Soraya était restée pétrifiée sur place depuis que Bianca était partie. Elle s'en voulait de ne pas lui avoir tout révélé direct. Elle comprenait la réaction de sa meilleure amie et ne pouvait lui en vouloir. Pour l'instant, elle devait la laisser accepter la vérité même si elle aurait eu besoin de quelqu'un pour l'épauler au moment présent. En effet, se confier ne l'avait pas soulagée, loin de là. Au contraire, Sirius lui manquait encore plus ; à cette pensée, elle entra dans une crise de larmes incontrôlée.
Bianca, elle aussi repensait à tout ça. Elle n'avait pas su comment réagir et donc elle avait fui. Elle n'en voulait pas à son amie de lui avoir menti. Après tout, elle aurait sans doute fait pareil. Comment expliquer à quelqu'un, même si cette personne est votre amie la plus proche, qu'on a fait un bon dans le temps sans directement passer pour folle ? Elle comprenait le dilemme qui s'était imposé à sa meilleure amie. Mais alors pourquoi continuait-elle de fuir ? En fait, elle avait peur de ne pas savoir quoi dire. Elle devait chasser ses propres craintes, son rôle d'amie était d'être à ses côtés dans cette épreuve. Elle fit donc demi-tour. Elle arriva près de son amie et la voir ainsi, anéantie, lui brisa le cœur.
-Oh ma Soso, pardonne-moi d'avoir fui, je suis là maintenant, en disant cela, Bianca s'était approchée et avait pris Soraya dans ses bras.
-Calme-toi, je suis là. Je ne vais plus partir. Je vais rester près de toi aussi longtemps que tu auras besoin de moi. Nous sommes amies à vie et je serais toujours là pour soutenir tes choix même si je ne suis pas du même avis.
-Merci dit Soraya à travers ses sanglots.
-Maintenant tu vas m'écouter et essayer de faire ce que je te dis, d'accord ?
-Oui.
-Tu vas respirer profondément et calmement.
-Et maintenant ? demanda Soraya après avoir repris une respiration régulière.
-Maintenant, tu vas tenter d'arrêter de pleurer.
-Voilà dit-elle un long moment après, la voix toujours enrouée par la tristesse mais les larmes ne coulant plus.
-Bon à présent, on va aller voir Malfoy.
-Malfoy ? Mais pourquoi ? Tu es folle !
-Non laisse-moi t'expliquer.
-Vas-y.
-Nous avons toutes deux besoin de sommeil avant et afin de pouvoir réfléchir à tout ça.
-Oui, c'est vrai. On ne pourra penser qu'à tête reposée consentit-elle. Mais quel est le rapport avec Malfoy ?
-Nous ne trouverons jamais le sommeil ce soir, ni l'une, ni l'autre. Du moins sans potion. Pom-Pom voudra absolument qu'on lui explique la raison de ton état mais Malfoy nous en donnera sans poser de questions.
-Ok mais s'il fait une remarque trop désobligeante, je me défoulerais sur lui.
Bianca éclata de rire et Soraya esquissa un sourire. Elles partirent donc vers les cachots. Une fois devant la porte, Soraya dit :
-Bon vu que c'est ton idée, c'est toi qui frappe, tout comme c'est toi qui parle.
-Mais où est ton courage typique des Gryffi.
-Euh, j'ai du le laisser au dortoir mais je vais me forcer et frapper moi-même à la porte.
Elle s'apprêtait à frapper quand Malfoy ouvrit violemment la porte et leur lança d'un ton tranchant :
-Je me demandais pendant combien de temps vous alliez continuer à vous chamailler devant ma porte avant de vous décider à frapper à ma porte.
Les deux jeunes filles baissèrent les yeux sans dire mots. Le maître de potion continua sur un ton plus ironique :
-Entrez mesdemoiselles. Comme j'ai cru comprendre que vous étiez la plus courageuse Mlle Rose, pouvez-vous m'expliquer la raison de cette visite après le couvre feu ?
-Nous voulions... commença Bianca pour venir en aide à Soraya mais elle fut interrompue par leur professeur.
-Il ne me semble pas que votre nom ait changé Mlle Paddy.
-Mais tenta encore Bianca.
-Laisse intervint Soraya avant que Malfoy n'ait pu riposter.
-Enfin un peu de courage Mlle Rose.
-Ben oui, les Gryffi ne sont pas lâches contrairement aux Serpentards.
-Vous vous êtes déplacées juste pour me narguer ?
-Non, en fait, nous voulions vous demander un service.
-Ah !
-Nous voulions savoir si vous aviez de la potion de sommeil dans votre bureau ?
-Je ne suis pas maitre de potion pour rien mais vous pouvez en trouver à l'infirmerie.
-Ca nous le savions déjà mais nous préfèrerions que vous, vous nous en donniez dit-elle en insistant sur le vous.
Il s'éloigna et revint avec un flacon qu'il leur tendit.
-Mercie dirent-elles en cœur. Passez une bonne fin de soirée et désolées du dérangement.
-Je vous savais faible Mlle Rose mais à ce point là.
Ce furent les mots de trop et Soraya ne put retenir sa colère plus longtemps.
-Vous n'en avez pas marre de juger les gens ? Non, bien sûr ! Vous ne tentez jamais de comprendre vos élèves. Vous voulez donner l'impression que vous nous méprisez mais c'est l'inverse. Elle stoppa net sa phrase, se rendant compte de la portée de ses paroles et de à qui elle parlait. Elle risquait fort d'être collée jusqu'à la fin de l'année.
-Vous avez mal compris ce que je voulais dire. Ces paroles signifiaient que vous vous cachez derrière un masque de force mais au fond, vous êtes hyper sensibles. Montrer ses faiblesses aux autres est un signe de sagesse. Sur ce, bonne soirée et il les mit à la porte.
Les deux jeunes filles se regardèrent médusées par la réaction de leur professeur. Elles ne l'avaient jamais trouvé aussi humain. Elles l'avaient jugé durement et au fond, elles savaient maintenant que c'était quelqu'un de bon. Il aurait pu se fâcher, les coller, les envoyer chez le directeur ou je ne sais quoi d'autre mais au lieu de ça, il leur avait donné l'objet de leur requête et il s'était même montré indulgent comme si il comprenait la douleur de Soraya et qu'il voulait l'aider, atténuer la souffrance. Les deux jeunes filles se promirent d'être plus cool aux cours du professeur et aussi elles iraient s'excuser dès le prochain cours.
Note de l'auteur : Alors qu'avez-vous pensé de ce nouveau chapitre? Donnez-moi votre avis par review please!
BisouxXxXxX à tous.
Soso.
