Le seigneur Elrond quitta la montagne le premier à l'aube du troisième jour des festivités : il ne pouvait guère s'absenter longtemps de son domaine. Les elfes de Fondcombe se rassemblèrent dans la ville de Dale, chevaux sellés et épée à leur côté : traverser les Monts Brumeux restait dangereux en dépit de la déroute des gobelins et des orques dix ans plus tôt.

Dain raccompagna Elrond et ses fils jusqu'à la lisière du royaume des nains. Bilbon chevauchait derrière eux sur son poney ventru tout en fumant son herbe à pipe. La matinée était magnifique et le hobbit avait rejeté son épaisse cape d'hiver. Les rayons du soleil naissant réchauffaient l'atmosphère, faisant briller les brins d'herbe gelés par la nuit.

« Je regrette que vous partiez aussi tôt, Maître Hobbit, déclara Dain lors de leur séparation.

— Je regrette aussi de vous laisser, sire, lui répondit cérémonieusement Bilbon, mais j'ai envie de revoir Fondcombe. Je n'y suis passé que très rapidement il y a dix ans et je l'ai toujours regretté. Les chants joyeux des elfes me manquent ! Mais n'ayez crainte, je reviendrai vite !

— Dans ce cas, je vous dis à bientôt, mon ami ! le salua Balin.

— On repassera par la Comté chercher de vos merveilleuses herbes ! renchérit Gloin. Vous ne nous en avez ramené que pour une seule année si nous nous rationnons !

— Je vous en ai ramené autant que le poney pouvait en porter ! »

Les nains s'esclaffèrent, les elfes sourirent et Bilbon fit avancer sa monture. Jusqu'à ce que les nains disparaissent de sa vision, il leur adressa des signes de la main.

La longue procession d'elfes s'aventura sur l'ancien pays de la désolation de Smaug où fleurissaient les champs et les habitations des hommes. Ils allaient au pas, tranquilles dans ces terres sans ennemi où ils avaient une bonne visibilité.

Vers le milieu de la matinée, les elfes arrêtèrent leurs montures, leur firent faire volteface et conservèrent la main sur leurs épées, sans toutefois les dégainer. Ils patientaient davantage qu'ils ne se préparaient à une attaque mais Bilbon ne le vit pas ainsi :

« Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ?

— Deux cavaliers arrivent ! lui répondit Elrond. La route est bonne et nous venons de là, aussi je penche pour un messager. Les chevaux vont grand train. »

La prédiction du semi-elfe se révéla exacte. Gandalf avait délaissé sa charrette et son grand poney de trait pour un cheval plus fin et plus rapide. A ses côtés, Tauriel chevauchait une grande jument grise à la manière des elfes, sans selle ni bride. Sa cape flottant dans le vent révélait une épée longue et fine à sa ceinture, des poignards et un arc.

Dès qu'ils les virent, les elfes se détendirent tout à fait et les conversations joyeuses reprirent.

« Ne deviez-vous pas rester avec Dain organiser les défenses de la Montagne, Mithrandir ? intervient doucement Elrond.

— L'alliance des elfes et des nains me préoccupe davantage pour l'instant. Les nains n'oublieront pas cet affront et ils parlent déjà de le faire payer à Thranduil ! Les négociations n'aboutiront pas. Quelle folie l'a encore piqué ?

— J'ignore pour quelle raison mon Roi n'est pas venu, expliqua Tauriel, et cela m'inquiète. Je dois lui annoncer que son absence a piqué les nains dans leur orgueil ! Je prie pour qu'il accepte de revenir sur sa décision et d'envoyer un cadeau digne de ce nom à Dain. C'est à peine si j'ai été la bienvenue.

— Thranduil a de nombreuses raisons de haïr les nains, rappela Elrond.

— Certes, mais avec le retour de Sauron, Erebor et la Forêt Noire doivent s'allier et faire front commun ou cela sera la ruine pour tous, rétorqua le magicien.

— Allez-vous donc voir Thranduil, Gandalf ? » intervint Bilbon.

Gandalf et Elrond en avaient oublié le hobbit, à deux pas derrière eux, les oreilles assez fines pour entendre une conversation. Elrond sourit.

« Nous allons tous voir Thranduil, mon cher Hobbit ! Traverser la forêt sera plus rapide que la contourner par le nord.

— Etes-vous passé par là pour venir à Erebor, Seigneur Elrond ?

— Non, nous sommes passés plus au sud, sur la vieille route des elfes. Je le regrette à présent. J'aurais pu le convaincre d'accepter l'invitation des nains ! »

La moue de Tauriel indiqua clairement ce qu'elle pensait : quand Thranduil avait décidé de faire –ou ne pas faire !- quelque chose, rares étaient ceux qui parvenaient à le faire changer d'avis. Tout au plus parvenait-elle depuis quelques années à lui fournir des conseils mais plus d'une fois il ne l'avait pas écouté. A elle ensuite d'arrondir les angles !

La troupe resta silencieuse. Le temps était radieux dans cette fin d'été et l'inquiétude des grands seigneurs de ce monde semblait déplacée sur la route calme. Construite trois ans auparavant pour relier la Forêt Noire et Erebor, assez large pour permettre le passage de deux chariots de front ou cinq cavaliers, ses pierres grises étaient cachées par les hautes herbes des bas-côtés : seuls ceux qui arpentaient la piste pouvaient voir où elle menait.

La route ne coupait pas à travers la plaine en ligne droite de la montagne à la forêt mais rejoignait le lac d'Esgaroth à l'est pour ensuite remonter au Nord vers Erebor en longeant la rivière. Le chemin en était doublé mais permettait également aux hommes d'Esgaroth d'atteindre le royaume des nains plus facilement. Une journée de cheval était nécessaire pour effectuer le voyage, quoi qu'à une allure soutenue, un cheval au galop puisse le faire en quinze heures.

La route n'était pas non plus droite : tantôt elle montait et descendait au gré des collines, tantôt elle tournait à gauche ou à droite et un pan du chemin leur était dévoilé jusqu'au prochain virage.

Les cultures cédèrent la place à des hautes herbes qui ondulaient sous le vent. Elles étaient plus hautes que Bilbon lui-même, fût-il juché sur son poney, et le pauvre hobbit ne parvenait pas à voir grand-chose du paysage, pris entre deux murs de verdure comme il l'était. Il s'ennuya profondément.

Les sabots des chevaux claquaient sur les pierres, résonnaient dans le silence de la grande plaine. Les elfes chuchotaient entre eux dans leur langue chantante. Ils souriaient, plaisantaient, sortaient de leurs sacs des fruits qu'ils mangeaient pour tout repas de midi. Bilbon en fit de même avec les biscuits que Bombur lui avait offerts. C'étaient de bon gros biscuits de nains, moelleux et garnis de fruits confits. Il les agrémenta de viande séchée au gros sel agrémentée d'épices, spécialité des hommes de Dale que le hobbit appréciait.

Après huit heures d'une paisible chevauchée ininterrompue, la troupe dépassa un virage serré dissimulé par de gros rochers et une petite colline. En tête de la colonne, Elrond et Gandalf disparurent derrière la roche et Bilbon les suivit tranquillement, toujours en train de fumer pour tromper son ennui. Les yeux du hobbit s'écarquillèrent devant le spectacle qui s'étendit sous les yeux.

Des elfes et des chevaux gisaient sur le chemin et dans les hautes-herbes, leurs corps mutilés par des blessures profondes. Certains étaient criblés de blessures, leurs tuniques arrachées laissant apercevoir de longues estafilades noires, à d'autres manquaient des membres.

Le carnage semblait encore plus terrible sous le soleil et la chaleur de la journée. L'odeur des corps en décomposition était aussi pénible que la vue. Des elfes portèrent un tissu empli de parfum à leurs narines pour ne pas la sentir. Bilbon en fut malade. Il laissa tomber sa pipe dans les herbes écrasées au bord du chemin.

Elrond et Gandalf s'arrêtèrent sous le coup de la surprise. Ils contemplèrent le carnage, les yeux écarquillés, n'osant pas croire ce qu'ils voyaient.

Tauriel reprit ses esprits la plus vite. Elle talonna son cheval. Couchée sur l'encolure, elle parvint la première sur le lieu du massacre, sans se préoccuper d'un éventuel ennemi. Les corbeaux s'envolèrent en l'entendant arriver. Ils planèrent en cercles au-dessus du champ de bataille, poussant des cris rauques qui donnaient la chair de poule à l'elfe. Les mouches restèrent sur les morts au milieu des larves et des insectes. Si elle avait eu l'espoir de trouver des survivants, il fut déçu d'amblée. Le sang était sec, les yeux vitreux et les corps froids. Les vers festoyaient depuis trois jours entiers.

Le reste des elfes la rattrapa. Les soldats entourèrent le champ de bataille, restant à cheval, pour s'assurer qu'aucun ennemi n'était encore présent. Epées au clair et flèche encochée sur les arcs, ils parcoururent toute la zone au galop et se postèrent à chaque coin du massacre. Ils ne virent personne.

« C'est impossible ! souffla Tauriel. Ce…

— Comptez les elfes et les chevaux ! ordonna sèchement Gandalf. Tauriel, secouez-vous ! Combien devaient venir ? Combien ?

— Ce sont des habits de la Forêt Noire, je les reconnaitrais entre milles ! s'exclama Bilbon. Est-ce là la délégation de Thranduil ? Mais le mariage était avant-hier !

— Et ils ont été surpris en y allant ! Tauriel, Thranduil et Legolas devaient-ils venir tous les deux ?

— Legolas est encore dans le Nord…Thranduil devait mener la délégation en personne. Où…Par les Valars, où est le roi ? »

Blême, Tauriel détourna le regard. Ces elfes avaient été sous son commandement, elle les connaissait tous. Des larmes lui vinrent aux yeux. Ceux de Bilbon pleuraient déjà à torrents. Le hobbit sortit un mouchoir brodé de sa poche intérieure et se tamponna le visage. Il renifla pour calmer ses sanglots.

« Je n'arrive pas à y croire ! gémit-il avec un autre sanglot. En ces temps de paix, sur une route sans danger ! Ce n'est pas possible ! »

Dix minutes auparavant, la liesse régnait dans la troupe d'Elrond. Seulement dix minutes et l'accablement remplaçait la joie ! Plus personne ne parlait. Les elfes contemplaient les victimes, allaient de l'un à l'autre comme des fantômes. Gandalf avait fourni un remontant à Tauriel. L'elfe menaçait de s'effondrer sous le choc. Pourtant, elle allait d'un elfe à l'autre, espérant savoir ce qui était arrivé à son roi : il n'y avait là que les soldats de la garde royale !

L'odeur était pestilentielle et incommodait les sensibles elfes autant que la vue des corps en décomposition. Certains des gens d'Elrond, pris de malaise, restèrent assis à l'écart, les yeux fermés, priant Mandos d'accueillir les guerriers tombés avec toute la gloire qui leur était due.

Dans son accablement, Bilbon mit du temps avant de remarquer que quelque chose clochait. Il n'y avait aucun cadavre, hormis ceux des elfes et des chevaux. Il n'y avait pas non plus de flèches ni d'épées en dehors de celles des elfes des bois. Et pourtant, les blessures étaient sans équivoque.

« Seigneur Elrond ! Mithrandir ! Ici ! »

Le cri venait de leur droite, à l'écart du carnage, près d'un bosquet de hauts sapins. Elrond et Gandalf se précipitèrent, Tauriel sur leurs talons. Bilbon les suivit difficilement : les hautes herbes lui arrivaient au-dessus de la tête. Elles s'enroulaient autour de ses bottes, se prenaient dans la boucle de la ceinture et l'empêchait d'avancer. Au bout de quelques pas, il surgit dans un couloir d'herbes piétinées, large d'environ un mètre. Il l'arpenta au trot, le cœur lourd et inquiet de savoir ce qu'il allait découvrir au bout.

Quand le hobbit arriva près des elfes, son cœur se serra et son estomac se révulsa. Il regretta tout à coup qu'il ne soit pas vide. Deux chevaux gisaient là ainsi que trois elfes des bois mais c'est le grand cerf elfique qui retint toute son attention. Ses bois avaient été tranchés net, sa cage thoracique était profondément enfoncée mais le hobbit pouvait voir la bride d'or et la selle ensanglantées.

Une flaque de sang inquiéta l'elfe puis il se rendit compte que des traces de pas s'éloignaient du carnage sur quelques mètres. Le sang marquait des contours de botte sur les herbes et Elrond put reconstituer facilement le combat près du cerf. Cependant, une autre flaque de sang encore plus à l'écart, bien loin des animaux et des cadavres, lui firent penser qu'un elfe avait été sérieusement blessé. Mais il ne trouva aucun corps, seulement des herbes écrasés.

« Cherchez le Roi Thranduil ! » ordonna Elrond à ses gens.

Il en fallait beaucoup pour déstabiliser le Seigneur Elrond, ancien Héraut de Gil-Galad, grand guerrier et guérisseur qui avait participé à la dernière alliance des elfes et des hommes. Un ami et roi des elfes disparu en faisait partie. Son cœur se serra d'angoisse. Si Thranduil était mort, ce serait un coup sérieux porté aux elfes à la veille d'une guerre contre l'Ennemi qui déciderait de l'avenir des Terres du Milieu.

Lui-même arpenta les hautes herbes, espérant le découvrir mort ou miraculeusement en vie. Sans succès.

« Seigneur Elrond ! Nous avons compté cinquante-trois chevaux et quarante-huit elfes !

— Plus le cerf, murmura Bilbon pour lui-même.

— Envoyez un messager immédiatement au royaume sylvestre ! ordonna le semi-elfe avant d'ajouter après une hésitation, et envoyez un message à Dain ! »

En effet, ils étaient encore plus près de la Montagne Erebor que des Cavernes de Thranduil puisqu'ils avaient jusqu'à présent longé le fleuve et dépassé la cité de Lacville-la-Nouvelle depuis une heure seulement. Les deux cavaliers choisis sautèrent sur le dos de leurs montures et foncèrent le plus vite possible. Tauriel regarda celui qui se dirigeait vers la forêt disparaitre au loin. Elle ne s'était pas proposée pour porter ce message : sa place était là, à chercher ce qui était arrivé.

Les elfes et le magicien restant cherchèrent des indices. Les herbes foulées avaient protégé les assaillants : les traces de pas ne s'étaient pas imprimées dans le sol. Les seuls visibles étaient celles délimitées par des bottes tachées de sang. Le champ de bataille n'avait pas été choisi au hasard ! Ceux qui avaient fait cela étaient expérimentés et connaissaient assez la route pour en tirer tous les avantages, le guérisseur en était certain.

Elrond envoya une troupe le long de la route pour chercher sur le bas-côté des signes ou des choses qui ne devraient pas être là. Les elfes furent absents longtemps. Ils ne revinrent que tard dans la nuit. Ils avaient trouvé de nombreuses traces de pas au sud puis vers l'est, encore qu'ils ne pouvaient être plus précis et qu'ils ne purent aller plus loin que cinq milles. Au-delà, la piste se perdait.

Bilbon, resté au campement improvisé près de la route, s'occupait de la nourriture. C'était le seul poste qu'il avait trouvé par ne pas être entre les pattes des elfes ou de Gandalf. Il fit du feu et installa une casserole d'eau pour faire du thé.

« Mon vieux Bilbon, cette histoire sent mauvais ! songea-t-il. C'est la première fois que je vois quelqu'un récupérer toutes ses armes. Il n'y a aucune trace des agresseurs ! »

Au soir, les quelques elfes qui avaient encore de l'appétit s'assirent près du feu de camp. Les autres restèrent en retrait, profondément troublés par la mort de tant des leurs et la disparition du roi. De temps en temps, leurs regards se portaient sur la fine silhouette aux cheveux roux, isolée et silencieuse à vingt pas d'eux, accablée de chagrin.

Le hobbit servit à tous une tasse de thé et des petits gâteaux. Il en déposa près de Tauriel sans lui demander son avis.

Gandalf s'installa près du feu et tira sa pipe. Il rendit à Bilbon celle qu'il avait oubliée dans l'herbe. Le magicien souffla longuement des ronds de fumée, les yeux brillants dans l'obscurité à la lueur du feu. Il s'était enroulé dans son manteau gris de voyage pour se protéger du froid et du vent.

« Les elfes du royaume sylvestre sont peut-être déjà au courant, supposa Bilbon pour alléger l'atmosphère. Après tout, Thranduil et les elfes survivants ont dû rentrer chez eux à l'heure qu'il est.

— Mon brave Bilbon, votre optimisme est touchant ! Touchant et vain, je le crains. Les elfes ne laisseraient pas les leurs pourrir loin de chez eux. Non, ni Thranduil ni ses soldats ne sont retournés à la Forêt Noire. Que sont-ils devenus ? Ils ont été emmenés. Par qui ? Je l'ignore. C'est précisément ce qui me fait peur !

— En êtes-vous certain ? Peut-être se sont-ils cachés. Oh, j'aurais dû rester à Erebor encore une semaine !

— Mais vous êtes là et vous ne pouvez partir maintenant. Qui qu'aient été les assaillants, Thranduil a été submergé par leur nombre. Il serait extrêmement imprudent de quitter ces terres seul.

— J'ai regardé les corps, confia Elrond. Il y a là des blessures laissées par des épées, des marteaux, des haches et des flèches. Mais je n'ai trouvé aucune arme ! C'est impossible. Les morts ne récupèrent pas leurs épées et les vivants ne ramassent pas toutes les flèches tirées : beaucoup sont abîmées et inutilisables.

— Elles n'ont pas été récupérées pour resservir ! s'exclama sinistrement Gandalf. Elles l'ont été pour ne pas découvrir qui a fait cela.

— Vous ne pouvez garder des informations pour vous, Mithrandir. »

Elrond n'en dit pas plus. Il dévisageait le magicien de ses yeux gris, le visage attentif et tendu où se reflétaient les lumières du feu. Il n'était pas le seul, toute l'attention était dirigée vers Gandalf, y compris celle du hobbit.

Le magicien hésita. Ses espoirs de parler discrètement au Seigneur Elrond furent anéantis : aucun elfe ne le laisserait quitter le feu sans explications. Résigné, le magicien poussa un soupir et il sortit de sa cape un mouchoir qu'il donna au Seigneur elfe. Elrond l'ouvrit doucement pour découvrir une pointe de flèche en fer noir. Le bois était brisé à un pouce de la pointe.

« J'espérais trouver une explication logique, une coïncidence, quoi que ce soit, mais je n'en ai pas, commença-t-il. Cette flèche était fichée dans la poitrine d'un elfe. C'est sans aucun doute possible ce qui a causé sa mort.

— Gandalf, c'est juste une flèche !

— C'est une flèche de nains, Bilbon. Une flèche de nain qui a tué un soldat de la garde royale de Thranduil ! »

Un silence glacial s'abattit sur le groupe. Quelques coups d'œil furent jetés à Tauriel, qui, à l'écart, ne les avait pas entendus.

« Les nains d'Erebor arriveront bientôt, il serait bon de ne rien leur dire et de voir leurs réactions, reprit Gandalf. Ne dites rien à Tauriel non plus. Je lui en parlerai lorsque nous en saurons plus.

— Comment pouvez-vous savoir…

— Allons Bilbon ! le houspilla légèrement Gandalf. Un Roi elfique invité par Dain se fait attaquer à vingt-cinq milles d'Erebor et il n'enverrait aucun représentant de son peuple pour savoir ce qui s'est passé ?

— Ce serait une véritable insulte envers les elfes, expliqua Elrond. Des nains tuant des elfes des bois et capturant le roi Thranduil ! Voilà qui va suffire à déclencher la colère de leur peuple. »

La clairvoyance d'Elrond glaça le sang des elfes. Sauron était de retour en Mordor et les deux royaumes les plus puissants au nord-est de la terre du milieu se divisaient.