Hey!
Avant que vous ne commenciez votre lecture, je dois vous dire que c'est sans doute le texte dont je suis la moins satisafaite depuis que j'ai commencé ce recueil... Malheureusement, ce récit est déjà beaucoup plus court que les autres, et je trouve que je n'ai pas su offrir une histoire à la hauteur de Tsunade et de Dan qui en méritent pourtant une très belle. Bref, je me déçois beaucoup :( N'hésitez pas à me lancer des tomates à la fin.
Le premier baiser qui scelle l'accord
Tsunade Senju x Dan Katô
« C'est impossible », claque la voix, catégorique.
Un poing cogne avec force le bois fragile du bureau.
« Est-ce que c'est de la mauvaise foi ou bien vous ne comprenez vraiment pas l'importance de ce projet ? », hurle une femme blonde. « Avec les conflits qui s'enchainent, même si ils ne sont pas de l'ordre des Grandes Guerres, nos shinobis tombent comme des mouches ! Nous devons agir ! »
« Ce n'est pas de la mauvaise foi, Tsunade », soupire le Sandaime Hokage. « Mais d'un point de vue technique, il est impossible de mettre en place un tel système. »
« Je pourrais moi-même former un grand nombre de médic-nins », rétorque la kunoichi.
« Jamais assez pour prétendre à en placer un dans chaque équipe qui part au front. »
« Je ne suis pas la seule médic-nin de ce village ! »
« Tu es la seule qui puisse enseigner à plusieurs apprentis en même temps », expose le chef de la Feuille. « Des shinobis possédant des compétences médicales sont rares de nos jours. Et même en admettant que je fasse passer ce projet, la crise sera finie depuis longtemps avant d'avoir pu réunir les effectifs nécessaires. »
« Est-ce que vous avez au moins lu le dossier que j'ai préparé ? », s'emporte définitivement Tsunade.
Face au silence de son ancien maître qui signifie la fin du débat, Tsunade se lève avec rage et s'élance d'un pas ferme vers la porte de la salle de réunion. Elle a besoin de se détendre les nerfs. Trois ans qu'elle travaille sur ce putain de projet. Elle a constitué un dossier en béton. Et maintenant qu'elle a enfin été promue Jônin, personne ne veut l'écouter.
« Tsunade », la retient Sarutobi avant qu'elle ne franchisse le seuil. « C'est un bon projet et je comprends tes motivations. Mais je ne peux pas me permettre d'investir une partie non négligeable du village dans un projet qui n'aboutira de toute façon pas avant des années. Je suis obligé de juger de l'ordre de nos priorités pour la sécurité du village. »
« N'essaie pas de te trouver des excuses, vieux singe ! », crache la Senju avant de claquer la porte derrière elle.
« Bien », déclare la voix du conseiller Homura, passant négligemment sur l'incident entre le maître et l'élève. « Le prochain ordre du jour concerne la possibilité d'affectation des missions de rang S aux Chunins. »
Le conseil des Jônins se poursuit normalement. Pourtant, un homme aux cheveux bleu pâle s'éclipse discrètement avant sa fin.
« *.* »
« Tsunade-san ! », hèle une voix masculine derrière elle tandis qu'elle court plus qu'elle ne marche vers un terrain d'entraînement.
Cet homme lui étant inconnu, Tsunade interrompt son chemin pour se retourner vers lui, intriguée.
« Tsunade-san », soupire-t-il, soulagé qu'elle se soit arrêtée. « J'aimerais m'entretenir avec vous, si vous le permettez. »
« Et vous êtes… ? », demande la kunoichi en croisant les bras sous sa poitrine.
« Dan Katô », répond le shinobi avec un sourire. « Je suis Jônin, moi aussi. J'étais à la réunion. »
La Sannin lui adresse un signe du menton pour l'inciter à exposer ses motivations.
« Peut-être pourrions-nous nous installer quelque part ? », propose-t-il. « Cela risque d'être plutôt long. »
« Je ne suis pas dans un état de nerfs propice aux discussions inutiles ! », rétorque Tsunade, une fissure naissant sous le talon de sa chaussure. « De quoi tu veux causer ? »
« Du projet que vous avez présenté aujourd'hui », répond Dan avec sérieux, nullement intimidé par l'aura de puissance de la blonde.
Tsunade jauge le Jônin du regard quelques instants. Les yeux bleus teintés d'assurance et de détermination qui lui font face lui rappellent ses propres convictions.
« Seulement autour d'un verre de saké », impose-t-elle en se dirigeant vers le bar le plus proche.
« Comme vous voudrez », acquiesce l'autre en la suivant, non sans un rictus aux lèvres.
« Et dépêche-toi ! J'ai pas que ça à faire ! », gronde la femme en relevant la tenture du commerce et en dardant des prunelles enflammées sur lui.
« *.* »
« Je suis tout à fait d'accord avec le projet que vous avez soumis au Conseil », commence Dan tandis que Tsunade a déjà descendu cul-sec son premier verre d'alcool.
Avec nonchalance, elle se resserre une généreuse dose.
« J'apprécie », admet la femme en regardant son homologue dans les yeux. « Mais je doute que ça puisse changer grand-chose à la situation. »
« C'est déjà une personne de plus de votre côté », fait-il remarquer.
« Tu as l'air du genre éternel optimiste, hein ? », se moque la kunoichi, mais avec une pointe de nostalgie dans ses pupilles noisette.
Elle vide le second verre.
« Il en faut bien quelques-uns dans ce monde de shinobis », répond Dan en jouant avec son verre, pas particulièrement vexé par la remarque.
« Est-ce qu'il y a autre chose que tu voulais me dire ? », commence à s'impatienter la Sannin après son troisième saké.
« Je pense que le Sandaime a tort quand il affirme que la formation de médic-nins est inenvisageable sur un court terme », avance-t-il avec assurance, mettant les pieds dans le plat.
« Continue », lui intime Tsunade en faisant tournoyer un reste d'alcool dans son verre.
« Le problème ne réside pas tant dans le fait qu'il n'y ait pas assez de médic-nins compétents pour en former d'autres, mais plutôt dans celui que peu de shinobis désirent suivre une formation médicale », se lance Dan. « Ce n'est pas l'affiliation la plus gratifiante pour un shinobi fier. C'est un domaine qui intéresse davantage les femmes qui sont capables de bien plus d'empathie que les hommes. Mais elles sont beaucoup moins nombreuses que les hommes. Et si certaines accepteront, de nombreuses autres, par soucis de conserver le respect de leurs pairs masculins, refuseront catégoriquement. »
« Et comment remédier à ce problème, selon toi ? », demande la princesse aux limaces, soudain plus intéressée par l'homme en face d'elle.
« Eh bien, je suppose qu'il est difficile de faire rentrer quelque chose dans la tête d'un shinobi déjà bien expérimenté. Mais déjà, il faudrait commencer par les sensibiliser. Par des conférences obligatoires, sans doute. Il faut leur exposer clairement la situation. Le taux de mortalité chez les shinobis, et comparer celui des adultes à celui des enfants. Essayer d'obtenir un impact psychologique. Ça pourrait en faire changer d'avis quelques-uns. »
« Pas beaucoup, tu penses ? »
« Pas assez », affirme Dan. « Il y a de vraies têtes durs parmi les Jônins, surtout chez les hommes. Pour eux, ça équivaudrait à s'abaisser à une activité de femme. Il faudrait pouvoir leur prouver que cela n'entache en rien la réputation d'un homme que d'être médecin. Par exemple, en leur prouvant que la parfaite maitrise du chakra qui résulte de l'entrainement aux jutsus médicaux ouvre la porte à de puissantes techniques de combat. Vous en êtes d'ailleurs un très bon exemple, Tsunade-san. »
« Les hommes sont de vraies plaies », approuve Tsunade, pensive, en passant sur le compliment. « Ils seront bien contents de pouvoir bénéficier de soins mais bien sûr ils ne voudront jamais les prodiguer eux-mêmes. Il faut aussi appuyer le fait que cela permettrait de soigner ses propres blessures. Dans la psychologie d'un homme, ça pourrait faire son effet. »
« Enfin, je pense qu'il faudrait que le Hokage affirme officiellement et surtout publiquement son accord avec le projet afin que les shinobis se rendent compte que leur chef accorde de l'importance aux médic-nins. Les shinobis aiment avoir un modèle qui leur montre une bonne façon de penser. »
« C'est exactement tout ce que j'ai écrit dans mon rapport ! », s'exclame Tsunade en tapant du poing après que Dan ait fini d'exposer ses solutions. « C'est dingue que ce vieux singe ne veuille rien écouter d'autre que ce que ses idiots de conseillers lui braille à l'oreille ! »
Elle vide la bouteille de saké pour un dernier verre qu'elle descend rapidement.
« J'ai déjà tous les chiffres, toutes les statistiques et autres données nécessaires ! Ça fait trois ans que je planche dessus et j'ai fait appel à tous les spécialistes du village ! Cette histoire pourrait être réglée bien plus rapidement que ce que Sarutobi veut bien nous faire croire. Quelques mois, peut-être un an le temps que la première vague ne s'affirme sur le front en ayant acquis les jutsus médicaux de base. Même si toutes les équipes ne possèderont pas un médic-nin tout de suite, la tendance s'étendra avec le temps, et ce sera au moins un début. Je suis sûre que le taux de mortalité chutera considérablement ! »
« C'est aussi ce que je pense », affirme Dan pour montrer son soutien.
« A croire que le vieux singe ne me prend toujours pas au sérieux », souffle Tsunade en perdant un peu de son éclat. « Il fait assez confiance à Jiraya pour le laisser partir s'entrainer avec les crapauds, il ferme les yeux sur les expériences douteuses que commence à pratiquer Orochimaru, et pourtant il est incapable de me laisser une chance alors que je suis la seule à vouloir faire quelque chose dans l'intérêt-même du village. »
Les joues rougies par l'alcool, la Sannin a l'air beaucoup moins autoritaire et sûre d'elle. Le saké a toujours eu le don de faire tomber les murs qu'elle a durement érigé et d'exposer ses faiblesses au grand jour. Avec un soupir, elle baisse la tête et détourne le regard. Elle sent alors le contact chaud, mi doux, mi rugueux, de mains d'homme se posant sur les siennes autour de son verre.
« Je vous soutiendrais, Tsunade-san. »
« *.* »
« Est-ce que tu sais pourquoi je suis tellement favorable à ton projet ? », demande soudain Dan tandis qu'il admire l'horizon depuis le pont qui enjambe la rivière de Konoha.
Avec le temps, Dan a su dompter Tsunade. Non pas pour l'apprivoiser – il aime trop son caractère brûlant pour ça -, mais pour se frayer une place dans sa vie et se faire accepter. Après leur première entrevue, il a réussi à s'arranger pour rencontrer régulièrement la Sannin. Si cette dernière s'est montrée un peu froide au début, sans doute la conséquence de s'être déjà trop révélée dès le premier face-à-face, elle s'est vite montrée plus naturelle au fil du temps – franche, explosive et décidée. Agréable et chaleureuse, même, depuis peu. Leurs idéaux, surtout, les rapprochent beaucoup. Ils en ont passé du temps, à partager leurs motivations, leurs rêves, à refaire le monde et à s'imaginer une vie meilleure.
« Je ne crois pas que tu me l'aies déjà dit », répond Tsunade, adossée contre la rambarde tandis que Dan s'y accoude.
« Il y a encore quelques années en arrière, j'aimais beaucoup faire le chemin jusqu'à l'Académie avec ma petite sœur », raconte-t-il, rêveur. « C'était un petit moment privilégié entre nous. Elle me racontait tout ce qu'elle avait fait la veille, et ce qu'elle prévoyait de faire le jour-même. Je tournais mes missions en aventures épiques pour la faire rire. Ça nous permettait de passer un peu de temps ensemble à l'époque où on m'assignait de plus en plus de missions en dehors du village. » Il marque une pause, prenant une profonde inspiration avant de continuer : « Lorsqu'elle a été promue Genin, j'ai été le premier à la féliciter et nous avons bien fêté ensemble. Pourtant, on a rapidement affecté une mission de rang B à son équipe. A une simple équipe de Genins. »
La gorge nouée, il peine à terminer son récit. Tsunade pose une main douce sur la sienne.
« Ses camarades et elle ont été séparés de leur sensei. Il y avait trois Jônins de Kiri face à eux. »
Dan serre les doigts de son amie dans les siens.
« Les enfants n'ont pas survécu », chuchote-t-il avec douleur.
La Sannin pose sa deuxième main sur celle de Dan.
« Je suis désolée », murmure-t-elle, les yeux brillants de larmes. « Ils n'avaient aucune chance, ils ne méritaient pas ça. »
Elle peine à retenir ses larmes. Se redressant, Dan pose une main sur sa joue avec un sourire triste.
« Mais on n'y peut plus rien maintenant », déclare-t-il avec la résignation de ceux qui ont accepté les frasques de la vie.
« Mon petit frère aussi », souffle Tsunade, la voix brisée par les sanglots qui enflent dans sa gorge.
Le shinobi caresse doucement sa peau.
« Nawaki a été tué durant sa première mission en tant que Genin », lâche-t-elle avant de fondre en larmes.
Dan la ramène contre lui pour la serrer fort dans ses bras. La joue posée contre ses cheveux blonds, il la berce avec tendresse tandis que sa propre souffrance trouve écho dans les battements douloureux du cœur sous la poitrine pressée contre lui.
« Pourquoi ? », gémit la femme en serrant le t-shirt masculin dans ses poings. « Pourquoi si jeune ? »
« Je changerais ça, Tsunade », promet le Jônin. « Je deviendrais Hokage, et je ferais tout pour changer la condition des Genins. »
Tandis que Tsunade sa calme lentement, Dan pose ses mains sur ses épaules pour l'écarter doucement. Il relève son menton et ancre son regard dans le sien.
« Je sais que ça ne ramènera pas ceux qu'on aime, mais je ne veux plus que d'autres enfants meurent ainsi. »
« Moi non plus », souffle Tsunade.
Elle essuie son visage d'un revers de manche. Puis, elle passe ses deux mains derrière sa nuque pour décrocher le fermoir du collier dont elle ne se sépare jamais. Alors, elle passe ses bras autour du cou de Dan pour l'y accrocher. Tandis que le pendentif retombe sur son torse, l'homme en observe l'éclat bleuté qui brille de mille feux au soleil.
« Qu'est-ce que c'est ? », demande-t-il curieusement.
« Un collier qui appartenait à mon grand-père, Hashirama Senju », explique Tsunade. « Je… », balbutie-t-elle en se mordant la lèvre inférieure. « Je l'avais offert à Nawaki pour l'encourager dans ses rêves. Il voulait devenir Hokage, lui aussi. Il représente beaucoup pour moi. Alors j'aimerais que tu le gardes pour qu'il te protège et protège tes rêves. »
« Je le garderais toujours avec moi », assure Dan en le serrant dans sa paume.
Le cristal tiédi par les rayons du soleil réchauffe agréablement sa peau. C'est doux et rassurant, juste ce dont il a besoin pour l'accompagner et le soutenir sur le chemin qu'il a décidé d'emprunter. Mais il y a encore autre chose qui lui manque pour pouvoir envisager l'avenir avec sérénité. Une personne pour marcher à ses côtés. Une femme. Belle et forte. Avec un caractère autoritaire, mais doux.
Prenant le visage de Tsunade en coupe, il appose ses lèvres sur les siennes avec tendresse et assurance. Envahie d'une douce chaleur jusqu'au plus profond d'elle-même, Tsunade n'hésite pas à passer ses bras dans son dos, le pressant davantage contre elle. Entremêlant sa langue à la sienne, Dan continue de l'embrasser. Encore et encore. Sur ce pont baigné par le soleil, il scelle la promesse qu'il lui a faite.
Il changera le monde shinobi.
Je n'ose même pas vous demander ce que vous en pensez. Tout va trop vite dans cet OS et il est plutôt fade et vide de véritables sentiments.
Bref, j'espère que ça ira mieux avec Minato et Kushina. A la prochaine ~
