Salut à tous !

Voici le chapitre 4 ! J'espère que vous serez nombreux à le lire ! Merci à toutes celles et ceux qui me suivent et aiment cette histoire !

Bonne lecture à tous.

Chapitre 4

Katniss

La journée est passée sans amélioration du côté du ciel. Les bourrasques de vent se sont renforcées, apportant toujours plus de fumée sur le District 12. Le courant n'est pas revenu non plus. Nous avons dû allumer un feu de camp de fortune dans le jardin, sous la tonnelle, pour pouvoir faire cuire le repas. Les enfants prennent ça pour un jeu, une sorte de camping sauvage improvisé qui a un petit goût d'aventure et d'imprévu. Je m'en réjouis au moins, nous n'avons pas à les rassurer sans cesse. Nous sommes les seuls à nous ronger les sangs.

Vers cinq heures du soir, il fait déjà nuit et sans soleil de la journée, le fond de l'air est frais. Cela doit faire la vingtième fois que je relis la même page du livre posé sur mes genoux. Immanquablement, mon attention est attirée ailleurs, vers les cris des enfants qui jouent dans leur chambre au premier, vers l'aboiement lointain d'un chien qui hurle à la mort, quelque part en ville, vers le bruit des roues d'une voiture qui descend l'avenue principale.

Peeta dépose un bougeoir sur la table basse près de moi.

— Tu vas t'abîmer les yeux, me dit-il dans un souffle.

Effectivement, j'ai dû mal à déchiffrer les lettres sur la page en face de moi. Je le remercie d'un hochement de tête, lointaine et perdue dans mes pensées.

Beetee saurait sûrement quoi faire… Je suis sûre qu'il aurait déjà remis le courant !

Et tout à coup, je sursaute je viens d'avoir une idée ! Comme piquée par une mouche, je bondis de mon siège, lâchant le livre qui tombe au sol avec un bruit mat et reste ouvert, face au tapis.

Peeta tressaille à son tour en me voyant filer à toute vitesse vers l'étage.

— Katniss ! Qu'est-ce qu'il y a ? m'interpelle-t-il.

Mais, je ne prends pas le temps de lui répondre et ne m'arrête qu'une fois dans notre chambre. Peeta ne tarde pas à m'y rejoindre je le sens dans mon dos qui m'observe depuis la porte tandis que je fouille fébrilement dans notre armoire.

— Mais qu'est-ce que tu cherches ? murmure-t-il, intrigué.

Je pousse les piles de vêtements, glisse ma main jusqu'au tréfonds du meuble et enfin, mes doigts touchent le côté lisse et dur d'une boîte. Je l'attrape et l'extirpe de sa cachette avec satisfaction.

Fébrile comme un enfant devant un coffre au trésor, je m'assois sur notre lit et pose le précieux récipient sur mes genoux. Peeta, de plus en plus curieux, s'avance et prend place sur la couette, à mes côtés. Il scrute la boîte en sapin, décorée de motifs floraux sculptés à la main. C'est Gale qui me l'a offerte pour notre mariage. C'était censé être une boîte à bijoux mais, en réalité, elle renferme tout autre chose. Je défais le loquet et soulève le couvercle. A l'intérieur, divers objets sont enveloppés dans un carré de soie rouge : ma broche de geai moqueur, la montre connectée fabriquée par Beetee, l'écusson qui ornait ma dernière tenue de combat pour le district 13 et un petit cylindre de métal argenté, délicatement sculpté.

Peeta murmure :

— J'ignorais que tu avais gardé tout ça…

Je caresse entre mes doigts ma broche dorée comment aurais-je pu m'en séparer ? Et en même temps, je ne me vois pas la porter tous les jours. Elle représente une part de ma vie qui est à jamais derrière moi. Je ne suis plus le Geai Moqueur à présent je ne le serai plus jamais.

Je suis redevenue simplement Katniss. Ici au 12, c'est ainsi que me voient les gens que je rencontre et que je côtoie tous les jours.

Peeta me contemple en silence, mesurant le poids de ce secret, essayant sans doute d'évaluer à quel point ces objets comptent pour moi et surtout de comprendre pourquoi je le lui ai caché. Au bout d'un moment, il demande :

— Je ne crois pas avoir jamais vu ce truc, qu'est-ce que c'est ?

Il désigne le cylindre argenté.

Je souris et m'en saisis avec agilité. Le métal est froid dans ma paume, lourd à mon bras. Ce poids a quelque chose de familier et de rassurant. Mes doigts s'adaptent parfaitement au manche rond, strié de gravures. Au contact de ma peau, un déclic se fait entendre et le cylindre s'ouvre de part et d'autre. Un arc d'acier se déploie, magnifique et élancé.

Peeta émet un petit sifflement d'admiration.

— Il est superbe ! D'où le sors-tu ?

— Beetee l'a conçu pour moi. Au début, je ne voulais pas l'accepter. Je lui ai répondu que je n'en aurai plus besoin désormais. Mais il m'a répondu : « on ne sait jamais, prends-le ». De toute manière, personne d'autre ne peut s'en servir, il est calibré sur mon empreinte génétique.

Je fais pivoter mes doigts sur le manche central et l'arc se replie aussitôt, comme s'il était un prolongement de mon bras et m'obéissait à la simple pensée.

Je le repose dans la boîte et me saisis de la montre connectée.

— J'ai pensé qu'elle fonctionnerait peut-être vu qu'elle transmet par satellite.

— Bonne idée ! Tu crois que l'installation de Beetee fonctionne encore ?

— On va vite le savoir.

Je passe l'engin à mon poignet et l'active. L'écran vert s'allume. Le témoin de pile est faible mais, je devrais quand même pouvoir faire une tentative.

Je tente une connexion automatique vers le serveur qu'utilisait Beetee pour rester en contact lorsque nous étions sur le terrain. L'appel cherche et cherche encore et je commence à désespérer lorsque la voix de Beetee nous parvient enfin.

— Katniss, c'est bien toi ? demande-t-il.

La communication est extrêmement mauvaise, crachotante mais, nous avons une liaison.

— Oui, c'est moi. Nous sommes coupés du reste de Panem et il y a un grand incendie dans le 6, tout proche de nous.

— Je sais. Il y a eu des attentats, Katniss. Des explosions dans plusieurs districts. Les terroristes ont fait sauter l'usine de production électrique en premier, puis les réserves de carburants du 6. C'est de là que vient l'incendie. Il parait que les flammes poussées par le vent sont devenues incontrôlables. La moitié du district 6 est la proie du feu. La voie ferrée a aussi été coupée au niveau du 7e district. D'après Plutarch que j'ai pu joindre ce matin, le Capitole s'est retranché derrière des lignes de sécurité. Les militaires dressent des barrages aux portes de la Cité pour prévenir un nouveau coup d'Etat. Il ne faut attendre aucune aide de leur part. Nous sommes seuls, Katniss.

Je croise le regard de Peeta et je vois à son visage qu'il réfléchit à toute vitesse aux conséquences des nouvelles que vient de nous donner notre ami.

— Toi ça va ? lui demandé-je enfin.

— Pour l'instant oui. Je suis retranché dans mon bureau j'y travaillais quand l'électricité a été coupée. Je préfère rester ici pour assurer un lien entre les districts. Johanna m'a appelée aussi il y a une heure, et j'ai eu des nouvelles du district 4 dans la nuit. C'est la panique partout. Et, Katniss…

Il se tait une seconde et j'ai peur que la ligne ne soit interrompue mais, il finit par ajouter :

— Le 13 est menacé aussi. Plutarch pense que c'est l'objectif ultime des terroristes. S'ils s'emparent des armes nucléaires…

— Le Capitole tombera…

Ma voix est blanche mais je ne parviens pas à imaginer ça possible.

Nous voilà devant une nouvelle crise, peut-être la pire que nous avons traversée depuis 10 ans. A côté de ça, la prise d'otage du palais Présidentiel d'il y a six mois, c'était vraiment un amusement. Là, on parle d'armes tellement puissantes qu'elles pourraient réduire des Districts entiers à l'état de poussière et tuer des milliers de personnes.

— Je te rappelle si j'ai du nouveau, me dit Beetee.

— D'accord, on reste en contact.

La montre s'éteint.

Le voyant de batterie se met à clignoter en rouge.

— Il va falloir trouver d'urgence une batterie neuve, constaté-je.

Peeta hoche lentement la tête et murmure d'une voix grave :

— On va devoir dire aux autres ce qu'on a appris, Katniss… Et il va falloir s'organiser rapidement.

— A quoi tu penses ?

— Dès demain, je vais retourner à la boulangerie. Je vais faire du pain, autant que je pourrais parce que si la voie ferrée est coupée, nous n'allons plus recevoir d'approvisionnement et ce sera très vite l'affolement. Nos provisions sont maigres. Nous dépendons totalement des livraisons que ce soit en viandes ou en légumes. Et sans électricité, tout va devenir vite très compliqué. Il faut au moins que les gens aient du pain à manger sans quoi, tout va très vite dégénérer et tourner à l'affrontement.

Oui, je n'y avais pas pensé.

— Nous avons survécu avec bien moins sous le règne de Snow, le rassuré-je, nous survivrons encore.

Il m'attire brusquement contre lui et me serre dans ses bras avec une force presque violente. Il m'embrasse dans les cheveux et il murmure, si bas que je l'entends à peine :

— Qu'est-ce que je ferais sans toi, mon amour ?

Je reste ainsi blottie contre lui, dans sa chaleur, quelques instants encore avant de me lever. Je range soigneusement la boîte et ses secrets au fond de l'armoire, ne conservant que la montre avec moi. Puis, je tends ma main à Peeta et ensemble, nous redescendons au salon où nos amis attendent en discutant.

Lorsque j'ai terminé mon récit, tout le monde reste silencieux, le temps d'assimiler les informations.

— Il n'a aucune idée de l'identité des terroristes ? Ni de ce qu'ils veulent ? questionne finalement Cinna, intrigué.

— Non, Beetee ne nous a rien dit à ce sujet.

Finnick se lève et s'avance vers Peeta :

— Tu vas peut-être avoir besoin d'aide demain matin je ne sais pas trop de quoi je serai capable mais, tu peux compter sur moi.

Peeta lui tape sur l'épaule pour le remercier et Annie ajoute :

— Moi aussi, je peux aider au comptoir pour organiser la distribution si tu veux.

— Super, c'est très gentil à vous deux. En plus, mon apprenti était parti en voyage chez sa sœur qui vit au 8e je ne pense pas qu'il pourra revenir de sitôt si les trains ne circulent plus.

— Je vais retourner à l'hôpital essayer d'organiser les gardes et les urgences. Si la situation perdure, les groupes électrogènes vont vite s'épuiser. Et sans électricité, un grand nombre de nos appareils ne vont plus fonctionner. Il va falloir trouver des alternatives, éclairer le bloc opératoire d'une autre manière… déclare soudain Prim, soucieuse.

— On pourrait peut-être remettre en route la vieille usine à charbon elle alimentait le District il y a encore cinq ans. Elle est peut-être encore en état, déclare tout à coup ma mère.

Peeta fait une moue perplexe et réplique :

— Oui, l'idée est bonne, le problème c'est que cela fait des années que la mine ne tourne plus. Nos réserves de charbon doivent être minimes.

— Le filon n'était pas épuisé quand le Maire a décidé de la fermer, on peut peut-être y puiser ce qu'il nous faut, ajoute ma mère.

— Et pour la nourriture, on peut chasser en forêt, propose Finnick. Et Kat, tu m'as racontée que tu allais nager dans un lac avec ton père quand tu étais petite, il y a peut-être des poissons dans ce lac, non ?

Je hoche la tête oui, bien sûr qu'il y en a. J'ai bien souvent eu recours à cette solution pour nourrir Prim et ma mère lorsque la chasse n'avait rien donné. Un semblant de projet prend forme dans mon esprit un semblant d'ordre dans ce chaos et ça me rassure.

— Demain matin, j'irai parler au Maire, tranché-je. Il va falloir que tout le monde y mette du sien si nous voulons surmonter cette nouvelle crise !

Le soir venu, Prim et Cinna rentrent chez eux, à pieds, sous un grand parapluie prêté par ma mère. Sur le seuil, Maman insiste soudain pour qu'ils restent chez elle mais, Prim refuse, les joues roses, un rien gênée. Je retiens mon rire et prends le bras de ma mère en déclarant d'une voix qui ne laisse place à aucune polémique :

— Ne t'inquiète pas, ils ne risquent rien. Et de toute manière, tu restes avec nous cette nuit, Maman.

Prim m'adresse un regard reconnaissant et s'accroche vivement au bras de Cinna pour sortir. Je les regarde s'éloigner depuis la porte ouverte lorsqu'ils atteignent le portillon qui ferme notre jardin, Prim se retourne et m'adresse un petit geste de la main et un sourire. Je lui réponds de même et suis leurs silhouettes enlacées qui s'enfoncent dans la brume grise. Une bourrasque soudaine soulève un tourbillon de poussière qui les enlace et les fait disparaître de mon champ de vision.

Je referme doucement la porte, sans bruit. Les enfants passent en courant dans le couloir et grimpent quatre à quatre les marches de l'escalier. Manu a beau être le plus petit, il n'est pas en reste. Jonas, l'aîné de Finnick lui prend la main et l'aide à grimper. Une fois sur le palier des chambres, ils courent pour rattraper les filles qui les ont devancés. Je secoue la tête rien ne semble les effrayer ni les tracasser. Notre monde est sombre et noyé sous une pluie de cendres mais, ils jouent, rient et chahutent comme si demain, le soleil allait se lever sur un ciel sans nuage.

Que j'aimerai avoir leur âge ! Leur innocence !

Puis je me souviens qu'à leur âge, je crevais de faim et de froid… Alors, tout compte fait, nous ne sommes peut-être pas si mal que ça, malgré tout.

Peeta pose un gilet sur mes épaules. Je ne me suis pas aperçue que je frissonnais.

— Merci… soufflé-je.

— Viens, je vais allumer un feu, il commence à faire froid avec ce vent.

J'aide ma mère et Annie aux fourneaux tandis que Peeta et Finnick coupent des bûches dans la grange. J'entends le claquement régulier de la hache qui s'abat sur le bois et le fend en deux. Lorsqu'ils rentrent tous deux, une demi-heure plus tard, deux paniers de bois dans les bras, nous mettons la table. Les enfants ne courent plus à l'étage, ils sont tout à coup étonnamment sages. Peeta allume une flambée et presque aussitôt, une délicate odeur de sève remplit la pièce. La chaleur douce du feu se développe et rayonne dans le salon, repoussant l'humidité et le froid.

— A table ! crie Annie depuis le pied de l'escalier.

Les petits dévalent les marches :

— Doucement ! On ne court pas dans l'escalier ! Combien de fois vais-je devoir vous le répéter ! ajoute-t-elle d'une voix plus sévère.

Ses enfants ralentissent le pas et s'excusent en passant près d'elle. Les miens les imitent et je reste stupéfaite. Annie est vraiment une mère remarquable. Elle arrive toujours à se faire obéir sans jamais élever la voix j'avoue que je l'admire vraiment !

Durant le repas, tout le monde mange tranquillement, à la lueur du feu et des bougies qui commencent à se consumer sur la table. Il m'en reste encore six dans le bahut… Je les ai comptées tout à l'heure… J'ignore combien de temps nous pourrons tenir avec cette maigre réserve.

Tout à coup, au milieu d'un silence, la voix de Téhani s'élève et demande :

— Maman ?

— Oui, ma puce ?

— Est-ce qu'on va tous mourir ?

Ces mots nous glacent tous jusqu'aux os et je me raidis :

— Mais non, ma chérie ! Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

— Jonas a dit que le soleil était parti pour toujours et qu'on allait tous mourir, ajoute-t-elle.

Annie pose un regard consterné sur son fils aîné. Tous les visages se tournent vers le magnifique enfant blond âgé de neuf ans à peine, sans savoir quoi répondre.

Peut-être ne sont-ils pas aussi sereins que je le croyais, en fait…

Annie se lève et vient s'agenouiller près de son fils. Elle pose sa main sur sa cuisse et fixe son regard dans le sien. Son visage est calme, doux, apaisant.

Elle murmure :

— Il ne va rien vous arriver, mes chéris. Papa et moi, nous ne laisserons jamais quoi que ce soit de mal vous atteindre.

J'ai la gorge serrée, nouée par une émotion étrange que je ne contrôle pas mais, je me lève à mon tour et enlace mes deux enfants, assis côte à côte autour de la table. Leurs petites mains s'accrochent à mes bras avec une force surprenante.

— Je vous promets que tout va bien se passer… dis-je à mon tour, pour les calmer.

Téhani appuie sa tête contre mon bras, à la recherche d'un câlin. Je me penche vers eux et dépose un baiser dans les cheveux bruns de ma puce et un dans ceux d'or de mon fils avant d'ajouter :

— Personne ne va mourir.

Et curieusement, cette fois, j'ai l'impression qu'ils me croient. Tous leurs yeux sont braqués sur moi, adultes comme enfants et je peux voir sur leur visage cette lueur d'espoir qui tout à l'heure n'existait pas.

C'est quelque chose que je ne comprendrai jamais… Cette foi absolue et sans concession que les gens semblent avoir en moi, en mes paroles, depuis la guerre, je me l'explique toujours pas.

Pourtant, s'ils pouvaient lire en moi, s'ils savaient à quel point j'ai peur, à quel point mes mots me semblent vides de sens et de certitude… A quel point, moi-même je n'y crois pas, ils ne me fixeraient peut-être plus avec la même conviction…

Mais, ils voient une autre Katniss, une autre femme. Plus forte. Plus confiante que je ne le suis.

Ils voient encore et toujours la Fille du Feu qui défia le Capitole et tint tête à Snow.

Tous, sauf un. Peeta.

Lui me fixe avec une intensité grave et puissante. Lui lit en moi, et il sait que je suis terrifiée. Je me mordille la lèvre et rive mon regard au sien pour y trouver la force qui me fait défaut.

J'inspire lentement, pour obliger mon cœur qui tambourine à se taire, à calmer sa caracole bruyante et je reprends ma place à table, comme si rien ne s'était passé.

Tout le monde se remet à manger, les conversations reprennent, Carly, la fille d'Annie éclate même de rire lorsqu'elle fait tomber un morceau de viande sous sa chaise et que Cookie se précipite pour le lui chiper.

Je garde un instant mes mains jointes sur mes genoux je tremble tellement que je serais incapable de tenir ma fourchette sans la lâcher.

Et tout à coup, les doigts brûlants de Peeta se referment sur ma peau glacée, sous la table. La pression de sa main est ferme, appuyée par ses yeux bleus intenses qui caressent mon visage. Je déglutis lentement et m'efforce de lui sourire. Mes doigts se mêlent aux siens, et en silence, nous partageons nos doutes et nos craintes.