Auteur: Silmaril666
Disclaimer: Je ne possède aucun des personnages issus de l'oeuvre de Rowling et ne tire aucun profit de l'usage de son univers.
Tome: 7 (mais très peu de spoilers)
Résumé: Jamais elle n'aurait cru devoir l'affronter, et pourtant, l'arme pointée sur elle semble vouloir briser ses illusions... OCxOC
A noter: Cette histoire ne suit pas un déroulement chronologique, elle passe d'anecdotes en anecdotes d'une façon particulière... si les deux premiers chapitres vont laisseront peut être perplexe à ce sujet, je pense que dès le 3ème et 4ème vous comprendrez ma logique. Et si ça n'est pas le cas, n'hésitez pas à me le dire!
En attendant, bonne lecture!
En une poignée de mains
Chapitre III : « C'est la dernière fois »
Il était tard et pourtant ils ne dormaient pas. Emmitouflés dans les couvertures, leurs visages éclairés par les frêles rayons de lumière artificielle venant de la rue et se faufilant entre les rideaux. La nuit était calme. Seuls quelques automobilistes passant par là pour de mystérieuses raisons troublaient le calme de l'immeuble, quelques cris d'enfants résonnant parfois depuis les confins d'un étage.
La tête posée sur le torse de son amant elle fixait le plafond comme si elle comptait y trouver la réponse à un dilemme assommant, étouffant, inévitable. Fixant lui aussi le plafond, il semblait attendre que le verdict tombe, le regard sombre, serein, imperturbable. Inspirant une grosse bouffée d'air il souffla bruyamment, faisant virevolter un instant quelques mèches des cheveux bruns reposant sous son nez. Il brisa le silence :
- Alors ?
- Alors ?
- Est-ce que tu vas encore me dire que c'est la dernière fois ?
Elle souffla à son tour puis se retourna lentement, s'appuyant sur le matelas de ses avant bras pour poser doucement son menton sur le torse où reposait quelques secondes auparavant sa tête. Malgré l'obscurité elle attrapa son regard, cherchant dans ses prunelles azur un indice, un encouragement, une menace… une réaction. Mais il se contentait de la regarder, impassible, arborant une expression indéchiffrable et mystérieuse comme toujours.
- Et que voudrais tu que je te dises ? glissa t-elle, comme fatiguée d'une conversation qui avait un goût de déjà vu. Tu veux que je dises : bien sur que non, allons boire un café, invitons nos amis à dîner, expliquons leur pourquoi mon arme n'a pas tranché ta gorge et la tienne ne s'est pas encore plantée dans ma poitrine.
- Effectivement, dit comme ça, « la dernière fois » semble être la réponse la plus simple.
Il avait dit cela avec un sourire presque amusé, comme si cette conversation n'était qu'un jeu de rôle, un rêve, une composition théâtrale en ultime répétition avant la première représentation. Soucieuse, Haley se tut quelques instants puis repris, sérieusement :
- La prochaine bataille aura lieu demain … qu'est ce que tu comptes faire ?
- Comme toujours… obéir aux ordres de mon mieux… quoi d'autre ?
- Obéir aux ordres… répéta t-elle, amère.
- Parce que tu n'obéis pas aux ordres toi peut être ? Se défendit calmement Ethan, sentant les reproches soufflés au creux de son torse.
- Si… mais les ordres auxquels j'obéis ne sont pas… c'est différent… ces ordres je les approuve… et je peux les contester si je suis convaincue qu'ils ne sont pas légitimes…
Ethan étouffa un rire.
- Toujours persuadée que je ne comprends et n'approuve pas les ordres auxquels j'obéit ? Que je ne suis qu'une simple marionnette au service d'un monstre ? Que je suis la victime d'un enrôlement forcé, cruel et arbitraire sous la menace ? Que je n'ai aucune motivation idéologique réelle derrière les horreurs que je commets chaque jour au nom de notre chef ?
Elle ne répondit rien, souffla puis s'écarta un peu, se laissant échouer sur l'oreiller à ses côtés. Il se tourna vers elle, souriant comme ci elle faisait un caprice d'enfant, traçant des cercles sur sa peau alors qu'elle enfouissait son visage dans l'oreiller. Il glissa dans son oreille :
- Tu as raison de t'en persuader… ça m'est égal… et qui sait, peut être que tu parviendras à me convaincre moi-même que je ne suis qu'un pion, qu'un homme de main, que rien de ce que je fais n'est le fruit de ma volonté propre et de mes convictions les plus profondes… Je ne pourrais peut être plus me regarder dans une glace mais peut être que toi tu pourras me regarder sans penser à tout le sang que j'ai sur les mains et que je n'ai jamais regretté d'avoir répandu.
- Si tu essaies de me faciliter les choses ta technique est franchement douteuse…
- Facile ? Qu'est-ce qui peut l'être de toute façon…
Malgré ses mots, Haley ne pouvait s'empêcher de douter… elle avait vu de quoi les mangemorts étaient capables, et pour avoir survécu six ans à la fureur de Voldemort, elle savait qu'Ethan avait du se conduire comme un parfait guerrier, serviable, cruel et efficace. Elle savait qu'il servait son maître avec presque qu'autant de dévotion qu'il ne lui disait « je t'aime » sur le champ de bataille de leurs ébats. Elle avait toujours aimé sa retenue, le mystère qu'il laissait planer sur ses sentiments… mais dans ces instants elle aurait aimé être capable de lire en lui comme dans un livre ouvert, de comprendre sa prose et analyser sa syntaxe. Mais ses propres figures de style la perdait, la confondait, la perdant au cœur d'un déluge de mots et d'émotions qu'elle ne pouvait assimiler. La chute serait longue, elle le savait. Et le parvis sur lequel elle s'effondrerait ne sera pas de plumes, bien entendu.
Ethan préférait se taire. Il aurait pu lui faire part de ses interrogations comme elle le faisait mais il estimait plus sage de rester silencieux. A quoi bon remuer le couteau dans la plaie. Il n'avait jamais su parler comme il faut, et de toute façon, cela ne changerait rien. Il savait tout aussi bien qu'elle qu'arriverait le moment où ils devraient s'affronter. Et à ce moment, ce ne sera pas à qui sera le plus habile de ses mouvements, à qui brandira son arme le premier, mais plutôt à qui aura le cran de dire adieu à celui qu'il aime, sacrifice légitime et inévitable pour la cause qu'il défend.
Haley remonta les couvertures sur son corps, s'emmitouflant dedans en cachant presque entièrement son visage. Lui tournant le dos, elle lui adressa ces derniers mots :
- Il est tard tu devrais rentrer chez toi. Une bataille nous attend demain, tu devrais garder tes forces.
Ethan ne répondit rien, embrassant une dernière fois son cou avant de quitter les draps chauds pour rencontrer l'air froid de la chambre qui semblait refléter l'atmosphère qui y régnait depuis quelques instants déjà. Ils étaient désormais bien loin de leurs ébats brûlants de cette fin de soirée se dit-il en se rhabillant en hâte. « Nos retrouvailles ne seront pas aussi chaleureuses, je le crains, pensa t-il. Ce sera une longue journée mon amour, crois moi… Nos derniers instants seront longs, je te le promets. »
Et sans un mot de plus il disparu de l'appartement, laissant la jeune femme fixer gravement l'obscurité inlassablement, comme si elle savait que cela pourrait être la dernière fois.
