Swinging Pendulum
Pendule oscillant
Note du traducteur : ceci est une TRADUCTION de la superbe fic de Cywscross Swinging Pendulum. Sa fic est actuellement en cours et compte cinq chapitres.
Disclaimer : Bleach appartient à son auteur et cette fic à CYWSCROSS
Résumé « Trop dangereux pour vivre », déclara la Centrale 46. Enfermé à Muken avec des blessures à moitié guéries et une rage impuissante, Ichigo gagne une autre chance de sauver ses camarades Vaizards lorsque le Roi des Esprits l'emporte et lui propose un marché. Il l'accepte et se retrouve déposé dans le passé. Du genre, vraiment LOIN dans le passé. Ichigo devrait vraiment être habitué à ce que des choses impossibles lui arrivent.
General Warnings: AU, GEN, Time/Dimension Travel, Ichigo-centric, violence, langage.
Chapitre 2
« Encore. Tu es si lente que ça me fait du mal de te regarder. »
Ichigo fronça les sourcils alors que Fujiwara se précipitait une fois encore sur lui, le front plissé sous la concentration alors qu'elle essayait de percer sa défense. Ses coups étaient devenus plus forts au cours des quatre dernières semaines, mais il y avait encore de l'hésitation dans chacun de ses mouvements, et Ichigo bloquait toujours chaque attaque aisément.
Il tiqua intérieurement lorsqu'il vit Fujiwara trébucher sur un buisson, une fois encore, de sorte qu'elle termina la tête la première dans la boue.
Soupirant, il reposa d'une manière absente son épée contre son épaule alors qu'il attendait que la fille se relève d'elle-même. Les seules améliorations qu'ils étaient parvenus à faire étaient une légère augmentation de son endurance (Fujiwara tenait maintenant quarante-cinq minutes contre lui), des réflexes plus naturels, et des attaques un peu plus fortes.
Le dernier point était douteux puisqu'Ichigo avait remarqué que ces coups étaient modérément plus forts contre lui uniquement. Il était passé par une de ses classes la semaine dernière, se dissimulant subrepticement dans un coin du balcon d'observation surplombant la salle d'entraînement où se tenait sa classe de Zanjutsu, et il avait été très mécontent par la façon dont les autres étudiants qui étaient ses partenaires la dominaient.
Ce n'était même pas parce qu'elle n'avait pas le talent pour se défendre – certains de ces idiots étaient plus faibles qu'elle – mais Fujiwara se retenait toujours inconsciemment dans ses entraînements. Les instructeurs n'aidaient pas du tout sur ce point, détournant les yeux sur le harcèlement flagrant ou réprimandant simplement Fujiwara pour s'être trompée sur telle ou telle position.
Normalement, Ichigo s'en serait moqué. Les bâtards arrogants prenant de haut le reste de la populace était un problème universel dans chaque école, si Ichigo passait son temps à arrêter chaque cas qu'il croisait, il ne ferait jamais rien d'autre. Les tyrans allaient être ramenés durement à la réalité tôt ou tard quand ils réaliseraient que leur position condescendante ne les aiderait pas toujours dans le monde réel.
Mais cette fois c'était différent, parce qu'aussi réticent qu'il ait été à la prendre sous son aile, Fujiwara était son étudiante maintenant, et toute insulte envers elle était un affront contre Ichigo, en particulier quand elle continuait à perdre lamentablement contre des personnes qu'il savait qu'elle pouvait battre.
« Prenons une pause », grommela-t-il à voix haute, quittant l'eau en Shumpo alors que Fujiwara en sortait en pataugeant.
« Tu penses que c'est quoi ton problème, Fujiwara ? » demanda Ichigo une fois qu'ils furent installés sur la terre ferme et qu'il lui avait fait passé une bouteille d'eau.
Fujiwara remua, ses yeux fixés sur la bouteille entre ses mains. Elle s'était un peu calmée au cours des quatre dernières semaines mais la fille avait toujours l'air de trouver difficile de rencontrer son regard.
« P…problème » lui fit elle écho ; ayant l'air aussi surprise qu'incertaine. Ichigo ne pouvait pas la blâmer, c'était la première fois qu'il l'avait vraiment faite s'assoir pendant une session d'entraînement pour lui parler.
« Ton problème, clarifia brutalement Ichigo. Tu t'améliores, je peux le vois, même si c'est lent. Mais tu te fais toujours botter les fesses en classe, et je sais que tu peux battre au moins un tiers de ces crétins à ton niveau. Donc quel est le problème ? »
Fujiwara eut un mouvement de recul en entendant cette évaluation franche et sa tête se baissa encore plus, ses épaules se voutant alors qu'elle se repliait sur elle-même.
Ichigo roula des yeux et tendit la main pour lui coller une tape sur la tête, juste assez forte pour la faire sortir de son cafard.
« Est-ce que tu vas arrêter de faire ça ? dit Ichigo sèchement et avec impatience. Ecoute, j'ai accepté d'être ton tuteur, ce qui veut dire que je ne vais pas laisser tomber avant que tu sois au moins au sommet de ta classe. Moins que ça serait embarrassant pour toi comme pour moi. Donc dis moi pourquoi tu ne peux pas faire la même chose que ce que tu fais avec moi avec ces idiots qui te tapent dessus en classe.
Fujiwara bafouilla un peu, le regardant en clignant des yeux, mal-à-l'aise avant de lâcher : « Je … ils me donnent des noms… ils me disent des choses et je … j'oublie juste les choses que j'ai appris… avec toi. »
Ichigo plissa les yeux et ensuite ferma le poing et l'envoya dans la direction de son étudiante, assez lent pour qu'elle le voit mais assez rapide pour qu'elle ne soit pas capable de l'attraper à temps avec autre choses que les réflexes qu'il lui faisait rentrer dans le crâne.
Le smack qui surgit lorsque la main de Fujiwara se leva instinctivement pour bloquer son poing était encore plus satisfaisant qu'Ichigo ne pensait qu'il le serait. Les yeux écarquillés de Fujiwara étaient la cerise sur le gâteau.
« Oubliés mon cul, Ichigo renifla avec dérision alors qu'il baissait sa main. Tu n'oublies pas tes réflexes, ils restent avec toi pour le reste de ta vie une fois que tu les as appris. Tu as intérêt à trouver une meilleure excuse, Fujiwara. »
Fujiwara le fixa pendant encore une seconde avant que son regard se pose sur sa propre main comme si elle ne pouvait pas croire ce qu'elle avait fait.
« Je… Je suppose que c'est juste … c'est juste que je ne peux pas, finit par admettre Fujiwara, ses épaules se voutant d'un air défait.
- Pourquoi pas ? » demanda Ichigo quand elle ne fit rien pour élaborer sa réponse.
Fujiwara tira tristement sur un de ses manches mouillées, ressemblant tellement à un chaton trempé pendant un moment que même Ichigo se senti vaguement honteux de l'avoir faite tomber dans l'eau autant de fois.
Puis il se secoua. Plus qu'autre chose, il y allait doucement avec elle. Le temps était beau donc le marais n'était même pas froid, et il arrêtait toujours leurs sessions d'entraînement quand elle avait l'air d'avoir atteint sa limite.
Shunsui en revanche, n'avait jamais fait cela pour lui, poussant Ichigo plus loin, toujours plus loin avec une insistance qui ne lui ressemblait pas (je ne vais pas te voir mourir dans cette guerre parce que je ne t'ai pas entraîné correctement, Ichigo-kun). Pendant la guerre, c'était l'hiver pendant toute l'année – ils se considéraient chanceux s'il n'y avait pas plu ou neigé – et le capitaine de la Huitième Division, notoirement décontracté, avait été sans merci, il avait épuisé Ichigo pendant des heures et des heures.
« Ils disent toujours des choses, finit par confesser Fujiwara, d'une petite voix. Pas… pas seulement à propos de mes capacités ou … ou de mes études ; ils disent aussi des choses sur… sur ma famille, à quel point … à quel point ils seraient mieux sans… sans que je ternisse leur réputation. »
Fujiwara avait l'air vraiment misérable quand elle finit. Ichigo la regarda pendant un long moment avant de demander l'air de rien, « Tu es d'accord avec eux ? »
La tête de Fujiwara se releva brutalement et une sorte de flamme désespérée apparut brièvement dans ses yeux avant qu'elle ne se dégonfle encore une fois. « Ils… Ils pensent…
- Fujiwara, Ichigo la coupa sans compassion. Je ne te demande pas ce qu'ils pensent, bon sang, je ne pourrais pas m'en foutre plus de ce qu'ils pensent. Je t'ai demandé ce que toi tu penses. Est-ce que tu es d'accord avec eux ou non ? »
Les poings de Fujiwara se serrèrent, assez pour que ses phalanges deviennent blanches. Mais, elle avait l'air de ne pas pouvoir trouver de mot.
Ichigo, qui n'était pas du genre à se retenir, continua à la presser sans s'arrêter. « Parce que si tu le penses, alors je dois te le dire, cela ne sert vraiment à rien que tu sois là. Tu es plus faible que le Shinigami moyen, et en plus une bâtarde d'une Maison Noble. »
Il ignora la détresse blessée qui apparaissait sur le visage de Fujiwara, se concentrant à la place sur l'éclat de défiance qu'il pouvait à peine sentir derrière toute cette timidité et ce désespoir profond.
« Les gens te regardent de haut pour quelque chose que tu ne peux pas t'empêcher d'être, continua Ichigo sur un ton moqueur. Et si tu es d'accord avec eux, alors ton destin est pratiquement gravé dans la pierre. Tu as soit un ticket de retour pour ta maison en tant que Shinigami tombée en disgrâce qui n'était même pas assez bon pour être diplômé – exactement ce que tout le monde pense que tu es déjà – soit tu finiras morte avant même que tu arrives où que ce soit au sein du Gotei 13. De la chair à canon, somme toute. C'est ça que tu penses que tu es ? Maigrichonne, faible, si nerveuse que tu ne peux même pas regarder quelqu'un dans les yeux plus de quelques secondes – bon sang, comment penses-tu gagner le respect de quiconque si tu te comportes tout le temps comme une souris ? Tu as peur de ta propre ombre, hein ? Tu ne serviras à rien, à part faire la proie pour attirer les Hollows ; inutile pour tout le reste. Je veux dire, peut-être que les autres étudiants ont raison ; tu devrais faire comme ils disent et retourner chez toi, tu devrais passer tes journées à t'occuper de la maison… »
Ichigo manqua de très peu de sourire lorsque la tolérance de Fujiwara avait presque audiblement éclatée et que la fille s'était littéralement jetée sur lui, ses points volants sauvagement alors que des larmes coulaient de ses yeux et que sa fureur rougissait ses joues.
« Ce n'est pas vrai!, cria-t-elle, n'ayant pas l'air de se préoccuper du fait que ses coups étaient évités avec aisance alors qu'elle attaque tout ce qu'elle pouvait atteindre d'Ichigo. Ce n'est pas vrai ! J'ai choisi de devenir Shinigami ! C'est ce que je veux faire ! Je vais devenir quelqu'un d'utile, et je vais rendre ma famille fière, et quiconque disant que je suis juste une bâtarde sans valeur peut la fermer parce que je vais leur prouver à tous qu'ils ont tort ! Je vais être forte et il n'y a rien que toi ou quiconque peut dire pour M'ARRETER ! »
Ichigo écarta simplement ses poings qui volaient, et la regarda droit dans les yeux alors qu'il la défiait, « Tes mots ne sont pas en adéquation avec tes actions, Fujiwara, donc qui est-ce que tu essayes de convaincre ? Moi? Si je n'avais pas déjà vu le potentiel en toi, je n'aurais pas accepté ces séances d'entraînement, quoique Koyonagi en dise. Tu essayes de te justifier auprès de ceux qui te tourmentent alors ? Bon sang pourquoi s'en préoccuperaient-ils au bout du compte ? Et pourquoi devrais-tu perdre ton temps à te soucier de ce qu'une poignée de crétins pensent ?
» La seule personne que tu dois convaincre, Fujiwara, Ichigo attrapa finalement l'un de ses poignets délicats et l'envoya, pas vraiment gentiment, sur le sol, la regardant durement alors qu'elle tremblait sous la force de ses émotions. La seule personne que tu dois convaincre c'est toi-même, et la seule chose qui t'en empêche est ta propre peur. La peur de l'échec, la peur de laisser tomber ta famille, la peur de réaliser que tu es aussi faible que ce que tout le monde pense. »
Ichigo se pencha et enfonça son doigt dans son front, regardant durement son visage marqué par les larmes. « Débarrasse-toi de cette peur. Elle ne va pas t'aider à devenir forte. Là maintenant, que tu sois en offensive ou en défensive, je peux toujours sentir ton hésitation dans ta lame. Tu n'as pas vraiment envie de toucher ce que tu vises lorsque tu attaques, et lorsque tu te défends tu es si effrayé d'être coupé que tu trébuches de toute façon. Donc en quoi tout cela va t'aider ? »
Ichigo s'arrêta un moment, regardant son étudiante digérer ses mots avec une expression figée, les lèvres tremblantes mais ne pleurant plus.
« Tu manques de conviction, finit-il par dire, et il entendit l'écho de la voix de Kisuke dans sa tête lorsque le marchand l'avait aidé à trouver sa propre force, si longtemps auparavant. « Tu n'es pas assez résolue, et peut-être que c'est toi, ou peut-être que ce sont les années passées à te faire tyranniser. D'une façon ou d'une autre je m'en moque. Si tu veux devenir forte, tu as besoin d'un autre état d'esprit. Débarrasse-toi de celui que tu as en ce moment, il est rempli de bien trop de peur. Quand tu attaques, tu devrais penser « Je vais les frapper ». Et quand tu te défends, tu devrais penser « Je ne vais pas les laisser me toucher ». Pas d'entre-deux. Pas de « mon épée ne pourra pas les découper » ou de « j'ai peur d'être frappée ». Ça va juste t'empêcher de progresser.
» Je peux t'aider à développer tes réflexes et ta vitesse, à améliorer ton endurance et ta précision, je peux même t'aider à développer ton propre style à l'épée –je peux faire tout cela, Ichigo se redressa alors qu'il finissait son discours. Mais pour tout le reste : ta détermination à réussir, à devenir forte, à trouver ta propre force en tant que Shinigami, toutes les choses véritablement importantes qui vont décider de la personne que tu seras un jour – c'est quelque chose que seulement toi peut décider de développer. Personne d'autre. »
Le silence tomba sur la clairière.
Ichigo ne s'en préoccupait pas particulièrement. Sa bouche se tordit un peu avec dégoût. Il venait d'en dire plus dans les deux dernières minutes qu'il n'en avait dit dans les deux derniers mois, d'une seule traite en plus. Aujourd'hui, les seules personnes avec qui il parlait étaient habituellement Koyonagi (il fallait bien qu'il aille voir quelqu'un pour se plaindre de la vie en général, et Koyonagi était très souvent à l'origine de ce dont il se plaignait) et Fujiwara (à qui Ichigo donnait des ordres plus qu'il ne lui parlait). Les rares fois où Kaien avait réussi à le tirer dehors pour qu'ils mangent ensembles, son cher cousin parlait bien souvent assez pour eux deux.
En fait, en parlant de Kaien…
Ichigo se raidit d'un coup lorsque, à l'extrême limite de ses sens, il perçut trois signatures de reiatsu familières, situées juste derrière les murs de la Huitième Division, à une distance honorable et assourdies au point que des étudiants de l'Académie ne pourraient jamais les repérer. Dommage qu'Ichigo ne soit pas un quelconque étudiant de l'Académie. Il les aurait perçus à proximité bien avant s'il n'avait pas été si occupé à faire entrer de la sagesse durement gagnée dans la tête de Fujiwara.
Ichigo jura comme un charretier dans sa tête. C'était bien sa chance. Stupide cousin et ses stupides tendances à se mêler de ce qui ne le regardait pas. Qu'est-ce que Kaien foutait dans les quartiers de la Huitième Division de toute façon ? Juste parce qu'Ukitake allait, sans qu'aucun doute ne soit possible, rendre visite à Shunsui, cela ne voulait pas dire que son foutu cousin avait à venir aussi. Et Ichigo ne pouvait même pas savoir depuis combien de temps ils écoutaient ce qui se passait entre son étudiante et lui.
Il laissa presque s'échapper un son surpris quand, moins d'un battement de cœur plus tard, il se retrouva avec une paire de bras enroulés autour de sa taille et un visage pressé contre sa poitrine.
Il se fige.
Bon sang ?
« Oi ! » Ichigo aboya avec inquiétude, essayant de la décrocher de lui. Ou était passée la fille timide qui ne pouvait même pas croiser son regard. « Vire de là! Est-ce que je ressemble à un ours en peluche géant ? »
Lorsqu'il apparut clairement qu'elle n'allait pas le lâcher de sitôt, Ichigo tapota son dos avec maladresse, paniquant intérieurement lorsqu'il entendit quelques reniflements provenant de Fujiwara. Des larmes bouleversées étaient infiniment plus dures à gérer que des larmes de colère. « D'accord, Fujiwara, soit tu me lâche soit tu me dis pourquoi tu me pleures dessus. »
Et s'il-te-plaît, pour l'amour de Dieu, fait que ce soit rapide, ajout-a-t-il mentalement.
Fujiwara se recula un peu, finalement, au grand soulagement d'Ichigo, mais bien qu'elle sembla gênée lorsqu'Ichigo sortit un mouchoir et le lui jeta dessus, elle resta lovée contre lui, ayant l'air bien plus relaxée en sa présence qu'elle ne l'avait été pendant ces quatre dernières semaines.
« … Pense-tu que je puisse y arriver ? » Finit par dire Fujiwara après avoir épongé les larmes sur son visage, et pour une fois, elle réussit à le regarder droit dans les yeux, ses yeux gris emplis d'espoir.
Ichigo roula des yeux et répondit avec énervement. « Ne me dit pas que tout ce que je viens de dire t'est passé au-dessus de la tête. Est-ce que ce que je pense importe ?
- Oui. » Sa réponse, honnête, allant droit au but fit vaciller son froncement de sourcil. Pour une fois, le regard de Fujiwara était absolument calme et tout aussi déterminé, et le temps d'une seconde, il rappela à Ichigo Kyouraku Shunsui.
Il disparut aussi vite qu'il était venu lorsque Fujiwara se mit à remuer sur place sous le regard scrutateur d'Ichigo, mais elle ne se détourna pas et balbutia, « C'est… c'est important pour moi. J'ai seulement… Penses-tu que je puisse y arriver ? si j'essaye vraiment fort? »
Ichigo la regarda d'un œil critique pendant quelque secondes avant de dire avec dérision. « Comme je l'ai dit, je peux déjà voir ton potentiel. Si je ne pensais pas que tu pouvais le faire, je ne perdrais pas trois après-midi par semaine pour t'entraîner. Et puisque c'est ce que je fais, tu as intérêt à faire plus qu'essayer. Tu vas le faire, c'est compris ? »
Pour la première fois depuis qu'Ichigo l'avait rencontrée, Fujiwara sourit. Il était petit, et fragile, et un peu tordu, comme si son visage n'était pas habitué à faire ce genre d'expression, mais il était sincère et cela éclairait ses yeux gonflés et ses traits marqués par ses larmes.
Ichigo renifla et la poussa vaguement en direction du terrain d'entraînement. « Maintenant, si nous en avons fini de répandre nos émotions, retournons au travail. Je m'attends à ce que tu bottes des culs à ta prochaine classe de Zanjutsu donc tu as intérêt à commencer à dire à tes problèmes d'estime de soi d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Tu t'améliores de jour en jour ; il n'y a pas de raison pour que tu continues de perdre face à la moitié de ces crétins sans cervelle qui sont dans ta classe, c'est compris ? »
Fujiwara se remit sur ses pieds et hocha vigoureusement la tête, faisant un son d'assentiment et se précipitant vers le marais lorsqu'Ichigo leva son épée vers elle.
« Tu peux commencer par faire des tours !, lui lança Ichigo. Ton endurance est si pathétique qu'elle me donne envie de me noyer. Si tu ne finis pas tes trente tours dans les dix prochaines minutes, je les double. »
Pendant les minutes suivantes, Ichigo resta à sa place alors que Fujiwara faisait ses tours autour du terrain marécageux, levant les genoux hauts à chaque pas alors qu'elle faisait son chemin à travers l'eau.
Et ensuite il se leva.
« Continue », dit-il à Fujiwara lorsqu'elle le regarda. Alors qu'elle continuait, Ichigo s'approcha l'air de rien du haut mur blanc qui entourait les baraques de la Huitième Division. Il s'arrêta à un pied du mur, réfléchit à sa prochaine action, et puis son côté le plus impulsif remporta la bataille.
Shiba Kaien allait entendre parler de lui.
D'un mouvement fluide, Ichigo sauta d'un pas de Shumpo, une de ses mains attrapant le haut du mur alors qu'il se propulsait au-dessus de celui-ci et qu'il atterrit dans l'enceinte sans bruit, directement devant deux capitaines et un lieutenant aux yeux écarquillés.
« Bonjour, cousin, l'accueillit Ichigo avec une cordialité trompeuse. Il fait beau aujourd'hui, n'est-ce pas ? c'est un temps parfait pour… »
Il jeta un coup d'œil sur les buissons derrières lesquels son cousin s'était agenouillé alors qu'il espionnait Ichigo et son élève. « Une récréation à l'extérieur. »
{2}
Kaien avait faillit avoir une crise cardiaque lorsqu'une forme floue de gris et d'orange mêlé avait atterrit devant lui, puis le formidable regard noir de son cousin l'avait cloué sur place.
Eh, merdre, soupira-t-il avec regret. Pourquoi est-il seulement en colère contre moi ? Je ne suis pas le seul ici !
« Eheh, » Il sourit d'un air penaud alors qu'il se remit sur ses pieds, saisissant du coin de l'œil un éclair de sourire sur le visage de son propre capitaine.
Traître.
« Hey, Ichigo ! » Autant commencer sur une note joyeuse parce que, vu la direction que les choses prenaient, ça n'allait certainement pas finir joyeusement. « Comment vas-tu aujourd'hui ? Je ne savais vraiment pas que tu t'entraînais avec ton élève en dehors de l'Académie. Imagine ma surprise quand Taichou et moi vous ont aperçus depuis les étages supérieurs. On était obligés d'aller voir ça. Et ensuite Kyouraku-taichou nous a dit que cette fille était sa cousine donc… »
Il laissa sa phrase en suspens, arrêtant son blabla quand il vit que le tic que son petit cousin avait dans l'œil gauche.
« Humm… » Il se creusa la cervelle et saisit le changement de sujet le plus proche, il fit un geste de main vers les deux capitaines à côté de lui. « Je ne crois pas que tu aies rencontré ces capitaine, n'est-ce pas ? Voici mon capitaine, Ukitake-taichou, et voici le capitaine de la Huitième Division, Kyouraku-taichou. Il est quelque chose comme cousin au troisième degré de ton élève. »
A sa décharge, Ichigo ne recula pas comme la plupart des élèves le feraient en était face à ne serait-ce qu'un capitaine. Le Shinigami aux cheveux flamboyant jeta un coup d'œil à Ukitake puis à Kyouraku.
Kaien cligna des yeux. Il aurait pu jurer qu'il y avait quelque chose ressemblant beaucoup à de la douleur dans l'expression de son cousin, pendant une fraction de seconde, quand Ichigo avait regardé ce dernier. Il regarda brièvement Kyouraku lui-même mais il était impossible de dire ce que le capitaine pensait derrière son expression languide.
« Bon après-midi, Kyouraku-taichou, Ukitake-taichou, » Ichigo pencha la tête avec politesse, ce qui était une première parce que Kaien n'avait jamais vu son cousin présenter autant de respect aux instructeurs de l'Académie.
Au grand soulagement de Kaien, Ukitake s'avança avec un sourire amical, ne le laissant plus supporter l'essentiel de l'irritation passive d'Ichigo.
« Bonjour, Ichigo-kun, l'accueillit chaleureusement Ukitake. Je m'excuse de notre intrusion ; je suppose que notre curiosité a été plus forte que nous. Kaien nous a beaucoup parlé de toi.
- Je n'en doute pas », grommela Ichigo, et Kaien dut donner un point à son petit cousin. Peu de Shinigami en général avait les couilles de parler avec si peu de formes à un capitaine.
Il se figea à nouveau lorsqu'Ichigo plissa les yeux dans sa direction une fois de plus. Son jeune cousin avait l'air d'être à deux secondes de faire craquer ses poings avec un air inquiétant et de le plaquer à terre.
Kaien leva hâtivement les mains dans un signe universel d'apaisement. « Allons, allons, Ichi-kun…
- Depuis quand t'ai-je donné la permission de m'appeler comme ça ? grogna Ichigo. »
Kaien ne put s'empêcher de bomber le torse d'indignation. « Tu laisses Koyonagi-san t'appeler comme ça ! »
Ichigo s'hérissa. « Ce vieux chieur n'écoute pas un mot de ce que je dis. C'est toujours Ichi-kun ci ou Ichi-kun ça : il a probablement pour but dans la vie de me faire craquer et de faire en sorte que je l'étrangle un de ces jours. »
Kaien resta éberlué alors qu'une toux qui ressemblait fortement à un gloussement vint de son capitaine. En comparaison, Kyouraku ne s'embêta même pas à cacher son éclat de rire silencieux.
« Ce 'vieux chieur' est ton sensei, Ichigo, lui rappela Kaien.
- Techniquement, c'est le chef du département de Zanjutsu, le corrigea Ichigo sur un ton égal.
- Même différance, lui rétorqua Kaien, plus dans l'idée de continuer à faire en sorte qu'Ichigo parle plus que pour autre chose, parce que c'était la première fois que son cousin parlait autant en sa présence, en une seule fois.
- M'en fous, lui répliqua brusquement Ichigo. Alors il y avait vraiment quelque chose que tu voulais ou tu es juste là pour éviter de faire ta paperasse ? »
Kaien tendit le bras et donna une pichenette à la ride dure marquant le front de son cousin. « Ichigo, montre un peu de respect à tes supérieurs. »
Ichigo avait l'air positivement enragé à la pichenette que Kaien lui avait fait, mais il se retint de dire quoique ce soit alors qu'il digérait, apparemment, la réprimande de Kaien. Et ensuite, ignorant visiblement Kaien, le Shinigami au cheveux oranges tourna un regard impassible sur Ukitake et Kyouraku et répéta, « messieurs, vouliez-vous vraiment quelque chose ? »
Les deux capitaines échangèrent un regard, l'air absolument abasourdi. Kaien faillit en tomber, et ensuite il se précipita sur son cousin avec l'intention à moitié espiègle de l'attraper par le coup en guise de punition.
Trop tard, Kaien aperçut le rictus maléfique qui ourlait la bouche d'Ichigo. « Que… »
En l'espace d'une seconde et demi, son jeune cousin avait évité ses mains, attrapé un de ses bras, c'était tourné, avait enfoncé une épaule pointue dans sa poitrine, changé son centre de gravité, et soulevé Kaien du sol, le faisant passer par-dessus la tête d'Ichigo. Un quart de seconde plus tard, Kaien se retrouva les poumons vidés de leur air alors qu'il s'écrasa lourdement sur le sol, les quatre fers en l'air, et fixant le ciel bleu, sans voix, quand bien même il aurait eu assez d'air pour pouvoir parler.
« Ah, désolé, cousin, la figure d'Ichigo apparut au-dessus de Kaien alors que le Shiba plus jeune s'excusait d'un ton ou le remord était totalement absent. Les réflexes tu sais.
- Tu… ! Tu …! Balbutia Kaien, regardant Ichigo la bouche-bée. Tu m'as jeté dans les airs !
- Observation avisée, Kaien, dit Ichigo d'un ton sardonique. Je vois pourquoi tu es largement loué pour ton intellect de génie. »
Kaien en resta sans voix pendant un moment, figé. Est-ce que son cousin… ?
« Tu me taquines ! » S'exclama Kaien avec béatitude dans un éclair de compréhension. Il ignora l'horreur soudaine s'affichant sur le visage de son cousin alors qu'il se remit sur ses pieds, et cette fois avec succès, prit Ichigo dans un câlin à un bras alors que sa main libre forma un poing et s'enfonça avec affection dans la masse de cheveux brillante du Shinigami. « Tu vois ? je savais que tu allais finir par te détendre ! Là, tu commences enfin à te comporter comme un vrai Shiba !
- Ecarte-toi de moi, espèce de bâtard cinglé !
- Allé, ne soit pas timide, cousin !
- Putain, qui est-ce que tu traites de timide, espèce d'idiot en état de mort cérébrale…
- Hum, Sh… Shiba-san ? »
Kaien se tourna dans la direction de la voix étouffée, et ensuite il grimaça lorsqu'Ichigo saisit cette opportunité d'enfoncer son coude dans le ventre de Kaien pour se libérer.
« Oui ? » répondit automatiquement Kaien au moment même où Ichigo aboya, « Quoi ? »
Ichigo le regarda avec un regard noir. « Elle me parle à moi, idiot, Dieu sait pourquoi elle te parlerait à toi ? »
Son cousin se retourna vers le mur. « Qu'est-ce que tu veux ?
- Hum, j'ai, j'ai fini mes tours, Sh… Shiba-san. »
Le froncement de sourcil d'Ichigo s'approfondit. « Va en faire encore alors.
- He… Hein? plus? Hu… Hum, pourquoi? »
Un sourd aurait pu entendre le désarroi dans la voix de la jeune fille. De toute évidence, l'entraînement d'endurance n'était pas quelque chose que Fujiwara aimait faire. Kaien grimaça avec sympathie en voyant l'expression intraitable sur le visage d'Ichigo.
« Parce que je dis que ça se passerait comme ça, Ichigo commença à lister ses raisons. Parce que ton endurance est pourrie. Parce que visiblement tu n'as pas couru assez vite si tu as toujours assez de souffle pour te plaindre. Parce que je n'ai encore pas fini de m'occuper de mon Neandertal de cousin à la tête dure. Choisi la raison que tu veux et retourne travailler ! »
De l'autre côté du mur, Fujiwara dit dans un couinement, « Oui, monsieur ! », et partit tout de suite.
Kaien passa la main dans ses cheveux. Intérieurement, il sourit avec perplexité, Kukaku les avait souvent surnommés, Ganju, Isshin et lui « Neandertal à la tête dure ». Soit Ichigo l'avait entendu, d'une façon ou d'une autre, soit les gènes Shiba avaient choisi d'apparaître d'une drôle de façon.
Extérieurement, il enfonça son doigt dans l'épaule d'Ichigo. « Pff, Ichigo, rappelle-moi de te donner des leçons sur la façon de s'occuper d'une dame ! »
Ichigo renifla, croissant les bras. « D'accord, traite-là toi comme un dame. Moi, je vais la traiter comme quelqu'un que je veux voir survivre à sa première bataille. »
Ouch, c'était sous la ceinture. Kaien regarda d'un air dubitatif son cousin. Il se souvenait du discours de motivation qu'Ichigo avait fait à Fujiwara un peu plus tôt, et il était d'accord avec les conseils, très impressionnant à sa grande surprise, que le Shinigami le plus jeune avait procuré. Mais dans l'ensemble, Ichigo était quand même plutôt dur avec la jeune fille. « Elle est juste une étudiante à l'Académie ! Seulement une cinquième année en plus !
- Un corps mort, voilà ce qu'elle est si elle ne devient pas plus forte, lui rétorqua rapidement Ichigo et il lui fit un regard vraiment dur. C'est aussi mon élève donc lâche-moi, Kaien. »
Kaien recula presque d'un pas, surprise. Bon sang, comment la conversation était passée d'un échange relativement léger à … ça ?
Kaien se redressa, les dernières traces de son sourire disparaissant de son visage lorsqu'il vit les ténèbres de fatigue dans les yeux d'Ichigo. Instinctivement, il tendit le bras pour saisir l'épaule du Shinigami le plus jeune. « Hey, cousin… ? »
Ichigo cligna des yeux et les ténèbres disparurent, caché à la vue de tous alors que le Shiba aux cheveux éclatants échappa souplement la main de Kaien.
« Je devrais rejoindre Fujiwara, dit Ichigo à la place, son expression prenant le masque typique et fermé avec lequel Kaien était très familier. C'était un plaisir de vous rencontre, Kyouraku-taichou, Ukitake-taichou. »
Kaien se baffa mentalement. Il avait tout simplement oublié les deux capitaines, et à en juger par le regard connaisseur d'Ukitake, le Shinigami plus âgé le savait aussi.
« Oui, lui répondit aimablement Ukitake, une lueur amusée dans ses yeux accompagnée d'un air penseur envahissant son visage alors qu'il sourit à nouveau à Ichigo. Je te souhaite de bien réussir dans tes études, Ichigo-kun. »
Ichigo hocha la tête d'un air raide. « Merci, monsieur. »
Le Shinigami aux cheveux roux hocha aussi la tête en direction de Kyouraku, qui inclina la tête en une réponse flemmarde. Kaien cligna des yeux lorsqu'il se rendit compte que le capitaine n'avait pas dit un seul mot durant toute leur conversation impromptue. C'était quelque chose qu'il avait remarqué à propos de Kyouraku, même si l'homme pouvait être très social et qu'on pouvait lui parler très facilement (et qu'il était plus que volontaire pour boire plus que quiconque à une fête), la moitié du temps, il préférait aussi rester silencieux et, à la place, être subtilement attentif depuis la périphérie, disparaissait virtuellement dans le paysage avec une aisance certaine, alors même qu'il était en pleine vue et vêtu de rose.
Un jour, Kaien voulait vraiment apprendre comment faire cela.
Pour l'instant, toutefois, Kaien se jeta sur l'occasion, pas tout à fait prêt à laisser partir son cousin. « Attends, Ichigo, je voulais te le demander –encore une fois – est ce que tu veux venir manger à la maison dema…
- Non » , le coupa Ichigo franchement.
Kaien se voûta avec déception mais continua. « Eh bien, peut-être la prochaine fois alors. Tu sais que tu es toujours le bienvenu, hein ? le quartier Shiba est ta maison à présent. Tu as ta propre suite là-bas, qui reste juste là à prendre la poussière soit dit en passant, et Kukaku demande de tes nouvelles. Même Ganju, Isshin-ji et quelques autres veulent savoir comment tu vas. »
Ichigo se figea et un regard étrange, que Kaien ne pouvait pas vraiment déchiffrer, flotta sur son visage, à la vitesse de la lumière.
« Tu peux leur dire que je vais bien, marmonna Ichigo. Ils… vous tous, vous n'avez pas à vous inquiéter. »
Encore une fois, un éclair de d'abattement mêlé d'épuisement traversa les traits de son cousin et Kaien pensa, comment pourrions-nous ne pas nous inquiéter quand tu as cet air-là ?
« Eh bien, je suis sûr que je te verrai plus tard, Ichigo lui fit une grimace. Malheureusement. »
Kaien ne fit que sourire. Son jeune cousin était si grognon en constant. « Aa, à la prochaine, cousin. »
Ichigo renifla et eut l'air de vouloir passer en Shumpo au-dessus du mur, mais il s'arrêta après deux pas, une expression partagée marquant son front pendant une seconde avant qu'il ne se retourne assez abruptement, son regard fixant Kyouraku avec une intensité déroutante.
Le capitaine de la Huitième Division leva un sourcil interrogateur, et ses yeux gris étaient empli de curiosité.
Ichigo toussa. « Hum, je voulais juste dire, je prendrais bien soin de votre cousine. Je le promets. »
Même Kyouraku, habituellement imperturbable, eut l'air momentanément surpris. La mâchoire de Kaien tomba presque en vue de ce retournement de situation imprévu alors qu'Ukitake le regardait avec un air diffus d'approbation.
Les traits de Kyouraku se relaxèrent ensuite pour former un sourire, une main se levant pour pencher le bord de son sakkat en signe de reconnaissance. « Mm, entraîne-là bien. Elle a juste besoin de quelqu'un qui croit en elle. »
Ils avaient tous entendu Ichigo lui faire la morale un peu plus tôt, et si Ichigo ne croyait pas en Fujiwara, alors Kaien ne savait pas ce que c'était.
Ichigo hocha la tête et pencha sa tête dans une demi-révérence courte avant de finalement partir en Shumpo. Une demi-seconde plus tard, ils l'entendirent crier. « Fujiwara, pourquoi, au nom de tout ce qui est saint en ce monde, es-tu en train de courir comme ça ? si tu te tors quelque chose tu as intérêt à être prêtre à dormir ici ce soir parce qu'il est hors de question que je te porte !
- Mais… mais tu me ramène toujours… toujours en me porta…
- Ce n'est pas le problème ! et pour l'amour de Dieu, contrôle ta respiration ! on dirait que tu viens juste de courir le Marathon de Tokyo !
- Qu'est… qu'est-ce-que le Marathon de Toky…
- On s'en moque ! seulement… et fait attention à ce… »
Splash !
« Buisson. Fujiwara, est ce que j'ai récemment mentionné à quel point tu es maladroite?
- Hum… une demi… une demi-heure plus tôt ?
- Ce n'est pas assez récent alors. Lève-toi. On va commencer à s'entraîner. »
Kaien renifla. Ces deux-là étaient une comédie à eux seuls.
Oisivement, il posa son regard sur les deux capitaines. « Alors… que pensé vous de mon tout jeune cousin ?
- Je pense que « tout jeune » est trait trompeur, Kaien, fit remarqué tranquillement Ukitake. Il y a de la … sagesse dans les croyances d'Ichigo-kun. Et … »
Ukitake pencha la tête, son expression sombre alors qu'il partageait un autre regard lourd de sens avec Kyouraku avant de reposer son regard sur Kaien. « Es-tu sûr qu'il ne se rappelle de rien de son passé, d'avant que tu le trouves, Kaien ? »
Kaien se raidit. Eh bien, il ne pouvait pas le dire en toute certitude.
« Ses yeux sont âgés, » commenta doucement Kyouraku, mais il ne fit aucun geste pour développer cette observation.
Le regard de Kaien passa de l'un à l'autre et ensuite il se tourna dans la direction des terrains d'entraînement. Bizarrement, il avait l'impression que son petit cousin jonglait avec bien plus que ses devoirs pour l'école et une apprentie.
Cette pensée ne fit rien pour soulagée ses inquiétudes grandissantes.
{2}
Avec un soupir, Ichigo s'appuya contre sa porte fermée, fermant les yeux alors qu'il glissait jusqu'à être assis sur le sol.
Eh bien, ça aurait pu mieux se passer.
Il soupira encore une fois, reposant son front sur ses genoux. Lorsqu'il avait choisi de confronter Kaien et de lui arracher la tête pour avoir laissé traîner ses oreilles, il avait su qu'il allait aussi faire face à Shunsui et Ukitake.
Il ne s'était pas attendu à ce que cela fasse aussi mal.
Jusque-là, il n'avait vu personne appartenant à son ancienne trame temporelle. Oh bien sûr, il avait perçu certain d'entre eux lorsqu'il était dehors et qu'il était dans le reste du Seireitei, mais il avait, consciemment ou inconsciemment, évité les endroits où ils avaient le plus de chance d'être trouvés.
Poser aujourd'hui les yeux sur son vieux mentor avait été comme un coup de poing dans l'estomac. Il avait ressenti une pointe de chagrin en voyant Ukitake à nouveau – il y avait eu très peu des Shinigami plus âgés qu'il avait vraiment respecté ; Ukitake avait été l'un d'entre eux – mais Ichigo avait toujours considéré le capitaine aux cheveux blanc selon des termes comme « le capitaine de Rukia » et « un camarade en qui on pouvait avoir confiance », et, bien sûr, « doit être protégé ». Toutefois, Ukitake n'était jamais vraiment entré dans la catégorie où Ichigo avait placé toutes les personnes qu'il avait vraiment connues et chéries. Ichigo aurait certainement donné sa vie pour l'homme – il l'aurait fait pour n'importe lequel de ses alliés – mais Ukitake n'avait pas été au même niveau que Rukia, Renji ou Toshirou.
Shunsui, en revanche, avait été son professeur et son oncle adoptif. A chaque fois qu'Ichigo avait flippé à cause de plusieurs autres douzaines de morts de leur côté ou lorsqu'il avait été témoin d'un massacre particulièrement atroce sur les sables du Hueco Mundo, c'était habituellement Shunsui, Shinji ou Kisuke qui l'avaient tiré de force de l'humeur quelconque dans laquelle il s'était enfermé. Dieu en soit témoin, il n'allait pas voir son propre père, Isshin était beaucoup de chose, et Ichigo l'aimait peu importe à quel point l'homme pouvait être exaspérant, mais l'ancien capitaine n'avait jamais vraiment su comment prendre soin d'Ichigo. Isshin avait toujours été bien meilleur avec ses filles avec son fils, et puisque cela voulait dire qu'au moins Karin et Yuzu aurait toujours un parent envers lequel se tourner, Ichigo avait accepté ce fait sans se plaindre.
Toutefois, cela ne l'avait vraiment pas aidé aujourd'hui. Il avait à peine pu regarder Shunsui durant l'entièreté de leur – très court il le reconnaissait – échange cet après-midi. La seule chose qui l'avait sauvé avait été Kaien qui avait avec succès redirigé l'essentiel de la conversation vers quelque chose de plus divertissant.
Et Dieu, il n'avait pas voulu parler aussi sèchement à Kaien lorsque son cousin avait parlé en plaisantant de traiter Fujiwara comme une dame, d'y aller plus doucement avec elle. Mais Ichigo avait personnellement été témoins de ce qui arrivait aux diplômés de l'Académie qui avait seulement l'entraînement basique traditionnel à leur compte.
Il ne plaisantait pas. C'était de la chair à canon.
Pendant la guerre, lorsqu'il n'y avait pas assez de mains pour s'occuper de toutes les escarmouches et des raids, certains Shinigami, soit fraîchement sorti de l'académie, ou même avec quelques décades d'expérience dans le Gotei 13, étaient envoyés pour combattre. La plupart d'entre eux ne revenait pas. C'en était venu à un point où tout le monde savait qu'envoyer un Shinigami de bas niveau sur le champ de bataille était l'équivalent de les condamner à mort. Avec juste l'entraînement de l'Académie, ils étaient faible, et ils avaient été impuissant face aux armées d'Aizen rendues puissantes par le Hogyoku.
Ichigo n'avait aucune envie de voir Fujiwara partir de cette façon. La jeune fille était source d'ennuis mais elle était quand même son élève. Donc il allait l'entraîner avec les Hollows d'Aizen en tête, et si cela impliquait un régime plus dur que le reste des étudiants alors qu'il en soit ainsi.
Il avait aussi promis à Shunsui qu'il allait prendre soin de Fujiwara, et même si le capitaine ne savait pas que sa promesse était en partie faite en guise de remerciement pour le propre investissement de Shunsui dans l'entraînement d'Ichigo lorsqu'il l'aidait, Ichigo pesait le moindre de ses mots. Qu'il vente ou qu'il neige, il allait faire de Fujiwara une putain de bonne Shinigami.
{2}
Shunsui se renfonça dans son siège, regardant oisivement le plafond alors qu'il faisait en sorte de ne pas écouter Lisa pendant qu'elle lui faisait encore une de ses leçons de morales puisqu'il ne faisait pas sa paperasse. Il l'aimait vraiment beaucoup mais si Yama-jiji ne pouvait le faire s'assoir et remplir volontairement les monceaux maudits de papier, alors les sermons de Lisa n'allaient certainement pas marcher.
Son regard glissa de manière absente sur la fenêtre ouverte. S'il se concentrait, il pouvoir percevoir la signature de reiatsu de sa jeune cousine et de son nouveau tuteur, au-delà des murs du fond de sa Division.
Chaque après-midi les Mardi, Jeudi, et Samedi, réguliers comme des pendules.
« Kyouraku-taichou, est-ce que vous m'écoutez ? »
Shunsui se retint de soupirer et fit un sourire piteux à son lieutenant. « Maa, Lisa-chan, pourquoi ne pas faire une pause ? »
Ce n'était clairement pas la bonne chose à dire parce que si Lisa avait avant l'air prête à lui tordre le cou, maintenant, elle avait l'air de se retenir de sortir son Zanpakutou et de l'écharper. « Taichou ! Vous avez « pris une pause » toute la journée ! Il est presque six heures et vous n'avez même pas commencé ! »
Shunsui écarta le problème d'un geste de main et se remis sur ses pieds. « Ne t'inquiète pas, Lisa-chan, la paperasse sera toujours là demain. C'est un jour trop beau pour rester à l'intérieur. »
Lisa leva les mains au ciel. « Vous vous moquez de moi ! Où allez-vous ?
- Prendre l'air, Shunsui lança par-dessus son épaule alors qu'il s'avançait vers la porte. La paperasse ne bougera pas, Lisa-chan. Pourquoi n'irais-tu pas voir Nanao-chan et voir comment elle va? Elle est toujours contente quand tu lui rends visite. »
Shunsui sourit lorsqu'il vit Lisa soupirer et lui faire remarquer que la fenêtre était ouverte et qu'il y avait beaucoup d'air frais dans le bureau, mais elle ne protesta pas plus. Son lieutenant aimait Nanao comme une petite sœur et elle était toujours ravie d'aller lui faire une visite de courtoisie.
Cela fait, Shunsui sortit, et sauta sur une portion du toit ombragée qui avait une bonne vue sur le terrain d'entraînement marécageux derrière les baraques de la Huitième Division.
Pour être honnête, il savait que ces deux-là s'entraînaient dans l'arrière-cour de la Huitième Division depuis plusieurs semaines ; il n'avait simplement pas ressenti le besoin de le dire à quelqu'un, surtout qu'ils étaient supposés s'entraîner en dehors des cours.
La première fois qu'il les avait aperçus, Shunsui avait été surpris de voir sa cousine, si réticente à combattre, se battre pour sauver sa vie contre un Shinigami inconnu aux cheveux roux. Pendant un bref moment, il avait pensé qu'Asuka se faisait tyranniser ou attaquer et il avait été tout à fait prêt à se précipiter à l'extérieur pour faire en sorte qu'elle ne soit pas gravement blessée ou tuée.
Mais lorsqu'il s'était approché, il avait instantanément reconnu les caractéristiques physiques d'un Shiba, sans mentionner, que, en y regardant de plus près, il s'était rendu compte que le garçon ne faisait que s'entraîner avec Asuka, rectifiant un coude par-ci, ajustant une position par-là.
La vitesse même et l'intensité de cette session d'entraînement étaient vraiment absurde, mais Asuka ne s'était pas plainte et son cousin réagissait déjà à chaque frappe de son partenaire d'entraînement plus vite que Shunsui se souvenait l'avoir jamais vue bouger.
Asuka s'améliorait.
Donc il n'avait rien dit, il avait caché sa signature de reiatsu et s'était positionné aussi loin qu'il le pouvait sans pour autant les perdre de vue.
Et, en l'espace de quatre semaines, il avait assisté à une amélioration considérable des capacités de son cousin. Le garçon – Shiba Ichigo, le jeune cousin dont Kaien parlait tant – était un professeur dur mais efficace. Shunsui entendait souvent le Shiba aux cheveux oranges raillant Asuka avec diverses insultes, mais sa cousine semblait faire face à tout cela : elle semblait ne pas être affectée, une réaction qui était diamétralement opposée à sa réaction habituelle à l'abus verbal qu'elle subissait de la part de ses tyrans habituels.
Mais ce n'était pas avant le Mardi précédent que Shunsui avait vu pourquoi Asuka s'était attaché à Ichigo comme jamais auparavant.
« Tu manques de conviction. Tu n'es pas assez résolue, et peut-être que c'est toi, ou peut-être que ce sont les années passées à te faire tyranniser. D'une façon ou d'une autre je m'en moque. Si tu veux devenir forte, tu as besoin d'un autre état d'esprit. Débarrasse-toi de celui que tu as en ce moment, il est rempli de bien trop de peur. Quand tu attaques, tu devrais penser « Je vais les frapper ». Et quand tu te défends, tu devrais penser « Je ne vais pas les laisser me toucher ». Pas d'entre-deux. Pas de « mon épée ne pourra pas les découper » ou de « j'ai peur d'être frappée ». Ça va juste t'empêcher de progresser.»
Shunsui se pencha en arrière, regardant oisivement l'entraînement se dérouler à distance. Comme un étudiant de première année à l'Académie, peu importe qu'il soit un prodige, pouvait-il comprendre l'essence même du pouvoir d'un Zanpakutou et de la force d'un Shinigami ? Le gosse avait raison, la peur ne te menait nulle part sauf à ta perte. La conviction dans ses propres croyances était la véritable clef pour remporter une bataille, et il y avait des officiers possédant un siège qui ne comprenaient pas ce concept.
Et pourtant, Ichigo avait parlé avec une assurance qui venait de l'expérience. Il n'avait pas juste sorti des mots vides ou récité un manuel.
« Ta détermination à réussir, à devenir forte, à trouver ta propre force en tant que Shinigami, toutes les choses véritablement importantes qui vont décider de la personne que tu seras un jour – c'est quelque chose que seulement toi peut décider de développer. Personne d'autre. »
Shunsui retint un rire sec. Pas besoin de se demander pourquoi Asuka n'avait pas élevé une seule plainte face à cet entraînement difficile. Il savait que les instructeurs de l'Académie l'écartaient très vite, et parfois, il avait essayé de glisser un mot par-ci par-là pour les engager à prendre sa cousine au sérieux, de l'entraîner correctement, mais, cela va sans dire, cela n'avait pas fonctionné. Plus qu'autre chose, ça avait provoqué l'effet inverse, la plupart des instructeurs en ressortait convaincu qu'Asuka ne s'en sortait que grâce à la réputation du Clan Kyouraku. Shunsui s'était attendu à cela, bien sûr, et après avoir étouffé quelques-unes des pires rumeurs, il s'était retiré du jeu et avait espéré pour le meilleur.
Que quelqu'un d'autre vienne et la prenne sous son aile… Asuka avait dû être ravie lorsqu'Ichigo l'avait traité comme tous les autres. Shunsui s'était renseigné et il avait découvert que oui, Ichigo était toujours grognon et coupant, que ce soit avec les étudiants ou avec les instructeurs.
Bon sang, plus qu'autre chose, Ichigo y allait doucement avec Asuka, ponctuant leurs entraînement avec des encouragements maladroits cachés derrière des provocations sarcastiques, et il ne manquait jamais de la porter jusqu'à l'Académie lorsqu'elle était trop fatiguée pour faire un pas devant l'autre. De ce que Shunsui avait appris, Ichigo ne donnait pas à qui que ce soit d'autre son attention.
Shunsui reporta son attention sur le présent, étudiant le style de combat d'Ichigo. Le garçon était bon – excellent – il n'y avait pas de doute là-dessus. Juste en regardant ces sessions de tutorat, Shunsui pouvoir voir que le jeune Shiba dépassait de très loin le niveau de l'Académie. Il fallait qu'il voie Ichigo dans un vrai combat en premier mais il était à peu près sûr que le Shinigami aux cheveux éclatant pouvait aisément rivaliser avec un officier à siège. Shunsui voulait vraiment voir à quel point ce gosse était fort.
Et Kaien avait dit qu'Ichigo allait être diplômé en un an. Un peu d'expérience de combat serait sûrement très bien sur le papier.
Bien sûr, le gosse avait l'air d'avoir déjà connu le combat auparavant, songea Shunsui, et pas pour la première fois, il se demanda ce qu'avait traversé Shiba Ichigo avant que Kaien ne le trouve. Il savait que le Rukongai pouvait être un endroit hostile mais pas au point de mettre ce regard perdu, désolé, dans les yeux du Shinigami plus jeune.
Il y avait aussi quelque chose de vraiment étrange à propos de ce gosse, hormis sa fatigue. Shunsui n'était pas assez distrait pour ne pas remarquer la façon dont Ichigo n'avait pas été capable de regarder dans sa direction pendant plus de quelques secondes avant la toute fin. Le jeune Shiba ne l'avait pas frappé comme étant quelqu'un d'excessivement timide, comme l'était Asuka, donc cela écartait l'anxiété de faire face à un supérieur. En plus, Ichigo n'avait pas eu de problèmes avec Juushirou, et cela ne l'avait pas dérangé de faire l'idiot avec Kaien devant eux deux.
« Kyouraku-taichou ! »
Shunsui retint un soupir plaintif alors qu'il baissa son regard au-delà du bord du toit. « Oui, Lisa-chan ? »
Lisa le regarda en fronçant des sourcils, énervée à n'en pas doute, mais elle ne fit que lui lancer une missive et un dossier. « Cela vient juste d'arriver de la part du Capitaine-Commandant. »
Shunsui les saisit aisément, posant son saké alors qu'il survolait du regard la note.
« Le capitaine Hirako Shinji de la Cinquième Division demande des renforts pour la mission en cours dans le District 64 du Rukongai Nord. Le capitaine Kyouraku Shunsui doit lui envoyer une équipe pour les soutenir. Ce sera un effort conjoint entre la Huitième et la Treizième Division. Rassemblez-vous à la Porte Nord dans une demi-heure. »
Shunsui plissa le front, survolant rapidement le dossier. Deux équipes ? de la Huitième et de la Treizième en plus ? Hirako n'était pas une mauviette, pour que le capitaine de la Cinquième Division demande de l'aide, les Hollows qu'ils devaient combattre devaient être des durs à cuire. Leur mission était supposée n'être qu'une simple mission de reconnaissance ; or de ce qu'il voyait, quelque chose avait dû mal tourner.
« Lisa-chan, l'appela-t-il, laissant de côté ses taquineries habituelles. Lisa se redressa, attentive. « Assemble une équipe de six, tu prendras… »
Il se coupa, son regard se posant sur le terrain d'entraînement au loin qu'Asuka et Ichigo venaient de quitter, ramassant leurs manteaux et partant en Shumpo.
« Taichou ? »
Il regarda de nouveau Lisa, son esprit allant à toute vitesse. S'il était rapide, il aurait le temps de s'arrêter à l'Académie et de demander à ce qu'un étudiant ou deux accompagnent son équipe sur cette mission. Ce n'était pas exceptionnel que des officiers emmènent quelques étudiants non diplômés s'il avait l'approbation d'un capitaine et du superviseur de l'école. L'étudiant était généralement au moins un cinquième année mais il y avait eu des cas où des Shinigami plus jeunes, vraiment talentueux, avait été autorisé à venir – Kaien et Ichimaru Gin lui venaient à l'esprit.
Kaien pourrait toutefois lui arracher la tête si Shunsui ne demandait que le « jeune cousin » du lieutenant. Ce serait mieux s'il emmenait un autre étudiant comme ça il pourrait au moins dire qu'il donnait à quelques étudiants de l'Académie de l'expérience de combat au lieu de vouloir seulement tester les capacités d'Ichigo et satisfaire sa propre curiosité.
Hocha la tête avec conviction, il se mit sur ses pieds et sauta sur le balcon en dessous de lui. « Ce n'est rien, Lisa-chan, je dirigerai cette mission. Va juste assembler une équipe. »
Lisa le regarda fixement, l'air partagée entre le plaisir qu'il fasse quelque chose pour une fois et l'incrédulité qu'il… eh bien, qu'il fasse pour une fois quelque chose.
Shunsui se retint de rouler des yeux et tapota son lieutenant sur le dos. « Allons, Lisa-chan, tu sais que je ne suis pas si terrible ».
Lisa roula vraiment des yeux, esquissant un court salut alors même qu'elle tendit le bras et attrapa sa bouteille de saké. « Oh, je me réserve le droit de ne pas être d'accord. Une équipe de six, c'est ça ? je m'y mets tout de suite. »
Elle partit en Shumpo en direction des baraquements pour réunir les officiers nécessaires, et Shunsui resta une seconde pour se lamenter de la perte de son alcool avant de partir à son tour en Shumpo, l'Académie étant sa prochaine destination.
{2}
Bang! Bang! Bang! Bang! Bang!
« D'accord, d'accord, j'arrive! » Cria Ichigo alors qu'il sortait rageusement de la salle-de-bain, ses cheveux encore humides, une serviette sur les épaules, et un kimono gris attaché lâchement autour de lui. Il attacha avec maladresse sa ceinture lâchement autour de sa taille juste avant d'atteindre la porte.
Il savait que c'était Koyonagi de l'autre côté. Personne d'autre n'avait le culot de venir frapper, et Fujiwara était juste passé la première fois, sans mentionner bien sûr qu'elle ne frapperait jamais comme ça sur sa porte en un million d'année.
Et parce que c'était Koyonagi, Ichigo avait été déterminé à l'ignorer, surtout qu'il venait de sortir de la douche, mais le bâtard n'avait pas arrêté pendant deux minutes entières et le bruit donnait la migraine à Ichigo.
Bang! Bang! Bang! « Ichi-chan! Ouvre! »
La mâchoire serrée et plus que prêt à poignarder Koyonagi quelques centaines de fois, Ichigo ouvrit la porte d'un coup. Au même moment, puisqu'il avait récupéré son Zanpakutou à mi-chemin de son dortoir, Ichigo leva son Katana et le projeta en avant avant même d'avoir ouvert complètement la porte.
« Putain, qu'est-ce que tu veux, vieux schnock ?! » cracha Ichigo, ne tirant qu'une satisfaction minimale du fait que Koyonagi ait dû se pencher en arrière pour éviter de se faire décapiter. « Il vaudrait mieux qu'il y ait une apocalypse à l'horizon et des Hollows alignés devant la porte d'entrée prêt à tous nous tuer ou sinon je te jure…. »
Sa voix mourut dans sa gorge quand il intégra finalement qu'il y avait deux personnes devant sa porte, pas seulement la personne qui l'énervait habituellement. Plus important encore, le deuxième homme était aussi son il-était-une-fois-dans-un-temps-futur-mentor.
Qui avait l'air extrêmement amusé.
« Maa, j'ai bien peur que nous n'ayons pas encore atteint le stade de l'apocalypse, Ichigo-kun », lui dit joyeusement Shunsui.
Instinctivement, Ichigo baissa sa lame et se redressa sur place, inclinant sa tête dans une ombre de révérence. « Hum, Kyouraku-taichou, bonsoir.
- Oh, donc lui a le droit à un « bonsoir » et moi j'ai une épée sur la gorge ? intervint Koyonagi avec indignation alors qu'il redressait sa colonne. En quoi est-ce juste de quelque façon que ce soit ? »
Ichigo tourna un regard vide sur l'homme qui ressemblait à un lion. « La vie est injuste. J'aurai pensé qu'un vieux schnock comme toi le saurait déjà. »
Koyonagi roula des yeux et leva les bras au ciel. « Tu es sans espoir. Je devrai ouvrir une classe à l'Académie – « Manières pour Morveux ». Clairement, tu en as besoin. »
Ichigo lui jeta un regard noir. Il savait comment être poli. Sa mère lui avait appris les bonnes manières. C'est juste qu'il ne les utilisait pas très souvent.
Aussi énervant que Koyonagi soit, Ichigo ne lui lança pas de réplique, il se tourna vers Shunsui à la place. Le capitaine ne lui rendrait pas visite si ce n'était pas pour quelque chose d'important.
Donc, sans rien attendre, il relança la conversation, « Taichou, je peux vous aider avec quelque chose ? »
Le sourire chaleureux de Shunsui ne bougea pas mais une note plus solennelle entra dans sa voix, une qu'Ichigo reconnaissait comme le ton que le capitaine prenait typiquement lorsqu'il s'occupait de choses sérieuses.
« Une équipe de la Huitième et de la Treizième respectivement ont été appelées en renfort d'une équipe de la Cinquième Division sur une mission en cours ; des Hollow dans le District 64, Rukongai Nord. Résuma succinctement Shunsui. Je veux prendre quelques étudiants de l'Académie avec moi pour leur donner de l'éxpérience de bataille réelle; tu es l'un d'entre eux. Veux-tu venir ? »
Ichigo fronça instantanément les sourcils alors qu'il se creusait la tête. Kyouraku Shunsui pouvait être capricieux en un bon jour mais l'homme ne faisait rien sans raison lorsque cela concernait les aspects les plus dangereux de son travail. Donc pourquoi inviter Ichigo lorsqu'il était seulement un première année, et qu'il n'avait même pas passé six mois à l'école ? il y avait sans doute quantité de cinquième et de sixième années qui attendaient l'occasion d'accompagner une équipe pour voir un peu d'action réelle.
La réponse lui vint très facilement. Jouer n'avait jamais été le point fort d'Ichigo. Shunsui avait probablement remarqué quelques bizarreries dans son comportement et était devenu curieux. Après avoir entendu – et possiblement vu – Ichigo entraîner Fujiwara, le capitaine voulait certainement savoir aussi comment il était au combat.
Eh bien, Ichigo allait bien devoir montrer un peu de son talent à un moment ou à un autre, surtout s'il ne voulait pas être relégué à une position de bas-étage même après avoir été diplômé en avance. Il allait devoir cacher la plupart de ce qu'il pouvait vraiment faire, mais être assez bon pour intéresser.
« Bien sûr, il se trouva à accepter volontiers. J'ai juste besoin d'une minute pour me changer. »
Shunsui sourit et hocha la tête, lui rappelant « Pas ton uniforme scolaire. Met quelque chose plus confortable et dans lequel il est plus facile de bouger. »
Ichigo acquiesça et ferma la porte, se précipitant sur son placard et en sortant un Shihakushou fait spécialement pour lui, noir, aux manches longues avec un ourlet en lambeau et une très fine bande blanche en bas, il ressemblait beaucoup à ses anciens vêtements, lorsqu'il était encore dans son propre temps. Kaien avait continué à lui envoyer de l'argent de poche tous les mois mais la seule chose sur laquelle il en avait dépensé était son uniforme, et Ichigo avait prévu de rembourser Kaien une fois qu'il aurait intégré le Gotei 13 et qu'il commencerait à avoir sa propre paie. Il n'était la bonne œuvre de personne même s'il était un Shiba et qu'il avait en quelque sorte droit à un peu de cet argent. Accepter des fonds du Clan Shiba le gênait.
Il se changea rapidement, trouvant chaussettes, sandales, et une paire de mitaines noires alors que Shiro, qui avait l'air démesurément excité, ricanait joyeusement à propos d'avoir finalement l'occasion de se défouler un peu.
Ichigo ne pouvait pas le lui reprocher. Les entraînements à l'Académie étaient un tout petit peu plus stimulant que regarder l'herbe pousser.
Attachant son Zanpakutou à travers la ceinture noire autour de sa taille, Ichigo se dirigea à nouveau vers la porte, se glissant facilement dans une mentalité plus concentrée alors qu'il récapitulait les paramètres de sa mission.
District 64, Rukongai Nord – n'était-ce pas là que quelques'uns des laboratoires secrets d'Aizen étaient situés ?
Et venir en renfort pour une équipe de la Cinquième Division. Ichigo grimaça intérieurement et commença à prier qu'Hirako Shinji ne soit pas celui à la diriger. Il n'était pas encore prêt à voir son vieil ami.
Toutefois, il valait mieux que ce soit Shinji qu'Aizen. Qui sait ? Ichigo pourrait accidentellement volontairement pousser le futur traitre sur le chemin d'un Hollow affamé, et cela allait définitivement le mettre dans la merde, surtout que le fou allait sans aucun doute survivre.
Sortant, Ichigo ferma et verrouilla la porte derrière lui, levant un sourcil quand Koyonagi le regarda à deux fois.
« Eh bien, tu prends « Shinigami » à un tout autre niveau, commenta l'instructeur, regardant ses vêtements sombres. Cela contrastait beaucoup avec l'habituel uniforme à moitié blanc de l'Académie.
La bouche d'Ichigo se tourna en un rictus dur, il se sentait irrationnellement protecteur de la tenue qu'il avait choisie. Après tout, avant qu'il ait été capable de sceller son Zanpakutou, son Shihakushou avait été très proche de celui-ci et il avait été une manifestation du pouvoir de Zangetsu.
« J'aime le noir, se défendit brièvement Ichigo. Même mon Zanpakutou est noir.
- Juste la garde, fit remarquer Koyonagi, une lueur calculatrice apparaissant dans ses yeux. »
Ichigo renifla silencieusement. Le bâtard avait essayé de découvrir si oui ou non Ichigo avait atteint le Shikai depuis des mois.
« Exactement, dit-il vaguement avant de se tourner vers Shunsui et ne prêtant pas attention au soupir déçu de Koyonagi. Désolé de vous avoir fait attendre, monsieur.
- Nous avons encore le temps, affirma Shunsui, faisant un signe d'adieu à Koyonagi en passant et faisant signe à Ichigo de le suivre. Koyonagi a suggéré une autre étudiante – une sixième année – donc nous la retrouveront à l'entrée. »
Ichigo hacha la tête et suivit Shunsui, mais il s'arrêta lorsque Koyonagi l'interpella de manière inattendue « Ichigo, fait attention. »
Ichigo pencha la tête. Quoi pas de « Ichi-kun » ou de « Ichi-chan » ou quelque chose de tout aussi irritant ? bon sang, cela devait être la première fois que Koyonagi s'était adressé correctement à lui. L'homme avait commencé avec « Shiba-un » cinq mois plus tôt pendant cinq minutes entières avant de passer à des versions mutilées de son prénom depuis.
Il jeta un regard en arrière, s'adoucissant un peu lorsqu'il remarqua l'ombre inhabituelle jetée sur les traits du Shinigami plus âgé. « … Yeah, je m'en sortirai. »
Koyonagi le regarda sans cligner des yeux pendant encore un moment avant qu'un rictus ourle ses lèvres. « Bien, tu m'en doit encore une pour ces crédits supplémentaires et pour t'avoir recommandé en tant que tuteur pour Fujiwara-chan. Imagine les ennuis dans lesquels tu serais si je n'avais pas tes arrières, Ichi-kun ! »
Ichigo s'étouffa, tout sentiment de bonne volonté se dissipant instantanément. « La seule chose que je te dois es un nez cassé, bâtard arrogant ! »
Il se détourna d'un seul coup et parti d'un bon pas alors que Koyonagi lui faisait un signe de la main en lui disant « Bye-bye Ichi ! Ne te fais pas manger tout cru ! »
Ichigo rageait alors que Shiro se foutait de sa gueule dans son esprit et que les rires profonds de Zangetsu le rejoignait.
« Allons-y, Taichou, grogna Ichigo, s'oubliant temporairement alors qu'il avança en tapant des pieds à côté du capitaine de la Huitième Divion. Avant que je tue quelqu'un dans les couloirs de l'Académie. »
Le suivant, Kyouraku rit à voix haute, en le temps d'un battement de cœur surpris, la frustration d'Ichigo diminua et il put presque s'imaginer de retour dans son propre temps, traînant avec ses amis entre deux escarmouches, relativement content même avec la guerre rageant autour d'eux, avant que tout tourne mal.
Mais il écarta ces souvenirs et se concentra sur le fait d'être irrité. Ce n'était pas le moment de se balader dans ses souvenirs. Il avait une mission à accomplir et un lion galeux de Shinigami à assommer au retour.
{2}
Shunsui ne voyait plus très souvent de Shinigami comme Ichigo, la sorte qui ne courbait pas l'échine devant toute figure d'autorité, et qui inconsciemment défiait chaque homme qu'il rencontrait pour qu'ils prouvent qu'ils méritaient d'être respectés.
D'accord, Koyonagi n'était pas non plus fana du protocole mais la plupart des étudiants ne se prêtaient pas attention à ce genre de chose et passaient directement à l'étape 'essayons de marquer des points avec nos supérieurs' de toutes les façons qu'ils pouvaient.
Shunsui n'avait jamais vu personne pouvoir insulter quelqu'un autant de fois en une seule et même conversation et réussir à maintenir une atmosphère de respect tout au long de la conversation, mais Ichigo y était très bien arrivé. Le gosse avait répondu sèchement et grogner sur Koyonagi, mais Shunsui savait reconnaître un respect véritable lorsqu'il le voyait.
Et cela avait été très drôle à regarder. Aujourd'hui, les seules personnes qui ne tombaient pas en des révérences profondes en sa présence étaient les autres capitaines et peut-être la moitié des lieutenants. Le reste avait toujours une nervosité sous-jacente lorsqu'ils lui parlaient à lui ou à un des autres capitaines. Yama-jii ne serait jamais d'accord bien sûr, mais Shunsui souhaitait parfois qu'ils ne soient pas tous des figures si importantes. Cela dressait un mur entre l'échelon supérieur et tous les autres, les murmures admiratifs de leur force tellement embellis qu'ils les mettaient sur des piédestaux trop hauts en comparaison de beaucoup des Shinigami de rang inférieur.
Après tout, comme le dit le proverbe, plus quelqu'un est grand, plus dure est la chute, et en occasion, lorsque Shunsui se sentait poète et prenait le temps de vraiment regarder autour de lui, cela le rendait vaguement mal-à-l'aise de voir la façon dont le Gotei 13 avait l'air de se défaire aux coutures.
Il fut un temps, alors qu'il était toujours en train de monter les échelons avec Juushirou, où Shunsui avait toujours su qu'ils pourraient se tourner vers Yama-jii ou même Retsu-sempai pour des conseils et de l'aide. Aujourd'hui, avec loi après loi s'entassant, et avec les capitaines et même les lieutenants entretenant une distance emplie de respect admiratif de la part des rangs les plus bas, Shunsui avait remarqué qu'il n'y avait pas beaucoup de Shinigami qui penseraient à « ennuyer » leurs supérieurs avec leurs problèmes personnels.
Et cela l'ennuyait lui.
« Taichou, est-ce que c'est l'autre étudiante de l'Académie qui vient avec nous ? »
Shunsui sortit d'un coup de ses ruminations, remarquant de façon absente l'expression légèrement étrange traversant le visage d'Ichigo avant qu'il ne hoche la tête en confirmation.
« Oui, ça devrait-être elle ». Confirma-t-il alors qu'ils s'arrêtaient près de la sixième année blonde qui avait hâtivement fait une révérence. Shunsui retint un soupir et fit un sourire amical à la place lorsqu'elle se redressa. Elle était jolie à regarder, avec des courbes aux bons endroits associés avec un air taquin dans la façon dont elle penchait la tête et souriait.
Toutefois, Lisa allait le gifler et Juushirou allait le gronder s'ils découvraient qu'il était… en train d'admirer une étudiante de l'Académie.
« Ichigo-kun, Matsumoto Rangiku, présenta Shunsui alors que la blonde leva le regard vers Ichigo, la reconnaissance s'affichant dans ses yeux. Matsumoto-chan, voici Shiba Ichigo.
- Ravie de te rencontrer, Shiba-kun, l'accueillit Matsumoto avec un clin d'œil joueur. Pas trop mal dans le genre look pour un première année. »
Shunsui cacha son amusement lorsqu'il détecta les traces de son appréhension dans son comportement ouvertement dragueur. Elle apprenait au moins. Matsumoto allait certainement avoir un effet dévastateur sur la population male du Gotei 13 tôt ou tard.
D'un autre côté, Ichigo ne fit que lui rendre rapidement son hochement de tête. « Ravi de te rencontrer, Matsumoto-san. »
Shunsui combattit l'envie de se taper le front. Le gosse n'était pas du tout bon pour flirter en retour, c'était certain.
« D'accord, tous les deux, suivez-moi », ordonna Shunsui, décidant d'épargner à Matsumoto le besoin de répondre au rejet d'Ichigo ou à sa pure inconscience – même si Shunsui n'était pas vraiment sûr si c'était l'un ou l'autre – lorsque ses joues se teintèrent d'un embarras subtile alors qu'elle cherchait quoi dire.
« Nous allons faire face à n nombre inconnu de Hollows dans le District 64 au Rukongai Nord, exposa Shunsui alors qu'ils avançaient en Shumpo vers la Porte Nord. Des équipes de la Cinquième et de la Treizième seront aussi là. Vous deux allez avoir à combattre mais vous devez toujours rester à quelques pas de moi, c'est compris ?
- Oui, Monsieur ! » vient la réponse en chœur, et Shunsui hocha la tête avec approbation.
Un capitaine demandant des renforts n'était pas quelque chose qui arrivait souvent mais Shunsui était sûr que la missive aurait été bien plus urgente si la mission avait trop mal tournée. Les deux étudiants s'en sortiraient avec autant de Shinigami expérimentés venant aussi.
{2}
Rangiku était un peu plus nerveuse que ce dont Ichigo se rappelait mais c'était plus d'un siècle plus tôt. La blonde n'était même pas encore diplômée. Pourtant, c'était un peu étrange de ne pas voir la femme ne pas flirter magistralement avec tous les hommes à portée. Toutefois, c'était bien de la voir en vie, en bonne santé et heureuse à nouveau.
Il regarda brièvement Haineko attaché au obi sur la taille de Rangiku. Il se demanda si elle avait déjà atteint le Shikai. D'une façon ou d'une autre, il allait devoir garder un œil sur elle au cas où. Elle avait été une de ses amie dans l'autre ligne temporelle ; l'une de ses plus proches amies. Elle n'avait pas survécu pour voir la fin de la guerre en revanche, elle avait été tuée par l'un des Arrancar les plus forts d'Aizen, et Gin était parti de la même façon lorsqu'il avait appris sa mort. Le renard flippant qu'était l'agent double avait craqué et était partit dans un massacre, traçant une ligne droite jusqu'à Aizen. Pas besoin de dire que l'idiot n'était pas revenu en vie.
« Ichigo ? »
Ichigo tourna la tête en entendant la voix familière. Ah, on dirait que l'équipe venant de la Treizième Division était finalement arrivée.
« Kaien, » dit Ichigo avec raideur, sachant que, en face de tant de Shinigami de bas-rang, possiblement impressionnables, il serait de mauvais ton d'oublier l'étiquette militaire et de commencer un combat avec son cousin. Kaien était et un lieutenant et un chef de clan après tout.
Toutefois, Kaien fronçait durement les sourcils, et Ichigo pouvoir voir les déductions à la vitesse de l'éclair dans l'expression de son cousin alors que le lieutenant se tourna pour regarder Shunsui avec des yeux étrécis, rien de sa nature typiquement taquine en vue. Mêmes les Shiba – Isshin lui vint à l'esprit – savaient quand retenir leur habituelle routine de conneries.
« Expérience de combat, Kaien-kun, expliqua tranquillemenet Shunsui.
- C'est un première année, protesta Kaien, sa voix maintenue basse de sorte que seul le capitaine, Ichigo et Rangiku, se tenant derrière lui, puisse l'entendre.
- Il est aussi prévu qu'il soit diplômé au printemps prochain, rappela Shunsui à Kaien. Tu as aussi eu bon nombre de mission lorsque tu étais un deuxième année.
- Oui, mais c'est… Kaien se coupa, jeta un regard indéchiffrable à Ichigo avant de faire une courte exhalaison et de pencher la tête pour accepter à contrecœur. D'accord, d'accord, je considère que c'est une bonne raison. »
Shunsui acquiesça, et vu que le problème était réglé, le capitaine analysa le lieu avec des yeux perçants. « Tu es en charge de ta propre équipe ? »
Kaien acquiesça de nouveau, rapide et efficace cette fois. « Ukitake-taichou ne se sentait pas très bien à nouveau.
- D'accord, déployez-vous, ordonna Shunsui, sa voix s'élevant alors que la porte s'ouvrait. Nous nous déplacerons en deux groupes. Formation habituelle, Kaien-kun. »
Kaien acquiesça brusquement une fois encore, puis avec un mouvement de poignet en guise de geste en direction de ses subordonnés, l'équipe de la Treizième se mise en marche. Toutefois, le lieutenant ajouta dans une voix qui ne laissais place à aucune protestation, « Ichigo, avec moi un instant ».
Ichigo se renfrogna automatiquement. Est-ce que son cousin pensait qu'il ne pouvait pas se débrouiller tout seul ?
Néanmoins, ce n'était pas le moment de faire entendre ses protestations. Ichigo jeta un coup d'œil interrogateur à Shunsui qui lui donna la permission d'un signe de tête, lui faisant signe d'y aller avant de faire venir Matsumoto à son côté à la place.
Ichigo bondit en avant et se mit au niveau de Kaien, maintenant la vitesse générale sans difficulté.
Kaien ne tourna pas autour du pot, bien qu'il continua à parler à voix basse. « Tu es d'accord avec ça ? »
Ichigo lui jeta un regard noir. « Bien sûr ».
Le lieutenant roula des yeux, son attitude s'adoucissant. « Ce n'est pas ce que je voulais dire, idiot. Je t'ai trouvé dans le District 64, Rukongai Nord, tu te souviens ? es-tu sûr de vouloir y retourner si rapidement ? »
Ichigo le regarda presque à deux fois. Le Roi des Esprits avait largué son… le cul de sa couverture dans le District 64 ? Qu'elles étaient les chances ? Le Roi avait un sens de l'humour tordu.
« Je… Ouais, j'irai bien, Kaien », rassura rapidement Ichigo.
Il obtint un regard de côté soucieux. « Tu en es absolument certain, Ichigo ? Il n'y a pas honte à repartir maintenant si tu ne penses pas être prêt. Quand je t'ai trouvé, tu saignais de partout. Encore aujourd'hui, je suis surpris que tu ne sois pas mort. En fait, j'ai dû appeler Unohana-taichou ; les docteurs du Clan ne pouvaient rien faire du tout. Et même là, Unohana-taichou elle-même a dit que c'était un miracle que tu aies survécu. »
Ichigo ne dit rien pendant un moment, se concentrant sur chaque pas éclair à la place. Est-ce que Kaien – et qui que ce soit d'autre qui avait été impliqué – avait obtenu des souvenirs des blessures d'Ichigo après sa confrontation avec Aizen ? cela expliquerait l'inquiétude ; même Ichigo pouvait admettre qu'il avait été bien trop prêt de la mort après cette bataille finale. Le clou avait été encore plus enfoncé lorsque même Shinji, qui gardait toujours la tête froide, avait paniqué à propos de ses blessures quand ils avaient été mis en prison ensembles.
« Je vais bien, et j'irai bien, fini par répéter Ichigo. Arrête de t'inquiéter, je sais ce que je peux supporter. »
Kaien le jugea du regard. Ichigo lui rendit son regard, défiant son cousin de lui ordonner de partir. Kaien était peut-être plus vieux que lui mais Ichigo était définitivement plus fort, et il avait fait face à divinités en devenir ainsi que des monstres pendant de longues années et il s'en était sorti du côté des vainqueur, personne ici ne pouvait en dire autant.
Kaien finit pas soupirer d'un air défait. « D'accord, d'accord, mais vas-y tranquillement et essaye de ne rien faire d'inconsidéré.
- Je ne fais rien d'inconsidéré », répliqua Ichigo.
Enfin, plus beaucoup, à présent, corrigea-t-il dans sa tête.
Kaien renifla d'un air moqueur. « Tu es un Shiba, être inconsidéré est dans notre sang. »
Le lieutenant lui donna un coup de poing joueur sur son bras avant de pointer du doigt Shunsui. « Retourne là-bas, cousin. Garde la tête froide et tout se passera bien pour toi. »
Ichigo se réprima l'envie qu'il avait de rouler des yeux face à l'inquiétude manifeste de son cousin alors qu'il partit en Shumpo. C'était plus étonnant qu'autre chose. De son temps, il n'y avait pas eu grand monde à s'inquiéter activement pour lui, principalement parce qu'Ichigo n'avait jamais eu besoin qu'on s'inquiète pour lui.
Les tyrans à l'école et les malfrats de la ville qui l'avaient un jour harcelé à propos de ses cheveux ou de sa réputation ? Ils avaient été tabassés et envoyés à l'hôpital. Son père n'avait absolument jamais eu à intervenir et à discuter avec ses professeurs d'une victimisation d'Ichigo.
(Du moins, pas après que sa mère soit morte, mais avant ça, c'était Masaki qui s'était occupée de ce genre de choses.)
De la même façon, la Soul Society et ses lois injustes, ses Shinigami renégats et ses putains de traitres ? Ichigo avait toujours été capable de botter des culs quand il le fallait. Parfois, cela lui prenait un moment, mais il y arrivait toujours au bout du compte.
Il était fort, il était devenu plus fort chaque fois que quelqu'un de nouveau s'était pointé, et c'était vite tenu pour acquis qu'Ichigo serait toujours capable de faire face à chaque nouvelle crise qui frappait la Soul Society à ce moment-là. Et s'il n'y arrivait pas la première fois, alors il allait indubitablement devenir assez fort pour pouvoir le faire la fois suivante.
C'était comme ça que le monde tournait.
Kaien ne le savait pas cependant, donc Ichigo supposait que c'était tout à fait logique que son cousin en fasse un tas, surtout si Ichigo avait apparemment été trouvé dans ce district en particulier.
Alors qu'il retournait aux côtés de Rangiku, Ichigo croisa le regard de Shunsui et, lisant la question silencieuse dans l'expression de l'homme, il lui fit un signe de tête distrait pour lui signaler qu'il allait bien.
Il tourna son regard lorsqu'il sentit un autre regard peser sur lui. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
Rangiku rougit un peu mais continua franchement, « C'est vrai que tu vas être diplômé en un an ? »
Ichigo l'étudia du regard pendant un moment. « Ouais. »
Devant eux, Shunsui, pour une raison quelconque, secoua la tête d'une façon exaspérée. Rangiku toutefois eu l'air un peu déstabilisée par sa réponse monosyllabique mais continua avec obstination. « Mon ami, Gin, a aussi été diplômé en un an, et il a obtenu une position de siège dans la Cinquième lorsqu'il a rejoint le Gotei 13. Tu as une division particulière en tête ? une que tu veux rejoindre quand tu seras diplômé ? »
Ichigo plissa les yeux en la regardant. Eh bien, Rangiku avait toujours été bavarde. Du coin de l'œil, il vit la tête de Shunsui se pencher un peu, visiblement il écoutait lui aussi.
« Je n'y ai pas vraiment pensé », dit Ichigo. Ce n'était pas complètement vrai. Il n'était prêt à servir de son plein gré que sous trois capitaines – Ukitake, Shunsui et Shinji. Kisuke s'était aller trop loin : il était prêt à mourir en l'espace d'un instant pour ce gars mais travailler pour le futur marchand allait le rendre dingue. Ou le mener à une tombe précoce.
« Probablement pas la Treizième », ajouta-t-il quand il vit que la blonde voulait vraiment qu'il fasse sa part de la conversation. Rangiku acquiesça ayant rapidement compris pourquoi. Rentrer dans la Treizième allait indubitablement le mettre dans l'ombre de Kaien, que l'un ou l'autre d'entre eux le veuille ou non.
(Sans ajouter qu'être dans la Treizième n'allait pas vraiment aider Ichigo avec tout le problème Aizen. Elle n'avait pas vraiment été dans son ensemble impliquée dans la débâcle Aizen.)
« Pas la Douzième, continua-t-il avec praticité, ses pensées se tournant brièvement sur Kisuke. Je ne suis pas franchement un scientifique. »
Même s'il avait vu Kisuke travailler sur des choses et des autres pendant plus de cinq ans, se fit-il la réflexion avec un amusement sardonique.
« Et pas la Quatrième et la Seconde, conclut Ichigo. Je suis plutôt nul en Kidou, et je n'ai pas de quoi être un assassin.
- Ça te laisse encore pas mal de divisions parmi lesquelles choisir, répondit Rangiku avec enthousiasme, l'air ravie et soulagée par le fait qu'Ichigo possède réellement la capacité de faire la conversation.
- Cela dépend si oui ou non le capitaine m'accepte, fit remarquer Ichigo. »
Rangiku le regarda d'un air dubitatif. « Tu es un génie, le deuxième Shinigami à jamais finit l'Académie en un an. Quelqu'un va te vouloir. »
Ichigo haussa les épaules, se sentant un peu mal à l'aise. A sa grande perplexité, Rangiku se mit soudainement à glousser.
« Ah, je t'ai eu ! Rangiku claqua des doigts et lui fit un grand sourire. Tu n'es pas coincé, tu es juste timide ! »
Ichigo faillit trébucher en plein milieu d'un pas de Shumpo. Il se tourna vers la blonde avec un froncement de sourcils féroce, ignorant la toux suspect provenant de Shunsui. « Bon sang pourquoi je serai l'un ou l'autre ?! »
Rangiku tapa sur son menton d'un doigt à la manucure parfaite. « Tu n'écoutes pas les rumeurs à l'Académie ? ils disent que tu es un bâtard arrogant qui surf sur la réputation de ton Chef de Clan. Parce que tu ignores tout le monde à l'école. »
Ichigo fit un reniflement moqueur bruyant. « S'il avait autre chose que « penses-tu que tu puisses placer un bon mot sur moi à Shiba-fukutaichou », je serai peut-être plus enclin à leur parler. »
Le sourire de Rangiku s'élargit. « Mais maintenant je sais que tu es juste timide ! et vraiment asocial ! »
Ichigo lui jeta un regard noir. « Je ne le suis pas. Ne vas pas inventer des trucs. »
Rangiku eu l'audace de lui lever un pouce et de lui faire un clin d'œil. « Ne t'inquiètes pas, Shiba-kun, je ne vais pas révéler ton secret.
- Ce n'est même pas vrai ! » objecta Ichigo avant de se pincer l'arête du nez avec frustration. Il savait par expérience que Rangiku était plus dur à dissuader qu'un bulldozer… mais, une fois encore, ce n'était peut-être pas une bonne comparaison. Après tout, il pouvait couper un bulldozer en deux d'un coup de son épée. « Oh, comme tu veux. Penses ce que tu veux. »
Rangiku rit, ses yeux étaient chaleureux. « Tu sais, tu n'es pas si terrible, Shiba-kun. »
Ichigo ne fit que soupirer. Devant eux, Shunsui ricana silencieusement.
{2}
Dans la clairière, c'était un chacun pour soi face aux Hollows. Dès que Kaien s'en débarrassait d'un, un autre le remplaçait une seconde plus tard. Il avait déjà activé son Shikai, et l'eau virevoltait autour de lui en des arcs gracieux alors qu'il décimait une autre rangée de Hollows. De larges groupes comme celui-ci étaient rares mais il y en avait parfois, et c'était franchement ennuyeux de s'en occuper.
Il y avait aussi un nouveau type de Hollow, mêlée avec les normaux. Ils apparaissaient et disparaissaient rapidement, comme dans une de ces vidéos pleine de statique dans le Monde Humain, comme s'ils essayaient de devenir invisible ou un truc du genre mais n'y arrivaient pas entièrement.
Dieu soit loué pour ces petites bénédictions.
Tournoyant et transperçant un autre Hollow à travers son masque, Kaien prit une fraction de seconde pour chercher une fois encore son cousin du regard, vérifiant que le jeune Shinigami s'en sortait. Toutefois, Ichigo n'avait même pas l'air fatigué, même s'ils avaient rejoint la bataille une demi-heure plus tôt.
A ce rythme-là les capitaines allaient devoir desceller leur Zanpakutou, et on sait que les choses vont mal quand cela doit arriver.
Kaien jeta un autre coup d'œil à Ichigo. Son bébé de cousin fronçaient encore plus les sourcils que d'habitude, son expression s'assombrissant de plus en plus alors qu'il réduisait rapidement et d'une manière experte les Hollows autour de lui, restant dos à dos avec l'autre étudiante de l'Académie.
Kaien se demanda si c'était la réaction d'Ichigo au fait de faire face à des Hollows ou sa réaction à l'endroit en général.
Un Hollow grinça derrière lui et Kaien tourbillonna, le coupant en deux. Alors qu'il se jetait dans le cœur de ce qui semblait être une petite armée, Kaien fit rapidement le point sur tout le monde. Aucun de ses hommes n'était mort, et l'équipe de Kyouraku s'en sortait bien elle aussi. L'équipe d'Hirako en revanche avait déjà perdu trois membres avant qu'ils n'arrivent, laissant seulement deux officiers sans siège, le jeune Troisième Siège Ichimaru, et Hirako lui-même.
En parlant du Troisième Siège, Kaien lança un regard subreptice au gosse une fois encore, Ichimaru se débrouillait bien pour couvrir les arrières d'Hirako mais il souriait toujours d'une manière légèrement perturbante.
Eh bien. Les gens s'en sortait de manières différentes, et les meilleurs Shinigami étaient un groupe bizarre.
Kaien trancha encore un autre Hollow avant de crier à ses hommes de resserrer leur formation. Il ne fallait pas laisser un Hollow se glisser entre leurs rangs et les attaquer dans le dos.
Ça allait être une longue nuit.
{2}
Cela n'était pas censé se passer.
Ichigo ne savait pas vraiment si oui ou non cela était vraiment arrivé la première fois dans l'autre trame temporelle ou si c'était une déviation due à son arriver dans ce temps.
D'une façon ou d'une autre, les Hollows clignotant ressemblaient affreusement à des prototypes défectueux des Hollows invisible qu'Aizen avait perfectionnés et lâchés sur le Soul Society pendant la guerre. Encore maintenant, chacun d'entre eux détenait un éclat de pouvoir qu'Ichigo aurait reconnu même s'il avait été aveugle, sourd, et idiot ; ces choses portaient indubitablement des traces du Hogyoku.
Il lança un regard rapide par-dessus son épaule. Rangiku s'en sortait plutôt bien, même si elle fatiguait. Elle n'avait pas activé son Shikai donc il supposait qu'elle ne l'avait pas encore atteint. Son maniement de l'épée était précis et sans fioriture même s'il était un peu trop conventionnel à son goût, mais elle finirait par ajouter des variations une fois qu'elle aurait gagné en expérience.
Il écarta négligemment trois autres Hollows venant de son angle mort, les découpant sans y penser alors qu'il balayait du regard la clairière, vérifiant que Kaien allait bien avant de passer à la forme aux cheveux long d'Hirako Shinji à trente pas de distance.
Le capitaine de la Cinquième Division s'en sortait plus que bien mais c'était le Shinigami qui surveillait ses arrières qu'Ichigo regardait avec méfiance. Il savait que techniquement Gin était contre Aizen mais cela ne voulait pas nécessairement dire qu'il a était du côté des Shinigami, et là maintenant, le Troisième Siège allait indéniablement essayer de se glisser aussi loin que possible dans les bonnes grâces d'Aizen. A cette époque, si Aizen disait saute, Gin serait dans les airs avant de demander à quelle hauteur.
Distraitement, Ichigo trancha un autre Hollow, son regard se posant une fois de plus sur Shinji. Quelque chose noua ses tripes douloureusement mais il ignora les élancements de douleur. Le blond avait l'air… moins accablé même au milieu d'un combat. Etre Hollowifié et exilé allait durcir le capitaine bien plus que plusieurs siècles passés dans la sécurité relative du Seireitei ne le pourraient jamais.
Les lèvres d'Ichigo s'étrécirent et il laissa sortit la bouffée d'irritation qu'il ressentait sur les cinq Hollows qui s'approchaient de lui, deux d'entre eux apparaissant et disparaissant à une vitesse donnant la migraine.
Ce n'était pas juste. Quoi qu'ils aient fini par dire dans le futur, est-ce que Shinji et les autres n'auraient-ils pas été plus heureux s'ils n'avaient pas été Hollowifiés ? et si Ichigo pouvait l'empêcher… que se passerait-il ?
Non il devait s'en tenir au plan. La création des Vaizards était une des quelques stipulations que le Roi des Esprit avait posées après tout.
Ichigo se secoua et s'avança rapidement sur le chemin d'un Hollow qui avait Rangiku dans le collimateur.
« Merci, Shiba-kun, dit Rangiku, essoufflée, alors qu'elle se défendait contre un autre Hollow qui l'attaquait de face. Tu es vraiment bon.
- Mmm, Ichigo éclata calmement le masque d'un autre Hollow de la garde de son katana alors qu'il se jetait sur lui. Tu n'es pas mauvaise non plus. C'est juste histoire de s'habituer à ce genre de choses.
Et tu l'es toi ? » souffla Rangiku, passant sous les griffes d'un Hollow avant d'enfoncer son Zanpakutou dans sa tête. Elle n'avait pas l'air énervée ou demandant une réponse à tout prix, elle était plus jalouse et curieuse qu'autre chose.
Ichigo grogna en affirmation. « Faut croire… »
Il tourna la tête brutalement. L'un des Hollow qui papillonnait venait de disparaître complètement. Ichigo pouvait encore voir la vague forme de reiatsu du Hollow, c'était la seule façon de déterminer où étaient ces Hollows lorsqu'ils étaient invisibles. Quiconque ne savant pas quoi chercher le raterait de toute façon.
Et la chose se dirigeait droit sur le dos de Shinji.
Le dos non protégé de Shinji, parce que Gin s'était soudainement écarté du passage, se déplaçant silencieusement pour se tenir quelques pas plus loin sur la gauche alors qu'il se débarrassait de quelques Hollows de plus, son sourire large et ses yeux légèrement ouverts.
Bon, ce pouvait être une coïncidence. A première vue, Gin avait l'air de combattre un Hollow particulièrement ennuyant. Dommage qu'Ichigo avait depuis longtemps cessé de croire aux coïncidences.
Donc bon sang, qu'est-ce que ce serpent faisait à s'éloigner encore plus ?
Le temps d'un battement de cœur, Ichigo assimila la scène se passant à l'autre bout de la clairière et explora tous les scénarios possibles de ce qui pourrait se passer dans les prochaines secondes.
Que ces Hollows se pointent était déjà sentait déjà assez mauvais mais Aizen ne faisait rien à moins d'avoir au moins une demi-douzaine de raisons de le faire. Il n'enverrait pas ces Hollows sur un groupe de Shinigami juste pour s'amuser ou quelque chose tout aussi révoltant.
Alors, est-ce qu'Aizen voulait tester jusqu'à quel point un Shinigami s'en sortait face à un Hollow amélioré par le Hogyoku en situation de combat ? Et pas seulement ça mais aussi contre un Shinigami de classe de capitaine ?
Sans mentionner que vu que Shinji n'aurait probablement pas conscience du danger avant que le Hollow invisible soit sur lui, le capitaine allait certainement devoir desceller son Zanpakutou pour écarter le cero indiscernable et pile dans son espace vital, révélant ainsi par avance son Shikai à Aizen.
Et si c'était ce qui était arrivé la première fois, est-ce que c'était comme ça qu'Aizen avait su comment contrecarrer le Zanpakutou de Shinji ? Ichigo refusait de croire que la capacité du Shikai d'un des capitaines les plus forts puisse être aussi facilement quelle que soit l'explication pourrie qu'Aizen avait donnée. Avoir un siècle avec l'information sous le coude était certainement un avantage.
Et bon sang, si ce n'est cela, si le Hollow était ridiculement chanceux et que Shinji était scandaleusement malchanceux et qu'il se faisait tuer, ça faisait un capitaine de moins à s'occuper pour Aizen.
Une pierre deux coups. Ses arrières étaient couverts. C'était le style d'Aizen.
Un autre battement de cœur. Le sans battait à ses oreilles alors que le temps sembla se ralentir encore plus.
Les pieds d'Ichigo le démangeaient d'aller dans la direction du capitaine, un instinct protecteur s'élevant dans sa poitrine.
Shinji.
Le bruit de la bataille et le crissement des Hollows autour de lui garantissait qu'un cri d'alerte ne serait pas entendu.
Mais si Ichigo quittait sa position maintenant, il allait laisser Rangiku ne serait plus du tout couverte, et il y avait des douzaines de Hollows prêts à fondre sur eux. La blonde serait de la viande froide, ou au minimum fatalement blessée, en particulier vu que Shunsui était occupé, lui-même était entouré de Hollows plusieurs pas plus loin, et Kaien était aussi occupé.
Ichigo pouvait le faire en revanche. S'il libérait son Zanpakutou. La vague de reiatsu qui en résulterait allait décimer tous les Hollows dans un rayon de dix pas, lui laissant largement le temps de quitter le côté de Rangiku et de se précipiter au secours de Shinji étant donné que Gin n'avait certainement pas l'intention de le faire.
Un dernier battement de cœur. Le temps sembla se figer, retenant son souffle alors que le futur restait incertain.
Ichigo se décida.
« L'obscurité tombé et le paradis pleure, » commença-t-il dans un murmure entre ses dents, mettant sa lame devant lui.
« Shiba-kun ? » derrière lui, Rangiku avait l'air confuse. Sur le côté, Kaien posa soudainement son regard sur lui, reculant un peu face au six Hollows qui venaient à lui de tous côtés.
« La lune de sang se lève et les cieux sont déchirés ! » la voix d'Ichigo s'éleva alors qu'il s'entait son reiatsu s'agiter. Il pouvait presque sentir l'impatience de Shiro et l'anticipation retenue de Zangetsu. « Avance-toi, Zangetsu ! »
Le reiatsu noir ourlé d'écarlate typique d'Ichigo explosa autour de lui pour la première fois depuis plus de six mois, l'immense masse d'énergie tourbillonnant autour de lui et éviscérant tous les Hollows qu'elle touchait alors qu'elle s'étirait comme si elle étirait ses ailes après des mois à les retenir prisonnières.
Et à l'intérieur de ce sombre cocon qui l'encerclait, son katana se sépara en deux, sa lame la plus légère tombant dans sa main gauche alors que sa lame plus large se forma dans sa droite. Le poids réconfortant de ses deux lames – Zangetsu à sa gauche ; Shiro à sa droite – était parfait dans les mains d'Ichigo.
Cela lui donnait un goût de liberté, et pour la première fois depuis qu'Ichigo avait atterri dans ce temps, il se senti comme s'il avait récupéré un peu de ce qu'il avait une fois appelé « chez lui ».
Pour l'instant cependant, Ichigo s'était déplacé avant même que son reiatsu ait disparu, volant parce dessus le sol de la forêt avec le vent hurlant dans ses oreilles alors que son Shumpo atteignait sa vitesse habituelle qui rendait tout flou.
Il n'hésita pas, ses instinct nés du combat et son talent le poussèrent en avant alors qu'il se glissa avec fluidité entre le Hollow invisible et Shinji.
Il sentit plus qu'il ne vit Shinji se tourner d'un seul coup, visiblement surpris, mais Ichigo ne fit pas attention à lui, se concentrant sur ce qu'il avait à faire.
Ses yeux se fixèrent sur la forme presque imperceptible du Hollow qui approchait, et sans hésiter, il leva Zangetsu pour bloquer la frappe létale descendante des griffes du Hollow qui étaient telles de l'acier, bloquant ainsi l'attaque sans difficulté.
Il apparut à nouveau dans un cri de rage. Hum. Toujours défectueux. Les Hollow invisible perfectionnés restaient invisible même après avoir été touchés. Parfois, ils disparaissaient même sans que quiconque ait vu du tout leurs formes.
Ichigo n'attendit pas une autre attaque – futile –. En un clin d'œil, il élança Shiro dans un arc montant, coupant à travers le Hollow des pieds jusqu'à la tête.
Du sang gicla dans les airs, et Ichigo recula automatiquement pour en écarter Shinji alors que le Hollow bascula s'écrasant sur le sol alors qu'il commençait à se dissoudre.
Ichigo le regarda avec désintérêt alors qu'il relâcha une expiration silencieuse et qu'il roula des épaules. Du reiatsu noir continuait à entourer ses deux lames, pas encore tout à fait prêt à retourner complètement sous le contrôle d'Ichigo après avoir été retenu pendant tant de mois.
Ichigo s'en moquait. Il n'avait jamais tenu son reiatsu avec une bride si courte pendant si longtemps depuis qu'il avait découvert le reiatsu lorsqu'il avait quinze ans. Pour le moment, il avait l'impression qu'un poids avait été enlevé de ses épaules. Les Hollows étaient naturellement des êtres destructeurs après tout, donc ce n'était pas vraiment sain pour Ichigo de retenir son reiatsu pendant aussi longtemps. Cela le rendait nerveux et tendu.
Il cligna des yeux, et ensuite il enregistra finalement le fait que, hormis une poignée de Hollows grinçant au loin, la clairière était dans un silence de mort.
Ichigo jura intérieurement, et ensuite il fit hâtivement quelques pas à gauche lorsqu'il se rendit compte que, inconsciemment, il se tenait juste à côté de Shinji. Il avait l'habitude de la présence de l'homme dans sa propre trame temporelle, mais à présent, le blond était supposé être et un étranger et un capitaine. Ichigo était seulement un étudiant à l'Académie.
Ne le regarde pas, se dit-il, évitant de croiser les yeux avec le capitaine blond tout en essayant de faire croire qu'il ne faisait pas cela intentionnellement. Le voir est une chose ; tu vas probablement te planter et lâcher quelque chose que tu ne devrais définitivement pas dire si tu lui parles.
Donc il se concentra sur le fait de rétracter son reiatsu à la place. Il fallait le faire à un moment ou à un autre, et bien qu'il avait appris comment cacher son reiatsu au fil des ans, cela ne lui venait toujours pas aussi naturellement que pour presque tous les autres.
Malheureusement, dans le silence frappant qui suivit, les murmures commencèrent.
« Oh mon dieu, tu as vu ça ?
- Vu ? Tu as senti ça ? le reiatsu de ce mec est d'une puissance de dingue!
- Et il est noir ! qui a du reiatsu noir ?
- On s'en fout de ça : regarde à son Zanpakutou ! Il a deux lames ! Il n'y en a pas eu des comme lui depuis Kyouraku-taichou et Ukitake-taichou !
- Il n'est pas juste un étudiant à l'Académie ?
- Mais c'est un Shiba. J'ai entendu dire que le dernier qui est entré à l'Académie est aussi un génie. »
Ichigo fit la moue. Superbe. Tout ce qu'il lui fallait. Ce n'était pas comme s'il était le seul à avoir deux lames. Juste parce que les deux autres se trouvaient être des capitaines, les gens devaient en faire tout un pataquès.
Ses mains se serrèrent autour de ses Zanpakutou, levant Shiro pour reposer la large lame contre l'une de ses épaules. Ignorant largement les murmures autour de lui, il inspecta la clairière, remarquant que les seuls Hollows qui restaient s'attardaient au loin à l'orée des arbres, subjugués et intimidés.
Bon sang, certains d'entre eux ouvraient des Gargantas et fuyaient pour leur vie.
Son regard se posa sur Shunsui qui l'étudiait avec grand intérêt du dessous du rebord de son sakkat, un sourire étonnamment satisfait ourlant ses lèvres alors que l'homme regardait Ichigo et ses deux lames.
Rangiku était ouvertement bouche-bée, ses yeux écarquillés de surprise.
Et Gin ne souriait plus, son regard d'un bleu aérien se posant directement sur Ichigo.
Ouais, va le dire à ton chef, l'encourageait silencieusement Ichigo. Je paris qu'Aizen allait juste adorer d'entendre cela. Je suppose que ma vie vient juste d'être mise en ligne de mire. Le bâtard allait soit essayer de me recruter ou de me tuer.
Surprise, ou peut-être pas temps que ça, ce fut Kaien qui s'avança pour remplir le silence lourd, son Zanpakutou à nouveau scellé alors qu'il aboyait sur les Shinigami de rang inférieur, « Hé, si vous avez le temps de rester là et de faire les commères, allez vous rendre utiles et poursuivez les derniers Hollows. Bougez-vous ! »
Les Shinigami se la fermèrent, et se précipitèrent pour faire ce qu'on leur avait dit sous le regard menaçant de Kaien et sa position intransigeante. Gin fut le dernier à partir, ses yeux s'attardant encore un instant sur Ichigo avant de sourire de nouveau et de faire signe à Rangiku de le suivre. Après un acquiescement de Shunsui, les deux partirent dans la forêt environnante, laissant Ichigo se débrouiller tout seul avec deux capitaines et un lieutenant.
Dans la seconde qui suivait, Kaien bondit, l'agitation claire dans tous ses gestes alors qu'il se précipitait sur Ichigo.
« Putain, je t'avais dit de ne rien faire d'inconsidéré ! » Kaien s'arrêta devant lui, cherchant du regard s'il était blessé ou non. « Et qu'est-ce que tu fais ? tu y vas et tu fais quelque chose d'inconsidéré !
- Techniquement, tu m'as dit d'essayer de ne rien faire d'inconsidéré, ne put s'empêcher de faire remarquer Ichigo, se relaxant un peu maintenant qu'il n'y avait plus vraiment besoin de maintenir les apparences. Et en plus, je n'ai rien fait d'inconsidéré. C'était un mouvement très calculé.
- Calculé ?! dit Kaien d'une voix étranglée. Tu t'es précipité à travers la clairière en moins d'une seconde, et ton reiatsu a décimé tous les Hollow à vingt à la ronde. Et ensuite tu t'es presque fait déchiqueté pas ce … ce truc Hollow invisible ! Quand est-ce que tu as eu le temps de calculer quoi que ce soit ? »
Ichigo le fixa du regard avant de sourire froidement. « Eh bien, cousin, nous n'avons pas tous besoin d'avoir un temps mort avant que nos cerveaux se mettent en route. Ça s'appelle réagir à brûle-pourpoint. Je suis sûr que tu peux trouver un livre sur ça quelque part.
- Oh, haha, très drôle, Kaien fronça les sourcils. Ecoute, je t'ai dit d'y aller tranquillement. Est-ce que tu as la moindre idée de ce que Kukaku va me faire si tu as une rechute ou un truc du genre ? »
Ichigo claqua la langue avec irritation. « Est-ce que j'ai l'air d'être sur le point de m'effondrer ? Je vais bien. La seule chose que j'ai faite c'est libérer mon Zanpakutou. Bon, je peux avoir tort, mais la dernière fois que j'ai vérifié, c'est une chose que les Shinigami font assez communément.
- Il y a cette chose appelée épuisement de reiatsu ! », dit Kaien sur la défensive.
Ichigo renifla moqueusement, faisait tournoyer oisivement sa lame dans sa main gauche. « Kaien, tu sens mon reiatsu. Ça va prendre bien plus qu'un seul Hollow pour m'amener à ce point.
- Tu ne peux jamais être assez prudent ! l'admonesta Kaien, croisant les bras d'un air buté. Et je ne peux pas te voir t'effondrer son ma garde. Tu es mon bébé de cous – ouf ! »
Ichigo retira nonchalamment Zangetsu de là où il venait justement d'enfoncer sa garde dans l'estomac de cousin assez peu gentiment. Kaien se plia en deux, la respiration sifflante.
Ichigo sourit, d'un air cassant et à la sérénité trompeuse. « Ne m'appelle plus jamais bébé ou je te noierai dans le marais. »
Kaien s'étouffa, tapotant son torse maladroitement alors qu'il se redressait. « Est-ce que ce n'est pas un peu dur, Ichi ? »
Ichigo pencha la tête en faisant semblant de réfléchir avant d'acquiescer avec gravité. « Tu as raison, le marais n'a rien fait pour mériter que tu sois plongé dedans. »
Kaien se gonfla d'indignation alors même qu'une lueur de rire brillait avec reluctance dans ses yeux. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour continuer à argumenter, le bruit de quelqu'un raclant sa gorge interrompit leur dispute-devenue-badinage.
« Kaien-kun, Ichigo-kun, peut-être pouvez-vous garder les querelles familiales pour plus tard », les admonesta gentiment Shunsui, amusé mais sévère.
Kaien frotta sa nuque d'un air coupable alors qu'il se déplaça pour se tenir aux côtés d'Ichigo. Ichigo, lui, grogna sans s'engager.
« C'était très bien fait, Ichigo-kun », fit remarquer Shunsui, s'arrêtant devant eux.
Ichigo acquiesça avec une certaine raideur. Dans sa vision périphérique, il regarda Shinji sautiller pour rejoindre Shunsui, Sakanade rengainée.
S'ajuster à Shunsui était assez dur ; avoir les deux d'entre eux face à lui était comme une gifle en pleine face. Ichigo luttait pour garder une grimace amère hors de son visage, son regard se posant sur son Zanpakutou à la place.
Avec nostalgie, il lança la lame la plus légère dans les airs, et alors qu'elle descendait, elle disparut en se fondant alors qu'il la saisissait avec sa lame la plus lourde. Un mouvement de poignet plus tard, seul un simple katana à la garde noire resta. Sans plus de fanfare, il le rengaina à travers la ceinture autour de sa taille une fois de plus.
A côté de lui, Kaien grommela un peu. « Tu ne m'avais pas dit que tu avais atteint le Shikai. »
Ichigo roula des yeux à son ton boudeur. « Tu ne me l'as jamais demandé.
- Je ne devrais pas avoir à le faire !
- Pourquoi, parce que tu es le Chef de Clan ? dégonfle un peu ta tête, cousin.
- Quoi ?! Ce n'est pas ce que je veux dire ! Tu devrais être celui qui se précipite en sautillant joyeusement jusqu'à la maison pour le dire à ta famille. Et ensuite on ferait une fête !
- D'accord, d'un, je ne sautille pas. Et de deux, si le reste de la famille est comme toi, je n'irai nulle part prêt de l'enceinte Shiba. J'en serai traumatisé à vie.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? tu te rends compte que tu brises nos cœurs en te dissociant de …
- Est-ce qu'ils sont toujours comme ça ? »
Kaien se tut abruptement, et les muscles d'Ichigo se tendirent involontairement. Devant eux, Shinji souriait un peu, son sourire de Chat de Cheshire si familier qu'Ichigo dut ravaler durement et piétiner la vague de nostalgie et de chagrin qui montait en lui.
Peut-être que Shinji en remarqua une partie parce que son sourire s'assombrit juste un peu. Le capitaine ne le mentionna pas cependant, examinant Ichigo de prêt à la place. « Donc tu es Shiba Ichigo. J'ai entendu des choses bien sur toi. C'bien d'voir que ce n'était pas qu'une rumeur. Merci de m'avoir sauvé tout à l'heure. »
Ichigo se creusa la tête pour faire une réponse appropriée. « Je… Merci de dire cela, Hirako-taichou. Et, ce n'était pas un problème. »
Shinji sourit à nouveau, d'une bonne humeur désarmante alors que ses yeux jugeaient les réactions d'Ichigo. « Hé, les bonnes manières te correspondent pas j'trouve. T'es un gosse intéressant ; quand est-ce que tu es diplômé ? »
Ichigo cligna des yeux. « Euh, au printemps qui vient. »
Shinji acquiesça d'un air penseur, ses yeux bruns étincelants. « Garde ma division en tête alors. Je mettrai même une position de siège dans la balance pour t'inciter. »
La mâchoire d'Ichigo en tomba presque. Quoi ? Shinji était prêt à lui offrir une position de siège juste comme ça ?
Shunsui, sur le côté, ricana. « Hirako, tu n'as pas déjà un prodige dans ta division ? »
Shinji écarta la question d'un geste de la main. « Qui s'en préoccupe ? c'était vraiment plus le choix de Aizen-chan, pas le mien. J'aime plus celui-ci. »
Ichigo le regarda abasourdit, et ensuite fronça immédiatement des sourcils quand Kaien intervint sur un ton entêté, « Eh bien où qu'il aille, le capitaine a intérêt à prendre bien soin de lui. »
Ichigo lui donna un coup de coude violent. « Je peux prendre soin de moi-même, bâtard.
- En fait, il a raison, intervint Shunsui. Les capitaines ont le devoir de prendre soin de leurs subordonnés. »
Sauf que c'est toujours moi qui prenais soin des autres, pensa sèchement Ichigo, mais il ne dit rien à voix haute.
« En parlant de cela, soupira Shinji, son regard se détournant finalement pour se poser sur les trois Shinigami morts éparpillés dans la clairière. « J'ai des corps à nettoyer et des lettres à écrire aux familles. Ça va être une longue nuit. »
Le front d'Ichigo se plissa. C'était l'une des tâches les plus horribles d'un capitaine. Il pouvait en attester. Cela avait aussi été une de ses tâches.
Néanmoins, c'était la responsabilité d'un capitaine, et bien qu'Ichigo aurait aimé offrir son aide, aussi détestable que cette tâche soit, il savait aussi par expérience que c'était quelque chose que les capitaines devaient faire eux-mêmes.
Alors, à la place, il suivit Kaien dans la forêt pour pourchasser les derniers Hollows restant. C'était un peu un soulagement d'être loin des deux capitaines donc Ichigo ne se plaignait pas.
Kaien, dieu merci, eut l'air de saisir l'humeur dans laquelle Ichigo était, parce que le lieutenant ne commença pas à s'agiter ou à le taquiner à nouveau. Il parla cependant.
« Ichigo ? »
Ichigo le regarda. « Ouais ? »
Le regard de Kaien était sombre. « Est-ce que tu penses à rejoindre la Cinquième ? »
Ichigo cligna des yeux. « … je suppose. »
Son cousin passa la main dans ses cheveux. « Eh bien, c'est ton choix. Mais… fais attention. »
Ichigo fronça les sourcils. « Tu ne fais pas confiance à … » Pas Shinji, crétin. « … Hirako-taichou ? »
Kaien le regarda à nouveau, les yeux plissés. Lorsqu'il parla, sa voix était à peine audible. « Pas lui, Ichi. C'est juste que… ne prends pas pour argent comptant tout ce qu'on te dit sur le lieutenant, c'est compris ? »
Ichigo se figea, tournant lentement la tête pour fixer du regard son cousin. Kaien avait déjà avancé, son katana une fois de plus dégainé
Donc même un siècle plus tôt, Shinji n'avait pas été le seul à avoir des doutes sur Aizen Sousuke. C'était peut-être ce pourquoi Kaien avait fini par être tué ? parce qu'il avait fini par s'approcher trop près de la vérité qu'Aizen cachait et que ce dernier avait dû se débarrasser de lui ?
Ichigo partit après son cousin. Pas de problème. D'une manière ou d'une autre, Kaien était de sa famille à présent, aussi énervant soit-il. Ichigo n'allait pas laisser Aizen s'en tirer avec ce meurtre une fois de plus.
Il allait juste devoir être encore plus prudent à partir de maintenant.
voilà, après une longue attente, le chapitre 2 est enfin traduit et publié.
Merci à tous ceux qui prennent le temps de laisser une review, c'est un vrai encouragement à continuer la traduction et surtout à le faire plus vite!
