Oyaho mina' !
Je vous donne ce troisième outtakes, qui traite d'un... passage totalement inexploité de la fiction. Ou presque... la fin vous rappellera forcément les derniers chapitres d'A,ECQTMS. Vous comprendrez vite d'où ça vient !
Bref, c'était un moment que je tenais à développer, parce qu'il me semble important, et... et puis, j'adore ce couple, alors je voulais avant tout me faire plaisir [Perverse] (Ne sors pas cette phrase de son contexte, merci) [Peuh. J'vais m'gêner !] (La ferme...) et écrire cet outtake juste pour moi u_u Vala. La coïncidence veut que Mana ait également demandé cette période, alors hein...!
Je réponds aux guests en bas de chapitre ;)
Enjoy it !
Outtakes 3 : Cadeau inattendu.
Baltimore. Appartement de Trafalgar Law et Jewelry Bonney.
Je me réveille et j'ouvre les yeux sur le plafond de la chambre ; il pleut des cordes, dehors, et les gouttes forment des ombres sur les murs, dans la lueur des réverbères.
Je me redresse, en ramenant le drap contre moi, et je me rends compte que Law n'est plus à côté de moi.
Sa place est froide.
Où est-ce qu'il est… ?
Je prends sa chemise abandonnée sur le parquet, avant de l'enfiler et de me lever pour traverser l'appartement silencieux ; Law est dans le canapé, et il contemple la pluie qui tombe, dehors.
Une insomnie, encore.
Sa culpabilité le ronge, comme d'habitude.
Le parquet grince et il tourne la tête – il a pleuré. Les larmes ont séché sur ses joues, et ses yeux sont brillants.
- Hey, murmuré-je.
- Viens.
Il m'ouvre ses bras et je vais m'asseoir à califourchon sur ses genoux, pressée contre lui ; il m'enlace, m'embrasse dans le cou et mordille ma peau, doucement.
Je le serre contre moi, et je le sens inspirer mon parfum. Un geste qu'il a quand il est nerveux.
- … tu dors toujours pas… ?
- Non. Désolé.
- Tu veux un taquet derrière la tête ? proposé-je avec l'air détaché.
Il sourit, et lève une main pour repousser mes cheveux de mon visage ; je caresse ses bras, et mes doigts rencontrent les cicatrices laissées par les piqûres d'héroïne.
Il suit mon regard, et pose un baiser léger sur ma peau.
- … t'en fais pas. Ça va.
- Pas de douleurs… ?
- Non, m'dame.
- Si jamais tu te sens mal, tu-
- Hey. J.J. Tout va bien, j'te jure.
Même si ça fait des années qu'il ne touche plus à ça, je me demande comment est-ce que je me sentirais si j'apprenais qu'il se pique toujours. Mal, pour sûr, et je ne sais même pas si je le supporterais.
Il glisse ses mains sous sa chemise, et son sourire devient joueur.
- … jolie tenue.
- Pervers.
- J'assume. Surtout quand une nana aussi bien roulée me grimpe dessus à moitié nue.
Je lève les yeux au ciel, et il m'attire à lui pour m'embrasser passionnément.
Je lui rends son baiser, et j'enfouis mes mains dans ses cheveux noirs pour le garder tout contre moi.
J'essuie ses dernières larmes et il s'arrache à moi pour me soulever dans ses bras, en mariée, avec une aisance déconcertante. Je m'accroche à son cou, et son sourire est contagieux.
- T'en as marre de mes câlins ?
- Non, j'ai juste envie d'toi. Alors on va aller faire un câlin très approfondi…
Je pouffe de rire et nos pas nous ramènent dans notre chambre, où Law me laisse tomber dans les couvertures en claquant la porte d'un coup de talon ; je m'étends dans les oreillers et il revient vers moi, grimpe sur le lit et se fait une place entre mes jambes. Je l'embrasse, et son caleçon devient de l'histoire ancienne, en même temps que sa chemise que je porte.
- Euh… tu fais quoi ?
- Ben, la même chose que tout à l'heure, rétorque-t-il en caressant ma cuisse.
- … t'oublies rien ?
- … s'il te plaît ? hasarde-t-il.
Je lève les yeux au ciel, et je me fais aussitôt attaquer par une autre série de baisers ; son sexe se presse contre moi et je repousse son bassin de mes pieds, en cherchant son regard.
Ses yeux gris se plongent dans les miens, et ses lèvres m'embrassent, encore.
- … Law… ?
- Mmn… ?
- … capote.
Il râle et je me tourne pour ouvrir notre tiroir ; ses mains me ramènent à lui et ses hanches se plaquent contre les miennes, alors que je me débats pour montrer que non, c'est vraiment pas le moment de déconner… !
À quoi il joue ?!
- Attends, Law, qu'est-ce que tu-
- J.J., t'étais vierge avant de me connaître. Et j'suis clean.
- Ouais, merci, merci, mais j'veux qu'on se teste tous les deux d'abord, marmonné-je, embarrassée qu'il me rappelle ma condition « anté-Trafalgar Law », où je n'avais encore jamais couché avec personne. On sait jamais.
Il soupire, se redresse et se laisse tomber près de moi dans un grognement dépité. Le mâle interrompu dans son coït à la limite de la syncope... tsss.
Je roule sur lui et je l'oblige à me regarder en agrippant son menton.
- Law. T'as trop déconné avec la drogue. Tu me permets d'avoir toujours des doutes ?
- J'ai rien chopé. Je partageais pas mes seringues, je faisais gaffe, et j'ai jamais couché avec une meuf sans m'protéger. J'te jure.
- Tu m'as juré que tu toucherais plus à la came, et j't'ai grillé en train de t'injecter cette saloperie trois jours plus tard.
- C'était y'a des années. Tu joues pas franc-jeu, là, bébé.
Je m'assois dans le lit, et Law me dévisage longuement.
Et moi, j'ai du mal à ne pas reluquer son corps nu.
Ben, ouais, mon homme me fait un effet monstre, j'y peux rien.
- … bon, bon, d'accord, peste-t-il en me jetant un coussin. J'demanderai à Basil de me faire une prise de sang et t'auras la preuve qu'on peut baiser tranquille. Marre de ces merdes-là.
- Et si j'tombe enceinte ?
- Tu prends la pilule, banane. Aucun risque.
- 99%, c'est pas 100%. Il y a toujours un risque, t'es médecin, tu devrais le savoir.
Il me fait un doigt, et je me jette sur lui pour lui faire ravaler sa connerie ; il éclate de rire et roule sur le lit, en m'entraînant au passage. Notre bagarre nous emmêle dans les draps et je me retrouve tout contre lui, serrée dans ses bras. On se love l'un contre l'autre, et notre étreinte devient plus tendre, alors que ses mains me caressent.
- … tu sais que t'es chiante… ?
- Je vois des gamines malades tous les jours, murmuré-je en caressant son torse. Des gosses qui n'ont pas eu de chance, et on s'en voudrait tous les deux si… si je choppais une cochonnerie d'une manière aussi stupide.
Il embrasse mon front, et joue avec une de mes mèches de cheveux.
Il n'a rien à redire à ça.
Qu'est-ce qu'on peut dire, de toute manière, hein… ?
. . . . .
La porte d'entrée s'ouvre, se referme, et j'entends des clés sur la commode.
- Yo.
- Déjà… ? il est tôt, m'étonné-je. Kid t'a laissé partir… ?
- Service terminé, et c'était plutôt calme. Alors pour une fois que je suis pas d'astreinte, je vais en profiter, crois-moi…
Il laisse sa veste dans l'entrée, passe dans le salon et monte sur le canapé pour venir m'embrasser ; sa langue trouve la mienne et je pouffe de rire quand il me renverse en arrière, dans les coussins.
- Tu me grimpes déjà dessus ?
- Ouais. J'suis trop en manque.
Je ricane, et Law me rejoint dans mon fou rire ; qu'est-ce que je risque, hein… ? une pause récréative dans mes derniers cours, ça ne me fera pas de mal, j'ai trimé comme une folle et les examens de mon semestre sont bons. Je peux bien m'accorder un peu de bon temps, surtout si c'est pour le passer avec mon homme.
Mon jean termine sur le sol, et Law déboutonne le sien, juste assez pour le descendre sur ses hanches et mettre en évidence mon terrain de jeu préféré.
Je vire son tee-shirt, il retire le mien et je promène ma bouche sur son torse nu en souriant ; il se tend, arc-bouté au-dessus de moi, alors que mes lèvres atteignent son bas-ventre.
- J'ai d'autres projets pour toi, chuchote-t-il en me ramenant à lui.
- Arrête, t'adores ça.
- Un point pour toi, mais c'est pas ta bouche que j'veux sentir autour de moi…
On me croit quand je dis que je suis folle de cet homme… ?
Il me rallonge et je fouille dans la poche de son jean pour trouver un préservatif, mais ses mains repoussent les miennes.
- Laaaaaw… !
- J'ai mieux, affirme-t-il avec un air horriblement insolent.
Il fouine dans son autre poche et me tend une feuille de papier froissée. Je la secoue et je la parcours du regard, en essayant de ne pas me laisse déconcentrer par ses baisers et ses caresses ciblées.
Anticorps normaux, antigène p24 négatif, bon dosage des transaminases.
Je vois la signature de Basil, la dénomination de notre labo et du prélèvement, avec « Trafalgar Law » en destinataire.
- … tu vois… ? murmure-t-il à mon oreille. Pas de raison de s'prendre la tête.
- Mais on-
- Chut…
Il pose un doigt sur mes lèvres, me sourit et se penche sur moi pour m'embrasser ; mon sous-vêtement glisse le long de mes jambes, et Law reprend ses caresses. Je me laisse aller et je lui rends son étreinte, en profitant du plaisir que je prends à sentir sa peau contre la mienne.
Je sais que je ne devrais pas, mais je ne fais plus attention à mes réserves quand je sens son désir érigé contre ma cuisse – l'envie de sexe a cette particularité de nous désinhiber, simples êtres humains que nous sommes, et de nous empêcher de penser rationnellement.
J'ai envie de lui, il a envie de moi, il est clean, comme il le dit si bien…
Ça me rappelle notre première fois. Celle où je crevais de trouille, et où il m'a convaincue de me laisser aller ; de lui faire confiance. J'ai eu mal, j'ai pleuré, il a séché mes larmes et il a attendu que je lui demande un autre essai, une fois la douleur et l'amertume passées, pour me montrer le plaisir qu'on pouvait avoir tous les deux.
Aujourd'hui, encore, il arrive à me convaincre.
Law me pénètre lentement et je sens sa chaleur et sa douceur tout contre moi, et à cet instant je me demande comment est-ce que j'ai pu attendre aussi longtemps avant de lui dire oui.
Il me sourit, me vole un autre baiser et se retire, avant de revenir en moi, encore et encore.
- Law…
- Mmn.
- Je t'aime, murmuré-je en nichant mon nez dans son cou.
Il sourit, embrasse ma joue et me chuchote qu'il m'aime au creux de l'oreille.
Une étape de plus dans notre couple, dans notre relation. Lui et moi, fusionnels jusqu'au bout.
. . . . . .
Centre Hospitalier Universitaire John-Hopkins. Clinique.
Une étape… tu parles !
Je fais les cent pas devant le labo, en attendant que Basil se pointe. Il est à peine 6 heures, il est censé ouvrir dans 15 minutes et j'en peux plus d'attendre… !
J'ai à peine croisé Law, ces derniers temps, nos horaires sont totalement décalés et il n'a rien remarqué de bizarre ou de changé chez moi. Encore heureux. Parce que moi, je sais très bien où est le problème.
Basil ouvre la porte et je me rue à l'intérieur, en la claquant derrière moi.
- … euh, salut, marmonne-t-il en me dévisageant avec suspicion. T'écorcherais d'dire bonjour ? T'as assassiné quelqu'un ou… ?
- Désolée, j'suis super pressée, Basil. Tu peux me faire une prise de sang s'te plait ? un check-up complet.
- Complet ?
- Complet, ouais.
Il me fait signe de le suivre et je vais m'installer dans son fauteuil, manche relevée, en me rongeant les ongles de l'autre main ; Basil sort le kit de prélèvement et m'enroule un garrot autour du bras, avant de me nettoyer le creux du coude avec un coton.
Je sens son regard sur moi et je le soutiens comme je peux, en essayant d'avoir l'air de ne pas y toucher.
- … tu veux bien éclairer ma lanterne ?
- En quoi… ?
- Law est venu se faire dépister pour l'hépatite et le sida y'a quoi… deux mois… ? et là, tu me demandes un check-up complet… ?
Je ne réponds rien ; mon poing est serré pendant qu'il cherche ma veine, et je le regarde préparer la canule pour me percer le bras. Je ne bronche pas, habituée depuis longtemps, et j'ai une vague pensée pour Law qui s'injectait son héroïne tous les jours.
- … et alors ?
- T'as combien de retard ? soupire-t-il.
- Beaucoup trop.
Il grimace et je regarde mon sang remplir les fioles qui s'alignent sur le porte-éprouvettes.
Marrant, comme des croix en retard sur un calendrier peuvent vous angoisser.
Basil me pose une compresse et je referme le bras quand l'aiguille quitte ma peau ; il me redonne ma blouse, va poser les prélèvements dans la salle d'à-côté après les avoir étiquetés et revient s'assoir face à moi, en me fixant à travers ses cheveux blonds échappés de son élastique. Kid arrête pas de lui dire de mieux les attacher, et Basil s'évertue à n'en avoir rien à faire.
- Résultats dans deux jours. Et si c'est positif…
- … je m'en débrouillerai. T'en fais pas pour moi.
- Law déteste les gosses.
- J'aviserai.
- Jewelry, plus t'attends, plus tu vas dépas-
- 10 semaines d'aménorrhée, Basil. J'ai encore le temps d'y penser.
De toute façon, je suis dans la merde ; alors, un peu plus ou un peu moins, qu'est-ce que ça va changer, hein… ?
Basil m'étreint l'épaule et je me contente de lui rendre un sourire forcé, avant de me lever et de quitter le laboratoire sans un mot de plus. Il n'en parlera pas, je le sais.
Et quand on parle du loup…
Law arrive de l'autre bout du couloir, de sa démarche souple et rapide, et je le regarde arriver en luttant de toutes mes forces contre les larmes.
Et la nausée.
- J'serai à la bourre, ce soir, m'attends pas, me lance-t-il en s'arrêtant pour plaquer un baiser rapide sur mes lèvres. Désolé.
- T'en fais pas, je gère. À plus tard.
- Ouais. J't'aime, bébé.
- Je t'aime, Doc.
Il sourit, m'embrasse une dernière fois et s'éloigne vers l'ascenseur qui le mènera aux blocs du troisième.
Il n'a rien vu, et je songe qu'on fait vraiment deux médecins de merde : pas foutus ni l'un, ni l'autre de se rendre compte que je suis certainement enceinte.
« Et si c'est positif ? »
Law va devenir dingue. Il m'a répété je ne sais combien de fois qu'il ne voulait pas d'enfant, qu'il n'était pas patient, qu'il n'avait pas l'étoffe d'un père. Je suis persuadée du contraire, mais convaincre Law, c'est un combat presque perdu d'avance.
Un combat que je mène depuis dix ans, mais j'ai l'impression que cette fois-ci, le round va se solder par un K.O. des deux camps…
Je remonte dans la salle de pause et je croise Shashi et Penguin, occupés à éplucher les noms des nouvelles infirmières stagiaires arrivées aujourd'hui.
Pas étonnant que Law s'entende bien avec eux, tiens…
- Vous avez rien de mieux à faire ?!
- Ouuuuh, tu t'es levée du mauvais pied, toi… grogne Penguin.
- Ou alors, Law a pas voulu te laisser chevaucher sans selle, ce matin… ? suggère Shashi en haussant les sourcils, suggestif.
C'est une blague… ?!
- Vous êtes vraiment cons ! braillé-je en me servant une tasse de café, en manquant tout asperger au passage.
- Hé, on t'a rien fait, nous ! t'as tes règles ou quoi ?
- Justement, non ! m'écrié-je en claquant rageusement la porte du micro-ondes.
Shashi s'étouffe et Penguin recrache sa tisane sur son magazine, mais j'y prête aucune attention, je sens mes hormones s'emballer et l'envie de pleurer et d'étriper quelqu'un en même temps me prend aux tripes.
- Euuuh… attends, c'est quoi le « Justement », là… ?
- J'ai. Pas. Mes. Règles.
- Genre… genre pas du tout ou… ?
Je les foudroie du regard, et ils deviennent livides la seconde d'après, avant de se regarder et d'ouvrir des yeux énormes.
- … oh le con.
Ouais, oh le con.
Tout ça pour pouvoir s'envoyer en l'air sans capote… tu parles.
C'est cher payé le droit de faire l'amour et de profiter entièrement de son mec.
- Attends mais… mais on va être tontons ! s'exclame Shashi avec un sourire de 3 kilomètres de long.
- … hein ?!
- Ben ouais, mec ! on est un peu comme tes frères, Jewel', alors on s'ra tontons !
- T'es… t'es vraiment un crétin ! craché-je.
C'est tout ce qu'il a à dire, cet idiot ?!
Pitié, si je suis enceinte, je ne veux pas d'un garçon ! pas un mec, hors de question qu'il devienne aussi débile que ces deux énergumènes !
La porte s'ouvre sur Law et un silence de mort tombe dans la salle ; il relève le nez de ses analyses et nous dévisage à tour de rôle, avant de hausser un sourcil en sentant la tension dans la pièce.
- … quoi ?
- Rien.
- Ah non, pas « rien », vous faites tous une gueule… on a perdu un patient… ?
- Non plus. On discute chiffons, toussote Penguin.
- … vous discutez chiffons ?
- Chiffons, ouais.
- … vous me prenez pour un con ou… ?
Je décide de partir, parce que je sais que mon énervement va prendre le dessus, et je n'ai pas envie de lui balancer ça, comme ça, à l'arrache, surtout devant Shashi et Penguin.
. . . . .
Baltimore. Appartement de Trafalgar Law et Jewelry Bonney.
Je regarde la feuille, mon reflet dans le miroir, la feuille, mon reflet, la feuille.
Je pleure, mes larmes ne s'arrêtent pas, et ça fait deux heures que je me demande comment je vais annoncer à Law que je suis enceinte de trois mois.
Mes seins sont un peu plus fermes, mon ventre s'est arrondi, entre mes hanches, et j'ai déjà une envie de pisser monstrueuse toutes les heures. La galère.
J'ai mis des tee-shirts plus amples, histoire de limiter les dégâts, mais ça va vite devenir gênant. Je caresse mon ventre, et j'imagine les mains de Law posées dessus.
Il va s'en apercevoir.
Je vais être incapable de lui cacher ça éternellement, je le sais très bien, mais l'angoisse me tétanise.
J'entends la clé dans la serrure – déjà ?! à l'approche de Noël, nos gardes se prolongent, je l'attendais pas si tôt ! – et je froisse la feuille avant de la jeter dans la poubelle en rabattant mon tee-shirt sur mes hanches. Je cours vers le lit, je me jette dans les couvertures et je m'enfouis dedans, avant de faire ma tête de grande endormie ; il est trois heures du matin, et je suis censée dormir, pas ruminer depuis mon retour de service.
Il y a du bruit, dans le salon, et la porte de la chambre s'ouvre dans un grincement léger ; le lit bouge, et je sens le corps tiède de Law contre moi. Il enfouit son nez dans mon cou, inspire mon odeur et m'embrasse sur la joue.
- … tu dors ? chuchote-t-il dans mon oreille.
- Mmn, non. Je t'attendais qu'à 4 heures…
- Penguin a pris le relai. J'lui ai dit que t'étais malade, que j'avais besoin de te voir.
- … malade ? bredouillé-je, la gorge nouée.
Il a deviné, c'est ça ? hein ?
Oh, je suis tellement dans la merde...
- Tu ne manges presque rien. T'as passé la matinée à vomir, hier… t'as rien chopé… ?
... ah, ben... non.
On dirait que j'ai droit à un peu de sursis.
- Non, t'en fais pas. J'suis juste barbouillée.
- Sûre ?
- Sûre.
Law me vole un autre baiser, et sa main court sur ma taille, caresse ma hanche, frôle mes fesses – je ne respire pas, j'ai trop peur de sa réaction s'il me touche ailleurs.
- Hé, Law… ?
- Ouais… ? lance-t-il en ôtant son jean et son tee-shirt, debout au pied du lit.
- … on a 27 ans.
- … certes.
- On est posés, non… ?
- Ben, l'appart' est cool, commente-t-il en se débarrassant de son caleçon, qu'il lance à travers la pièce pour atterrir sur sa pile de fringues.
- … tu veux toujours pas de bébé… ?
Il soupire, et vient se couler sous les draps pour me rejoindre et se presser contre moi ; il m'enlace, et je me cale dans ses bras fermement serrés autour de moi.
- Toujours pas, non. J'te l'ai dit, J.J., je suis pas fait pour ça. Je n'ai pas… envie de commettre des erreurs. Je suis pas fait pour être un père, et je serai vraiment trop nul dans ce rôle. Et je déteste les gosses.
- Et si j'étais enceinte… ?
- Tu ne l'es pas, alors la question se pose pas.
Il m'embrasse dans le cou et je me mords la lèvre, fort, pour ne pas pleurer.
Je prie pour qu'il ne me déteste pas le jour où je lui dirai qu'on sera bientôt trois.
Ou alors, je peux très bien… mettre fin à tout ça. Régler le problème avec trois cachets d'anti-progestérone – j'en manipule tous les jours, j'en trouve aussi facilement que du paracétamol. Personne ne verra rien, et j'attendrai gentiment que… que tout se termine.
Je pose mes mains sur mon ventre, je sens sa dureté sous mes doigts.
À cette petite partie de Law qui grandit en moi.
… non.
Je ne peux pas faire ça. Je ne pourrai jamais.
… tant pis. J'assume. Ce bébé n'a rien demandé, c'est à moi de prendre mes responsabilités.
. . . . .
Baltimore, 25 décembre. Appartement de Trafalgar Law et Jewelry Bonney.
- Combien... ? murmure sa voix blanche.
Il tient le test de grossesse entre ses mains, encore à moitié emballé dans le papier et le ruban.
J'ai rien trouvé de mieux à faire pour le lui annoncer, j'avais aucune idée de la manière d'amener ça sur la table, alors j'ai préféré ne rien dire, et attendre quelques jours de plus pour faire coïncider l'évènement avec Noël.
- Presque trois mois. J'me suis fait une prise de sang au labo la semaine dernière pour être sûre. Et j'ai demandé à Basil de m'en faire une aussi, histoire d'avoir deux avis. Je lui ai fait croire que j'voulais un check-up complet... mais tu sais comment il est. Il a deviné, ce crétin, alors qu'on avait même pas encore les résultats. Il m'a dit que t'allais me tuer et faire un feu de joie avec mes restes, il sait que tu détestes les gosses, souris-je faiblement. J'suis désolée... si tu veux pas du bébé, il a falloir que tu me fasses passer l'arme à gauche. J'ai déjà dépassé le stade de-mmpf...!
Il me fait taire d'un baiser, et je sens ses larmes sur ses joues quand je prends son visage entre mes mains pour l'embrasser à mon tour.
Par réflexe, il pose ses mains sur mon ventre et le caresse – il peut le sentir, j'en suis sûre ; il empaume mes seins et je le sens sourire, à travers ses larmes, avant qu'il ne redescende à mes hanches. Il doit se sentir tellement stupide, de ne rien avoir vu.
- ... t'es pas fâché...?
Il secoue la tête et m'embrasse avec plus de passion, encore.
- Bien sûr que non, crétine. Je t'aime trop pour ça…
- Tu avais dit que tu-
- J'étais encore plus crétin que toi à ce moment-là, chuchote-t-il contre mes lèvres. Je t'aime, et ce bébé, je le veux autant que toi. C'est peut-être pas le moment, mais s'il est là, c'est qu'il y a une bonne raison, non… ?
Je pleure toujours comme une idiote, même si je souris de façon tout aussi bête que lui. Law… je l'aime tellement. Il est ce que je pouvais avoir de mieux dans cette vie.
Il caresse toujours mon ventre, et son toucher est délicat, lent et précautionneux.
- …c'est une fille ou un garçon… ?
- Tu veux vraiment savoir… ?
- Bien sûr que oui.
- Une fille, si tout va bien. Ça te va… ?
Ses yeux brillent, et il pleure encore plus fort. Oh non mais quel débile… ! il croit que ça va arranger mes seaux de larmes, peut-être… ?!
On reste longtemps enlacés, et un rire nerveux le secoue.
Ça y est. Les nerfs qui lâchent.
- … Law ?
- Hé hé… c'est toi qui le dis à Eustass, ricane-t-il.
… connard.
Zabou : Hey ! mais c'est la moindre des choses :) ravie que l'outtake 2 t'ait plu ! la relation AceLu est très douce, très facile à écrire. Ils étaient très proches, surtout enfants. Le comportement des parents d'Ace, malheureusement, ce sont des choses qui arrivent plus qu'on ne le pense... merci à toi, à bientôt ! :)
Carmin : Aaaah, re-bonjour, toi ! :) ça faisait longtemps ! je suis contente que la fin d'AECQTMS te convienne :) ouais, Ace et Law avaient pris un bon coup de vieux, depuis le dernier chapitre... fufu. Sinon, navrée de t'avoir fait pleurer pour l'outtake 2. C'était un moment mélancolique, surtout quand on sait comment finit Luffy... merci pour ta review, à très vite !
À bientôt pour un autre outtake !
