Merci beaucoup pour vos reviews qui m'ont vraiment fait plaisir !
Et pour vous remercier, je vous publie ce chapitre légèrement en avance (vendredi à la place de dimanche c'est toujours ça) !

Je remercie Neliia ma fidèle bêta, lectrice et le second du navire mais également Leyana et Abbyfalls345 pour leur soutien périodique ! Merci aussi à Cha.
J'espère que ce chapitre va vous plaire. La relation Winry-Edward évolue !


Winry se regarda dans le miroir : des cernes épaisses et sombres se formaient sous ses yeux, trahissant un manque de sommeil notable. Elle essaya au maximum de les cacher, non sans effort. Elle plaqua un sourire de façade sur ses lèvres et sortit de sa chambre, prête à affronter une autre journée. Depuis son entretien avec le majordome, la jeune femme ne cherchait plus à nouer une relation avec les frères Elric et se contentait de les satisfaire du mieux qu'elle pouvait en ravalant sa fierté à chaque remarque de l'aîné. Celui-ci prenait un certain plaisir à la voir devenue aussi soumise et obéissante et s'en amusait. La blonde sentait une immense tristesse l'envahir un peu plus à chaque remarque du jeune homme. Elle qui pensait avoir lié une vraie relation d'amitié voire un peu plus avec Edward, elle s'était lourdement fourvoyée. Son rapport avec Lust avait également considérablement changé. Elle était désormais sous ses ordres quand elle ne s'occupait pas des deux frères et faisait les tâches les plus ingrates du domaine : du jardinage sous la pluie en passant par le nettoyage des box de l'écurie. Souvent, Winry se mettait à pleurer en pensant à ce qu'elle avait perdu : sa famille, sa fierté, sa relation avec Alphonse. Mais elle ne renoncerait pas pour autant à son rêve et c'est la seule chose qui la faisait tenir.

Chaque soir, après son travail, elle rejoignait Kimblee dans ses appartements pour dîner avec lui et entretenir une conversation qu'elle jugeait ennuyeuse. La plupart des soirs, il buvait jusqu'à outrance et là, le vrai cauchemar de Winry débutait. Cela commençait par des remarques lubriques et se terminait par des avances lourdes et forcées que la jeune femme avait, jusqu'alors, toujours réussies à détourner. Le majordome avait même plusieurs fois tenté de l'embrasser, ce qui avait révulsé la jeune femme. Plus elle reculait, plus l'homme se faisait pressant. Mêmes ses dimanches matins, elle se devait de les passer en sa compagnie, flânant dans les jardins, une main du majordome posé au creux de ses reins essayant de descendre toujours plus bas, ses yeux dévorant son corps. Elle n'avait plus le temps de s'occuper d'elle même, de ses croquis ou de Den. Petit à petit, elle sentait un vague dégoût s'emparer d'elle. Elle se laissait courtiser d'une manière obscène par un homme qui la répugnait pour assouvir son rêve.

Mais ce qui empêchait principalement à Winry de dormir, c'était l'approche des vacances scolaires. Cela voulait dire moins de pauses, plus de travail et surtout, le retour des frères Elric à plein temps au domaine. Winry se réveilla à six heures du matin, une boule au ventre et l'envie de vomir aux lèvres. Elle regarda le calendrier : ça y est. Les vacances commençaient officiellement ce jour. Elle décida alors de prendre un long bain chaud pour commencer, elle l'espérait, agréablement sa journée. Elle descendit à pas de loup au rez-de-chaussée et rendit une petite visite aux cuisiniers.

« - Tiens bonjour Winry, tu es déjà debout ?

- Bonjour Fuery, oui à vrai dire j'ai du mal à dormir...

- Ça c'est les vacances, déclara Breda, ça fait le même effet à tout le monde t'inquiètes pas. Tu veux petit-déjeuner avec nous ma grande ?

- Hé bien... je ne sais pas si Kimblee apprécierait...

- Saches ma grande, que dans ma cuisine, c'est moi le patron. Assieds-toi, déclara Breda avec autorité.

- Et puis ça fait longtemps qu'on a pas passé un moment ensemble tous les trois, ça m'a manqué, fit remarquer l'apprenti. »

Ces quelques mots firent plaisir à la jeune femme et elle s'installa de bon cœur à table, se régalant du talent des deux hommes. Puis, à contrecœur, elle alla voir Lust pour connaître ses tâches journalières. La froideur de la responsable ne lui faisait plus rien mais elle ne comprenait pas pourquoi elle lui vouait une telle haine. Vers neuf heures, elle fut appelée dans les appartements des Elric. Heureusement pour elle, c'était Alphonse qui la réclamait.

« - Je peux me rendre utile Monsieur ?

- Oh Winry, pourquoi tu es devenue si froide tout d'un coup ? Je comprends pas, c'était si bien avant, on s'entendait tellement bien et du jour au lendemain, tu me vouvoies et adieu nos petites soirées. S'il te plaît Winry, redeviens comme avant. »

La demande d'Alphonse émut Winry aux larmes et elle faillit même tout lui raconter mais le souvenir du majordome la fit taire.

« - Je vous remercie de votre sollicitude Monsieur, mais on m'a demandé de rester dans le cadre de mes compétences. Sa voix se fit soudain plus douce. Je suis désolée Alphonse. »

Le jeune homme baissa les yeux et soupira.

« - Je suis là si tu as besoin Winry. »

Un remerciement silencieux passa dans le regard de la jeune femme qui prit congé et sortit des appartements. Ce n'est que vers midi qu'elle dut y retourner pour s'occuper de l'aîné des frères. Avec appréhension, elle frappa à la porte de ses appartements. Sitôt qu'elle y rentra, un regard doré la fixa, y révélant une lueur moqueuse. Winry retint de justesse un énorme soupir mais son cœur ne put s'empêcher de se serrer. Ne restait-il pas une once de bon sentiment à son égard ?

« - J'aimerais que tu ranges notre appartement. Je vais faire une fête ce soir avec des amis. Occupes-t-en.

- Oui Monsieur. Puis-je savoir combien d'amis Monsieur va-t-il inviter ?

- Débrouilles-toi, on te paye pour ton travail n'est-ce-pas ? »

Winry regarda le jeune homme dans les yeux, blessée par tant d'animosité, ce qui fit perdre son sourire mordant à Edward. Était-il allé trop loin ?

« - Ce sera tout. »

La jeune blonde acquiesça et sortit, les épaules voûtées. La journée démarrait mal. Devait-elle obéir d'abord à Lust puis à Edward ou l'inverse ? Avec la montagne de travail qui l'attendait, elle ne savait plus où donner de la tête. Elle décida en premier lieu d'aller voir Kimblee pour lui demander conseil. Elle le trouva non loin de Lust qui lui jeta un regard furibond.

« - Kimblee ? J'aimerais vous demander conseil s'il-vous-plaît.

- Kimblee ? Sérieusement ? Pour qui te prends-tu misérable ? De quel droit te permets-tu de l'appeler ainsi ?

- Il suffit Lust, réclama le majordome.

- Mais enfin...

- J'ai dit, il suffit. »

Lust toisa la jeune femme d'un regard haineux et se rapprocha ostensiblement du majordome jusqu'à coller sa tête sur son épaule, faisant ainsi soupirer Kimblee. Winry lui expliqua son problème : elle avait déjà participé à des invitations de ce genre mais ne les avait jamais préparées et ne connaissait pas non plus le nombre d'invité. La jeune femme soupira en se passant une main dans les cheveux, se décoiffant par la même occasion. Le majordome se pencha alors vers elle pour replacer une mèche blonde derrière son oreille, ce qui la fit frissonner. Lust prit ça pour du désir tandis que c'était du dégoût pour Winry. La plantureuse femme tourna violemment les talons en criant des insanités tandis qu'un sifflement moqueur se fit entendre sur leur gauche. Edward regardait son majordome et la blonde, un sourire moqueur sur le visage et une certaine colère dans le regard.

« - On sera une centaine. Fais ça bien. »

Et il tourna les talons. Winry n'avait pas tout à fait compris ce qu'il venait de se passer mais décida de ne pas en tenir compte. Après que Kimblee eut promis à la jeune femme une aide de la part de Lust, elle put enfin se mettre au travail. Elle commença tout d'abord par prévenir les cuisiniers qui se plaignirent du manque de temps et de l'attitude exécrable d'Edward, ce qui eut le mérite de faire sourire Winry. Puis elle entreprit de rendre les appartements des frères plus présentables. Elle commença par la chambre d'Alphonse, le plus facile étant donné qu'il était ordonné. Elle se contenta donc de faire les poussières tout en écoutant Alphonse lui parler, ce qui lui fit énormément de bien. Puis, elle rangea le salon, plaça les meubles d'une autre façon afin de le rendre accessible à plus de personnes. Toutefois, elle dut quand même se rendre dans la chambre d'Edward. Celui-ci était en train de lire dans son lit quand elle fit irruption dans sa chambre. Il y avait du désordre partout. Elle commença par mettre à la poubelle les détritus qui jonchaient le sol tout en écoutant les remarques acerbes d'Edward se plaignant de sa lenteur et de son inefficacité. Au bout d'une demi-heure, elle avait les nerfs à vif et les joues rosies de colère de ne pouvoir lui répondre. Et l'aîné Elric savait très bien en jouer. Celui-ci accentua encore plus la pression de la jeune femme :

« - Saches que c'est un test, si tu ne réussis pas à tout bien organiser, tu seras virée. Et ce coup-ci ton petit-ami Kimblee ne sera pas là pour te sauver la mise.

- Ce n'est pas mon...

- Tu perds du temps, la coupa Edward. »

Winry redoubla d'ardeur et ce fut seulement vers quatre heures de l'après-midi qu'elle réussit à s'acquitter de la tâche. Quand elle demanda à son maître si elle pouvait s'excuser, elle esquiva son regard, ne voulant dévoiler les larmes qui perlaient à ses yeux.

Lorsqu'elle redescendit au rez-de-chaussée, elle put remarquer l'efficacité de l'équipe de Lust. En effet, l'entrée avait été redécorée de lumières chamarrées, un tapis rouge avait été déroulé et il n'y avait plus une once de poussière. Elle se rendit alors dans la salle de bal où seraient accueillis les invités, aussitôt une vague de murmures se fit entendre. Les employées se mirent à pouffer à son arrivée et lorsque Winry voulut les remercier pour leur travail, elle se fit couper par l'une d'entre elles :

« - Pas la peine de faire du zèle avec nous, tu te tapes déjà Kimblee, tu veux pas te faire le domaine non plus ? »

Winry en resta sans voix. Son cerveau réfléchit à toute allure et elle pensa que Lust avait du lancer cette rumeur plus que douteuse à son équipe.

« - Mais je ne suis pas avec...

- Oui c'est ça. Les filles dans ton genre qui couchent pour avoir une promotion, on peut pas les blairer c'est clair ? Alors maintenant vas faire ton travail, nous on a fini. »

La colère monta aux joues de la belle qui détourna les talons pour aller aux cuisines, y espérant y trouver calme et tranquillité. Lorsqu'elle aperçut l'expression de Fuery, elle sut que son espoir était vain.

« - Je suis désolé pour tout ce qu'on a pu dire sur le majordome Winry, je savais pas que tu sortais avec lui. Tu lui diras rien hein ? »

Ce fut les mots de trop. La jeune femme attrapa une casserole qu'elle lança à travers la cuisine en criant :

« - Mais merde ! Je ne suis pas avec Kimblee ! C'est cette pétasse de Lust qui veut se le faire. Elle est jalouse qu'il m'est protégé du licenciement qui me pendait au nez parce qu'un soir j'ai eu la l'immense bêtise de dire ces quatre vérités à Edward qui est allé pleurnicher dans les bras de son père pour me virer alors que c'est qu'un con arrogant, stupide qui ne sait rien faire de ces deux mains et qui ne mérite absolument pas tout ce qu'il a et si je pouvais lui enfoncer mon poing dans la tronche je le ferais sans hésiter parce que.. parce qu'il... La voix et la colère de Winry se brisèrent. Parce qu'il est tellement odieux que je vais sans doute finir brisée. »

La jeune femme finit sa tirade dans un murmure et un torrent de larmes se déversèrent sur ses joues, mettant Fuery en panique. Le chef cuisinier s'approcha de la jeune femme et la prit doucement dans ses bras, comme un animal blessé. Elle put alors se délester d'une partie du poids qui la rongeait en racontant aux deux hommes l'enfer qu'elle se devait de subir : les brimades d'Edward, les avances de Kimblee, la jalousie maladive de Lust. Les deux chefs l'écoutèrent attentivement en préparant les plats pour le soir et réconfortèrent tant bien que mal la jeune femme. Mais à vrai dire, celle-ci n'avait pas le temps de rester en cuisine et après s'être excusée auprès des deux hommes, elle repartit travailler.

Lorsque huit heures trente sonna, Winry frappa aux appartements des Elric pour leur annoncer l'arrivée imminente des premiers invités. Edward arriva dans un somptueux costume bleu nuit qui rehaussait son teint et mettait en valeur la couleur de ses yeux. La jeune femme ne put détacher ses yeux de lui, tellement elle le trouvait beau. Ce n'est que lorsqu'elle entendit sa voix qu'elle se rappela de l'être abject qui se cachait dans ce corps divin :

« - Qu'est-ce que tu fais encore dans cette tenue ? Va te préparer.

- Hé bien, je ne savais pas que j'étais attendue à cette soirée à vrai dire Monsieur.

- Et qui va s'occuper des demandes des invités selon toi ? Prends une douche et mets ça, je veux que tu sois présente et présentable à l'arrivée des invités. »

Le jeune homme lui tendit une housse de pressing et l'enjoignit à partir. Quand la jeune femme se retrouva dans ses appartements, son cœur battit plus vite. C'était la première attention d'Edward pour elle et elle en était toute bouleversée. Elle ne s'était pas attendue à participer à la soirée, bien qu'elle soit là pour servir les invités. Elle essaya de calmer les battements désordonnés de son cœur en plaquant une main sur sa poitrine. Elle prit une douche froide pour essayer de se calmer. A dire vrai, le jeune homme était loin de la laisser indifférente : ses auto-mails la fascinaient et elle le trouvait incroyablement beau. Dommage que son caractère vienne par tout gâcher. Cependant, Alphonse avait réussi à la faire réfléchir. Edward était un petit garçon qui adorait sa mère et la mort de cette dernière l'avait profondément affectée. Il avait alors mis tous ses espoirs dans son père mais celui-ci n'avait fait que le rejeter en lui en demandant toujours plus. L'adolescent qu'il était alors s'était ainsi formé une carapace de rejet et de dégoût envers son père et celle-ci s'était propagée à l'ensemble de l'humanité. Mais il lui arrivait encore parfois de redevenir celui qu'il était avant : un grand frère aimant, attentionné et protecteur.

Ce n'est que lorsqu'elle ouvrit la housse du pressing qu'elle s'interrogea sur la véracité des propos d'Alphonse. C'était une tenue de servante affriolante : la robe s'arrêtait à mi-cuisse et était agrémentée d'un tablier à froufrous qu'elle trouvait de mauvais goût. Heureusement pour elle, des bas venait cacher ses jambes. Une jarretière était également présente mais avec quelques habiles coup de ciseaux, Winry la transforma en accessoires à cheveux. Edward la mettait au défi et bien soit, il n'allait pas être déçu. Elle refusait de se laisser dominer par cet homme.

Lorsque la jeune femme descendit dans la salle de réception pour accueillir les invités, elle vit les frères Elric en pleine discussion. Elle s'éclaircit la gorge et se fendit d'une courbette moqueuse :

« - Si je peux être utile à Monsieur »

Alphonse devint rouge comme une pivoine tandis qu'Edward ouvrit et referma la bouche, tel un poisson hors de l'eau :

« - Je ne pensais pas que tu oserais venir dans cette tenue. Tu... »

Le claquement des portes de l'entrée l'interrompit et il s'avança pour accueillir les premiers invités non sans avoir jeter un regard aguicheur à la jeune femme. Sa tenue lui plaisait vraiment plus que de raison. Winry se plaça derrière le buffet, prête à répondre aux besoins des invités.

La soirée fut fort longue pour la jeune femme qui virevoltait d'invité en invité avec des plats garnis de mets fins ou de boissons coûteuses en lançant des regards noirs à ceux qui essayaient d'approcher leurs mains trop près d'elle. Ce qu'elle ne remarqua pas, c'est le regard doré qui la suivait partout où elle allait. Le brouhaha constant des invités lui donnait mal à la tête et la musique lui agaçait les tympans. Ce n'est que vers une heure, lorsque la plupart des invités furent partis qu'elle put trouver un semblant de répit. La dizaine de convives restants se retrouvèrent dans les appartements des Elric. Winry s'offrit le luxe d'une pause sur le balcon, regardant les étoiles et profitant de la quiétude de la nuit. Elle s'adossa à la rambarde, face à la salle et regarda les différents invités avec dédain : ils ressemblaient tous à Edward. C'était des jeunes gens prétentieux qui ne savaient que gâcher ce que la vie leur offrait. Les jeunes femmes étaient parées de bijoux luxueux et de robes en soie coûteuses qui, pour la plupart, ne leur allaient guère et les jeunes hommes se lançaient dans une compétition ridicule pour savoir qui avait la meilleure voiture. Son regard s'arrêta sur Alphonse, aux prises avec plusieurs femmes plus âgées que lui. Le malheureux n'avait pas l'air de pouvoir se sortir de cette situation et Winry s'en amusa quelque peu. Il était vrai que la richesse des Elric avait de quoi donner envie pour ces pimbêches. Elle balaya le salon du regard et lorsqu'elle trouva l'objet de son attente, son cœur fit un bond : Edward était assis dans un fauteuil de cuir avec une de ses immondes traînées collée à lui, le décolleté débordant sous les yeux du jeune homme. Son regard bleuté croisa celui doré du jeune homme et celui-ci put y voir une colère noire et une douleur sourde qu'il n'eut pas l'air de comprendre. La jeune femme traversa la salle en longeant les murs et sortit de la pièce, estimant avoir participé à la soirée plus que nécessaire.

Lorsqu'elle se retrouva dans sa chambre, sa colère monta encore d'un cran et elle prit tout ce qu'elle avait sous la main pour le jeter le plus loin possible en vociférant des insanités. La voix du majordome derrière sa porte la calmèrent aussitôt :

« - Winry, je croyais que nous avions un accord... »

La jeune femme eut tôt fait de comprendre où le majordome voulait en venir : il voulait dîner avec elle ou tout du moins profiter de sa compagnie pour le reste de la soirée.

« - Je suis désolée Kimblee mais j'ai été occupée avec les Elric toute la soirée et je ne me sens pas très bien, je suis indisposée, si nous pouvions remettre ça un autre jour... »

Une note d'espoir perçait dans ces derniers mots : elle n'avait aucunement envie de finir cette maudite soirée en compagnie du majordome. Un coup sourd la fit trembler, comme si on avait frapper violemment la porte. Pourtant ce fut d'une voix très calme que Kimblee lui répondit :

« - Très bien Mademoiselle Rockbell, mais n'oubliez pas l'accord que nous avons. »

La jeune femme soupira, désireuse, au contraire, d'oublier cet accord le plus vite possible. Elle mit son réveil pour sept heures trente et maudit la date : demain, nous serions dimanche matin.

Lors de la promenade habituelle avec le majordome, Winry découvrit un peu plus encore le vrai visage du majordome. Ce dernier la tenait par le bras fermement, lui imprimant la marque de ses doigts, lui parlait sèchement et lui imposait son rythme de marche, révélant son côté brutal. Il n'y avait pas de place pour la répartie ou quelconque réplique. Longtemps après, Winry sentit encore la pression de ses doigts sur son bras.

L'après-midi venu, la jeune femme se retrouva aux appartements des Elric pour ranger et nettoyer les reliefs de la veille. Lorsqu'elle entra dans la chambre d'Edward, elle n'eut même pas conscience qu'elle retenait sa respiration et soupira de soulagement en remarquant nulle présence féminine dans ses draps. Winry se mit une gifle mentale. A quoi venait-elle de penser ? C'est avec une mauvaise humeur non feinte qu'elle apprit qu'Edward avait l'intention d'inviter tous les soirs de la semaine.

La jeune femme se retrouva donc le soir même, dans son humiliante tenue, à servir d'autres invités imbus d'eux-mêmes. Chaque soir, la jeune femme pouvait voir Edward, une jeune femme différente chaque fois accrochée à son bras. Et le cœur de Winry brûlait à chacune de ses visions. La jeune femme rentrait dans sa chambre les larmes aux yeux et en colère de ressentir de l'amour et du désir pour cet homme qui passait son temps à l'humilier. Heureusement pour elle, elle était arrivée à évincer Kimblee chaque soir, repoussant toujours plus loin leur soirée en tête-à-tête mais augmentant toujours un peu plus la colère et le désir du majordome.

Ce n'est que le jeudi d'après qu'un drame se déroula...


Allez plus qu'une semaine et vous avez la suite ! Courage !