Chapitre 7

Derek allait travailler, rentrait et s'enfermait chez lui, le plus souvent avec une bouteille.

Il ne sortait plus avec ses collègues et vivait dans le souvenir des quelques mois de bonheur passés avec Pénélope.

Il savait que les autres avaient des nouvelles de Pénélope mais se gardaient bien de lui en parler. JJ ne lui parlait que lorsqu'une affaire le demandait.

Reid, une fois, par amitié, lui dit simplement que Pénélope allait bien.

Quant à Hotch, il avait vite fait la relation entre le départ de Pénélope, la trahison de Derek et le fait qu'Emily ne reçevait aucun mail, aucun message de Pénélope.

Il avait laissé encore un peu de temps à Emily en espérant qu'elle serait honnête et qu'elle finirait par lui parler mais ne voyant aucune confession de celle-ci, il finit par la confronter. Elle dut confirmer ses soupçons. Hotch rompit sans faire trop d'histoires. Il se sentait suffisamment humilié, il ne voulait pas que les autres membres de l'équipe soient au courant. Il ne chercha même pas à en parler à Morgan. Il se dit que la plus grande punition, Derek l'avait déjà eue : Pénélope était partie. Morgan n'était plus que l'ombre de lui-même.

Il comprenait maintenant la réaction de Pénélope. Il imaginait la douleur qu'elle avait pu ressentir en les voyant dans le même lit. Il avait quand même parlé de sa rupture à Rossi qui finit par s'excuser en lui disant qu'en temps normal il lui aurait tout dit, en tant qu'ami, mais qu'il était tenu au secret par Pénélope qui tenait plus que tout à maintenir l'unité de l'équipe.

Hotch s'était inquiété pour elle mais Rossi le rassura. Il lui donna des nouvelles plus précises sur Pénélope. Même si elle avait été trahie, obligée de tout quitter alors qu'elle attendait un bébé, elle s'en sortait bien maintenant. Elle avait tourné la page.

Emily avait tout dit à Derek concernant la découverte de Hotch et sa rupture et essayait de passer plus de temps avec lui, mais Morgan lui avait très vite fait comprendre qu'il compatissait mais qu'il ne se passerait rien entre eux deux. Il avait déjà assez payé pour son erreur, se mettre en couple avec Prentiss aurait voulu dire que leur aventure d'un soir avait été désirée et pour lui ce n'avait pas été le cas, bien au contraire.

Deux ans plus tard, Derek frappa à la porte du bureau de JJ pour lui annoncer qu'ils étaient attendus en salle de conférence et vit une photo qu'il n'avait jamais vue avant. C'était une photo de Pénélope avec un homme grand et noir qui portait un enfant. Ils arboraient tous les trois un grand sourire. Son cœur se serra. Il mourrait d'envie d'interroger JJ mais craignait sa réaction.

Il se dit qu'une seule personne pourrait répondre à ses questions et il s'empressa de coincer Reid après la réunion.

« Reid, Pénélope vous a envoyé des photos ? demanda-t-il.

— Oui, elle nous en envoie régulièrement, dit-il

— Je sais que je te demande beaucoup mais tu pourrais me les transférer ou me laisser les voir s'il te plait. Reid, c'est important pour moi. J'ai besoin de la voir. »

Reid baissa la tête, réfléchit un instant et lui dit :

« Morgan, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Cela te fera plus de mal que de bien. Garcia a tourné la page et tu devrais en faire autant.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?!

— Elle s'est mariée et a eu un enfant. Dans ses mails, elle ne parle jamais de toi. Mais toi, tu vis dans le passé comme si tu espérais qu'elle revienne, qu'elle pardonne tout et qu'elle se remette avec toi. Excuse-moi d'être aussi direct mais ça n'arrivera pas. Elle est parfaitement heureuse.

— Reid, je veux voir ces photos ! » répéta-t-il d'un ton plus ferme qui indiquait à Reid qu'il ne lâcherait pas l'affaire.

Il fit signe à Reid de le suivre et lui indiqua son ordinateur.

Reid s'assit et se mit à manipuler maladroitement la machine jusqu'à ce que les photos apparaissent.

« Enregistre-les sur mon bureau. Je les veux toutes ! » ordonna-t-il à Spencer.

Le jeune agent mit encore quelques minutes à ouvrir tous les mails et à enregistrer toutes les photos, puis quitta le bureau.

Derek s'assit, prit une grande inspiration et commença à regarder les photos que Pénélope avait envoyées aux autres.

Il sentit son cœur se serrer. La femme qu'il n'avait jamais cessé d'aimer avait refait sa vie. Elle avait un enfant. Il regarda les photos de vacances, les portraits de famille. Elle était radieuse.

Il regarda l'homme qui avait la chance de partager sa vie maintenant. La jalousie le dévorait. Il se disait que cela aurait dû être lui sur ces photos avec Pénélope, cela aurait dû être lui le père de ce bel enfant couleur miel.

Des larmes dévalèrent ses joues et il décida de fermer l'ordinateur et d'oublier ces photos pour le moment. Il ne les avait pas toutes regardées mais il savait quel effet elles avaient sur lui et il ne voulait pas être surpris en train de pleurer comme un adolescent qui venait de vivre son premier chagrin d'amour.

Il continuerait à les regarder dans la soirée, avec une bonne bouteille de scotch de préférence.

Derek avait fait un tri dans toutes les photos que Reid lui avait enregistrées. Il avait fait un dossier spécial où il n'avait gardé que des photos de Pénélope seule, ou d'elle avec l'enfant.

Il en avait imprimé quelques unes qu'il avait placé à des endroits stratégiques chez lui : dans sa chambre, dans le salon, dans son bureau.

Sa mère avait fait le voyage de Chicago pour passer quelques jours avec lui et lui avait fait remarqué que ce n'était pas une bonne chose pour lui, qu'il se faisait souffrir inutilement mais il n'avait rien voulu entendre et avait gardé les photos.

Il était sorti faire des courses rapidement afin d'acheter ce qu'il manquait à sa mère pour terminer le déjeuner et quand il revint sa mère lui annonça qu'un huissier était venu lui remettre un courrier.

« Ça doit être très important. J'ai insisté pour qu'il le laisse mais il a dit qu'il devait te le remettre en mains propres et qu'il repasserait. Il devrait repasser dans un quart d'heure, dit Fran.

— Je ne vois pas ce que ça peut être. C'est peut être pour le boulot, une citation à comparaitre ou quelque chose de ce genre. Je ne vois pas quelle affaire ça pourrait concerner, en général c'est Hotch ou Rossi qui se chargent de témoigner au tribunal. » dit-il dubitatif.

Il rangea les courses et aidait sa mère à cuisiner quand quelqu'un sonna à la porte.

Derek ouvrit la porte.

« Derek Morgan ? demanda un homme en costume

— C'est moi, répondit-il

— Benjamin Mills, huissier de justice. J'ai un paquet à vous remettre mais je dois vérifier votre identité, si cela ne vous dérange pas. » expliqua l'homme.

Derek l'invita à entrer et prit la pièce d'identité la plus proche à sa portée. Il opta pour son badge. L'homme lui remit le paquet contre une signature.

« C'est important ? demanda Fran.

— Aucune idée. Mais vu la taille du paquet, ça ne peut pas être pour le boulot. Je vais jeter un œil à tout ça après avoir déjeuner. Je meurs de faim. » dit-il.

Après déjeuner, Derek voulait faire la vaisselle mais sa mère le chassa de la cuisine, lui rappelant qu'il avait un paquet à ouvrir.

« Tu es plus curieuse que moi de savoir ce qu'il contient. » dit-il à sa mère en rigolant.

Derek s'installa sur le canapé, les pieds sur la table basse et ouvrit la grande enveloppe.

Quand sa mère vint le rejoindre dans le salon, elle trouva Derek dans un état catatonique. Elle se précipita vers lui.

« Derek ! Derek, mon bébé, qu'est-ce que tu as ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » cria-t-elle en le secouant gentiment.

Elle n'obtint aucune réponse. Elle voyait que Derek était sous le choc.

« Derek, Bébé ! Parles-moi ! » cria-t-elle en le secouant plus fort cette fois.

Il sortit enfin de sa torpeur et la regarda, les larmes aux yeux.

« J'ai un fils. » dit-il doucement.