Le lendemain Bungon vérifia que Voldacir allait bien. Ce dernier était en train de se réveiller. Bungon sourit:
«-Bonjour l'ami.
-Bonjour.»
Bungon descendit et embrassa sa femme. Cette dernière était en train de préparer la tisane pour Voldacir. Elle sourit à Bungon:
«-Alors, tu as bien dormit?
-A merveille et toi?
-Pareil pour moi.»
Belladonna portait une robe en velours jaune et rouge. Elle passa une main dans ses boucles brunes et regarda son mari:
«-Il dort toujours?
-Non il est réveillé, il devrait bientôt descendre.
-Très bien. Mets la table s'il te plaît.»
Bungon mit la table. Il portait un pantalon en velours marron, une chemise blanche et une veste bleue. Il alla vérifier que Voldacir n'avait besoin de rien.
Le mercenaire le regarda en entendant sa voix:
«-Tout va bien? Avez-vous besoin de quoi que ce soit?
-Non merci ça va. Vous êtes trop aimable je ne mérite pas autant de gentillesse!
-Mais si voyons. Belladonna et moi adorons les invités!
-Je veux me rendre utile autant que possible.
-Vous n'êtes pas en état voyons. Descendez, Bella a préparé le petit-déjeuner.
-D'accord merci.»
Ils descendirent.
Voldacir ne portait plus que sa chemise et son pantalon. Il avait laissé son plastron, sa veste et sa cape. Il s'installa à table avec le couple de Hobbit:
«-Merci encore de votre hospitalité.
-Pas de problème, tout le plaisir est pour nous, répondit gentiment Belladonna.
-Vous êtes bien gentils, vous pourriez vous méfier après tout, vous ne me connaissez pas.
-Vous êtes trop blessé pour nous faire du mal.»
Bungon sourit à sa femme et servit généreusement leur invité. Voldacir regarda autour de lui et sourit:
«-C'est très beau chez vous.
-Merci. C'est effectivement très coquet, nous sommes bien. Bungon l'a construite lui-même.
-C'était mon cadeau de mariage.»
Voldacir sourit et le remercia en prenant son assiette. Il commença à manger et le couple de Hobbit en fit autant. Bungon était châtain et avait des yeux verts. Il était à peine plus grand que son épouse. Voldacir les regarda et demanda:
«-Vous êtes mariés depuis longtemps?
-Depuis 5 ans déjà.
-Et vous n'avez pas d'enfant?
-Non, mais nous comptons bien en avoir.»
Bungon sourit et embrassa sa femme. Ils continuèrent de discuter en prenant le petit-déjeuner. Belladonna le regarda:
«-Et vous, êtes-vous marié? Avez-vous des enfants?
-Ni l'un ni l'autre. Je suis un voyageur. Je suis un mercenaire à vrai dire.
-Vraiment?
-Oui, vous êtes les premiers à me voir et à rester en vie.»
Bungon s'étouffa avec une bouchée de pain. Voldacir le regarda:
«-Ne vous en faites pas, à vous je ne vous ferai pas de mal. Vous m'avez sauvé la vie, je vous suis reconnaissant. J'ai une dette envers vous. De plus je ne tue que les mauvaises personnes, toutefois vous, vous êtes de bonnes personnes.»
Le couple se rassura. Bungon termina de manger et se prépara pour partir travailler. Il embrassa rapidement Belladonna et partit. Voldacir regarda la porte ronde se fermer et regarda Belladonna:
«-Et vous, vous ne travaillez pas?
-Non. Bungon est marchand de tissu.
-Oh je vois, une noble profession.
-En effet.»
Voldacir bu sa tisane et grimaça. Le goût était infect mais il n'avait pas d'autre choix si il voulait guérir. Belladonna fit du ménage et il se posa dans le canapé. Il avait proposé de l'aider mais elle avait refusé, elle avait dit qu'il devait se reposer. Pendant ce temps elle vadrouillait à droite et à gauche. Elle alla même au marché pour acheter quelques ingrédients pour cuisiner.
Ce petit quotidien se répétait jour après jour et le trio avait fini par tisser des liens d'amitié. Voldacir était là depuis plus de trois mois maintenant. Ses blessures étaient toutes guéries, et sa maladie semblait moins forte qu'à son arrivée. La journée était terrible, le temps était épouvantable. Bungon était partit en voyage pour acheter des tissus qu'il revendrait. Il devait rentrer le soir même. Belladonna était morte d'inquiétude, elle tournait en rond dans sa cuisine. Voldacir la regarda:
«-Je suis sûr qu'il va bientôt arriver.
-Mais la nuit tombe!
-Je sais, mais il a dit qu'il rentrait ce soir. Je pense qu'il ne devrait plus tarder.
-Comment peux-tu en être sûr?
-Est-ce qu'il a déjà mentit?»
Cette question rassura Belladonna car non, Bungon n'avait jamais mentit. Toutefois les heures défilèrent encore et il n'arrivait toujours pas. Belladonna demanda:
«-Pitié Voldacir pars à sa rencontre!»
Le mercenaire regarda son amie et hocha la tête:
«-D'accord. Je vais te le ramener ton mari!»
Belladonna lui sourit. Il mit son plastron, sa veste et sa cape avant de partir. Il faisait vraiment un temps apocalyptique. Voldacir partit avec une lanterne.
Il marcha vers la sortie de la ville. Il lutta contre les rafales de vents violentes et la pluie infernale. Il sortit enfin de Hobbitbourg et vit au loin une petite silhouette qui courait. Il entendit bientôt des loups. Il dégaina Katzbalger et couru en direction de la silhouette qu'il ne connaissait que trop bien. Il attrapa Bungon et le mit derrière lui:
«-Ne bouge pas!»
Il partit affronter les loups. Avec le temps Voldacir avait retrouvé sa santé et son agilité. Il partit et affronta les animaux qui pourchassaient son ami. Il tua le mâle dominant, les autres prirent donc la fuite. Voldacir se tourna vers son ami et lui sourit:
«-On peut rentrer tu ne risque plus rien à part d'être trempé d'avantage.»
Ils se mirent à rire et rentrèrent car en effet la tempête faisait toujours rage. Le mercenaire portait le gros sac rempli de tissu que portait Bungon. Ils rentrèrent à Cul-de-Sac.
Belladonna se rongeait les sangs à la fenêtre. Elle arriva et sauta au cou de son mari:
«-Bungon!»
Elle l'embrassa en le serrant fort contre elle. Elle se tourna ensuite vers Voldacir:
«-Merci, tu as tenu parole!
-C'est bien normal.»
Bungon partit prendre un bon bain chaud pour se remettre de ses émotions. Belladonna prépara un grand repas chaud: soupe, viande au feu de bois, légumes bouillit ou braisés, pâtisseries chaudes, pain au four. Voldacir l'aida, il s'était changé lui aussi. Belladonna lui avait confectionné quelques tenues de rechange avec le temps. Bungon revint et ils mangèrent. Le Hobbit regarda son ami:
«-Tu sais, Belladonna et moi aimerions vraiment que tu reste. Tu es notre meilleur ami, nous aimons beaucoup t'avoir à la maison.
-Je ne veux pas vous déranger, je n'étais là que pour guérir.
-S'il te plaît, ça nous ferai très plaisir.»
Voldacir hésita puis il finit par céder. Le trio fit une petite fête improvisée et se couchèrent à la levée du jour.
Quelques mois plus tard Belladonna arborait un ventre bien rond. Le couple était fou de joie, ils allaient accueillir l'enfant qu'ils voulaient tant. Bungon était le plus heureux et le plus fier des hommes. Ils étaient contents que Voldacir soit là pour partager leur joie. Le mercenaire les aidait avec les travaux physiques puisqu'il était beaucoup plus grand et fort que le pauvre Bungon. Depuis qu'ils savaient que Belladonna était enceinte il se chargeait aussi de partir chercher les stocks de tissus pour Bungon. Ainsi le Hobbit pouvait rester auprès de son épouse et il ne prenait pas de risque.
Belladonna finit par donner naissance à un magnifique petit garçon un splendide après-midi d'été. Il était blond tout bouclé avec un nez en trompette et des yeux bleus. Bungon et Belladonna étaient très fiers de leur fils. Voldacir pour sa part était lui aussi très attaché à ce petit être. Il sourit en le regardant dormir dans son petit berceau. Bungon le regarda:
«-Mon ami nous devons fêter l'arrivée de mon fils!»
Il sortit le tonneau de son meilleur vin. Ils l'avaient eu à leur mariage et le couple le réservait pour une telle occasion. Il sourit et vint mettre le tonneau dans la salle à manger. Il ouvrit le bouchon et regarda son ami:
«-Il faut le laisser respirer un peu.
-Oui tu as raison. Alors c'est le vin de votre mariage?
-Oui, le père de Belladonna l'avait mit en tonneau le matin de notre mariage.
-Charmante attention.
-Oui. Tu te rend compte… j'ai un fils!
-Je sais, et il est adorable ce petit bonhomme! D'ailleurs, comment allez-vous l'appeler?
-Oh… j'avoue que je ne sais pas, nous n'en avons pas beaucoup parlé.»
Bungon alla voir sa femme:
«-Ma chérie comment allons-nous appeler notre magnifique fils?
-Hum… j'aime beaucoup Bilbon. Qu'en penses-tu?»
Bungon réfléchit quelques instants et murmura comme pour lui-même:
«-Bilbon Sacquet… oui, cela sonne à la perfection!»
Bungon embrassa tendrement sa femme et ils admirèrent leur petit qui dormait tranquillement. Belladonna lui avait cousu pleins de vêtements et Voldacir lui avait sculpté une petite figurine de cheval. Le couple lui était très reconnaissant de ce qu'il faisait pour eux.
Quelques heures plus tard ils s'accordèrent le droit de boire un verre de vin. Belladonna en prit un peu elle aussi, elle voulait goûter le cru de leur mariage. Ils trinquèrent et firent une petite fête légère pour ne pas réveiller Bilbon. Bungon regarda Voldacir:
«-Et sinon, pourquoi étais-tu venu à Hobbitbourg le premier jour?
-Pour ma maladie. Les exploits que fait Belladonne pour soigner les gens étaient arrivés jusqu'à moi. J'ai décidé de tenter ma chance.
-Tu as raison, tu as bien fait! Tu ne semble plus malade!
-Je ne pense pas, ou si je le suis, je le suis beaucoup moins qu'à mon arrivée.»
Ils levèrent leur verre. Belladonna était épuisée, Bungon lui caressa la joue:
«-On va monter te coucher ma chérie.»
Voldacir souleva la jeune maman, il savait que Bungon ne pouvait pas le faire lui-même, il était bien trop excité pour ne pas risquer de la faire tomber. Le mercenaire posa doucement Belladonna dans son lit et redescendit.
Le couple était tellement heureux. En passant le mercenaire regarda Bilbon qui dormait. Le nourrisson portait un pyjama orange que lui avait fait Belladonna. Il avait une main posée sur la statuette de cheval et il suçait le pouce de l'autre. Voldacir sourit et remonta la petite couverture sur le bébé pour qu'il ne prenne pas froid. Pour la première fois de sa vie il regrettait presque de ne jamais avoir eu d'enfant.
