Salut tout le monde !

J'ai été ravie de vos commentaires ! Merci à vous tous de m'avoir suivie dans cette aventure ! J'ai pris énormément de plaisir à écrire ces 3 histoires et a vous les faire partager.

Voici un petit chapitre bonus, que j'ai voulu comme une petite douceur pour clôturer cette aventure. J'espère que cela vous plaira...

Bisous

Epilogue

Katniss

Cinq mois plus tard

Assise sur la balancelle blanche, sous le porche de notre maison, emmitouflée dans un grand châle, je regarde mes enfants jouer dans le jardin avec ma mère. Ils rient et se courent après, poursuivent le chat, tombent dans la neige et rient encore.

C'est si bon de les regarder, simplement, sans crainte. D'ici peu, ils rentreront prendre un bon goûter avant de se blottir près de la cheminée où un bon feu nous attend.

Je me balance doucement j'ai sommeil.

J'ai encore fait un cauchemar la nuit dernière. Je me suis réveillée en hurlant, dans les bras de Peeta qui me secouait. Ils s'espacent peu à peu mais, j'en fais encore trop à mon goût. J'ai l'impression de ne jamais être en paix. Cette illusion d'insécurité me hante et sans la présence de Peeta à mes côtés, me rendrait complètement folle.

Justement, j'entends la porte d'entrée qui se referme et je devine le pas de mon mari qui traverse le salon pour venir me rejoindre.

Il ouvre la porte vitrée et me sourit, accoudé à l'embrasure de la fenêtre.

— Fini journée ? lui dis-je en lui tendant ma main.

Il hoche la tête, fatigué mais satisfait de son travail accompli. Il attrape mes doigts avec douceur, referme la porte derrière lui pour garder la chaleur de la maison et vient s'asseoir sur la balancelle à mes côtés.

Comme il a quitté sa veste dans l'entrée, je lui ouvre mon châle pour qu'il vienne s'y réchauffer. Il en profite pour se serrer contre moi plus que nécessaire il glisse son bras autour de ma taille et rapidement, ses doigts se faufilent sous le bas de mon pull pour caresser ma peau. Il soupire et pose sa joue contre mon épaule. Je sens son souffle chaud courir dans mon cou et je me sens bien.

Je prends conscience de ce que j'ai, du cadeau que m'a offert la vie et de combien cet équilibre est aussi parfait que fragile.

Depuis notre retour du 13, nous avons soigné nos blessures, enterrés nos morts et créé de nouvelles et grandes amitiés. Mais, nous avons aussi durement réalisé que notre bonheur n'était jamais acquis et que nous allons devoir continuer à nous battre pour défendre notre manière de vivre.

Parce que quel que soit le nom qu'ils se donnent, leur bannière ou leur leader, il y aura toujours des fanatiques pour mettre en danger notre mode de vie.

Je ne suis plus dupe je sais que cela ne cessera peut-être jamais. Que la démocratie est quelque chose qui se mérite et pour laquelle chaque jour est une lutte. Nous avons si longtemps vécu sous le joug de la dictature que c'en est devenu une façon de vivre pour certains et cette idéologie risque de perdurer quelques années encore…

Peeta caresse mon dos, en remontant lentement. Ses doigts forment des cercles sur ma peau, effleurent les cicatrices de mes récentes blessures et diffusent de délicieux frissons le long de ma colonne vertébrale.

— Ils arrivent à quelle heure ? me demande-t-il tout à coup dans un souffle.

— Vers dix-neuf heures, je pense.

Nos voix se meurent nous contemplons nos enfants qui roulent à présent une grosse boule de neige, sans doute pour en faire un bonhomme. Téhani s'arrête pour rajuster son gant et jette un coup d'œil vers nous. Elle aperçoit alors son père et lui adresse un grand signe de la main.

Peeta répond de même. Un immense sourire illumine son visage et éclaire sn visage, comme à chaque fois qu'il contemple nos enfants. Je crois qu'il était vraiment fait pour être père. Ce rôle lui va comme un gant et je crois qu'il adore ça.

J'ai eu raison…

Puis, notre fille retourne jouer avec sa grand-mère et, dans un grand éclat de rire, la bombarde de boules de neige.

Nous avons invité Prim et Cinna à dîner ce soir j'ai tué un faisan ce matin en forêt et il est en train de dorer au four avec des pommes de terre.

Peeta jette un œil à sa montre puis se lève en m'attirant avec lui. Je suis le mouvement, un rien surprise, tout en lui jetant un coup d'œil interrogatif. Un demi-sourire relève sa lèvre et je comprends.

Je jette un coup d'œil machinal vers les enfants, en sécurité avec ma mère, avant de le suivre, main dans sa main vers la maison.

Nous rentrons d'un pas tranquille mais, à peine la vitre refermée, Peeta m'enlace avec une urgence nouvelle.

— Peeta… dis-je, surprise.

Il étouffe mes paroles d'un baiser brûlant je glisse mon bras autour de sa taille, l'autre autour de son cou et m'abandonne à la tendresse dévorante de l'instant. Ses lèvres picorent les miennes, goûtent ma peau le long de mon cou, y laissant une caresse brûlante, urgente.

Puis, pas à pas, il m'entraîne vers l'escalier, l'air de rien. Amusée, je le suis, tanguant dans ses bras, m'accrochant à lui et à ses épaules solides, riant doucement, lèvres contre lèvres.

Nous dérivons ainsi, entre caresses et baisers, jusqu'à notre chambre dont Peeta referme la porte d'un léger coup de pied.

Je m'immobilise, soudain presque intimidée par cet élan de désir qui nous dévore tous deux. Peeta doit voir le trouble dans mes yeux car, il s'avance soudain plus lentement, comptant et mesurant ses gestes, comme avant. Comme lorsque tout était compliqué entre nous, que mes sentiments n'étaient pas clairs et se bousculaient en moi.

A présent, je sais que je l'aime, plus que ma propre vie mais parfois, justement, cet amour m'apparaît si puissant qu'il me désarçonne, me terrifie presque. C'est un peu fou de réaliser que lorsqu'on aime à ce point, on ne s'appartient plus vraiment. On appartient à l'autre. On respire pour son souffle, on se nourrit de ses baisers.

Il pose sa main sur mon bras et tout à coup, c'est toute ma peau qui brûle, comme si un incendie couvait sous mon derme et ne demandait qu'à être libéré.

Je me serre contre Peeta, pose mes lèvres au creux de son cou pour un baiser. Il soupire et me serre plus fort contre lui, si fort que je suis comme prisonnière. Sereine et merveilleusement bien, je murmure :

— C'est si bon d'être dans tes bras…

Il écarte mon châle qui tombe nonchalamment de mes épaules puis m'ôte mon pull-over. Il dévoile ma peau claire, encore marquée des stigmates de notre dernière bataille, mes sous-vêtements blancs en dentelle délicate. Il me contemple, comme si j'étais une merveille, sa merveille. Puis, il recommence à m'embrasser, les lèvres, le cou et m'entraîne doucement dans des méandres de douceur et de tendresse. Je me retrouve allongée sur notre lit, dans la chaleur rassurante et forte de ses bras, tandis qu'il explore mon corps…

Jusqu'à ce que les enfants entrent en criant dans la maison, interrompant ce bref moment de magie…

— Papa ! Papa ! Maman ! hurle Téhani et Manu.

Leurs hurlements nous parviennent depuis le rez-de-chaussée.

Peeta éclate de rire contre mon épaule et je me laisser aller à l'ironie de la scène. C'est aussi ça notre vie…

Peeta dépose un dernier baiser sur mes lèvres mais, l'incandescence de l'instant est passée nous sommes redevenus des parents avant d'être des amants…

Mais, il me sourit et chuchote :

— Ce n'est que partie remise…

Je rougis comme une collégienne. Et tout à coup, je me languis que les enfants soient couchés ce soir et que la nuit vienne pour retrouver cet instant de grâce et de douceur…

Il me prend la main, ramasse mon châle pour me le tendre et ajoute :

— On y va ?

Je hoche la tête, souriante moi aussi, heureuse. Tout simplement.

Le temps de faire goûter les enfants et je m'attèle au repas du soir.

Cinna et Prim arrivent main dans la main vers 19h15. Prim m'apporte un magnifique bouquet de perce-neige qu'elle a ramassés dans le Pré cet après-midi en allant à la mine. Les fleurs blanches et or annoncent le printemps.

Finalement, l'installation minière a été ré-ouverte durant l'hiver. Les habitants du 12 ont réalisé qu'il valait mieux rester autonome en énergie au lieu de dépendre entièrement du Capitole et des autres districts.

Alors, Liam a été nommé ingénieur en chef de la mine et il a entrepris de grands travaux de rénovation et de sécurisation des galeries.

Les anciens de l'usine ont également repris du service, retrouvant un rôle clé dans une société qui les avait un peu abandonnés après la rébellion.

A présent, en plus des emplois créés, nous consommons notre propre électricité. Je trouve ça bien et je ne suis pas la seule. Les derniers événements ont changé pas mal de chose au 12. Les gens ont réalisé qu'ils ne s'étaient pas forcément bien comportés pendant la crise et ils essaient de se racheter une bonne conduite, si bien que notre district n'a jamais été aussi uni et solidaire. Comme quoi, dans tout mal se trouve un bien…

Prim est restée en contact avec Liam et elle l'accompagne dans sa rééducation, comme elle lui avait promis. Elle l'a déjà opéré une première fois et a bon espoir qu'il puisse retrouver une partie de sa mobilité d'ici quelques mois. Ils sont devenus de grands amis, et je crois pouvoir dire que Liam est le frère que nous n'avons jamais eu.

Tandis que j'installe les fleurs dans un vase, je jette un coup d'œil à ma sœur.

Elle a l'air d'aller mieux ses blessures ont mis du temps à cicatriser, plus encore que les miennes.

Elle fredonne doucement en me regardant faire. Et pour la première fois depuis des mois, elle semble enfin pleine de vie et de gaieté.

— Te voilà bien joyeuse, petite sœur ! lui dis-je, ravie.

Elle sursaute, comme si je l'arrachais à ses pensées et m'offre un sourire radieux, un rien mystérieux.

— Qu'est-ce tu me caches ? insisté-je.

Enigmatique, elle murmure :

— Tu le sauras au dîner…

J'ai beau essayer d'en savoir plus, elle reste silencieuse et change habilement de conversation, dérivant sur la dent de lait que Téhani a perdu hier.

— Et alors, la petite souris est passée ? demande-t-elle avec malice.

— Oui ! elle lui a laissé un biscuit et une belle pièce toute brillante sous son oreiller. Si tu l'avais vue au matin ! Qu'est-ce qu'elle était fière !

J'ouvre le four et sors avec précaution ma volaille toute dorée qui embaume toute la cuisine.

— Bon, je crois qu'on va pouvoir passer à table ! dis-je avec satisfaction.

— Hum ! Elle sent drôlement bon !

Complices, comme lorsque nous étions enfants, nous battons le rappel et toute la famille se retrouve réunie autour de la table, comme un jour de fête.

Je prends le temps de savourer cet instant mes enfants silencieux, attablés, qui regardent avec envie la volaille et le pain frais, les légumes dégoulinants de sauce que je dispose dans les assiettes.

Nous mangeons tranquillement, en discutant, échangeant et racontant les anecdotes de la semaine lorsqu'au dessert, je vois Prim échanger un regard avec son mari et s'éclaircir la gorge avant de dire :

— A propos… Cinna et moi avons quelque chose à vous annoncer…

Elle hésite, pose encore ses yeux sur Cinna, qui lui a pris la main avec tendresse avant d'ajouter :

— Ce bonheur, je l'espérais tellement que je finissais par croire qu'il n'arriverait jamais mais, aujourd'hui, ça y est… J'ai eu la confirmation ce matin, nous allons avoir un bébé !

Je sursaute je n'y crois pas !

Ma petite sœur va être maman à son tour !

Ma mère essuie ses yeux soudain mouillés de larmes les enfants me regardent sans trop comprendre, pas certains d'avoir bien compris.

Alors, je leur dis simplement :

— Prim va être maman, mes chéris ! Vous allez avoir un petit cousin ou une cousine !

Cette fois, c'est les cris de joie, les enfants quittent leur chaise et courent enlacer ma sœur.

Peeta se lève, serre la main de Cinna pour le féliciter et moi, j'attends.

J'attends que la liesse me permette à mon tour d'approcher, de prendre ma sœur et mon beau-frère dans mes bras.

J'attends de réaliser vraiment que mon petit canard a vraiment grandi que désormais, c'est elle qui devra prendre soin d'un enfant, comme j'ai jadis pris soin d'elle.

Le temps passe tellement vite !

Nous ne sommes plus les fillettes maigres et apeurées, alignées dans l'attente qu'on tire nos noms au sort, dans la folie des Hunger Games.

Nous sommes deux femmes fortes, indépendantes, amoureuses et mères.

Prim me fixe, les yeux emplis de larmes et d'une émotion pure et sereine.

Alors, je franchis l'espace qui nous sépare et je l'embrasse.

Je la garde serrée contre moi un long moment, pleurant avec elle de son nouveau bonheur, heureuse d'avoir survécu à toutes ces épreuves pour être là pour voir ça, pour partager cet instant magique avec elle.

FIN