Hein, quoi, si vous voyez double? Non non, j'ai bien posté un autre one-shot. Deux pour le prix d'un! Donc voilà, j'espère que vous aimeriez ce chapitre un peu spécial. Bonne lecture!
Quelle Vie de Chat!
Les humains sont bien des choses. Cruels, insensibles, hautains, orgueilleux, narcissiques. C'est comme ça que je les vois. Ils te donnent un coup de pied si tu les déranges, te laissent mourir de faim, t'abandonnent quand ils n'ont plus envie de toi. Vraiment, je déteste les humains. Sauf deux d'entre eux. Eux, ils sont gentils, attentionnés. Enfin, la plupart du temps. Puisque le mâle aime beaucoup moins les câlins que la femelle. Elle, elle me prend dans ses bras, me dorlote, me couvre de sa chaleur et de son parfum envoutant. Elle ressemble à ma maman. Le mâle, lui, me caresse rarement, mais ça ne veut pas dire qu'il ne m'aime pas. Il me donne à manger, m'achète des jouets, et m'a même donné un nom. Bepo. Parfois, il me dispute si j'ai fait un mauvais coup, mais il ne reste pas fâché bien longtemps puisque la femelle va le voir et lui demande de ne pas être trop dure avec moi. Dans ces moments-là, je sors discrètement de ma cachette, me frotte contre sa jambe et lui fais mon plus piteux visage. Alors, elle produit un bruit étrange, comme si elle avait un chien coincé dans la gorge, puis me prend dans ses bras et me sert contre ses drôles de ballons tous chauds. Je me mets à ronronner, et elle semble d'autant plus heureuse. Alors le mâle soupire, et finit par me caresser virilement la tête.
Ça n'a pas toujours été comme ça. Avant, nous habitions dans un autre endroit de pierre et de bois, et ils avaient leur chambre séparée. Souvent, ils se disputaient et ne se parlaient pas pendant des jours. Puis, ils ont commencé à faire cette chose bizarre que les humains font. Ils collaient leurs lèvres l'une contre l'autre et pouvaient rester comme ça pendant plusieurs minutes. Je ne sais pas pourquoi ils font ça. C'est peut-être une manière de se reconnaitre?
Peu de temps après, ils ont recommencé à se disputer, et la femelle pleurait beaucoup dans ces temps-là. Je faisais tout pour la réconforter, mais ça ne marchait pas toujours. Puis, elle est partie quelques jours, elle est revenue, et tout était comme avant. Mais ça n'a pas duré, puisqu'elle est de nouveau partie, et mon maitre était moins affectueux encore que d'habitude. Il ne me caressait plus, il oubliait parfois de me nourrir, et la femelle ne venait plus du tout. Mais heureusement, les choses ont changé,, et bien qu'elle ne vivait plus ici, elle venait souvent me donner de l'attention, et accessoirement voir son partenaire.
Puis, un jour, il a commencé à mettre les objets dans d'énormes boites brunes, et je m'amusais à sauter dedans. Je ne sais pas pourquoi, mais il chassait à chaque fois que je faisais ça. Alors je me vengeais dans ses draps, ses comptoirs, pour y mettre le bordel. Il me pourchassait dans toutes les pièces. Et puis, sans que je sache où ils m'emmenaient, la femelle et lui m'ont embarqué dans une autre boite, métallique cette fois, et qui bougeait, pour aller dans un autre chez-nous. Et maintenant, la gentille femelle vient dormir tous les soirs. Alors je peux dormir avec elle tous les soirs. Je m'installe entre les deux qui dorment dans le même lit, me met à ronronner, et automatiquement, elle m'entoure de ses bras et s'endort. Souvent, je vois le mâle me regarder avec jalousie, et parfois, alors qu'elle dort profondément, il m'enlève de ses bras chauds, se lève, me fout en dehors de la pièce et ferme la porte.
Parfois, lorsqu'elle sort dehors, la femelle m'emmène avec elle. Elle m'attache à l'aide d'une laisse, m'emmène dans un parc, et me laisse jouer sur le gazon. Alors tous mes dons de chasseur sortent. Je chasse les papillons, je cours après les souris, je joue avec les vers de terre. Et parfois, je rencontre une belle femelle chat. Je lui fais la cour, mais elles finissent toutes par me tourner le dos et repartir. Alors je rejoins la femelle, elle me prend dans ses bras, et nous retournons à l'appartement. À chaque fois, sur le chemin du retour, je vois un petit chaton perdu qui nous regarde. Et je détourne les yeux parce que je ne veux pas me remémorer mon passé.
Un petit chaton tout blanc grelottait dans la nuit. La pluie était interminable, et il n'avait qu'une simple boite en carton pour se protéger du froid. Malgré tout, il attendait patiemment, que sa maman revienne. Sa douce maman, qui s'occupait si bien de lui. Il se disait qu'il n'avait pas le droit de flancher, alors que sa maman était si vaillante. Elle était partie chercher de quoi nourrir leurs petites bouches à tous les deux. Elle en aurait eu beaucoup d'autres à nourrir, si ses chers bébés n'étaient pas morts de froid.
Le petit chaton attentait, et attendait, mais la belle frimousse de sa maman ne se pointa jamais. Inquiet, il prit son courage à deux pattes et sortit de son abri pour explorer les environs. Il sortit de la ruelle où il se trouvait, et chercha chaque recoin où elle était susceptible d'être. Mais il ne la trouva pas. Désespéré, il retourna piteusement vers sa boite de carton. Juste avant de s'engager dans la lugubre ruelle, il la vit. Couverte de sang, sur le bord du trottoir. Elle avait dû se faire frapper par une voiture. Il accourut vers elle, les larmes coulant déjà sur ses joues. Il s'arrêta devant elle, tétanisé. Ses yeux étaient vitreux, son poil terne, ses membres mous. Il poussa sa joue avec son museau, le lécha, mais elle ne bougea point. La vie avait quitté son petit corps. Alors le petit orphelin se coucha contre sa défunte mère, et resta comme ça pendant plusieurs heures, à la pleurer. Sa tristesse se transforma en amertume, puis en colère, pour finalement devenir de la haine. C'était ces humains qui lui avaient fait ça. C'était de leur faute!
Pendant plusieurs jours, le jeune chaton déambula dans les rues, à la recherche de nourriture ou d'un logis. À chaque fois qu'un humain s'approchait un peu trop près, il lui pestait après et le mordait. Souvent, ça résultait qu'il recevait des coups de pied. Alors il apprit bien vite à les méfier. Pour lui, les humains étaient tous les mêmes. Alors pourquoi avait-il décidé de suivre celui-là, cette journée-là?
Il était épuisé, il mourait de faim, et tout son corps lui faisait mal. Il était à l'agonie, et il le savait. Son combat de survie tirait à sa fin. Il allait enfin pouvoir revoir sa maman… Soudain, une ombre le protégea de la pluie qui tombait. Trop faible pour faire quoi que ce soit d'autre, il leva faiblement la tête et vit un humain qui le regardait curieusement. Il n'avait même pas la force de le menacer, alors il ne fit que le fixer. Après plusieurs secondes, l'humain s'éloigna et reprit son chemin. Pour une raison qu'il ignorait, la petite boule de poil se mit sur ses quatre pattes et le suivit lentement. L'humain avait de plus grandes pattes que lui, il aurait dû le semer depuis longtemps. Pourtant, à chaque fois que le chaton croyait qu'il allait le perdre de vue, il s'arrêtait, regardait les alentours, puis continuait son chemin. Ainsi, ils arrivèrent jusqu'à l'appartement de l'humain, et celui-ci se retourna pour constater que le chaton l'avait suivi jusqu'ici. Doucement, il s'était penché et lui avait présenté sa main. Par réflexe, le chaton l'avait mordu, et des gouttelettes de sang avaient perlé. Il avait fermé les yeux, attendant un coup, mais il ne vint jamais. Il avait rouvert les yeux, et avait vu le petit sourire de l'humain.
-Tu es effrayé et perdu. Tu n'as nulle part où aller. J'ai l'impression qu'on est semblables, toi et moi. Si tu veux, tu peux venir chez moi. J'ai un toit et de la nourriture. Tu pourras même avoir ton propre lit. Alors, qu'est-ce que tu en dis?
Doucement, le petit chaton cessa de le mordre. Des larmes se mélangèrent à la pluie.
Par culpabilité, je détourne le regard. Ce chaton me ressemblait.
Alors que je croyais que ma maitresse allait reprendre le chemin, elle se fige brusquement et se retourne. Vers le chaton. Elle s'y dirige.
Elle s'accroupit devant et il se recule instinctivement, apeuré. Ou plutôt, elle se recule.¸
-Tu es perdue? Dit la douce voix de ma maitresse. Tu n'as pas de maison? Tu veux venir avec moi?
Elle tend la main vers son cou, et la petite chatte recule de nouveau.
-Tu ne sembles pas avoir de collier. Alors, ça te dit de venir chez moi?
Doucement, avec méfiance, elle se rapproche et sent ses doigts. La femelle sourit et se lève.
-Tu viens?
Elle se remet en marche, et le chaton suit derrière. Son sourire s'élargit.
-Aller Law, s'il-te-plait~!
-Non.
-Mais-
-Non.
-Aller, je vais bien m'en occuper! Et puis, ça fera une amie à Bepo!
-« Une »?
-Ben oui, je suis certaine que c'est une fille!
Mon maitre soupire bruyamment, exaspéré. Il dit non pour l'instant, mais je suis certain qu'il va dire oui, comme à chaque fois. Elle allait utiliser sa voix mielleux, il allait finir par craquer, et ils allaient débuter le rituel de reproduction. Ça se passait toujours comme ça. Et justement, la femelle vient de sauter dans ses bras, en poussant un cri de joie, puisqu'il a manifestement accepté de garder ma nouvelle amie. Je me tourne vers la chatte et lui indique de me suivre. Elle est trop jeune pour assister à ces choses obscènes.
