Et voilà la partie la plus sombre de l'histoire et également la dernière ! J'espère qu'elle vous plaira quand même.
Merci à Abbyfalls345, Leyana, Plume et Cha pour leurs reviews !

Mention spéciale à Nellia qui, même si elle connaît l'histoire, a reviewté chaque chapitre. Elle me déteste pour ce chapitre je sais, mais il en faut pour tous les goûts !


Lors d'une soirée dans les appartements des Elric, la jeune femme était accoudée au balcon, s'accordant une pause pour regarder les étoiles lorsqu'elle sentit une présence dans son dos. Elle se redressa et se décala pour s'effacer face à l'invité mais celui-ci en avait apparemment après elle :

« - Salut ma poupée, dis donc tu es bien belle dans cette tenue, tu voudrais pas l'enlever pour moi ?

- Pardon ?!

- Bah oui quoi, tu vas pas me dire qu'Edward t'a habillé de cette façon si on peut même pas profiter de toi. »

Voyant qu'Edward regardait la situation de loin mais ne réagissait pas, la fureur de la jeune femme reprit le dessus et elle s'éclaircit la voix afin de pouvoir être entendue par tous et notamment du blond :

« - Si ça vous plaît tant que ça de voir une femme affublée d'une tenue humiliante pour pouvoir gagner sa vie grand bien vous face, je m'en contrefiche. Mais en aucun cas je ne vous laisserais me souiller de la sorte. Son regard bleuté chercha celui d'Edward pour ne plus le lâcher. Parce que ce n'est pas moi ici la personne la plus misérable de cette pièce, loin de là. Winry secoua la tête, dépitée. Je ne vois ici que des personnes présomptueuses qui ne connaissent rien à la vie et qui pensent pouvoir obtenir tout ce qu'il désire sans s'occuper des sentiments des autres. Ça me dégoûte. C'est bon, vous avez gagné. Les épaules de la jeune femme se voûtèrent. J'abandonne. »

Winry traversa furieusement la salle en passant ostensiblement devant Edward, une lueur triste malgré tout dans les prunelles. Une fois sortie, elle courut vers sa chambre où malheureusement, le majordome l'attendait. Et à voir son regard vitreux, il était déjà passablement alcoolisé.

« - Excusez-moi j'aimerais passer Kimblee. »

Le majordome s'effaça de la porte tant bien que mal, toutefois et malheureusement pour la jeune femme, il la suivit.

« - Poussez-vous Kimblee, je démissionne, je voudrais partir de cet enfer le plus vite possible.

- Démissionner ? Tu n'as pas le droit de démissionner. Tu m'appartiens. Tu crois pouvoir m'échapper en fricotant avec les frères Elric sale traînée mais tu es mienne. Je te baiserais comme les autres avant toi ! »

A ces mots, la jeune femme prit peur et voulut sortir de la chambre mais se retrouva bloquée entre le mur et le corps de cet homme. Elle sentit des lèvres avides se presser contre les siennes. La jeune femme le gifla si fort qu'il recula mais il n'en avait pas fini avec elle... Il lui attrapa les poignets tandis que son autre main essayait de se glisser sous sa robe Winry hurla en espérant qu'on l'entende. Son tablier fut alors vite enlevé et fourré dans sa bouche pour étouffer ses cris. Bientôt, sa robe et ses sous-vêtements se retrouvèrent au sol et elle fut jetée, nue, sur le lit. Bien qu'alcoolisé, Kimblee restait étonnamment fort. Elle haletait, cherchant vainement une respiration qui se refusait à elle. Le majordome s'arrêta un instant et éclata d'un rire féroce.

« - Regardez-moi ça. Elle respire comme une chienne. Mais c'est tout ce que tu es non ? Une chienne qui veut jouer avec plusieurs maîtres à la fois. Ca me rappelle une histoire tiens. Tu veux écouter mon histoire ? Demanda Kimblee en approchant ses lèvres de la peau délicate de Winry. Il était une fois un chien errant pris de pitié par un cuisinier. Il boitait constamment et je suis sur qu'il avait des puces ce sale clébard. J'ai voulu le faire fuir du domaine alors je lui ai jeté des pierres mais il n'est pas parti. Une lueur de folie brilla dans ses yeux. Alors j'ai pris un marteau et j'ai frappé, frappé jusqu'à ce que cet enfoiré de Breda arrive. Je n'ai pas eu le temps de l'achever mais on a été obligé de lui couper la patte. Un chien à trois pattes... Quelle immondice. Et tout ce sang qui s'écoulait de lui, ses petits cris plaintifs... C'est ce que je veux voir chez toi sale chienne. Tu vas crier pour que ça s'arrête et tu sentiras le goût du sang sur ton corps maudite chienne. »

Winry n'avait pas pu faire un seul geste durant cette tirade et c'est avec un profond dégoût d'elle-même qu'elle sentit le sexe du majordome écarter sa chair. Il la pénétra d'une telle force qu'elle en saigna. Ce dernier relâcha ses poignets pour pouvoir toucher son corps de ses mains, elle était tétanisée et ne pouvait plus bouger, maudissant son impuissance. Elle sentait les mains avides du majordome parcourir sa peau, caresser ses seins et sentait par dessus tout les coups de rein brutaux de Kimblee qui la meurtrissaient toujours un peu plus. Ses gestes étaient brutaux, ses caresses brûlantes d'un désir criminel. Lorsque cette torture fut finie, il la lâcha enfin et s'effondra sur le lit, déjà endormi. La jeune femme arracha son bâillon, se releva fébrilement et tomba sur son reflet : elle ne put s'empêcher de frémir d'horreur et de dégoût. Elle sentit la semence de son violeur couler le long de ses cuisses, accentuant son écœurement et sa nausée. Elle ne pensa même pas à s'habiller et se dirigea faiblement vers la porte, voulant échapper à ce monstre et aux souvenirs mais elle tomba à genoux avant de se mettre à trembler et pleurer violemment. Elle hoquetait, cherchant désespéramment de l'air qui ne venait pas à elle. Si on ne venait pas à son secours, elle mourrait là c'était certain. Elle se recroquevilla sur elle même dans un geste désespéré afin d'y trouver confort et sécurité. Il sembla à Winry qu'une éternité s'était passée lorsqu'elle arriva enfin à respirer. Mais Winry était morte. Morte de l'intérieur. Ce n'était plus qu'une coquille vide sans sensation. Morte. Winry était morte. Du moins l'espérait-elle. Instinctivement, elle tourna la tête quand la porte s'ouvrit. Son regard vide rencontra celui du cadet Elric.

« - Mon dieu Winry qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que... »

Alphonse tourna son regard vers le lit et y découvrit le majordome.

« - Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Oh mon dieu qu'est-ce que je peux faire ? »

Alphonse commençait à paniquer et tournait la tête de tous côtés. Mais il était trop tard pour pouvoir la sauver. Bien trop tard.

« - Je reviens Winry, t'inquiètes pas, je vais chercher de l'aide. Edward ! EDWARD ! »

Et Alphonse partit, la laissant de nouveau seule. Désespérément seule. Seule avec son violeur non loin. Seule avec le souvenir d'un homme qu'elle n'aimait pas sur sa peau, ses cheveux, dans sa chair. Seule avec un irrépressible dégoût d'elle-même. Seule avec une terrible envie de mourir. Seule. Winry était seule. Winry était morte.

Une éternité passa lorsqu'elle sentit qu'on la soulevait de terre. Elle se retrouva plaquée contre un torse musclé. Elle sentait la morsure de l'acier sous ses jambes. Elle leva difficilement les yeux pour voir à qui elle avait affaire : Edward. A côté de lui se trouvait son frère, en larmes, ne sachant que faire. Le jeune homme l'emmena jusque dans ses appartements qu'il verrouilla à clé. Winry regarda mollement la pièce : les invités n'y étaient plus. Mais quelle différence cela faisait de toute façon ? Une morte n'a pas besoin de compagnie. Elle fut délicatement posée sur le lit d'Edward et celui-ci essaya tant bien que mal de la faire revenir à elle. Pourtant, sa voix douce ne réussit à rien :

« - Winry. Je t'en supplie Winry dis quelque chose. Regardes-moi. S'il te plaît dis quelque chose. Fais quelque chose. »

Deux yeux d'un bleu éteint, sans vie, se posèrent alors sur lui. Le cœur du jeune homme se serra à cette vision et il se dit qu'elle ne reviendrait sans doute jamais à elle. La voix du cadet Elric se fit alors entendre :

« - Heu.. Ed ? Il faudrait peut-être l'habiller non ? Ou une douche.. enfin je sais pas mais heu.. je..

- Rends moi service Alphonse, va chercher le chef Breda. S'il dort, réveille le et dis lui de monter le plus vite possible. Toi, restes avec Fuery. »

Alphonse dansa d'une jambe sur l'autre, ne voulant pas abandonner son amie mais désireux de l'aider quand même. La voix de son aîné le rappela à l'ordre :

« - Dépêches-toi ! »

Edward ne voulait pas que son frère en voit plus : il était bien trop jeune. Le confier à Fuery était sans doute la meilleure solution à faire. Le jeune homme installa le corps quasi sans vie de Winry dans la baignoire. C'est l'impression qu'il avait. Un corps sans vie. Un cadavre. Une morte. Elle ne réagit même pas au contact froid de l'ivoire sur sa peau. Elle restait là, allongée, les yeux fixant le vide. Lorsqu'Edward entendit la voix grave de Breda, il sortit de la salle de bain pour ne pas offrir le triste spectacle de la jeune femme au chef. Apparemment celui-ci devait dormir profondément lorsqu'Alphonse était venu à lui : une marque d'oreiller barrait sa joue et ses yeux étaient rétrécis par le manque de sommeil.

« - Vous désiriez me voir Monsieur ?

- Oui, j'ai besoin d'un homme de confiance. La situation est... comment dire... délicate et j'exige de vous une totale discrétion. Vous comprenez ?

- Bien Monsieur. En quoi puis-je vous être utile ?

- J'aimerais que vous alliez dans la chambre de Winry. Ne prenez pas cet air là voyons, elle n'y est pas, elle est ici avec moi. En revanche vous y trouverez Kimblee dans un état plus que lamentable. Je veux que vous l'attachiez le plus solidement possible et que vous l'enfermiez dans un placard sous clé.

- Mais... s'exclama le chef, affolé. Edward aurait-il perdu la tête ? Il n'aimait pas le majordome certes mais de là à l'attacher... Monsieur... »

Edward fixa son regard mordoré dans celui du cuisinier. Son air sérieux trahissait l'homme de pouvoir qu'il serait plus tard et qu'il était déjà un peu. Sa voix ne cilla pas lorsqu'il annonça d'une voix froide :

« - Il a violé Winry. Il mérite encore moins que ce que je peux lui accorder. »

Breda ne remit pas en doute le bien-fondé de ses paroles et partit de ce pas, déterminé. Lorsque le chef fut partit, le jeune homme soupira, cherchant le courage qui lui manquait. Lorsqu'il revint dans la salle de bain, rien n'avait changé. Toujours le même regard vide. Toujours ce semblant de vie. Toujours cette ombre de mort. Edward serra les poings, furieux. Que n'aurait-il pas donné pour s'occuper lui-même du cas du majordome ? Il n'avait jamais aimé cet homme prétentieux, abus de pouvoir mais ne pensait pas qu'il aurait pu en arriver là, s'il avait su... S'il avait su. Sa colère s'envola aussi vite qu'elle était arrivée. S'il avait su, il n'aurait pas cherché à virer Winry qui avait su lui parler avec franchise des problèmes qu'il ne voulait pas affronter. S'il avait su, il n'aurait pas chercher à se venger d'elle, cherchant à l'humilier et à la rabaisser pour cacher sa propre faiblesse. S'il avait su, il lui aurait dit ce qu'il pensait d'elle. S'il avait su, il n'aurait pas cherché à cacher ses sentiments dans les bras d'une femme creuse, sans saveur. S'il avait su, il serait sien.

Le jeune homme ravala ses larmes, il n'était pas là pour pleurer sur lui. Il s'approcha doucement de la jeune femme comme on s'approche d'un animal sauvage et parla avec sa voix la plus douce :

« - Je vais m'occuper de toi Winry maintenant. Je suis tellement désolée Winry. Ô Winry... »

Edward actionna le robinet d'eau chaude, faisant glisser les perles d'eau sur le corps abîmé de la jeune femme. Il pouvait voir sur son corps les marques du majordome, sentir sa présence sur son corps. Et cela le répugnait, le révulsait. Avec douceur, il entreprit de laver le visage de Winry, essayant de gommer les sillons de larmes. La jeune femme s'était assise dans la baignoire et attendait, patiente. L'eau brûlante avait l'air de la raviver quelque peu. Puis, Edward savonna son dos, essayant de détendre ses muscles tendus, endoloris. Lorsqu'il arriva à son buste celle-ci ne réagit pas. Il pouvait voir les marques des ongles du majordome dessiner un balais macabre sur ses seins. Le jeune homme fit une pause tant pour laisser du répit à la belle que pour se donner du courage. La jeune femme commença à trembler de froid. Edward ralluma l'eau chaude pour la soulager, mouillant sa longue chevelure dorée. Il ne pouvait s'empêcher d'admirer sa beauté. Malgré les épreuves qu'elle avait traversées, elle restait magnifique à ses yeux. Vulnérable mais incommensurablement magnifique. Puis il retourna à sa tâche, nettoyant ses pieds, ne remarquant pas le brusque arrêt de respiration de la jeune femme. Lorsqu'il monta, toujours plus haut pour effacer les traces immondes de sa souillure, il ne remarqua pas le regard bleu braqué sur lui, ni les muscles tendus de Winry.

En une fraction de seconde, elle revînt à elle. Elle n'avait pas tout à fait conscience du monde autour d'elle mais sentait plus que jamais une main inconnue s'approchait d'elle, de sa chair. Elle se recroquevilla, les mains sur la tête en hurlant :

« - NE ME TOUCHES PAS ! NE ME TOUCHES PAS ! »

Comme une supplique. Comme une longue et infinie litanie qui trahissait une douleur et une blessure de plus en plus présentes, de plus en plus envahissantes. Edward recula, ne sachant que faire. La jeune femme se leva, tremblante et dégoulinante et sortit de la baignoire, le regard fou et paniqué d'une proie qui se sait acculée. Puis, Winry se mit à parler à une vitesse folle, débitant des phrases que le jeune homme n'arrivait pas à saisir.

« - Winry, tu me fais peur. Je t'en prie calmes-toi. C'est moi, Edward. »

A la mention de ce prénom, Winry fut prise d'une rage folle et elle l'invectiva avec toute la fougue et la hargne dont elle était capable :

« - Tout est de ta faute ! De ta faute ! Si tu n'avais pas été si prétentieux et arrogant, si tu n'avais pas cherché à être supérieur aux autres alors qu'en fait tu es un être fragile... Si tu n'avais pas cherché à me virer je n'auras pas eu à passer cet immonde accord avec lui. Je n'aurais pas eu à subir... Je n'aurais pas eu à … »

La jeune femme ne put finir mais elle resta plantée là, nue mais fière, voulant montrer au monde qu'elle se relevait. Qu'elle espérait se relever. Lorsqu'elle regarda Edward, elle vit que celui-ci pleurait. Il s'avança vers elle et la colla à lui, cherchant un réconfort qu'il ne trouverait pas. Le corps de Winry était tendu contre le sien. Il serra son corps si fort qu'ils eurent tout deux du mal à respirer. Ils tombèrent à genoux, enlacés l'un à l'autre. Winry tendit difficilement un bras vers lui et s'accrocha à lui comme s'il était son dernier refuge. Elle nicha son visage dans le creux de l'épaule d'Edward et ils pleurèrent ensemble, inondant le corps de l'autre, se réconfortant de la chaleur de l'autre. Longtemps après, lorsque leurs larmes furent taries, Winry planta son regard bleuté dans le doré du jeune homme, y posant une foule de questions silencieuses. Me soutiendras-tu ? Puis-je te faire confiance ? M'aimeras-tu comme je suis ? Les réponses qu'elle y lut eurent l'air de la satisfaire et un piètre sourire s'épanouit sur son visage. Edward plaça le visage de la jeune femme dans ses mains et ses lèvres se posèrent sur leurs consœurs. Mais Winry ne pouvait pas y répondre, pas encore. Il était trop tôt. Trop de souvenirs tenaces y étaient restés accrochés. Elle s'excusa d'un regard et les deux jeunes gens se remirent debout, main dans la main.

N'ayant pas de vêtement à se mettre, Winry enfila un tee-shirt et un boxer d'Edward. Elle se glissa sous les draps, abattue de sa journée. Lorsque le jeune homme éteignit la lumière et commença à sortir de la pièce, Winry se releva brusquement, paniquée :

« - NON ! Je t'en prie. N'éteins pas. Pas ce soir. Restes avec moi. Ne me laisses pas seule. »

Edward s'allongea donc aux côtés de la jeune femme, lui caressant les cheveux. Ce ne fut qu'au bout d'une longue heure qu'elle réussit à s'endormir. Le jeune homme se releva alors et partit s'occuper du majordome.

Le chef Breda attendait à la porte des quartiers des Elric et ne fit aucun commentaire lorsqu'il vit les yeux rougis et gonflés de larmes d'Edward.

« - Où est-il ?

- Enfermé dans un placard, bâillonné et ligoté comme le fils de pute qu'il est Monsieur.

- Bien, appelez le chauffeur s'il vous plaît. Je voudrais l'emmener chez mon père, qu'il ne reste pas un instant de plus au domaine, elle ne pourrait pas le supporter. Si vous pouviez l'accompagner et expliquer la situation à mon père, je vous en serais éternellement reconnaissant.

- Oui Monsieur. Mais je ne garantis pas sa survie jusque là Monsieur.

- Aucune importance. Je vous remercie Breda. Infiniment. »

Et le chef partit. Puis, Edward alla voir Fuery et Alphonse aux cuisines, leur expliqua brièvement la suite des événements et les laissa.

Le lendemain matin, les jeunes gens se levèrent tard, profitant de la quiétude et du confort du lit. Après un petit-déjeuner frugal et silencieux, Winry posa la question qui lui brûlait les lèvres :

« - Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- Je me suis occupé de tout, ne t'inquiètes pas. Tu ne le reverras plus jamais.

- Je.. je ne comprends pas. Tu t'en es occupé ? Questionna Winry.

- Je l'ai envoyé ailleurs, là où il ne pourra plus jamais te faire du mal. Mon père va se charger de lui.

- Et.. Et la police ? Demanda la jeune femme.

- Pas besoin de les appeler, on va s'occuper de tout.

- Mais...

- Ne t'inquiètes pas tout est fini. »

Winry fronça les sourcils, mécontente.

« - Non. Rien n'est fini. Je veux le traîner en justice. Je veux que ce salopard se retrouve sous la lumière des projecteurs pour ce qu'il a fait. Qu'il avoue au monde entier l'être immonde qu'il est. Que les jurés le mettent en pièces et qu'il se fasse tabasser à en saigner lorsqu'il sera en prison. A son tour d'être brisé, dépossédé de tout ce qu'il a.

- Mais Winry... débuta le jeune homme

- Pourquoi tu ne veux pas comprendre ?

- Ce n'est pas ça mais... je ne peux pas... imagines le scandale que ça ferait... et si mon père... »

Le visage de Winry se ferma. Elle s'était donc finalement trompée sur son compte. Il ne voulait pas salir la réputation des Elric. Finalement, elle ne pouvait pas compter sur lui. Soit, elle se débrouillerait seule. Comme toujours. Remarquant son brusque changement d'humeur, et comprenant sa bêtise, Edward tendit sa main vers la jeune femme mais il fut très vite rabroué. Winry se leva, demanda au jeune homme qu'il lui apporte des affaires et, cela étant fait, elle s'enferma dans la salle de bains. Une heure plus tard, elle était résolue. Elle ferait payer Kimblee, avec ou sans Edward. Une fois face au jeune homme, elle lui dit calmement :

« - Je vais faire un tour dans le jardin.

- Bien sur, laisses-moi prendre mon manteau.

- Seule. »

Winry ne pouvait se permettre d'avoir la présence du jeune homme à ses côtés, sinon elle faiblirait. Lorsqu'elle se retrouva dans le jardin, le parfum des fleurs mit un peu de baume sur ses blessures. Elle passa un long moment à caresser Den. A lui faire ses adieux. Car Winry partait. Mais Den ne voulait pas la laisser malgré les suppliques de la jeune femme. Elle soupira et haussa les épaules :

« - Très bien. Alors viens Den. Mais tu n'auras pas le luxe et le confort d'ici, tu es prévenu ! »

Le chien aboya joyeusement, la queue battante, comme s'il cherchait à clore un marché.

Et c'est ainsi que Winry disparut, emportant avec elle ses souffrances et un chien à trois pattes.

Edward n'était plus que l'ombre de lui-même. Il avait tout gâché, tout perdu par pure vanité et arrogance. Jamais il ne se le pardonnerait. Les jours passèrent, fades et sans couleurs. Puis les semaines, les mois, les saisons. Mais toujours aucune nouvelle de celle qui pourrait sauver son cœur.

Edward inspira profondément et souffla ses vingt-deux bougies. Déjà trois ans qu'elle était partie. Qu'il ne vivait plus qu'à moitié. Ses sourires ? Tous faux. Ses projets ? Sans intérêt. Il avait succédé à son père il y avait de cela six mois et c'était un homme d'affaires accompli mais un homme de cœur désabusé. Il avait refusé les avances des innombrables femmes qui l'avaient courtisé, ne voyant en elles qu'un pâle reflet de la femme qui hantait ses pensées. Dans la soirée, il alluma la télé et ce qu'il vit le fit pleurer. Elle était là. A la télé. Elle rayonnait. Ses cheveux blonds avaient poussés et encadrés son visage d'une beauté sans nom. Ses yeux reflétaient la couleur majestueuse d'un ciel sans nuage. Plusieurs micros essayaient de capter ses paroles. Edward augmenta le son :

« - Mademoiselle Rockbell ! Comment vivez-vous à la veille de ce procès sulfureux ? Questionna une journaliste.

- Comme quelqu'un qui attend sa revanche depuis bien trop longtemps. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire. »

Et Winry sortit du cadre, un chien sur ses talons. Den ? Mais... Était-ce un auto-mail qu'Edward voyait, remplaçant la patte manquant du chien ? Décidément, cette femme la surprendrait toujours. Une journaliste brune se présenta face aux caméras :

« - Demain nous assisterons au procès public du majordome Kimblee du domaine Van Hohenheim accusé de viol sur Mademoiselle Rockbell. Depuis sa plainte, les services de police ont recensé huit autres cas similaires. Le majordome Kimblee risque la peine de mort. C'était Maria Ross pour Amestris Channel One. »

Edward se leva brusquement de son siège et courut vers le bureau de son frère débitant rapidement ces paroles, fébrile :

« - Annules mes rendez-vous pour demain.. Non. Pour le reste de la semaine. Je l'ai vu. Elle était là. A la télé Al ! Elle sera au procès. Je dois y aller. Je dois la voir. Je dois m'excuser.. Il faut que...

- Ed, calmes-toi. Ce n'est pas en lui sautant dessus comme une furie que tu arriveras à quelque chose. »

Edward acquiesça. Son petit frère était devenu un jeune homme d'une grande prestance et d'une bonté exceptionnelle. Il ferait fureur auprès des femmes, Edward en mettrait sa main à couper.

Le lendemain, Edward était dans la salle d'audience, assis sur les bancs. Il la vit entrer, la tête haute, droite et fière. Son cœur se serra lorsqu'il entendit le récit de ce qu'elle avait subi, lorsqu'elle essuya discrètement une larme de son visage. Son regard doré irradiait, cherchant à capter son jumeau bleu. Lorsque la jeune femme le remarqua enfin, elle ne put s'empêcher de buter sur ses mots, ayant perdu le fil de sa pensée. Elle détourna violemment le visage : elle se devait de rester concentrée.

Une fois le procès fini et Kimblee condamné à la peine capitale, le jeune homme attendit au bas des marches du tribunal espérant retrouver son aimée dans la foule compacte. Après vingt minutes d'attente douloureuse, il n'y avait presque plus personne et toujours pas l'ombre de la jeune femme. Les épaules voûtées, il fit demi-tour pour reprendre le chemin de la maison lorsqu'un cri interrompit sa marche :

« - Edward ! »

C'était elle, il aurait reconnu sa voix entre mille. Il se retourna vivement, fou d'espoir. Et il la vit, splendide, le fixant du haut des marches.

« - Edward ! Procédons à un échange équivalent ! Je te donne la moitié de ma vie et toi, tu me donnes la moitié de la tienne.

- Idiote, pourquoi se contenter de la moitié, je suis prêt à te donner tout ce que j'ai.. »

Edward ouvrit grand les bras et Winry courut le rejoindre. Leurs corps se collèrent pour n'en former plus qu'un et les lèvres, avides de désir, retrouvèrent leur âme sœur. Ils étaient complets, en parfaite alchimie.


Merci d'avoir lu jusqu'à la fin. Enfin... peut-être pas tout à fait...