Balsamine Blanche
[Je suis tellement faible]
Deux semaines étaient passées depuis que Sasuke avait ramené le blond du repère de Kabuto et de son supérieur, Orochimaru. Le temps avait semblé bien long pour le brun. Ils n'avaient pas beaucoup avancé, mais il savait que Tsunade tenait peut-être une piste, ce qui le rassurait. Pour être honnête, il avait d'abords voulu se faire à l'idée que l'adolescent ne lui apporterait rien du tout. Il avait été placé dans un hôpital, plus précisément une petite clinique fermée aux yeux indiscrets.
Sasuke avait donc sortit le garçon de son esprit pour ne pas déprimer plus que nécessaire. Mais ce qui fut un point plus que positif fut les préparations pour la fête de bienvenue de Gaara. Entre sms discrets et escapades pour trouver ce dont ils avaient besoin, le groupe de lycéens avait bien avancé, malgré une période plutôt lourde en travail. C'était d'ailleurs à cause de ce programme chargé qu'ils avaient prévu de faire la fête aussi tard. Mais le principal était qu'elle ait lieu, peu importe la date. D'ailleurs, ils avaient tellement mené à bien leurs missions respectives que le roux ne semblait s'être douté de rien. Pourtant, avec une Temari bavarde, la situation avait occasionnellement été plus que tendue.
L'ambiance hors affaires de l'Hamidori était donc plutôt joyeuse, et les journées bien remplies pour le brun. Ces journées rythmées avaient aussi participé à atténuer toute sa rancœur et son obsession sur la recherche de son frère aîné. Ayant l'esprit plus léger, il avait décidé de laisser sa chance au blond et avait commencé à le voir un jour sur deux la deuxième semaine. Il l'avait vu se faire entretenir par les infirmières, et il avait également aperçu une psychologue perplexe sortir de sa chambre. Il avait pris des nouvelles des séances de Naruto – puisqu'il connaissait maintenant son prénom – avec le psychothérapeute auprès de Tsunade qui lui avait annoncé à regret que rien n'avait changé. Il était plongé dans un profond mutisme et semblait absent. Jamais ses yeux ne s'intéressaient à quelque chose, jamais son visage ne quittait son rictus de malaise ou de souffrance, jamais il ne bougeait sauf lorsqu'il y était vraiment forcé et aidé par les aides-soignantes qui se chargeaient de lui. On avait l'impression qu'il se laissait tout simplement vivre – ou mourir.
On était dimanche, et Sasuke venait donc voir l'adolescent, plus pour ne pas briser la routine que dans l'espoir que quelque chose arrive vraiment. La matinée était assez triste, et l'automne se faisait vraiment sentir. Les arbres avaient presque tous perdus leurs feuilles dans la rue, laissant un manteau de feuilles mortes brunes et rousses sur les trottoirs et dans les pelouses des parcs de la ville. Sasuke était donc à l'hôpital de bon matin, ce qui était tout de même mieux que de finir sa journée auprès d'un être à peine vivant.
La seule fois où le blond avait manifesté un quelconque signe fut quand, par un pur hasard, Sasuke l'entendit fredonner un semblant d'air dans son sommeil. Il n'avait pas réussit à déterminer si cela n'avait été que des paroles appartenant au domaine du rêve, ou les mots d'une chanson tant la voix avait été musicale dans ce fredonnement presque inaudible. A partir de ce moment, Sasuke avait espéré qu'un jour le garçon blond puisse lui parler, même pour ne dire ne serait-ce qu'un mot, prouvant qu'il avait un tant soit peu de conscience.
Mais la plupart du temps, comme ce matin même, Sasuke arriva, salua le blond en l'appelant par son prénom, et se posta devant la fenêtre, regardant le ciel, les passants, avant de finalement entamer un livre qu'il avait amené avec lui. Parfois même, il lisait à voix haute. Il essayait de voir si le blond réagissait, comme s'il écoutait ce que le brun disait. Mais jusqu'à présent, ce n'avait pas été franchement concluant. Naruto ne devait surement rien entendre.
# Encore cette présence... Il y a une ombre qui passe devant mes yeux parfois... C'est récent, je ne sais pas pourquoi cette ombre revient, ni ce qu'elle cherche... Parfois, je le sens, elle essaye de s'adresser à moi… J'entends une voix, plus jolie que celle qui me chante des choses, …mais je ne sais pas du tout ce qu'elle raconte... Mais je préfère te parler à toi plutôt que d'essayer de comprendre ce que dit la voix, …c'est moins fatiguant... Et je ne sais même pas où je suis. C'est très clair, ça m'aveugle... Parfois, je sens d'autres ombres me toucher. Je ne les aime pas... Si elles savaient, elles ne m'approcheraient pas... On dirait qu'elles ne savent pas qu'elles vont mourir si elles continuent... Mais pourquoi est-ce-que cette ombre qui me parle, je ne veux pas qu'elle parte ? Pourquoi est-ce-que j'aimerais voir plus clairement les choses pour pouvoir la retenir ? Tu penses qu'un jour je saurais ce qu'elle me dit ? Peut-être…qu'un jour, elle remplacera la mélodie… Je sais que c'est impossible, que la mélodie, elle sera toujours là... Mais je ne veux plus entendre la mélodie, même si je ne le mérite pas… Je voudrais voir…juste une fois… l'ombre qui parle… Oh…Elle part déjà… C'était prévisible… Peut-être que…la prochaine fois… je la verrai… Y arriverai-je ?#
Sasuke lut un passage d'un nouveau roman qu'il s'était procuré pendant quelques minutes. Parfois, il levait les yeux vers Naruto, mais celui-ci arborait le même visage impassible, les mêmes yeux morts. Parfois, cela lui laissait un goût amer dans la bouche. Tout cela le gênait. Secouant la tête, il interrompit sa lecture, puis se leva lentement.
- Je pars, lança-t-il à l'intention du patient.
Puis il se dirigea vers la porte. Ce n'était encore pas pour aujourd'hui qu'il verrait le blond réagir. Et comme à son habitude, il pensa # peut-être la prochaine fois # sans vraiment en être convaincu. En sortant de l'établissement, le brun sentit quelque chose vibrer contre sa cuisse. D'un geste habile, il prit son portable d'une main tandis qu'il poussait les portes du bâtiment. Il lut rapidement ce qui était écrit. Neji le prévenait que lui, Kiba et Sai avait prévus de déjeuner en ville et lui demandait s'il était libre. Le brun répondit positivement avant de se diriger vers l'arrêt de bus.
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Tsunade était particulièrement excitée. La grande blonde faisait les cents pas dans son bureau, tournait en rond, et jetait quelques coups d'œil vers le téléphone qui trônait sur son bureau. Jiraiya, qui était venue voir sa femme, la regardait, assis confortablement dans l'un des fauteuils de la pièce, de façon perplexe.
- Chérie, tu vas finir par me stresser à tourner en rond, lança-il d'un air amusé.
- Ah, Jiraiya, tu ne peux pas comprendre ! J'attends un coup de fil !
- Si, ne t'inquiète pas. Ca, je l'avais compris. C'est pour le gosse ? demanda-t-il.
- Oui, confirma la femme avant d'enfin s'arrêter.
Elle croisa les bras, faisant ressortir son décolleté plus qu'avantageux, puis les défit en apercevant le regard lubrique de son mari. Elle sourit malicieusement avant de s'assoir lentement et de façon sensuelle sur son fauteuil. Croisant lentement ses jambes, elle finit les deux coudes appuyés sur son bureau, regardant fixement son mari.
- J'ai une piste. Une bonne. Et comme ça fait deux semaines que le garçon ne donne aucun signe d'amélioration…
- Naruto ? Celui qu'il a trouvé chez ces trafiquants ? lança l'homme à la longue chevelure blanche.
- Oui. Son état physique par contre s'améliore. Je suis contente pour lui. Je n'aime pas savoir des enfants pris dans la folie des adultes…
- Je sais, je sais. Au fond, il a vécu un traumatisme. Comme Sasuke. C'est pour ça que je comprends que tu t'inquiètes autant pour lui. Bah, j'ai l'habitude de toute façon. Tu veux sauver tout le monde !
- Haha, oui, c'est vrai, acquiesça la blonde. Mais l'état physique de Naruto n'a pas l'air d'être le souci de Sasuke. Il est complètement aveuglé. Il ne pense qu'à son but.
- Depuis le temps qu'il attend une piste valable…soupira Jiraiya
- Oui…
La blonde se releva pour aller chercher deux verres et une bouteille sur l'une de ses étagères. Elle se rassit et se servit ainsi qu'à son mari un verre de sake. Elle but cul-sec le contenue de son verre avant de soupirer bruyamment.
- Quelle patronne responsable, ricana son mari.
- Tu peux parler !
- Ce Naruto…Il a été enlevé il y a cinq ans n'est-ce-pas ? Tu as trouvé d'autres choses concernant son passé.
- Rien du tout. Pas de famille portant le même nom dans la région. Peut-être ses parents ont-ils déménagé après le drame…
Tsunade allait continuer quand la sonnerie de son téléphone retentit dans toute la pièce, résonnant comme une cloche. Elle se précipita dessus, et arracha presque le combiné de la plateforme.
- Allo ? Oui… Vous avez trouvé ?... Un contact ? Et où l'a-t-on vu pour la dernière fois ?... Hum… Oui, non, c'est proche d'ici, en effet… Merci.
Elle raccrocha, la mine soucieuse. Elle croisa ses mains et cala son menton entre celles-ci. La blonde lâcha finalement un petit grognement avant de s'adresser à Jiraiya qui attendait patiemment.
- Il semblerait qu'on ait trouvé quelqu'un qui soit en contact avec Itachi.
- Vraiment ? Un autre trafiquant ?
- Non, un civil. Un homme. Un certain Deidara, qui travaille dans un atelier de poterie. Ce qui m'inquiète, c'est que la ville où se trouve cet homme est proche. Vraiment proche.
- Mais aucune trace d'Itachi. Ne te fais pas tant de mouron. Qui vas-tu envoyer ?
- Kakashi. Il connait le dossier mieux que les autres. Je te laisse, il faut que j'aille le prévenir.
- Pas de soucis, mais… l'homme fixa intensément sa femme. Ce soir je veux un bain à deux.
- Mfhihihi, idiot !
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Lorsqu'il rentra chez lui après un passage dans la salle de sport de la ville, Kakashi ne pensa qu'à une chose, aller bouquiner. Ses livres cochons étaient devenus une obsession depuis quelques années. Cela en consternait plus d'un, mais après tout, il avait toujours été du genre à se moquer de tout ce qui pouvait l'entourer. Sauf peut-être les gamins, question d'héritage personnel. Son enfance n'avait pas été terrible. Il n'avait jamais connu sa mère et son père l'avait quitté alors qu'il n'était encore que très jeune. Trop jeune. Face à son désespoir, il s'était promis de tout faire pour aider les enfants. Mais il n'avait alors jamais pensé devenir professeur. Parfois un peu psychologue sur les bords, ce qui lui avait parfois valu de se retrouver avec des classes composés d'enfants difficiles. Puis il avait migré au lycée pour y enseigner l'histoire et la géographie. Et il avait découvert l'Hamidori. Là, le boss, une femme à la poitrine imposante digne des livres qu'il lisait, mais malheureusement déjà mariée et ainsi inapprochable, avait compris ses motivations, et l'avait laissé prendre part à des missions incluant la plupart du temps des enfants. C'est aussi pour ça qu'il avait été choisit pour appuyer l'enfant adopté de Tsunade qui faisait partie d'une de ses classes. Il avait au fur et à mesure tissé des liens avec Sasuke. La parole n'était pas leur fort à tous les deux, mais ils étaient sur la même longueur d'onde bien que d'apparence passifs face à ce qui les entourait.
La journée s'annonçait donc dédiée à la lecture, sorte de pause entre tous les cours qu'il dispensait à des bandes d'adolescents rebelles et infernaux mais qu'il appréciait beaucoup. Il se jeta sur le canapé du petit salon de son appartement, prêt à saisir son livre posé sur une petite table basse carrée, quand soudain, son portable se fit entendre. Sa tête se décomposa tandis qu'il se saisit de l'objet pour le porter à son oreille.
- Allo ?
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La circulation était particulièrement dense pour un dimanche après-midi. Une voiture grise s'arrêta dans une petite ville. Toutes les boutiques étaient fermée, car l'heure du déjeuné coupait court à toute activité marchande. De cette voiture sortit un homme aux cheveux gris perle. D'une démarche lente, il se dirigea entre les ruelles, un papier à la main. Le nom d'une adresse y était inscrit. Comme toutes les autres boutiques, celle à laquelle se rendit l'homme était fermée. Sans se démonter, il se dirigea alors près d'un café ou il lut quelques documents qu'il avait emportés avec lui. Il entama sa lecture sans plus se soucier de ce qui se passait dans les environs. Les gens marchaient, des familles se promenaient, des groupes de jeunes se dirigeaient précipitamment vers les coins branchés de la ville. Les magasins rouvrirent vers deux heures de l'après-midi.
L'homme aux cheveux gris repéra alors ce pour quoi il était venu. Mais loin d'agir, il flâna aux alentours comme un touriste, gardant toujours dans son champ de vision la boutique qui suscitait tout son intérêt. Il envoya quelques messages avec son portable, et n'attira pas l'attention. Puis vint l'heure plutôt inhabituelle de la fermeture. Vers quatre heures et demie de l'après-midi, toutes les boutiques fermaient. Pas que les gens de la ville soient particulièrement flemmards, mais quelques années auparavant, la situation avait dégénérée, et, question de sécurité, on évitait que quiconque se promène tard dans les rues sombres.
Le faux touriste se dirigea vers la petite boutique, surveillant la sortie du coin de la rue. Les gens qui y étaient en sortirent d'abord les clients, puis, peu à peu, les quelques vendeurs. L'un d'eux arborait de longs cheveux blonds attaché en queue de cheval haute, et de grands yeux noisette. Il salua les autres personnes travaillant avec lui puis partit, les mains dans les poches. Le soleil se couchait, sans toutefois que l'obscurité ne soit trop importante, et l'employé marcha lentement, nullement pressé de rentrer chez lui. Il marchait presque en sautillant, comme un gamin excité par la fin d'une nouvelle journée. Au fur et à mesure qu'il avançait, l'homme aux cheveux gris raccourcit la distance entre eux sans se faire repérer. Au détour d'une rue, l'employé de la boutique tourna dans une ruelle sans raison. Celle-ci était sans issue.
- Bien, pourquoi me suivez-vous, lâcha-t-il, plantant ses yeux dans ceux de l'homme aux cheveux gris dont la silhouette se dessina en contre-jour à l'entrée de la ruelle.
- Oh, démasqué, fit simplement son interlocuteur.
- Je n'ai pas tout mon temps à vous consacrer. Présentez-vous.
- Hum… Kakashi. Je ne suis pas un suiveur malsain, rassurez-vous, lança l'homme aux cheveux gris.
- Raté, lança dédaigneusement le blond.
- Haha, oui, c'est suspect, je vous l'accorde. Deidara, n'est-ce-pas ?
- Suis-je sensé vous connaître ? Un fan ? fit ironiquement le blond.
- Pas exactement. Je suis un privé. J'enquête sur… Itachi Uchiha.
- Itachi ? Connais pas.
- Ben tiens ! railla Kakashi. Et donc, la dernière fois que vous l'avez vu, c'était… ?
L'homme sembla hésiter, sondant de son regard noisette l'homme devant lui. Il était intriguant, avec sa couleur de cheveu de papi alors qu'il ne devait pas dépasser les trente ans.
- Humf, des années auparavant. On était camarades d'études. C'est tout.
- Vraiment ? fit malicieusement l'autre.
- Bon écoutez, je sais ce qu'il s'est passé pour sa famille. Mais je ne connais pas le coupable, et je doute que ce soit lui. Alors où qu'il soit, laissez-le. Je ne dirai rien de plus.
- Même pas pourquoi vous pensez si assurément qu'il n'est pas le coupable du meurtre de ses parents ? Peut-être que si je pouvais le lui demander, je serais certain de cela, moi aussi.
- Et bien tentez donc, il est dans la région. Où exactement, je ne sais pas. Faites ce que vous voulez si ça peut l'innocenter. La dernière fois que je l'ai vu, et c'était vraiment il y a quelques années, c'était dans la ville de…
Mais le potier ne put jamais finir sa phrase. En effet, arrivant de nulle part, une grenade tomba à l'exacte position où se tenait le jeune homme. L'explosion fut détonante, et Kakashi fut propulsé au loin, tombant lourdement sur le sol. Il n'avait rien vu venir. Sautant pour se mettre en position accroupie, il sortit un pistolet de la poche arrière de son jean, jetant des coups d'œil dans toutes les directions, mais aucun mouvement ne sembla perturber les alentours. Il se releva douloureusement.
- Mince… Tsss.
Esquissant un sourire douloureux, il se rendit compte qu'il avait été légèrement amoché. Puis il remarqua que sa vision de troublait. Se rapprochant de la scène où fumaient des bouts de corps puant la viande grillée, il passa sa main sur son visage. Lorsqu'il la retira, il poussa un hoquet en constatant qu'elle était couverte de son sang. Il ne voyait plus de son œil gauche. Celui-ci était entièrement recouvert de sang, et les contours le tiraillaient affreusement. Mais pas moyen de s'inquiéter de son cas maintenant. Il courut dans les alentours à la recherche des gens qui avaient fait ça. Mais à l'évidence, il s'agissait de professionnels. Une alarme retentit soudain.
- La police, mince… mince, mince, mince !
Il partit dans une direction différente pour quitter le quartier. Quelqu'un savait que l'on s'intéresserait à Deidara. Quelqu'un avait prévu cette rencontre, et avait prévu l'élimination du potier. Cela signifiait clairement qu'une personne tenait à ce qu'on ne retrouve pas Itachi Uchiha. Peut-être cette personne était-elle Itachi lui-même, mais Kakashi voyait mal comment il se serait procuré des armes. Quoi qu'avec les trafics dans lesquels trempaient Orochimaru, l'aîné de la famille Uchiha pouvait tout aussi bien avoir des contacts parmi des trafiquants et des revendeurs autrement plus dangereux.
Sans attendre une minute de plus, il rejoignit sa voiture et démarra. Tsunade n'allait pas être contente. La seule chose qu'il avait pu retirer était, selon cet homme, la présence dans le coin d'Itachi, ce qui était aussi avantageux que gênant. Kakashi baissa alors son rétroviseur, et enleva, à un feu rouge, la compresse qu'il avait posée sur son œil gauche pour faire arrêter les saignements. Une marque traversait son visage dans sa longueur. Un éclat avait dû le frapper au moment de l'explosion. Il allait devoir passer par la clinique après avoir rapporté les évènements à Tsunade.
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Devant la porte de l'appartement de Kakashi se tenait l'un de ses collègues. Il était professeur dans le même lycée, et enseignait, lui, la littérature. Iruka était un homme très appliqué dans tout ce qu'il entreprenait. Or, aujourd'hui, une réunion pour une sortie de l'une de ses classes avait été programmée, entre lui le professeur Hatake Kakashi, professeur d'histoire, pour parler des détails. Seulement, l'homme ne l'avait jamais rappelé de tout le weekend, et lorsqu'il lui avait envoyé un message sur son portable afin de savoir où il se trouvait, la seule réponse fut « Je suis désolé, on va devoir reporter ça ». Or, Kakashi ne reportait jamais un rendez-vous en le disant d'une manière si brève et dénuée d'explication.
Et puisqu'Iruka était quelqu'un de sensible mais aussi de très observateur, il comprit que quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas dans les habitudes de son collègue d'agir ainsi. Et il disait ça en connaissance de cause, puisque cela faisait bientôt quatre ans qu'ils enseignaient dans le même établissement. Les deux professeurs étaient devenus amis en se voyant de plus en plus souvent hors du contexte scolaire. Ils s'entendaient plutôt bien, et partaient souvent en soirée le weekend entre deux célibataires assez âgés en manque de fêtes. Pas ce genre de fête où le seul but était de trouver un coup pour un soir – quoi que parfois… ça ne fait pas de mal – mais juste des soirées dans des bars où tout le monde se connaissait plus ou moins et discutaient autour de nombreux verres de leurs petites affaires.
# Ah, il est forcément sortit de chez lui. Mais pour aller où ? J'espère qu'il ne lui ait rien arrivé ! # songea le professeur frêle en se rongeant un ongle.
Pour lui, Kakashi avait toujours été assez mystérieux. Il n'avait jamais beaucoup parlé de lui, et cela n'avait même pas dérangé Iruka. Seulement, il avait remarqué que, parfois, son ami s'absentait, en vacances ou en période de cours, pour des raisons qu'il ne connaissait pas. Il avait pensé à différentes hypothèses farfelue comme une famille illégitime ou bien une double-vie, mais tout cela était impossible sachant la nature simple et posée de son ami – s'il savait... – et il en avait simplement conclu que l'Hatake faisait du tourisme au vue du nombre de villes et de pays où il semblait être allé. Il parlait aussi de stage, même si Iruka ne savait pas du tout à quoi il se referait. Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que l'homme à l'air blasé qui était devenu un ami pourtant proche éludait pas mal de questions à coup de rire déstabilisant ou de regard dont il ne comprenait pas la lueur qui y dansait, l'alcool et les amis foisonnant dans les bars n'aidant pas beaucoup à la concentration.
Le fait est qu'Iruka s'était toujours beaucoup intéressé à son collègue. En effet, rien que le fait que ce dernier lui aie porté un quelconque intérêt, malgré sa nature timide et renfermée, l'avait fasciné. Et il semblait tellement fort et peu affecté de ce qui pouvait troubler la vie de la plupart des gens qu'il l'avait trouvé remarquable dès les premiers instants. Au lycée, puis en dehors par la suite, il avait profité que l'homme s'intéresse à lui pour s'en faire un ami proche. Et depuis, sans expliquer comment, les autres professeurs qui d'habitude lui donnaient toutes les responsabilités et les tâches d'organisation des évènements avaient arrêté et l'avait traité comme n'importe quel autre professeur plutôt que comme celui que l'on pouvait facilement convaincre de rendre un quelconque service. D'ailleurs, autant qu'il ne s'en souvienne, Iruka ne se rappelait pas une seule fois que le professeur d'histoire lui ait jamais demandé quoi que ce soit. C'était plutôt lui qui donnait, l'invitant parfois chez lui à prendre le thé, pour discuter de tout et de rien.
# Si on est aussi proche, pourquoi ne me suis-je pas intéressé un peu plus à son cas ? Si ça se trouve, à l'heure qu'il est, il est dans un pétrin sans nom ! # pensa avec affolement le châtain en voyant les heures défiler sur sa montre.
Il attendait depuis le milieu de l'après-midi, patiemment, devant la porte close, portable en main, et un paquet contenant des papiers administratifs dans l'autre. Il se sentait de plus en plus mal, et se demandait s'il n'allait pas bientôt s'évanouir d'inquiétude. Ses jambes tremblaient légèrement, et le fait de réaliser qu'il ne pouvait contacter personne qui connaissait Kakashi puisque ce dernier semblait vivre seul et ne sortir boire un coup qu'avec lui n'arrangeait pas son cas.
- Où es-tu Kakashi ? murmura Iruka dans un souffle.
- Juste derrière toi, lui répondit la voix si familière de son collègue.
Iruka se retourna, les yeux brillants, un sourire soulagé sur le visage. Mais son expression changea lorsqu'il put dévisager l'autre. Un pansement énorme lui couvrait la moitié du visage et il pouvait distinguer sur ses avant-bras laissés à l'air libre quelques plaies peu profondes. En plus de cela, l'homme d'habitude si blasé et indifférent arborait un visage soucieux, bien qu'une pointe de surprise ait traversé son visage – du moins la partie que l'on pouvait toujours distinguer – lorsqu'il était arrivé et avait retrouvé son collègue devant chez lui.
- Mon dieu ! Kakashi ! Que t'est-il arrivé ? s'écria Iruka qui laissa tomber portable et dossier au sol pour se précipiter vers son ami.
- Ne t'inquiète pas. Ce n'est pas aussi grave que ça en a l'air, répondit posément l'homme.
- Ah bon ? Tu trouves ? La moitié de ta tête est couverte de bandages, bon sang ! s'écria le châtain, les larmes au bord des yeux.
- Oh ! Ne monte pas de ton ! Ce ne sont pas tes affaires ! rétorqua Kakashi qui parla lui aussi plus fort.
- Mais, je venais pour…et…
- Je t'ai prévenu. Nous allons devoir reporter l'organisation de cette sortie, coupa l'homme aux cheveux argentés en reprenant une voix calme. J'ai besoin d'être seul maintenant, s'il te plait…
- Je…, bégaya Iruka, démuni.
- Rentre chez toi, Iruka, trancha Kakashi sans laisser une once de place pour une éventuelle opposition.
Sans rien ajouter, Iruka ramassa misérablement ses affaires avant de partir d'un pas précipité, la tête basse, dévalant les escaliers deux à deux de ce que pouvait entendre Kakashi. Celui-ci passa la main sur sa joue libre avant de saisir les clés dans sa poche droite, grimaçant de douleur en sentant les muscles de son bras se tendre un peu trop brusquement. Il enfonça rageusement la clé dans la serrure avant de claquer la porte d'entrée derrière lui et de s'y adosser.
- Journée foireuse… Un ennemi de plus. On avait bien besoin de ça.
Pris d'un accès de colère, de frustration et de culpabilité, il lança son poing contre le mur à sa gauche de toutes ses forces. La cloison de résista pas et se courba sous le choc, laissant un cratère, et quelques tâches de sang de la main maintenant elle aussi abîmée de Kakashi.
Il se dirigea alors vers la cuisine, les sourcils froncés, et ouvrit le robinet pour laisser couler de l'eau froide. Il plaça sa main sous l'eau et resta ainsi de longues minutes, même alors qu'il ne sentait finalement plus la douleur, perdu dans ses pensées.
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De son côté, Iruka arriva finalement chez lui, le visage livide. Il se laissa tomber sur une des chaises de sa cuisine, et son mental ne tint plus. Sans prévenir, il fondit en larmes, et plongea sa tête dans ses bras repliés. Le fait que Kakashi le chasse avait été une claque monumentale. Jamais il ne l'avait vu énervé. Jamais il n'avait refusé sa présence. Et surtout, jamais il n'avait haussé le ton contre lui. Il se sentait comme un jeune gamin idiot qui venait de se faire réprimander. Seulement, il ne comprenait pas le mal qu'il avait fait. Le seul mal dont il avait conscience, c'était celui qui lui écrasait les boyaux, serrait sa gorge et obligeait les larmes à couler en abondance. Après tout, il n'avait fait que s'inquiéter une bonne partie de l'après-midi et tout le début de soirée.
# Alors pourquoi était-il aussi furieux ? Etait-ce ma faute ? Et pourquoi… est-ce-que je pleure ? Ca fait atrocement mal… #
Iruka releva son visage où perlaient encore des larmes silencieuses et qui traçaient de fins sillons salés sur ses joues, tiraillant la peau de son visage. Pourquoi avait-il aussi mal ? Pourquoi avait-il aussi mal pris le comportement de Kakashi ? Après tout, il venait sûrement d'avoir un accident, et avait été agacé de n'être pas seul pour pouvoir se reposer.
- C'est sûrement ça ! En conclut le jeune professeur.
# Mais alors pourquoi suis-je aussi triste de m'être fait chassé ? # ajouta-t-il silencieusement pour lui-même.
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Kakashi lui aussi repensait au comportement de son collègue. Il avait finit par couper l'eau du robinet et s'était allongé sur son canapé. Sa tête l'élançait encore. Il avait été rude, mais il n'avait pas compris pourquoi Iruka avait paru si troublé. Il était en colère, mais il ne pensait pas avoir été trop violent dans ses paroles. A vrai dire, il ne se souvenait plus de ce qu'il lui avait dit. Il espérait juste ne pas avoir été trop dur.
# Au pire, je m'expliquerais avec lui lundi. #
Bzzzt…bzzzt
Son portable vibra, entamant également une petite mélodie digne des plus grands compositeurs…de téléphonie. Il venait de recevoir un message de Tsunade. ' Données vérifiées. Deidara n'était bien qu'un ami étudiant d'Itachi. Reposez-vous.' Il esquissa un sourire qui retomba aussitôt. Tsunade qui tentait de réconforter quelqu'un était plutôt chose rare. Il la voyait bien plus souvent beugler sur n'importe qui. Mais il fut touché de l'attention. Cela voulait dire qu'elle n'allait pas le renier pour avoir échoué cette expédition.
Bzzzt…bzzzt
- Encore ?
Kakashi s'attendit à voir Tsunade lui disant qu'elle était tout de même furieuse, ou quelque chose dans le genre pour ne pas lâcher son image de martyre aux gros seins, mais il fut d'autant plus surpris de voir qu'il ne s'agissait pas d'elle mais d'Iruka. 'Pardon de ne pas t'avoir laissé tranquille. On discutera de la sortie le weekend prochain si tu veux, ça ne presse pas.' Rien de plus. Pas de formule à la fin. Pas d'inquiétude quant à sa présence demain. Ce message ne ressemblait pas à Iruka, qui devait être un des hommes les plus attentionnés au monde.
- Finalement, j'ai dû y aller fort… soupira Kakashi.
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Oh Iruka, si mignon ! Le professeur parfait ! Le gardien parfait ! Si je lui donne un rôle, c'est toujours le rôle de l'homme bienveillant, doux et attentionné, parce que c'est comme çe que je l'ai toujours vu. Et j'aime beaucoup le voir interagir avec Kakashi, pire prof de l'univers hahaha !
J'aime aussi beaucoup voir Tsunade et Jiraiya ensemble. J'aime les personnages infernaux, alors autant les réunira, c'est encore plus d'occasions de laisser place à des moments cocasses hehehe !
En espérant que ce chapitre vous a plu. Désolée, Deidara, ton rôle était bref. :(
Je ne promet pas de poster Odd Doll tous les jours, mais je vais essayer. C'est juste que comme je relis et change des choses, ça prend du temps. Et c'est du temps que je ne passe pas à écrire une autre histoire. Je ferai de mon mieux ! :D
