Avant de débuter ce chapitre, je voulais juste dire à ceux que ça intéresse, que j'ai fait un petit drabble sur le film Big Hero 6, Les Nouveaux Héros en version française. Par contre, c'est classé M, alors..


Une Marque Immuable

-Ah, mais merde, ça fait mal!

-Je te rappelle que c'était ton idée.

-Et bien, tu aurais du m'en empêcher!

-Comme si tu allais m'écouter.

Je grognai, à la fois d'irritation et de douleur. Qu'est-ce qui m'était passé par la tête, enfin? J'avais de ces idées, parfois! Mais bon, ce n'était pas comme si c'était une décision prise sur un coup de tête. J'y avais mûrement réfléchi. Bien sûr, j'en avais parlé avec Law. Au début, il était indécis, mais il avait fini par approuver. Pas que son opinion avait un très grand impact sur ma décision. C'était MON corps, après tout. Mais je voulais quand même son point de vue, puisqu'il était familier avec la chose. Tout de même, il aurait pu me dire à quel point ça faisait mal! J'avais l'impression que ma peau allait se déchirer de part et d'autre! Et le fait que j'étais tendue n'aidait pas du tout. Je n'étais pas la personne la plus relaxe au monde, cela dit…

-Mademoiselle, si vous arrêtiez de gigoter autant, il y a de fortes chances que ça devienne moins douloureux.

Je m'immobilisai automatiquement et serrai les dents. Je n'avais plus qu'à endurer, maintenant…

Je me trouvai en ce moment chez un tatoueur, et vous l'aurez deviné, je me faisais faire un tatou. Sur mon omoplate gauche, pour être plus précise. Le motif ressemblait énormément au visage étrange que Law avait sur le torse, mais le mien allait être un peu plus abstrait, avec des formes irrégulières et moins évidentes. Pourquoi je me faisais faire un tatou si subitement? Je ne pourrais mettre de raison précise. Je sais que j'ai toujours aimé ceux de mon amoureux, mais pourquoi en faire un semblable sur ma propre peau? Mystère. Mais je croyais que c'était le bon moment pour en avoir un. J'étais assez mûre pour poser les pour et les contre, et autant me jeter à l'eau toute de suite avant de changer d'idée. Je savais que je n'allais pas le regretter. Éventuellement. Parce pour l'instant…

-Ça fait mal!

Law soupira à mes côtés. Puis, il sourit. Il trouvait ma situation comique et cocasse. Cet espèce de..


-Alors, pas trop douloureux? Tu veux que je te porte?

-Ahah.

Je lançai un regard noir à Law, puis me retournai et m'écroulai sur le divan, la face la première. Je grognai dans le coussin, heureuse que ce soit terminé. J'étais épuisée, comme si je venais de courir un marathon. Sauf que mes jambes ne me faisaient pas mal, mais c'était plutôt le haut de mon dos qui souffrait. Qui aurait cru que c'était aussi épuisant de se faire tatouer! Malgré tout, je souris. C'était fait. J'avais ce symbole dans mon dos, et c'était permanent, ça n'allait pas s'effacer du jour au lendemain. À moins que je me le fasse enlever, bien sûr, mais ça m'étonnerait énormément que je prenne cette décision un jour.

Je me demandais comment mes amis allaient réagir. Ils seraient très certainement étonnés, ça c'est sûr, mais ils allaient finir par s'y faire. Disons que je ne collais pas vraiment au profil de la fille qui se fait faire des tatous. Et je m'en foutais complètement. Les gens pouvaient penser ce qu'ils veulent, ça n'affectera pas ma façon de penser. Je souris. N'était-ce pas exactement ce qui s'était passé avec Law?

Après plusieurs minutes à rester la tête enfoncée dans le divan, à me perdre dans mon esprit, je sentis quelque chose me toucher les côtes. Je tournai la tête en émettant un bruit presqu'animal, et vis que c'était le professeur de biologie qui me faisait de l'ombre.

-Tu comptes rester comme ça encore longtemps?

-Peut-être bien… Lui dis-je d'un ton fatigué.

Mon nez refit contact avec le tissu. Law soupira.

-Tu n'as quand même pas oublié que tes parents venaient aujourd'hui, si?

Je relevai aussitôt le torse à l'aide de mes avant-bras, ce qui m'arracha une grimace de douleur à cause du mouvement trop brusque. En effet, j'avais oublié. L'appartement était sans dessus-dessous, des vêtements traînaient un peu partout et le souper n'était même pas commencé. Je devais m'activer maintenant si je voulais que tout soit prêt!

Je déposai mes pieds par terre à la vitesse de l'éclair et me précipitai vers le couloir.

-Law, fais le ménage pendant que je prépare à manger! Lui hurlais-je.

Je ne pus le voir, mais il souriait devant mes mouvements paniqués.

-À vos ordres, votre altesse, dit-il moqueusement.


Pendant un moment, j'avais bien cru ne pas y arriver. Après avoir préparé la nourriture pur la mettre dans le four le plus vite possible, histoire que la viande ait le temps de cuir, j'avais aidé Law à ranger l'appartement. Et je me demandais bien comment il arrivait à ranger quoi que ce soit sans y rester pendant des heures. Déjà, il s'exécutait d'une lenteur phénoménale, et dès qu'il y avait quelque chose qui attirait son regard, alors là sa concentration s'évaporait comme neige au soleil et il faisait autre chose. J'avais constamment dû le remettre à l'ordre pour ne pas que mes parents arrivent dans cette porcherie. Et non seulement il n'était pas efficace, mais en plus il avait le culot de me déranger! Lorsqu'il m'avait collé contre son torse en baladant ses mains un peu partout sur mon corps, tout en inondant mon cou de baisers, j'avais dû le ramener sur le droit chemin en me servant de mon porte-poussière comme d'un écraseur à côtes. Il n'avait pas apprécié.

Enfin, après tant d'effort, l'appartement était propre. Les fenêtres ne scintillaient pas et on ne pouvait pas manger sur le plancher, mais au moins, il n'y avait pas de chaussettes qui traînaient à chaque recoin. C'est avec un soupir de soulagement que je m'écroulai sur le divan, seulement pour me lever deux secondes plus tard puisqu'on cognait à la porte. C'est en grognant que je me levai pendant que Law allait ouvrir. Et comme nous nous y attendions, ce fut mes parents. Dès qu'elle vit son ''gendre'' (après avoir passé par-dessus le fait que Law sortait avec sa ''petite fille'', elle se comportait comme avant avec lui, c'est-à-dire comme s'il était son fils), ma mère se jeta à son cou en se plaignant qu'elle ne le voyait pas assez souvent. Et dès qu'elle me vit, sa réaction fut la même. Elle faillit m'étrangler. Elle laissa enfin la place à mon père, qui me prit à son tour dans ses bras, sans pour autant me tuer, et il me murmura que je lui avais manqué, et que ma mère était insupportable à proclamer à toutes les cinq minutes qu'elle s'ennuyait de nous. Je ris avec lui, et ma mère nous fixa, suspicieuse. Mon père échangea une poignée de main avec Law, et les deux hommes s'éloignèrent en discutant tranquillement. Le temps qu'ils disparaissent dans la cuisine, je me rendis compte que ma mère en avait fait autant. Me disant qu'elles avaient simplement suivi les deux autres, je me dirigeai vers la cuisine, mais une fois à l'intérieur, je vis qu'elle n'y était pas. Je fronçai les sourcils et fis demi-tour. Peut-être qu'elle était aux toilettes? Sûrement pas, la porte était ouverte. Ce qui ne laissait le salon et notre chambre. Je passai la tête dans l'entrebâille pour regarder à l'intérieur du salon. Il n'y avait personne. Je levai un sourcil. Il ne restait plus qu'un endroit. Je me dirigeai vers notre chambre à coucher. Et comme je m'y attendais, ma mère se trouvait bien là, à fouiller dans nos affaires. Elle prit un livre qui traînait, le reposa, feuilleta un des feuilles d'examen à Law, fit la grimace et le remit à sa place. Huh. Elle n'aimait pas elle aussi la biologie? Elle se mit même à fouiner dans notre tiroir. J'entrai dans la pièce.

-Maman, qu'est-ce que tu fais? Lui demandais-je, un peu agacé de voir son nez dans mes affaires.

Elle ne me regarda même pas et continua son exploration. Je roulai des yeux devant son attitude.

-Je m'assure que ma fille a une vie saine.

Je soupirai pendant qu'elle résuma son enquête. Je l'observai, et devient rouge lorsqu'elle sortit un petit objet enrobé, et tout rouge, d'un des tiroirs. Elle le mit devant son visage, et l'examina plus attentivement. Je me serai creusée une tombe si j'avais pu.

-Et bien, au moins, je suis heureuse que Law et toi, vous vous protégez.

-Maman! M'exclamais-je, écarlate.

Elle rit devant ma réaction et déposa l'objet à sa place. S'il-vous-plait, quelqu'un, achevez-moi…

-Alors, tout se passe bien à l'école? Me demanda-t-elle en cessant enfin d'inspecter ma chambre et me sourit.

Le sujet m'intéressant drôlement plus que le précédent, c'est avec empressement que je lui répondis, envieuse de changer de sujet.

-Tout va à merveille! Bon, c'est vrai que le niveau est beaucoup plus élevé que ce à quoi je m'attendais, et il y aussi cette fille qui me fait de l'ombre avec ses photos ''trop belles, elles valent tous les points!'' (Je fis une grimace.), mais sinon, j'apprends vraiment beaucoup. On me donne plein de trucs pour que mes photos soient moins floues, sans avoir à m'acheter un nouvel appareil photo. Je ne te dis même pas tout le nombre de petites astuces comme ça qu'on apprend!

Devant mon ton enjoué et mon sourire énorme, elle me regarda d'un oeil attendrit. Mes yeux pétillaient. C'était ma voie, et j'étais impatiente d'enfin commencer ma carrière de photographe et de vivre d'elle.

-C'est bien. Tu sais, je suis tellement fière de toi.

Ces mots si soudain m'étonnèrent. Ça venait de nulle part. Elle me sourit de plus belle, amusée par ma surprise.

Sans prévenir, mon père entra en trombe dans la pièce, hors d'haleine. Venait-il de courir jusqu'ici depuis la cuisine?

-Cerys, Law ment, n'est-ce pas? Tu ne peux pas t'avoir fait un tatou, si?

Une nouvelle fois, les propos d'un de mes parents me firent figer. Doucement, je souris nerveusement et acquiesça. Il y eut deux réactions de la part de mes géniteurs. D'un côté, il y avait ma mère qui, des étoiles dans les yeux, me posait un million de question, pour savoir où il était et à quoi il ressemblait. De l'autre, mon père, qui disait que sa fille était devenue une délinquante. Je soupirai devant ce chaos. C'est alors que Law apparut sur le pas de la porte.

-Quelqu'un a faim?

Ma réponse ne se fit pas attendre.

-Oui, moi.

Je m'éclipsai avant que la troisième guerre mondiale débute dans notre chambre.