Ohayo mina' !

Bien, j'ai eu plusieurs demandes, et la majorité l'emporte : c'est un moment Ace/Luffy que je vous offre :)
Il est vrai que je n'avais pas tellement eu l'occasion de développer leur relation ; de toute manière, c'aurait été beaucoup trop dur, parce que chaque moment d'A, ECQTMS? rappelle à Ace et Law ce qu'ils ont perdu... là, c'est un outtake, ça sera l'exception qui confirmera la règle !

Et j'ai décidé de coupler avec un moment Ace/Rouge/Roger, au passage. Vous comprendrez vite l'intérêt du titre du chapitre.

J'espère que ce passage vous plaira ;)

Enjoy it !


Outtake 2 : Douceur et amertume.

Winston-Salem. Manoir des Gol. D., 24 Décembre.

- Aaaaaace-euuh ! dépêche-toi, ça va r'froidir !

Luffy s'agite dans le bain, et envoie de l'eau partout ; et qui c'est qui nettoie, hein...?
Je referme la porte derrière nous et je retire mes fringues, avant de mettre le panier de jouets à flotter sur l'eau. Luffy sort les soldats et entreprend de les aligner sur le rebord avec un soin tout particulier. Je me glisse dans l'eau sans remous, et je commence à lui savonner les cheveux pendant qu'il marmonne tout seul des histoires qui se jouent dans sa tête.

J'aimerais m'évader comme lui, mais c'est pas possible. Ça fait longtemps que j'ai perdu ce droit, alors je fais tout pour entretenir la flamme de l'enfance de Luffy : je veux qu'il ait la vie parfaite que je n'aurais jamais.

- Neeee, Ace...?

- Mmmn.

- T'crois qu'il viendra à quelle heure, le Père Noël, ce soir ?

- Je sais pas, Lu'. Il attend forcément que tu dormes, tu sais...?

Il soupire et se frotte le visage avec le gant, pendant que je le savonne toujours.
Mes parents sont rarement là, à Noël ; c'est Robin, notre nourrice, qui fait office de Père Noël, elle dépose les cadeaux au pied du sapin pendant la nuit. Je sais qu'elle déteste ça, parce qu'elle estime que c'est à mes parents d'assumer ce rôle, ce moment de partage au réveil. Pas à elle.
Mais bon... je lui ai toujours dit que je la considérais plus comme ma maman que ma propre mère, et même si elle me dit de ne pas dire ça, je sais que ça la touche. Elle n'a pas d'enfants et n'en aura peut-être jamais, alors... puisque mes parents s'occupent beaucoup de Luffy, elle m'a moi. Je suis un peu son bébé par procuration, ils l'ont engagée exprès pour s'occuper de moi à leur place, quand ma mère est rentrée de la maternité.

J'ai eu l'idée idiote de demander pourquoi ils l'aimaient, lui, alors que c'était un garçon comme moi. Mon père m'a répondu que lui, au moins, n'avait pris la place de personne. Qu'ils attendaient un garçon et qu'ils avaient eu un garçon. Moi, j'avais volé la place d'Ann, point.
Encore un moment atrocement douloureux : voir que le bébé qu'on m'avait donné comme petit frère était aimé et choyé de tout le monde. Je n'avais que 4 ans, et pourtant je m'en souviens avec la netteté d'un souvenir de la veille.

J'avais à peine le droit de le toucher et d'approcher de son berceau, mais je m'en fichais - je désobéissais, et les trempes que je prenais en valaient la peine. Luffy était tellement mignon... et il l'est encore aujourd'hui, alors qu'il a à peine cinq ans. Il fera des ravages, j'en suis sûr : tout le monde l'adore, les filles se le disputent dans la cour de récré. C'est hilarant à voir.

Je lui renverse une bassine d'eau sur la tête, histoire de le rincer un minimum, et je me renverse en arrière pour me mouiller les cheveux ; je plonge, et j'attends.
Et si je ne ressortais pas...?
Est-ce que mes parents s'en soucieraient...? est-ce qu'ils pleureraient, même un peu...? ou est-ce qu'ils seraient heureux...?

Des mains me secouent et j'émerge en inspirant profondément ; je m'essuie le visage, et je croise le regard affolé de Luffy.

- Qu'est-ce qui y'a, Lu'...?

- T'es resté dans l'eau super longtemps...! s'inquiète-t-il. J'ai cru que t'étais mort, Ace...!

- Mais non, on meurt pas en se lavant la tête, Lu', tout va bien, le rassuré-je en caressant ses cheveux.

Il se jette contre moi et serre ses bras autour de mon cou, son visage enfoui sous mes cheveux. Je l'enlace, et je sens son cœur battre la chamade contre mon torse.

- Si tu meurs, j'serai triste, tu sais...?

- Je ne mourrai pas, Lu'.

- Tu promets ?

- Je promets.

Promettre, c'est tout ce que je sais faire, avec Luffy ; je ne peux rien lui refuser.
J'espère seulement qu'il aura oublié cette promesse de plus quand je mourrais.

. . . . .

Luffy me grimpe dessus et s'installe sur mes épaules, avant de tendre les bras à Robin qui lui fait passer les décorations.

- On est vachement en r'tard pour le sapin, maugréé-t-il.

- Ton langage, Luffy.

- Pardon, Robin, rougit-il en accrochant une des boules à une branche. J'le r'ferai plus.

Elle lui sourit, et son expression s'illumine - Luffy n'aime pas quand on est fâché après lui, il en a horreur. Alors il fait tout pour se faire pardonner, et je dois avouer que ça fonctionne plutôt bien. Que ce soit par un câlin, un sourire, un regard ou des actes, Luffy sait toujours comment attirer l'amour et la compassion. C'est sa force, et je l'envie un peu pour ça, pour réussir à attirer tout le monde autour de lui. Comme une petite planète.

Quand mes parents le réprimandent, c'est le même cirque : ils lui passent tout la minute d'après, parce qu'ils ne peuvent pas lui résister. On pourrait croire que Lu' est un gosse pourri-gâté, mais il ne réclame rien. Juste de l'amour et de l'attention, comme moi. Ce qui nous sépare, c'est le résultat : Luffy a tout ce qu'il veut de ce côté-là, même si nos parents sont souvent absents.
Jamais mes parents ne m'ont serré dans leurs bras ; j'ai bien essayé de faire un câlin à ma mère, mais elle m'a repoussé pour prendre Luffy sur ses genoux. J'ai tenté d'avoir un baiser de bonne nuit de mon père, il m'a ignoré et s'est contenté d'éteindre la lumière, avant de claquer la porte.
Luffy a le droit à une veilleuse, des histoires, des bisous et des câlins autant qu'il le veut.
Et moi, je dois attendre que le jour se lève pour pouvoir chasser les monstres sous le lit.

- Hé, Ace, j'peux accrocher l'étoile...?

Normalement, c'est moi qui le fais ; mon rituel à Noël : j'accroche l'étoile et je fais un vœu. Au cas où quelqu'un m'entendrait, je sais pas trop...
Luffy me fixe, la tête penchée vers moi, et ses yeux noirs me sondent. J'ai l'impression qu'il lit en moi, et je déteste ça, parce que je ne veux pas qu'il se rende compte que je suis malheureux, au fond de moi.

- ... OK, vas-y. Oublie pas de faire un vœu.

- Un vœu...?

- Ouais, on sait jamais. Tu penses très fort à quelque chose, et peut-être que ça arrivera.

- Choueeette !

Luffy se tend, la langue entre les dents, pour accrocher l'étoile à la cime du sapin - un flash nous illumine et j'entends le rire de Robin, juste au moment où Lu' pose la déco. Il ferme les yeux, fait une moue impayable et lâche l'étoile, avant de me faire un grand sourire.

- Hééé, tu sais quel vœu j'ai fait, Aceee ?

- Faut pas l'dire, sinon il se réalisera pas.

- C'est nul, j'ai envie de l'dire quand même !

Il se penche à mon oreille ; je sens son souffle chaud, et ses petites mains se mettent à caresser mes cheveux.

- J'veux qu'tu soies heureux, grand-frère. Que t'aies un amoureux ou une amoureuse et que t'aies plein de bébés ! ou deux comme nous, et on pourra les appeler Ace et Luffy Juniors, pouffe-t-il.

- Un amoureux ou une amoureuse...?

- Ouais, comme Tonton Shanks et Tonton Ben ! sourit-il. Sont amoureux, non ?

Hé ben, on dirait qu'il est loin d'être autant dans la lune que j'le pensais.
Mais bon, pourquoi pas... j'en sais rien. Je pense pas à tout ça, j'ai même pas dix piges, j'dois juste m'occuper de Luffy et le protéger. C'est tout c'qui compte à mes yeux, le reste, j'm'en fous.

- Euh, ouais. J'crois que oui.

- C'est parce qu'ils se font des bisous sur la bouche et qu'ils se tiennent la main, affirme-t-il avec un air très sûr de lui. Moi aussi j'suis amoureux d'toi, Ace !

- Non, crétin. Tu m'aimes juste très fort.

- Ben c'est ça qu'est écrit dans le gros livre de Maman où y'a tous les mots ! quand t'es amoureux, c'est que t'as de l'amour pour les gens, et moi je t'aime !

- Et d'ailleurs, faudrait p't-être que t'arrêtes de m'embrasser sur la bouche, aussi, t'es trop grand pour t'tromper, raillé-je.

Luffy gonfle les joues et me frappe. Hééé, ça fait mal...!

- T'es nul ! c'est parce que j't'aime très fort que j'te fais des bisous comme ça ! Na !

Il joint le geste à la parole et me plaque un baiser énorme sur les lèvres, avant de me tirer la langue et de reprendre sa déco.
Je souris en secouant la tête - incorrigible petit frère.

- Hééé, Robiiiin, j'ai trop faim...! clame-t-il.

- Tiens, Luffy.

Elle lui tend une pêche, et Lu' la prend à pleines mains avant de croquer dedans : le jus lui coule sur le menton et je relève la tête pour le récupérer ; la pêche est un peu amère, mais la peau de Luffy est douce et sucrée. Ça compense, j'suppose.
Il rigole et me tend son fruit à moitié croqué, mais je secoue la tête.

- Mange, toi.

- T'as pas faim...?

- J'peux attendre. Mange.

Luffy avant tout.
Toujours.

. . . . .

Winston-Salem. Manoir des Gol. D., 25 Décembre

Il neige, dehors.
Il fait nuit noire, le soleil est pas encore levé. Mon réveil affiche 6 heures du matin.
Luffy doit encore dormir ; moi, j'ai les yeux ouverts depuis longtemps. J'ai entendu Robin déposer les cadeaux, vers 5 heures, l'heure où elle se lève, et depuis j'arrive pas à me rendormir. Pas de voiture non plus, mes parents sont pas rentrés de la nuit, restés au boulot j'suppose.
Au moins, j'ai pas à les supporter. C'que j'admets pas, c'est de savoir que Luffy est horriblement déçu de ne pas être avec eux pour ouvrir ses cadeaux. Il a rien contre Robin, au contraire, mais il préférerait que Papa ou Maman soit là.

Bon... j'vais aller le réveiller, comme ça on pourra tout déballer et prendre le p'tit-déjeuner après.
Je repousse les couvertures et au moment où j'me lève, la porte de ma chambre s'ouvre à la volée sur un Luffy débraillé, les cheveux en tous sens et le regard brillant.

- AAACEEE ! JOYEUX NOËËËL...!

Il me saute au cou et je le soulève de terre pour le serrer dans mes bras, en parsemant son visage de baisers ; il rit et on roule dans le lit, dans un pèle-mêle de couettes et d'oreillers. Il se love contre moi et je rabats le drap sur nous, pour faire une cabane. Luffy se redresse et s'assoit face à moi en gigotant tout ce qu'il peut.

- Tu crois qu'on aura quoi ?!

- J'sais pas trop, on verra bien ! tu te rappelles ce que t'as demandé, toi ?

- Ouais ! P'pa il m'a fait une... euh...

- ... photocopie ?

- Ouais, c'est ça, une phot... euh, le truc là, de ma lettre, et comme ça j'pourrai vérifier ! et toi, Ace...?

... je sais déjà ce qui m'attend sous le sapin.
Et je suis heureux qu'il fasse nuit, parce que Lu' me voit pas serrer les dents.

- On verra aussi, j'aurais p't-être une surprise...!

- Alors on va voir tout d'suite ?

J'adore le faire lambiner, histoire qu'il s'échauffe un peu avant d'aller se jeter dans le tas de cadeaux qui l'attend.

- Ouais, on décolle...!

On se débat pour échapper à la couverture qui retombe, et on sort de ma chambre pour dévaler les escaliers - Luffy se fige dans les marches en se rendant compte que la porte de la chambre de mes parents est ouverte, et donne sur le lit vide.
Je le pousse un peu pour qu'il descende, sans s'attarder sur le pourquoi du comment, et il rejoint la salle avec une lueur de déception dans le regard.

- Jooooyeux Noëëëëël, Robiiiin ! scande-t-il en allant réclamer son étreinte du matin.

- Joyeux Noël à toi aussi, Luffy, sourit-elle en le serrant contre elle, avant de m'ouvrir son bras pour que je vienne les rejoindre.

Je me serre près de Lu', et Robin embrasse mon front.

- Joyeux Noël, Ace...

Ouais, au moins tout ça.
Luffy se tortille et se rue au pied du sapin, avant d'essayer de trier.
Pourquoi "essayer" ?
Parce que chaque année, mon amour de petit frère tente de séparer deux piles distinctes : ses jouets, et les miens.
Et chaque année, Luffy se heurte à un problème qu'il comprend pas, et qu'il comprendra certainement jamais : y'a qu'un seul tas à faire.
Ses cadeaux, et rien d'autre.

Je m'assois en tailleur et je lui fais signe de commencer à déballer, que je verrai plus tard pour les miens. Tout sourire, il ouvre ses paquets et s'extasie devant les jouets qu'il avait commandés, et qui sont comme il les avait imaginés. Il me les tend, et moi je les monte avec lui, pour qu'il puisse jouer - c'est sa journée, la journée où personne ne lui demande rien, et où il passe des heures à tester tout ce qu'il a reçu. Je compte trente-cinq emballages dorés, de taille variable, et les plus gros ne lui font pas peur : il découvre un vélo et ses yeux brillent de larmes de joie, alors qu'il trépigne autour.

- Aaaaaceee, on ira l'essayer cet aprèm, hein, dis dis dis dis dis...?!

- Ouais, ouais, on verra s'il neige pas trop. On essayera.

J'me connais, j'vais déblayer l'allée juste pour qu'il puisse tester. En plus, celui-là a pas de roulettes, et il est assez excité de pouvoir faire du vélo "comme un grand".
J'écarte les emballages pour y voir plus clair et je tombe sur un paquet rouge, avec trois lettres écrites au marqueur.
"ACE".
A, C, E. C'est mon nom, ça.
Pas celui de Luffy.
Robin me sourit, et je tends les bras pour ouvrir le présent, un peu tremblant - Luffy piaille et agrippe mon pyjama, en disant que le Père Noël a pensé à moi, cette fois, et que j'ai sûrement été sage.
C'est mon seul argument à lui opposer quand il voit que je n'ai pas de cadeaux : je lui dis que j'ai été méchant, et que le Père Noël n'apporte rien à ceux qui ne sont pas bons. Ça le motive à bien se comporter, et mes parents ont pas à s'embarrasser d'explications.

Je déballe le paquet et je contemple le stetson orange qui m'a été offert, bordé de perles rouges et de deux émoticônes, dont l'un sourit et l'autre boude.
Il est immense, trop grand pour moi, j'en suis sûr, mais il est classe, et je pourrai sûrement le porter quand j'serai plus vieux.
Luffy explose de joie au même moment, en brandissant un vieux chapeau de paille au ruban pourpre que j'reconnaitrais n'importe où : c'est bon, j'sais d'où vient le stetson.

- Haaaan, il m'a apporté le chapeau de Shanks ! trop cooool ! s'écrie-t-il en se le collant sur la tête.

Il lui tombe devant les yeux, mais il se contente de le relever et d'éclater de rire. Un rire haut, clair, qui s'élève et ne semble pas vouloir redescendre. Et moi, je ris aussi en enfilant mon chapeau.
Shanks a bravé l'interdit parental - ça fait longtemps qu'ils n'envoient plus rien, avec mon oncle Edward, parce que tout ce qui m'est offert est jeté. Alors, quand je les vois, ils me donnent de quoi aller faire une razzia dans une boulangerie.
Le stetson, ça va être compliqué, mais pour une fois... je vais le garder.
Mes parents n'ont pas le droit d'y toucher, et s'ils le font, j'appelle Shanks. On verra bien qui de lui ou de mon père proteste le plus fort.

Luffy m'offre un regard brillant, plein de bonheur, et son sourire immense achève de réchauffer mon cœur jusque-là meurtri par un Noël amer de plus.
C'est ça, mon plus beau cadeau.
Voir mon petit frère heureux.

. . . . .

Ça crie. Ça gueule même carrément fort, en bas.
Moi, je reste dans mon lit, mes bras serrés autour du chapeau - j'ai refusé catégoriquement qu'on me l'enlève. Shanks est venu quand je l'ai appelé, et que la raclée menaçante me faisait de plus en plus peur, et maintenant, les cris montent jusqu'aux étages.
Luffy est enfermé dans sa chambre, je lui ai mis de la musique et il doit sûrement jouer : j'espère qu'il n'entend rien. Luffy n'aime pas les cris, ça le terrifie cent fois plus que moi, surtout quand les cris ne lui sont pas destinés.

Des pas montent les marches et je me recroqueville contre mon oreiller ; la porte s'ouvre à la volée et Shanks débarque dans la chambre comme un fou, avant de me serrer contre lui de son bras unique. Je me cramponne à son cou, et la silhouette de mon père s'arrête dans l'encadrement.

- J'veux pas l'rendre...! protesté-je. C'est mon cadeau ! J'le mérite...!

- Ce n'est pas à toi d'en décider, crache mon père.

Shanks en impose, mais Roger reste une force de la nature - sa stature m'a toujours fait peur, et ce sentiment s'éteindra jamais, j'crois.

- Tonton, pleuré-je en me collant à lui, en agrippant le stetson de toutes mes forces. S'te plaît...!

- Il sera toujours dans le manoir, t'en fais pas, murmure-t-il à mon oreille. Et quand tu partiras d'ici, tu le prendras. Vois-le un peu comme une promesse d'une vie meilleure, Ace.

J'acquiesce en reniflant, et mon père vocifère des choses que je comprends pas ; j'écoute déjà plus.
Alors je rends les armes, et je lui tends le chapeau qu'il gardera avec lui.
Roger se détourne, le regard noir, et son pas s'éloigne dans le couloir. Shanks me caresse la tête et je renifle, avant de m'essuyer les yeux comme je peux.

- ... t'es pas sorti du sable, mon bonhomme...

- Pourquoi j'ai l'droit à rien...? j'ai juste... j'suis juste un garçon et pas une fille, c'est rien, ça...! c'est pas d'ma faute...!

- Je sais, Ace. Seulement... il va falloir que tu passes au-dessus de ça. Que tu t'occupes de Luffy, et de toi, aussi. Surtout. Lu' manquera de rien, j'en suis sûr.

- J'te jure que j'fais tout ce qu'ils me demandent...! argumenté-je. Je suis sage, j'écoute ! J'ai que des bonnes notes, je fais pas de bruit le soir...! alors pourquoi ils m'aiment pas...?!

Je tremble, et Shanks me serre contre son torse avant de fredonner tout en me berçant.
Un jour, je partirai. J'emmènerai Luffy avec moi, et tout sera terminé. Loin de mes parents, loin de tout ça.

- ... Shanks...

- Mmmn.

- C'est vrai que t'as choisi mon prénom ?

- Ouais, c'est vrai, sourit-il en jouant avec mes cheveux longs.

- Et pourquoi tu m'as appelé Ace...?

- Les as sont souvent les cartes maîtresses d'un jeu. Elles peuvent battre tout le monde, avec un peu de chance et de persévérance. Alors... quand ta mère m'a demandé de te choisir un nom, parce qu'elle ne... enfin, bref, je me suis dit que tu aurais besoin de ça pour affronter la vie que tu allais avoir, et passer par-dessus les épreuves qu'elle allait te réserver. Et... je trouve que tu te débrouilles plutôt bien, jusque-là.

Je renifle, encore, et je lève les yeux pour les plonger dans les siens.
Pourquoi je suis né ici...? Quel sens a ma vie, alors qu'on ne veut pas de moi...? pourquoi je suis arrivé là...? j'ai fait quelque chose de mal, dans mon ancienne vie...?

- Hé, Ace... lance une toute petite voix, depuis la porte.

Je relève la tête, et je vois Luffy me tendre ses bras.
J'ouvre les miens, et il vient grimper sur mon lit pour se réfugier contre mon torse, le nez dans mon cou. Il y pose un baiser et se blottit tout contre moi, alors que Shanks nous serre contre lui de son bras.
C'est la famille que j'aurais voulu avoir.
Que je n'aurai jamais, mais que j'me plais à imaginer.

- Pleure pas, Ace.

- Je pleure pas.

- Mais si.

- Non.

- Siiii.

je lève les yeux au ciel, et Luffy me vole un baiser au coin des lèvres.

- Moi, j't'aime, Grand-Frère. J't'aime très très très fort.

Moi aussi, je l'aime. Plus que tout ce que j'ai au monde.
Mes parents ne me l'enlèveront pas. Rien ne m'enlèvera Luffy.

Rien.


Zabou : Hey, merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser une review ! essaye de pas trop faire une overdose sur AECQTMS, réserve-toi pour les outtakes plutôt... Tu sais, Mingo est juste un homme : Law savait à quoi il s'exposait quand il est parti, et il a payé le prix des vies et du temps qu'il a "volés" à son père... mais bon, t'as le droit de ne pas l'aimer ;) J'espère que cet outtake t'a plu ! à bientôt !

Et voilà pour ce second "chapitre"... je vous dis à bientôt pour un autre, et je suis toujours à l'écoute de vos suggestions !