Hey! Me revoilà avec un second baiser ~ ;-)

Je vous laisse découvrir avec qui j'ai casé ce bon Madara :p


L'amertume d'un premier baiser

Madara Uchiha x Ume Haruno (note importante : Ume désigne la floraison des pruniers au Japon)

Tout avait commencé au bord d'une rivière, le jour où il n'était pas arrivé à faire suffisamment de ricochets avec son galet pour atteindre l'autre rive.

Une pierre plate avait sifflé par sa vitesse à côté de son oreille, frôlant sa peau de près avant d'effectuer quatre rebonds parfaits sur la surface de l'eau et de retomber sur la bande de cailloux de l'autre côté.

Irrité par cette réussite qui ne lui souriait pas, le jeune Madara s'était retourné pour faire face à un garçon de son âge aux airs de joyeux luron, les jambes fléchies et le bras encore tendu en avant de son précédent lancé.

« Le secret c'est de viser un peu plus haut que ta cible », lui dit-il avec un clin d'œil.

« Je n'ai pas besoin de tes conseils », répliqua le noiraud, ennuyé, en se retournant vers son homologue. « Si j'y mets toute ma force, il atteindra l'autre côté ! Et puis t'es qui, au juste ? »

« Pour l'instant, je suis juste ton rival aux ricochets », lui répondit l'autre, moqueur. « Bien que ma supériorité ait déjà été prouvée. »

Les mains sur les hanches, les sourcils légèrement froncés et un sourire au coin aux lèvres, le garçon en face de lui semblait respirer la confiance.

Madara ne l'appréciait déjà pas.

« *.* »

« C'était là la première fois que je rencontrais Hashirama Senju », expliqua Madara, assis en tailleur sur un coussin, ses yeux songeurs levés vers le plafond.

« Beaucoup plus banal que ce à quoi je m'attendais de la part des deux shinobis les plus puissants au monde », commenta la jeune femme agenouillée en face de lui en reprenant nonchalamment une gorgée de sa boisson.

Baissant ses prunelles d'encre vers elle, il sourit avec espièglerie, le visage éclairé par les flammes dansantes des bougies : « A une époque où la guerre faisait encore rage sur tout le territoire, je dirais que cette rencontre était on ne peut plus originale. Pas d'échange de coups, pas de sang qui gicle, pas de mort terrible. »

« Je me demande comment j'arrive à apprécier ce cynisme dont vous faites toujours preuve », soupira la femme en levant les yeux au ciel, non sans un rictus amusé.

« Toujours est un bien grand mot, nous ne nous connaissons que depuis quelques semaines. »

« Vous voulez dire que vous êtes capables de faire de l'humour véritable comme un homme devrait savoir le faire pour courtiser une femme ? »

« Vous pensez que je vous courtise ? », demanda Madara en haussant un sourcil avec une expression goguenarde.

« Sans le moindre doute », lui répondit assurément sa partenaire.

« Ne serait-ce pas plutôt vous qui tentez de me courtiser par ces paroles ? »

« Pas le moins du monde. »

« Vraiment ? »

« Je ne suis pas ce genre de femme. »

« Et quelle genre de femme êtes-vous ? »

« De celles qui se lassent vite des hommes comme vous. »

« Vous venez pourtant vous-même d'avouer que vous appréciez la noirceur de mon humour. »

« Vous reconnaissez donc que vous faites de l'humour pour me courtiser. »

« Je fais de l'humour parce que c'est un trait naturel de ma personnalité. N'aimez-vous pas les hommes naturels ? »

« Vos cheveux soigneusement coiffés et votre yukata si bien coupé me font penser à tout sauf à un homme qui se comporte naturellement. »

« Vous n'aimez donc pas les hommes naturels puisque vous avez accepté de dîner avec moi », remarqua Madara avec un sourire en coin, penché en avant, le coude posé sur la table basse et le menton reposant au creux de sa paume.

« Dois-je vous rappeler que j'ai accepté ce dîner en votre compagnie à la condition que vous me racontiez votre rencontre avec Hashirama Senju dans les moindre détails ? »

« Je n'ai pas oublié la curiosité dévorante typique des Haruno qui vous a poussée à venir me parler. Vous étiez plutôt amusante avec vos grands yeux émerveillés quand j'ai accepté votre condition.»

« Mon clan est reconnu pour sa finesse d'esprit et son sens de l'analyse. La curiosité est une qualité naturelle qui accompagne ces traits de caractère, voilà tout », répliqua la jeune femme, les joues légèrement colorées.

« Vous cachez bien votre tempérament sarcastique et votre tendance à réagir avec vivacité. »

« Il n'y a pas de mal à être vif. »

« Pardonnez-moi, je voulais dire avec violence. »

« Je ne suis pas violente ! », s'emporta la femme en reposant son verre sur la table dans un grand bruit.

« Absolument pas », s'amusa l'Uchiha.

Embarrassée mais fière, la jeune femme reprit contenance en reposant dignement ses mains sur ses genoux et détourna la tête avec une légère moue boudeuse.

Les prunelles de Madara se mirent à briller, et une expression presque attendrie adoucit les traits de son visage.

« Cela fait bien longtemps que je n'avais plus passé un moment aussi léger. »

« Pas d'échange de coups, pas de sang qui gicle, pas de mort terrible », sourit son homologue en reprenant ses propre mots.

« Une chance que votre famille ait décidé de s'installer à Konoha. Les belles femmes parviennent toujours à adoucir les cœurs. »

« Vous en êtes un, un bien joli cœur. Mais je suis insensible à ce genre de remarques tirées des contes à l'eau de rose ».

« Tant mieux. Je déteste les contes. »

Plongeant son regard dans les orbes émeraude face à lui, le silence qui régnait autour d'eux prit une intensité qui le fit frissonner malgré la chaleur des bougies.

« Il se fait tard, je vais vous raccompagner », souffla Madara en brisant à regret l'agréable tension qui les avait étreints.

« Parce que vous avez cru que j'allais me contenter de ça ? Je veux savoir la suite de votre histoire! », s'insurgea la femme. « Je n'étais là que pour ça ! »

« Ce n'est pas moi qui ait changé de sujet après l'introduction», se moqua l'Uchiha.

« Je voudrais vraiment écrire sur vous », reprit son homologue plus sérieusement. « Je pense que c'est important de consigner par écrit cette amitié improbable entre Uchiha et Senju. C'est un exemple à suivre pour les générations futures. »

« C'est une fleur que vous me faites-là, Ume Haruno. Je suis flatté par tant d'éloges de votre part. »

« Votre jeu de mots était pitoyable », souffla Ume, blasée.

« J'essayais de faire de l'humour véritable. »

« Restez-en à l'humour noir. »

« Vous ai-je déjà dit que j'adorais tout particulièrement cette fragrance printanière qui embaumait l'air autour de vous ? », continua Madara en faisant mine de l'ignorer.

« Vraiment. »

Madara se releva souplement en laissant l'argent nécessaire à l'addition sur la table, puis aida Ume à en faire de même en lui tendant sa main.

« La suite sera pour une prochaine fois, si vous voulez bien », proposa Madara, un sourire charmeur dessiné sur ses lèvres en serrant les fins doigts dans sa paume.

Sa compagne de la soirée ne put qu'y répondre, ses yeux brillant de malice.

C'était la promesse d'un nouveau rendez-vous.

« *.* »

« Cette fois-ci je vais y arriver, Hashirama ! Regarde ça ! », s'exclama un Madara âgé de treize ans en lançant un énième caillou sur la rivière.

La petite pierre effectua trois ricochets parfaits avant de couler, à quelques centimètres à peine de l'autre rive. Il y eut un moment de flottement, Madara toujours en position de tir et la mâchoire tombante, et Hashirama qui le contemplait l'air blasé, les bras tombants le long du corps.

Furieux, le noiraud se retourna vers le brun et lui asséna avec colère : « Tu restais debout derrière moi exprès pour me déconcentrer ! Je suis du genre à ne même pas pouvoir pisser quand quelqu'un me regarde ! »

Effrayé par ce soudain dynamisme, Hashirama leva les bras devant son visage dans un réflexe de survie, le corps tremblant et ses dents s'entrechoquant à intervalles réguliers. Quand le sermon fut terminé, il se laissa tomber sur les fesses et entoura ses genoux de ses bras, tête baissée et auréolée d'une aura noire.

« Désolé… »

« C'est pas la peine de réagir comme ça, ne le prends pas aussi sérieusement », dit Madara en clignant plusieurs fois des yeux, surpris. Il commençait à culpabiliser.

« Je suis désolé », répéta Hashirama. « Je ne savais pas que tu souffrais d'une névrose très désagréable, et auto-diagnostiquée de surcroit. Ce doit être terrible. »

Piqué au vif, toute culpabilité s'envola chez l'Uchiha.

« Je suis incapable de dire si t'es un mec cool ou si t'es là juste pour me pourrir la vie ! »

Le Senju éclata de rire avant de se relever d'un bond.

« En tout cas, je suis meilleur que toi aux ricochets ! »

« Est-ce que t'as envie que je te balance à l'eau toi aussi? » menaça Madara, une veine palpitant à sa tempe.

Horrifié, Hashirama se remit en position de soumission.

« Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser… Pour me faire pardonner, je te permets de me jeter dans la rivière. Vas-y, jette-moi», supplia dramatiquement le brun.

« Est-ce que tu t'es au moins rendu compte de ta propre névrose ? », souffla le noiraud, désespéré.

« J'espère juste… », commença Hashirama, « … que j'atteindrais la rive opposée », conclut-il avec un rictus moqueur.

« T'es vraiment un enfoiré ! », s'insurgea Madara.

« *.* »

« C'est ce genre de détails croustillants que vous recherchiez ? » demanda Madara à la jeune femme assise en face de lui, adossé à sa chaise et les bras croisés sur le torse.

Ils avaient fixé leur second rendez-vous dans l'après-midi, attablés à une terrasse d'un commerçant, baignés par le soleil et sirotant un jus de fruits frais. Un sourire enjôleur ornait les lèvres de l'homme. Ume Haruno avait sorti un parchemin, une plume et un encrier, et prenait son récit en notes, n'en perdant pas une miette.

« Vous êtes vraiment incapables de faire quoi que ce soit quand quelqu'un vous regarde ? » murmura la jeune femme, sa plume posée contre son menton et le regard dans le vague.

« Et Hashirama déprime pour un rien », tint à souligner Madara qui ne fuyait pas l'autodérision mais aimait entrainer son meilleur ami dans ses misères.

« En résumé, ce sont deux névrosés qui ont en grande partie initiés le monde moderne. Charmant », commenta la jeune femme en grattant le parchemin de sa plume.

« Cela ferait un très bon titre », remarqua l'Uchiha avec malice.

« Très accrocheur », opina Ume de connivence.

« Vous reprendrez bien un jus ? », demanda Madara tout courtois qu'il était, et désirant prolonger leur rencontre.

« Non merci », déclina la jeune femme poliment en rangeant ses affaires. « C'est assez pour aujourd'hui. »

Madara laissa sa tête retomber sur le dossier de sa chaise, le visage levé vers le ciel. Il ferma les yeux avec un rictus amusé aux lèvres. Il avait oublié qu'il avait affaire à une femme joueuse.

« Eh bien, à une prochaine fois, Madara-san. Il me tarde de connaitre la suite de votre histoire. »

Elle se retira sans plus de manières d'une démarche assurée, secrètement impatiente de fixer leur prochain rendez-vous.

« *.* »

Après que son père ait découvert qu'il fréquentait un Senju, qu'il fréquentait l'ennemi, Madara s'était tenu à ses responsabilités en tant que futur chef de clan et avait décidé de supprimer celui qui était devenu au fil du temps son meilleur ami. Si Hashirama n'était plus, Madara aurait moins de remords à faire la guerre, et sa vie se simplifierait allègrement. Il en était convaincu.

Ainsi, l'Uchiha et le Senju se battirent ardemment à de nombreuses reprises après cet évènement, presque jours après jours dans un climat d'hostilité de plus en plus oppressant entre les clans.

Avant même qu'ils ne s'en rendent compte, le temps avait filé et ils étaient tous deux devenus leaders de leur famille respective à vingt ans à peine. Ils étaient plus loin que jamais de l'idéal de paix auquel ils aspiraient quelques années plus tôt.

Sur le champ de bataille, le bruit des lames s'entrechoquant accompagnait celui des coups portés à l'adversaire. Hashirama et Madara se confrontaient au katana, alternant de-ci de-là les techniques Mokuton et Katon. Plus loin, Izuna, le cadet Uchiha, et Tobirama, le jeune frère Senju, menaient une lutte acharnée. Ils étaient encore plus déterminés que leurs aînés.

Bien qu'essoufflé, Izuna fonça sur Tobirama, sa lame dressée devant lui. Le blanc para, mais l'Uchiha activa son sharingan. Pour se soustraire aux pupilles pourpres, le Senju ferma les yeux et Izuna profita de cette distraction pour lui flanquer un coup de genou dans l'estomac. Tobirama valsa en arrière jusqu'à se retrouver dos à une pierre. L'Uchiha invoqua alors une boule de feu géante que le blanc contra à l'aide d'une technique Suiton, sa spécialité. Profitant de la vapeur ainsi créée, ce dernier s'arma d'une rangée de kunais dans chaque poing et les lança sur son adversaire. Toutefois, les pupilles d'Izuna lui permirent d'esquiver l'attaque. Mais il n'avait pas prévu que Tobirama utiliserait sa technique de téléportation. Se déplaçant aussi vite que le son, le blanc arriva devant le noiraud sans que celui-ci ne s'en aperçoive et lui porta un coup fatal avec son katana.

Izuna Uchiha cracha une gerbe de sang.

Alerté, Madara mit fin à son affrontement avec Hashirama et vint soutenir son petit frère grièvement blessé. Ne pouvant que comprendre le désarroi dans les prunelles de celui qui fut son ami et compatir, le leader Senju laissa les Uchiha battre en retraite sans faire de vagues.

Quelques jours plus tard, Izuna, conscient que sa blessure était mortelle malgré les soins prodigués qui retardaient l'échéance fatale, supplia son frère aîné d'accéder à une dernière faveur. Izuna Uchiha offrit ses yeux à son dernier frère. Quelques minutes à peine après l'opération, il mourut. Madara, fou de tristesse, sentit son chakra migrer de l'occiput jusqu'à ses nerfs optiques.

Les yeux débordant de larmes mais brillant de haine, il s'éveilla au Mangekyou Sharingan éternel.

« *.* »

« Vous faites dans le mélodrame aujourd'hui », remarqua Ume, assise sur une nappe étendue sur l'herbe.

Ils avaient opté pour un pique-nique cette fois-ci, convivial mais intimiste. Juste eux deux et le bruissement du vent dans les feuilles verdoyantes témoignant de l'avancée du printemps. Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'ils se voyaient une fois par semaine pour discuter.

« Une bonne histoire fait toujours état du passé sombre des personnages. Ça permet de s'attacher aux héros », affirma Madara comme un connaisseur.

« Vous vous considérez comme un héros ? », demanda curieusement la jeune femme.

« Non, pas dans cette vie », admit l'homme avec une pointe d'amertume, son visage se fermant comme Ume l'avait remarqué quand elle tentait d'aborder ses exploits avec lui. Il semblait vouloir s'auto-flageller. « Mais le héros de votre histoire, oui », reprit-il sur une note plus joyeuse, faisant comme si de rien n'était.

« Je pense que vous êtes un héros », assura alors Ume en fronçant ses fins sourcils, désireuse de lui en faire prendre conscience.

« Tout le mérité revient à Hashirama. J'étais à deux doigts de basculer dans un état de non-retour et il a encore trouvé la bonté de me tendre la main. »

Madara semblait irrité, le regard fixé sur un point invisible devant lui, agacé que sa tentative d'alléger l'ambiance n'ait pas fonctionnée.

« Hashirama-san a eu besoin de votre soutien pour continuer de croire en ses idéaux. Il savait qu'il y avait toujours un espoir de paix tant que vous étiez face à lui. Parce que vos rêves étaient toujours ancrés en vous, quand bien même vous tentiez de les camoufler pour protéger votre clan. Même dans le cas de figure où vous auriez refusé l'alliance avec les Senju, vous seriez resté un héros. Celui de votre famille. Vous avez toujours agi comme un parfait leader pour offrir le meilleur à vos semblables.»

Madara ferma les yeux un instant, semblant méditer ces paroles. Il devait avouer que l'entêtement de la jeune femme lui plaisait – non seulement parce que ce trait de caractère lui conférait un charme tout particulier, mais aussi parce qu'il appréciait sincèrement qu'elle essayât ainsi de lui faire reconnaître ses propre qualités.

« Faites attention, Ume, vous commencez à tomber sous mon charme », ne put-il cependant s'empêcher de la taquiner.

« Je regrette déjà ce que je viens de dire », lâcha Ume en réponse, blasée, décidant cette fois-ci de laisser couler et de ne pas revenir sur le sujet. « Au fait, je suis désolée pour votre frère », dit-elle après un moment avec un sourire triste. « Enfin, pour tous vos frères, et pour tous ceux que vous avez vu mourir. »

« Ce n'est rien », répondit Madara avec le même rictus. « Cela fait un moment maintenant, les blessures commencent à s'estomper. »

« Ce doit être dur d'être le chef de son clan. De devoir endosser toutes les responsabilités que cela implique. »

L'Uchiha soupira puis admit en se tournant vers elle : « C'est fatiguant, surtout. Ils font absolument n'importe quoi quand j'ai le dos tourné. Surtout les plus jeunes ! »

Ume apprécia la douceur de sa voix lorsqu'il parlât des frasques des membres de sa famille.

Madara poursuivit plus gravement : « Durant la guerre, l'espérance de vie était en moyenne de trente ans seulement. Et la raison pour laquelle cette moyenne était aussi faible était la mort d'innombrables enfants entrainés dès leur plus jeune âge à devenir des shinobis. Las de voir tous nos jeunes frères tombés, c'était là notre principale motivation à Hashirama et moi : construire un endroit où les enfants seraient en sécurité. »

« C'est chose faite », lui assura Ume avec un sourire. « Ils vivent avec insouciance. Ils ont tous l'air très heureux au village. »

Madara lui sourit en retour, et ils restent un moment ainsi à profiter de la chaleur que leur offrait les rayons du soleil à son zénith et le piaillement joyeux des oiseaux.

« Vous voudriez avoir des enfants ? », demanda très naturellement Ume.

« Vous allez bien vite en besogne », répliqua Madara avec un temps de retard, les yeux écarquillés, réellement surpris par la jeune femme pour la première fois.

La jeune femme éclata de rire.

« Je n'ai pas demandé si vous vouliez des enfants avec moi, mais si vous voudriez en avoir en général », dit-elle narquoisement.

Madara mentirait s'il niait sentir ses joues se réchauffer. Puis, il prit une grande inspiration et avoua : « Je ne sais pas comment ça marchait chez vous, mais à l'époque, les pères de famille n'étaient pas un modèle chez les Uchiha. Ils incarnaient le patriarche et étaient très durs et stricts. Ils aimaient leurs enfants, certes, mais comme on aime ses enfants pendant la guerre : si l'un meurt, c'est un honneur d'avoir été tué pendant la guerre sans faillir sous les coups de l'ennemi. Aujourd'hui cela tend à changer, mais ayant été le fils du chef de clan, j'ai vraiment été marqué par cette éducation et j'ai peur de ne pas savoir m'y prendre avec mes propres enfants. Et de finir par répéter le même schéma. »

Souriant doucement, Ume tendit le bras et posa sa main sur l'une des joues de l'Uchiha. De son pouce, elle caressait doucement sa pommette.

« Les Haruno avaient décidé de ne pas avoir de parti pris et de rester le plus loin possible des horreurs de la guerre, même si nous avons malheureusement été à plusieurs reprises impliqués dans des conflits. Etant fille unique, mon père m'a toujours choyée et m'a offert la meilleure enfance possible, alors je suis peut-être mal placée pour parler. Mais je suis sûre que le seul fait de reconnaitre cet état de fait fera de vous un bon père à l'avenir. C'est justement parce que vous aurez peur de devenir ce que vous avez déprécié que vous serez soucieux de bien faire. Et si vous ne faites pas suffisamment attention, je suis même persuadée que vous finirez par trop gâter votre enfant ! »

Les prunelles de la jeune femme n'étaient que chaleur et douceur, et Madara se sentait complètement happé. Avec tendresse, Ume apposa un baiser sur son front avant de se reculer. Mais l'Uchiha prit sa main dans la sienne pour prolonger le contact et se pencha lentement vers elle. Quand son nez frôla le sien, la jeune femme, espiègle, pose un doigt sur les lèvres de l'homme et déclara, mutine : « Ai-je précisé que mon père était très protecteur envers moi et qu'il n'apprécierait sans doute pas que sa fille unique soit ainsi souillée par un homme ? »

A ces mots, Ume se leva souplement et, relevant les pans de son kimono, courut dans la clairière en riant comme une petite fille, rapidement suivie par Madara qui restreignait sa vitesse pour prolonger le plaisir du jeu.

Un ultime moment d'insouciance, où l'un et l'autre pensaient avoir encore toute la vie devant eux pour se séduire.

« *.* »

« Ils ne me font plus confiance », lâcha Madara. « Plus personne ne me fait confiance », cracha-t-il avec mépris.

« Moi j'ai confiance », chuchota Ume, la voix brisée par les sanglots. « Je sais qui tu es, je l'ai découvert pendant nos conversations. »

L'Uchiha dardait ses prunelles d'un noir d'encre sur elle, le visage fermé.

« Tu es un homme bon, Madara. Un homme profondément bon avec des idéaux louables et des rêves pour l'avenir. Tu ne peux pas gâcher tous les efforts que tu as fait pour arrêter les guerres pour en déclencher une nouvelle. »

« Tu n'as pas à t'en faire. C'est entre Hashirama et moi. Personne d'autre ne sera impliqué. »

« Tu n'es pas obligé de faire ça. »

« Les villageois étaient déjà hostiles envers les Uchiha car les récits ont été écrits de telle manière que nous passions pour les méchants de l'histoire… »

« Je rétablirais la vérité grâce à mon livre ! », l'interrompit Ume.

Madara secoua la tête avec un sourie amer.

« Comme si ça allait suffire ! Ce ne sont plus seulement les villageois qui ont du mal à m'intégrer, c'est tout le clan Uchiha qui répudie mon statut de leader parce qu'ils regrettent à présent de s'être alliés aux Senju. Ils me trouvent faible et trop souple quant à l'importance accordée aux Senju au sein du village. Ils ne m'ont pas pardonné d'avoir refusé le titre de Hokage pour le céder à Hashirama. Ils se sentent exclus et rejettent tout sur moi ! J'ai supporté au début, je me suis dit que c'était là mon devoir d'essuyer leurs peines et de les aider. Mais ils complotent contre moi et se préparent à me tuer, bon sang ! Je leur ai toujours tout donné ! Chaque fibre de ma personne leur était dédiée ! »

« Qu'importe si ton clan te rejette, ou si c'est le village tout entier ! Je serais toujours là pour toi ! Et Hashirama aussi, je le sais ! Toi aussi tu le sais. Si tu décides de tout arrêter maintenant, tu sais très bien qu'il ne t'en tiendra pas rigueur. Tout ça peut encore s'arrêter. »

Madara continuait de darder sur elle un regard impénétrable, la mâchoire serrée.

« Reste avec moi, je t'en supplie… »

Toujours immobile, l'Uchiha semblait dans un état intermédiaire, entre sa fureur qui lui dictait de courir loin pour mettre en pratique ses sombres desseins, et son cœur qui lui intimait de rester encore auprès de cette femme qui paraissait tellement l'aimer – et qu'il aimait tout aussi fort.

Serrant les poings, il détourna la tête, résolu à se soustraire à ce regard qui fissurait ses convictions avant tant de facilité.

Dans une dernière tentative désespérée, Ume agrippa une main de l'homme dans les deux siennes, se frayant un passage dans l'interstice creusée entre les convictions de Madara. Ce dernier, le cœur plus lourd qu'il ne l'aurait voulu, laissa un dernier élan le happer avant de mettre un terme définitif à ses faiblesses.

Il posa sa main libre dans le dos de la belle pour l'attirer vers lui et profita de sa surprise pour libérer l'autre de son emprise et la passer dans ses cheveux violets aux reflets rosés. Alors, il posa ses lèvres sur les siennes avec empressement, et l'embrassa avec ferveur. Il écrasa sa bouche sur la sienne, et voulut faire passer par ce contact toutes les contradictions qu'elle faisait naitre en lui et qui le rendaient fou. Il était fou d'elle.

Fiévreuse, Ume agrippa la veste de Madara et répondit avec passion au baiser, espérant muettement le convaincre de rester en lui prouvant son amour. Elle mordilla la lèvre inférieure de Madara et glissa d'elle-même sa langue dans sa bouche, rejoignant sa jumelle et entamant une danse endiablée.

Franche et entêtée, comme il avait appris à l'aimer.

Mais malgré tous ses efforts, elle sentait bien que ce baiser n'était qu'un adieu, et qu'il ne lui permettrait pas de le retenir. L'amertume prit le pas sur la passion, et les larmes salées de la jeune femme se mêlèrent à leur étreinte.

A bout de souffle, Madara dessouda leurs lèvres, soutenant de ses bras une Ume pantelante. Il prit encore un peu de temps pour contempler le si beau visage de la femme qu'il aimait malgré lui.

« J'aurais voulu lire ton livre. J'aurais aussi voulu avoir des enfants avec toi », souffla-t-il avant de la lâcher et de se reculer.

« Madara… », hoqueta Ume, à la fois émue et encore plus déchirée qu'auparavant.

« Il me tuera », affirma Madara devenu à nouveau grave à mesure qu'il s'éloignait. « Hashirama me tuera. Il a toujours été le plus fort. »

« Alors n'y va pas ! », hurla Ume dans une ultime plainte chargée de désespoir.

« Adieu, Ume », chuchota-t-il avant de lui tourner définitivement le dos.

C'était un suicide pur et simple. Madara n'avait aucune réelle prétention à détruire Konoha, ce village qu'il avait fortement participé à créer – et même nommé. Sa vengeance tenait dans l'amertume. Il mourrait de la main de son meilleur ami et on raconterait dans les livres à quel point il avait été habité par le mal, au point de lancer un assaut sur le village de la feuille. On le répudiera encore davantage, et la honte s'abattra sur le clan Uchiha. Mais lui, quoi qu'il adviendra, restera une légende.

Madara Uchiha préférait mourir avec honneur de la main de Hashirama Senju plutôt que de continuer à vivre en sursis et se faire assassiner dans son sommeil par sa propre famille avec le regret amer de ne pas avoir sur répondre à leurs attentes.

La jeune femme tomba à genoux tandis que Madara s'en allait inexorablement. Elle fondit en larmes, et les perles d'eau furent emportées par le vent comme les fleurs de pruniers s'envolaient pour annoncer la fin de l'hiver.

Elles marquaient la fin d'un amour qui n'avait même pas eu le temps de fleurir.


Voilà, voilà ~

J'espère que ça vous a plus, j'ai essayé cette fois d'approfondir le baiser et de m'améliorer sur les rapprochements amoureux (qui sont loin d'être ma tasse de thé!)

N'hésitez pas à me laisser votre avis :)

Pour le prochain baiser, je compte exploiter Tobirama (que j'adore tout particulièrement) et, forcément, j'ai aussi dû lui inventer une copine -_- Mais je pense que c'est prévisible connaissant sa haine légendaire ~

A bientôt!