Je vous offre ce premier outtake, j'attends vos impressions sur le sujet !
C'est le développement de la relation de Law et de Doflamingo, ses rapports à la Pègre et sa position dans l'organigramme des Don Quixotte ; il a été très demandé, et j'ai décidé d'ouvrir le bal avec ce moment-là.

Je vous souhaite une bonne lecture, et je vous dis à bientôt peut-être pour une suite ;)

Enjoy it !


Outtake 1 : Passation de pouvoir.

Détroit. Villa de Don Quixotte Doflamingo.

Il y a de l'agitation, dans la villa, je l'entends depuis ma chambre.

Mon réveil a sonné, mais je l'ai envoyé bouler sur le tapis, comme tous les matins. Je suis étonné que Doflamingo ne soit pas déjà monté me chercher, ou qu'Alvida ne soit pas venue se rincer l'œil en me matant pendant que je dors. Sérieux… elle est pas censée être mariée à Baggy, cette conne ?
Je pousse les draps et je me lève, en attrapant mes fringues au passage ; j'ouvre la porte de ma chambre, et je traverse le palier pour me rendre dans la salle de bain… où je tombe nez-à-nez avec mon père, occupé à se raser.
Sa lame longe la chair de sa gorge, mais ses yeux se détournent de son reflet pour me fixer.

- Salut, P'pa.

- Bonjour, Trafalgar. Bien dormi… ?

- Mmn. Désolé, j'suis un peu à la bourre.

- Ça ne fait rien. Dépêche-toi, Pica et Diamante sont déjà là. Et rase-toi, soupire-t-il en désignant ma barbe de trois jours.

J'acquiesce, et je me plante face au miroir, à côté de lui, devant le deuxième lavabo que je remplis d'eau chaude, en regardant la vasque se remplir.
J'ai la tête en vrac, je suis rentré à trois heures du matin et je vais devoir lutter pour ne pas m'endormir, aujourd'hui. J'ai passé une bonne partie de la nuit chez Jewelry, au nez de ses parents, et on a fait l'amour toute la soirée : en clair, je suis claqué, et pas d'humeur pour une réunion familiale.
Je retire mon tee-shirt et Doflamingo avise les marques que Jewelry a laissées sur moi ; un ou deux suçons ci et là, quelques griffures, qui jalonnent mes épaules. Son regard s'assombrit, et je lui offre un sourire d'excuse.

- T'en fais pas, ça se verra pas avec la chemise.

- Je ne m'inquiète pas. Je m'étonne seulement que tu sortes toujours avec cette cul-serrée.

- Elle s'appelle Jewelry. Ça serait bien que tu t'en souviennes.

- Pourquoi, tu comptes te marier ?

Franchement, cette idée ne me déplaît pas tant que ça.

- Non, mais j'aimerais te la présenter, sauf si tu penses qu'elle ne mérite pas de fouler la moquette de ton bureau.

- … fais très attention à ce que tu dis.

- C'est déjà le cas.

Doflamingo s'essuie le visage, pendant que je m'étale de la mousse sur les joues pour prendre mon propre rasoir, qu'il m'a fait faire quand j'ai été en âge de me raser « comme un homme » ; encore une tradition à la con, que j'ai très envie d'envoyer bouler au même titre que le reste.
Je sens son regard sur moi, je vois son reflet dans le miroir que je m'obstine à fixer avec l'air le plus naturel possible – que personne ne s'y trompe, défier mon père est déconseillé si on est sain d'esprit, et je ne suis pas assez fou pour le pousser à bout : le jeu n'en vaut pas la chandelle.

- Je t'attends en bas. Tu as quinze minutes, murmure-t-il froidement avant de claquer la porte.

. . . . . . .

- Attendez, j'ai pas tout compris, marmonne Pica en se frottant le front.

Un lourd soupir parcourt l'assemblée, et mon père se pince l'arête du nez en réprimant un grognement. Décidément, ce type est un vrai lourdeau… j'échange un regard avec Buffalo, et un sourire étire le coin de nos lèvres.
Un boulet, même.

- C'est pas étonnant, quand on fait la bringue pendant des heures, raille Baggy en jouant avec le collier d'Alvida.

- Rien à voir. J'comprends pas, c'tout.

- Père a dit que la lutte contre la criminalité était devenue la priorité nationale numéro une depuis qu'Akainu est devenu président de notre magnifique nation, soupiré-je en levant les yeux au ciel. Et qu'on va devoir trouver une solution pour pallier ça et renforcer notre assise sur la manufacturing belt.

Je vois bien que le patapouf mouline, et j'en retire un certain plaisir ; je ne comprends pas pourquoi Doflamingo s'embarrasse de la présence de ce crétin. Une question de pistons et de services rendus, je crois, quelque chose dans ce goût-là.

Notre capacité d'adaptation est la seule chose susceptible de nous sortir de la merde noire dans laquelle se trouve les Don Quixotte. Les familles du crime organisé travaillent surtout sur de grands terrains qui sont propices à l'amassement de richesses folles, comme l'extorsion de fonds, la fraude financière, le racket, la drogue, la prostitution et la pornographie. J'en ai vu passer, des nanas qui ne parlaient pas un mot d'américain, et qui arrivaient en charter pour aussitôt s'approprier un bout de trottoir et rapporter 90% de l'argent à mon père.
Ça ne me choquait pas, jusqu'à ce que je sorte avec Jewelry – elle m'a demandé ce que ça me ferait de la voir faire le tapin sur le bord de la route après ses cours. Je lui ai dit qu'elle était ridicule, mais ça m'a mis tellement mal à l'aise de l'imaginer se faire rabaisser comme ça que je ne supporte plus de devoir m'occuper de gérer le nombre de filles qui arpentent les routes pour le solde de la famille. C'est Buffalo qui gère ça, je me contente de superviser le flux d'entrée et de sortie des stupéfiants.

- Il va falloir qu'on se diversifie encore plus, qu'on sorte du lot de tous ces capos qui nous font de l'ombre, soupire Doflamingo en se balançant pensivement sur sa chaise. Mais sans être trop dans la lumière. Malheureusement… avec tout ce qui traine en ce moment…

- … se faire une place va être très compliqué, surtout avec le renforcement de la politique anti-mafieuse d'Akainu, souligne Vergo en tapotant sa cuillère contre sa joue.

J'aimerais tellement qu'elle y reste collée, pour qu'il ait l'air encore plus con qu'il ne l'a déjà.

- Law ? une idée ? me lance mon père par-dessus ses lunettes.

Fut un temps, j'adorais être force de proposition. Maintenant, je déteste ça. Profondément. Ça me donne l'impression de faire plus encore partie des leurs, parce que je pense comme eux, et j'ai la sensation de m'engluer dans quelque chose qui me retient loin de Jewelry.

- … oh, Law ? ton père te parle, tranche la voix de Diamante.

- Il est dans la lune, en ce moment.

- Amoureux, peut-être… ? susurre Alvida.

Surtout, ne pas broncher. Ne pas leur laisser croire qu'ils ont une quelconque emprise sur moi à ce propos.
Je veux que J.J. reste intouchable, qu'ils ne viennent pas plus la souiller que je ne le fais déjà.

- Lâchez-le, grogne Buffalo. Il baise qui il veut, on s'en fout du reste.

- D'accord avec toi, intervient mon père en les vrillant tous du regard. Si quelqu'un à un reproche à faire, qu'il vienne me le dire. Laissez Law faire ses propres expériences, il en a besoin pour grandir. C'est comme ça qu'on devient un homme, pas vrai… ?

Je n'aime pas son sous-entendu ; il me glace le sang, mais je ne peux rien faire d'autre qu'acquiescer.

- On pourrait étendre notre réseau sur les entreprises de constructions, proposé-je.

- … pourquoi ? grogne Lao G, dédaigneux.

- Les syndicats peuvent être utiles. Pour le paiement de la taxe. S'ils veulent bâtir sur notre territoire, ils vont devoir payer. S'ils ne veulent pas, avec le contrôle des syndicats, on peut faire peser la menace d'une grève, expliqué-je le plus calmement possible. Les matières premières n'arrivent plus sur le chantier, l'entreprise est menacée de faillite. Alors… elle raque.
Doflamingo m'offre un sourire radieux ; un sourire comme il n'en a que rarement, et qu'il ne réserve qu'à moi.

Quand j'étais gosse, il passait tout son temps libre à jouer avec moi ; à me montrer comment faire, à monter mes jouets, à me promener sur ses épaules, à m'apprendre à jouer aux jeux vidéos. Un père, un vrai, qui m'a donné autant de raisons de l'aimer que de le haïr. Et il était tellement bon avec moi que je ne pouvais pas lui refuser quoi que ce soit, même si son ton lui donnait plus la force d'un ordre que d'une suggestion.

- Voyez comme la jeune génération est plus mature que nous, en un sens ? ils savent sortir des sentiers battus.

… non, vraiment, son sous-entendu ne me plait absolument pas.
Qu'est-ce qu'il veut ?
Pourquoi est-ce qu'il me regarde comme ça… ?
Je balaye la salle du regard, et je remarque que tous les yeux sont fixés sur moi.
Ça, ça craint. Ça craint vraiment. La dernière fois que j'ai eu droit à ce regard-là, j'avais quinze ans et j'ai dû froidement abattre un homme que je ne connaissais pas d'une balle dans la tête.

- … je pense que tu es prêt, Law, murmure Doflamingo en posant une main sur ma nuque.

- … prêt à quoi ?

Je le sais, je l'ai senti venir, je m'en doutais depuis longtemps déjà, mais je pensais avoir le temps de partir avant d'entendre ça.
Putain, non. Pas ça. J'vous en prie, pas ça…
Jewelry.
Je vais la perdre.
C'est comme si je l'avais déjà perdue, en fait.

- … dans un mois, tu quittes ton statut de caporegime pour prendre ma place. Il est temps que je me retire, et tu m'as prouvé chaque jour que tu en étais capable.

Il m'attire à lui et pose un long baiser sur mon front.
Une larme coule le long de ma joue, alors que tous se lèvent pour m'étreindre et me féliciter.
J.J. … je te demande pardon.

. . . . . . .

Warren. Chambre de Jewelry.

Jewelry pose sa tête sur mon torse et je glisse mes doigts dans ses cheveux ; j'inspire leur parfum, et je sens son sourire contre ma peau.

- … quoi ?

- Rien. J'aime bien écouter ton cœur battre. Ça m'endort.

Elle se love contre moi, et les courbes de son corps encore moite de notre ébat épousent les miennes ; je me redresse pour trouver ses lèvres et je l'étends dans les draps, en la serrant contre moi.
Je dois lui dire, ça fait des semaines que je ressasse ça dans ma tête, mais je ne sais pas comment aborder le problème. J.J. sait ce que fait mon père, elle sait qu'il la déteste et comme elle me le répète : « Ça tombe bien, je ne peux pas le blairer non plus » ; mais ça… c'est la goutte d'eau qui fera déborder le vase déjà trop plein depuis bien longtemps.

Je ne pourrai pas esquiver le sujet éternellement ; à un moment où à un autre, il faudra bien crever l'abcès.

- Hé, J.J.

- Mmn.

- … tu crois que ça va durer encore longtemps ? toi et moi ?

Ouvrir les hostilités en douceur, pour préparer un peu le terrain.
Elle caresse mes cheveux humides et plonge ses yeux clairs dans les miens ; j'ai l'impression qu'elle lit en moi comme dans un livre ouvert, ça me fascine et m'inquiète en même temps. Qu'est-ce qu'elle voit, dans mon regard… ?

- Tant que je voudrai de toi et que tu voudras de moi, sourit-elle. Pourquoi… ?

- Pour rien. Tu m'aimes, hein… ?

Jewelry me renverse sur le dos et s'assoit sur mes hanches ; je caresse sa taille, et mes yeux se noient de larmes. Elle s'en aperçoit aussitôt et ses mains prennent mes joues pour m'obliger à soutenir son regard.

- Law, qu'est-ce que tu as… ? s'inquiète-t-elle.

- J'suis désolé…, soupiré-je en me plaquant une main sur les yeux. J'te jure que j'voulais pas, je… j'ai essayé de dire non, mais je…

Elle me force à m'asseoir et allume la lumière de sa table de chevet ; ses petites mains agrippent mes poignets et je sens son pouls aussi affolé que le mien dans ses veines.

- … qu'est-ce que tu as fait… ? s'étrangle-t-elle.

- … mon père… je… je vais de voir le… ils ont décidé que je…

Je n'y arrive pas. J'essaye, je fais tout ce que je peux pour ça, mais je ne peux pas lui dire, je ne vais pas supporter de lui faire du mal à ce point-là.
Ce que je vais lui annoncer est la preuve que ma vie ne m'appartient plus depuis longtemps déjà, et qu'il n'y a que deux choix qui s'offrent à nous ; enfin… à elle, surtout.
Me suivre, ou tout arrêter.
Je m'agrippe les cheveux de rage.

- Que tu quoi, Law… ? souffle-t-elle, la voix tremblante.

- C'est moi. Je ne suis plus un capo, je prends la place de mon père dans trois jours, annoncé-je d'une voix que je ne me reconnais même pas.

Il y a une poignée de secondes de flottement, de silence complet, et un hoquet de stupeur lui coupe le souffle ; elle tremble et ses ongles s'enfoncent dans mes avant-bras.

- … quoi ? couine-t-elle.

- Le nouveau Don. C'est moi, répété-je.

- Non. J'y crois pas.

- Je suis désolé, J.J., je…

- Non, c'est pas possible… ! s'écrie-t-elle en agrippant mes épaules.

Elle me donne une impulsion, et ses larmes inondent son visage.
J'essaye de la calmer, de la raisonner – il n'y a personne dans sa maison et sa crise de nerfs ne réveillera personne, mais ce n'est bon ni pour elle, ni pour moi.

- J.J., calme-toi, tu-

- NON ! crie-t-elle en me secouant. C'est hors de question, t'entends, ça ?! c'est non… !

- Tu crois que j'ai le choix… ?

- Et moi ?! s'emporte-t-elle en se redressant. Qu'est-ce que tu crois… ?! que je veux être la femme d'un homme comme ton père ?!

De quoi est-ce qu'elle parle, là… ? De mariage, sérieusement… ?
Je m'assois et je la serre contre moi, mais elle se débat et me donne une gifle bien sentie.

- Je t'aime ! ma vie, je voulais la faire avec toi, et toi, tu fous tout en l'air… ! c'est pas d'un pourri que je veux, c'est d'un homme comme toi ! toi, Trafalgar Law, pas un Don Quixotte… !

- Attends, laisse-moi te-

- Doflamingo est une pourriture, je le hais, si tu savais comme je le hais ! s'écrie-t-elle, aux bords de la crise de nerfs. Il est… il… tu vas devenir comme lui ! tu crois que j'veux passer ma vie aux côtés d'une ordure ?! que j'veux que mes enfants grandissent comme ça ?!

- J.J., arrête, ça ne-

- Alors dégage ! va-t'en… !

- Je-

- SORS ! hurle-t-elle en me poussant.

Je tombe du lit et je la contemple, stupéfait.

Elle est nue, elle est belle, elle est passionnée et je l'aime à en mourir. Même en larmes, même les joues rouges de fureur, elle est tout ce que j'ai toujours cherché et voulu dans cette vie.
Elle me jette mon jean et mon débardeur au visage et se bat pour remettre son tee-shirt, rageuse.
Je me lève et je l'enlace par-derrière, en collant mes lèvres contre son oreille, en ignorant ses efforts désespérés pour me repousser.

- … on part. On s'en va, murmuré-je en fermant les yeux. Je prends mes affaires, tu prends les tiennes, et on se débrouille. On prend un appart' près de ta fac et on se barre loin de tout ça.

Elle arrête de se démener, même si elle est toujours crispée entre mes bras.

- J'aurais pu t'offrir la vie dont toutes les femmes rêvent, avec de l'argent, du pouvoir, tout ce que tout le monde voudrait, mais j'ai fini par comprendre que tu n'es pas « tout le monde » et que ce n'était pas ce dont tu avais besoin. Ce dont on avait besoin. Tout ce qu'on veut, tous les deux… c'est pas ça. Pas cette vie-là.

- Law…

- Je reviens demain matin. Je dis au revoir à mon père, et j'arrête tout.

- Il va te-

- Il va rien du tout, la coupé-je. Je m'en occupe. Tu voulais quitter tes parents ? t'as jusqu'à l'aube pour trouver le meilleur moyen de leur dire adieu.

Je pose un baiser sur sa tempe, mes mains délaissent son corps et je me détourne pour récupérer mes affaires. Jewelry me suit du regard, sans un mot, et je soupire en massant ma mâchoire douloureuse.
Elle a du punch, quand même.

Je boucle mon jean et je me dépêche d'enfiler mes chaussures – j'ai du boulot qui m'attend, dernières livraisons, derniers prélèvements, derniers détournements de fonds. Cette nuit va être longue.
La dernière à Détroit.
Je prends mon sac, et je jette un coup d'œil à la femme de ma vie, qui me regarde avec une expression que je ne sais pas encore décrypter ; j'aurai tout mon temps pour ça, toute ma vie s'il le faut, mais j'apprendrai.

- … je t'aime, J.J.

- … je t'aime, Law.

Oui.
Toute ma vie.

. . . . . . .

Au petit matin. Bureau de Don Quixotte Doflamingo.

Doflamingo est assis dans son fauteuil de cuir, derrière son bureau, ses mains jointes devant son visage me cachent son expression, mais je vois nettement une veine palpiter sur son front.
La musique résonne, mais pas assez fort pour couvrir les battements de mon cœur.
La bombe est lâchée, et il garde le silence depuis trop longtemps pour que ça ne soit pas suspect.

- Tu n'es ni mon sang, ni ma chair, mais je t'ai toujours traité comme mon propre fils. Tu étais celui que je prédestinais à prendre ma place un jour. Et toi… toi… tu me trahis d'un coup de couteau dans le dos.

Il est furieux. Déçu. Ecœuré de ma décision, de mon comportement.
Mais ma décision est prise et je ne reviendrai plus en arrière, pas après les sacrifices que cette décision implique.

- Jewelry m'a demandé de choisir. Et si je la perds, je perds tout.

- J'ai longtemps cru que tu étais un pantin, Law.

- Je l'étais. Jewelry a coupé tes ficelles, c'est tout.

- Je voulais que tu reprennes les rênes. Je t'ai toujours réservé la place de cœur, dans cette famille. Et tu me quittes pour une foutue bourge ?

Je suis coupable de trahison au plus haut degré, je le sais, et j'en ignore encore les conséquences. Mon père ne l'admettra jamais, et j'aurais toujours une dette envers lui. Je ne sais pas comment je vais la rembourser, mais je n'y pense pas ; je n'ai pas le temps pour ça.
Et peut-être qu'avec le temps, il comprendra. Il oubliera, il passera l'éponge ; je suis son fils, après tout… non ?

- Elle m'a fait voir beaucoup plus loin que la vie que tu m'offres. Et je préfère n'être rien avec elle plutôt que roi dans le royaume pourri que tu diriges. Je ne suis pas fait pour ça.

- Si tu pars... il n'y aura pas de retour possible. On ne quitte pas la famiglia, sauf à vouloir mourir.

Je me rappelle de toutes ces journées, où Doflamingo venait dans ma chambre pour passer du temps à jouer avec moi ; de ces heures, où il me prenait dans ses bras pour me montrer les tableaux qui ornaient les murs de la villa. De tous ces après-midi où je m'asseyais sur ses genoux pour voir ce qu'il faisait pendant qu'il travaillait ; de ces soirs, où je me blottissais contre lui dans le canapé pendant qu'il lisait.

S'il croit que ça ne me fait rien, il se trompe lourdement.
C'est mon père, je lui dois tellement… mais je ne peux plus continuer à me mentir plus longtemps.

- Je le sais. Je te remercie de t'être occupé de moi toutes ces années, mais… le jeu s'arrête là.

- Le jeu ne s'arrête jamais, Law, soupire Doflamingo en me contemplant.

- … alors… je me couche et je quitte la table.

Je tourne les talons et la musique s'arrête.
Sa voix s'élève dans mon dos, et une larme, une seule, roule sur ma joue et tombe ; j'y mets toute mon amertume, mes regrets et ma douleur.

- Je t'aimais, Trafalgar.

- Moi aussi, papa.

J'inspire profondément, la main sur la poignée de la porte.

- … j'suis désolé, murmuré-je avant de franchir le seuil,
laissant mon père seul dans son bureau.
.


Hé bien, ce sera tout pour ce premier outtake ! Merci d'avoir lu, à bientôt !