Bonjour, bonsoir, désolée d'avoir disparu pendant 3 semaines! Problème de famille, problème de santé et étude/devoirs ont fait en sorte que j'étais tellement débordée que je n'ai pu écrire. Mais enfin, j'ai réussi à prendre quelques heures pour vous pondre ce petit chapitre, l'avant dernier, puisque le prochain est l'épilogue. Donc bonne lecture!


Le Temps d'une Vie

-Comme ça, doucement...

D'une délicatesse inouïe, Law déposa le petit bébé au fond de levier. Un mini sourire apparut sur ses lèvres alors que Rosalina fermait les yeux au contact de l'eau tiède. Je le regardai faire, mes yeux s'adoucissant en le voyant si attentionné.

-N'oublie pas de bien soutenir sa tête et de cacher ses oreilles. Il ne faut pas que l'eau entre.

Il fit ce que je lui demandais et commença à lentement mouiller sa peau nue. Satisfaite, je tournai le dos et me dirigeai vers la porte. Il cessa immédiatement ses gestes et j'entendis dans sa voix une panique bien dissimulée. Son sourire avait disparu.

-Où est-ce que tu vas comme ça?

-Dans la cuisine. Il faut que je range le souper, Rosa a fait un peu de bordel par terre.

Law prit un air exaspéré.

-Tu peux faire ça plus tard.

Un sourire espiègle élue domicile sur mon visage. Oh que je savais exactement pourquoi il avait l'air si insécure.

-Est-ce que tu voudrais que je reste parce que tu n'es pas sûr d'être capable de t'en sortir tout seul?

Son visage se voila d'une fierté mal placée.

-Bien sûr que non. Je dis juste que le ménage peut attendre.

-Pour que tu chiales ensuite que ce n'est pas propre? Non merci, je vais ramasser ça tout de suite. Tu peux t'occuper de donner un bain à la petite chouette. À moins que tu veuilles absolument que je reste?

Law allait accepté, mais devant mon air narquois, il ravala ce qu'il allait dire et retourna son regard vers notre fille, presqu'en boudant. Je secouai la tête en soupirant, puis quittai la pièce. Law me lança un dernier regard avant que je ne sorte, et je vis qu'il espérait que je change d'avis. Je lui tirai la langue.

Après avoir ramasser le champ fe bataille de ma petite guerrière, je m'écrasai sur le divan pour une pause bien méritée. Je fermai les yeux, et profitai du silence si rare ces temps-ci. Je dus m'assoupir quelque instant puisque lorsque j'ouvris les yeux de nouveau, j'avais un nouveau poids sur les cuisses. Je baissai le regard et vis la tête de Law. Il avait Rosalina sur le torse et lui caressait délicatement le visage alors qu'elle dormait paisiblement, en sécurité dans les bras réconfortants de son père. Je souris devant la scène et à mon tour, je caressai le gros bébé qui se trouvait sur mes cuisses. Mes doigts maintenant rendus expert lui massèrent le crâne. Un grognement satisfait résonna dans la pièce.

-Fatigué? Le taquinais-je.

Il ne répondit pas, se contentant de fermer les yeux pour mieux profiter de mes doigts de fée. Bientôt, il suivit l'exemple de notre ange et s'endormit à son tour. Un sourire ému me donna des larmes aux yeux. J'étais tellement heureuse, avec ma petite famille de démon. J'espérai le plus longtemps pouvoir profiter de ce bonheur exquis.


-Regarde toute la neige qu'il y a dehors, regarde Law!

Aussi excitée qu'une puce, je ne tenais plus en place. Je me précipitai d'une fenêtre à l'autre en collant mon visage contre la vitre gelée qui s'embuait à mon contact. Law me regardait faire avec un air exaspéré mal caché alors que Rosalina suivait mon exemple et tentait de suivre ma cadence malgré ses petites jambes. Pauvre lui, il était pris avec une folle comme moi.

-Calme-toi tu vas donner un torticolis à la petite.

Je m'arrêtai et regardai notre fille qui, lui d'être essoufflée, me regardait avec des gros yeux curieux en sautillant sur place.

-Dehors, dehors! S'exclama-telle joyeusement.

Je lui souris et courus vers l'entrée pour m'habiller. Elle me suivit comme un petit caneton. Law soupira et n'eut d'autre choix que de suivre le troupeau.

En fin de compte, nous jouâmes dehors pendant plus d'une heure, à construire des anges de neige et des forts phénoménales, pour finalement attaquer Law en le plaquant contre le sol blanc.


-Maman je vais avoir une petite soeur ou un petit frère?

Du haut de ses quatre ans, Rosalina ne cessait de me poser des millions de question sur ce qui se trouvait dans mon gros bedon arrondi. Je lui souris, pris sa main et le déposai sur la montagne énorme. Son visage s'émerveilla alors qu'elle promenait ses doigts pour mieux sentir.

-Bonne question. Tu voudrais que ce soit un garçon ou une fille?

Elle cessa de tâter et réfléchis longuement. Elle pensait tellement fort que son front se plissa et ses joues devinrent rouges. Elle me faisait penser à Luffy lorsqu'il montrait un semblant d'effort dans les capacités mentales.

-Une fille! Comme ça, je pourrais lui montrer tout ce que je sais faire, et je la protégerai, et on jouerait au parc ensemble, et

Elle continua dans son imagination, des étoiles dans les yeux. Je lui caressai les cheveux et elle inclina sa tête vers ma main. Je pouvais presque l'entendre ronronner.

-Tu ne veux pas que ce soit un garçon?

Elle haussa les épaules et poursuivit son monologue. Je secouai la tête en riant. Elle était excitée à l'idée de ne plus être la seule enfant de la famille. Dès qu'elle avait su que j'étais enceinte, elle n'avait cessé de me poser toutes les questions inimaginables à propos du bébé. Si elle pouvait faire tel ou tel truc avec lui/elle, s'il y allait avoir un seul bébé, et bien sûr, quelques questions sur la génétique que Law avait, un malin plaisir, répondu. Je ne sais pas ce qu'il lui avait dit, mais j'avais un peu peur quand même..

-Et lorsque le bébé sera plus grand, je pourrais lui montrer la photographie! S'exclama-t-elle joyeusement.

Je souris face à cette déclaration. Rosalina avait hérité de ma passion sans mesure, au grand dam de Law, qui n'avait aucunement envie d'une nouvelle accro de la photo. Il disait qu'il avait déjà de la difficulté avec ma propre personne, un mini-moi allait le rendre fou. Et bien, qu'il attache sa tuque puisque d'après ce que j'observai, elle allait sois être comme moi, ou trois fois pire.


-Maman, regarde un peu tous ces loups!

-Papa, je voulais aller voir les girafes moi..

-On ira plus tard Axel, les girafes sont presque à la fin du zoo.

D'un air boudeur, le jeune garçon de 6 ans se croisa les bras alors que sa soeur ne pouvait rester en place, ne cessant d'immortaliser les grands prédateurs qui, loin d'être menaçants, jouaient entre eux. Mon ancien appareil dans les mains, elle les mitraillait sans oublier de les prendre sous tous leurs angles. Law soupira à mes côtés en les voyant, se demandant sûrement si c'était une si bonne idée de les emmener au zoo pour les récompenser de leurs bonnes notes scolaires. Je lui serrai la main en guise d'encouragement, il ne fit que m'envoyer un regard exaspéré. Je ris, puis le devançai pour me diriger vers notre petit bonhomme.

-Et si j'allais avec toi voir les girafes, et Papa resterait avec ta grande soeur? On pourrait se rejoindre plus tard pour faire notre picnic, qu'en dis-tu? Lui suggérais-je en lui caressant les cheveux.

Il ne prit même pas deux secondes pour réfléchir à ma proposition qu'il prit ma main dans la sienne pour m'entraîner vers les fameux animaux à long cou. Je tournai la tête pour regarder une dernière fois Law, et il acquiesça, visiblement soulagé de n'avoir qu'à s'occuper de Rosalina, qui était en règle générale beaucoup plus calme que son frère. Mon regard revient devant moi et je me laissai contaminer par l'enthousiasme débordant de mon fils. À mon tour, je sortis mon appareil et commençai à prendre tout en photo. Axel vit mon comportement, soupira. Sur ce point, il avait hérité de don père: il ne comprenait pas ma passion démesurée. Je ris devant son air abattu.


Un vacarme épouvantable résonna dans la maison, me faisant sursauter. Je vis entrer en trombe Rosalina et Axel, le plus jeune s'enfuyant de la plus vieille. Une aura menaçante planait maintenant dans la pièce, émanant de ma fille.

-Rends-moi mon appareil photo, tout de suite, siffla-t-elle, sa voix comme un venin.

Nullement impressionné (après tout, son père était le diable lui-même), Axel secoua la tête, ses yeux s'emplissant de rancœur.

-Pas avant que tu t'excuses d'avoir bousillé mes dessins!

Rosa eut l'air outré.

-Je t'ai déjà dit que je n'avais pas fait exprès de les déchirer!

Il n'en crut pas un seul mot.

-Tu mens! Ils étaient en mille morceaux dans la poubelle! Ils se sont retrouvés là par hasard peut-être?!

Le ton montait, et ça continuait, ils allaient en venir au point. J'intervenai avant d'avoir un bain de sang dans ma cuisine.

-Calmez-vous tous les deux, et dites-moi ce qui se passe exactement.

Les deux parlèrent en même temps.

-Il m'a volé mon appareil photo!

-Elle a détruit mes dessins!

Ils se mirent à s'accuser mutuellement, oubliant que je leur avais dit de se calmer. Ma patiente commença à fléchir.

-Ça suffit, vous allez m'expliquer à tour de rôle ce qui s'est passé!

Ils se turent et entrèrent leurs épaules dans leur cou. Je ne me mettais pas souvent en colère, mais quand c'était le cas, ils savaient qu'ils n'avaient pas intérêt à garder leur attitude colérique. Maintenant, aucun n'osait parler. Je soupirai.

-Axel, vas-y en premier.

Il ravala difficilement sa salive.

-Je suis monté dans ma chambre pour continuer mes dessins, mais mon carnet ne se trouvait nulle part sur mon bureau. Je l'ai cherché partout, mais il était introuvable. J'ai laissé tombé mes recherches en me disant que je l'avais probablement oublié chez tante Leïla. Seulement, j'ai remarqué que ma poubelle était pleine alors que tu l'avais vidé il y a deux jours. Mon carnet se trouvait à l'intérieur, en lambeaux.

Ses yeux accusateurs fixaient sa soeur. Elle l'ignorait et, ayant retrouvé un semblant de sang-froid, elle expliqua sa version des faits.

-Axel est entré sans cogner dans ma chambre pour me traiter de tous les noms et m'accuser d'avoir déchiré son carnet. Je lui ai dit que c'était un accident, que j'avais voulu le remettre dans sa chambre puisqu'il traînait dans le salon, mais qu'une fois dans la pièce, j'étais tombée et je l'avais déchiré sans faire exprès. Il m'a traité de menteuse, puis m'a pris mon appareil en menaçant de lui faire subir le même sort.

Je regardai chacun d'eux, évaluant la sincérité de chacun, puis je pris une décision.

-Rosalina, as-tu vraiment déchirer son cahier sans faire exprès?

De la panique traversa ses yeux, mais elle le remplaça bien vite par de l'outrance.

-Oui!

-Menteuse! S'exclama Axel. Tu-

Mon regard le coupa. Je fixai ensuite ma fille.

-Dis-tu la vérité?

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais devant mon regard insistant, elle se ravisa. Elle baissa plutôt les yeux.

-Non..

-Je le savais! Dit le jeune garçon, fier de lui.

Elle releva le regard.

-Mais je l'ai simplement déchiré parce qu'Axel avait fait des dessins méchants à mon sujet! Il m'a dessiné en tant que démone qui terrorisait les autres! Il se moquait complètement de moi!

Axel détourna le regard et se mit à siffloter innocemment. Je soupirai.

-Axel, rends-lui son appareil.

-Mais c'est pas juste, c'est elle qui est dans le tort!

Malgré ses protestations, il redonna l'objet en rechignant.

-Bien. Maintenant chacun s'excuse à l'autre. Et sans se plaindre!

Ils firent comme demander, non pas sans une certaine réticente.

-Et Rosalina, tu achèteras un nouveau carnet à ton frère. Tu aurais pu venir nous voir au lieu de détruire ce qui ne t'appartenait pas.

Complètement frustrée, mais ne pouvant riposter, elle tourna les talons en maudissant du regard le garçon, puis elle sortit en coup de vent de la pièce. Triomphant, Axel la suivit d'un pas enjoué. Je soupirai longuement.

Law entra dans la pièce presqu'aussitôt, confus.

-Est-ce que tout va bien?

J'haussai les épaules et lui fis un gros câlin pour faire retomber la tension. Il était encore plus perdu.