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Instinct Animal
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Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling. Mon histoire pourrait avoir certaines similitudes voulues ou non avec d'autres fanfictions. Excusez-moi d'avance !

Pairing : HPDM….Rating : M

Genre : Aventure/Fantastique/Romance

RAR : Je remercie à nouveau brigitte26, haruhi-kyouya, Maolisama, stormtrooper2 et ptitcoeurfragile pour leurs reviews ! Ma nourriture pour pouvoir poster et surtout écrire (pas encore fini l'épilogue !).
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Chapitre 19
: Aurore ou Crépuscule ?

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Les lycanthropes croyaient en la toute puissance de la Déesse Lune et à ce titre, ils lui accordaient festivals et offrandes. Et celle-ci le leur rendait bien. Veillant sur ses sujets, haute dans le ciel, la Lune décidait du sort de chaque loup-garou, et les accueillait auprès d'elle lorsque leur heure était venue.
Mais si la Déesse Lune privilégiait le sort des Roi Loups, elle n'en demeurait pas moins la mère bienveillante de l'ensemble des habitants des quatre territoires. Biches, lapins, vautours, carpes… Ils dépendaient tous de sa protection. Ainsi, lorsqu'un lycanthrope laissait échapper son dernier souffle, ses congénères lui rendaient un dernier hommage avant d'abandonner son âme à la Déesse Lune et son corps à la nature.
Pour les lycaons, chair et sang donnaient seulement forme à leur âme, que cela soit celle du loup ou de l'humain. Le défunt n'avait donc pas besoin de son enveloppe corporelle pour rejoindre la divinité. Ainsi, les loups-garous ne voyaient aucun intérêt à brûler ou enterrer les corps et offraient, en guise de remerciement à leur déité, leur chair à leurs inférieurs, les proies.

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Ainsi après avoir adressé un dernier adieu à Neville Londubat sous un ciel rougeoyant, Cedric Diggory rejoignit le campement des quatre territoires, accompagné de Thomas Lestrange. Toutefois le Poufsouffle n'eut guère le temps de se remettre de ses émotions. En effet, à peine eut-il franchi l'orée des tentes qu'il fut assailli par un des docteurs du territoire de Serdaigle.

« Alpha ! » le héla le médecin pour attirer son attention.

Avisant la panique recouvrant le visage de son congénère, le jeune Alpha lui fit signe de parler.

« Alpha, savez-vous où se trouve le Second Neville Londubat ? »

La peur vint étreindre le cœur du châtain l'espace d'une seconde, avant que son cerveau ne reprenne finalement le contrôle de ses émotions. Neville Londubat venait juste de décéder sous ses yeux à des kilomètres du campement personne, à part Lestrange et lui-même, ne pouvait savoir ce qui était arrivé au Serdaigle. Il n'avait donc aucune raison de paniquer !

« C'est très important, Alpha, la jeune … », commença le loup-garou avant de s'interrompre clairement hésitant à dévoiler de telles informations devant Cedric Diggory et surtout Thomas Lestrange.

Sentant la retenue du guérisseur, Cedric jeta un regard lourd de sens dans la direction du Serpentard. Soupirant d'agacement, celui-ci s'éloigna néanmoins du duo.

« Que se passe-t-il, docteur ? » interrogea alors le châtain, sans grand préambule.

Les orbes du lycanthrope s'illuminèrent alors soudainement.

« La jeune Luna… nous avons trouvé quel était son mal. », déclara-t-il.

Sous la pression implicite de l'Alpha de Beauxbâtons pour qu'il poursuive ses explications, le médecin s'exécuta.

« Notre prêtresse présentait tous les signes de Vulneris seulement, quelque chose paraissait juste…étrange, si bien que nous ne pouvions pas clairement la déclarer atteinte par le virus. Ce matin, elle a soudainement été prise de vomissements et… ».

« Des vomissements ?! » s'épouvanta le Poufsouffle.

Mais le Serdaigle balaya aussitôt les inquiétudes du jeune lycanthrope.

« Aucun de nos patients n'a jamais subi de pareilles nausées. Ce n'est absolument pas un symptôme caractéristique de Vulneris… Enfin bref ! Un de mes patients s'est alors exclamé pour plaisanter qu'elle devait être enceinte, et l'idée m'a paru soudainement… pas si idiote que cela ! J'ai donc procédé aux tests, et il semblerait en effet que la jeune Luna soit enceinte d'environ une semaine. Le froid et la fatigue ont probablement eu raison de sa santé et comme son corps a concentré ses forces dans la protection du bébé, elle n'en a ressenti que plus violemment le choc. »

« En-ceinte ? » répéta bêtement le Poufsouffle.

« Oui. Tout porte à croire que c'est le cas. », confirma son congénère. « La neige, le froid, et la maladie entourant le camp sont probablement responsable du fait qu'on ne s'en soit pas rendu compte plus tôt. En tant que prêtresse de Serdaigle, Luna Londubat demeurait souvent auprès des patients, et leur compagnie a dû contribuer à masquer l'odeur du bébé. »

« Enceinte… », gémit cette fois-ci Cedric.

Constatant la détresse dans la voix de l'Alpha, le Serdaigle fronça les sourcils d'inquiétude.

« Alpha, est-ce que ça va ? »

Inquiet par l'absence de réponse du châtain, le médecin lui toucha doucement l'épaule pour attirer son attention. Tournant mécaniquement la tête, Cedric Diggory plongea alors ses ambres accablées dans les orbes préoccupés du soignant. Sursautant d'effroi face à la douleur baignant les prunelles du Poufsouffle, le Serdaigle se mit inconsciemment à trembler.

Avisant alors la coupure barrant la joue de l'Alpha de Poufsouffle – comme la trace du passage d'un croc -, et les éclaboussures de sang jonchant ses vêtements, le guérisseur se souvint soudainement du lycanthrope accompagnant le dirigeant lorsqu'il s'était précipité à sa rencontre. Les cheveux bruns plaqués en arrière par du sang coagulé, le loup-garou portait une cape fourrée dégoulinant elle-même du liquide pourpre, une cape qu'il avait souvent vu sur les épaules d'un tout autre lycaon…

« Al-Alpha, savez-vous où se trouve le Second Neville Londubat ? » demanda finalement le docteur après plusieurs minutes de silence.

Le regard profondément déterminé, il attendait aussi fébrilement la réponse qu'il la craignait.
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Notant l'approche de sa cible, l'Alpha de Serdaigle se décida finalement à stopper son monologue intérieur. Son disciple s'en sortait sans doute très bien sans lui ! Oui, le jeune Londubat avait dû régler son compte au stupide dirigeant des Poufsouffles, et devait déjà s'occuper de Black à cette heure-ci ! À lui, d'éliminer le principal obstacle se jonchant sur la route de son futur trône désormais !

Sortant du couvert des arbres derrière lesquels il se cachait depuis un petit moment déjà, indifférent au ciel rougeoyant, Gellert Grindelwald se jeta ainsi sur le lycanthrope passant par là.

Surpris par l'attaque, la victime s'écrasa tête la première dans la neige. Étalé de tout son long sur le dos de celle-ci, la plaquant ainsi efficacement au sol, l'Alpha des Serdaigles, lui, affichait un sourire des plus cruels.

« Inutile de résister, Monsieur Potter, il est loin le jour où vous pourrez rivaliser avec un dominant, et encore mieux, un véritable Alpha ! », se moqua-t-il, le ton suffisant.

Toutefois, les paroles du blond ne semblèrent nullement atteindre le plus jeune, qui s'échina aussitôt à se défaire de la prise du plus grand. Agacé par les efforts développés par le Griffondor pour lui résister, le Serdaigle lui administra un coup violent sur l'arrière du crâne.

Gémissant immédiatement de douleur, Harry sentit les larmes lui monter aux yeux. Le dominant n'y était pas allé de main morte ! Seulement… le jeune Potter avait beau demeurer un docile, il ne se laisserait pas dominer aussi facilement !

« Que voulez-vous, Grindelwald ? » cracha-t-il avec véhémence.

« Oh ! » fit mine de s'épouvanter l'Alpha. « Une langue bien farouche que nous avons là ! Ton père et ta mère ne t'ont pas appris à respecter tes aînés, mon garçon ? »

Il prit alors une expression catastrophée.

« Oh, excuses-moi ! J'avais oublié qu'ils t'avaient délaissé pour s'occuper de ton frère lorsqu'ils se sont rendus compte que tu n'étais rien d'autre qu'un faible et pathétique docile. Seulement, en tant que tel, tu devrais savoir, mon garçon, qu'il est fort imprudent de se montrer aussi hostile envers plus fort que soi… surtout lorsque cette personne ne désire rien de plus que ta mort ! »

« Ma mort ? N'est-ce pas vous qui avez suggéré de me nommer au poste d'Alpha de tous les Alphas, Grindelwald ? » railla l'adolescent, étrangement prompt à l'ironie.

« En effet, je l'ai fait… », concéda le plus âgé, « mais pour mes propres ambitions, ne t'y trompes pas ! Toutefois, il semble qu'aujourd'hui mes inspirations ne nécessitent plus ta présence. Que dis-je ? elle est même devenu pour le moins gênante ! »

« Comment… »

« Je n'ai que faire de ton opinion, Potter ! Malfoy est mort, tu mourras aussi ! Et bientôt, Diggory et Black viendront vous rejoindre ! Ne t'inquiète pas j'essayerai de faire que cela ne soit pas trop douloureux après tout, je n'ai pas l'habitude d'exécuter des dociles ! Si tu ranges ta fierté de stupide Griffondor, et te laisses gentiment faire, tu rejoindras rapidement ton cher et tendre auprès de la Déesse Lune… sans trop souffrir ! » susurra l'Alpha à l'oreille du plus petit.

Celui-ci lui répondit par un violent coup de tête dans la mâchoire. Criant sous la douleur soudaine, le Serdaigle se saisit puissamment du crâne du brun de sa main droite, et le ré-enfonça rudement dans la neige.

Le nez et la bouche pressés fermement contre terre, incapable de respirer, Griffondor s'agitait dans tous les sens, tentant de se soustraire de la prise impitoyable de son aîné. Cependant, le corps du plus grand maintenait efficacement sa silhouette plus frêle, l'empêchant de bouger un seul de ses doigts ou un quelconque orteil.

Ses lèvres à nouveau appuyées contre l'organe sensible de l'adolescent, le blond reprit son ton doucereux.

« Je t'ai déjà dit qu'il était inutile de gesticuler, Potter. Regarde où ta stupide petite tentative de rébellion t'a mené ! Les quatre fers en l'air, à manger de la neige ! N'as-tu donc aucune dignité ! Tu pourrais rejoindre rapidement ton cher et tendre si tu capitulais, alors pourquoi résister ? ou bien préfères-tu pousser ton dernier souffle, dès maintenant, la tête ainsi enfoncée dans la neige ? Si c'est le cas, désolé de te faire faux bond, mais j'ai prévu pour toi une mort bien plus adéquate. »

A peine eut-il fini sa phrase que le Serdaigle tira la tête du Griffondor en arrière, l'autorisant à nouveau à respirer. Le visage rouge et trempé par le froid, le brun essaya de rendre la monnaie de sa pièce à son assaillant seulement, sa respiration plus que saccadée ne put offrir à ses lèvres ne serait-ce que l'occasion d'esquisser un seul mot !

Indifférent à la colère de sa victime, l'Alpha de Nurmengard relâcha finalement la prise de sa main sur le crâne du plus petit pour aussitôt la refermer sur ses cheveux. Tirant alors brutalement sur la longue tresse du brun, le blond força celui-ci à se relever en même temps que lui.

Une fois l'adolescent debout, le Serdaigle amorça un pas à travers les arbres, traînant ainsi le Griffondor derrière lui.

« Nous allons faire une petite promenade, Potter. », s'expliqua-t-il, ravi, son sourire caractéristique à nouveau fermement en place. « J'ai repéré un petit coin de paradis lorsque l'on a installé le campement, dont la beauté, j'en suis sûr t'éblouira, te rappelant de magnifiques souvenirs ! »

Rageur, Harry n'eut d'autre choix que de suivre Grindelwald dans ses aventures !

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Le chemin se fit en silence, les deux lycanthropes faisant toujours aussi peu cas des striures écarlates zébrant les cieux. Le Serdaigle semblait avoir perdu toute envie d'étaler sa science au Griffondor, et celui-ci n'avait nullement le désir de s'adresser à son kidnappeur. Bien sûr, le brun avait bien pensé à hurler pour signaler sa présence à la meute cependant, il avait désormais bien conscience de se trouver bien trop loin du camp pour qu'un quelconque loup-garou entende son appel, et de plus, ainsi balader par le blond, il lui était impossible de se concentrer suffisamment pour se transformer en loup.

Au bout de quelques minutes de marche, les feuillus finirent par se faire plus rares, laissant leur place aux conifères et quand ceux-ci commencèrent à décroître à leur tour, le docile prit brutalement conscience d'où voulait l'emmener le Serdaigle. Destinée lui donna d'ailleurs raison quelques instants plus tard en l'exposant à la vue de ses pires cauchemars il ne put alors que fermer les paupières pour refluer les perles liquides qui se formaient progressivement dans ses yeux.

Ravi de l'accueil reçu par sa petite surprise, l'Alpha de Nurmengard renvoya un sourire terrifiant à son congénère. Un sourire complètement différent de l'exposition habituelle de sa parfaite dentition. Un sourire pour le moins bestial.

« Comment trouves-tu le spectacle, Potter ? » demanda-t-il, ingénu. « Cette falaise ne te rappelle-t-elle pas de magnifiques souvenirs ? »

Pour toute réponse, un léger grondement sortit de la gorge de l'adolescent, faisant se retrousser un peu plus les lèvres du blond – si cela était seulement possible -.

« J'ai pensé que cela te ferait plaisir de connaître une fin similaire à celle de ton compagnon. N'est-ce pas prévenant de ma part ? »

« Incroyablement prévenant, en effet ! » répondit Harry, le ton plein d'ironie.

« Bon ! Je vais t'expliquer le déroulement des prochains évènements. », déclara Grindelwald, d'un ton professoral. « Je vais te laisser exprimer tes dernières volontés… ». Il prit alors un air faussement peiné, avant de s'exclamer, à nouveau enjoué. « … que je n'exaucerai surement pas ! Puis, je te balancerai du haut de la falaise. Qu'en penses-tu ? »

« Parfait… », maugréa le Griffondor entre ses dents.

« Bien, procédons, veux-tu ? »

Sur ses mots, le dominant attira violemment le plus jeune vers le bord du ravin, sa prise sur les yeux bruns, plus ferme que jamais. Se prenant les pieds l'un dans l'autre, le Griffondor se rattrapa in extremis au bras du plus âgé, ratant de peu la chute. Dos au nouvel Alpha des lycanthropes, bloquant à celui-ci toute possibilité de fuite, Gellert Grindelwald poussa encore un peu plus le condamné vers le bord du précipice, jusqu'à ce que celui-ci ait les pieds au bord du vide.

« Bien, il est venu le temps pour tes derniers mots, Potter. », s'exclama solennellement le Serdaigle.

Pour toute réponse, l'adolescent se contenta de garder le silence. Agacé par une telle attitude, Gellert pressa le brun un peu plus près du bord, faisant légèrement trébucher celui-ci. Inconscient des quelques cailloux qui avaient basculé dans les gorges sous la violence de son mouvement, le blond reprit la parole.

« Dépêche-toi, Potter. Nous n'avons pas toute la nuit ! »

Mais la réponse du plus jeune ne changea pas d'un iota. Un long soupir résigné s'échappa alors des lèvres du Serdaigle.

« Très bien, Potter. Comme tu veux, pas de dernières paroles. J'espère que tes parents n'en seront pas trop déçus. », se désola-t-il faussement. « Je suppose que je peux donc traduire ce manque de loquacité par une volonté de passer dès maintenant aux choses sérieuses. Et puisque tu es ainsi prêt, je t'en prie, mon garçon, saute ! »

Malgré sa colère, aucune réplique cinglante ne franchit les lèvres du brun, seul un léger reniflement démontra au blond un aperçu de l'étendu du mépris du plus jeune pour son existence.

« Allez mon garçon, ne te fais pas prier, saute ! » l'enjoignit l'Alpha de Nurmengard. « Plus rien ne te retient en ce monde de toute façon. Tes parents sont tous les deux morts, et ton compagnon les a rejoint, il y a de cela près de deux semaines. Et puis, au train où vont les choses, la communauté lycanthrope ne retrouva peut-être jamais de terre d'asile. Alors pourquoi ne pas partir maintenant ? Aujourd'hui ou dans quelques mois, cela ne fait pas grande différence ! Quel intérêt y a-t-il à survivre quelques semaines de plus ? »

Joignant le geste à la parole pour un peu plus de persuasion, le Serdaigle pressait à chaque mot le Griffondor un peu plus près du bord.

« Vous paierez un jour ou l'autre pour vos crimes, Grindelwald ! » cracha celui-ci.

« Vraiment ? » s'amusa le dominant. « J'aimerais bien voir ça ! »

Pour appuyer son point de vue, le lycanthrope apposa une forte pression contre le dos du docile. Les pieds au bord du vide, celui-ci perdit aussitôt l'équilibre, et dans un geste désespéré dicté par son instinct de survie, il se saisit des bras du plus grand tel un naufragé à sa bouée de sauvetage. Sentant alors les ongles du condamné s'enfoncer profondément dans la peau de ses avant-bras, le plus âgé esquissa une grimace de douleur.

« Lâche-moi, Potter ! » s'écria-t-il.

Mais cela ne fit que pousser le Griffondor à se raccrocher un peu plus à lui.

Furieux, le Serdaigle tenta lui-même de desserrer la prise du brun sur ses membres. Seulement, malgré son statut de docile, l'adolescent faisait preuve d'une force pour le moins herculéenne et ne semblait pas prêt à libérer son ennemi. Si bien que les efforts conjugués du plus âgé pour se libérer et ceux du plus jeune pour conserver sa vie mirent bientôt à mal la balance des deux lycanthropes, les entraînant dangereusement vers le précipice. Hurlant de frayeur, Harry se sentit ainsi doucement basculer vers le bas, les gorges le ravissant de leur spectacle. Fermant les yeux pour échapper à la vision de sa propre mort, seule la pensée d'une ultime prière à la Déesse Lune réussit à traverser l'esprit paralysé du Griffondor.

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Ce fut dans cette situation pour le moins périlleuse qu'un loup à la fourrure rousse sortit soudainement de la forêt pour se diriger droit vers le duo de loups-garous. Entrant en collision avec eux par la gauche, la bête les propulsa violemment à terre, à quelques mètres seulement du bord de la falaise. Se relevant lentement, encore sonnés d'avoir vus leur fin si proche, les deux lycanthropes tombèrent face à la fière silhouette lupine d'Albus Dumbledore.

« Albus… », souffla aussitôt le Serdaigle. « Je te remercie d'avoir accordé autant d'attention à nos misérables vies. »

Le loup lui répondit par le grognement, lui dévoilant ses crocs acérés dans une très claire tentative d'intimidation.

Avisant, l'air menaçant de son ami, le blond prit bien soin de ne pas s'avancer vers le Griffondor et de ne lui montrer aucun signe de son trouble. Si le dominant distinguait une brèche dans la carapace défensive du Serdaigle, nul doute qu'il s'y insérerait. L'ancien Alpha de Poudlard arborait des sentiments clairement hostiles à l'égard de son ancien ami en cet instant, et faire preuve d'une quelconque forme de faiblesse à ce moment précis pourrait se révéler fatal pour le blond.

Notant également l'animosité de son grand-oncle pour son kidnappeur, Harry se précipita derrière son aîné.

Un combat de regard débuta alors entre les deux anciens, Griffondor et Serdaigle s'affrontant sans pitié.

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Plongés dans les orbes de l'autre, les deux dominants paraissaient avoir perdu toute conscience du temps. Que pouvaient donc se dire, par la seule force de leur regard, deux loups-garous nouvellement déclarés ennemis, après avoir été amis pendant plus de vingt ans ? Harry peinait à imaginer le tourment qui emplissait le cœur des deux hommes. Malheureusement, amis un jour ne voulait pas forcément amis toujours et après vingt ans de pure amitié, les deux loups-garous semblaient posséder aujourd'hui des vues totalement différentes sur l'avenir.

Le plus âgé fut le premier à bouger, brisant la règle tacite créée par les deux dominants de ne pas s'affronter. Il était trop tard pour la paix. Grindelwald avait attaqué l'ultime Alpha, sa propre famille, et Albus ne pouvait pas le laisser s'en sortir à si bon compte. S'il n'était pas intervenu pour stopper le Serdaigle, son petit neveu reposerait six pieds sous terre désormais ! Albus ne pouvait définitivement pas laisser passer un tel acte. Si l'Alpha de Nurmengard avait été capable de s'en prendre à un simple docile dans le seul but de mener à bien ses ambitions personnelles, qui sait combien d'autres méfaits à la cruauté innommable avait-il effectué jusqu'à présent ?

Avançant une patte après l'autre, le roux entama une ronde avec le Serdaigle. Toujours sous sa forme humaine, celui-ci avait esquissé un geste de recul à la première action du Griffondor.

S'observant toujours en chiens de faïence, les deux lycanthropes paraissaient désormais déterminés à tourner indéfiniment. Ce fut finalement le cri perçant d'un vautour surveillant avidement la scène se jouant à quelques mètres sous lui, qui sortit les deux adversaires de leur pseudo-passivité.

Quittant le sentier qu'il venait de tracer à travers le manteau neigeux avec son opposant, Gellert fonça alors soudainement droit sur celui-ci. Tendant ses bras devant lui, le blond se propulsa puissamment vers l'avant, se changeant en plein vol.

Sentant son adversaire approcher, le Griffondor esquiva aussitôt vers la droite, poussant les mâchoires du nouvellement transformé loup blanc à rencontrer le vide. Le son des crocs claquant les uns contre les autres résonna alors dans le froid de cette fin de journée de février. Et il fut rapidement suivi par de nombreux autres, le Serdaigle enchaînant les offensives les unes après les autres. Seulement le loup roux ne semblait pas près de fatiguer, et évitait chaque nouvelle attaque de son opposant avec une facilité déconcertante.

Noyé sous la frustration, Gellert finit par stopper ses attaques. Une nouvelle ronde entre les deux adversaires débuta alors.

Cette fois-ci, ce fut le Griffondor qui l'a rompit. S'élançant à toute allure vers le plus jeune, le loup roux le chargea de front. Fronçant les sourcils face à l'offensive peu subtile de son ami, Grindelwald l'évita sans problème par la gauche. Toutefois, l'Alpha de Serdaigle comprit rapidement son erreur lorsque qu'une masse furieuse vint frapper brutalement son flanc gauche exposé.

Comment était-ce possible ? Comment un deuxième loup-garou avait-il pu l'approcher sans qu'il ne le remarque ?!

Cependant, le Serdaigle n'eut guère le temps de vaquer à ses interrogations, le nouvel arrivant ne semblant guère décidé à le lâcher.

Suite à son impact avec l'Alpha de Nurmengard, l'individu avait profité de la chute de celui-ci pour s'engager dans un roulé-boulé avec lui. Roulant ainsi dans la neige, les deux loups-garous tentaient tant bien que mal de prendre l'ascendant sur l'autre. Leurs mâchoires claquaient férocement, emprisonnant l'air glacial de manière presque frénétique.

Aucun des deux combattants n'avait encore réussi à atteindre sérieusement son opposant, bien que les deux dominants n'y allaient définitivement pas de main morte. Un hurlement de douleur finit cependant par résonner dans le froid silence de février, les crocs du nouveau venu s'étant soudainement enfoncés dans la gorge de son adversaire.

Enragé face à la victoire de son ennemi et à sa propre faiblesse, le Serdaigle n'avait toutefois pas dit son dernier mot. S'il avait offert une ouverture à son adversaire, il n'avait pas encore perdu la bataille ! Il profita ainsi que l'inconfortable et interminable roulé-boulé qu'il avait entreprit avec le loup ait pris fin, pour planter les griffes de ses pattes arrière dans les flancs de son assaillant. Gémissant à son tour de souffrance, celui-ci s'éloigna aussitôt de son opposant pour échapper à ses coups de pattes vengeurs.

Gellert put alors faire complètement face à son attaquant.

Le pelage aussi pur que l'ivoire, la stature haute, le port fier, des orbes métalliques inimitables. Tout droit revenu du Royaume des morts, plus puissant que jamais, le museau pourpre de son propre sang, Draco Malfoy le défiait !

S'il existait une quelconque puissance supérieure en ce monde, en cet instant, elle se jouait définitivement de lui !

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Avisant le loup roux qui venait de se placer aux côtés du loup blanc, Grindelwald jeta un regard rageur aux deux lycanthropes.

Pour qui se prenaient-ils ? Pensaient-ils réellement être capable de le vaincre, lui, Gellert Grindelwald, plus grand Alpha que n'ai jamais connu Serdaigle depuis Fenrir Greyback lui-même ? Du sang royal coulait dans ses veines ! Celui du Premier ! Aussi forts que puissent apparaître réunis Draco Malfoy et Albus Dumbledore, ils n'étaient rien face à lui ! De vulgaires chevaliers n'étaient rien face à un Roi !

Semblant noter la détermination sans faille de leur adversaire, les deux loups-garous échangèrent une brève conversation silencieuse avant de se séparer pour encercler efficacement celui-ci.

Alors c'était comme ça. Ils pensaient le faire plier en le cernant. Pensaient-ils réellement qu'il abandonnerait la partie si vite ? Son subordonné devait être en ce moment-même entrain d'achever Diggory ou Black, l'Alpha de Nurmengard ne doutait nullement de sa réussite. Le garçon possédait un potentiel des plus extraordinaires, et peu de loups-garous pouvaient être à même de lui résister. Les deux Alphas mangeaient donc sans doute déjà les pissenlits par la racine.

Si Gellert avait foi en son disciple, il ne pouvait néanmoins se résoudre à lui laisser l'entièreté de la tâche – et de la victoire -. Il avait lui-même conçu ce plan, il devait donc en assumer une grande partie des conséquences. Il accomplirait ainsi son rôle en se débarrassant de Malfoy, Dumbledore et Potter. Trois insectes pour lui tout seul, il ne pouvait s'avérer plus heureux !

Bientôt le peuple des lycanthropes se retrouvait sous ses ordres, tel qu'il aurait toujours dû être !

Retroussant ses babines dans une attitude de défi, ses prunelles bleues brillant de malice, Grindelwald lança un dernier regard à ses adversaires avant de s'élancer à toute à l'allure vers la forêt.

Surpris par la soudaineté du mouvement du Serdaigle, le maître et l'élève mirent quelques secondes avant de réagir et de se ruer à sa poursuite.

La langue pendante sous l'effort, Gellert Grindelwald traçait habilement sa route entre les sapins, conscient des deux dominants le talonnant. Fuir vers le campement des quatre territoires ne servirait à rien. Ses occupants se rangeraient sans doute du côté de la majorité, aidant ainsi ses poursuivants à l'acculer. Il était clair que l'intervention d'Albus Dumbledore lors de sa tentative d'assassinat du nouvel Alpha ultime et la résurrection du compagnon de ce dernier lui avaient ôté toute possibilité de survie parmi sa propre communauté tant que les deux dominants et leur petit protégé demeureraient vivants. Il ne lui restait donc plus que deux options.

S'échapper loin du camp et de ses congénères en espérant semer le long du chemin ses ennemis et vivre seul dans l'immensité du Grand Ouest à tout jamais – ou tout du moins jusqu'à ce que les choses se soient calmées, et qu'on soit prêt à lui pardonner et à l'accepter -, ou bien affronter une fois pour toute les deux dominants pour pouvoir rejoindre ensuite son peuple.

Entre deux maux le moins pire, disait-on ? Et pour l'Alpha de Serdaigle s'était tout vu.

Vivre loin des siens et du pouvoir lui apparaissait tout bonnement inconcevable. De même que plier face à l'ennemi. Il combattrait donc ses ennemis. Il lui fallait juste élaborer une nouvelle stratégie pour venir à bout de ses ceux-ci. Et rapidement si possible, ses opposants commençant progressivement à gagner du terrain.

Analysant avidement son environnement pour pourvoir dessiner son chemin à travers le bois, le Serdaigle se rendit rapidement compte que les feuillus avaient à nouveau repris leurs droits sur les conifères. Un fait qui pourrait s'avérer, s'il plaçait bien ses cartes, à son avantage. Et comme il ne doutait pas de sa légitimité en tant que chef des têtes pensantes des quatre territoires, le doyen des Alphas ne conjecturait point sur sa victoire. Il allait faire mordre la poussière – ou serait-ce plutôt la neige ? – à ses présomptueux opposants !

Dérivant brusquement de sa trajectoire, le loup poivre et sel fonça droit sur un feuillu. Bondissant contre l'écorce de l'arbre, Gellert Grindelwald se retourna alors en plein vol pour aller atterrir contre le tronc d'un chêne en direction de ses poursuivants, changeant ainsi le sens de sa course. Il cessait de fuir pour aller affronter directement ses adversaires. Et quoi de mieux qu'un petit effet de surprise venant tout droit des airs pour prendre l'avantage du combat ?

Continuant hâtivement leur avancée, le maître et l'élève manquèrent l'approche du Serdaigle, qui sautant désormais d'arbre en arbre avançait vers eux à vive allure. Ainsi pris de court, les deux loups-garous ne purent échapper à la première attaque du loup à la fourrure clairsemée. Dépassant de justesse ses ennemis, l'Alpha de Nurmengard rebondit contre le tronc d'un dernier feuillu, avant d'effectuer une vrille lui permettant d'assaillir le moins rapide de ses poursuivants. Atterrissant ainsi brutalement sur le dos de l'ancien vagabond masqué, Gellert plongea aussitôt sur la gorge de celui-ci.

Un horrible bruit de gargouillis résonna alors dans la forêt tandis que le doyen des Alphas des quatre territoires se repaissait à son tour du liquide vital du loup ivoire. Réagissant finalement à l'agression du Serdaigle et à son poids le plaquant contre le manteau neigeux, Draco ignora la douleur parcourant son corps et surtout son cou pour se relever tant bien que mal de sous la forme imposante de son ennemi. Une fois à nouveau sur ses quatre pattes, il tenta alors de se soustraire de la prise létale des crocs de son assaillant. Seulement, bien accroché au pelage du plus jeune, celui-ci ne semblait pas prêt à libérer sa victime. Épouvanté par la quantité de sang qu'il sentait quitter son corps, l'ancien Serpentard lança alors un coup d'œil désespéré à son mentor.

Avisant l'état de panique de son disciple, le loup roux lui fit signe d'arrêter de se débattre et de le laisser agir. Confiant son destin au Griffondor, le dernier des Malfoys abandonna alors toute résistance. Le Serdaigle en profita aussitôt pour enfoncer un peu plus ses canines dans la chair tendre du cou de sa proie. Toutefois, il dut rapidement revoir ses priorités lorsqu'une silhouette lupine à la fourrure flamboyante s'effondra à son tour sur son dos. Ne pouvant éviter plus longtemps l'attaque des crocs et des griffes du Griffondor, l'Alpha de Serdaigle relâcha rapidement son emprise sur le plus jeune pour retourner toute son attention sur son ancien ami.

Ainsi sauvé de son adversaire, Draco s'effondra dans la neige, accablé par la fatigue et le poids conjugué de son maître et de son ennemi, les entrainant tous deux dans sa chute.

Désormais affalés à terre l'un à côté de l'autre, un simple et bref échange de regard suffit aux deux plus âgés pour se jeter l'un sur l'autre et entamer un combat pour le moins brutal. Le claquement des mâchoires retentit alors à nouveau dans le froid du mois de février.

L'affrontement semblait ne pas vouloir avoir de fin. Les deux loups-garous de force pour le moins similaire attaquant l'un après l'autre, chacun bien décidé à percer la chair tendre de l'autre pour le vider de son sang. Les flancs labourés par les coups de griffes et le pelage strié de nombreuses taches écarlates là où les canines de leur opposant avaient réussi à marquer leur empreinte, les deux anciens amis se battaient sans relâche, attendant que l'autre commette une faute. Cependant, cela ne semblait pas près d'arriver !

Toujours allongé dans la neige, l'ancien héros des quatre territoires, lui, voguait entre rêves et réalité, une flaque pourpre s'agrandissant un peu plus chaque seconde sous son corps.

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Une ouverture vint finalement se dessiner sous les yeux bleutés d'Albus Dumbledore lorsque, plaqué au sol sous l'un des énièmes affrontement au corps à corps des deux ancien amis, Gellert Grindelwald, accablé par la fatigue suite à la blessure que lui avait infligé quelques temps plus tôt le dernier des Malfoys, ne put reprendre le dessus sur lui. Prenant peu à peu conscience du manque de force du Serdaigle qui tentait désespérément de s'extraire de sa prise, le loup roux retroussa moqueusement ses babines. Fini de rigoler ! L'Alpha de Nurmengard était enfin à lui, et le Griffondor comptait bien en faire son quatre-heure !

Convaincu de sa supériorité, le plus âgé saisit violemment la nuque de sa proie entre ses pattes antérieures.

Avisant les intentions de son vieil ami, Gellert se figea l'espace d'une seconde, ses orbes aussi bleus que ceux de son adversaires exorbitées par la panique, avant de finalement reprendre ses esprits. Il se débattit alors férocement, essayant de se soustraire de la prise du Griffondor, en vain.

Sensible à sa frayeur grandissante, son assaillant lui offrit un regard profondément peiné, avant que la haine et la colère ne viennent progressivement remplacer l'affection et la tristesse. Pris dans l'intensité de ses émotions, Albus Dumbledore resserra alors lentement son emprise sur la tête du plus jeune, laissant son loup prendre complètement possession de son esprit. Et la bête s'abreuva aussitôt de visage crispé de douleur de sa proie, ses babines se retroussant en un sourire cruel. Le loup poivre et sel avait osé défier le prédateur et porter atteinte aux membres de sa « meute », il en paierait donc les conséquences !

L'Alpha de Serdaigle eut alors à peine le temps d'apercevoir la dernière parcelle d'humanité quitter les prunelles du Griffondor, avant de sentir avec horreur les pattes de celui-ci pousser brusquement sa gueule vers la droite. Le loup roux avait abandonné toute subtilité et tentait clairement de lui briser les cervicales ! Albus Dumbledore, son plus vieil et cher ami essayait de l'assassiner !

Paniqué, face à sa propre mort, Gellert tenta d'attendrir son adversaire en le suppliant. Seulement, ses gémissements n'atteignirent pas le plus âgé, qui pour toute réponse, augmenta un peu plus la pression qu'il exerçait sur la mâchoire de sa victime. Le corps du Griffondor exultait plus que jamais la sauvagerie.

Désespéré par l'échec de ses tentatives d'évasion, au bord de l'apoplexie, résistant tant bien que mal à la force du loup roux sur son visage, le Serdaigle jetait des coups d'œil affolés autour de lui, cherchant en vain la main secourable d'un quelconque être vivant.

Il était Gellert Grindelwald, au nom de la Lune ! Il ne pouvait pas mourir aussi pitoyablement, en plein milieu d'une forêt, tué par l'un de ses amis les plus fidèles, sans avoir pu s'asseoir sur le trône des quatre territoires ! Non, il ne pouvait pas mourir ici, et de cette façon !

Du sang royal coulait en lui… Il était destiné à de bien plus grandes choses qu'une pitoyable exécution dans une contrée hostile pour avoir attenté à la vie d'un stupide et faible docile !

Non ! Aujourd'hui ne pouvait définitivement pas être sa fin !

Replongeant soudainement ses yeux délavés dans ceux de son opposant, le Serdaigle se mordit violemment la langue. Le goût âcre du sang dans sa bouche réveilla alors son instinct animal, qui acculé face à la mort, était prêt à mettre ses dernières forces en jeu afin de survivre. Répondant à la bête, un courant d'adrénaline se répandit aussitôt dans les veines de l'Alpha de Nurmengard, rendant leur couleur écarlate à ses yeux.

Surpris face à la nouvelle teinte des orbes de son adversaire, le Griffondor n'eut nullement le temps d'assimiler ce que pouvait signifier un tel changement, qu'il se retrouva expulsé loin du corps du plus jeune. En effet, le brusque regain d'énergie de celui-ci lui avait permis de recourir à la puissance de ses pattes antérieures mais surtout postérieures et de propulser ainsi le plus âgé par dessus sa propre silhouette.

Avisant le corps de son ennemi affalé un peu plus loin dans la neige, Gellert se releva brusquement pour prendre la fuite. Qu'importe sa fierté de dominant, s'il voulait survivre, il n'avait d'autre choix que d'échapper au loup roux ! Se soustraire de l'emprise de celui-ci avait fait appel à ses dernières forces et un nouvel affrontement contre le Griffondor résulterait indubitablement par sa défaite, et le Serdaigle préférait largement préserver sa vie, dut-ce être au détriment de sa fierté…

Préoccupé par sa seule survie, le loup poivre et sel prit s'en rendre compte la direction Nord-Est.

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Jetant subrepticement des coups d'œil derrière lui à la recherche de la silhouette d'Albus Dumbledore, Gellert faisait peu cas de son environnement, se souciant seulement d'éviter les troncs des arbres parant son chemin. Toutefois, il se rendit bien vite compte de son erreur, lorsque les derniers troncs se mirent à disparaître, le poussant à freiner brusquement en appréhension de la falaise. Suite à un dérapage plus que précipité, le lycanthrope se retrouva finalement à seulement quelques centimètres de distance du précipice. La respiration saccadé face à l'effort qu'il venait de sa course et l'affolement qui avait étreint son cœur lorsqu'il avait pris conscience du danger lui faisant face, le dominant s'écroula au sol sous le soulagement.

Seulement, le bruit de légères foulées s'enfonçant dans le manteau neigeux vint briser la paix qui reprenait peu à peu possession de son esprit. Relevant brusquement la tête pour aviser l'identité du nouveau venu, le Serdaigle offrit un regard - redevenu bleu pâle – exorbité à l'individu. Toutefois, celui-ci fit peu cas de la réaction de l'Alpha de Nurmengard, s'approchant jusqu'à entrer dans l'espace vital de celui-ci.

Bien sûr, Gellert savait que l'importun ne pouvait être Albus Dumbledore, n'ayant pas pu observer la présence du Griffondor à ses trousses lors de sa fuite, mais le loup-garou lui faisant face était sans doute celui devant lequel il s'attendait le moins à se retrouver.

Les prunelles froides et impassibles, le si expressif Harry Potter fixait l'Alpha de Serdaigle, exempt de toute peur.

Étonné de l'attitude pour le moins inhabituelle du docile, le dominant se surprit à effectuer un pas en arrière, avant de s'admonester vivement. Depuis quand un dominant pliait face à un docile ?! La phrase même demeurait grammaticalement incorrecte ! Un dominant était fait pour dominer comme son nom l'indiquait !

Néanmoins perplexe face à l'incroyable assurance se dégageant du loup ébène, Gellert lui renvoya un regard interrogatif. Que lui voulait donc cet insecte ?

Pour toute réponse, l'héritier des Potters se contenta d'effectuer un nouveau pas en avant, poussant, à nouveau malgré lui, le Serdaigle un peu plus près du bord du ravin.

Mince ! Il était Gellert Grindelwald, au nom de la Lune, il ne pouvait pas courber l'échine face à un faible et stupide docile ! Alpha ou non ! Et puis, d'ailleurs, le brun ne demeurerait Alpha que par sa seule volonté. S'il n'avait pas conseillé au Comité d'élire le Griffondor comme chef, le gamin ne posséderait même pas un tel titre !

Fort de ses convictions, le plus âgé effectua, cette fois-ci, un pas en avant. Cependant, cela ne parut pas impressionner l'adolescent, qui l'imita à son tour. Leurs museaux se retrouvèrent ainsi bientôt à moins d'une dizaine de centimètres l'un de l'autre, leurs regards fermement ancrés dans celui de l'autre. Image pour le moins cocasse.

Harry Potter, docile de tout juste dix-huit ans, tout nouvellement élu Alpha parmi les Alphas des quatre territoires, défiait ouvertement Gellert Grindelwald, dominant de quarante huit ans, Alpha de Serdaigle depuis plus de vingt ans. Bien entendu, le Serdaigle s'avérait sévèrement blessé, et profondément épuisé néanmoins, cela n'empêchait pas le plus âgé de mesurer le double de la taille du plus jeune.

Les yeux toujours plongés dans ceux de son kidnappeur, Harry se jeta brusquement sur celui-ci. Surpris par l'action soudaine de l'adolescent, Gellert reçut l'attaque de plein fouet. La taille plus que désavantageuse du docile ne lui avait pas permis d'atteindre la gorge de son adversaire toutefois, le choc de l'offensive rapprocha dangereusement le corps du plus grand du gouffre.
Sentant la roche s'effriter sous ses pattes postérieures et entendant le bruit de la chute des quelques pierres résonner dans le vide des gorges, le Serdaigle adressa un regard pour le moins rageur au Griffondor, tout en redirigeant son poids vers ses pattes avant pour plus d'équilibre. Le corps alors prêt à l'offensive, le loup poivre et sel lança rapidement la contre-attaque. Personne ne s'en prenait impunément à Gellert Grindelwald ! Et encore moins un docile !

Un combat débuta alors entre les deux lycanthropes. L'Alpha de Nurmengard attaquant majoritairement, tandis que l'héritier des Potters esquivait brillamment chacune de ses tentatives grâce à son incroyable agilité. Bien sûr, Gellert Grindelwald possédait lui aussi une flexibilité incomparable seulement, ainsi blessé et fatigué, le Serdaigle avait oublié toute subtilité et se contentait de suivre son instinct animal.

Analysant attentivement les mouvements de son opposant, le Griffondor avait rapidement pris conscience de leur prédictibilité, et parait ainsi chaque offensive de son ennemi sans grande difficulté. De plus, l'adolescent s'était également rendu compte de l'état de faiblesse du plus âgé. Celui-ci s'épuisait chaque seconde un peu plus, et perdait tout aussi proportionnellement en réactivité. C'était le moment d'attaquer. Oui, c'était le moment d'assener le coup fatal au Serdaigle. Car, Harry le savait bien celui qui gagnait, ne s'avérait pas toujours le plus musclé ou le plus fort, mais bien le plus futé.

« Souviens de cela Harry, celui qui gagne n'est pas toujours le plus fort, mais bien, le plus intelligent. Il faut savoir analyser ton adversaire, établir ses qualités comme ses faiblesses. Un combat, ce n'est pas seulement un affrontement de force brute mais également une bataille de l'esprit. », expliqua très sérieusement James Potter à son fils de huit ans.

Ses orbes émeraude émerveillés, le petit buvait littéralement les paroles de son père.

« Et il en est de même pour l'élévation de l'Alpha. », reprit tout aussi solennellement l'Alpha de Griffondor. « Car, un Alpha ne se doit pas nécessairement d'être le plus fort mais bien, le plus avisé. Tout pouvoir implique de grandes responsabilités, Harry ainsi, celui qui le détient se doit d'en être digne, et de prendre les décisions les plus avisées pour le bien de son peuple. »

Le jeune garçon s'était contenté d'hocher la tête, totalement captivé par les paroles du plus âgé. Amusé, le dominant s'était épanché dans un grand éclat de rire, tout en prenant bien soin d'ébouriffer un peu plus les cheveux déjà bien assez indomptables de sa progéniture, provoquant irrévocablement une moue boudeuse chez celle-ci.

Son père lui avait appris à évaluer le comportement de ses adversaires et à en tirer avantage, et le moment était venu pour Gellert Grindelwald d'en faire les frais !

S'aplatissant soudainement sur ses pattes postérieures fléchies, ses pattes avant tendues, le loup ébène fonça droit sur le Serdaigle. Le docile freina brusquement face au plus âgé, évitant habilement la menace de ses crocs pour se réfugier sous le poitrail de celui-ci. Surpris par l'ingéniosité de plus petit, Gellert n'eut pas le temps de réagir que la mâchoire de l'adolescent perforait déjà son estomac. Gémissant de douleur, le dominant s'effondra brusquement dans la neige, coinçant par là-même, son assaillant sous son corps.

Paniqué, Harry tenta aussitôt de s'échapper cependant, la masse que représentait l'Alpha de Serdaigle demeurait bien trop lourde pour que le jeune Potter possède une quelconque chance. Ô comme il maudissait ses gènes de docile !

Celui qui gagnait n'était pas forcément le plus fort, mais celui-ci possédait indéniablement un sacré avantage !

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Heureusement pour le docile, l'arrivée impromptue d'Albus Dumbledore lui permit de ne pas mourir d'asphyxie. Déboulant, comme un peu plus tôt dans la soirée des bois, le Griffondor s'élança à nouveau vers le Serdaigle pour libérer le jeune Alpha. Toutefois, si le choc avait permis un peu plus tôt d'écarter les deux lycanthropes du bord de la falaise cette fois-ci, l'intervention du loup roux propulsa les deux dominants au plus proche du précipice.

Se relevant doucement tout en reprenant de grandes goulées d'air, Harry tourna aussitôt la tête derrière lui pour attester de la présence des deux autres loups-garous, pour se retrouver face au spectacle des deux bêtes basculant irrémédiablement dans le vide. Épouvanté, l'adolescent jappa de terreur, alors que la silhouette de son grand-oncle disparaissait peu à peu de son champ de vision. N'écoutant que son instinct, le loup ébène se précipita à son tour vers le bord du ravin. Les prunelles émeraudes se perdirent alors dans celles fatiguées et pourtant étrangement sereines d'Albus Dumbledore, dont la forme se fit bientôt avalée par les profondeurs du gouffre.

Le ciel demeurait désormais complètement tâché de rouge.

Faisant écho à la peine qui étreignait le cœur du docile, de fines perles vinrent rapidement humidifier sa fourrure. Toutefois, le jeune loup-garou n'eut guère le temps d'épancher sa tristesse, la silhouette de Gellert Grindelwald captant son attention. Contrairement à son congénère plus âgé, le doyen des Alphas des quatre territoires avait réussi à reprendre contact avec la roche dans sa chute, et demeurait désormais suspendu à la paroi par ses seules pattes antérieures. Avisant la présence du Griffondor à une dizaine de mètres au-dessus de lui, le Serdaigle l'implora du regard de l'aider.

Pétrifié face à la détresse du dominant, l'héritier des Potters s'avérait incapable de bouger le moindre muscle. Gellert Grindelwald, se trouvait là, à quelques mètres de lui, sa vie ne tenant qu'à un fil, et le suppliait, lui, Harry Potter de lui sauver la vie. Qu'était-il donc censé faire ?

Le loup-garou avait incité le Comité à garder en geôle son compagnon… il avait à peine battu un cil face à la disparition de celui-ci… Et surtout, il avait essayé de le tuer, il y avait de cela tout juste une heure et suite à son échec, avait à nouveau tenté de se débarrasser de lui en l'étouffant sous son poids, à peine une minute plus tôt !

Alors… était-il censé l'aider ? ou bien écraser ses pattes pour précipiter sa chute ?

Perdu dans ses pensées, le docile ne perçut la présence du nouveau venu que lorsqu'une forte odeur de sang à seulement quelques centimètres de son museau vint perturber celui-ci. Le Griffondor tourna alors violemment la tête pour se retrouver face aux orbes hypnotiques de son compagnon. Les deux jeunes lycanthropes restèrent ainsi quelques instants plongés dans les yeux de l'autre, avant que l'ancien vagabond ne reporte son attention en contrebas sur le Serdaigle.
Une des pattes de celui-ci avait perdu sa prise sur la paroi, et le destin de l'Alpha de Nurmengard ne tenait ainsi plus qu'à la force de sa dernière patte antérieure.

Avisant à son tour l'air catastrophé du Grand Gellert Grindelwald, Draco redirigea ses prunelles argentées vers l'adolescent à ses côtés dans une question muette. Constatant l'air égaré et peiné du loup ébène, le loup ivoire vint lui lécher tendrement la truffe avant de remonter doucement ses babines en un mince sourire. Le Griffondor n'avait laissé échapper aucune parole, mais Draco Malfoy savait mieux que personne interpréter le trop plein d'émotions vibrant dans les yeux de sa moitié. Et ce qu'Harry Potter voulait, Harry Potter avait !

S'éloignant quelque peu de son lié, l'ancien Serpentard inspecta attentivement la roche, avant de s'accroupir soudainement le long du bord et d'entamer sa descente vers le Serdaigle.

Tout comme il l'avait fait quelques jours plus tôt lors de son ascension, Draco s'aida des quelques troncs de conifères arrivant à pousser contre la paroi. Il mit ainsi moins de cinq minutes à atteindre l'autre loup-garou. Arrivé à sa hauteur, le plus jeune chercha un moyen pour tracter son aîné. Le Serdaigle demeurait tout comme lui sous forme lupine, et reprendre en plein milieu du vide forme humaine se révèlerait sans aucun doute pour le moins dangereux toutefois, rester sous la forme du loup semblait tout aussi risqué. En tant qu'humain, l'ancien rôdeur aurait pu attraper les bras du Serdaigle et le hisser plus en hauteur il aurait même pu le porter si nécessaire. Mais, sous forme lupine… seule la prise à la gorge paraissait assez ferme. Et lui comme Grindelwald possédaient tous deux des plaies bien trop profondes pour qu'une telle entreprise demeure du possible.

Draco fut soudainement sorti de ses réflexions par un léger jappement du Serdaigle. Reportant aussitôt son attention sur son congénère, le jeune dominant se retrouva face au sourire moqueur du plus âgé. Perplexe et quelque peu vexé, l'ancien Serpentard fronça les sourcils d'agacement. En réponse, l'Alpha des Serdaigles détendit légèrement son visage pour afficher un sourire peu naturel. Un sourire que même sous sa forme de loup, Draco réussit à répertorier comme le perpétuel sourire caractérisant le Grand Gellert Grindelwald.

Semblant rassuré par la compréhension qu'il parut lire sur la figure du plus jeune, Gellert lui adressa un dernier regard malicieux avant de soudainement relâcher son emprise sur la roche. Complètement statufié, seul un horrible gargouillement réussit à traduire l'effroi du jeune dominant.
L'esprit, semble-t-il apaisé, Gellert Grindelwald s'était laissé terrasser par la Déesse Lune, ses paupières refermées comme pour accueillir son éternel repos, son habituel sourire aux lèvres.

Toujours secoué par la scène qui venait de se produire sous ses yeux, Draco remonta lentement les quelques mètres qui le séparaient de la terre ferme. Une fois arrivé au sommet, l'ancien Serpentard eut à peine le temps d'effectuer quelques pas afin de s'éloigner du précipice qu'il reçut un violent poids contre son flanc qui l'envoya s'écraser dans le manteau neigeux.

Le corps chaud de son compagnon contre son propre corps, le museau du plus petit profondément enfoncé dans sa fourrure, le dernier des Malfoy leva doucement sa truffe vers le ciel.

L'écarlate du crépuscule laissait peu à peu place au noir intense de la nuit.
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Grandement secoué par les pertes qu'il avait subies, le convoi des quatre territoires reprit néanmoins sa route.
Ainsi, s'acheva février, laissant finalement sa place à mars, le froid de l'hiver et sa neige disparaissant quelque peu pour laisser le printemps s'épanouir.

Et ce fut un jour de mars 214 que le sort de la communauté lycanthrope bascula.

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Détenteur ultime du titre d'Alpha de tous les Alphas, Harry Potter gouvernait toujours l'ensemble du peuple des loups-garous, entouré et conseillé bien sûr, par le Comité. Ce soir-là, comme chaque nuit, le Griffondor rejoignit sa tente, accablé par sa journée. Ainsi, à peine se fut-il déshabillé et changé en loup qu'il sombra dans les bras de Morphée, sa truffe profondément enfoncée dans la fourrure ivoire de son compagnon.

Toutefois, cette nuit-là, les rêves du jeune Potter se virent habités par une présence pour le moins inattendue. Remplaçant la forme bienveillante et habituelle de son bien-aimé, la Déesse Lune vint se coucher aux côtés du brun. Se mettant à lui caresser tendrement les oreilles, elle lui susurra alors d'une voix douce - ressemblant étrangement à celle de Lily Potter – que les lycanthropes retrouveraient bientôt une maison.

« Souviens-toi, Fils de la Lune. », lui souffla-t-elle, la voix à peine plus haute qu'un murmure. « Marche sans relâche vers l'Ouest pendant deux jours. Au crépuscule du deuxième jour… lorsque toute chose demeurera tâchée de rouge…au-delà de la colline…apparaîtra la nouvelle demeure des loups. »

Perplexe face à cette apparition onirique pour le moins improbable, le docile questionna quelque peu sa santé mentale, et décida de n'en parler à personne, et surtout pas au Comité.

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Cependant, au crépuscule du deuxième jour de marche de la caravane, un halo rougeâtre capta l'attention des lycanthropes. Il fallut néanmoins encore quelques minutes de plus d'avancée à l'avant du convoi, pour que se dessine sous les yeux effarés de ses membres, une colline portant en son sommet un mur.

Un mur en pierre grise, haut de plus d'une cinquantaine de mètres, qui semblait s'étendre sans fin !

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Fin !

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Alors cette fin ? (J'en reviens toujours pas d'avoir écrit ce mot ! Première histoire finie de ma vie !) Je vous embrouille un peu plus, pas vrai ?^^ J'aime les fins ouvertes, ainsi chacun peut laisser libre cours à son imagination ! Si vous êtes satisfait par cette fin, vous n'êtes ainsi pas obligés de lire l'épilogue. Celui de J.K. Rowling en a déçu plus d'un, alors je prends mes précautions. Mais, si vous êtes décidés à le lire, sachez qu'il se déroulera sept ans après l'histoire principale, et qu'il éclaircira de nombreux points. Du genre… c'est quoi encore ce satané mur !^^

À la semaine prochaine pour l'épilogue !

Nihona