Merci pour les reviews.

Emily: la situation se complique, c'est le moins que l'on puisse dire.

Bonne lecture


Chapitre 4

Pénélope avait pleuré en silence dans l'avion l'emmenant en Californie.

Elle ne pleurait pas seulement la trahison dont elle venait de faire l'objet, elle pleurait la perte de ses collègues, qui étaient devenus ses amis et qu'elle avait fini par considérer comme des membres de sa famille.

Elle pensa à JJ. Elle n'avait pas eu l'occasion de lui dire au revoir. Elle se promit de l'appeler ou de lui envoyer un mail afin d'expliquer son départ. Elle inventerait une histoire dans laquelle elle n'impliquerait ni Derek ni Emily et lui dirait qu'elle ne pouvait communiquer ses coordonnées. Elle en ferait de même avec Reid et Hotch.

Elle se jura de rester en contact avec eux et surtout avec Rossi, puisqu'il était le seul à connaître son secret.

Elle pleura tellement qu'elle finit par s'endormir pour ne se réveiller qu'au moment où l'avion toucha le tarmac de l'aéroport de San Francisco.

Elle prit son sac et descendit de l'avion en prenant la décision de ne plus verser aucune larme pour Derek Morgan.

Son ami Tim l'attendait à la sortie. C'était un bel homme noir. Il était grand et musclé, pas autant que Morgan, mais il avait une belle stature.

« Salut ma Belle ! Ça me fait tellement plaisir que tu sois enfin décidée à venir me voir ! » dit-il comme si sa visite était une visite de courtoisie ou des vacances.

Elle ne lui avait pas dit ce qui se passait mais il avait compris qu'elle fuyait quelque chose ou quelqu'un. Tim savait que quand elle serait prête, elle lui raconterait tout.

« Salut mon Chou ! Je suis contente de te voir moi aussi. Je suis désolée si je ne suis pas venue avant, mais tu sais ce que je pense de la Californie. Je ne pensais pas avoir à y remettre les pieds un jour » dit-elle en se jetant dans ses bras.

« Où sont tes valises ? demanda-t-il.

— Je n'en ai pas. Je suis partie dans l'urgence. Je n'ai pas eu le temps de faire mes bagages.

— Ne me dis pas que je vais héberger une fugitive, dit-il en riant.

— Très drôle, dit-elle en lui donnant une tape amicale sur le bras. Je vais devoir aller faire les magasins pour acheter tout ce dont j'aurai besoin. Tu peux juste me déposer au centre commercial et retourner à ton travail. Je ne veux pas te déranger plus que je ne le fais déjà, dit-il.

— Quelle idée, Pupuce. Je viens avec toi. J'ai confié le restaurant à Mike pour la soirée. J'ai tout le temps pour toi » dit-il en lui prenant la main.

Tim avait emmené Pénélope au centre commercial où elle avait fait une razzia sur les vêtements et les produits de beauté avant de rentrer chez Tim.

C'était une des jolies maisons victoriennes d'Alamo Square.

Tim gagnait très bien sa vie. Il était cuisinier et possédait une chaine de restaurants dans la région. Il avait commencé en bas de l'échelle et avait travaillé très dur afin d'ouvrir son premier restaurant. Il avait eu tellement de succès qu'il fallait réserver des mois à l'avance afin d'obtenir une table. La critique dithyrambique d'une revue spécialisée avait assis sa réputation et son succès et il put ouvrir un deuxième puis un troisième jusqu'à en posséder six.

Il aurait pu vendre la franchise et se retirer certain de ne plus avoir à travailler de sa vie mais il adorait son métier et ne concevait pas vivre loin de sa cuisine.

Tim installa Pénélope dans une grande chambre et lui donna le temps de ranger ses achats.

Quand elle le rejoignit à la cuisine où il réchauffait les plats qu'il avait pris au restaurant avant de venir la chercher, elle dit :

« Merci de m'accueillir chez toi. Je débarque sans crier gare mais je ne voulais aller nulle part ailleurs. J'espère que je ne bouleverse pas ta vie et que Paul ne sera pas contrarié par ma présence. C'est juste le temps de trouver un appart'. Pour le job, je pense que je n'aurais pas trop de problème.

— Tu peux rester tant que tu veux, Pupuce. Tu es la bienvenue ici.

— Oh Merci mon Chou. »

Il lui fit signe de prendre un siège et lui servit à diner avant de s'asseoir à son tour.

« On peut attendre le retour de Paul, si tu veux ? » proposa Pénélope.

Tim soupira et lui dit :

« Paul et moi avons rompu, Pupuce.

— Je suis désolée… je ne savais pas. Depuis quand ? Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

— Ça fait quelques mois maintenant. Je ne t'ai rien dit parce que tu te serais inquiétée pour moi ou tu aurais été triste. Je ne voulais pas te saper le moral. Tu étais si heureuse de t'être enfin mise avec Derek. Ça va, je t'assure. C'était une décision mutuelle. On ne s'entendait plus aussi bien qu'au début. On ne se comprenait plus.

— Je suis vraiment désolée. Vous alliez si bien ensemble. »

Après le diner, Tim raccompagna Pénélope à sa chambre. Elle avait fait un long voyage et était fatiguée. Ce qu'il ignorait, c'était que tout ce qui s'était passé le matin même l'avait bien plus épuisée que le voyage.

Pénélope prit une douche et se mit au lit. Elle appréciait le fait que Tim ne lui ait posé aucune question. Elle devait prendre le temps de digérer la trahison de Derek avant de pouvoir en parler à son ami.

Après quelques semaines, Pénélope avait pris ses marques. Tim et elle avait adopté une routine. Ils prenaient le petit déjeuner ensemble puis ils allaient au restaurant. Pendant que Tim faisait sa mise en place pour le service du midi, Pénélope travaillait dans le bureau. Elle installait un système permettant à Tim de gérer ses restaurants plus facilement en les mettant en réseau. Il pourrait voir les réservations, gérer les stocks et la comptabilité sans avoir à se déplacer ou à appeler les différents gérants. C'était la partie qu'il détestait le plus dans son travail. Il aurait préféré n'avoir à se concentrer que sur ses nouveaux plats et sa nouvelle carte.

Pénélope avait commencé à chercher un appartement mais Tim lui avait proposé de rester vivre avec elle, surtout après avoir entendu toute l'histoire.

« Je ne peux pas Tim, lui avait-elle répondu. J'ai assez abusé de ton hospitalité. Tu passes beaucoup de temps avec moi alors que tu devrais sortir, essayer de faire des rencontres. Tu ne comptes pas rester célibataire ? Tu es beau comme un dieu. Tu n'auras aucun mal à trouver un bel étalon.

— Pupuce, je n'ai aucune intention de me trouver un nouveau petit ami. Je n'ai aucune envie d'avoir rencards après rencards pour trouver le bon. Pour moi, le bon c'était Paul et ça n'a même pas marché. De toute manière, je n'ai pas le temps pour ça. Et en concerne mon hospitalité je suis heureux de t'avoir ici. La maison est trop grande pour moi. Elle l'était déjà quand Paul était encore là. Je veux que tu restes et puis l'arrivée de ton bébé va mettre un peu de vie dans cette vieille baraque.

— Je vais y penser, mais je suis convaincue que tu devrais quand même sortir de temps en temps. On ne sait jamais, tu pourrais avoir le coup de foudre pour quelqu'un.

— Je ne sortirai avec personne, la discussion est close. »

Elle avait finalement accepté de rester vivre avec lui. Il l'accompagnait à ses rendez-vous médicaux et aux cours de préparation à l'accouchement, lui cuisinait de bons petits plats, supportait patiemment ses petits caprices et ses crises de nerfs, lui massait les pieds.

Ils savaient désormais qu'elle attendait un petit garçon, donc ils avaient acheté des vêtements et des meubles pour la nurserie. Tim avait insisté pour tout payer.

De temps en temps, Tim mentionnait le nom de Derek, demandant à Pénélope si elle était sûre de ne rien vouloir lui dire concernant sa grossesse.

Elle était catégorique : Derek ne la reverrai jamais plus et il ne saurait pas qu'il avait un enfant.

« En ce qui me concerne, c'est toi le père de cet enfant. Tu m'as accueillie, tu as toujours été bon avec moi. Je suis sûre que tu ne me trahiras jamais et que je pourrai toujours compter sur toi, lui dit-elle.

— Je suis flatté que tu me considère comme le père de cet enfant mais tu ne peux pas changer la réalité, Pupuce. Derek est son père. Il prendrait soin de toi tout aussi bien que moi. Et arrête de comparer ce qui n'est pas comparable. Je ne te trahirai jamais comme Derek l'a fait en ayant cette liaison avec Emily, parce que nous n'avons pas la même relation. Nous ne sommes pas amants et nous ne sommes pas amoureux. Même si tu ne veux plus vivre avec lui, tu pourrais au moins lui dire qu'il va être père, essaya-t-il de la raisonner.

— Pourquoi ? Je ne veux plus le revoir. Je ne veux pas que mon enfant ait un père à qui on ne peut pas faire confiance, qui ne tient pas ses promesses. Si je lui dis, il fera tout pour me retrouver et me pourrir la vie avec ses mensonges et ses excuses minables. Pour la dernière fois, Tim, cet enfant ne saura rien de Derek. La seule figure paternelle qu'il aura sera toi ! »


Ce matin, elle fut réveillée par une envie irrépressible de vomir. Elle courut aux toilettes. Après avoir vidé le contenu de son estomac, elle s'assit par terre et commença à réfléchir.

Elle avait été malade la veille, elle avait mis cela sur le compte de ce qu'elle avait mangé mais en rentrant la veille, elle était tellement fatiguée, qu'elle n'avait rien pu avaler. Elle comprit tout de suite ce qui se passait. Elle se prépara en vitesse et se rendit à l'épicerie du coin pour acheter des tests de grossesse.

Elle en prit plusieurs et les utilisa tous pour avoir le même résultat. Elle était enceinte.

Elle était aux anges. Elle devait absolument le dire à Derek. Elle fonça chez lui, toute heureuse de pouvoir lui dire qu'ils auraient bientôt un bébé. Elle avait hâte de voir sa réaction. Elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle découvrit ce matin-là.

Elle en avait informé Rossi quand il l'avait accompagnée à l'aéroport ce jour-là.


Un soir, au cours du mois précédant son accouchement, elle fit une demande très particulière à Tim lorsqu'il rentra à la maison après le travail.