher Ministre, et je pense que sortir un peu de Poudlard fera le plus grand bien à Miss Stanford. D'ailleurs, si vous pouviez aller la chercher, lui faire faire ses bagages et la ramener à mon bureau avant le dîner, je vous en serais fortement reconnaissant… Bonsoir, Severus.
Et sans un mot de plus, le professeur Dumbledore monta vers son bureau en laissant là le maître des Potions, éprouvé, fatigué et déconcerté face à cette nouvelle tâche qu'on lui donnait : apprendre à une jeune fille qui a tout perdu qu'elle va devoir rendre des comptes sur ce qu'elle vient de vivre…
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Lorsqu'il poussa la porte de ses cachots, Severus pu constater qu'il y régnait une obscurité totale presque oppressante, même pour lui. D'un geste de la main il ralluma les bougies éteintes et se dirigea vers la chambre où devait être Ally, toujours endormie. Mais le maître des Potions ne l'y trouva pas, constatant seulement que la pièce était vide et propre comme si personne n'y était venu depuis des heures. Il hésita un instant et vérifia qu'elle ne se cachait pas dans un coin avant de se diriger vers les autres pièces : salle de bain, salon, bureau, placards… Aucune trace d'Ally. Severus était hors de lui : cette gamine s'était encore enfuie.
Il sortit de ses cachots pour se diriger vers la tour des Serpentards quand il eut une idée, un peu saugrenue selon lui, qui lui fit rebrousser chemin et guida à nouveau ses pas vers ses cachots, ou plus précisément, sa salle de classe. Même s'il avait pensé qu'elle pouvait venir ici, il fut malgré tout étonné de la trouver là, assise au premier rang comme à son premier cours, fixant le tableau d'un air absent.
Severus s'approcha sans bruit et s'arrêta à côté de la table qu'elle occupait, attendant quelques secondes avant de briser le silence de son ton sec habituel:
- Miss Stanford ! Heureux de vous voir encore parmi nous ! J'ai pensé un instant que vous aviez décidé de rejouer les héroïnes !
- Je suis désolée professeur…, répondit-elle simplement d'une voix monocorde.
- Puis-je savoir ce que vous faites dans ma salle de classe ? J'imagine que vous ne respirez pas l'odeur exquise des chaudrons propres et étincelants ?
- Non professeur …
Severus ne savais plus quoi dire : que dire devant une fille qui n'a décidément aucune envie de parler alors que soit même on a aucune envie de parler aussi. Il éleva finalement sa voix à nouveau en pivotant vers la sortie, du même ton sec que précédemment :
- Et bien quand vous aurez fini de méditer, je vous prierais de retourner discrètement à votre dortoir et de préparer quelques affaires de voyage… vous me rejoindrez ensuite à mon bureau et je vous conduirais à Dumbledore… Vous allez passer quelques jours au Ministère de la Magie, pour quelques examens…
La jeune fille pivota sur sa chaise pour faire face au professeur et d'une voix légèrement dubitative, elle demanda :
- Des examens ?... Ils veulent m'envoyer à Azkaban, c'est ça ? Ils me croient coupable ?
Si Rogue était convaincu qu'elle n'avait pas tord, il lui semblait entendre dans sa tête la voix de Dumbledore lui implorant de ne pas la faire paniquer davantage. Le maître des Potions hésita alors un instant avant de lui répondre simplement :
- Cessez de tout dramatiser et dépêchez vous de réunir quelques affaires ! Plus vite vous y serez, plus vite vous saurez !
Severus n'était pas sur de l'avoir rassuré mais il s'en fichait pas mal, maudissant le monde entier qui semblait s'acharner contre lui. Comme si elle avait entendu son grognement intérieur, la voix d'Ally derrière lui s'éleva alors qu'il passait la porte :
- Je suis désolée pour tout professeur… Je regrette tout ce que je vous ai fait …
Severus ne répondit pas, ne se tourna même pas vers elle et s'arrêta un instant, laissant s'échapper un long soupir avant de disparaître dans le couloir en un froissement de tissu.
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Ally était partie depuis une journée. Au château, la nouvelle avait fait sensation. En effet, Dumbledore avait du prononcer, dès le lendemain du départ de la jeune Serpentard, un discours plus que réservé à propos des derniers évènements :
« Mes chers élèves, excusez-moi de troubler ce délicieux repas par un de mes ennuyeux discours, mais j'ai d'importantes nouvelles à vous faire part. Tout d'abord, j'ai la joie de vous annoncer que le Ministère de la Magie a ôté toutes les charges pesant sur le professeur Rogue et qu'il va reprendre son poste de professeur de Potions dès demain. »
Des soupirs de découragements et de déceptions se firent entendre alors que Dumbledore s'apprêtait à continuer :
« Par ailleurs, je dois malheureusement vous annoncer la suppression des cours de Défense Contre les Forces du Mal en raison du départ de votre professeur, le professeur Tyler, qui a du nous quitter pour des raisons que je vais vous expliquer, malgré l'habituelle réticence du Ministère.»
A ces mots, un brouhaha commença à s'élever dans la salle, certains élèves semblant totalement abasourdis, d'autres déçus, et les autres craignant le pire.
« Il s'est avéré que le professeur Tyler avait gagné l'Angleterre et rejoint Poudlard pour des raisons peu conventionnelles. Si nous avons mit du temps à nous en rendre compte, nous avons pu nous assurer cette nuit que le professeur Tyler était quelqu'un de fourbe et manipulateur, quelqu'un de très dangereux. Il m'a attaqué cette nuit et a réussi à s'échapper de Poudlard. »
Un frisson parcouru l'assemblée, des murmures et des hurlements de peur faisant place au silence alors que Drago et Harry échangeaient des regards étranges. Dumbledore leva les mains pour ramener le calme puis reprit :
« J'espère vous rassurer cependant en vous affirmant que le Ministère de la Magie et moi-même avons pris des mesures de sécurité immédiates et que nous gardons à l'œil cette nouvelle menace. Il est inutile de paniquer dès aujourd'hui mais j'ai pensé qu'il serait plus juste de vous informer de la situation. Je sais très bien que les temps sont durs et que cette nouvelle n'arrange pas les choses, mais je suis sur qu'en adoptant la bonne réaction tout se passera bien. »
« Voilà ! Je pense que nous avons fait le tour des nouvelles et que vous pouvez désormais continuer à faire honneur à ce délicieux repas ! Bonne soirée à tous ! »
Habituellement, les discours du Directeur étaient suivis d'un brouhaha infernal et de ravitaillements excessifs mais ce soir là, le silence envahissait la grande salle. Peu à peu les discussions reprirent mais toutes concernaient ce qu'ils venaient d'apprendre. Harry et Drago ne se quittaient quand à eux pas des yeux, se défiant du regard à propos du séjour d'Ally au ministère… depuis la réunion du jour précédent, les ennemis avaient repris leurs bonnes vieilles habitudes, persuadés que l'autre était le mal incarné, chacun pensant que tout était de la faute de l'autre… bref maturité et contrôle de soit n'étaient franchement pas au rendez vous après une telle annonce.
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Le nez plongé dans ses copies, Severus eut une envie féroce de balancer sa plume dans l'œil de celui qui venait d'interrompre son seul et unique moment de plaisir (à savoir le commentaire du devoir de Potter) en frappant à la porte de son cachot. Mais lorsque la porte s'ouvrit sur Dumbledore, le maître des Potions se ravisa, se disant qu'agresser son employeur et plus grand soutien auprès du Ministère ne serait pas un choix très judicieux. Mais son 'enthousiasme' s'envola pour de bon lorsque Albus fit passer devant lui la jeune Stanford, tout juste revenue de son séjour au Ministère.
Elle semblait encore plus mal en point qu'avant son départ : ses cheveux blonds lui tombaient devant le visage, cachant une pâleur inhabituelle et des cernes sous les yeux d'une taille impressionnante. Elle semblait si fébrile que Severus cru qu'elle allait s'écrouler avant de réussir à parcourir le chemin entre la porte et le siège face au bureau. Si Rogue n'avait pas observé attentivement le regard rassuré de Dumbledore, il aurait inévitablement pensé que la jeune Serpentard avait été torturée.
- Voilà Severus ! Le Ministère nous a enfin rendu notre élève ! Apparemment, les entretiens n'ont révélés aucune surprise, et nous sommes désormais assuré que Miss Stanford est en parfaite santé… Bien sur, comme vous pouvez le constater, ces quatre derniers jours l'ont quelque peu éprouvé mais elle va s'en remettre très vite… Miss Stanford, si vous vous sentez mal, n'hésitez pas à en parler à votre Directeur de maison ou à Mme Pomfresh… ils sauront s'occuper de vous… Bonne soirée à tous les deux.
Le Directeur leur adressa un large sourire et ferma la porte derrière lui, abandonnant le cachot au silence le plus total. Severus fixait Ally avec intérêt alors que la jeune fille regardait ses mains avec détermination. Severus cherchait ses yeux, cachés derrière ses cheveux blonds, afin de deviner ce qu'il avait bien pu se passer au Ministère pour la mettre dans cet état. Apparemment, elle ne semblait pas décidée à lever les yeux, mais il ne parvenait à déterminer si c'était par choc ou par défi. Si le maître des Potions aurait pu engager la conversation en lui posant diverses questions, il ne le fit pas, reprenant simplement son travail là où il l'avait laissé.
Brisant le silence de la pièce, le grattement de la plume sur le parchemin fit enfin réagir Ally qui, lentement, leva les yeux droit devant elle, rencontrant brutalement ceux de Severus qui la fixait. Il s'attendait à la voir ciller comme tout élève, encore plus dans l'état où elle se trouvait, mais au contraire la jeune fille soutint son regard, ses yeux animés d'une lueur étrange qu'il ne parvenait à analyser. Ce n'était plus peur et remords qui l'incarnait… ce n'était qu'un mélange entre soumission et détermination, comme un soldat près à subir tous les affronts au nom de son pays. Severus hésita, souffla longuement puis de décida à demander froidement :
- Et bien Miss Stanford ? Vous n'avez rien de mieux à faire que rester ici à attendre que ma peau ne se dessèche sous la simple action de votre regard aussi vide qu'un cerveau rouge et or?
La jeune fille esquissa un bref sourire et acquiesça silencieusement avant de tourner les talons pour sortir du cachot.
Lorsqu'elle eut refermé la porte derrière elle, le professeur de Potions posa sa plume et laissa tomber son dos contre le dossier de son fauteuil. Ces quelques minutes passées avec la jeune fille avaient le don de le faire cogiter : depuis le début, depuis son premier cours avec elle, cette gamine avait le don de l'exaspérer : toujours à faire sa maligne, toujours à se croire meilleure que les autres… sans parler de ses messes basses avec les Gryffondors et ses secrets à propos de son passé… et ensuite elle se colle à Tyler, aveuglée par des sentiments non partagés, des sentiments si extrêmes et si insensés qu'ils l'avaient menée droit à la mort… et désormais voilà qu'elle était devenue un fantôme, une statue mouvante, un véritable inferi, pantin sans articulation, une inconnue muette au regard vide de toute expression. S'en était à faire se gondoler un chaudron neuf que d'essayer de comprendre ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête de son élève.
Pourtant, manipulation, soumission, trahison, intelligence et revers de médaille étaient les mots clé de la vie du professeur de Potions, il s'estimait donc plus que qualifié pour appréhender la situation, ce que lui avait déjà fait remarquer son digne et vertueux directeur. Pourtant, là, en plus de fuir ce questionnement comme la peste, le professeur, pour une fois, séchait totalement…
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Cela faisait trois semaines depuis le discours de Dumbledore et encore, l'apparition du nouveau mage noir restait un sujet brûlant, autant entre les élèves que dans les journaux. En effet, il ne restait plus que cinq jours avant le début des vacances de février et déjà, les hiboux des parents d'élèves déferlaient pour forcer leurs bambins à rejoindre la sûreté de la maison familiale. L'agitation régnait partout dans le château, exaspérant chaque jour un peu plus les professeurs qui ne parvenaient pas à capter l'attention de leurs élèves suréxités.
Le maître des Potions n'en pouvait plus : des chaudrons explosaient, des potions cramaient et les points diminuaient à la vitesse d'un hippogriffe au galop alors que ses élèves restaient plantés devant leurs bureaux en rêvassant aux deux prochaines semaines sans devoirs ni examens, à la possibilité de fuir le château qui ne semblait plus si sure qu'auparavant. Severus trouvait ce début de semaine exécrable (plus qu'à l'habitude) et la tendance se confirma lorsque Minerva, lors du déjeuner, confia à Severus qu'une élève de Serpentard n'avait assisté à aucun cours ce matin… et que l'élève en question était Miss Stanford.
Bien sûr, en tant que Directeur de la maison des Serpentards, il était du devoir de Severus de trouver la jeune fille pour la sermonner mais cette fois ci, il n'avait vraiment pas envie de jouer au plus fort avec elle : tout ce qu'il voulait c'était avoir le moins de contact possible avec elle pour éviter de nouveaux ennuis… mais une fois encore, ce n'était pas à lui de décider.
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Dès son repas terminé, il fila en vitesse vers les dortoirs de ses élèves et entra directement, sans frapper, dans le dortoir d'Ally, n'y trouvant personne à part son chat sagement endormi sur les couvertures défaites. Il parcourut en vitesse les diverses salles situées dans les cachots mais ne trouva rien de plus qu'un couple de troisième année sagement enlacé dans une salle déserte. Lorsque la sonnerie de reprise des cours sonna, Severus revenait tout juste de l'infirmerie où Pomfresh lui avait assuré ne pas y avoir vu Ally depuis plusieurs jours... Décidément, cette fille ne voulait pas lui rendre la tâche facile !
Obligé de se rendre à nouveau au cachots pour y donner ses cours, il ne put reprendre ses investigations qu'après 17h, alerté d'ailleurs par Flitwick et Bibine que la vagabonde n'avait pas non plus assisté à ses cours de l'après midi.
Hors de lui encore plus qu'à l'accoutumée, c'est à grands pas qu'il se dirigea vers la salle commune des Serpentards dont il ouvrit la porte à la volée, faisant sursauter la trentaine d'élèves présents qui se turent immédiatement alors qu'il prenait la parole avec autorité.
- Comme vous l'avez sans doute remarqué aujourd'hui, une de vos camarades de septième année ne s'est pas montrée en cours de la journée, et je reste persuadé que certains d'entre vous savent très bien où elle se cache…je n'ai bien sur pas le droit d'utiliser sur vous des techniques de persuasion pour vous faire parler, mais je suis sur que la perspective de perdre la coupe des Maisons à cause de cette élève trop absente vous enchante autant que moi… donc si quelqu'un à quelque chose à me dire, qu'il vienne me voir…
Et il repartit aussitôt, laissant les Serpentards silencieux et indécis, certains abordant un sourire presque jubilatoire, d'autres se jetant des regards plus qu'hésitants… Fallait-il dire ce qu'ils savaient ou bien fallait-il la laisser se débrouiller ? Autant dire que les courageux désirant à annoncer la grande nouvelle au professeur Rogue étaient peu nombreux… qui a dit que seuls les Gryffondors étaient courageux n'avait peut être pas si tord…
A suivre dans le Chapitre 13…
