Voldacir était beaucoup attaché à Bilbon, il le considérait comme son propre fils. Il aidait donc le couple de Hobbit à s'occuper du bébé sans toutefois être trop étouffant. Il regardait ce petit bonhomme blond grandir. Bungon et Belladonna lui demandèrent de l'entraîner à l'art du combat quand Bilbon serait en âge. Voldacir hésita puis finit par accepter, de toute façon il pouvait bien rendre ce service à ses amis.
Bilbon se révéla vite un enfant très intelligent. Ses parents étaient très fiers, car Bilbon était un petit garçon précoce. Il avait apprit à parler et à marcher à moins d'un an et à lire à trois ans. C'était incroyable, il aimait écouter les récits de Voldacir et lire des livres d'aventure. Il se révéla être l'élève le plus brillant de sa classe à l'école pour la plus grande joie de ses parents. Il était un élève assidu avec une soif de connaissance et d'aventure. Son entourage devait d'ailleurs faire très attention car sinon il aurait pu partir seul après l'école pour aller parcourir le monde. Sa petite enfance se passa tranquillement et sans grand événement notable, il était comme tous les autres petits garçons. Du moins d'après ce que savait Belladonna et Bungon, car un jour une partie de cache cache entre Bilbon et Voldacir s'était transformé en crainte indescriptible.
Le mercenaire devait retrouver le garçonnet mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus. Il avait peur de l'avoir perdu, et le petit Bilbon plus malin qu'un renard s'amusait à se faufiler ailleurs quand il voyait Voldacir arriver. Car Bilbon était très rapide et très discret. Il était aussi très agile ce lui lui permettait de grimper dans les arbres ou de se cacher dans des trous minuscules. Au bout de plusieurs heures de recherches, le petit blond s'était décidé à aider Voldacir et lui avait jeté une pomme de pain sur la tête. Le Dùnedain avait donc levé la tête et avait retrouvé le petit garçon tout souriant. Ils étaient donc rentré à la maison et avaient dit qu'ils avaient tellement joué qu'ils n'avaient pas vu le temps passer.
Bilbon avait maintenant 10 ans et il rêvait de partir de son trou de Hobbit. Il aimait Cul-de-Sac, mais il rêvait de plus. Il avait hérité ce tait de caractère de sa mère, car Bungon aimait la douceur du foyer. Belladonna aimait voir son fils ainsi, mais elle craignait qu'il ne lui arrive des ennuis, car il n'avait que 10 ans et il se voyait déjà conquérir le monde en affrontant des ennemis redoutables. Il avait une fâcheuse tendance à oublier qu'il ne mesurait pas encore un mètre et qu'il ne savait tenir qu'une épée en bois et encore.
Voldacir regarda Bilbon le jour de son douzième anniversaire et décida qu'il était prêt. Le mercenaire commença donc l'entraînement du petit garçon. Bungon et Belladonna avaient confiance en leur ami, ils savaient qu'il aiderait parfaitement leur fils. De plus un Dùnedain était un très bon protecteur. Ils savaient qu'un mercenaire n'était peut-être pas une référence fiable pour la plupart des gens, mais Voldacir était leur ami depuis plus de dix ans maintenant et ils avaient une confiance aveugle en lui.
Bilbon arriva avec son petit air espiègle habituel. Voldacir lui avait demandé de le rejoindre dans une clairière à la sortie de Hobbitbourg. Le petit garçon regarda les deux épées en bois sur le sol:
«-Alors tu va vraiment m'entraîner oncle Voldacir?
-En effet, aller, prends une épée.»
Bilbon se pencha pour prendre une épée. Voldacir lui tapa sur la main avec la sienne en bois également:
«-Attention, ne baisse jamais la tête ou ne tourne jamais le dos à un adversaire!
-D'accord.»
Bilbon saisit le manche en bois et se redressa vite pour attaquer mais Voldacir l'esquiva et lui donna une tape sur les fesses avec sa fausse arme:
«-Attention, l'élan est bien mais parfois c'est lui qui peut causer ta perte! Ne jamais prendre trop d'élan d'accord?
-Oui oncle Voldacir.»
Le mercenaire commença à enseigner quelques mouvements basiques au petit garçon. Pour l'instant il lui apprenait surtout à tenir convenablement son épée, à avoir des mouvements fluides quand il attaquait ou qu'il paraît un coup. Ils s'entraînaient une heure chaque soir.
À table Bungon demanda:
«-Alors, est-ce que notre Biblon est un aussi bon élève au combat qu'à l'école?
-Oui, je crois qu'il deviendra un grand combattant.»
Bilbon sourit et continua de manger. Belladonna le regarda avec tendresse:
«-Dis donc toi petit sacripant, ce n'est pas parce que tu apprend à manier l'épée que tu devra t'en servir compris?
-Oui maman.»
Bilbon se renfrogna et termina son assiette. Belladonna ne pu retenir un sourire:
«-Ne fais pas cette tête voyons. Aller, débarrasse ta place et dis bonne nuit.»
Le petit fit ce que sa mère lui disait et monta coucher. Il lu un peu avant de s'endormir.
Pendant ce temps les adultes discutaient toujours:
«-Tu pense vraiment qu'il s'en sortirait dans un combat, demanda la maman inquiète.
-Il n'a que douze ans c'est très dur à dire. De plus je ne lui ai rien apprit du vrai combat pour l'instant, je lui apprend à manier une arme avant de l'utiliser.
-Tu vois ma chérie, Voldacir est un bon précepteur.
-Je sais mais j'ai peur pour notre fils! Et si il lui prenait l'envie d'essayer ses techniques contre la mauvaise personne?
-Je peux te garantir que ça n'arrivera pas. Il n'arrivera rien à votre fils!»
Belladonna hocha la tête, elle avait confiance en Voldacir. Ils finirent de manger et débarrassèrent. Bungon demanda:
«-Tu as eu peur lors de ton premier combat?
-Pour te dire la vérité je m'étais même souillé!
-Comment ça, demanda Bungon perplexe.
-Je m'étais fait pipi dessus tant j'ai eu peur! J'avais environ un an de moins que Bilbon. Des hommes ont mit à sac mon village et ont tué mes parents. J'ai attrapé un couteau de cuisine et par miracle j'ai réussi à tuer l'homme qui m'attaquait. Il faisait bien deux mètre et 150 kilos.
-Oh… c'est éprouvant comme expérience pour un gamin.
-Oui, mais ce jour-là j'ai comprit que j'étais fait pour me battre.
-Je vois...»
Le Hobbit avait du mal à imaginer le mercenaire à l'âge de Bilbon. Il l'imaginait également très mal avoir peur de quoi que ce soit. Bungon imaginait plus son ami venir au monde avec une épée déjà dans les mains.
Le lendemain les hommes partirent à la pèche. Pendant ce temps Belladonna fit un grand nettoyage de printemps à Cul-de-Sac. Elle en avait assez que tout traîne. Elle rangea donc, mit certaines choses à la poubelle et fit le ménage du sol au plafond. Une fois cela fait elle s'accorda un bain et commença à préparer le dîner.
Bungon regarda son fils:
«-Arrête un peu de gesticuler comme ça, tu va finir par nous faire tomber à l'eau!
-Mais je m'ennuie! Aujourd'hui aucun poisson n'a l'air décidé à se faire attraper!
-Et bien ce n'est rien, profite de ce moment entre hommes!
-C'est ennuyeux!»
Bilbon sauta à l'eau, il nageait très bien. Voldacir se mit à rire devant ce gamin plein de vie. Bungon soupira:
«-C'est sa mère qui va être contente tiens!
-Il s'amuse c'est le principal non?
-Si… sûrement.»
Bilbon nageait quand un énorme brochet l'attaqua. Voldacir plongea aussitôt et nagea en direction du poisson. Il sortit une dague de sa botte et tua l'énorme animal aquatique. Il le ramena au bateau et regarda Bungon:
«-Bilbon va bien, et comme ça on ne rentre pas bredouilles.»
Bilbon était accroché au dos de Voldacir. Ce dernier le hissa sur la barque et sourit:
«-Il est temps de rentrer.»
Il grimpa à bord de l'embarcation lui aussi et ils regagnèrent la berge. Le trio masculin rentra et ils se firent tirer les oreilles par Belladonna car ils inondaient la maison et qu'ils salissaient tout ce qu'elle avait nettoyé. Elle les envoya au bain et pendant ce temps elle vida et décortiqua le brocher qu'elle fit ensuite cuire.
Les hommes allèrent préparer la baignoire d'un air penaud. Bilbon se mit à rire le premier en reparlant de tout ça et les deux adultes l'imitèrent bientôt. Il aurait pu se faire «croquer par le grand méchant poisson» comme il disait, pourtant il certifiait avoir passé un moment formidable. Ils se lavèrent donc un par un et descendirent dîner. L'ambiance était redevenue chaleureuse et agréable comme toujours, car Belladonna n'arrivait jamais à être réellement fâchée contre ces trois chenapans.
