Cette fois, je n'ai fait qu'un seul « Et si » puisque j'avais beaucoup d'inspiration pour celui-là. D'ailleurs, merci beaucoup à CaroRolo, qui m'a donné l'idée principale! What would I do without you? ;)
Et Si on Changeait un Peu les Règles?
-Et.. voilà. Parfait.
Je fis un tour sur moi-même devant le miroir. J'ajustai mes cheveux, replaçai mes vêtements. Un dernier sourire à mon reflet avant de tourner les talons et de sortir de la salle de bain. Je fis un vite saut dans ma chambre pour récupérer mon sac avant de me diriger vers l'entrée pour me rendre à l'école. Alors que je m'assis pour mettre mes bottes de combat, une ombre me cacha de la lumière. Je levai la tête et penchai le cou vers l'arrière. Law m'apparut à l'envers. Il avait les sourcils froncés et ses lèvres formait un linge droite.
-Cerys?
-Oui? Dis-je mielleusement.
-Qu'est-ce que tu fous accoutrer ainsi?
Il me regarda de la tête aux pieds. Quoi, il n'aimait pas mes vêtements?
-Ma chemise bleu avec mes jeans noirs, c'est si moche que ça? Lui demandais-je, horrifiée.
Il se passa une main sur le visage, exaspéré.
-Pourquoi es-tu habillé comme un gars? Et est-ce que c'est une perruque?
Par réflexe, je pris une mèche de cheveux, qui ne m'arrivait même pas jusqu'aux lobes d'oreilles, entre mes doigts. Avec mes seins cachés sous une brassière sport, ma perruque qui camoufflait mes longs cheveux, et les trucs que Roxanne m'avait donné pour qu'avec quelques coups de pinceau, mon visage paresse plus masculin, je ressemblais en effet à un homme. Ou plutôt à un adolescent, avec ma petite taille.
-Je fais une expérience, lui répondis-je avec une voix qui se voulait plus grave. Et oui, c'est une perruque, ne t'inquiète pas.
-Une… expérience? Articula-t-il, comme pour tester les syllabes.
J'acquiesçai, enthousiaste.
-C'est pour un projet en psychologie. On doit tester le comportement des autres par rapport à certaines situations. J'ai décidé de m'habiller, me comporter et penser comme un homme pour voir les changements dans le comportement des autres.
Il hocha la tête, mais je vis qu'il trouvait mon projet complètement débile. Peu importe, c'était pour la bonne cause (une bonne note pour mon cours). Et puis, il devra s'y habituer, puisque j'allais rester ainsi pour une semaine, même à la maison. J'ai hâte de voir les résultats.
Constatation numéro 1: le regard des autres sur ma personne: les gens qui me connaissent VS les autres.
Que ce soit les professeurs ou les élèves qui partageaient mes cours, leur regard à mon égard avait changé (sauf ceux qui étaient au courant de mes raisons). On me regardait (ou plutôt dévisageait) beaucoup plus qu'avant, on murmurait aussi dans mon dos, et on dirait qu'il y avait une gène collective qui les empêchait de m'approcher, même si ce n'était que pour dire bonjour. Ce qui était assez comique au début, de les voir incertain alors que je les approchais pour aller leur parler. Mais au bout d'un moment, je trouvai leur comportement vexant, à la limite énervant. Peu importe l'apparence qu'une personne décide de prendre, c'est toujours elle en dedans, non? Et bien apparemment, j'étais la seule à penser ça.
Ça, c'était pour ceux qui me connaissaient. Pour les autres, j'étais un garçon tout à fait normal. Les gens m'ignoraient et ne faisaient pas attention à moi. Sauf une fois…
Je marchai tranquillement en ville avec et Law et comme d'habitude, je m'amusai à le faire chier en le prenant en photo. Au bout d'un moment, au lieu de seulement grogner, il a décidé de passer à l'attaque et essayer de m'enlever mon appareil photo. Je me suis reculée rapidement pour être hors de portée, mais en m'éloignant, j'ai foncé dans quelqu'un ce qui l'a fait tomber. Je me suis donc retournée en vitesse, paniquée.
-Je suis vraiment désolée! Est-ce que tout va bien? Dis-je en lui tendant la main.
La jeune femme que j'avais fait tomber l'accepta sans rien dire et je la remis sur pied en m'excusant de nouveau. Son amie qui était avec elle ne faisait que nous regarder (ou plutôt regarder Law), la bouche légèrement entrouverte. Devant le manque total de communication, je leur avais offert un énorme sourire un peu gêné avant de continuer mon chemin. Seulement..
-Attends!
La fille que j'avais fait tomber m'attrapa l'avant-bras pour me stopper. Poussée par son élan, elle avait même eu la force de me faire tourne à 180°. J'avais été surprise par son geste, mais je n'avais rien dit. J'avais regardé sa main, qui était toujours sur ma peau, qu'elle enleva aussitôt en rougissant. Elle s'était alors mise à se dandiner d'un pied à l'autre.
-Je.. Euh.. C'est-à-dire que…
Ses yeux avaient repéré mon appareil.
-Tu fais de la photo?
J'avais acquiescé en souriant joyeusement. Ses yeux s'étaient alors illuminés et elle avait commencé à me poser pleins de questions sur moi-même. C'était un peu étrange de parler de moi-même à une étrangère, mais c'était la première personne (excluant Law) qui se comportait normalement avec moi sous cette nouvelle apparence, alors j'étais simplement heureuse de pouvoir discuter avec elle. J'aurais enfin des choses positives à dire dans mon rapport.
Après plusieurs minutes à échanger nos passions (j'avais beaucoup de points communs avec elle, m'étais-je rendue compte), je remarquai enfin que Law n'avait pas ouvert une seule fois la bouche, mais je pouvais facilement deviné qu'il n'était pas content. Son pied tapait frénétiquement le sol et je pouvais sentir son regard perçant essayer de me faire un trou dans le crâne. Et en effet, lorsque je lui ai jeté un coup d'oeil, j'ai pu voir tout son visage qui disait d'un ton muet sarcastique « Tu as bientôt fini? ». Même le petit sourire sadique qu'il m'offrit me donna des frissons dans le dos. Je décidai d'arrêter ici mon dialogue, craignant fortement pour ma vie.
-Je ne veux pas être impolie, l'interrompais-je alors qu'elle me parlait de son chien Boris, mais je dois y aller. Mon ami, dis-je en indiquant mon amoureux, ne se sent pas bien depuis ce matin, et je voulais le raccompagner le plus rapidement chez lui.
Elle devint aussitôt triste.
-Oh… Murmura-t-elle, déçue. Je comprends…
J'allais me retourner, mais cette fois, ce fût son amie qui nous arrêta.
-Tu me donnes ton numéro de téléphone?
Elle demanda à… Law. Elle ne lui avait même pas touché un seul mot, et elle voulait son numéro? Quel culot. J'allais m'interposer, mais l'autre me stoppa.
-Est-ce que je peux avoir le tien, moi aussi? Demanda-t-elle, gênée.
...Elle voulait MON numéro? Et bien.. J'ouvris la bouche pour lui répondre, mais pour la deuxième fois, on me coupa.
-Non.
C'était Law qui avait parlée. Les deux filles le regardèrent bizarrement, ne comprenant pas pourquoi il refusait, alors que ça ne le concernait pas (enfin, pour une des deux). Il sourit malicieusement et me prit soudainement le visage entre ses mains avant de planter un sauge baiser sur mes lèvres. J'étais tellement abasourdie que je restai immobile comme un cerf devant une voiture alors qu'il introduisait sa langue. J'avais toujours l'apparence d'un garçon, il s'en foutait? Je n'eus même pas le temps de profiter de sa bouche qu'il s'éloignait. J'essayai vainement de reprendre mon souffle après la pelle qu'il venait de m'imposer (pas que je n'avais pas apprécié). Il n'attendit même pas que je me remette de mes émotions qu'il prit ma main et s'éloigna vers la direction de notre appartement. Mais pas avant d'envoyer un sourire cinglant aux filles qui nous fixaient, bouche-bée.
Une fois que nous étions seuls de nouveau, Law laissa échapper un petit rire triomphant.
-Pourquoi tu trouves ça drôle? Tu n'avais pas à t'emporter comme ça!
-Si, sinon, elle se serait fait des idées.
Je levai un sourcil.
-Des idées? Mais on ne faisait que discuter!
Ses lèvres se pincèrent légèrement.
-Tu plaisantes? Elle était carrément en train de te draguer.
-C'est ça, elle me dra.. Attends, quoi?!
J'avais bien entendu? Mais il débloquait complètement!
...Ou peut-être pas, Il me disait souvent que j'étais aussi transparente qu'un fantôme pour ce genre de chose.. Allons bon, je venais de me faire draguer par une fille… Est-ce que ça aussi, je devais le mettre dans mon rapport?
Constatation numéro 2: c'était difficile de se faire appeler par un prénom du sexe opposé.
Je m'explique. Pour vraiment m'immerger dans ma nouvelle identité, j'ai besoin d'un prénom qui concorde bien avec mon apparence. Seulement, » Cerys » est un prénom choisi pour la fille que j'étais. Mais là, en tant que garçon… C'est pourquoi j'ai décidé de m'appeler Charles pour une semaine. Mais demander aux autres de m'appeler ainsi s'avérait plus ardu que prév. Surtout avec Law…
-Non.
-Mais-
-Pas question.
-S'il-te-plait!
-Non, Cerys.
-Hey, tu l'as fait exprès!
Il m'envoya un sourire moqueur puis continua de manger ses céréales. Je m'étais dit que le convaincre le matin serait plus facile, puisqu'il n'est jamais réveillé à cet heure. Il faut croire que son café avait été plus efficace que d'habitude. Je grognai de mécontentement.
-Allez! Tentais-je de nouveau. Ça m'aiderait, pour mon immersion totale.
-J'ai déjà de la difficulté à m'habituer à ton apparence, n'en demande pas trop.
Je boudai et croisai les bras sur ma poitrine.
-Arrête, ça ne te va vraiment pas, en garçon.
Je lui fis les gros yeux et tournai la tête d'un « hmf! » rancunier. Il soupira.
-Écoute, je n'ai simplement pas envie de t'appeler par un autre prénom. Pour moi, tu es Cerys, et c'est tout.
Je cessai de faire la moue.
-Law…
-Et puis, je ne veux pas t'appeler Charles alors qu'on fait l'amour, j'aurais l'impression de le faire avec un homme.
...
-T'es con!
Constatation numéro 3: les rapports physiques ont cessé.
Évidemment, je parle pour Law. Si on exclut le baiser qu'il m'a donné pour montrer qu'on était ensemble que je lui appartenais, Law ne me touche même plus, même si c'est seulement pour un petit câlin. J'aurais crû que ça ne l'aurait pas dérangé, mais..
La nuit est bien longue, quand nous sommes chacun de notre côté. Je suis habituée de me coller à lu, qu'il m'entoure de ses bras. Je suis tellement petite que je m'emboîte parfaitement contre son corps. Mais en ce moment, c'est mon oreiller que je colle contre moi, et j'ai froid…
Subtilement, pour ne pas le réveiller, je me retournai et m'approchai de son dos recouvert de la couverture. Je me faufilai sous elle et tentai de l'entourer de mes bras, ce qui n'étaitpas évident. Puis, une fois confortable, je fermai les yeux et profitai de sa chaleur.
-Cerys, j'ai chaud.
Il s'éloigna quelque peu. Désespérée, je m'accrochai à lui.
-Reste, s'il-te-plait..
Il dût comprendre à ma voix tremblante que j'allais craquer. Il se retourna et me fit face.
-Qu'est-ce qu'il y a?
Les larmes montèrent.
-Je m'en fous, de comment les autres agissent à mon égard à cause de mon apparence. Mais je ne veux pas que toi, tu t'éloignes de moi… Gémis-je péniblement.
Il approcha sa main, mais figea son geste.
-Tu dois vraiment porter cette perruque, même quand tu dors?
Cette fois, les larmes coulèrent.
-C'est si important que ça, mon apparence? M'emportais-je.
-Quoi? Dit-il, confus.
-Ça te dérange tant que ça, que je ressemble à un garçon? Dis-je difficilement à cause de mes larmes.
Il fut perdu quelques secondes, puis il sembla réaliser quelque chose et il se passa une main sur le visage.
-Tu as interprété mon geste comme..
Il soupira et sécha mes larmes avec son index.
-C'était un réflexe. Je voulais mettre une mèche de cheveux derrière ton oreille, mais j'ai réalisé ensuite que tu n'en avais pas assez pour que mon geste ait du sens.
Je restai muette, puis me remis à pleurer, de soulagement cette fois.
-Alors mon contact ne te révulse pas?
Il secoua la tête. Je hoquetai en me frottant les yeux. Mais il restait quand même un détail…
-Pourquoi tu ne me touches plus du tout, depuis que j'ai commencé à me travestir?
Il se frotta la nuque.
-Je commence à couvrir un rhume, je ne voulais te le refiler.
Je clignai des yeux. Puis, j'étais de nouveau en colère.
-Tu aurais pu me le dire, au lieu que je ne m'inquiète!
Cette fois, ce fût moi qui lui tournai le dos et l'ignorai. Il n'avait que ce qu'il mérite, cet espèce d'idiot!
-Alors, mademoiselle Cerys, comment s'est passé votre enquête? Me demanda joyeusement mon professeur de psychologie.
-C'était fatiguant.. Et j'ai découvert que mon petit ami était un jaloux pervers qui préfère prendre sur lui même si ça inquiète les autres.
-Hein?
-Laissez tomber.
« Et si Cerys était un homme? », proposé par Cougel Charlotte
