Bonjour à tous ! Ouais bonjour, pas bonsoir, je m'en fous il est 00:18, c'est un nouveau jour qui commence. Bref... Je reviens aujourd'hui avec une nouvelle lettre. La dernière (je me vois mal en écrire une de plus, d'autant plus que je ne veux pas travailler un sujet déjà épuisé), celle du Hippie. Je sais, j'ai mis plus de temps que la dernière fois. Vous allez comprendre pourquoi.

Tout d'abord, cette lettre est beaucoup plus longue que les précédentes. J'ai beaucoup travaillé dessus. Je suis retournée dans mes anciens écrits, et j'ai rédigé de nouvelles choses (encore une fois en cours d'histoire XD) sur pleeeeiiiiinnnnssssss de feuilles différentes. Autant vous le dire c'était le bordel. Le temps de tout réécrire, d'organiser etc... J'y ai mis beaucoup d'amour, c'est un texte très personnel, et j'espère qu'il vous touchera. En tout cas pour ma part, j'y aurai pris beaucoup de plaisir.

Ah oui, et encore une fois, attention déprime !

(Putain merci. Un grand merci à vous. Vos commentaires m'ont sincèrement émue, je ne m'attendais pas à ça. J'écris pour le plaisir, et si ça touche les autres... Pfouaaaa c'est tellement énorme ! Merci merci et encore merci, vous me donnez envie de poursuivre dans cette voie !)

Je suis désolée par avance pour ce que je fais subir au personnage, et à Mathieu, qui prend cher lui aussi. D'autant plus que j'adore SLG

Disclaimer : Les personnages de SLG ne m'appartiennent pas (dommage XD), ils sont la stricte propriété de Mathieu Sommet.

Bonne lecture mes chers amis !


Salut gros,

Je ne sais pas trop par où commencer. J'ai toujours été nul pour ce genre de choses... Tu sais, juste m'exprimer. Enfin, disons que j'aurais été plus doué si le silence n'avait pas été mon seul allié.

Tu attends sûrement pas mal de choses de cette lettre, des explications notamment. Décidément, tu ne me connais pas beaucoup. Mais qui me connaît après tout ? Qui prendrait la peine de s'intéresser au bouffon du roi ?

Je n'ai pas de mots pour exprimer tout ce que j'ai ressenti. Rien n'est assez fort, assez dur, assez vrai. Pourtant, j'ai essayé. J'ai écrit. Longtemps, avant de siroter ce qui allait devenir mon dernier poison.

Alors voilà le résultat. Je n'ai rien changé. C'est fouilli, c'est triste, et tu ne comprendras sûrement pas tout. Mais c'est la vérité. Ma vérité.

Je n'avais rien à faire ici ce n'était pas ma place. Je ne voulais pas. Je ne l'acceptais pas. Je n'avais pas choisi votre monde. Je n'avais pas non plus choisi d'être comme ça. Faible. Étouffé par un univers qui n'était pas le miens, qui ne l'aurait jamais été. Je voulais pouvoir penser par moi-même. Être quelqu'un à part entière.

La vie ne tient qu'à un fil, et moi j'en avais assez de jouer à l'équilibriste. Le monde est cruel et moi j'étais faible. Enfin, j'étais surtout une personne avec beaucoup d'illusions. La réalité. C'était quoi ? Votre réalité. Elle était absurde.

Impossible de faire le vide. J'aurais voulu courir sans jamais m'arrêter. Atteindre le ciel, les licornes que je voyais gambader dans les nuées cotonneuses. Caresser mon rêve du bout des doigts. J'avais besoin d'air, de silence, d'espace. Méditer. Arrêter le temps. Juste appuyer sur pause. Enfermé. Oppressé. Fissuré. Aucun moyen de respirer. Coincé. Bloqué. Aucun échappatoire. Juste leurs - non, vos – murmures, à peine perceptible, mais qui combinés, devenaient un long cri de détresse. Ou un ricanement de mépris, c'était selon. La nature humaine me dégoûte. Vous me jugez ? Moi je vous hais.

Je n'étais qu'une ombre parmi tant d'autres. Plus le temps passait, plus je me sentais disparaître. Je déambulais, fantôme parmi toutes les autres ombres, avant de retrouver une place qui ne serait jamais vraiment la mienne. J'étais incomplet. Invisible, et même si tout le monde l'est, plus je parlais aux autres, plus je me sentais loin.

Vos putains de sourires, à tous. Ils étaient effrayants. Des ombres figées à qui on avait tracé au cutter un rictus malsain sur le visage. Voilà ce que vous étiez. Voilà ce que j'allais devenir. Faux. Tous faux. Des menteurs. Des hypocrites, passant leur misérable vie à faire semblant. « Ça va ? ». Oui. Non. Ça t'intéresse vraiment de le savoir ? De toute façon rien n'allait jamais. Pourtant le temps, lui, allait toujours. Au final chacun d'entre nous cache quelque chose. Ouais. La haine, le désespoir, la peur... Tous, on va le jour, on pleure la nuit. On déambule en faisant semblant mais au fond de nous... Surtout les gens « heureux ». Je les détestais. Leurs rires plein de faux-semblant me donnaient l'impression de glisser plus profondément. Le bonheur feint. Par toi. Par vous. Par moi. Juste le besoin d'y croire, pour survivre. Je n'y crois plus.

La lumière. L'ombre. Le blanc. Le noir. Le bien. Le mal. Oui. Non. Et toi qui ne sait pas où aller.

Souffrir. Devenir fou. Non, pas devenir. Devenir c'est ressentir, être, vivre. Moi bien avant que tu me créés, j'étais déjà mort. Alors penser être fou ? Je pense donc je suis. Etre. Je suis ? Je ne suis rien. Je n'existe même pas. Je ne suis qu'une petite voix imaginée par un homme délaissé. C'est de votre faute. De la tienne. Je vous hais.

Je n'espérais pas. Je ne croyais en rien. Croire en quoi ? En l'avenir ? Vous aviez déjà tout détruit. En l'Humanité ? L'Homme est naturellement mauvais. Égoïste. Hypocrite. Trop concentré sur sa petite existence pour ne serait ce qu'imaginer la détresse des autres. Il est seul aussi. Mortelle solitude. Croire en un Dieu quelconque ? C'est vrai qu'il vaut mieux que nous, à contempler de là-haut le stimulant spectacle de l'Homme qui se bat contre lui-même. Jouissive autodestruction. Moi je crois, ou plutôt je ne croyais qu'en une seule chose : la fumée qui me permettait de m'échapper de mon cauchemar éveillé. Un énorme nuage noir derrière lequel se cachait l'arc-en-ciel.

Ce monde est pourri. L'Homme est égoïste, il ne pense jamais qu'à lui. Il détruit tout : la Terre, les autres, lui-même. Quoiqu'on fasse, on le fait toujours pour nous. Rien n'est désintéressé. Votre monde est corrompu. L'argent. Vous êtes obnubilés par l'argent. Rien d'autre ne compte. Avoir. Avoir plus. Moi je voulais juste être.

Et la famille, les amis... Quand vous allez mal on est là, dès que vous avez besoin de vous défouler aussi. Et puis un jour, sans savoir trop pourquoi, on se retrouve seul. C'est bien. C'est vrai. C'est l'humanité. Qu'est-ce-que tu y pouvais, après tout, si je ne me faisais pas à l'idée que l'Homme était un monstre ?

Aime un jour, déteste le lendemain. De toute façon c'est pareil puisque rien de tout ça n'existe réellement. Tu veux une nouvelle ? Je sais que c'est dur à envisager, mais même toi tu n'existes pas Mathieu. Ça te fait quoi de te dire que ta petite personne ne compte pas non plus ?

Moi, toi, nous, vous... Condamnés. Je le savais. Une bombe à retardement qui défoncerait tout un jour ou l'autre. Comme la fumée.

Tellement impuissant. J'aurais aimé pouvoir y faire quelque chose.

Le poison me rongeait. S'il me permettait d'oublier toutes les misères ici bas, il fallait bien que je redescende de temps en temps. C'était à chaque fois plus difficile. S'écraser après avoir volé trop près du soleil. Le réel t'explose au visage. L'univers que tu t'étais soigneusement créé s'évapore. Rêve perdu dans un océan de visage sans noms.

Je les voyais rire. Je les voyais chanter, aimer, tomber, se relever, penser, vivre. Je les observais de loin, invisible, seul... Quoiqu'il se passe, la Terre continuait de tourner. Tandis que moi je faisais du sur place. Quand ce n'était pas du contre-sens.

Détruit. Inexistant. Éphémère. Rien. Nulle part où aller. Je me noyais dans la marée humaine. Tout part en fumée. Tout. De poussière tout redevient poussière.

"Faites l'amour pas la guerre". L'amour n'est qu'une utopie. Une chimère qu'on poursuit aveuglément toute notre vie. On s'efforce à y croire, on s'épuise dans cette course infernale. Et vient le moment où on doit s'arrêter pour reprendre notre souffle. Sauf qu'on a oublié comment respirer, qu'on s'effondre sur le sol, tandis que les autres passent à côté de nous sans s'arrêter. Ils continuent de courir. Sans voir ce qu'il se passe autour d'eux. L'amour, c'est sûrement beau. Mais malheureusement inatteignable. On s'efforce à y croire pour aller bien.

Un secret ? Je n'étais certainement pas un idéaliste, malgré le statut de hippie que tu m'avais conféré. Moi, j'ai ouvert les yeux un jour. Et j'ai préféré les refermer, doucement. Tout s'envole avec la fumée. Fumer. Souffler. S'échapper. Liberté.

Je me haïssais. Je te haïssais. Je haïssais le monde entier. Ou plutôt je l'aurais voulu. Impossible, tout était flou.

Souffrance. Inégalités. Injustice. Tous vos maux que je portais sur mon dos. Le ciel était gris, gris de fumée. Je voyais tout ça. Et moi je n'étais rien dans l'infinité. Je ne pouvais rien faire. L'impuissance, tu sais, l'impuissance me donnait envie de vomir.

J'en avais trop vu. J'étais trop faible. Je voulais juste oublier. M'oublier moi. La fumée était mon seul échappatoire.

Est-ce que c'était ça « vivre ? » Moi j'avais l'impression d'être un fantôme attendant désespérément quelque chose qui, je le savais, n'arriverait jamais. Arrêter de compter. Arrêter d'attendre. Arrêter de vivre. C'est tout.

Le soir, je pleurais. Tout tournait autour de moi. J'avais vécu un jour de plus, et je ne pouvais pas m'empêcher de me demander « et après ? ». Je comptais les jours. Ça n'avait aucun sens.

J'aurais aimé pouvoir être un jour heureux. Insouciant aussi. Tu ne m'avais pas créé pour ça, n'est-ce-pas ? Tu n'avais jamais pensé qu'à ton propre bonheur. Forcément, le miens passait après. J'étais un mort-né. Aujourd'hui ne va pas te plaindre si j'ai préféré tout abandonner.

Je regrette d'avoir ouvert les yeux. Je regrette de vous avoir causé une peine pourtant si nécessaire. Je regrette d'être humain. Je regrette ma façon d'être. Mais je ne regretterai jamais mon dernier choix. Tout me semblait faux. Peut-être parce que rien de ce qu'il n'y avait ici n'était vrai.

J'avais peur Mathieu. Tout tournait autour de moi. Les ombres dansaient. Les couleurs m'étouffaient. Tout se mélangeait. Et les voix. Les cris partout qui résonnaient dans mes oreilles et me donnaient envie de hurler à m'en arracher la gorge. Il y en avait trop partout. La fumée qui gémissait, les sanglots teintés de pourpre et de noir. Plus de place pour respirer. Tout tournait, tournait, dansait, tournait encore. Le silence me perçait les tympans. Aidez-moi ! AIDEZ-MOI ! Les formes, les bruits... Tout se confondait et moi... Disparu. Évaporé. Je n'étais rien. Personne.

J'avais peur pour vous aussi. Ouais, pas pour moi. Mais bon, actuellement ce n'est plus mon problème. Semblant du monstre que vous m'avez forcé à devenir. Monstre à votre image. Monstre miroir.

Et s'il n'y avait eut que ça. Que vous qui faisiez exprès de fermer les yeux sur toutes ces merdes parce que c'était plus facile...

Allez, un autre secret : mon paradis à moi c'était un petit parc. Je m'allongeais dans l'herbe, je regardais voler les oiseaux... Je sentais le vent me fouetter le visage. L'espace d'un instant j'étais presque vivant. Ils l'ont détruit. Pour mettre un fast-food à la place. C'est la vie. Quelle vie ? Nous créons. Nous détruisons. Créer c'est détruire.

J'étais perdu. Je ne savais plus où j'en étais. En supposant que « j'étais » vraiment quelque part. J'avais seulement besoin d'une main tendue... Il y a trop de gens qui souhaitent la même chose tu sais. Tous, on passe devant eux. Aucun d'entre nous ne s'arrête. On en oublie qu'il y'a quelqu'un sous chaque visage invisible à nos yeux.

Vos vérités ont dépassé vos idéaux. J'espérais juste ! Pourquoi ce dont vous êtes persuadés aurait-il eu plus de sens que ce en quoi j'osais croire ? J'ai attendu. Attendu que quelque chose se passe. Que ça change. Mais rien n'est jamais venu. Aujourd'hui je sais. Rien ne changera jamais.

L'Homme dit aimer mais il ne peut s'empêcher de haïr. Il est partout à la fois et il a tout pour lui. Le monde lui appartient, du moins c'est ce dont il tente de se persuader. Pourtant il n'est jamais heureux. Il naît. Il est. Il meurt. Il n'est plus. Pourtant ça n'empêche pas les autres d'avancer. C'est triste. Chaque fois je me retrouvais au point de départ. Je finissais par me réveiller. Les larmes aux yeux ? Je n'ai pas d'âme... Les jours passaient mais à qui profitaient-ils ? A quoi est-ce que je servais ? Pourquoi j'étais sur Terre ? Pour contempler, impuissant, le peu de bien qui existait disparaître peu à peu ? Quel était le sens de ce foutoir ?

Vivre. Rêver. Croire. Espérer... Tu parles. De belles illusions avec lesquelles on s'aveugle. Tout ça n'est qu'un putain de mensonge ! Pourquoi m'as tu créé ? Pourquoi ?! POURQUOI MATHIEU ?! PUTAIN D'EGOISTE T'AVAIS BESOIN DE QUELQU'UN POUR T'AIDER A SUPPORTER TOUTE CETTE MERDE C'EST CA ?! Avoue que tu veux juste fermer les yeux pour t'empêcher de voir ce que personne ne voudra jamais changer. Touché. C'est ce que j'ai fini par faire. CUL-PA-BI-LI-TE. Ça fait mal. Je ne pouvais pas faire semblant.

Ne me déteste pas. Il y avait trop de choses dans ma tête. Trop d'horreurs pour votre inadmissible normalité. Mais qui ça intéresse ?

Mourir. D'un certain côté c'est renaître. Alors laisse moi atteindre l'éternité Mathieu.

Hipp'