Voilà, un nouveau chapitre! Petite annonce pour dire que je recommence l'école demain, alors la sortie des chapitres pourra varier, ou être plus régulière, puisque je suis beaucoup plus disciplinée sur le banc d'école et que j'écris plus régulièrement! xD
Concernant les demandes, vous pouvez être plus précis, pas besoin d'être gêné! x3 Je sais que vous voulez voir leur mariage et enfants, mais juste ça, ça ne me dit pas grand chose.. ^^' D'ailleurs, merci Lulu-folle, je sens que je vais avoir beaucoup de plaisir à écrit ce scénario! :D
Un peu de pub: si vous avez envie d'aller lire une fic dramatique sur le thème des dragons célestres, je recommande « Une fleur au coeur des flammes » de Seerafina. C'est un beau petit bijou qui nous immerge complètement avec ces superbes descriptions!
Un Coup Dur du Destin
-Cerys, arrête de tourner en rond, tu me donnes mal au coeur.
Je cessai immédiatement de bouger pour me ronger les ongles à la place. Law secoua la tête en soupirant.
-Mais je ne peux m'empêcher d'être nerveuse! M'exclamais-je. C'est mon tout premier contrat depuis que j'ai terminé l'université et que je suis officiellement devenue photographe!
Le professeur prit ma main dans la sienne pour tenter de me calmer. Ça fonctionna à moitié.
-Et si je fais une gaffe? Paniquais-je. Je vais peut-être carrément me tromper d'endroit! Les vêtements que je porte, tu crois qu'ils sont assez formels?
-Cerys, calme-toi et respire. Ça ne sert à rien de s'inquiéter comme ça, me réconforta-t-il.
Je pris une grande bouffée d'air et l'expirai ensuite. Je ne sais pas pourquoi les autres disent de faire ça puisque ça n'avait aucun effet sur moi! Le stress se tortillait toujours dans mon ventre.
-Je sais, mais.. Je ne peux m'empêcher de m'imaginer plus tard! Au fait, j'ai tout mis dans mon sac? Manquerait plus que j'oublie quelque chose…
Je lui lâchai la main et me tournai pour retourner vers l'entrée, là où se trouvait mon sac. Seulement, mes intentions furent interrompues par mon amoureux. Il fit claquer sa langue d'agacement, déposa fermement ses mains sur mes épaules pour me forcer à lui faire face. Sans préavis, il colla sa bouche contre la mienne et ses lèvres me ravagèrent. Nos dents s'entrechoquèrent, sa langue domina complètement la mienne, me laissant haletante et quelque peu frustrée. Le maudit Law, faire ça alors qu'il me restait à peine quinze minutes avant de partir… Il allait le regretter plus tard..
-C'est bon, ça va mieux? Sussura-t-il contre mes lèvres.
Je m'accrochai à son chandail et collai mon corps contre le sien, mes yeux toujours clos.
-Mmhmm.. Marmonais-je, encore dans les vapes et brûlante de désir.
Il rit silencieusement et s'éloigna lentement. Je me plains, mais ne l'arrêtai pas pour autant. Je savais que s'il recommençait, j'allais très certainement arriver en retard. Je le laissai donc filer entre mes doigts, je me donnais deux-trois claques mentales, puis j'ouvris les yeux et continuai mon objectif initial.
-Merci encore d'avoir accepté même si c'était à la dernière minute. Le photographe précédent s'est désisté, alors..
Je secouai la tête joyeusement.
-Il n'y a pas de souci. C'est plutôt à moi de vous remercier.
Je lui fis un grand sourire pour lui montrer à quel point j'étais reconnaissante. Elle soupira de soulagement.
-Alors, par quoi est-ce que je commence?
Elle se mit à m'expliquer en long et en large ce que je devais faire pour toute la soirée. C'était le quarantième anniversaire de mariage de ses parents, et elle avait organisé une petite réception pour célébrer tant d'années d'amour. Mon rôle dans tout ça? Immortaliser la soirée. Que ce soit lors du petit discours qu'elle allait donner pendant le souper, sur la piste de danse où les invités allaient se déchaîner, ou bien dans la cours alors qu'ils prenaient une pause, je devais prendre des moments significatifs, tout ça sans trop me faire remarquer, pour que les photos semblent naturelles. Ça semblait facile en apparence, mais je savais que la tâche serait plus ardue que ce qu'elle paraissait. Tout de même, j'allais faire de mon mieux pour que ma première cliente soit tout à fait satisfaite. Les tous premiers clients étaient les plus importants pour se faire une bonne réputation. Si je foirais tout aujourd'hui, la deuxième chance n'allait peut-être même pas exister. Déterminée, un peu fébrile, et très nerveuse, je me mis au boulot.
La salle choisie pour l'événement était magnifiquement décorée. Chaque chose était parfaitement agencée à l'ensemble, les tables et les chaises étaient placées de façon stratégique, pour faire en sorte de laisser de la place pour les invités qui voulaient discuter et surtout, danser. D'une bleu poudre, la pièce n'était ni trop sombre, ni trop éclairée. Il fallait absolument que je réussisse à mettre en évidence la beauté de l'environnement. Et dehors, c'était pareil. Le bâtiment se trouvait dans un petit boisé, juste à côté d'une rivière. Le son de l'eau qui coule tranquillement avait quelque chose de féerique.
Dès que les invités commencèrent à arriver, je ne lâchai plus mon appareil des mains. En seulement une demi-heure, je crois que j'ai du prendre plus d'une centaine de clichés. J'essayai du mieux que je le pouvais de prendre des photos uniques, qui n'auraient pas été possibles sans une photographe. La soirée se déroula paisiblement. Les invités étaient très coopératifs avec moi, me laissaient faire sans dire un mot, et participaient aussi activement si je leur demandais d'avoir l'air naturel alors que je prenais des photos de groupe. Vraiment, je n'aurais pu rêvé d'un meilleur premier contrat. Mais évidemment, comme à chaque fois que je me dis que tout se passe bien et que rien ne pourrait perturber mon bonheur, le destin me rappelle qu'il peut me faire tomber de mon nuage biiien vite. Et le destin se manifesta dans la peau d'une jeune garçon.
Tout au long de la soirée, je voyais un groupe de jeune s'amuser près de l'eau. Rien de méchant là-dedans. Seulement, ils aimaient venir me déranger alors que je me promenais, à la recherche du moment parfait à immortaliser. Au début, je suis restée calme. Je ris même. « Ah, les enfants.. » m'étais-je dit. Il y en a toujours quelques-uns qui ne tiennent pas en place et qui doivent dépenser leur trop plein d'énergie. Normal. Mais après plusieurs fois où ils sautaient devant la caméra, qu'ils me bousculaient, ou qu'ils dérangeaient carrément mes prises de photo, là, c'était un peu moins drôle. J'ai tenté de rester calme et courtoise, vraiment! Mais…
-Ok, c'est la dernière fois que je te le dis, ne me dérange pas pendant que je travaille, d'accord? Dis-je, les dents serrées, pour la dixième.
Le garçon d'une dizaine d'années et ses amis (une brune et un blond) se mirent à rire. Mes dents grincèrent.
-Travaille? Répéta-t-il. Je ne vois pas ce qu'il y a de difficile! Tu ne fais que prendre des photos! Même la personne la plus stupide au monde est capable de faire comme toi!
Un concert de rire suivirent ses paroles. Je grinçai des dents violemment. « Calme-toi Cerys, ce ne sont que des enfants, tu n'as pas le droit de les frapper.
...Même si ça ferait du bien là là, tout de suite..»
-Écoutez, le métier de photographe est beaucoup plus compliqué que ce que vous pourriez imaginer, leur expliquais-je. Il faut savoir immortaliser les bons moments, trouver les bons angles, l'environnement parfait, bien cadrer tout ça. Certes, un amateur peut prendre une photo, mais peut-il toucher les coeurs et éblouir la foule avec ses clichés?
Devant ma déclaration, ils cessèrent de rire et me regardèrent en silence. Je souris, satisfaite, et me retournai pour m'éclipser silencieusement, espérant qu'ils allaient enfin me laisser tranquille. Mais…
-C'est n'importe quoi! Moi, je crois plutôt que c'est l'appareil qui fait toute la différence!
Je n'eus même pas le temps de réagir qu'il me prit mon bébé des mains sans même demander. Aussitôt que l'objet quitta mes mains, mon corps se figea. Mes muscles se contractèrent, ma vision se voila, un goût ocre me vint en bouche. Je vis rouge.
-Alors, comment ça fonctionne.. Marmonna-t-il en s'éloignant.
Je baissai la tête et mes cheveux me cachèrent le visage. Mes poings se serrèrent et je sentis une douleur au milieu de mes paumes, mais je m'en foutais. Je m'approchai lentement du gamin. Je devais certainement avoir une aura très peu accueillante puisque les deux autres reculèrent soudainement, la peur se lisant sur leur visage. Le garçon ne remarqua pas ma présence jusqu'à ce que j'ouvre la bouche.
-Rends. Moi. Mon. Appareil. Photo.
Je pesai chacun de mes mots pour intensifier leur menace. Personne ne touchait à mon bébé, la prunelle de mes yeux. Ou il risquait une mort lente et douloureuse..
Dès qu'il vit mon visage rongé par la rage, il prit ses jambes à son cou, suivi de ses deux amis. Je ne pris même pas deux secondes pour les poursuivre.
-Rends-le-moi!
-Reste loin de moi, démone!
Ses deux copins clamèrent « Démone, démone! » encore et encore. Une veine apparut sur ma tempe. Oh, quand j'allais attraper ces petits morveux…
Ils courraient sur le chemin juste à côté du bâtiment là où la réception avait toujours lieu. La nuit commençait à tomber et le soleil se couchait tranquillement. Ils bifurquèrent vers la rivière et se mirent à se lancer mon appareil. Mon coeur cessa de battre une fraction de seconde et je sentis les larmes monter. Ils allaient le briser, c'est certain! Paniquée, j'accélérai la cadence. C'était maintenant le blond qui avait mon appareil. Je lui aurai bien sauté dessus pour le récupérer, mais j'avais peur de leur faire mal à tous les deux. J'optai plutôt pour l'entourer de mes bras pour l'immobiliser. Seulement, il était déjà en train de lancer l'objet en direction du leader du groupe. Je stoppai donc son mouvement à moitié, et mon appareil se dirigea beaucoup trop rapidement à mon goût vers l'eau. Je hurlai d'horreur, et juste au moment où il allait toucher l'or bleu, l'autre garçon le rattrapa. Je n'eus jamais aussi peur de toute ma vie…
-Maintenant ça suffit! M'exclamais-je, en colère. Tu me le rends tout de suite ou sinon ça va aller mal!
Il ricana méchamment.
-Et qu'est-ce que tu peux bien faire, laideron?
Là, j'en avais vraiment assez. D'un pas assuré et frustré, je me dirigeai vers lui. Ses muscles se crispèrent. Son sourire disparut. Il leva sa main qui tenait mon appareil au-dessus de sa tête d'un air menaçant.
-N'approche pas ou je le casse!
Je n'écoutai pas un seul instant son ordre et continuai d'avancer. Il recula de plusieurs pas.
-Je suis sérieux!
Mon expression devint noir.
-Rends-le-moi tout de suite.
Sa main se mit à trembler alors qu'il recula de nouveau. Je ne m'arrêtai pas d'un pouce. Il ferma les yeux et son corps se replia sur lui-même.
-Je t'avais prévenu!
Il éleva un peu plus sa main au-dessus de sa tête, puis l'emmener vers le bas en une fraction de seconde. C'est comme si la scène se déroulait au ralenti devant mes yeux. Mon appareil photo tournoya sur elle-même. Elle descendit cruellement lentement, et je ne pouvais rien faire pour empêcher l'inévitable. La lentille toucha en premier le sol, et se fracassa en plusieurs morceaux. Comme des boyaux qui se vidaient, l'intérieur fut visible et se répandit sur l'herbe humide. Mon coeur se brisa en même temps que mon appareil photo. Je hurlai de nouveau.
Je franchis le seuil de la porte d'entrée d'un pas chancelant. Je déposai mon sac sur le sol, m'assit sur la petite marche pour enlever mes souliers. Je tentai de défaire mes lacets, mais mes mains tremblaient tellement que je n'arrivais à rien. Mon visage, déjà rouge dû à mes pleurs interminables plus tôt, se rougit davantage alors que je sentis des larmes refaire surface. Je n'arrivai pas à les contenir et elles coulèrent librement. Je me mordis la lèvre inférieure.
-Tu rentres plus tôt que prévu, dit une voix monotone au-dessus de ma tête.
Doucement, je relevai le menton et vis à l'envers Law qui me fixait. Dès qu'il remarqua mon visage rongé par la tristesse, ses sourcils se froncèrent.
-Qu'est-ce qui s'est passé? Demanda-t-il calmement.
Sans dire un mot, j'ouvris mon sac et en sortis un autre sac, celui-ci en plastique. Toujours silencieuse, je le tendis à mon amoureux. Il le prit et l'ouvrit. Son visage afficha de la compassion.
-Tu veux en parler?
J'acquiesçai doucement et séchai du mieux que je ne le pouvais mes joues imbibées de larmes. À force de frotter, je suis sûre que leur couleur s'intensifia. Law se déplaça devant moi, déposa délicatement le sac sur le sol à côté de lui, se pencha et entreprit de défaire mes lacets.
-T-tout se p-passait bien jusqu'à que ce m-morveux me prit mon a-appareil photo, hoquetais-je difficilement.
Il enleva mes souliers, puis me prit une main pour m'aider à me lever. Je reniflai bruyamment.
-I-il ne voulait pas me le rendre, alors je c-commençais à me f-fâcher. Il a fini par le l-lancer par terre et.. et…
Les larmes montèrent de nouveau. Je grognai rageusement, frustrée de fondre en larmes de nouveau.
-Tu lui as remis les idées en place j'espère? Tu n'avais pas à te soucier d'aller en prison pour violence envers un mineur, j'aurais payé la caution, dit-il sérieusement.
Un rire mouillé s'échappa de mes lèvres.
-Comme si j'avais pu faire une chose pareille.. Non, j'ai plutôt eu le plaisir de voir ses parents le chicaner devant moi, et il a dû s'excuser ensuite. Mais ça ne change rien au fait que mon bébé soit en mille morceaux..
Law acquiesça, presque déçu. Je souris faiblement.
-Bon. Il faudra que tu t'en rachètes un autre alors.
Je soupirai tristement.
-Je sais, mais.. J'ai tellement de souvenirs avec cet appareil! Je l'ai depuis des années. C'est plus qu'un objet pour moi, il avait une symbolique particulière..
Law m'entoura de son bras et m'entraîna vers lui. Je le laissai m'envahir de sa chaleur réconfortante et de son parfum envoûtant. Je fermai les yeux.
-Je comprends. Mais ce n'est pas comme si tu avais le choix.
Ses doigts me caressèrent l'épaule.
-Tu te créeras de nouveaux souvenirs avec le prochain appareil photo. Le mariage de tes amis, tes neveux/nièces qui grandissent à la vitesse de l'éclair, tes parents à leur retraite, la naissance de nos propres enfants… Tu voudras immortaliser tout ça, n'est-ce pas? Alors il te faudra une nouvelle caméra. Et celle-ci deviendra aussi importante que la précédente. Alors arrête de pleurer et allons en acheter un, tu veux?
J'entourai sa taille d'une main et me calai un peu plus dans le creux de son épaule.
-Hmm..
